confiance | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 04 Apr 2024 13:45:18 +0000 fr-FR hourly 1 Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ? https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/ https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/#respond Sat, 28 Jan 2023 16:25:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2295 Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂 Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court. Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. … Continuer la lecture de Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ?

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Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂

Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court.

Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. Quelles sont ces difficultés les plus fréquemment rapportées ? Mis à part les questions de positionnement ou de gestes à apprendre, certains défis se posent en lien avec le nourrisson : on parle souvent des freins de langue ou du faible poids à la naissance comme facteurs de risques pouvant empêcher un démarrage d’allaitement serein.

S’est-on jamais penché sur l’anatomie des mamans ? Des tendances se dégagent-elles ? Autrement dit, certaines morphologies de mamelons pourraient-elles poser plus de contraintes ? Peu d’études ont fait le tour de la question. En 2017, toutefois, une approche reposant sur de l’observation avait suggéré que la taille des mamelons et la densité de la peau au niveau de l’aréole pouvaient jouer un rôle. Qu’en est-il exactement ?

Un premier bilan

Une étude observationnelle assez poussée, publiée en 2021 a été réalisée dans un hôpital français de St Lus Obipo en Californie. Les auteurs se sont intéressés aux difficultés des mamans de diverses origines ethniques (latins hispaniques et non hispaniques) ayant pu bénéficier d’un soutien à l’allaitement (conseils préalables, aides lors du démarrage de l’allaitement).

L’étude s’est focalisée sur 115 mères d’enfants de 6 semaines ou moins ayant pris contact avec le centre d’allaitement de l’hôpital, quelle qu’en soit la raison. Les mamans étaient toutes majeures avec un seul enfant. Dans l’étude, seules les mamans n’ayant pas eu recours à la chirurgie ont été incluses. La moyenne d’âge des mères était de 30 ans, celle des nourrissons de 2 semaines.

Données anatomiques prises en compte

Les auteurs ont pris en compte :
– la largeur à la base du mamelon,
– la longueur du mamelon,
– la densité de peau au niveau de l’aréole.
Ce dernier paramètre a été évalué par un protocole mis au point pour l’étude, par le biais d’un pressage manuel pour évaluer la facilité de compression. Toutes les mesures ont été réalisées par une consultante en lactation IBCLC juste avant une tétée ou l’usage d’un tire-lait.

Difficultés à l’allaitement prises en compte

Les auteurs se sont intéressés aux problèmes liés à :
– des mamelons douloureux,
– la présence de crevasses,
– la survenue d’une mastite,
– des difficultés d’attachement en prise de sein,
– une faible prise de poids du bébé,
– une faible production de lait.

Les mamans ont également été interrogées sur la prise de suppléments, l’indice de masse corporelle avant la grossesse, le poids et la taille du bébé à la naissance.Un maximum de facteurs confondants a été pris en compte.



Plusieurs tendances observées

Les auteurs de l’étude ont relevé une plus forte proportion de problèmes d’attachement au sein parmi les mamans dont les mamelons sont plutôt longs et de plus grande largeur à la base.

Les auteurs ont aussi noté que la situation « mamelons douloureux » à la tétée était plus fréquemment rencontrée lorsqu’à la fois, la densité de l’aréole était plus élevée et les mamelons plus larges.

Pour les situations de faible prise de poids, ils ont également noté une interaction marquée entre la largeur du mamelon, sa longueur et une forte densité aréolaire.
En ce qui concerne les crevasses, les auteurs n’ont pas relevé de lien particulier entre la morphologie et leur fréquence d’apparition.

Analyse des résultats

Cette étude est l’une des premières à montrer que des variations anatomiques existent bien parmi les mamans allaitantes et que certaines peuvent influencer le bon démarrage de l’allaitement. Les auteurs soulignent que ce sont des paramètres combinés qui jouent sur les difficultés.

Des explications probables

Les auteurs ont cherché à expliquer leurs observations. Ainsi, ils suggèrent que certaines caractéristiques de la taille des mamelons couplées à une faible souplesse aréolaire pourraient représenter un challenge pour les bébés avec une petite bouche notamment dans les premiers jours de l’allaitement. Certaines configurations (taille relative du mamelon couplée à une moindre malléabilité du tissu mammaire) pourraient limiter la bonne prise en bouche du mamelon, empêcher l’enfant de s’attacher correctement et entraver la bonne coordination des mouvements lors de la tétée (mâchoire, langue). Lorsque la compression du mamelon est plus difficile, les risques de douleurs pour la maman allaitante sont alors plus grands et il est plus probable que le bébé tète mal, n’obtienne pas assez de lait et que sa prise de poids ne soit pas correcte. La conséquence est que malheureusement l’allaitement s’arrête vite : la mère est découragée et doute d’elle-même avant même qu’une solution soit trouvée.



Limitations de l’étude

C’est l’une des premières études à s’intéresser de façon précise aux liens entre morphologie du mamelon et difficultés de démarrage de l’allaitement. Les auteurs rappellent néanmoins que ces difficultés évoluent très souvent positivement au fur et à mesure que l’enfant grandit et que l’allaitement se poursuit.
Il serait souhaitable que les résultats de cette étude soient complétés avec un panel plus large de mamans d’autres horizons et origines ethniques en intégrant notamment d’autres traits anatomiques de la maman ainsi que ceux du bébé !

Que retenir ?

Les conclusions de cette étude pourraient servir de base pour mieux écouter les mamans qui souhaitent allaiter et pour lesquelles le démarrage pose souci. Ces connaissances, même si elles ont besoin d’être affinées, doivent être prises en compte pour mieux communiquer vers les mamans et apporter des réponses adéquates. Pour un allaitement ayant plus de mal à démarrer, comprendre les causes et les défis posés est un premier pas… Dans tous les cas, le conseil et le soutien sont précieux.

Références:

Ventura A. K. et al., “Associations Between Variations in Breast Anatomy and Early Breastfeeding Challenges”, Journal oh Human Lactation, 37(2):403-413, 2021

Wilson-Clay B., Hoover K., “The Breastfeeding Atlas”, 6th Edition, Lact News Press (2017)

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Mon allaitement que rien ne pouvait freiner https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-que-rien-ne-pouvait-freiner/ https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-que-rien-ne-pouvait-freiner/#comments Wed, 03 Aug 2022 07:50:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2281 Témoignage de Julie, auxiliaire de puériculture, monitrice de portage, instructrice massage bébé et  animatrice LSF ( langue des signes ) bébé. Quand ce petit être est venu se loger au creux de moi après de multiples fausses couches et évènements malheureux, je l’ai ressenti comme une ode à la vie, un nouveau départ. Une grossesse mal … Continuer la lecture de Mon allaitement que rien ne pouvait freiner

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Témoignage de Julie, auxiliaire de puériculture, monitrice de portage, instructrice massage bébé et  animatrice LSF ( langue des signes ) bébé.

Quand ce petit être est venu se loger au creux de moi après de multiples fausses couches et évènements malheureux, je l’ai ressenti comme une ode à la vie, un nouveau départ.

Une grossesse mal vécue avec ce stress de la mort qui planait au-dessus de ma tête ne m’a pas permise de me projeter sur la naissance et le après ; je ne parvenais pas à me visualiser repartant de la maternité avec un bébé. J’étais loin de m’imaginer que porter la vie après la mort sera un défi constant. Alors quand on me parlait d’allaitement, je disais juste : « je vais essayer ! ».

Très prévoyante et bien endoctrinée par la société de consommation, j’avais acheté tout l’attirail (bouts de seins en silicone, tire-lait manuel, coussin d’allaitement, du lait en poudre, des biberons).

De par mon métier d’auxiliaire de puériculture en maternité, j’étais informée et consciente des pratiques autour de l’allaitement, du risque des compléments, de la perte de poids, et malgré tout je comptais y faire face avec mon conjoint comme meilleur soutien mais en réalité je n’avais pas confiance en moi.

Le jour J arriva, perte des eaux, début du travail, je ne gère pas la douleur et accepte la péridurale trop rapidement. S’ensuit une suite tellement prévisible : stagnation du travail, ralentissement du rythme cardiaque de mon bébé, bébé en souffrance. Le gynécologue passe alors et il m’a suffi d’un regard de sa part pour que je comprenne que rien n’allait se passer comme je le voulais. J’entends encore ces mots « code rouge » que je ne connais que trop bien. On pratique une césarienne en urgence. Et soulagement, bébé va bien, moi aussi ! C’est le principal comme on dit ! Seulement, qui dit césarienne, dit séparation.

Quand je retrouve mon bébé, je ne ressens rien, je l’observe, le câline comme le bébé de quelqu’un, je tente une mise au sein mais il est complètement ailleurs.

Je le regarde et je le garde contre moi toute la nuit, je tente de le mettre à mon sein mais je ne sais pas faire, je n’y arrive pas, il ne tète pas, il pleure. Je me dis alors que je ne sais pas l’apaiser. Régulièrement des auxiliaires viennent essayer de m’aider à « brancher » ce bébé car je refuse les compléments.

Je masse mes seins et exprime seule mon colostrum, ce qui va aider à faire venir ma montée de lait. Mon bébé reprend enfin du poids à j5 et nous pouvons sortir. Je pensais avoir tout gagné. Et je me dis que tout sera maintenant un long fleuve tranquille.

Pourtant ce qui m’attend ce sont des douleurs, des crevasses, un réflexe d’éjection fort difficile à gérer par mon bébé, un allaitement acrobatique, un bébé jamais apaisé. Je passe alors des heures sur les réseaux sociaux et sur le site de La Leche League pour comprendre, apprendre, chercher du soutien. En vain. L’allaitement n’est plus alors une option pour moi mais un but ultime.

Il m’aura fallu de multiples rencontres et échanges avec de nombreuses mamans, des professionnels pour mettre un mot sur la cause qui a gâché tous nos moments d’allaitement : les freins restrictifs. J’ai vécu une course effrénée d’ostéopathes en chiropracteurs, de pédiatres en sages-femmes, pour finir avec une consultante en lactation, et enfin, après ce périple, trouver une personne qui, au détour d’une conversation, avance simplement : « Tu as du terriblement souffrir ! » alors qu’elle regarde mon fils. Je suis ébranlée. Enfin quelqu’un a compris et a su me guider vers la suite de ce long voyage qui n‘est pas fini.

Inconsciemment, tout ce parcours m’a révélé en tant que mère. Il a changé ma vision professionnelle et de l’accompagnement. Aujourd’hui je me forme pour devenir consultante en lactation IBCLC. Et je n’ai mis aucune limite à la fin de mon allaitement. Je vis celui-ci en conscience avec mon petit bonhomme de presque 3 ans et nos moments lactés rechargent nos batteries mutuelles.

Cette histoire était écrite et prédestinée à changer mon destin.

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Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/#comments Thu, 20 Aug 2020 14:06:49 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2078 Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter … Continuer la lecture de Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement

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Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter et décider de la suite de mon allaitement.

Mon bébé a bientôt six mois ; j’ai déjà réussi à faire face à de nombreux obstacles. La reprise du travail représente pour moi une véritable source de stress : je suis envahie par de nombreuses questions et en même temps profondément motivée et convaincue que je ne dois pas abandonner l’allaitement. 

Mais comment continuer ? Est-ce que ce sera vraiment possible ?

La reprise du travail marque un changement et elle coïncide chez nous avec la diversification alimentaire. Je me sens angoissée, envahie par de nombreuses questions : la reprise du travail est-il synonyme de sevrage ? Serais-je capable de faire face à une éventuelle baisse de lactation puisque je n’allaiterai plus à demande ? Comment faire face concrètement aux douleurs et aux premiers jours sans mon bébé ? Sera-t-il réellement possible en termes de temps et d’organisation de tirer mon lait sur mon lieu de travail ? Est-ce que je vais trouver un endroit au travail où je pourrai tirer tranquillement mon lait, le stocker et le transporter ? L’assistante maternelle que je vais embaucher sera-t-elle pro-allaitement et surtout d’accord pour donner mon lait ?

Des questions légitimes ou irrationnelles ?

C’est peut-être normal de se poser autant de questions, mais je sais au fond de moi que celles-ci sont renforcées et multipliées par le fait que lors de mes 6 premiers mois d’allaitement, j’ai été très peu soutenue par ma famille qui se montrait plutôt effacée et sans avis, et encore moins par ma belle-famille et par mon compagnon. J’ai découvert que dans ma belle-famille l’allaitement n’était pas pratiqué par les 2 dernières générations. Avec du recul, je comprends mieux pourquoi j’étais souvent perçue comme une “originale”, « une hippie qui s’obstinait à allaiter son enfant même quand ça ne marchait pas”. Ce rejet familial a été dur à supporter et est à l’origine de nombreuses souffrances inutiles que je n’ai pas su m’épargner. Je n’arrivais vraiment pas à comprendre pour quelle raison on soutenait si peu mon projet alors que ma motivation première consistait simplement à donner le meilleur de moi-même à notre bébé.

