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Mon allaitement que rien ne pouvait freiner

Témoignage de Julie, auxiliaire de puériculture, monitrice de portage, instructrice massage bébé et  animatrice LSF ( langue des signes ) bébé.

Quand ce petit être est venu se loger au creux de moi après de multiples fausses couches et évènements malheureux, je l’ai ressenti comme une ode à la vie, un nouveau départ.

Une grossesse mal vécue avec ce stress de la mort qui planait au-dessus de ma tête ne m’a pas permise de me projeter sur la naissance et le après ; je ne parvenais pas à me visualiser repartant de la maternité avec un bébé. J’étais loin de m’imaginer que porter la vie après la mort sera un défi constant. Alors quand on me parlait d’allaitement, je disais juste : « je vais essayer ! ».

Très prévoyante et bien endoctrinée par la société de consommation, j’avais acheté tout l’attirail (bouts de seins en silicone, tire-lait manuel, coussin d’allaitement, du lait en poudre, des biberons).

De par mon métier d’auxiliaire de puériculture en maternité, j’étais informée et consciente des pratiques autour de l’allaitement, du risque des compléments, de la perte de poids, et malgré tout je comptais y faire face avec mon conjoint comme meilleur soutien mais en réalité je n’avais pas confiance en moi.

Le jour J arriva, perte des eaux, début du travail, je ne gère pas la douleur et accepte la péridurale trop rapidement. S’ensuit une suite tellement prévisible : stagnation du travail, ralentissement du rythme cardiaque de mon bébé, bébé en souffrance. Le gynécologue passe alors et il m’a suffi d’un regard de sa part pour que je comprenne que rien n’allait se passer comme je le voulais. J’entends encore ces mots « code rouge » que je ne connais que trop bien. On pratique une césarienne en urgence. Et soulagement, bébé va bien, moi aussi ! C’est le principal comme on dit ! Seulement, qui dit césarienne, dit séparation.

Quand je retrouve mon bébé, je ne ressens rien, je l’observe, le câline comme le bébé de quelqu’un, je tente une mise au sein mais il est complètement ailleurs.

Je le regarde et je le garde contre moi toute la nuit, je tente de le mettre à mon sein mais je ne sais pas faire, je n’y arrive pas, il ne tète pas, il pleure. Je me dis alors que je ne sais pas l’apaiser. Régulièrement des auxiliaires viennent essayer de m’aider à « brancher » ce bébé car je refuse les compléments.

Je masse mes seins et exprime seule mon colostrum, ce qui va aider à faire venir ma montée de lait. Mon bébé reprend enfin du poids à j5 et nous pouvons sortir. Je pensais avoir tout gagné. Et je me dis que tout sera maintenant un long fleuve tranquille.

Pourtant ce qui m’attend ce sont des douleurs, des crevasses, un réflexe d’éjection fort difficile à gérer par mon bébé, un allaitement acrobatique, un bébé jamais apaisé. Je passe alors des heures sur les réseaux sociaux et sur le site de La Leche League pour comprendre, apprendre, chercher du soutien. En vain. L’allaitement n’est plus alors une option pour moi mais un but ultime.

Il m’aura fallu de multiples rencontres et échanges avec de nombreuses mamans, des professionnels pour mettre un mot sur la cause qui a gâché tous nos moments d’allaitement : les freins restrictifs. J’ai vécu une course effrénée d’ostéopathes en chiropracteurs, de pédiatres en sages-femmes, pour finir avec une consultante en lactation, et enfin, après ce périple, trouver une personne qui, au détour d’une conversation, avance simplement : « Tu as du terriblement souffrir ! » alors qu’elle regarde mon fils. Je suis ébranlée. Enfin quelqu’un a compris et a su me guider vers la suite de ce long voyage qui n‘est pas fini.

Inconsciemment, tout ce parcours m’a révélé en tant que mère. Il a changé ma vision professionnelle et de l’accompagnement. Aujourd’hui je me forme pour devenir consultante en lactation IBCLC. Et je n’ai mis aucune limite à la fin de mon allaitement. Je vis celui-ci en conscience avec mon petit bonhomme de presque 3 ans et nos moments lactés rechargent nos batteries mutuelles.

