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Vivre un sevrage imposé

Quand mon fils Adam est venu au monde en 2014, la question de l’allaitement ne s’est pas posée. J’avais allaité son grand frère Tom pendant 9 mois, je ferais de même pour Adam (une trace de mon éducation sans doute, car mes parents s’efforçaient toujours d’assurer une équité parfaite entre mon frère et moi). Je n’avais pas d’appréhensions, pas non plus de projections particulières ; juste l’envie de revivre ce moment de partage que j’avais tant aimé. Mais chaque histoire est unique, puisque chaque bébé l’est aussi.

Notre histoire a donc commencé le 16 janvier 2014. À sa naissance, Adam a pleuré, beaucoup pleuré. J’ai alors pris Adam dans mes bras et après quelques loupés, Adam a trouvé mon sein et réussi à téter. Et là, l’évidence pour nous deux, la reconnexion… après 9 mois « branchés » ensemble, Adam se reliait à moi. Lors des 4 ou 5 jours passés à la clinique, nous étions en totale fusion.

Je me sentais complètement détendue, sereine, confiante (alors que je me rappelle que pour mon aîné, j’avais suivi les conseils de ma sage-femme et j’avais un carnet où je notais scrupuleusement chaque horaire de tétées, sa durée, le comportement du bébé, les selles qui suivaient (couleur, odeur, texture… bon appétit !).

Avec Adam j’étais dans un lâcher-prise absolu, du « free-style ». Il dormait sur moi la moitié du temps et je le mettais beaucoup au sein, sans compter, sans juger, sans aucune pression, si ce n’est celle des autres. Je me rappelle notamment d’une sage femme qui, à chaque fois qu’elle entrait dans ma chambre, me sermonnait : « Quoi, il est encore dans vos bras ? Mais il a un lit », « Vous devez le faire dormir dans son lit ou il ne va jamais se décoller de vous » Blablabla ! Mais j’avais retenu la leçon de mon 1er allaitement et bien sûr, je n’écoutais pas ces remarques (peu bienveillantes d’ailleurs !). Ce qui comptait c’était que Adam était bien comme ça, et moi aussi. En rentrant à la maison, nous avons d’ailleurs continué notre « mode Glue » (terme inventé par mon mari qui s’amusait de nous voir ainsi).

Comme pour Tom, j’ai pris un congé parental afin de profiter au maximum de Adam, nous faisions de grandes balades dans Paris, je le nourrissais dans un café, un parc, un musée (j’avais un porte-bébé physiologique très pratique avec un petit rabat qui nous assurait un peu d’intimité), c’était simple et fluide et j’ai eu la chance de ne rencontrer aucune difficulté.

Jusqu’à l’été du moins. Nous sommes partis chez mes parents sur la Côte d’Azur et dans le coin, le moustique tigre fait des ravages. Et malheureusement, Tom, particulièrement sensible aux piqûres d’insectes, s’est fait littéralement dévorer, et a eu une infection à staphylocoque.

Le lendemain, je me suis levée et j’avais une sensation bizarre : mon sein gauche était très gonflé, rouge et chaud. Sentant que ça n’était pas normal, je suis retournée chez le médecin qui avait vu Tom la veille, et il m’a dit que j’avais dû attraper l’infection* (en nettoyant les piqûres de Tom a priori). Résultat : « Il faut absolument arrêter d’allaiter votre bébé ou bien lui aussi va attraper l’infection ». Et là, moi qui avait eu ce sentiment de contrôle, de maîtrise absolue de cet allaitement, sans aucune embûche ou imprévu, on me retirait le droit de sevrer correctement mon bébé ?

Non ! Adam avait alors 7 mois et j’avais prévu de l’allaiter encore 2 mois. Voyant que je n’étais pas disposée à en rester là, le médecin m’a alors dit « Ok, éventuellement, il peut y avoir une solution. Vous allez à la pharmacie voir s’ils ont un tire-lait. Vous continuez à allaiter votre fils du sein droit, vous tirez votre lait à gauche et vous jetez ce lait ». J’étais dépitée, mais au moins, j’avais cet espoir, cette méthode alternative.

De retour avec mon tire-lait sous le bras, j’ai donc suivi les conseils du médecin. Malheureusement, ça n’a pas marché. Je n’arrivais pas à tirer correctement mon lait et c’était affreusement douloureux (à cause de l’infection je pense). Je suis retournée, en larmes, voir la pharmacienne, une femme adorable qui a su être à l’écoute, bienveillante et rassurante. Grâce à l’homéopathie j’ai pu rapidement arrêter mes montées de lait.

Néanmoins je garde un goût très amer de ce sevrage prématuré et violent que j’ai imposé à Adam (et qui s’est imposé à moi !). Heureusement, Adam l’a bien accepté, lui. Son papa s’est chargé de le nourrir au biberon les 2 ou 3 premiers jours, pour qu’il ne cherche pas mon sein, et qu’il vive le mieux possible cette nouvelle étape. Comme quoi, même quand on croit tout maîtriser, on n’est jamais sûre de rien.

* mon avis de consultante en lactation ( Valérie F. ) a posteriori : ces symptômes peuvent être évocateurs d’autres diagnostics .

[Auteure] : Mme Aurélia Brand Deligne

[Biographie] : Aurelia, 42 ans, sophrologue et maman de 2 garçons

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L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique.

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