Dépasser les préjugés, la peur et aller de l’avant

Soutenue ou pas par mes proches, j’ai fini par me dire que je n’avais pas de temps à perdre en argumentation, que de nouvelles problématiques s’imposaient à moi et que j’avais des véritables défis à relever. Comment faire face à mes peurs et aux difficultés que j’anticipais avec la reprise du travail ?

Je ne voyais qu’une solution : me tourner vers une professionnelle – une consultante en lactation, car je sentais que l’expertise et une approche personnalisée ne pourraient que m’apporter du positif et me permettrait d’y voir plus clair.

Un bilan de mon allaitement très positif et encourageant

Le premier entretien avec cette professionnelle a été très riche pour moi. Ma consultante en lactation a su reprendre avec moi mon histoire de maman : la grossesse, l’accouchement et mes débuts difficiles dans mon histoire d’allaitement. Cela m’a permis de voir que malgré toutes les difficultés rencontrées, il y avait beaucoup de positif. Elle a su me conforter dans mon rôle de maman compétente et dans mes efforts titanesques pour aller de l’avant. J’avais l’impression que plus notre échange avançait, plus les nombreux conseils personnalisés sur comment faire concrètement au quotidien me parlaient : quel tire-lait louer en s’attardant sur des éléments purement techniques liés au mode emploi de l’appareil et comment procéder sur le lieu de travail.  Elle a su m’accompagner dans mes peurs en lien avec la baisse de lactation en me donnant de nombreuses informations sur la physiologie et des stratégies de stimulation pour maintenir la lactation, sans oublier la nutrition et les soins par les plantes. 

Un suivi individuel rassurant

Je me souviens avoir fait appel à elle quelques semaines plus tard non seulement pour lui faire un retour mais aussi pour rectifier certains points qui ne s’étaient pas passés comme prévu.

Malgré mes efforts, j’avais dû abandonner l’idée de tirer mon lait sur mon lieu de travail. L’environnement était en effet peu propice au calme (lieu stressant et hostile à l’allaitement). De plus, bien que le tire-lait que j’avais loué était léger et facile à transporter, il n’était pas du tout adapté pour moi. Je me trouvais beaucoup moins à l’aise qu’avec le modèle double pompage que j’avais utilisé auparavant. Je peinais à extraire mon lait de manière efficace et cela m’a très vite coûté un épisode d’engorgement avec des douleurs pendant 48h. Grâce à l’aide de ma consultante en lactation, j’ai pu faire face à l’épisode d’engorgement et trouver un nouvel équilibre.

La diversification nous a aidé à lâcher prise

Mon enfant tétait quelques minutes le matin au réveil et le soir après mon retour du travail, la nuit et le week-end à volonté. Une règle s’est spontanément mise en place : quand maman travaille, c’est nourriture solide et quand elle est de retour, c’est le sein à volonté.

Se faire aider par une personne compétente, une clé

Je remercierai toute ma vie mon amie qui m’a dirigée vers cette merveilleuse professionnelle (consultante en lactation certifiée IBCLC) dont j’ignorais le métier. Je suis si heureuse d’avoir fait appel à elle, car elle m’a beaucoup apporté : j’ai trouvé une oreille attentive, bienveillante et compétente. Grâce à son aide j’ai réussi à prolonger cette aventure magique et découvrir les joies de l’allaitement long. Qui l’aurait cru ? Que rêver de plus ?

Aujourd’hui, je l’affirme : je suis si fière de moi, fière d’avoir su demander de l’aide au bon moment et à la bonne personne ! Et si j’ai quelque chose à transmettre à travers mon témoignage, c’est l’idée de ne pas abandonner sous prétexte de la reprise du travail, surtout si votre cœur de maman souhaite continuer à allaiter bébé. Faire appel à une consultante en lactation ou à un autre professionnel certifié vous permettra non seulement de vous informer, mais aussi de sortir de la solitude et d’affronter la suite de l’allaitement en étant soutenue et accompagnée.

Témoignage spontanée de Vicky

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QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/ https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/#respond Wed, 12 Feb 2020 14:19:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2015 Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons. Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi. Un an après, j’étais enceinte. … Continuer la lecture de QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT

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Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons.

Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi.

Un an après, j’étais enceinte. J’ai malheureusement fait une fausse couche au bout de 2 mois et ça a été un gros choc émotionnel pour nous deux. Après beaucoup de pleurs et quelques mois de patience, je suis retombée enceinte. Nous étions fous de joie et je me sentais bien, j’avais une confiance absolue en mon gynéco et je laissais venir les choses naturellement, sans peurs ni appréhensions.

Concernant l’allaitement, je n’avais rien prévu. J’avais des retours divers : ma sœur, pour qui ça n’avait pas marché ; ma belle-sœur qui avait allaité ses 2 enfants et qui avait adoré ce moment. Je verrais bien le moment venu.

Vers le 5ème mois de grossesse, mon gynéco m’a dirigé vers une sage-femme avec qui il avait l’habitude de travailler. Les 1ers rendez-vous se sont très bien passés, elle était douce, rassurante. Mais quelques semaines plus tard quand elle a su que le bébé avait une grosse tête et qu’il était toujours en siège (et donc que j’accoucherai a priori par césarienne), elle s’est complètement désinvestie de l’accompagnement. Elle ne m’expliquait plus rien, était vague dans ses réponses… Résultat, je suis arrivée à l’hôpital sans être vraiment préparée à ce qui allait se passer. Mais le matin de l’accouchement, en arrivant à la clinique, je me sentais quand même confiante et sereine car je me savais entourée de mon gynéco et de cette sage-femme.

Une fois le bébé sorti, on me l’a posé sur la joue, je l’ai embrassé, il était magnifique et j’étais tellement heureuse. Mais quand, après nos soins réciproques, on m’a ramené le bébé pour que je lui donne le sein, j’étais allongée (complètement à plat je me rappelle, sans doute à cause de la césarienne), et impossible de le tenir dans mes bras, et d’un coup j’ai eu très peur. C’était comme si, à cet instant précis, je réalisais que ça allait être difficile, moi qui jusque-là pensais que tout allait se faire naturellement, instinctivement… quelle déconvenue !

Une fois remontée dans ma chambre, j’ai regardé mon bébé dans son petit berceau et j’ai eu très peur, peur de cette responsabilité qui était maintenant la mienne. Une sage-femme est venue pour la mise au sein et je la revois, sur le pas de la porte de ma chambre, elle me disait de loin et sans aucune empathie comment mettre le bébé, de le replacer, mais ça ne marchait pas, et c’était très douloureux. Le bébé pleurait beaucoup, et moi aussi…

Le lendemain, la même sage-femme, voyant ma détresse m’a dit : « Vous pouvez lui donner un biberon, mais si vous le faites, c’est fini pour votre allaitement ! ». Sentir son jugement me faisait me sentir encore plus incapable de satisfaire et de rassurer mon bébé. Mon gynécologue, lors de sa visite de contrôle, m’a alors parlé de la seringue comme alternative.

Mais quand je l’ai demandée à la sage-femme (toujours la-même) elle m’a répondu « OK, je vous amène ça, mais nous on ne gère pas ! Ça nous prend trop de temps à expliquer et on ne prend pas la responsabilité d’une fausse route ». J’étais abasourdie, perdue. J’avais le choix entre continuer à donner le sein en pleurant de douleur ou le nourrir à la seringue et risquer de le tuer ? J’ai serré les dents et continué le sein. On m’a alors proposé de voir la psychologue de la clinique, comme pour me rappeler que j’étais coupable, incapable de prendre soin de mon bébé.

Puis est arrivée une autre sage-femme, qui elle était plus douce, plus à l’écoute. C’est la seule personne qui a pris le temps de me remontrer les positions, de m’expliquer comment et pourquoi le bébé devait mettre tout le téton dans sa bouche… je la remercie car, à ce moment là, elle m’a fait beaucoup de bien.

Au bout de 5 jours, je suis rentrée chez moi. Je me sentais mieux, j’avais regagné un peu de confiance en moi grâce à cette sage femme. Du coup, je n’avais pas prévu de lait pour le cas où l’allaitement se passerait mal. Les tétées sont redevenues très vite très douloureuses, et je me rappelle encore de la nuit où j’ai craqué et dit à mon ami « Va acheter du lait ! ». Le pauvre a dû faire 3 pharmacies en pleine nuit pour trouver le lait que l’on m’avait recommandé à la clinique (alors que n’importe quel lait aurait sûrement fait l’affaire).

Le lendemain matin, nous avons loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait pour le donner au bébé au biberon (en réessayant le sein de temps en temps, quand il était détendu). Mais assez vite, j’ai rencontré des difficultés. Parfois, je produisais bien et parfois, ça ne sortait pas. Je passais parfois 3h la nuit à tirer mon lait en espérant que le bébé ne se réveille pas. J’étais épuisée et perdue encore une fois. Bien souvent il se réveillait, buvait un peu, puis je jetais le reste de ma collecte de peur qu’elle ne soit plus consommable. Et puis une nuit, à 5h, ça a été comme une évidence, comme une dissociation, je me suis vue telle une zombie, les yeux tirés, le sein aussi – j’entends encore ce bruit de pompage – et je crois que j’ai lâché prise. Je me suis souvenue que finalement le fait d’allaiter ne comptait pas tant que ça pour moi .

J’ai arrêté de m’acharner et tout est allé mieux. Mon ami était rassuré de me voir aller mieux. Cette expérience m’a fait réaliser que la grossesse, la naissance, l’allaitement… c’est un vrai cataclysme émotionnel.

J’étais vulnérable, j’avais perdu tout libre arbitre, je ne me faisais plus du tout confiance. Je m’en remettais complètement au corps médical et j’attendais d’eux qu’ils m’expliquent tout, qu’ils me guident. C’est sans doute mon côté bonne élève, qui aime bien faire les choses. Mais au lieu d’attendre d’être rassurée par les autres, j’aurais dû m’écouter, me faire confiance car j’avais en moi les ressources pour m’occuper de mon bébé et décider de ce qui était le mieux pour lui.

Aujourd’hui encore, quand je croise une femme enceinte, j’ai envie d’aller lui glisser à l’oreille « Fais-toi confiance, toi seule sait », mais je me retiens de peur qu’on me prenne pour une folle !

4 mois après la naissance de mon fils, je suis retombée enceinte. Très vite j’ai décidé que je ne retenterai pas l’allaitement, car je voulais rester disponible pour mon aîné qui n’était encore qu’un bébé.

Le jour de sa naissance j’ai tout de même voulu lui donner la tétée d’accueil et continuer 1 ou 2 jours (temps du colostrum) mais on me l’a refusé en me disant : « C’est soit le sein, soit le biberon ». Quand on m’a apporté les médicaments qui empêchent la montée de lait, j’ai dit que j’allais les prendre mais j’ai attendu, et en cachette, bien installée dans ma chambre, j’ai donné le sein à mon bébé et c’était un moment superbe. Je suis heureuse d’avoir offert à mon fils cette tétée, comme une petite revanche sur le passé.

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Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/#respond Thu, 05 Dec 2019 11:40:44 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2000 Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille. Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand … Continuer la lecture de Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible !

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Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille.

Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand j’avais huit ans – une expérience qui m’a beaucoup marquée. J’avais tout préparé dans ce sens mais comme dit le dicton juif « l’Homme planifie, Dieu rit ». Suite à une pré-éclampsie*, j’ai accouché par césarienne en urgence à 38 semaines et même si je savais que j’avais tout fait pour préserver la santé de mon bébé et de moi-même, je me sentais profondément en échec. Pendant toute la grossesse, on m’avait dit « Fait confiance à ton corps. Ton corps saura quoi faire. » Mais mon corps n’avait pas assuré. Sans la médecine moderne, je n’aurais probablement pas survécu à l’accouchement !

Du coup, je ne faisais plus confiance à mon corps pour faire du lait pour mon enfant non plus. J’étais convaincue de ne pas être capable et le discours d’autres personnes ne m’a pas beaucoup aidé. Plusieurs infirmières à l’hôpital m’ont dit qu’à cause de la césarienne, le lait ne viendrait pas tout de suite, qu’il faudrait certainement compléter avec de la formule**. De l’autre côté, je lisais que plus je complétais avec la formule, moins je produirais. Puis on me disait que le stress réduisait la production aussi et j’étais dans une des situations le plus stressantes de toute ma vie ! Le pédiatre de l’hôpital m’a fortement déconseillé l’allaitement « le sein est traitre, madame, on ne peut pas mesurer combien boit l’enfant ! » Et pour couronner le tout, l’allaitement me faisait mal. J’avais des crevasses et c’était « pas normal ». C’était sûr. Je n’allais pas y arriver.