Cette histoire était écrite et prédestinée à changer mon destin.

le sommeil d’ une maman allaitante

Aujourd’hui c ‘est le Dr Evelyne Mazurier, pédiatre formatrice, ancienne praticienne hospitalière néonatalogue au CHU de Montpellier, consultante en lactation IBCLC, certifiée Biological Nurturing, DIULHAM, certifiée NIDCAP, DIU bilan sensori-moteur, qui nous fait l’honneur de nous écrire un billet sur le sommeil de la maman allaitante.

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les difficultes d’allaitement d’un bebe différent

Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire.

Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou.

Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que je partage chaque jour avec Jude depuis plus de 4 mois maintenant.

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les debuts difficiles, une victoire meritee


Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

allaiter au rythme de la vie d’artiste

Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier.

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Allaitement de mes twincess

Ci dessous vous trouverez le récit d’Elodie, maman de Céleste et Amélia.

Mon parcours de maman a démarré fort : 4 fausses couches consécutives et enfin une grossesse menée à terme. Lors de l’échographie de datation, on détecte une grande poche et deux vésicules vitellines contenant chacune un bébé. Je vais avoir des jumeaux !

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ÉCOUTER CETTE PETITE VOIX INTÉRIEURE

Les bonheurs et les difficultés rencontrées pendant la maternité et l’allaitement, la découverte du soutien de mère à mère au sein d’une association de mère à mère ont donné envie à Cécile, maman de trois enfants de se former et d’aider à son tour les futurs parents et les jeunes parents. Aujourd’hui, elle nous parle de sa vision de l’allaitement.

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Caries précoces chez un jeune enfant allaité

La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation d’allaitement en Guadeloupe notamment. Elle nous parle aujourd’hui des caries du jeune enfant.

Une incisive qui se casse non loin de la gencive, presque comme si on l’avait sciée, une autre qui s’abîme avec une zone paraissant toute molle, jaune ou plus foncée et tirant vers le marron, des surfaces et tâches blanchâtres comme de la craie aux contours friables : vous voilà complètement déroutée et inquiète devant l’apparence des dents de votre enfant.

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Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19

Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19.

En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le lait de mamans qui ont été touchées par la maladie ? Même si on n’a que bien peu de recul, des études se sont penchées sur la question et quelques conclusions se dessinent.

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Allaiter pendant les fêtes

A l’approche des fêtes, les mamans nous posent régulièrement ces questions :

« Est ce que j’ai le droit de boire une coupe de champagne ? »

« Est ce que je peux manger ce que je veux à Noël ? »

Même si cette fin d’année sera particulière, je vous rassure, concernant les festivités vous pouvez vous plaisir et faire découvrir à votre bébé de nouveaux goûts. En résumé, mangez ce que vous souhaitez 🙂

Concernant les bulles, toujours avec modération : un verre d’alcool prend environ deux heures trente pour être éliminé. Le pic de concentration d’alcool se retrouve au bout d’une heure dans le lait comme dans le sang. Vous pourrez ressentir un effet de « sein plein » mais le réflexe d’éjection est diminué.

Si vous souhaitez boire plus d’un verre, le temps s’additionne : pour 2 verres = 5h d’attente et ainsi de suite. Prévoyez un petit stock de votre lait avant, au cas où bébé souhaiterait téter.

Cette période de retrouvailles familiales peut parfois être le théâtre de remarques plus ou moins positives sur votre allaitement ou votre façon d’être avec votre enfant. La bienveillance ne sera pas toujours au rendez-vous.

Armez-vous de courage, assumez vos opinions, demandez de l’aide à votre conjoint si besoin ou changez de sujet 😉

Enfin, votre bébé peut être un peu perturbé par ce rythme inhabituel, n’hésitez pas à proposer le sein régulièrement. Votre conjoint(e) pourra également le porter et le bercer pour le rassurer.

Passez de bonnes fêtes !!!

L’équipe de Grandir Nature

allaitement et risque de cancer du sein

Pascale Baugé nous explique les études sur le cancer du sein et l’allaitement.

Parmi les effets bénéfiques de l’allaitement maternel pour la mère, le plus documenté est celui lié à la protection contre le cancer du sein. Bien sûr, la protection n’est pas totale mais dans la mesure où le cancer du sein est très répandu dans le monde, tout bénéfice est néanmoins bon à prendre et à comprendre. Bon nombre de questions se posent néanmoins encore : l’allaitement exclusif protège-t-il autant que l’allaitement exclusif ? Existe-t-il une durée d’allaitement qui optimise la protection ?

