Rien n’est jamais perdu !

Voici aujourd’hui une histoire d’allaitement qui mérite d’être mise en valeur. Il s’agit des péripéties vécues par une maman de jumelles nées à terme.

J’ai connu cette maman, Mélanie(°), pendant sa grossesse et je lui ai donc apporté quelques bases concernant l’allaitement de jumeaux.

Pour que l’histoire soit complète, je précise que Mélanie est la mère d’une famille recomposée et qu’elle élève aussi les trois premiers enfants de son mari, les jumeaux sont donc les quatrième et cinquième enfants de ce couple.

Une mise en route bien compromise

Après plusieurs échecs de déclenchements, les enfants sont nés par césarienne avec des poids de 2765g et 2465g pour Lilou (°) et Clémence(°).

A la maternité, le personnel soignant n’a laissé aucune chance aux bébés de téter directement au sein, bien qu’étant nées à terme:

« elles sont trop petites » disaient les professionnels! Pour moi, cela signifiait plutôt : « nous n’avons pas le temps pour vous », ce qui est, hélas, trop souvent le cas dans les maternités.

Mélanie a donc reçu directement un tire-lait et les bébés ont été nourris au biberon. Mais elle ne voulait pas s’arrêter là, et, à peine rentrée à la maison, elle m’a appelée.

Tenir le cap malgré les difficultés du début

Elle n’avait pas pleinement pris la mesure du changement de rythme à la maison, et le quotidien l’a vite rattrapée. Résultat, elle tirait son lait de moins en moins souvent, complétant malheureusement avec des préparations pour nourrissons (PPN).

Je l’ai remotivée pour qu’elle recommence à tirer toutes les deux ou trois heures. Rapidement, la quantité de lait produite a augmenté, tandis que celles de compléments de PPN utilisées diminuaient.

Nous en avons profité pour proposer le sein aux bébés mais, habituées au biberon, elles attendaient que le lait coule dans leur bouche sans effort.

La mise au sein était bien sûr compliquée par les séances de tire-lait qui se télescopent, les douleurs de la suture, la gestion du quotidien avec tous ces enfants…

Les miracles arrivent quand ils sont bien préparés…

Il aura fallu deux mois de persévérance pour qu’un jour, je reçoive un petit message : «  elles ont réussi à téter, toutes les deux !! »

Nous reprenons un suivi rapproché pour être certaines que les jumelles prennent bien le sein. Les éventuels compléments sont donnés au DAL ( dispositif d’aide à la lactation). Très vite, l’allaitement devient presque exclusif. Cependant, les bébés ayant mis du temps à prendre le sein, elles ont encore du mal à se positionner correctement et Mélanie commence à souffrir de crevasses. La fatigue s’installe chaque jour davantage, Mélanie se retourne vers le biberon. Elle a du mal à tout gérer, d’autant que le papa est peu disponible à cause de son travail. Sa lactation baisse.

… et bien encouragés!

Mélanie cherche de la motivation et du courage où elle peut, elle est prête à craquer…

Sa chance, c’est le soutien de tout son entourage, familial et amical. Peu à peu, grâce aux stimulations des jumelles, du tire-lait et avec un petit coup de pouce homéopathique, sa production augmente à nouveau.

Aujourd’hui, les jumeaux tètent efficacement et correctement. Les tétées se font sans douleur. La production de lait est bonne sans toutefois être suffisante pour deux enfants : Mélanie doit compléter certaines tétées par du lait artificiel. Mais quelle réussite!

Bravo à cette maman courageuse, qui a su bien s’entourer. Oui, l’allaitement n’est pas toujours simple mais faisons confiance à nos enfants et soyons patientes. Avec de l’aide, tout peut arriver !

(°) les prénoms utilisés sont fictifs. La maman a néanmoins donné son accord pour la publication de son témoignage. Qu’elle en soit ici remerciée!

3 réflexions sur « Rien n’est jamais perdu ! »

  1. Je trouve étrange la réflexion du personnel quant au poids des bébés qui me semblent vraiment bons pour des jumelles!!
    J’ai accouché à terme (39-40 SA) pour mes 3 enfants, et ils pesaient entre 2,590 kg et 2,9 kg. Ils n’ont eu aucun souci pour téter! Au contraire, les sage femmes me disaient que les petits bébés (à terme bien sûr) sont souvent bien plus toniques et éveillés que les “gros” bébés (dont la naissance a été souvent plus longue et compliquée).
    Après, il est évident qu’allaiter des jumeaux est plus compliqué qu’un bébé, mais la question du poids n’est pas un argument très fiable; excepté le fait que le bébé sera plus surveillé quant à sa reprise de poids.

  2. Ils voulaient pas s’embeter c’est tout. Et bien sur ils savent que a ce moment la nous somme affaiblis et moins apte a nous défendre. C’est vraiment une honte que dans un pays qui se targue d’être “civilisé” et “instruit” il reste des attitudes de se genre.

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