L’obstétricien qui a fait la césarienne est venu vérifier la cicatrice et m’a trouvé en larmes. Quand je lui ai dit que j’avais peur de ne pas pouvoir allaiter car le lait ne viendrait pas, il m’a gentiment pris la main et il m’a dit « ne le prenez pas mal, mais vous n’êtes pas si exceptionnelle ! Le lait viendra, comme pour tout le monde. » Ma sage-femme m’a rassuré aussi. Elle a donné des instructions aux infirmières pour qu’elles n’insistent pas pour donner des biberons et nous avons mis en place un plan car ma petite perdait du poids et il fallait la nourrir.

J’ai fait beaucoup de peau à peau. Je ne pouvais pas encore me déplacer à cause de l’opération, mais je pouvais avoir mon bébé dans mes bras et je la gardais le plus possible contre moi. La sage-femme m’a montré comment exprimer mon lait avec mes mains et m’a aidé à louer un tire-lait aussi. Après chaque tétée, je tirais ce qui restait et je le donnais à ma fille avec une pipette, puis si elle mangeait tout je lui proposais un peu de lait industriel (toujours à la pipette) pour rassurer les infirmières sur son poids. Après une journée comme ça, ma fille a bien pris du poids et a refusé la formule car elle était bien rassasiée.

Deux semaines après, j’ai vu une consultante en lactation qui m’a beaucoup aidé à avoir confiance et m’a conseillé de voir une ostéopathe car ma fille avait la mâchoire serrée quand elle tétait. Effectivement, cela a soulagé la douleur. En vrai, je n’avais pas du tout de problème de production de lait mais j’ai mis du temps à y croire ! Je n’avais pas particulièrement prévu d’allaiter longtemps mais c’était de plus en plus agréable ; et puis j’étais moins angoissée et cela ne faisait plus mal. J’ai trouvé le réseau de La Leche League et j’allais à des réunions avec d’autres mamans qui allaitaient et qui donnaient toujours de bons conseils, du soutien et de l’empathie. Mon bébé était toute ronde et heureuse – et je me sentais bien aussi ! Nous avons pas mal voyagé quand ma fille était bébé, allant même jusqu’en Australie quand elle avait 6 mois, et avec l’allaitement, c’était tellement simple. Je me souviendrai toujours du regard horrifié de l’agent de sécurité à l’aéroport quand il m’a dit « Allez-y sortez tous les biberons, les compotes, etc. » et je lui ai dit, « Non, j’ai rien », « Rien ?? » « Enfin j’ai tout ce qu’il faut ici », en désignant mes seins. Le pauvre a eu du mal à s’en remettre.

Notre aventure d’allaitement s’est terminée quand ma fille a eu 2,5 ans. 8 mois plus tard, je produis toujours quelques gouttes de lait. Pas trop mal pour un corps qui ne savait pas comment faire !

* La pré-éclampsie est une maladie caractérisée par l’association d’une hypertension artérielle accompagnée d’une apparition exagérée de protéines dans les urines et d’oedèmes.

** NDLR : ce qu’Hope nomme « formule » correspond à ce que l’on entend par les substituts du lait maternel, « formula » en anglais, autrement dit les laits de préparation pour nourrissons.

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Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter? https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/ https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/#respond Mon, 22 Apr 2019 08:09:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1936 [Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance … Continuer la lecture de Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter?

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[Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance à la maman. On entend souvent dire « Mon bébé était trop paresseux, il ne voulait pas téter, il préférait le biberon ! » ou bien «  Ne vous acharnez pas madame à vouloir allaiter votre bébé, vous voyez bien qu’il ne sait pas téter ! » Cette situation semble très déstabilisante pour les mamans qui sont souvent désemparées et culpabilisent de ne pas pouvoir allaiter leur bébé. Ce phénomène de plus en plus fréquent mérite que l’on s’interroge sur les conditions déclenchant un tel comportement du bébé et sur les solutions à apporter pour un retour à l’allaitement maternel.

Tout d’abord, revoyons notre vocabulaire : comme un bébé humain est programmé génétiquement pour téter, pourquoi ne pas dire simplement : « Ce bébé ne tète pas encore, voyons ce qui se passe ! » plutôt que de parler d’inaptitude « Ce bébé ne sait pas téter ! » ou de refus « Ce bébé ne veut pas téter ! » ?

Très fréquemment, il est vrai, certaines conditions d’ordre anatomique ou d’ordre fonctionnel peuvent entraver la prise du sein.

On peut mentionner notamment la présence d’un frein de langue trop serré et peu élastique qui empêche souvent le bébé de s’accrocher au sein et d’ y rester. Les dernières positions adoptées par le bébé in-utéro ainsi que le déroulement de sa naissance (long travail ou au contraire extrêmement rapide, ventouse, forceps…) peuvent aussi avoir un impact sur ses compétences immédiates à prendre le sein. Le bébé peut en effet présenter un torticolis, des mâchoires particulièrement serrées ou être très douloureux suite à un accouchement difficile. Toutes ces conditions, fort heureusement sont remédiables, peut-être pas en un clin d’œil mais la maman a besoin de le savoir et il est très important de la soutenir (positions adaptées à la situation, maintien de la lactation, visite chez un ostéopathe qualifié, consultation si besoin chez un ORL) et en la rassurant pour qu’elle n’abandonne pas.

La plupart du temps, certaines pratiques hospitalières sont responsables du stress du bébé au moment des tétées. En effet, à l’encontre d’un déroulement naturel guidé par les signes d’éveil et de sommeil du bébé et d’une réponse adaptée de la maman, les tétées sont parfois conditionnées par des contraintes de temps et des diktats non fondés. On s’empresse dès la naissance, alors que les parents et le bébé ont à peine fait connaissance, à procéder à la fameuse première mise au sein sans se préoccuper de la réceptivité du bébé. Ce premier « forcing » peut laisser des traces. De même, si la maman est séparée de son enfant pour des raisons médicales, un premier biberon donné peut être redoutable car il rompt la continuité biologique… De plus, une fois en chambre, les incursions fréquentes du personnel de jour comme de nuit pour réveiller le bébé sans ménagement et le faire téter nuisent à son bien-être et contribuent à augmenter son stress et par la même occasion celui de sa maman.

Pour couronner le tout, voici en quelques images le scénario cauchemar souvent vécu en maternité : la maman est dans une position d’allaitement inconfortable, le bébé s’agite, ses petites mains et ses pieds bougent dans tous les sens, il crie de plus en plus fort, s’arcboute, se détourne du sein et c’est à ce moment qu’une main étrangère s’évertue à lui appuyer sur la tête et le plaquer contre le corps de sa maman pour le faire prendre le sein comprimé par l’autre main étrangère… Ce genre de situation, hélas très courante, annihile la maman et rend l’expérience extrêmement négative pour le nouveau-né. Celui-ci n’est que dans le ressenti et donc par la suite à l’approche du sein il ne pourra que le rejeter… Il s’agira alors de le ré-apprivoiser en douceur mais cela peut prendre quelque temps ! Là encore le soutien accordé à la maman est crucial, il faudra notamment lui expliquer l’importance de tirer son lait pour mettre en place sa lactation, condition sine qua none pour un retour au sein lorsque l’enfant sera prêt.

Comment alors faire prendre le sein à un bébé qui s’en éloigne?

La première chose à bannir est d’insister, de faire monter la pression du bébé et celle de la maman par la même occasion, car les deux sont extrêmement connectés. Si l’un est calme, l’autre le sera et si l’un est tendu, l’autre le sera aussi. De ce fait, si les moments de stress se sont enchainés, il est préférable de faire une pause en arrêtant complètement toute nouvelle tentative : quelques jours voire une semaine maximum. Pendant ce temps, la maman tirera son lait pour bien entretenir sa lactation et nourrira son bébé idéalement au doigt via un dispositif d’aide à la lactation (DAL) composé d’une sonde de nutrition plongée dans un flacon contenant du lait.

Pour que la maman et son bébé se reconnectent et adoptent des comportements instinctifs, il sera important de privilégier les contacts corporels dans un environnement confortable et paisible qui sera plus propice à effacer les tensions communes. Les contacts en peau à peau répétés ont notamment des effets magiques dans de nombreux cas, grâce à la sécrétion d’ocytocine (l’hormone de l’amour, du bien-être, du lien) qu’ils déclenchent chez la maman et son bébé. De très belles vidéos montrent des bébés prenant pour la première fois le sein au cours d’un bain partagé avec leur maman.

Pourquoi ne pas proposer à la maman de s’installer le plus souvent possible dans un endroit où tout son dos (de la nuque au sacrum) sera appuyé sur un plan plus ou moins incliné et confortable et de prendre son bébé qu’elle placera sur elle en position ventrale ? Créer en quelque sorte un petit « nid » pour elle et son enfant ! Elle n’aura ainsi pas besoin de soutenir son bébé, son corps s’en chargera sans effort et le bébé avec ses pieds en appui sera aussi plus libre d’exercer ses réflexes qui lui permettront de téter. C’est Suzanne Colson, sage-femme anglaise internationalement reconnue pour ses travaux sur les réflexes archaïques du nouveau-né et les instincts maternels qui a démontré l’efficacité de cette nouvelle approche de l’allaitement maternel. Elle l’a appelée « Biological Nurturing® » (allaitement « zen » en français ou « BN »), c’est une approche qui se base sur les principes de la continuité de la gestation et met en avant le confort de la maman.

De plus, il est bien connu que non seulement le stress mais aussi la faim interfère dans tout processus d’apprentissage. D’où l’idée de suggérer à la maman de nourrir d’abord son bébé au DAL puis de le garder sur elle pour une petite sieste tous deux légèrement vêtus ou en peau à peau, selon son envie du moment. A son réveil, encore en état de somnolence et toujours en BN, le bébé sera alors plus enclin à prendre le sein ou en tout cas à le sentir, le lécher, ce qui est déjà très positif compte-tenu des rejets précédents.

En conclusion, l’allaitement est avant tout une relation, qui peut être fragilisée par les conditions d’accouchement et certaines interventions extérieures. Le stress, ennemi numéro 1 est à réduire au maximum et à remplacer progressivement par du calme et de la douceur afin de créer un environnement favorable. Passé les premières semaines, lorsque les liens entre la maman et son bébé se sont resserrés, qu’ils se connaissent mieux, il est fréquent qu’un bébé n’ayant pratiquement jamais pris le sein auparavant s’y mette vraiment et pour de bon. Cela arrive souvent entre la 4ème et la 8ème semaine, d’où l’importance de soutenir les mamans, pour qu’elles gardent toujours espoir et qu’elles aient confiance en leur bébé. Comme le dit un proverbe allemand « La patience est une médecine de la vie ».

Références :

Introduction au Biological Nurturing, Suzanne Colson

DVD de Christina Smilie : Baby-led breastfeeding, the mother-baby dance

Impact of birthing practices on Breastfeeding, Mary Kroeger

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Comment savoir si mon bébé mange assez ? https://www.leblogallaitement.com/comment-savoir-si-mon-bebe-mange-assez/ https://www.leblogallaitement.com/comment-savoir-si-mon-bebe-mange-assez/#respond Tue, 09 Apr 2019 09:21:05 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1932 Est-ce que je propose un sein ou les deux ? Dois-je stimuler mon bébé s’il s’endort pendant que je l’allaite? Est-ce que je le nourris trop ? Et s’il avait encore faim ? A la naissance de ma fille, toutes ces questions se bousculaient dans ma tête. Ce que j’avais lu sur l’allaitement me semblait déconnecté de la … Continuer la lecture de Comment savoir si mon bébé mange assez ?

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Est-ce que je propose un sein ou les deux ? Dois-je stimuler mon bébé s’il s’endort pendant que je l’allaite? Est-ce que je le nourris trop ? Et s’il avait encore faim ?

A la naissance de ma fille, toutes ces questions se bousculaient dans ma tête. Ce que j’avais lu sur l’allaitement me semblait déconnecté de la réalité de ce bébé là. Je ne savais pas comment m’assurer qu’elle avait assez tété, et l’énorme responsabilité de nourrir moi-même mon enfant me donnait le vertige. Panique à bord.

Après avoir voulu m’agripper aux conseils théoriques pour « bien faire », j’ai fini par les laisser de côté et j’ai plongé toute entière dans cette perte de repères : pas de rythme jour-nuit, pas d’horaire fixe, pas de biberons gradués, pas de nombre de tétées régulier,… J’étais complètement sous l’eau et ce lâcher prise abyssal m’a permis de contacter une autre forme de savoir : celui qui passait par l’observation, l’écoute, l’intuition, le ressenti, et aussi le bon sens.

Mon corps et mon cœur se sont mis en éveil (et aussi mes hormones !), ma tête en sourdine, j’ai commencé à décrypter le langage du corps de mon bébé, et j’ai fait confiance à notre duo.

