composition du lait | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 25 Oct 2023 14:04:16 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

The post Dépression du post-partum et allaitement first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

The post Dépression du post-partum et allaitement first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/feed/ 0
DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

The post DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

The post DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/feed/ 0
utilisation du lait maternel pour les soins https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/ https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/#respond Tue, 10 May 2022 11:32:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2273 Article écrit par Pascale Baugé, scientifique . Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long … Continuer la lecture de utilisation du lait maternel pour les soins

The post utilisation du lait maternel pour les soins first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>

Article écrit par Pascale Baugé, scientifique .

Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long terme sont également de mieux en mieux révélés et la médecine s’intéresse de près à ses nombreux composants actifs tels que HAMLET (acronyme de Human Alpha-lactalbumine Made lethal to Tumor cell), une protéine complexe qui déclenche la mort des cellules tumorales.
Ce qui est moins documenté, ce sont les usages non nutritifs du lait humain qui se sont parfois ancrés dans les habitudes populaires comme utiliser le lait localement pour traiter la conjonctivite, les rhinites ou les infections de la peau.

Certains chercheurs se sont penchés sur la question : a-t-on des bases scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour confirmer l’efficacité de tels usages ?

Le lait humain étant facilement disponible, de faible coût et sans effet indésirable, il est effectivement important de connaître réellement les effets car ce serait une solution idéale pour les pays où l’accès aux soins est difficile !
Une équipe de chercheurs de l’Université de Varsovie s’est alors mis en quête des études publiées sur la question pour en tirer un bilan : sur plus d’un millier d’études parues entre 2010 et 2019, seules 15 d’entre elles, publiées dans des journaux à comité de lecture ont été jugées de qualité suffisante et ont pu être intégrées dans cette méta-analyse publiée en 2019 [1].

Quelles sont ces usages non nutritifs ?

Le lait maternel est fréquemment utilisé pour traiter des problèmes de peau du bébé (eczéma, dermatite, érythème), des crevasses aux mamelons, des problèmes de conjonctivite ou encore pour les soins du cordon.
Il est vrai que le lait maternel contient un grand nombre de composés bioactifs et stimulants pour l’immunité. Il est en effet riche en diverses bactéries, micro-ARN, facteurs de croissance et autres molécules complexes possédant un potentiel anti-inflammatoire ou réparateurs des lésions mineures de la peau.

Que disent les études ?


Par rapport aux problèmes cutanés des bébés,

l’évaluation de l’utilisation de lait maternel sur les zones touchées (eczéma ou érythème) présente des résultats hétérogènes. Sur les 5 études d’essais cliniques randomisés pris en compte dans cette méta-analyse, l’une d’elle correspondant à une petite taille d’échantillons (6 enfants) ne montre pas d’effet du tout. 3 autres études de plus grande envergure (respectivement 100, 141 et 63 enfants dans les groupes d’observation) affichent les mêmes niveaux d’efficacité que ceux obtenus par un traitement classique (généralement à l’hydrocortisone). Une seule publication rend compte d’un net avantage du lait maternel et repose sur un échantillon de 30 bébés (âgés de 0 à 12 mois) divisés en 2 groupes traités pour des problèmes d’érythème. 80 % des enfants recevant 3 fois par jour avec du lait maternel montraient des signes positifs après 5 jours d’application contre 26% dans le groupe non traité.

Du côté des mamans,

l’application de quelques gouttes de lait pour endiguer les douleurs aux mamelons les premiers jours d’allaitement est une technique assez répandue. L’étude prise en compte dans la méta-analyse fait le suivi de 84 mères allaitantes qui ont développé des douleurs dans les 72h après leur accouchement. En comparant le résultat de cette application avec celle de lanoline, il s’avère que c’est le lait maternel qui était le plus efficace, avec un temps de cicatrisation plus court. Sur une cicatrice périnéale, le lait maternel réduit également le temps de cicatrisation.