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Allaitement et attachement, un lien évident ?

Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement.

Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces propos. Cependant, dans ma pratique professionnelle de puéricultrice IBCLC DIULHAM en maternité de niveau 3, j’ai fréquemment constaté en service de maternité, en néonatalogie tout comme en consultations à distance de la naissance, que le ressenti, le vécu, et les idées reçues, pouvaient avoir un impact négatif sur l’allaitement et, à travers lui, sur le lien mère-enfant.

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Je suis bilingue en allaitement

Voici le témoignage de Claire, maman de deux enfants.

J’ai 7 ans, je viens d’emménager en Allemagne avec ma famille, et je passe un test de niveau de langue. Je dois préciser si j’ai identifié tel ou tel mot d’allemand dans l’enregistrement que je viens d’écouter. Aucune idée. Ce que j’ai entendu était une longue suite de sons indifférenciés et incompréhensibles.

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« Confinement et allaitement »

#restezàlamaison .

Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le début du confinement.

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La prise d’aspirine modérée pendant un allaitement pose-t-elle un problème ?

Pascale Baugé nous aide à comprendre les mécanismes de diffusion de ce traitement dans le lait maternel.

Les mamans allaitantes se posent toujours, à juste titre, beaucoup de questions lorsqu’elles sont obligées de prendre des médicaments : elles s’inquiètent des conséquences potentielles de l’absorption via le lait maternel des molécules actives du médicament sur leur bébé.
Le risque dépend de plusieurs facteurs : de la biodisponibilité du traitement (s’il passe vite dans le sang, et en quelle quantité), de la concentration dans le plasma maternel, et de la capacité de passage de la molécule dans le lait maternel.

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Notre allaitement, si doux et si puissant

Voici le témoignage de Leslie Lucien, sur son allaitement:

Allaiter,

Te nourrir,

Te donner le sein,

Ces mots continuent de résonner en moi plusieurs années après t’avoir sevrée.

J’avais imaginé beaucoup de choses en choisissant de t’allaiter mais pas que je garderai si longtemps le bonheur de la sensation de ta bouche sur mon sein.

Comme un prolongement de ce lien si fort qui nous unissait quand tu étais encore dans mon ventre.

Je me souviens de ta naissance, tes premiers instants de vie, tes yeux encore clos puis qui s’ouvrent, immenses, un premier regard intense, profond, tes yeux qui découvrent le monde pour la première fois, et la première fois que tu les ouvres c’est pour les poser sur moi. Je suis ton monde, tu deviens le mien.

Et puis rapidement, il y a ta bouche sur mon sein.

La première fois, ta langue sur mon mamelon, cette petite langue qui lape mon sein semblant ne pas trop savoir quoi en faire.

Puis quelques minutes plus tard, ce premier instant où je ressens la force de ta succion. 

Tu tètes.

Je sens mon sein que tu aspires.

Tu sais faire mon bébé.

Je sens les gouttes de mon colostrum qui commencent à couler dans ta bouche.

On s’apprivoise.

Au fil des jours, tu continues de téter et le lait commence à venir, je le vois, je l’entends, je fais taire les petites voix dans ma tête qui me disent « je ne peux rien quantifier » « est ce que j’aurais assez de lait pour toi mon bébé ? »

Je me rappelle cette montée de lait si intense, mon opulente poitrine, la tension dans mes deux seins. Ce besoin irrépressible que tu tètes pour me soulager comme une évidence encore une fois.

À chaque tétée, je sens tes lèvres sur ma peau, mais aussi ton regard sur moi, tout ton petit corps chaud, parfois lourd quand il s’abandonne après une tétée, repue par tant de lait, par tant d’amour. 

Les jours passent, je t’observe, tes joues et tes pyjamas se remplissent, j’apprends à me faire confiance, à te faire confiance, à nous faire confiance. 

Ne pas écouter les mots de ceux qui me disent « elle tète trop souvent ta fille » juste écouter mon corps et le tien, notre besoin chacune d’être l’une contre l’autre, je te porte mais tu me portes aussi dans la découverte de ma maternité, cette nouvelle femme que je suis en train de devenir.

