Archives de catégorie : Wiki Allaitement

Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19

Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19.

En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le lait de mamans qui ont été touchées par la maladie ? Même si on n’a que bien peu de recul, des études se sont penchées sur la question et quelques conclusions se dessinent.

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Les besoins nutritionnels de la maman allaitante

Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent des snacks délicieux avec des super aliments. Leurs créations savoureuses sont de véritables recharges pour les mères fatiguées : à la fois goûteuses et nutritives, elles sont un complément parfait pour qui manque de temps pour se régaler ou a besoin d’un coup de pouce santé.

Soigner son alimentation au quotidien est une évidence qui prend encore plus son sens pendant la grossesse et l’allaitement. Non seulement vous cherchez à rester en bonne santé mais vous tentez d’aider votre corps à offrir à votre bébé tout ce dont il a besoin : oméga 3, vitamines et minéraux. Prévenir certaines carences est également un moyen d’éviter un surcroît de fatigue, d’anxiété voire un baby blues …

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allaitement et risque de cancer du sein

Pascale Baugé nous explique les études sur le cancer du sein et l’allaitement.

Parmi les effets bénéfiques de l’allaitement maternel pour la mère, le plus documenté est celui lié à la protection contre le cancer du sein. Bien sûr, la protection n’est pas totale mais dans la mesure où le cancer du sein est très répandu dans le monde, tout bénéfice est néanmoins bon à prendre et à comprendre. Bon nombre de questions se posent néanmoins encore : l’allaitement exclusif protège-t-il autant que l’allaitement exclusif ? Existe-t-il une durée d’allaitement qui optimise la protection ?

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Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

Le lait maternel peut-il être carencé ?

Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel.

Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère de celle de tous les autres laits. Le lait maternel contient des centaines de composants, dont certains continuent d’être découverts. Ces composants varient-ils selon l’alimentation de la mère ? Une carence chez la mère peut-elle provoquer une carence dans son lait ?

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et pourquoi pas recruter une doula?

En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus.

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ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ?

Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques.

Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes .

C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » .

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La prise d’aspirine modérée pendant un allaitement pose-t-elle un problème ?

Pascale Baugé nous aide à comprendre les mécanismes de diffusion de ce traitement dans le lait maternel.

Les mamans allaitantes se posent toujours, à juste titre, beaucoup de questions lorsqu’elles sont obligées de prendre des médicaments : elles s’inquiètent des conséquences potentielles de l’absorption via le lait maternel des molécules actives du médicament sur leur bébé.
Le risque dépend de plusieurs facteurs : de la biodisponibilité du traitement (s’il passe vite dans le sang, et en quelle quantité), de la concentration dans le plasma maternel, et de la capacité de passage de la molécule dans le lait maternel.

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Allaitement et DME : la suite logique ?

Christine Zalejski, docteur en biologie, experte en alimentation infantile nous parle de la diversification menée par l’enfant.

Votre bébé grandit et ses besoins aussi. L’éveiller à de nouvelles saveurs, de nouvelles textures en bouche se fait de plus en plus sentir. Il a soif de mastication et de coordination main-bouche. La diversification alimentaire n’est pas loin… Période d’appréhension, de doutes, de questionnements la diversification alimentaire n’a pas fini de faire parler les familles. Et si la diversification alimentaire pouvait être plus facile, plus simple, plus intuitive à l’écoute de bébé Homme, comme le font si bien toutes les autres mamans mammifères de la planète ? Un nouveau mode de diversification du bébé se développe permettant une alimentation en toute bienveillance en adéquation avec de nombreuses valeurs de l’allaitement : la DME acronyme de diversification menée par l’enfant qui attire de plus en plus de parents chaque année. Qu’est-ce que c’est exactement ? Et en quoi semble-t-elle plus simple à mettre en place en continuité de l’allaitement ?

