Pourquoi j’ai fait appel à une consultante en lactation ?

La première nuit suivant le retour de la maternité a été … cauchemardesque.

Notre fille a littéralement passé sa nuit au sein. Dès que je tentais de la poser dans son berceau elle hurlait et mon cœur se serrait. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, mes seins étaient douloureux, gonflés, tendus, et mon moral au plus bas. C’était évident : je ne savais pas être mère, je n’allais pas y arriver. En fait, j’étais en plein baby blues, mon bébé pleurait, mes seins coulaient, et mon mari était aussi démuni que moi.

Dans ma famille, l’allaitement avait cessé d’être transmis de mère en fille depuis plusieurs générations. J’avais donc besoin de l’aide précieuse de quelqu’un qui s’y connaissait en bébés allaités, pour remettre d’aplomb cette vie qui devenait un peu trop chaotique à mon goût.

J’ai appelé Carole, consultante en lactation : j’ai entendu sa voix posée, sereine, confiante et j’ai su que j’étais entre de bonnes mains. J’ai béni son premier conseil – aussi incongru qu’efficace – celui de mettre sur mes seins une feuille de chou bien fraîche. Je me suis sentie mieux, instantanément, dans mon corps et dans ma tête.

J’ai reçu lors de ce premier rendez-vous des informations sur les positions d’allaitement, le soulagement de la douleur, la technique pour extraire du lait, les premiers signaux d’éveil et de faim d’un nouveau-né, l’alimentation de la mère pendant l’allaitement, la digestion du bébé, et plein d’autres choses encore. Je buvais comme du petit lait les paroles de cette femme providentielle.

Puis, régulièrement pendant les premiers mois de mon bébé, je l’ai recontactée pour apaiser mes inquiétudes : si j’allaitais à la demande, mon bébé n’allait-il pas devenir obèse ? S’il s’endormait au sein, n’allait-il pas devenir dépendant ? Si on se lançait dans du cododo, ma fille allait-elle un jour rejoindre sa chambre ? Si je portais mon bébé en écharpe, n’allait-il pas trop s’habituer aux bras ? Et si mon bébé ne « faisait pas ses nuits » à 6 mois, était-ce normal ? J’ai aussi cherché auprès de ma consultante en lactation des informations sur la diversification, le sevrage, le soutien entre mères, le sommeil, les pleurs. Elle était devenue ma référence sur toutes les questions de maternage.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont mes états d’âme étaient accueillis. Je me suis sentie fragilisée en devenant mère, et ma consultante en lactation a su materner ce petit bébé perdu que j’étais devenue. Sa présence enveloppante me rassurait, et son accompagnement bienveillant m’a soutenue pendant de longs mois.

Lorsque j’ai accouché de notre deuxième fille, je ne découvrais plus l’allaitement, mais paradoxalement j’avais tout à réapprendre. A nouveau j’étais devenue ce nouveau-né dépendant, fragile, et je me sentais incompétente. Ma consultante attitrée nous a accompagnées avec beaucoup de douceur, et les difficultés de ma fille à téter se sont dissipées en quelques heures.

Et en bonus, j’ai trouvé une oreille attentive et empathique pour déposer mes inquiétudes liées au bouleversement de cette nouvelle naissance, et à la difficulté de recréer une place pour chacun. C’est finalement tout ce dont j’avais besoin.

En bref… J’ai fait appel à une consultante en lactation pour des réglages techniques et des informations sur l’allaitement. J’ai aussi et surtout bénéficié d’un accompagnement à la naissance : la MIENNE , en tant que mère, à deux reprises. Je remercie la Vie pour cette rencontre si marquante.

Claire, maman de Pia et de Lou.

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