Les inconvénients de la pilule face à l’allaitement

Fanny (°) m’a contactée il y a un mois maintenant. Son bébé Simon (°) avait trois mois à ce moment- là. Elle souhaitait reprendre l’allaitement interrompu quelques semaines plus tôt et voulait savoir si cela était possible.

Pourquoi a-t-elle arrêté ?

Les premières semaines de son allaitement se passent au mieux. Son médecin lui avait dit de reprendre sa pilule progestative vers quatre semaines après l’accouchement et elle suit ce conseil.

Mais au bout de quelques jours, elle remarque des comportements inhabituels chez Simon : il s’agite au sein, s’énerve, la repousse….

Elle essaye de tirer son lait mais elle exprime peu par rapport à d’habitude. Alors elle se dit que c’est la fin et abandonne à grand regret son allaitement. Simon a huit semaines quand il ne reçoit plus du tout de lait maternel.

Mais elle ne se résout pas vraiment

Elle cherche une explication. Pourquoi la production de lait a-t-elle cessé d’un coup ?

En cherchant sur le net et en se renseignant auprès des sages-femmes, elle se rend compte que c’est la pilule qui a contribué à diminuer sa production.

Enfin une réponse!

Mais cela ne suffit pas à Fanny qui est dépitée : le contact proche avec Simon lui manque, elle commence à déprimer…

Son mari, la voyant ainsi, lui suggère alors de relancer sa lactation.

En route pour la relactation !

Elle arrête sa pilule et utilise un moyen plus naturel de contraception. Elle recommence à tirer son lait plusieurs fois par jour. Elle tente aussi de mettre Simon au sein dans des moments calmes mais il refuse, il n’a plus l’habitude…

Simon dort douze heures la nuit, prend quatre biberons de PPN ( préparation pour nourrissons) dans la journée. Fanny commence à désespérer malgré les tirages quotidiens, car la production de lait n’augmente pas.

C’est à ce moment-là qu’elle m’appelle.

Le rythme s’intensifie !

Grâce à des stimulations plus fréquentes et une petite aide homéopathique, le lait commence à s’écouler en plus grande quantité mais pas encore assez pour nourrir complètement son fils.

Parallèlement, elle augmente les temps de peau à peau avec Simon. Du coup, il recommence à téter quelques minutes. Fanny constate que sa succion est toujours aussi efficace car elle n’ a pas de douleurs et l’entend avaler deux ou trois gorgées.

La semaine dernière, nous obtenons une petite victoire! Simon revient spontanément vers le sein, il tète plus longtemps, s’agite moins. Mais le nombre de tétées restent faibles : quatre par jour, c’est à dire pas assez pour qu’il obtienne sa ration quotidienne.

Nous décidons donc avec Fanny de mettre en place le DAL  (dispositif d’aide à la lactation ) : pour compléter Simon lors des tétées et ainsi stimuler le sein en plus des tirages. Je conseille également à Fanny une tétée en plus en fin de soirée.

C’est sur ces conseils que je la laisse, il y a quelques jours. Je vous raconterai bientôt la suite de son histoire.

En tous cas, si vous constatez une baisse de lait soudaine alors que tout allait bien jusque-là, ne perdez pas de temps comme Fanny à cesser puis reprendre l’allaitement : demandez-vous si votre pilule ne serait pas en cause… C’est fréquent et malheureusement encore méconnu par certains professionnels de santé.

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

7 réflexions sur « Les inconvénients de la pilule face à l’allaitement »

  1. À mon premier allaitement en 2011…je crois que j ai vécu cela sans pour autant arrêter l allaitement. Probablement par contre que la pilule empêchait une grosse production de lait…même si j allaitais plusieurs fois par jour mon bébé a été petit longtemps. Cette fois ci…j ai subi une ligature des trompes, j’allaite depuis 3 mois….et bébé très gourmand très joufflu et qui manque pas de lait….j en ai beaucoup à chaque tétée ou chaque expression au tire lait

    1. Bonjour Emmanuelle
      oui c’est celui à taille unique, votre sage-femme ou médecin doit vous le prescrire. Vous le trouverez en pharmacie ainsi que le gel.

  2. Mon gynécologue m’a dit que l’allaitement est un contraceptif naturel… Est-ce alors nécessaire de prendre la pilule???

    1. Bonjour Anne So,
      En effet, l’allaitement maternel sous certaines conditions peut-être un contraceptif assez fiable :
      – bébé doit avoir moins de 6 mois
      – absence de retour de couches pendant ce laps de temps
      – l’intervalle entre deux tétées la journée maximum quatre heures
      – l’intervalle entre deux tétées la journée maximum six heures.

      Il n’est pas nécessaire de prendre la pilule mais la contraception hormonale peut rassurer certaines femmes.

  3. Bonjour moi aussi je prend la pilule et j allaite exclusivement mon bébé, je n ai pas de baisse de lactation mais mon bébé s agité beaucoup au sein et fait comme s il ne trouve plus le sein . Il ne parti plus satisfait et s s’énerve tout le temps . Moi je compte arrêter la pilule et me retourner vers une contraception naturelle.

    1. Bonjour Marie,
      la pilule progestative ne diminue pas la production chez toutes les femmes, nous ne sommes pas toutes égales par rapport à cette influence hormonale.
      Et l’agitation de votre bébé peut être causé par d’autres choses que la pilule, je vous conseille d’en discuter avec une consultante en lactation proche de chez vous.

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