La diversification menée par l’enfant est donc un mode de diversification alimentaire qui permet progressivement à l’enfant de découvrir les autres familles d’aliments en plus du lait. Vers les 6 mois de votre bébé, et rarement avant, des aliments entiers cuits ou crus sont proposés et c’est en toute autonomie que votre bébé va se nourrir. C’est en général à 6 mois que votre bébé va pouvoir rester assis seul plus longtemps, va pouvoir agripper des objets et les porter à sa bouche en faisant des mouvements de mastication et faire des mouvements de tête. Toutes ces aptitudes sont notamment nécessaires au début de la DME. Vous allez lui proposer dans un premier temps des légumes puis des fruits et enfin toutes les familles d’aliments avec des tailles, des formes et des textures adaptées permettant à votre bébé de s’éveiller aux goûts et aux textures, d’explorer les aliments avec tous ses sens en éveil. Les aliments entiers moins transformés, sont plus faciles à prendre en main, les purées et compotes seront proposées beaucoup plus tard lorsque votre bébé s’essaiera au maniement de la petite cuillère. Le lait reste au début sa nourriture de base dans tous les cas. Seul, il va porter les aliments à sa bouche développant sa motricité, sa dextérité, sa coordination œil-main-bouche et ses mouvements masticatoires. C’est en expérimentant qu’on apprend ! Ses découvertes seront d’autant plus faciles en bouche lorsqu’elles sont menées tôt car votre bébé possède un réflexe naturel et très actif à cet âge où la langue notamment est une véritable barrière pour les aliments qui seraient de taille inadaptée ou trop secs pour être déglutis. Alors n’ayez aucune crainte qu’il s’étouffe, il n’y a pas plus de risque qu’en diversification alimentaire classique, soyez simplement bienveillant et attentif. Votre bébé, grâce à la DME, va devenir un vrai expert autonome de son alimentation et vous verrez comme il apprend très vite.

La DME s’inscrit ainsi dans la continuité de l’allaitement sur de nombreux points. En effet elle permet en toute bienveillance de respecter la satiété de votre bébé qui s’alimente seul. Les morceaux d’aliments sont devant lui et il porte à sa bouche ce qu’il souhaite. Il écoute son corps et sa faim, portant à sa bouche les légumes, les fruits en fonction de ses besoins. Comme pour l’allaitement votre bébé est autonome, il s’alimente seul en fonction du développement de sa coordination œil-main-bouche. Il n’y a pas d’intermédiaire encore sa bouche et sa nourriture. C’est justement le principe de la DME de ne pas intervenir et de ne jamais porter un aliment à la bouche de son bébé mais de lui laisser seul faire le geste du porter à la bouche. Tout au long de l’allaitement, les muscles de la mâchoire sont sollicités pour téter le sein. En proposant à votre bébé des aliments entiers plus ou moins cuits vous allez pouvoir continuer à activer les muscles de la mâchoire. Petit à petit ce sont d’autres muscles qui vont être utilisés pour que la mâchoire soit dans une position adéquate non plus pour déglutir un liquide mais pour mastiquer, mâcher puis croquer des aliments solides. Le fait de mâcher des aliments assez précocement favoriserait l’implantation dentaire ; donc n’hésitez-pas ! Enfin alors qu’avec le lait vous fournissiez une nourriture adaptée à votre bébé, c’est dans cette même dynamique que vous allez avec la DME proposer des aliments adaptés en terme de sécurité alimentaire, c’est-à-dire de texture, taille ou forme adapté ainsi que d’hygiène alimentaire avec des aliments sains, le moins transformés possible, le plus nutritifs et naturels.

La DME permet donc une continuité tant sur le plan physique que psychologique comme avec l’allaitement où le bébé est acteur de son alimentation. Il gère lui-même sa satiété, sa faim et est à l’écoute de son corps. Vous, parents êtes les chefs d’orchestre de tout cela en proposant des aliments sains, naturels et adaptés aux aptitudes de votre bébé. Votre bébé va pouvoir très vite développer ses capacités psychomotrices par l’expérience et la curiosité. Ainsi, il pourra plus rapidement partager la table et le repas familial, faisant de lui un enfant heureux et fier de l’alimenter seul comme papa-maman.

[Biographie] : Christine Zalejski est docteur en biologie, experte en alimentation infantile depuis 2010. Fondatrice du site Cubes et Petits pois, elle partage des informations sur la diversification alimentaire classique, la DME et des recettes et menus adaptés. Auteure et conférencière elle a notamment écrit le premier livre dédié à la DME en France. Elle consulte sur Paris et dans l’Ouest parisien et forme les professionnels de la petite enfance souhaitant accompagner au mieux les bébés dans leur alimentation quotidienne.

Allaitement, ocytocine et accouchement

[Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®.

Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de stage, on m’avait reproché de ne pas avoir fait assez de “mise au sein“: cette technique qui consiste à plaquer la tête du bébé sur la poitrine de sa mère, voire à saisir le sein de celle-ci pour l’enfourner dans la bouche du bébé. Cette technique m’a toujours mise extrêmement mal à l’aise.

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Que manger et boire lorsque vous allaitez votre enfant ?