Dans notre allaitement, il y aura de nombreux challenges, l’engorgement, mon sein qui devient dur comme de la pierre, rougi par ce lait que ne sort pas comme il faudrait; La fatigue, les moments de découragements; La candidose, ces élancements permanents que rien ne semblent soulager. Tes jours de fièvre, où je sens ta bouche brûlante autour de mon sein frais, et pour moi la sensation de t’offrir le meilleur dans ces moments où tu sembles si faible mon bébé. 

Sur mon chemin il y aura ma consultante en lactation et le soutien de femmes magnifiques dans une association de soutien à l’allaitement.

Car oui cet allaitement c’est aussi de belles rencontres de femmes, de sororité, des femmes qui m’ont transmis que je pouvais écouter mon bébé, me mettre à sa hauteur.

Mes inquiétudes de mère, ma peur de mal faire s’envolent au fil des mois.

Les mois ont passé, nous avons traversé des moments si doux que notre allaitement s’est installé dans le temps. Et puis progressivement, un peu avant ta première rentrée à l’école maternelle, j’ai senti que tu avais grandi, que j’avais envie de retrouver mon corps rien qu’à moi, ne plus t’offrir mon lait car tu grandissais et je sentais que nous passions à autre chose.

Ton sevrage s’est fait en douceur et je ne me souviens plus vraiment d’une toute dernière tétée.

Aujourd’hui, je me souviens de notre lien lacté, de ce fil tissé, un fil si fort et solide qu’il restera, j’en suis certaine, pour toute la vie. 

[Auteure] : Leslie Lucien

[Biographie] : Transformée par l’expérience de la maternité, ainsi que par la découverte de l’allaitement et du soutien de mère à mère au sein d’une association de soutien à l’allaitement, elle décide de se former en tant qu’auxiliaire de puériculture. À l’issue de sa formation, elle choisit de travailler dans un centre de protection maternel et infantile (PMI) parisien pour y soutenir les jeunes parents.

En parallèle, elle accompagne aujourd’hui à Paris des futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.  

Allaitement et DME : la suite logique ?

Christine Zalejski, docteur en biologie, experte en alimentation infantile nous parle de la diversification menée par l’enfant.

Votre bébé grandit et ses besoins aussi. L’éveiller à de nouvelles saveurs, de nouvelles textures en bouche se fait de plus en plus sentir. Il a soif de mastication et de coordination main-bouche. La diversification alimentaire n’est pas loin… Période d’appréhension, de doutes, de questionnements la diversification alimentaire n’a pas fini de faire parler les familles. Et si la diversification alimentaire pouvait être plus facile, plus simple, plus intuitive à l’écoute de bébé Homme, comme le font si bien toutes les autres mamans mammifères de la planète ? Un nouveau mode de diversification du bébé se développe permettant une alimentation en toute bienveillance en adéquation avec de nombreuses valeurs de l’allaitement : la DME acronyme de diversification menée par l’enfant qui attire de plus en plus de parents chaque année. Qu’est-ce que c’est exactement ? Et en quoi semble-t-elle plus simple à mettre en place en continuité de l’allaitement ?

La diversification menée par l’enfant est donc un mode de diversification alimentaire qui permet progressivement à l’enfant de découvrir les autres familles d’aliments en plus du lait. Vers les 6 mois de votre bébé, et rarement avant, des aliments entiers cuits ou crus sont proposés et c’est en toute autonomie que votre bébé va se nourrir. C’est en général à 6 mois que votre bébé va pouvoir rester assis seul plus longtemps, va pouvoir agripper des objets et les porter à sa bouche en faisant des mouvements de mastication et faire des mouvements de tête. Toutes ces aptitudes sont notamment nécessaires au début de la DME. Vous allez lui proposer dans un premier temps des légumes puis des fruits et enfin toutes les familles d’aliments avec des tailles, des formes et des textures adaptées permettant à votre bébé de s’éveiller aux goûts et aux textures, d’explorer les aliments avec tous ses sens en éveil. Les aliments entiers moins transformés, sont plus faciles à prendre en main, les purées et compotes seront proposées beaucoup plus tard lorsque votre bébé s’essaiera au maniement de la petite cuillère. Le lait reste au début sa nourriture de base dans tous les cas. Seul, il va porter les aliments à sa bouche développant sa motricité, sa dextérité, sa coordination œil-main-bouche et ses mouvements masticatoires. C’est en expérimentant qu’on apprend ! Ses découvertes seront d’autant plus faciles en bouche lorsqu’elles sont menées tôt car votre bébé possède un réflexe naturel et très actif à cet âge où la langue notamment est une véritable barrière pour les aliments qui seraient de taille inadaptée ou trop secs pour être déglutis. Alors n’ayez aucune crainte qu’il s’étouffe, il n’y a pas plus de risque qu’en diversification alimentaire classique, soyez simplement bienveillant et attentif. Votre bébé, grâce à la DME, va devenir un vrai expert autonome de son alimentation et vous verrez comme il apprend très vite.