Chacune à leur manière, mes filles ont su se nourrir suffisamment : ma fille aînée tétait de nombreuses petites fois dans la journée, ma seconde préférait les grandes tétées plus espacées.

De la même façon, chacune à leur manière, elles ont développé des signaux clairs lorsqu’elles étaient repues. J’ai une image encore très vivace de ma fille aînée, qui à quelques semaines de vie se détachait du sein avec intensité, jetait sa tête en arrière, bouche entr’ouverte et lèvres nacrées, endormie comme une bienheureuse, ostensiblement repue.

Ma seconde fille, elle, me signifiait la fin d’une tétée en remplaçant mon sein par son petit pouce. Elle avait un fort besoin de succion, certes, mais elle était rassasiée.

A la fin de chaque tétée, nous avions chacune fait notre part : j’avais identifié les signaux de faim et répondu aux besoins de mes filles, qui m’envoyaient à leur tour un signal évident qu’elles avaient terminé.

J’avoue avoir tenté plusieurs fois de « contrôler » l’appétit de mes filles, quand ma tête voulait reprendre les rênes. J’étais alors déconnectée de mon cœur, et je sentais une petite tension en moi.

Je me souviens d’un soir où j’allais confier ma fille à mon mari. Elle avait un peu moins d’un an. La mère nourricière en moi se réveillait anxieusement : j’étais très inquiète de partir sans lui avoir donné le sein. J’ai pris mon enfant sur les genoux et lui ai proposé – imposé, presque – de téter. Ma fille n’avait pas faim. Elle a tout simplement tourné la tête devant ce superbe sein généreux et abondant qui s’offrait à elle et a glissé de mes genoux pour reprendre ses jouets. J’avais compris le message : j’allais devoir composer moi-même avec mes propres angoisses. Ma fille quant à elle, contactait parfaitement sa sensation de satiété !

Au final, pour savoir si mon bébé était rassasié, j’ai d’abord fait l’effort de m’approprier la théorie puis j’ai laissé place à la singularité de mon enfant : je lui ai fait confiance, j’ai déchiffré ses signaux de faim et de fin de tétée, et nous avons effectué ensemble la danse qui nous correspondait parfaitement.

Pour chaque bébé une danse unique. Et pour chaque bébé, la joie de ses joues de plus en plus potelées.

[Auteure] : Claire, maman de Pia et de Lou.

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Pourquoi j’ai fait appel à une consultante en lactation ? https://www.leblogallaitement.com/pourquoi-jai-fait-appel-a-une-consultante-en-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/pourquoi-jai-fait-appel-a-une-consultante-en-lactation/#comments Tue, 05 Mar 2019 15:00:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1923 La première nuit suivant le retour de la maternité a été … cauchemardesque. Notre fille a littéralement passé sa nuit au sein. Dès que je tentais de la poser dans son berceau elle hurlait et mon cœur se serrait. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, mes seins étaient douloureux, gonflés, tendus, et mon … Continuer la lecture de Pourquoi j’ai fait appel à une consultante en lactation ?

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La première nuit suivant le retour de la maternité a été … cauchemardesque.

Notre fille a littéralement passé sa nuit au sein. Dès que je tentais de la poser dans son berceau elle hurlait et mon cœur se serrait. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, mes seins étaient douloureux, gonflés, tendus, et mon moral au plus bas. C’était évident : je ne savais pas être mère, je n’allais pas y arriver. En fait, j’étais en plein baby blues, mon bébé pleurait, mes seins coulaient, et mon mari était aussi démuni que moi.

Dans ma famille, l’allaitement avait cessé d’être transmis de mère en fille depuis plusieurs générations. J’avais donc besoin de l’aide précieuse de quelqu’un qui s’y connaissait en bébés allaités, pour remettre d’aplomb cette vie qui devenait un peu trop chaotique à mon goût.

J’ai appelé Carole, consultante en lactation : j’ai entendu sa voix posée, sereine, confiante et j’ai su que j’étais entre de bonnes mains. J’ai béni son premier conseil – aussi incongru qu’efficace – celui de mettre sur mes seins une feuille de chou bien fraîche. Je me suis sentie mieux, instantanément, dans mon corps et dans ma tête.

J’ai reçu lors de ce premier rendez-vous des informations sur les positions d’allaitement, le soulagement de la douleur, la technique pour extraire du lait, les premiers signaux d’éveil et de faim d’un nouveau-né, l’alimentation de la mère pendant l’allaitement, la digestion du bébé, et plein d’autres choses encore. Je buvais comme du petit lait les paroles de cette femme providentielle.

Puis, régulièrement pendant les premiers mois de mon bébé, je l’ai recontactée pour apaiser mes inquiétudes : si j’allaitais à la demande, mon bébé n’allait-il pas devenir obèse ? S’il s’endormait au sein, n’allait-il pas devenir dépendant ? Si on se lançait dans du cododo, ma fille allait-elle un jour rejoindre sa chambre ? Si je portais mon bébé en écharpe, n’allait-il pas trop s’habituer aux bras ? Et si mon bébé ne « faisait pas ses nuits » à 6 mois, était-ce normal ? J’ai aussi cherché auprès de ma consultante en lactation des informations sur la diversification, le sevrage, le soutien entre mères, le sommeil, les pleurs. Elle était devenue ma référence sur toutes les questions de maternage.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont mes états d’âme étaient accueillis. Je me suis sentie fragilisée en devenant mère, et ma consultante en lactation a su materner ce petit bébé perdu que j’étais devenue. Sa présence enveloppante me rassurait, et son accompagnement bienveillant m’a soutenue pendant de longs mois.

Lorsque j’ai accouché de notre deuxième fille, je ne découvrais plus l’allaitement, mais paradoxalement j’avais tout à réapprendre. A nouveau j’étais devenue ce nouveau-né dépendant, fragile, et je me sentais incompétente. Ma consultante attitrée nous a accompagnées avec beaucoup de douceur, et les difficultés de ma fille à téter se sont dissipées en quelques heures.

Et en bonus, j’ai trouvé une oreille attentive et empathique pour déposer mes inquiétudes liées au bouleversement de cette nouvelle naissance, et à la difficulté de recréer une place pour chacun. C’est finalement tout ce dont j’avais besoin.

En bref… J’ai fait appel à une consultante en lactation pour des réglages techniques et des informations sur l’allaitement. J’ai aussi et surtout bénéficié d’un accompagnement à la naissance : la MIENNE , en tant que mère, à deux reprises. Je remercie la Vie pour cette rencontre si marquante.

Claire, maman de Pia et de Lou.

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L’allaitement est-il politiquement correct ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/#comments Fri, 07 Dec 2018 18:00:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1854 Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel. La recherche … Continuer la lecture de L’allaitement est-il politiquement correct ?

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Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel.

La recherche scientifique montre et démontre que le lait maternel est l’aliment le plus adapté aux besoins des bébés. Nourrir son bébé autrement présente des risques accrus quant à la santé des bébés, des mères. Tout le monde le sait ou presque.

Alors pourquoi autant de mères qui allaitent se sentent-elles montrées du doigt ? Obligées de se justifier sur les raisons et les modalités de leur allaitement ? Pourquoi certaines d’entre elles vont jusqu’à dire qu’elles se sont senties humiliées, rejetées, accusées ou même évincées d’un lieu public ?

Nourrir son enfant au sein quand il en a besoin obligerait-il les mères à obtenir l’approbation générale avant toute chose ? Si beaucoup de mères n’attendent pas l’approbation d’autrui pour allaiter, elles ont toutefois besoin de la considération qui leur incombe : avoir un enfant, en prendre soin, faire « de son mieux », n’est-ce pas là le point commun aux mères du monde entier ? Pérenniser la race humaine s’est toujours passé de cette façon : un enfant est un être plus qu’important et le materner l’aidera à survivre et grandir dans le respect de ses besoins (contact et proximité physiques, tétées fréquentes, protection immunitaire, maturation du cerveau, réconfort).

Alors, qu’est-ce qui serait si difficile à supporter dans le fait de voir un enfant téter les seins de sa mère ? Les mères font ce qui leur semble juste pour maintenir leur bébé dans un état de santé optimal, dans un climat réconfortant et ces gestes sont à valoriser, encourager, soutenir. Tout ce qu’elles font pour leur enfant est d’une valeur inestimable. Elle se rendent disponibles pour lui, se lèvent la nuit si besoin, s’assurent dans le même temps du bien-être de leur famille. En outre, les mères se mobilisent souvent pour trouver des explications, des ressources quant à l’allaitement, par le biais de personnes compétentes, professionnelles ou associatives. Et ces recherches peuvent prendre beaucoup de temps et d‘énergie. Les mères veulent comprendre, rectifier et améliorer leur situation si elle est difficile. Elles cherchent d’abord à savoir si elles sont « responsables » des problèmes rencontrés (je pense notamment à la prise de poids insuffisante ou l’idée fausse « d’empoisonner » son bébé en ingérant aliments ou médicaments particuliers). Mais même sans vivre de difficulté précise, le simple geste d’allaiter est souvent « reproché » aux mères pour de fallacieux arguments (exhibition, égoïsme, acharnement), remarques souvent culpabilisantes, en plus.

Allaiter son enfant est un choix, le materner est une évidence pour bon nombre de mères.

Pourrait-on, dès lors, reconnaître aux mères la richesse qu’elles apportent à leur petit et, par extension, à l’humanité toute entière ?

Pourrait-on leur reconnaître un certain sens du dévouement à l’égard de ce petit ?

Pourrait-on reconnaître que ce sont les mères qui se mobilisent nuit et jour pour leur petit ?

Pourrait-on enfin accepter que les mères ont besoin de reconnaissance, d’encouragements, d’appréciation de tout ce qu’elles font au lieu d’entendre des critiques et des remises en cause perpétuelles telles que « Tu devrais le laisser pleurer », « Tu ne dois plus avoir de lait », « Tu le rends malade ! », « C’est de ta faute s’il ne grossit pas assez ou trop ! » ?

Au-delà de l’appréciation montrée aux mères, il serait aussi porteur de leur signifier toute l’admiration que leur statut de mère induit : « Ton bébé semble apprécier la douceur de tes gestes / ton regard », « Il semble réconforté par tes bras ». Ce qu’une mère fait est tout simplement magique, formidable, extrêmement courageux et très prenant !

Etre une mère est un « métier » très difficile pour la plupart d’entre nous. Comme nous apprenons toutes, plus ou moins sur le « tas », nous apprécierions d’entendre que nous nous débrouillons plutôt bien, que si notre cœur nous guide, nous trouverons le bon chemin.

Prendre soin de la race humaine, c’est aussi valoriser celle qui la nourrit dans tous les sens du terme : la Mère !

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/#respond Tue, 27 Nov 2018 19:19:54 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1858 La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de … Continuer la lecture de Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées

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La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de la tétée d’accueil, il peut être bon qu’ils restent présents et discrets dans leurs gestes comme dans leurs paroles.

Pourquoi à ce moment-là, certaines mères se voient-elles intimer l’ordre d’attendre une autorisation pour proposer le sein à leur bébé ? Le bébé est blotti contre le corps de sa maman et entame à son rythme une séquence bien naturelle qui l’amène vers le sein. C’est alors que certains s’empressent : « Attendez, je vais vous aider ». La maman se fige, interrompt cette lune de miel, et devient dépendante de l’expertise d’un autre. Ses sentiments se mêlent : allaiter serait-il un acte si compliqué qu’il requiert une assistance technique ? A l’inverse, d’autres mères se sentent abandonnées. « Vous savez faire » leur signifie-t-on, et elles sentent un vent de panique les envahir car leurs gestes ne sont pas accompagnés.

Lorsque ce « Attendez je vais vous aider » perdure durant le séjour en maternité, cela achève de miner la confiance de la mère : comment est-ce que ça va se passer à la maison s’il y a autant besoin d’assistance technique pour chaque tétée ?

Guider de manière juste, c’est savoir être là et s’adapter. Si la maman savait que l’enfant qui chemine vers le sein, ne va pas directement au sein, mais passe par une phase de vrai repos, et une vraie pause ultérieurement, qu’il peut téter ses doigts, donner l’impression d’hésiter, de tâtonner, alors que cela fait partie de son programme, la maman aurait plus confiance en elle, et aurait moins besoin d’instructions. Puis, de retour en chambre : la maman peut choisir sa position pour allaiter sans qu’on la lui impose.

 

Les remarques sur la forme, la taille de leurs mamelons ou de leurs seins touchent les mères au plus profond. « Avec des mamelons plats comme les vôtres, vous ne pourrez pas allaiter ! » certaines femmes entendent-elles parfois quand ce n’est pas « vos seins sont trop petits ». Or, la plupart du temps, c’est tout simplement faux.