Vous allaitez votre enfant et vous vous demandez ce que vous pouvez manger et boire. Eh bien, la réponse pourrait être très simple : de tout en quantité raisonnable ! En effet, contrairement à la grossesse durant laquelle vous devez vous montrer prudente vis à vis de certains aliments (viande crue, crustacés, produits laitiers au lait cru, sushi, charcuteries artisanales, viandes et poissons fumés) pour éviter de contracter la toxoplasmose ou la listériose, l’allaitement n’est pas restrictif. L’alcool banni durant la grossesse peut même être consommé, en très faible quantité certes et sous certaines conditions, une fois que l’allaitement est bien établi. Toutefois, pour rester en forme et avoir l’énergie nécessaire pour vous occuper de votre bébé, il est recommandé d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Voyons en détail l’intérêt pour vous et votre bébé de veiller au contenu de votre assiette !

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Maternage et transmission de mère à mère

[Auteure] :
Claire, maman de Pia et de Lou.

Lorsque j’ai commencé à allaiter ma fille aînée, tout un monde nouveau s’est ouvert à moi, celui du maternage proximal. En bonne première de classe, je me suis plongée dans la littérature française et anglo-saxonne sur le sujet, j’ai cumulé les ateliers de formation à la parentalité, les réunions dans les groupes de soutien de mères allaitantes, et j’ai même rédigé une compilation de toutes ces données dans un écrit de plus de 100 pages. J’étais devenue une encyclopédie sur le sujet, je détenais LE mode d’emploi du devenir mère.

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Comment s’organise la collecte au lactarium de BORDEAUX-Marmande ?

L’ équipe du blog allaitement s’est intéressé au fonctionnement des lactariums, voici l’ interview Patrick Ducher, responsable de la collecte du lactarium de Marmande.

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Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ?

L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique.

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Allaitement et dépression du post-partum

Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, des différences entre mères sont observées. Tout cela mérite que le sujet soit creusé. Alors si on faisait le point ?

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Ocytocine, l’hormone géniale

L’ocytocine est une hormone actuellement placée sous les feux de la rampe. Qualifiée d’hormone de l’affection, du bonheur, de l’attachement, de l’amour, du lien social, de l’empathie, on prête à l’ocytocine une influence sur la fidélité, chez les campagnols des prairies !

On estime que l’ocytocine est apparue il y a quelques 700 millions d’années. C’est une hormone dont la synthèse est endogène : elle prend naissance à l’intérieur du corps. Elle existe sous la même forme chez tous les mammifères. On connaît son rôle dans le déclenchement du travail d’une femme qui accouche, on sait aussi qu’elle permet l’éjection du lait des seins. Des recherches récentes ont montré son effet relaxant, sédatif notamment lorsqu’elle est libérée au moment des rapports sexuels. Elle est impliquée dans les comportements d’attachement, de soin aussi, particulièrement lors de l’allaitement, et plus généralement quand des personnes célèbrent un évènement, dansent ou chantent ensemble, par exemple.

Son nom « ocytocine » lui a été donné en 1906 par Sir Henry Dale en référence à ses propriétés alors connues sur le déclenchement des contractions des muscles lisses de l’utérus.

En grec ancien « ocytocine » signifie en effet « naissance rapide ». Chez l’être humain elle a un double rôle d’hormone et de neurotransmetteur : on la qualifie donc de « neuro-hormone ». Elle est principalement synthétisée par l’hypothalamus et par l’hypophyse.

La sécrétion d’ocytocine augmente tout au long de la grossesse. Elle stimule la contraction utérine, contraction qui est involontaire, intermittente, totale (intéressant tout l’utérus) et douloureuse à partir d’un certain seuil d’intensité (avec les prostaglandines, autres hormones endogènes, qui ont un rôle fondamental dans le déclenchement du travail dont l’origine est par ailleurs multifactorielle). Elle aura ensuite un rôle au moment de la délivrance physiologique lorsque, après un temps de latence, elle déclenche à nouveau les contractions permettant la délivrance (expulsion du placenta) et limitant ensuite l’hémorragie.

On a recours à une ocytocine de synthèse dans certains modes de déclenchements artificiels du travail. Il arrive fréquemment aussi qu’elle soit perfusée en cours de travail pour améliorer la dynamique utérine.

Au moment de l’allaitement, la succion du mamelon et les stimulations sensorielles avec le nouveau-né créent une excitation neuro-hormonale qui déclenche la libération de l’ocytocine, libération rythmée, discontinue. L’ocytocine permet l’éjection du lait en agissant sur les récepteurs de la plus petite unité cellulaire du sein : l’acinus (du latin «acinus : grain de raisin»).

