Archives de catégorie : Soutien en allaitement

Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie)

Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que l’heure de la tétée arrive et la maman s’assoit droite. Et c’est là que démarrent les difficultés. Voyons comment la « stabilisation » et la « géolocalisation » vont pouvoir vous aider. Ces astuces sont valables pour toutes les positions où vous êtes assise droite : madone, madone inversée, ballon de rugby, à califourchon et où vous êtes allongée sur le côté.

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Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse

Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

Jamais sans mon tire-lait !

Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids de 690g et une grande fragilité pulmonaire, ce qui impose beaucoup de soins pour un tout petit être en réanimation.

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La place du père dans la consultation d’allaitement

Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter.

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Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team »

Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient » sa compagne, ça marchera mieux, plus longtemps, et que les difficultés ont plus de chances d’être dépassées. Mais ça va beaucoup plus loin ! Avant de vous décrire pourquoi et comment l’on peut et devrait inclure le papa dans la « breastfeeding team* », permettez-moi de vous raconter quelques petites anecdotes.

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Débuts imprévus

Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire en plusieurs parties. Voici un témoignage plein de courage.

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SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés

Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils.

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Allaiter avec des seins petits

Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y atil des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande mammaire généreuse peuvent se poser. A une époque où le « manque de lait » et les crevasses continuent d’être des complications courantes, je vous propose un petit tour d’horizon.

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La mastite

Mais qu’est-ce que c’est ?

Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre peau peut aussi être rouge et chaude en regard de cette zone ?

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Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein

 

Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes qui pourraient faire penser à une hyperlactation peuvent aussi révéler d’autres soucis et appellent donc à une vigilance accrue. Elle propose une grille de lecture, une sorte de « diagnostic différentiel » pour les aidants et professionnels du conseil en allaitement.

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Montée de lait et engorgement : un couplet inévitable ?

Votre bébé est né. Il a commencé à téter le colostrum et puis, aux alentours du deuxième au troisième jour survient ce que l’on appelle communément la « montée de lait ». C’est alors que les mères évoquent un certain nombre d’expériences variées. Voici un aperçu de ce qu’elles décrivent la plupart du temps : « La montée de lait ? Je ne m’en suis même pas aperçue ! », « Quelle horreur j’ai passé deux jours avec des seins tendus à bloc et je souffrais le martyre ! », « J’étais fière de mes seins, bien ronds et chauds, ça me rassurait : j’avais tout le lait nécessaire pour mon bébé ! »

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Crevasses

Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier.

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La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande

Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ».

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Allaitement : et si on encourageait les mères en surpoids à tenter l’aventure ? (épisode #2)

Dans un précédent article, nous avons passé en revue certaines des difficultés auxquelles les mères en surpoids peuvent être confrontées lorsqu’elles désirent allaiter. Voici un complément d’astuces pratiques qui leur permettront de savourer elles aussi cette aventure avec bonheur et délectation.

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Allaitement, sommeil de la mère et sommeil de l’enfant

La fatigue, voire l’épuisement maternel est un motif fréquent de consultation de jeunes mères. C’est également l’une des premières causes d’arrêt de l’allaitement maternel. Les mères, souvent influencées par leur entourage, peuvent être amenées à penser que l’allaitement est la cause de cette fatigue.
Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il savoir au sujet du sommeil de la mère et de l’enfant durant l’allaitement ? Quelles solutions pour « survivre » à cette période éprouvante de la vie de jeune mère ? C’est ce que nous allons découvrir.

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Avoir mal en allaitant… ce n’est pas normal !

Même s’il est possible qu’une légère sensibilité apparaisse les premiers jours en raison d’un climat hormonal particulier, toute douleur lors de la tétée devrait être perçue et considérée comme un signal indiquant que celle-ci ne se déroule pas de manière optimale, et ne devrait jamais être laissée pour compte.

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Focus sur la prise du sein

Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

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