 

Le commentaire « c’est un goinfre celui-là » ou « C’est bien un gars, tiens. Il est devant le sein, et pourtant il faut faire tout le boulot pour lui » ou encore « vous avez là un bébé paresseux » sont autant de petites phrases susceptibles d’éprouver la mère. La consultante en lactation Nancy Mohrbacher évoque dans sa conférence, A Mother’s-Eye-View of Breastfeeding, une vieille dame qui ne se rappelait pas ce qu’elle avait mangé au repas précédent, mais qui se souvenait parfaitement de tout de son allaitement et des remarques qu’elle avait entendues alors.

Conclusion

Les mots des soignants et autres ressources qui entourent une mère peuvent marquer au fer rouge. Ils peuvent créer des maux au plus profond des mères, rester en elles durant des années et des années. Ils peuvent saboter la confiance des mères.. Même si ces remarques n’ont aucunement pour objectif de blesser, elles peuvent heurter. Si vous sentez que certaines remarques vous ont remué, il peut être bon d’en parler avec un tiers, histoire de comprendre leur sens et parfois même de les exorciser.

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

 

 

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Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/#respond Tue, 13 Nov 2018 15:51:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1846 La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement … Continuer la lecture de Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés

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La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement ne sont plus à démontrer. Cependant on observe que peu de ces mères allaitent réellement. On pense que beaucoup d’entre elles craignent pour la santé de leur bébé.

Le site du CRAT nous rassure sur l’emploi de la buprénorphine [1] (Subutex®, Temgesic®) ou encore sur celui de la méthadone[2].  La thérapie de substitution par méthadone ainsi que celle par buprénorphine[3] sont considérés comme les meilleurs traitements de la dépendance aux opioïdes pendant la grossesse. La thérapie de substitution diminue les risques de fausse couche et de prématurité.

Par ailleurs, l’utilisation de la méthadone pendant la grossesse est associée au syndrome de sevrage des opioïdes chez les nouveau-nés avec des symptômes qui apparaissent généralement 72-120 heures après la naissance, dans le cas de la méthadone. Il est traité avec des mesures de soutien et pharmacologiques. On a constaté que le lait maternel réduisait le syndrome de sevrage et semblait diminuer le besoin de traitement.[4] Les mesures de soutien consistent à :

  • Favoriser le contact peau à peau ;
  • Parler doucement ;
  • Chanter ;
  • Le bercer doucement ;
  • Diminuer les stimuli environnementaux (ralentir les mouvements, diminuer l’éclairage et le bruit).

La période du post partum est souvent fragilisante chez la plupart des mères. Certaines peuvent éprouver des difficultés à établir la relation avec leur enfant. Dans ce contexte, certaines ont tendance à « replonger » et à reconsommer brutalement des substances illicites. C’est pourquoi  des structures type « unité Kangourou » pourraient être privilégiées en maternité pour l’accueil de ces mères, afin de maintenir autant que possible le nouveau-né auprès d’elles et favoriser leur attachement. En effet, les jeunes mamans sont souvent décrites comme « perdues, dépassées par les événements » ; certaines d’entre elles sont irritables, voire agressives, refusant de se laisser examiner par exemple. Allaiter favorise alors le maternage et le sentiment d’affection durable au bébé et peut ainsi éviter la rechute.

Certaines femmes toxicomanes choisissent donc d’allaiter en dépit de la stigmatisation sociétale parce qu’elles ont été suffisamment et correctement informées. Elles ont ainsi la possibilité d’allaiter malgré le parcours douloureux qu’elles ont pu vivre. Une majorité d’entre elles ont été confrontées à de la maltraitance, de l’abandon, à des carences affectives… Elles ne sont pas devenues toxicomanes par hasard.

C’est le cas d’Allissone*, 28 ans, qui après une enfance difficile et une adolescence passée à essayer de “se ″restaurer″ psychologiquement, a rencontré un homme prévenant qui a su lui apporter de l’amour et de la protection. Allissone* a alors décidé de s’occuper de sa santé et « de sortir de la galère », comme elle le dit. Avec le soutien de son conjoint, elle a consulté un médecin qui l’a écoutée et comprise. Un traitement de substitution a été mis en place (buprénorphine). Une fois cette substitution bien établie, le couple a tout naturellement eu un désir d’enfant et le médecin a rassuré Allissone* quant à cette possibilité malgré le médicament. L’entourage familial et amical du couple n’a pas mis en doute les propos médicaux. Durant la grossesse, elle a bénéficié d’un suivi médical régulier et l’équipe de la maternité fut informée du traitement.

Lorsqu’elle a évoqué son souhait d’allaiter son bébé, son entourage n’a alors pas compris comment cela pourrait être possible bien que le couple leur ait exposé les dires du médecin qui approuvait l’allaitement. « Ton bébé va avaler le produit » soupçonnait-on. Allissone*s’est alors sentie très anxieuse. Son compagnon lui suggéra de ne plus parler de son projet autour d’eux. Le médecin les orienta alors vers un groupe de soutien à l’allaitement. Ils participèrent à des rencontres et ce partage leur fit beaucoup de bien.

La grossesse d’Allissone* s’est passée normalement ainsi que l’accouchement. Le bébé a bénéficié d’un traitement médical de quelques jours et l’allaitement a bien démarré. Le père était très présent pour aider sa compagne dans les soins au nouveau-né. Au retour à domicile, un soutien d’une puéricultrice de Protection Maternelle et Infantile a pu aider le couple à être confiant. Le bébé grossissait normalement et un lien de qualité avec l’enfant s’est établit.

[1] https://lecrat.fr/spip.php?page=article&id_article=47

[2] https://lecrat.fr/articleSearchSaisie.php?recherche=methadone

[3] Breastfeeding and Opiate Substitution Therapy: Starting to Understand Infant Feeding Choices Published online 2016 Jul 12. doi:  10.4137/SART.S34553 PMCID: PMC4944830

[4] Lisa E. Graves, Suzanne Turner, Maya Nader, and Sucheta Sinha

*Par souci d’anonymat le prénom a été modifié

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Allaitement après un cancer du sein : faisons le point https://www.leblogallaitement.com/allaitement-apres-un-cancer-du-sein-faisons-le-point/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-apres-un-cancer-du-sein-faisons-le-point/#comments Mon, 22 Oct 2018 18:19:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1840  Le cancer du sein est l’un des cancers les plus répandus touchant principalement les femmes au-delà de 50 ans mais il peut aussi frapper de jeunes femmes. Heureusement, les progrès continus dans la mise au point de thérapies efficaces et les taux de guérison qui ne cessent de croître font que les malades reprennent une … Continuer la lecture de Allaitement après un cancer du sein : faisons le point

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 Le cancer du sein est l’un des cancers les plus répandus touchant principalement les femmes au-delà de 50 ans mais il peut aussi frapper de jeunes femmes. Heureusement, les progrès continus dans la mise au point de thérapies efficaces et les taux de guérison qui ne cessent de croître font que les malades reprennent une vie normale et peuvent envisager, pour les plus jeunes, une grossesse, ce dont on ne peut que se réjouir. Qu’en est-il de l’allaitement ? On connaît assez peu de choses sur ce sujet. Ces jeunes mamans « warriors » osent-elles franchir le pas et tenter l’aventure ? Si oui, y parviennent-elles et quels sont les principaux obstacles rencontrés ?

Il existe peu d’études épidémiologiques relatives à l’allaitement après un cancer du sein. Quelques-unes suggèrent que l’allaitement est possible mais s’accompagne de grosses difficultés. Faisons le point sur la base d’une étude publiée en 2010 dans « The Breast » qui, sur la base d’un petit échantillon de mamans, évoque les réussites et les difficultés.

 

Quels sont les taux d’allaitement et durées chez les mamans interrogées
Les auteurs de l’étude ont mené une enquête auprès de femmes jeunes ayant été traitées pour un cancer du sein invasif et qui ont pu, par la suite, mener à terme une ou plusieurs grossesses. Un petit échantillon de 20 mamans a pu être constitué : l’âge médian au moment du diagnostic de cancer du sein est de 32 ans (fourchette variant de 27 à 37 ans) et l’âge médian à l’accouchement de 36 ans. Ces mamans ont subi divers traitements : chirurgie (15/20), radiothérapie (15/20), chimiothérapie (14/20) et hormonothérapie (12/20).

Sur la base des réponses aux questionnaires, il apparaît que la moitié de l’échantillon a tenté l’allaitement dont une maman avec deux grossesses ayant réussi à allaiter les deux fois plus de 6 mois. 4 autres mamans ont allaité pendant un mois et ont sevré à cause d’un manque de production lactée ou d’une mastite. 6 mamans ayant subi une chirurgie mammaire conservatrice (seule la tumeur et quelques tissus environnants sont retirés) ont allaité sur une période variant de 7 à 17 mois. Sur les 20 mamans, 5 ont pu bénéficier de conseils d’une consultante en lactation : toutes les 5 ont réussi à allaiter sur une période allant de 9 à 17 mois.


Focus sur les mamans qui n’ont pas allaité

Parmi les 10 mamans qui n’ont pas tenté l’allaitement après leur cancer du sein, une grande majorité (9/10) s’appuyait sur un conseil médical, et une seule n’a pas souhaité allaiter sur décision personnelle. Ainsi certains obstétriciens ou oncologues ont recommandé aux mamans de ne pas tenter l’allaitement, car ils considéraient par exemple que cet acte pouvait être non sécure pour la mère (crainte que la stimulation hormonale liée à l’allaitement puisse induire de nouvelles tumeurs) ou qu’a priori, l’allaitement ne pourrait pas se faire techniquement. D’autres décisions déconseillant l’allaitement étaient motivées par un véritable souci de santé de la mère.

 

Cas des mamans ayant été traitées par chirurgie + radiothérapie

Pour ces 15 mamans, un nombre important d’entre elles (14/15) ont rapporté une hypoplasie mammaire* durant la grossesse : 8 d’entre elles n’ont pas tenté d’allaiter, 5 ont allaité du sein n’ayant pas été touché et 2 ont tenté l’allaitement des deux côtés. Avec le sein opéré, les mamans ont rencontré des difficultés telles que des soucis pour que le bébé s’accroche, des douleurs ou une faible production lactée. Pour les mamans ayant allaité des deux côtés, les mamans n’ont réussi que sur une courte période car la production lactée se réduisait.


Que retenir ?

Les auteurs sont conscients de la petite taille de l’échantillon pour être véritablement représentatif. Mais l’étude montre néanmoins plusieurs points. L’allaitement après un cancer du sein et les traitements qui en découle est faisable et ne présenterait pas, sur la base de ce qu’on peut observer, de danger pour la maman, Un fort sentiment de manque de confiance dans l’allaitement après un cancer du sein habite la plupart des mamans ; elles se disent inquiètes de ne pouvoir allaiter que d’un seul côté et ont peur de manquer de lait, L’allaitement par le sein traité est dans tous les cas, problématique : accrochage difficile du bébé, douleurs, moindre production lactée.

Enfin, les auteurs insistent beaucoup sur le fait que le facteur clé pour un allaitement prolongé après un cancer du sein est un bon accompagnement avec des conseils judicieux. Les informations données par les oncologues à destination des mamans souhaitant allaiter ne sont pas toujours justifiées surtout si elles ne reposent pas sur une véritable contre-indication médicale. Des données scientifiques montrent en effet que l’allaitement après un cancer du sein, n’est pas dangereux et peut même protéger des risques de rechute, notamment à cause du fort taux de prolactine qui joue un rôle dans la réduction de l’incidence du cancer du sein. Mais les études doivent encore s’accumuler pour creuser davantage la question et vaincre les réticences.

 

*l’hypoplasie mammaire est un déficit de tissu mammaire qui résulte parfois des traitements par radiothérapie. Lors d’une grossesse, seul le sein non traité se prépare à la lactation.

 

[Références] :
1- Azim HA et al., “ Breastfeeding in breast cancer survivors: pattern, behaviour and effect on breast cancer outcome.” The Breast 19, pp 527-531, 2010

2- Azim Jr HA, Bellettini G, Gelber S, Peccatori FA., “Breast-feeding after breast cancer: if you wish, madam.” Breast Cancer Res Treat 114:7e12, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

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La fin d’un allaitement long https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/ https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/#comments Wed, 29 Aug 2018 12:41:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1813 Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle. Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? … Continuer la lecture de La fin d’un allaitement long

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Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle.

Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? Ai-je le droit d’être aussi triste que ces mamans qui ont subi le sevrage, soit parce que leur bébé l’a décidé, soit en raisons de difficultés ou de problèmes de santé ?

On ne peut pas s’empêcher de ressentir ce que l’on ressent, n’est-ce pas ? Je savais que quel que soit le moment, ce « passage » serait difficile, tôt ou tard. 3 ans m’a paru le bon moment. Ça fait déjà quelques mois que j’y pense. J’en ai parlé à mon petit, en lui disant que ce serait bientôt fini. Il l’entendait, mais n’était pas d’accord, bien sûr. Il tétait moins quand même, ne déglutissait que très peu, c’était devenu plus un rituel, un moment complice, que nutritif. Je pense que sur la fin il tétait volontairement d’une façon à ne pas provoquer la montée de lait. Quelqu’un a du lui dire, moi peut-être, que quand il aurait 3 ans ce serait fini, plus de tétées. Il l’a retenu, à chaque fois que, la date approchant, on lui parlait de son anniversaire, qu’il aurait bientôt 3 ans, il répondait « la tétée, c’est fini ».

