Une maman nous raconte son allaitement en vacances

Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce obligation !), pas de biberon, pas de petits pots, pas d’horaires fixes: une tétée pour s’habituer au nouvel environnement, des tétées pour attendre les repas, d’autres pour soigner les petits bobos de la vie en plein air. Nous nous sommes mis aux rythmes les uns des autres, oubliant les contraintes de la vie active. Après une année marathon, nous avons enfin pu dormir (cododo et allaitement ou comment ne pas se réveiller de la nuit et faire des nuits de 10 h à 12 h pendant 15 jours !).

J’étais tellement heureuse de venir pour la première fois en famille dans ce lieu qui m’a vue grandir ! Ce fut l’occasion de le présenter aux gens que nous connaissions sur place. Parmi ces personnes, il y a Sylvie*, je l’ai toujours vue dans son alpage. Chaque été, elle monte en altitude avec sa famille (mais ses enfants sont partis depuis longtemps), un troupeau de vaches, un troupeau de chèvres et son chien. Elle vit là-haut, au rythme de ses bêtes dont elle vend les fromages aux promeneurs.

Alors que je lui présentais Petit Loup, la conversation s’est engagée autour du lait : non, je n’allais malheureusement pas lui prendre de fromage au lait de vache cette année, Petit Loup étant intolérant. Elle a insisté : je pouvais bien en prendre un pour mon compagnon et moi-même, pas besoin de d’en donner à notre fiston. Poussée dans mes retranchements, je lui ai révélé la poursuite de mon allaitement.

Apprenant ça, Sylvie m’a toisée d’un œil connaisseur et surpris à la fois, puis elle m’a lancé : “eh bah, t’es une bonne laitière toi !!” Je suis restée un moment sans réagir, ne sachant trop que penser. C’est alors seulement qu’elle m’a expliqué avec une pointe de nostalgie que, pour elle, ses allaitements avaient tourné court assez rapidement faute de lait (et de bons conseils ?). C’était donc un compliment, légèrement teinté d’envie ! Le plus étrange des compliments que j’aie reçu jusqu’ici… et finalement, à mes yeux, l’un des plus beaux : une sorte de reconnaissance, sans jugement, de cet allaitement qui se poursuit dans la durée, bien au-delà de ce qu’elle a connu avec ses propres enfants !

Un dernier instant de vacances pour Petit Loup avant la reprise du travail

Mon Petit Loup a 14 mois. Il a tellement grandit pendant l’été ! Lorsqu’il est arrivé sur notre lieu de vacances, il marchait à quatre pattes et il est reparti sur ses deux jambes. Il a poussé d’un seul coup et a découvert tant de choses… C’est devenu un vrai petit garçon, tout le monde me le dit. Et moi, face à ce bébé devenu “grand”, je sens un léger malaise me gagner à l’idée de le faire téter en public. J’essaie de plus en plus de différer ses demandes.

Mais voilà, c’était un lundi, de retour à la vie citadine. Nous avions encore des montagnes plein la tête, mais il fallait déjà commencer la période d’adaptation chez la nouvelle assistante maternelle. La journée avait été chargée en émotions : premiers moments de garde, première promenade avec Petit Loup à pieds dans la rue… Son sommeil ne venait pas, trop d’agitation. J’en ai profité pour sortir encore une fois : il me fallait aller signer un document, une erreur administrative, c’était urgent. J’étais stressée, pressée : il y avait ça et puis les courses : qu’allait-on manger le soir ? et puis le bain, pas pris la veille. Et ses petites griffes acérées à couper pour qu’il ne griffe pas son petit copain de garde. Mais Petit Loup traînait la patte : trop fatigué, il n’avait plus envie de marcher. Je l’ai pris dans mes bras, mais alors que je m’attendais à ce qu’il s’effondre sur mon épaule, il s’est précipité pour réclamer une tétée ! Une de ces demandes impérieuses qui n’attendent certainement pas le retour à la maison. J’ai regardé autour de moi, je ne voyais que la rue, des trottoirs, des voitures : où s’installer ? Un instant, j’ai été prise de panique.

Et c’est là que j’ai (re)découvert ce tout petit square : un bac à sable entouré de quelques bancs, le tout isolé du reste de la ville par de grands bosquets fleuris. Aucune hésitation, c’était notre endroit ! Je me suis assise avec lui, et tant pis pour le reste. J’ai prévenu mon compagnon qu’on ne tiendrait pas le programme, qu’il prenne le relais. J’ai ralenti, pris le temps de respirer, de profiter du moment. Petit Loup a tété goulûment, ça a duré quelques minutes de douceur, blotti contre moi. C’était l’heure de sortie de bureau, l’heure où tout le monde se presse. Je sentais la ville s’activer là, partout autour de nous, mais pour moi plus rien ne comptait : je savourais la caresse du soleil sur ma peau, la brise légère qui faisait danser les cheveux de Petit Loup, les jolies fleurs qui nous entouraient et que je remarque à peine d’habitude. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée en vacances, devant le chalet, face aux montagnes. Je l’ai regardé s’endormir, si paisible… En mon for intérieur, je l’ai remercié de m’offrir ce moment-là isolé de l’agitation ambiante, celle des autres et la mienne. Ce dernier instant de vacances avant la vraie reprise…

*prénom modifié par souci d’anonymat

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