La DME s’inscrit ainsi dans la continuité de l’allaitement sur de nombreux points. En effet elle permet en toute bienveillance de respecter la satiété de votre bébé qui s’alimente seul. Les morceaux d’aliments sont devant lui et il porte à sa bouche ce qu’il souhaite. Il écoute son corps et sa faim, portant à sa bouche les légumes, les fruits en fonction de ses besoins. Comme pour l’allaitement votre bébé est autonome, il s’alimente seul en fonction du développement de sa coordination œil-main-bouche. Il n’y a pas d’intermédiaire encore sa bouche et sa nourriture. C’est justement le principe de la DME de ne pas intervenir et de ne jamais porter un aliment à la bouche de son bébé mais de lui laisser seul faire le geste du porter à la bouche. Tout au long de l’allaitement, les muscles de la mâchoire sont sollicités pour téter le sein. En proposant à votre bébé des aliments entiers plus ou moins cuits vous allez pouvoir continuer à activer les muscles de la mâchoire. Petit à petit ce sont d’autres muscles qui vont être utilisés pour que la mâchoire soit dans une position adéquate non plus pour déglutir un liquide mais pour mastiquer, mâcher puis croquer des aliments solides. Le fait de mâcher des aliments assez précocement favoriserait l’implantation dentaire ; donc n’hésitez-pas ! Enfin alors qu’avec le lait vous fournissiez une nourriture adaptée à votre bébé, c’est dans cette même dynamique que vous allez avec la DME proposer des aliments adaptés en terme de sécurité alimentaire, c’est-à-dire de texture, taille ou forme adapté ainsi que d’hygiène alimentaire avec des aliments sains, le moins transformés possible, le plus nutritifs et naturels.

La DME permet donc une continuité tant sur le plan physique que psychologique comme avec l’allaitement où le bébé est acteur de son alimentation. Il gère lui-même sa satiété, sa faim et est à l’écoute de son corps. Vous, parents êtes les chefs d’orchestre de tout cela en proposant des aliments sains, naturels et adaptés aux aptitudes de votre bébé. Votre bébé va pouvoir très vite développer ses capacités psychomotrices par l’expérience et la curiosité. Ainsi, il pourra plus rapidement partager la table et le repas familial, faisant de lui un enfant heureux et fier de l’alimenter seul comme papa-maman.

[Biographie] : Christine Zalejski est docteur en biologie, experte en alimentation infantile depuis 2010. Fondatrice du site Cubes et Petits pois, elle partage des informations sur la diversification alimentaire classique, la DME et des recettes et menus adaptés. Auteure et conférencière elle a notamment écrit le premier livre dédié à la DME en France. Elle consulte sur Paris et dans l’Ouest parisien et forme les professionnels de la petite enfance souhaitant accompagner au mieux les bébés dans leur alimentation quotidienne.

Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible !

Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille.

Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand j’avais huit ans – une expérience qui m’a beaucoup marquée. J’avais tout préparé dans ce sens mais comme dit le dicton juif « l’Homme planifie, Dieu rit ». Suite à une pré-éclampsie*, j’ai accouché par césarienne en urgence à 38 semaines et même si je savais que j’avais tout fait pour préserver la santé de mon bébé et de moi-même, je me sentais profondément en échec. Pendant toute la grossesse, on m’avait dit « Fait confiance à ton corps. Ton corps saura quoi faire. » Mais mon corps n’avait pas assuré. Sans la médecine moderne, je n’aurais probablement pas survécu à l’accouchement !