J’avais bien déjà essayé d’arrêter, un soir, peut-être un peu lasse, voulant accélérer le temps du coucher, je lui ai dit, que le lait était devenu vieux, du « vieux lait ». Ce fut un échec, il m’a réclamé les jours suivant les tétées « violet » ! Et je ne voulais pas finir sur une image négative de l’allaitement, qu’il retienne que le lait n’était pas bon. Son inconscient aurait pu garder cette image et ternir ce souvenir, voire lui envoyer l’image que l’allaitement c’était mauvais et qu’il dissuade la future mère des ses enfants d’allaiter ! Bon, là, oui, j’ai un peu dramatisé, n’est-ce pas ? Je m’en suis quand même voulu d’avoir eu cette idée saugrenue.

Vint le fameux jour des ses 3ans. Je n’avais rien anticipé, emportée par le tourbillon de mille choses à penser sans cesse. Le matin, on a fait une tétée, comme d’habitude. C’est le soir que je me suis dit qu’il ne fallait pas manquer cette occasion, qu’il s’y était préparé. Au moment de la tétée, je lui ai proposé une histoire et j’ai ensuite enchaîné sur le rituel du coucher. Il n’a pas réclamé la tétée. Mais il s’est relevé plus tard, et a demandé à téter. Je lui ai dit qu’on ne pouvait plus, que c’était fini. Il n’a pas pleuré, il a plutôt sangloté mais c’était comme si il s’attendait à cette réponse. Il s’est malgré tout réveillé dans la nuit, a encore réclamé, sangloté,ce fut plus dur de refuser mais je me suis dit que si je cédais, il faudrait tout recommencer et que ce serait à chaque fois plus dur pour lui.

Le matin, mon mari me dit que d’arrêter d’un coup, c’était un peu dur quand même, non ? Et c’est ce que je me disais aussi : «  Quelle magnifique cadeau d’anniversaire je viens de lui faire, mais quelle horreur ! Il va associer anniversaire et perte affective. Quelle mauvaise mère je suis, je viens de gâcher le souvenir de 3 belles années d’allaitement… ».

Ici je remercie une des mes collègues qui m’a dit, que vu de l’extérieur, j’avais fait un sevrage idéal :Je m’étais préparé, je l’avais préparé, j’ai remplacé la tétée par un autre moment complice (lire une histoire, que j’avais fait exprès de ne pas encore inclure dans le rituel du soir, pour remplacer la tétée).

J’ai trouvé auprès de mes collègues une écoute qui m’a permis de parler de ma culpabilité et de mon sentiment de perte, peut-être plus facilement qu’avec mon mari, qui m’a toujours soutenu et accompagné , mais malgré sa bonne volonté, ne peut pas se mettre à ma place.

Quelques jours ont passé, j’ai tenu bon, il réclamait chaque matin et chaque soir, mais on sentait qu’il tentait sa chance, tout en sachant que ce n’était plus possible.

Je n’ai pas eu d’engorgements, ni aucun phénomène de ce genre, preuve qu’il avait déjà bien diminué les quantités.

Le week-end suivant, mon esprit tournait autour du sentiment d’avoir besoin d’un rituel de fin, de marquer ce passage, en commun avec mon conjoint. Pas des remerciements, j’en ai eu bien assez par tous ces beaux moments partagés, mais je n’avais pas encore bien défini ce dont j’avais besoin et n’en avait donc pas parlé. Et puis l’autre matin, mon petit qui s’approche de moi. J’ai pensé qu’il allait demander une tétée. A la place il plante son regard dans le mien et me dit: «Merci pour la tétée, maman».

Depuis, il n’a réclamé qu’une seule fois. Je reste un peu vide, mais c’est normal, c’est encore récent. Mais ce moment restera comme une belle fin, et je sais maintenant qu’il était prêt, peut-être plus que moi.

En tout, j’aurais allaité 6 ans ( 7 mois, 1 an, 18 mois et 3 ans). Cette période est finie, mais je suis fière d’avoir pu donner cette part de moi à mes petits.

[ Auteure ] : P.  une conseillère en lactation de Grandir Nature

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/#respond Fri, 01 Jun 2018 12:45:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1767 Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels. Un certain nombre d’homoparents … Continuer la lecture de L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin

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Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels.

Un certain nombre d’homoparents préfèrent rester discrets et vivent dans le non-dit, voire le secret. La peur du regard des « normaux » les pousse à dissimuler leur situation familiale.  « A l’extérieur, évoque Annie, nous ne parlons pas de notre vie privée. Cela ne regarde personne. Au travail par exemple, je parle de “ mon amie ”, mais je ne précise pas que c’est une femme ». D’ailleurs, la manière dont les lesbiennes vont se faire appeler par leur enfant illustre bien le souhait de s’inscrire dans une famille. Soit elles sont appelées toutes les deux « maman » suivi du prénom, « maman Nathalie » par exemple, soit un des membres du couple, celui qui est le parent légal, est appelé maman, et la partenaire est appelée par un autre terme comme « tante » ou « marraine ». Ces appellations traduisent une volonté de consolider des rôles et des statuts.

Les raisons invoquées dans le choix du mode de procréation d’un couple homosexuel féminin et les conséquences sur les places de chacun (place du donneur, de la mère, de la conjointe) sont autant de questions qui vont amener les professionnels qui les accompagnent à les interroger sur le mode de conception de leur enfant pour évaluer le statut hormonal et le degré de fertilité de la mère gestationnelle, car cela peut avoir un impact sur sa capacité à produire suffisamment de lait.

 

En plus de ces questions de fond se pose donc la question de l’alimentation du nouveau-né. Le choix du projet d’allaitement appartient au couple. C’est une décision qu’il est bon de mûrir à deux. Dans le cas d’un couple homosexuel féminin, il n’est pas nécessaire d’être la mère biologique pour avoir du lait et a fortiori d’allaiter. Les deux mères ont la possibilité d’allaiter l’enfant : on parle dans ce cas de co-allaitement. Alors que la mère gestationnelle produira naturellement du lait, sa partenaire ne bénéficiera pas des hormones de la grossesse pour démarrer la production de lait. Elle peut toutefois choisir de nourrir le bébé avec son propre lait en suivant un protocole de stimulation : on parle dans ce cas de lactation induite. Ce processus est également possible dans le cas d’une adoption.

 

Précisons que les chances d’induire une lactation sont généralement meilleures quand le protocole a débuté six mois avant la naissance du bébé. La stimulation par des médicaments et / ou tisanes est une option qui peut être discutée avec le médecin. Le mode d’administration du lait dépendra de plusieurs facteurs parmi lesquels la qualité de succion du bébé, son âge, le mode de stimulation de la lactation. Reste que réguler et maintenir deux productions lactées peut s’avérer un sacré défi. Le soutien des partenaires est alors essentiel pour la réussite de l’allaitement ; il l’est d’ailleurs pour tous les couples quels qu’ils soient. Et cela va être un véritable travail d’équipe. Le bébé peut notamment développer une préférence pour l’une ou l’autre dès le départ et/ou au cours de l’allaitement. L’allaitement partagé peut signifier que la production de chacune baisse pour s’adapter à la fréquence choisie. Si la lactation vient à trop diminuer, des tétées plus fréquentes permettront de la relancer.

 

Toutes ces options posent de nombreuses questions : qui, quand, combien de temps ?

Si la maman gestationnelle ne veut pas allaiter, acceptera-t-elle volontiers que sa partenaire donne le sein ? Comment prendre en compte les sentiments de l’une et de l’autre quand une seule mère allaite et que l’autre se sent exclue ? Il se peut qu’elle développe un sentiment de jalousie. Les pères expriment facilement que l’allaitement leur donne le sentiment d’être à l’écart d’une relation unique. Ce peut être le cas aussi pour une mère lesbienne.

Les termes utilisés dans les publications traduisent souvent le fait que le couple est, par définition, hétérosexuel alors que notre société va dans le sens d’une acceptation du couple homosexuel et d’une reconnaissance de leur droit à la parentalité.

Ainsi, les professionnels de santé doivent veiller à ne pas blesser la sensibilité de chacun et se doivent d’utiliser un langage non sexiste. Il est bon de veiller à faire abstraction des idées reçues et éventuelles conclusions hâtives.

On l’a vu, l’allaitement n’est pas seulement réservé aux couples hétérosexuels. Quelques aménagements et un accompagnement spécialisé peuvent permettre aux couples de lesbiennes qui le souhaitent de réussir leur projet.

Références :

Counseling the nursing mother 6th edition Judith Lauwers & Anna Swisher,

https://www.asklenore.info/breastfeeding/induced_lactation/gn_potocols.shtml

Dubreuil E. Des parents de même sexe. Paris, Odile Jacob, 1998.

Leroy-Forgeot F. Les enfants du Pacs. Réalités de l’homoparentalité. Paris, L’Atelier de l’Archer, 1999

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Choisir d’allaiter et impliquer le papa https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/ https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/#respond Thu, 29 Mar 2018 16:05:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1735 Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant. Choisir, comme … Continuer la lecture de Choisir d’allaiter et impliquer le papa

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Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant.

Choisir, comme le définit la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor[1], c’est d’abord accepter de reconnaître son désir et s’y engager comme on avance sur une route sans savoir ce qu’il y aura au-delà. Certains de nos choix, on le sait, sont dictés par tradition, fidélité familiale ou nationale à des ancêtres que nous n’avons parfois même pas connus mais auxquels nous nous identifions inconsciemment. D’autres sont des réactions à des expériences personnelles ou familiales. Et les deux partenaires dans le couple ont leur propre vécu vis à vis de l’allaitement. Ont-il été allaités ou pas ? Ont-il vu des enfants allaités ? Qu’est-ce qui est important pour eux en matière de santé, d’alimentation ?

« L’engagement paternel » : un concept contemporain

 

De nombreuses études, depuis 30 ans, se sont intéressées au rôle du père au sein de la famille et parlent de « l’engagement paternel », concept englobant les interactions d’un père avec son enfant, son investissement dans les soins, ce qu’il met en œuvre pour le bien-être de son enfant. Les études mettent en évidence les effets positifs de l’implication du père dès la grossesse, autour de la naissance et dans l’éducation. Les répercussions sont en effet visibles sur le développement cognitif, affectif ou encore sensori-moteur de l’enfant de même que sur sa santé physique. Cet engagement paternel a par ailleurs un effet bénéfique sur la santé maternelle, physique et mentale. Ces pères engagés ont d’eux-mêmes une meilleure image, une meilleure santé physique et mentale ; il semble également qu’ils aient une vie professionnelle plus réussie (au sens de l’épanouissement). On a démontré que le soutien des pères est primordial dans la mise en place et la poursuite de l’allaitement.[2]

 

Trouver sa place, facile ou pas ?

Seulement voilà, certains pères craignent de ne pas trouver leur place auprès de leur enfant à partir du moment où leur compagne allaite. Voilà une appréhension, le plus souvent évoquée par les femmes, qui revient souvent au cours des consultations prénatales. Il semblerait que l’inquiétude que le père se sente rejeté ou mis de côté en soit à l’origine, particulièrement si l’allaitement est exclusif.

Et pourtant les partenaires n’ont jamais été aussi impliqués qu’aujourd’hui ! Les futurs pères, depuis maintenant de nombreuses années, sont invités à participer au déroulement des consultations prénatales, à la préparation à l’accouchement ; ils sont accueillis dans les salles de naissance. « Les pères contemporains peuvent s’approcher de l’univers de la naissance là où ils étaient autrefois interdits d’accès. La femme enceinte n’est plus tant tabou. Le nouveau-né est sujet d’intérêt, d’attentions et de soins de la part des hommes, même s’ils ne sentent pas encore tous concernés » (C. Castelain-Meunier/1997)

Et lorsque l’enfant parait… la question de laisser le père prendre sa place est légitime. Pour autant, comme le dit très justement la sage-femme Régine Prieur « exclusivité du lait maternel ne veut pas dire exclusivité de la relation ». De plus, « le bébé et la mère peuvent être très nomades, donc dans le lien social, le bébé avec elle ou dans les bras du père ou d’autres. »[3]

Il est possible que cette question masque d’autres préoccupations, tant est forte la pression sociétale de perfection, de réussite qui entoure l’arrivée d’un bébé. Il est donc important d’en parler et l’un de vos interlocuteurs de choix est alors la sage-femme.