En ce qui concerne les problèmes oculaires,

l’efficacité des soins préventifs apportés à plus de 250 nouveaux nés a été estimée dans une étude comparant 3 groupes : un premier groupe recevant 2 gouttes de colostrum dans chaque œil, un second groupe traité à l’aide d’un antibiotique classique et un groupe de contrôle ne recevant aucun traitement. La survenue de conjonctivite a alors été analysée dans chacun des 3 groupes. L’effet positif du lait maternel sur la prévention de la conjonctivite a pu être mis en évidence de façon claire. Une autre étude chez la souris a de plus montré que le lait maternel était capable de soigner les blessures de l’épithélium cornéen. Une guérison plus rapide et plus efficace comparativement au sérum ou aux larmes artificielles.

Utiliser du lait maternel pour assurer les soins du cordon

C’ est une pratique assez répandue dans certains pays et l’OMS bien que plébiscitant les soins à sec, encourage les recherches dans cette voie. La méta-analyse de 2019 a fait le point sur la question : 3 études de contrôle publiées entre 2010 et 2018 ont montré que l’application de quelques gouttes de lait maternel sur le cordon de nouveau-nés permettait une chute plus rapide du cordon (entre 1 à 3 jours plus tôt) par rapport aux soins à sec ou avec un produit antiseptique.
Une autre méta-analyse plus récente [2] confirme d’ailleurs ces résultats et précise que le colostrum est plus efficace que le lait mature. Un cordon qui se détache plus vite permet de diminuer les risques d’infection.

Qu’en retirer ?


De cette analyse, les auteurs concluent que le lait humain, grâce à ses multiples composants, est susceptible d’offrir des solutions efficaces, bon marché, sécures et sans risques d’allergie pour prévenir voire traiter des problèmes d’épiderme sans gravité. La tendance est là mais des évaluations complémentaires de qualité restent nécessaires pour lever l’hétérogénéité des résultats attribuée à la composition du lait humain variable dans le temps, et d’une femme à l’autre.
En ce qui concerne les problèmes d’yeux inflammatoires, les auteurs soulignent que le lait humain ne doit pas être utilisé dans tous les cas de figures : il doit plutôt être vu comme un complément et non comme seul traitement.
Sur la base de ces résultats encourageants, les auteurs confirment que le lait humain est une solution déterminante dans les zones du monde où les femmes n’ont pas la possibilité ou les moyens d’avoir accès aux soins médicaux.
Enfin, les auteurs voient dans le lait maternel de nouvelles perspectives pour la prévention et les traitements des lésions de la peau. Un gros travail reste à accomplir afin de comprendre les composants et molécules impliquées dans les effets produits.
Les auteurs concluent en disant que le lait maternel possède des propriétés extraordinaires et peut être considéré comme une sorte de médecine personnalisée ! A ce titre, les mères doivent être encouragées et soutenues dans leur projet d’allaitement.

Références:

  1. Witkowska-Zimmy M. et al., « Milk Therapy: Unexpected uses of Human Breast Milk », Nutrients, 11:944, 2019
  2. Leila Amiri-Farahani et al., «The Anti-Inflammatory Properties of the Topical Application of Human Milk in Dermal and Optical Diseases », Complementary and Alternative Therapies for Inflammatory Diseases 2020,
The post utilisation du lait maternel pour les soins first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/feed/ 0
UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/#respond Tue, 15 Feb 2022 15:53:32 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2261 Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs… Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses … Continuer la lecture de UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES

The post UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs…

Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses constituants que dans les rôles que ces derniers peuvent jouer chez le bébé voire chez l’adulte qu’il deviendra.

Le lait maternel n’est pas seulement une ressource de nutriments, il contient aussi des composés bioactifs précieux. Ainsi, une des particularités du lait maternel dont on parle peut-être moins est son contenu en cellules, celles-ci jouant un rôle majeur :

– les cellules typiques de la glande mammaire (des lactocytes et des cellules myoépithéliales)

– les cellules de type « globules blancs » dont le rôle dans le développement de l’immunité chez l’enfant a été démontré.