Du coup, je ne faisais plus confiance à mon corps pour faire du lait pour mon enfant non plus. J’étais convaincue de ne pas être capable et le discours d’autres personnes ne m’a pas beaucoup aidé. Plusieurs infirmières à l’hôpital m’ont dit qu’à cause de la césarienne, le lait ne viendrait pas tout de suite, qu’il faudrait certainement compléter avec de la formule**. De l’autre côté, je lisais que plus je complétais avec la formule, moins je produirais. Puis on me disait que le stress réduisait la production aussi et j’étais dans une des situations le plus stressantes de toute ma vie ! Le pédiatre de l’hôpital m’a fortement déconseillé l’allaitement « le sein est traitre, madame, on ne peut pas mesurer combien boit l’enfant ! » Et pour couronner le tout, l’allaitement me faisait mal. J’avais des crevasses et c’était « pas normal ». C’était sûr. Je n’allais pas y arriver.

L’obstétricien qui a fait la césarienne est venu vérifier la cicatrice et m’a trouvé en larmes. Quand je lui ai dit que j’avais peur de ne pas pouvoir allaiter car le lait ne viendrait pas, il m’a gentiment pris la main et il m’a dit « ne le prenez pas mal, mais vous n’êtes pas si exceptionnelle ! Le lait viendra, comme pour tout le monde. » Ma sage-femme m’a rassuré aussi. Elle a donné des instructions aux infirmières pour qu’elles n’insistent pas pour donner des biberons et nous avons mis en place un plan car ma petite perdait du poids et il fallait la nourrir.

J’ai fait beaucoup de peau à peau. Je ne pouvais pas encore me déplacer à cause de l’opération, mais je pouvais avoir mon bébé dans mes bras et je la gardais le plus possible contre moi. La sage-femme m’a montré comment exprimer mon lait avec mes mains et m’a aidé à louer un tire-lait aussi. Après chaque tétée, je tirais ce qui restait et je le donnais à ma fille avec une pipette, puis si elle mangeait tout je lui proposais un peu de lait industriel (toujours à la pipette) pour rassurer les infirmières sur son poids. Après une journée comme ça, ma fille a bien pris du poids et a refusé la formule car elle était bien rassasiée.

Deux semaines après, j’ai vu une consultante en lactation qui m’a beaucoup aidé à avoir confiance et m’a conseillé de voir une ostéopathe car ma fille avait la mâchoire serrée quand elle tétait. Effectivement, cela a soulagé la douleur. En vrai, je n’avais pas du tout de problème de production de lait mais j’ai mis du temps à y croire ! Je n’avais pas particulièrement prévu d’allaiter longtemps mais c’était de plus en plus agréable ; et puis j’étais moins angoissée et cela ne faisait plus mal. J’ai trouvé le réseau de La Leche League et j’allais à des réunions avec d’autres mamans qui allaitaient et qui donnaient toujours de bons conseils, du soutien et de l’empathie. Mon bébé était toute ronde et heureuse – et je me sentais bien aussi ! Nous avons pas mal voyagé quand ma fille était bébé, allant même jusqu’en Australie quand elle avait 6 mois, et avec l’allaitement, c’était tellement simple. Je me souviendrai toujours du regard horrifié de l’agent de sécurité à l’aéroport quand il m’a dit « Allez-y sortez tous les biberons, les compotes, etc. » et je lui ai dit, « Non, j’ai rien », « Rien ?? » « Enfin j’ai tout ce qu’il faut ici », en désignant mes seins. Le pauvre a eu du mal à s’en remettre.

Notre aventure d’allaitement s’est terminée quand ma fille a eu 2,5 ans. 8 mois plus tard, je produis toujours quelques gouttes de lait. Pas trop mal pour un corps qui ne savait pas comment faire !

* La pré-éclampsie est une maladie caractérisée par l’association d’une hypertension artérielle accompagnée d’une apparition exagérée de protéines dans les urines et d’oedèmes.

** NDLR : ce qu’Hope nomme « formule » correspond à ce que l’on entend par les substituts du lait maternel, « formula » en anglais, autrement dit les laits de préparation pour nourrissons.