 

Les moments les plus propices pour l’échange sont la préparation à la naissance – bien souvent en petits groupes – l’entretien prénatal qui est proposé à chaque couple et qui, parce qu’il est personnalisé et individuel, favorise l’émergence de questions plus intimes que l’on ne pourrait pas toujours poser en accueil collectif.

On sait que les débuts de l’allaitement sont souvent difficiles. Si le père a eu l’opportunité de participer à une consultation avec la sage-femme, qu’il a pu évoquer ses inquiétudes, il aura sans doute compris quel rôle lui sera dévolu dans l’allaitement, celui d’un soutien efficace. Il aura senti combien sa compagne a besoin de lui dans cette nouvelle étape. Il aura quelques réflexes pour prendre les devants en cas de difficulté. S’il sent sa compagne inquiète, il peut sans doute contacter une personne ressource, l’accompagner la mère à la PMI pour la pesée, noter les questions à poser pour ne pas les oublier.

Voici quelques détails qui peuvent réellement faire la différence. Il y a fort à parier qu’il trouvera ainsi son rôle noble et valorisant. Ainsi, ses éventuelles inquiétudes quant à la place qu’il peut prendre auprès de son enfant seront balayées.

 

[1] Le choix de la sublimation, Sophie de Mijolla-Mellor, 2009, Éditeur : Presses Universitaires de France

[2]«  Coopérer …même avec le père du bébé » F.de Montigny et C.Gervais/Spirale/2016/2(n°78) Ed ERES

[3] « Mes réponses aux questions d’hommes, réels ou imaginaires, curieux de l’allaitement et de la parentalité » R.Prieur/Spirale/2015/1(n°73) Ed ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Aujourd’hui en PMI, elle est également l’auteure d’ouvrages pour jeunes enfants

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Le portage et moi : une belle histoire d’amour https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/ https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/#respond Mon, 05 Feb 2018 20:40:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1691 J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années. Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe … Continuer la lecture de Le portage et moi : une belle histoire d’amour

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J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années.

Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe de portage mais sans plus. Convaincue depuis toujours de la nécessité de la proximité avec mon bébé (merci maman 🙂 ), je cherchais un moyen pour porter mon futur bébé sans risquer de me « casser le dos ». C’est en surfant sur un forum de la Leche League que l’écharpe m’est devenue plus familière et que j’ai pu en découvrir les avantages.

Je me fais donc offrir une écharpe de portage et j’ai reçu un modèle long de 5,20m. D’emblée, ce long morceau tissu m’a impressionné. L’écharpe est bien entendu livrée avec une notice d’explications, mais j’avoue n’avoir pas trouvé évident de manipuler tout ce tissu. Je me suis entraînée et j’ai commencé par un nouage simple : le « double croisé ». J’apprendrai par la suite que ce type de nouage n’est pas approprié pour les touts petits.

Et me voilà en balade avec mes trois enfants et un bébé bien maintenu (bien que pas toujours dans les règles de l’art). Rapidement on me lance des regards désapprobateurs, il faut dire que j’avais de surcroît l’audace d’allaiter en public : la totale. J’étais la cible de mises en garde à la volée : « Mais vous allez l’étouffer ! Attention, elle va tomber ! » Bref !

Mon plaisir de porter associé à mon envie perpétuelle de transmettre les pratiques que j’estime suffisamment bonnes m’ont poussé à acquérir des bases plus solides dans la manière de porter les bébés. On ne se refait pas. Quand je découvre une astuce qui me plaît, j’ai envie de la faire découvrir aux patientes de mon cabinet de sage-femme. Je trouve une formation quand ma fille a 4 mois. C’est bien pratique, je lie l’utile à l’agréable. Et ma fille se montre parfaitement disposée à m’aider à progresser. Et à partir de ce moment- là, l’écharpe et le sling deviennent mes meilleurs amis.

J’apprends à porter convenablement devant, mais aussi sur la hanche et sur le dos. J’ai véritablement adoré le portage sur le dos. Pourquoi me direz-vous ?

– bébé a besoin de faire une sieste : hop sur le dos

– j’ai besoin d’avoir mes mains libres pour les courses : hop sur le dos

– en randonnée à 3 ou 4 ans : vive l’écharpe au fond du sac et hop mini sieste sur le dos

Mais comme pour l’allaitement, bébé grandit et ne veut plus être porté ou alors juste quand il est malade pour un gros câlin. Là aussi elle se sèvre en douceur, un peu trop vite pour moi cependant (elle a quand même 4 ans).

Notre dernier moment de portage fut l’été de six ans, on m’avait prêté pour la démonstration un porte-bébé physiologique (c’était le début de ce type de porte-bébé ). Lors d’une sortie à Disneyland, je l’ai mis au fond du sac en me disant qu’il pourrait toujours servir en cas de fatigue. Un des avantages des porte-bébés physiologiques est de pouvoir porter jusqu’à 20-25kg suivant les marques et il a servi.

Ma conclusion sur le portage tient en peu de mots : il permet de combler les besoins de bébé tout en continuant de vivre normalement ! Petit bonus que j’ai vraiment apprécié : on peut allaiter partout avec son sling ou son écharpe sans se dévoiler.

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Le jour du foirage total en matière d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/#comments Thu, 04 Jan 2018 08:11:47 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1674 Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement. L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait … Continuer la lecture de Le jour du foirage total en matière d’allaitement

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Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement.

L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait ultra rêver mais que c’était quand même indéniablement ce qu’il y avait de meilleur pour un petit bébé … Ça ne me questionnait pas plus que ça … Et puis j’ai changé de point de vu ou plutôt j’ai évolué …

Au début de ma grossesse je n’y pensais pas trop puis, plus ma grossesse avançait plus l’allaitement me faisait envie, j’ai toujours dit que, je cite: « j’essayerais, si ça marche tant mieux si c’est trop galère tant pis » … (discours hyper courant avant de devenir maman …) … Mais ce n’est pas si simple que ça … En tout cas ça ne l’a pas été pour moi …

Ma petite fée née, aussitôt sortie elle se met au sein naturellement et la « tétée d’accueil » a été un bonheur immense, continuer à nourrir mon enfant, je me sentais pleinement dans mon rôle et à ma place, j’étais heureuse de ma décision, je me sentais bien, sereine et en pleine possession de ce choix, je me disais surtout que pour moi c’était une suite logique de ma grossesse, cette grossesse que j’ai tant aimé, c’était le prolongement le plus juste et ça avait l’air de fonctionner à merveille … J’allais pourtant faire face a une immense déception …

Apres les premières heures idylliques, les 39 heures de travail se font sentir plus que jamais et viennent les heures de grande fatigue, malgré elles il faut continuer de stimuler pour la montée de lait, gérer son bébé qui pleure, les tétées qui s’enchainent à une vitesse folle … Tout le monde me dit que mon bébé a une position parfaite, qu’il tête divinement bien … Tout le monde y va de son conseil et me félicite, j’ai même le droit de rentrer à la maison … Pourtant je suis épuisée, je craque, je commence à avoir mal, je sens que ça me tire, que mes alliés s’assèchent, et que malgré toute la lanoline et autre miel médical et cataplasmes de lait maternel du monde, ils finissent par craquer eux aussi … Ce qui petit à petit se fissurait en moi finissait par se fissurer sur moi … Malgré tout mon courage, ma volonté et ma détermination, j’ai stoppé la mise au sein, cette douleur lancinante et sournoise qui me faisait hurler de mal à chaque fois je ne pouvais plus la supporter car elle était insupportable, insoutenable. Se mêlait a elle le gout de la défaite et le sentiment d’échec, la peur de donner l’impression à ma fille de la rejeter, je pleurais de tout …

La poitrine engorgée, on part louer cette machine infernale, celle qui je ne le savais pas encore allait me suivre pendant 7 mois, elle sera mon troisième bras, mon sein artificiel, cet engin a été mon sauveur, il a aussi été mon cauchemar …

Première utilisation laborieuse et douloureuse … Au départ j’avais pris la décision de tout arrêter et d’utiliser ce système uniquement  pour tarir les montées de lait et la production, mais en voyant tout ce lait, je n’ai pas pu, j’ai continué, je voulais que ma fille boive mon lait, celui que je pensais être le meilleur pour elle … Pour se faire je tirais plusieurs fois dans la journée, ça allait de 4 à 8 fois par jour en période de pic de croissance, mes journées étaient rythmées par les tirages, donner les biberons, endormir ma fille, la changer, tirer, donner les biberons, endormir ma fille, la changer … J’ai eu très peu de temps pour moi pendant de longs mois, mais je m’y faisais, c’était devenu ma façon de vivre, ma routine, mais j’enviais ces mamans qui sortaient ne serait-ce que 30 minutes pendant que moi je devais tirer mon lait, ces mamans qui faisaient une sieste pendant que moi je tirais mon lait, la famille qui prenait l’apéro pendant que moi je tirais mon lait, ceux qui profitaient de dormir le matin pendant que moi je tirais mon lait … Ca a été difficile … Je n’ai jamais réessayé de remettre ma fille au sein car la douleur n’a jamais vraiment disparue, j’avais peur de trop souffrir à nouveau, physiquement j’étais vulnérable, je me sentais honteuse, psychologiquement j’étais triste et vidée …

Quand ton bébé est au biberon, tout le monde se sent alors la permission de le lui donner, j’étais devenue susceptible avec ça, je ne supportais pas voir quelqu’un nourrir ma fille autre que mon mari ou moi, tout simplement car ça aurait dû être MON moment, ça devait être MA partie, on me volait des moments que je m’étais projetés avec elle, intimes, complices …

On m’a souvent dit que ce n’était pas grave, que l’important c’était qu’elle ait le meilleur: mon lait … C’est vrai, mais pourtant ça me déchirait …

Et puis il y a toujours ces discours culpabilisants, ça viendrait de la position (pourtant parfaite au départ), ça viendrait de ma peau, ou celles qui te disent qu’elles elles ont continué malgré la douleur … Que c’est dommage !!! Ca ça te crève le cœur … Ça te fait encore plus mal … Parce qu’elles n’ont aucune idée de la douleur qu’a été la tienne … De la tristesse immense qui t’a envahi quand tu as décidé a contre cœur d’arrêter le massacre, que tu te culpabilises déjà assez toi-même, tous les jours, chaque heure et chaque minutes … Pourquoi tout le monde y arrive et toi t’as pas réussi ?! Tu te sens incomprise, seule …

Comme pour beaucoup de choses concernant la maternité tant que tu ne l’a pas vécu tu ne peux pas savoir, tu peux imaginer, mais tu ne peux pas mesurer … Cette claque, cette baffe que tu te prends en pleine gueule, celle dont tu as du mal à guérir …

Je n’ai pas été de celles pour qui l’allaitement s’est mis en place tout de suite avec facilité et sans douleurs … Je suis de celles qui ont souffert, qui ont pleuré de douleur, d’épuisement, de tristesse, de regret, mes larmes étaient celles d’un cœur qui saignait d’une deuxième séparation forcée avec mon petit bébé … Ces larmes me propulsaient violemment dans ma nouvelle réalité, celle que je pense ne pas avoir assez anticipé … Moi qui avait tant aimé ma grossesse, on avait coupé le cordon physique, et voilà qu’on me coupait un deuxième fil invisible, un fil dont j’avais encore besoin … Je crois qu’on m’avait prévenu que ce ne serait pas si facile … je pense … En fait je n’en suis plus si certaine … Je n’ai peut-être pas écouté, je ne voulais peut être pas entendre …

Aujourd’hui je suis si fière de mon parcours, fière de ce que j’ai accompli, émue de ce que j’ai fait. J’ai réussi à allaiter mon bébé exclusivement pendant 5 mois, le sixième mois a été le mois de relais pour une transition en douceur. J’ai eu si peur, peur de ne pas réussir à créer de lien avec elle face à l’échec de la mise au sein et pourtant il est bien là, en fait il ne s’est jamais brisé, il ne nous a jamais fait faux bond …

A mon mari, cet homme merveilleux; Qu’aurais-je fais sans toi? Merci. Et à mon amie Laura ce petit bout de femme qui m’a tant aidé, merci aussi!

[Auteure] : Léa , voici son blog pour lui donner un petit coup de pouce 🙂

https://mamanfeeblog.wordpress.com

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L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/ https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/#respond Tue, 19 Dec 2017 15:36:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1668 Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait. Dans la chambre du service de Médecine … Continuer la lecture de L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria

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Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait.

Dans la chambre du service de Médecine Néonatale, l’infirmière vérifie avec moi les protocoles des cocktails médicamenteux pour le retour à la maison. Notre pharmacien a pu s’entretenir avec l’infirmière qui lui a confirmé que je connaissais le mode d’administration de la caféine. Sans le scope, nous ne pouvons pas vérifier son rythme cardiaque, il faut être sûre que la caféine soit bien prise pour éviter les bradycardies, les ralentissements impressionnants de l’activité cardiaque. Tout est prêt, notre chère Nénette de 4 mois et une semaine, les médicaments, les petites couches, les vêtements, les toutes petites semelles orthopédiques et le minuscule bracelet de naissance que j’ai pu conserver de son séjour en réanimation.