En bonne messagère, elle travaille conjointement avec ses consoeurs que sont la prolactine, les oestrogènes et la progestérone, dont les taux se régulent de manière subtile pour que la lactation s’installe de façon harmonieuse. Plus largement, il semble que l’ocytocine module les réponses au stress qui accompagnent souvent l’expérience de la naissance et du post-partum et de l’allaitement et confère un plus grand apaisement. Cette diminution du stress contribue à une meilleure confiance en soi maternelle.

Pourquoi l’appelle-t-on aussi « hormone de l’attachement » ?

L’attachement est décrit comme un lien affectif, durable, dont la spécificité serait l’expérience de la sécurité et de réconfort éprouvée en présence de l’autre. Selon le chercheur et psychologue Blaise Pierrehumbert, l’ocytocine « sécrétée lors de contacts proches semble en retour favoriser la relation. Il s’agit donc d’un système en boucle »[1]

Au moment de la naissance, il semble qu’elle facilite l’émergence du lien mère-enfant. Les mouvements du nouveau-né vers le sein maternel, la succion du mamelon, les sentiments maternels chaleureux à l’égard de son enfant, le toucher, l’échange de regards etc. sont autant de signaux déclencheurs de la libération de l’ocytocine. Ses effets de détente renforcent la « préoccupation maternelle » que B. Pierrehumbert décrit ainsi : «  comme une fonction adaptative essentielle, permettant à l’enfant de recevoir les soins adéquats. Et il ne fait pas de doute que cette « préoccupation » soit déclenchée par des facteurs provenant à la fois de la mère (hormones) et du bébé (appels) ; les « déclencheurs » impliqueraient du reste autant l’un que l’autre des partenaires »[2].

Les pères sont eux aussi concernés par l’action de l’ocytocine même s’ils n’ont pas reçu en les hormones à l’œuvre dans la parturition de la même manière. Le taux paternel d’ocytocine est associé aux contacts entre le père et son enfant, et ce taux augmente en réponse aux soins donnés.

Pour conclure, l’ocytocine est impliquée dans de nombreuses fonctions humaines. Elle est le maillon d’une chaîne complexe, qui est à l’origine des fondements biologiques des soins parentaux. Elle favorise l’émergence des liens filiaux. La recherche s’intéresse aussi à l’ocytocine en thérapeutique   (notamment par exemple dans les pathologies psychiques du post-partum).

Sources et lectures :

« Le rôle de l’ocytocine dans les comportements maternels de caregiving auprès de très jeunes enfants » AL. Saive/DEVENIR/2010-4-vol 22/Ed Médecine et Hygiène

« L’ocytocine et la dépression du post-partum «  C.Cardaillac.et al/Journal de gynécologie-obstétrique 2016 ; 45(8)

« L’implication des parents en néonatologie et le processus de caregiving » N.Guédeney et al/DEVENIR/2012/1(Vol.24)Ed Médecine et Hygiène.

« Découverte de l’hormone de l’altruisme et de l’empathie » P.Gravel/Le Devoir/16/08/17

« Ocytocine et stress de la mère au cours de la lactation en post-partum » C.Boutet et al/Ann.Endocrinol.2006 ; 67,3./Masson

« Ocytocine, psychopathologie et réponses de stress »/Journées annuelles de l’AFBPN-2012/www.sciencedirect.com


[1]B. Pierrehumbert. « Amour et attachement » SPIRALE/2016-4(n° 80) Ed ERES.

[2]B. Pierrehumbert « L’amour maternel… un amour impératif »SPIRALE/2001-2(n°18) Ed.ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Elle travaille en PMI.

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Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés

La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement ne sont plus à démontrer. Cependant on observe que peu de ces mères allaitent réellement. On pense que beaucoup d’entre elles craignent pour la santé de leur bébé.

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Allaitement après un cancer du sein : faisons le point

 Le cancer du sein est l’un des cancers les plus répandus touchant principalement les femmes au-delà de 50 ans mais il peut aussi frapper de jeunes femmes. Heureusement, les progrès continus dans la mise au point de thérapies efficaces et les taux de guérison qui ne cessent de croître font que les malades reprennent une vie normale et peuvent envisager, pour les plus jeunes, une grossesse, ce dont on ne peut que se réjouir. Qu’en est-il de l’allaitement ? On connaît assez peu de choses sur ce sujet. Ces jeunes mamans « warriors » osent-elles franchir le pas et tenter l’aventure ? Si oui, y parviennent-elles et quels sont les principaux obstacles rencontrés ?

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