Mais plus incroyable, grâce aux nouvelles méthodes d’identification, on s’est rendu compte que le lait maternel était également riche en cellules très jeunes, immatures, qu’on dit « indifférenciées » et qui portent le nom de « cellules souches ». Elles sont comme des cellules mères pouvant se renouveler et évoluer en prenant un caractère bien précis, celui de cellules fonctionnelles.

Que sont les cellules souches et où les trouve-t-on ?

Dès les premiers jours après la fécondation, on trouve des cellules souches, celles au plus haut potentiel. On les dit « totipotentes » car elles sont capables d’évoluer en toutes cellules possibles d’un organisme y compris celles qui forment le placenta.


Chez l’embryon âgé de quelques jours, les cellules souches présentes sont dites pluripotentes, avec un potentiel d’évolution encore bien diversifié vers tous types de cellules (sauf des cellules placentaires).


Chez l’adulte, les cellules souches se font plus rares. De plus, celles-ci sont multipotentes c’est-à-dire qu’elles se transforment en un nombre plus réduit de types de cellules et elles ne sont présentes que dans des niches au sein des organes : elles permettent le renouvellement des cellules qui vieillissent vite ou qui sont lésées.


Enfin les cellules souches unipotentes ne donnent naissance qu’à des cellules bien spécifiques comme celles de la peau.

Quelles cellules souches dans le lait maternel ?


Dans la mesure où la glande mammaire possède cette incroyable faculté d’adaptation et de modification durant la grossesse et la période du post-partum, c’est qu’elle a recours à une machinerie sophistiquée permettant de passer rapidement de l’état de repos à l’état d’organe qui secrète du lait ! Cela nécessite bien sûr une modification des cellules qui y siègent, une phase de maturation vers un état de cellules actives. Pas de secret, il y a bien des cellules souches là-dessous. Ainsi, pendant longtemps leur présence dans le lait maternel a été suspectée par les scientifiques.

C’est en 2007 que pour la première fois, une équipe de chercheurs australiens a mis en évidence des cellules souches dans le lait maternel.

Quelles sont leurs propriétés ?


Les cellules souches présentes dans le lait maternel sont capables de se différencier et d’exprimer des caractéristiques de lactocytes ou cellules myoépithéaliales, ces cellules spécifiques présentes dans un sein pour fabriquer et expulser le lait.

Ce sont les cellules souches qui permettent effectivement à la glande mammaire d’évoluer.

Mais ce que les recherches ont révélé a de quoi surprendre : des cellules souches identifiées dans le lait maternel sont capables d’évoluer et de maturer vers des cellules différentes, comme par exemple des cellules neuronales !
En effet, in vitro, la culture de ces cellules souches, dans un milieu qui convient, a conduit à la formation :
– de cellules neuronales  avec leur marqueur caractéristique,
– d’oligodendrocytes (des cellules du système nerveux),
– d’astrocytes (d’autres cellules du système nerveux).

D’autres essais in vitro ont montré aussi que ces cellules souches du lait humain, donnaient des cellules adipeuses, des cellules pancréatiques, hépatiques ou des cellules cardiaques ! Bref, une belle panoplie de cellules différenciées.

Il existe ainsi pas mal de travaux (depuis 2012) qui indiquent de façon claire l’existence de cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire de cellules souches capables de devenir n’importe quel type de cellules de l’organisme adulte.

A quoi servent-elles ?