Samedi 25 mai 2013 à 16h : nous sortons de la maternité, Victoria et moi. Depuis le 18 janvier, nous étions séparés de Denis et de nos deux autres filles à cent kilomètres de distance. C’est une grande joie de fêter la bienvenue à Victoria dans notre maison et d’être enfin tous réunis. En même temps, je fais taire la tentation des angoisses de l’absence de scope, de l’absence des professionnels de santé que sont les infirmières et pédiatres constamment présents dans la maternité. Je me convaincs de faire confiance en la providence et en mes compétences de mère. Victoria m’apprendra encore et toujours, elle est ma troisième fille et pourtant je redémarre à zéro avec ma casquette de Maman. A chaque enfant c’est pareil, j’ai à chaque fois l’impression de ne plus rien me rappeler des enfants plus grands pour mieux me réajuster aux besoins et aux attentes du bébé présent.

Cela fait une dizaine de jours que notre miss Minichou est rentrée chez nous. Nous profitons de notre vie à 5. Chacun et chacune doit retrouver sa place. Les journées sont bien occupées, je vis en pyjama, avec un bébé dans les bras quasiment tout le temps. Une amie m’a offert un super cadeau, un cours de portage à domicile et une écharpe de 40 cm de large, (utilisée habituellement pour les démonstrations avec poupon) impeccable pour le gabarit de Viky. Denis court partout, gère la logistique et l’organisation familiale depuis 9 mois et la nuit me relaie pour les sacro-saints rots, il est un formidable Papa.

En soirée, il y a toujours un moment où cet enfant ne veut plus rien d’autre que vadrouiller portée dans la maison. Il faut croire qu’elle s’approprie son nouvel environnement, elle a les yeux tellement grands ouverts, qu’on voie le blanc de ses yeux sous ses paupières. Elle ne rate pas une miette de ce qu’elle voit. Je savoure ces rares instants de plénitude, parce que les coliques la font beaucoup souffrir, très probablement en raison de l’absorption du fer trois fois par jour. Notre voisine compatit, ses pleurs sont vigoureux. On masse, on masse ce petit bidon dont on a appris que la musculature abdominale est immature aussi. Mademoiselle Victoria nous a clairement montré qu’elle ne supporte plus la tétine. Elle repousse avec sa langue tout ce qui est objet dans la bouche ou alors elle nous montre ce qu’elle sait faire de son réflexe nauséeux. On a très bien compris.

Elle n’accepte plus dans la bouche que le sein, l’assimilation de la caféine dès le matin est très compliquée. L’enjeu est important et mon appréhension se fait sentir, c’est un soulagement dans toute la maison quand le médicament est bien pris. J’ai stoppé tous les autres médicaments, pour ne garder que celui-là. Les tétées à volonté et la faible prise de poids montrent un réflexe de succion qui n’est pas optimal. Encore une immaturité semble-t-il. Le seul moyen est de me mettre en hyperlactation, de tirer mon lait en même temps et en plus des tétées pour faciliter le réflexe d’éjection du lait. C’est un sport de tenir d’une main cet enfant qui se trémousse et d’actionner le tire-lait tout en gardant fixée la téterelle de l’autre côté. « Se détendre et tout ira bien » est mon credo. Je détecte le moment de l’ouverture de la petite bouche et je la mets au même sein qu’à la tétée précédente pour qu’elle profite du lait de « fin de tétée » (dans une tétée, il n’y pas de début ou de fin, le lait gras arrive en fin de vidange alvéolaire, c’est-à-dire quand le sein a été « vidangé » plusieurs fois de suite de façon très rapprochée) , le plus riche en graisses. C’est toujours le lait de « fin de tétée », le plus crémeux, qui sert à fabriquer le reblochon chez les spécimens bovins de Savoie !

Je passe la plupart de mon temps au lit avec ma fille sur moi ou à mes côtés, il me tarde de profiter du printemps et de l’été avec Viky. Nous nous autorisons de manière journalière un bain de soleil sur la terrasse lorsque la température est chaude. J’apprécie sur le transat les longs appels téléphoniques avec les copines ou les membres de ma famille dont j’apprécie leur soutien.

En soirée, avec la fatigue, l’agitation des filles, mon manque de patience, le lait arrive moins vite. J’ai bien tenté le DAL, le Dispositif d’Aide à la Lactation pour amener le lait par une sonde dans la bouche quand elle tète, mais même la plus petite sonde lui est insupportable. En outre, sa force d’aspiration est très faible, elle peine à en boire le contenu. Alors, je choisis la patience, je prends ce temps qui semble très long pour le transfert de chaque goutte de lait et ce temps si court, très court que je m’octroie uniquement pour moi. Le peau-à-peau nous aide à réparer cette longue période de séparation, ces longs mois de couveuse où le toucher était rare, je sens que ce contact prolongé est nécessaire pour faciliter la connaissance de l’une et de l’autre.

J’appelle des consultantes en lactation, elles cherchent, lisent et proposent différentes astuces qui pourraient convenir à notre Mistinguette.

Le 5 juin, je suis allée consulter LA pédiatre référente en allaitement dans notre région. Elle nous connait bien et a toujours les mots qui nous rassurent, parce que je suis toujours inquiète quant à la prise de poids de Victoria, j’ai peur qu’elle n’ait pas suffisamment de lait. La rencontre avec un pédiatre de la maternité m’avait déstabilisée, il assurait de manière déterminée qu’un rythme de tétée était nécessaire. Victoria pèse 3,5 Kg, le poids d’un enfant à terme, avec ses soucis de succion-déglutition, je crains que les doses de lait ingérées soient nettement inférieures à ses besoins. En lui proposant plus souvent, elle est moins fatiguée, et boit à la demande. J’utilise la méthode de la compression mammaire quand je sens la miss déglutir moins fréquemment, l’écoulement du lait continue par lui-même, et Victoria peut avaler encore quelques gorgées, c’est toujours ça de pris.

J’ai entendu un jour un prédicateur : « dans toute situation difficile, il y a toujours une lueur d’espoir quelque part, un médicament qui apaise, une parole encourageante, ou une bienveillance. » Mon étincelle, c’est la visite ce matin de la kiné, souvent présente au moment du fond d’œil, l’examen que les bébés ne supportent pas. Victoria en rentrant, a les yeux explosés, rougis par l’examen précédent, mais suit et attrape les objets présentés par la kiné. La motricité se met en place, c’est super, on ne se verra peut-être pas le mois prochain parce qu’il n’y en aura probablement pas besoin. Je m’accroche à chaque bonne nouvelle et je la garde précieusement au fond de moi pour les moments délicats.

Je pèse Victoria à ses 5 mois ½, incroyable, 300g en 10 jours. Poids actuel : 3,9 Kg, elle a bien grossi ! Elle a pris 30g par jour, le minimum étant de 17g par jour, je suis complètement rassurée, j’ai la quantité de lait dont elle a besoin pour sa croissance. Je me sépare de la balance louée depuis sa naissance. Mon moral est au beau fixe.

Le 6 juillet, à mon réveil, je n’ai qu’une idée en tête, partir vers cette grande fête de famille à quelques heures de route. Le temps est radieux, les rayons du soleil me chauffent et me réchauffent ! A notre arrivée, nous sommes accueillis comme des rois, les invités nous ont attendus pour la grande photo familiale ! Je converse avec un cousin parti à Hong-Kong que je n’ai pas vu depuis 10 ans. Il est l’heureux Papa de grands garçons de 9 ans, nés prématurément, maintenant plein de santé et dynamiques. Quelle joie !

 

« Si chacun s’enferme chez soi parce qu’il craint la pluie, alors les saisons passent de façon monotone, chacun reste à l’abri des plus beaux états d’âmes de la nature qui, dans l’âme humaine, s’appellent les passions. »

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon.

Crédit photo : Myriam Dutilleul

 

 

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 Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité.

Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains.

En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à continuer cet allaitement, leur donner les informations qui vont les aider à se sentir légitimes. Ces mères ont donc envie de faire durer cette relation. Elles sont très vite confrontées à leur besoin de soutien à nouveau parce que leur enfant grandit et des questions éducatives apparaissent alors.

En ce qui concerne l’éducation de cet enfant : elles n’ont qu’une envie, celle de « bientraiter » l’enfant à qui elles ont donné le « meilleur » et rencontrent la fameuse violence éducative ordinaire. Avec l’allaitement, les parents découvrent une certaine bienveillance envers leur enfant. Ils répondent de façon instinctive à ce petit d’homme qui n’a qu’un seul but dans sa toute nouvelle vie : survivre. L’enfant sait de quoi il a besoin, il l’exprime avec vigueur à ses parents qui y répondent  le plus souvent de façon instinctive, si tant est qu’ils ne se sentent pas trop jugés et culpabilisés par l’extérieur. Les parents prennent conscience du fait que leur enfant ne les manipule aucunement quand il fait part de ses besoins impérieux. Les parents se questionnent alors sur la réponse à donner : Faut-il laisser pleurer un bébé qui appelle ? Faut-il endurcir un enfant qui fait une colère ?

L’étude du cerveau réagissant à des stimuli extérieurs montre que son fonctionnement est optimal dès lors que l’environnement familial proche fait preuve d’empathie et de soutien envers l’enfant en détresse.

Pourquoi un enfant pleure-t-il ?

L’homme est une espèce dont le premier besoin est le contact permanent. Dès sa naissance, l’enfant subit des émotions* plus ou moins fortes qui vont déclencher chez lui des réactions plus ou moins entendues par ses parents. Cet enfant va exprimer, comme il peut et avec les moyens dont il dispose, son mal être ou un besoin à assouvir. Un enfant a un instinct de survie viscéral et dès que son bien-être est touché, il va le manifester.  En proie à certaines émotions (peur, tristesse, colère, dégoût…), il sera incapable, à cause de l’immaturité de son cerveau, de réguler seul ces émotions, en plus d’être submergé par l’émotion elle-même.

Ce qui a été promu pendant des décennies dans le cadre du maternage proximal (proximité du bébé, du bambin et de l’enfant avec une image parentale rassurante) est donc aujourd’hui avéré et démontré par les observations cliniques faites sur le fonctionnement du cerveau. Les neurosciences viennent supporter l’idée instinctive que se font les mamans du besoin de bienveillance de leur enfant.

Les petits d’hommes ont besoin du contact pour survivre et s’épanouir. Quand ils sont soumis à des émotions fortes, ils ont besoin d’être rassurés, pris dans les bras, bercés, allaités, pour faire baisser les taux d’hormones du stress qui font dysfonctionner leur système neuronal et cérébral.

Une maman lambda ne reste guère plus de quelques secondes impassible aux pleurs de son petit. Elle s’inquiète immédiatement de cet appel et va réconforter son bébé en le prenant dans ses bras, en le berçant, en le rassurant de sa chaleur et de son contact. Devant les réactions de son petit, elle peut lui proposer le sein et être rassurée par son apaisement. Se mettent alors en route des processus physiologiques involontaires mais déterminants au regard du besoin de bienveillance du tout petit. Le climat hormonal induit par cette situation rassérène mère et enfant. Le cerveau du petit d’homme stressé sera également apaisé par les hormones du lait maternel, notamment la prolactine, les endorphines, l’ocytocine ou la sérotonine. Mais, le lait maternel impacte également le système nerveux en développement, notamment, par ses acides gras très particuliers, qui favorisent la myélinisation c’est-à-dire la formation des gaines de myéline qui enveloppent les neurones.  La myéline est un tissu graisseux qui isole les fibres nerveuses les unes des autres (véhiculant une information électrique) et augmente la vitesse de transmission de ces informations.

Plus un bébé, bambin ou enfant recevra de câlins, de douceurs physiques, de bienveillance de la part de ses parents, même, voire surtout, dans les moments difficiles et plus son cerveau se développera et fonctionnera de façon optimale à des périodes cruciales et déterminantes de maturation.

C’est exactement ce qu’offre l’allaitement :

  • la composition du lait maternel
  • la proximité physique par le contact peau à peau (ou habillé)
  • la sensation pour l’enfant de se sentir contenu, enveloppé
  • l’accès libre et rassurant au corps de la mère jusqu’à ce que l’enfant soit suffisamment « rempli » de réconfort et réussisse à gérer tout seul ses émotions et ses réactions dans son quotidien et à travers ses relations aux autres.

 

*Emotion : Réaction affective de grande intensité habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.

[Bibliographie] :

  • Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse, éd. Robert Laffont
  • Margot Sunderland : Un enfant heureux, éd. Pearson education France
  • Dossiers de l’Allaitement n°52, La Leche League France

 

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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