Alors, le premier challenge est de savoir si ces cellules peuvent survivre dans les conditions difficiles du tractus digestif et passer le cap de la digestion. Il s’avère que oui, chez le nouveau-né le milieu n’est pas si insurmontable et la diffusion via la paroi intestinale est possible. Elles se retrouvent donc dans la circulation sanguine et peuvent migrer vers différents organes. Quel peut bien être le rôle de ces cellules souches capables de se différencier en cellules nerveuses ? ou cellules graisseuses ? Participent-elles à la maturation de certains tissus ou organes chez l’enfant ?

Des études sur la souris prouvent que ces cellules souches issues du lait maternel s’intègrent bien dans les tissus des petits. Les chercheurs pensent qu’elles pourraient être impliquées dans le développement du système nerveux entérique : le réseau nerveux du tube digestif où des neurones gouvernent le fonctionnement du système gastro-intestinal ! D’autres chercheurs avancent aussi qu’elles pourraient favoriser la prolifération, le développement ou la régulation de gènes de certains tissus chez l’enfant. C’est cohérent avec le fait que le lait maternel de mamans de prématurés est enrichi en ce type de cellules souches. Mais tout cela demande encore études, conclusions et confirmations.

Qu’en retirer ?


Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que ,plus que jamais , le lait maternel prouve sa grande spécificité : il est inimitable tant pour les nutriments qu’il fournit, que les ressources biologiques qu’il contient.

Les cellules souches dans le lait maternel, ce n’est que le début des connaissances !

Présentes dans le lait maternel, elles jouent un rôle certain dans le développement de l’enfant. Mais encore beaucoup de questions demeurent irrésolues. Par quels processus se différencient-elles au sein de l’organisme ? Quelles conditions chez la mère et l’enfant modifient la teneur et la qualité des cellules souches présentes dans le lait ? A suivre donc.

Références:

Mehmet Şerif Aydın et al., « Transfer and Integration of Breast Milk Stem Cells to the Brain of Suckling Pups », Scientific Reports, 8:14289, 2018

Witkowska-Zimny M., et al.  « Cells of human breast milk », Cellular  Molecular Biology Letters, 22:11, 2017

Reali A. et al., « Multipotent stem cells of mother’s milk », Journal of Pediatric and Neonatal Individualized Medicin, 5(1), 2016

Ninkina N. et al., “Stem cells in human breast milk”, Human Cell, 32, 2019

Briere, C-E et al., “Breast Milk Stem Cells: Current Science and Implications for Preterm Infants”, Clinical Issues in Neonatal Care. 223., 2016

The post UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/feed/ 0
Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ? https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/ https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/#respond Fri, 21 May 2021 14:07:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2176 Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante. On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation … Continuer la lecture de Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ?

The post Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante.

On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation de l’intestin et notamment l’entérocolite nécrosante. Plusieurs études ont montré que son incidence et sa sévérité sont moindres chez le nourrisson allaité.


Qu’est-ce que l’entérocolite nécrosante ?


Cette maladie est liée à une cascade inflammatoire au niveau de l’intestin au cours de laquelle un grand nombre de molécules très réactives et donc agressives apparaissent : c’est en quelque sorte une réaction d’inflammation excessive qui endommage irrémédiablement les cellules de l’intestin et peut même conduire à une issue fatale.
Parmi d’autres facteurs, elle apparaît plus souvent chez les enfants prématurés de petits poids lorsque l’intestin est encore très immature et moins armés pour lutter contre les pathogènes.

Les enfants allaités sont moins touchés, c’est un fait très bien établi mais on a longtemps cherché à comprendre quel était le composant du lait maternel qui jouait un rôle clé dans la protection contre les maladies de l’intestin.

Quelle molécule active dans le lait maternel par rapport à cette maladie ?
Les regards et les études se sont portés sur la lactoferrine, une protéine du lait qui se lie au fer. Il a été prouvé qu’elle était impliquée dans de nombreux processus physiologiques, qu’elle avait une action anti-inflammatoire et jouait un rôle dans le système immunitaire.
La lactoferrine est très présente dans le lait humain (comme dans celui des autres primates), notamment dans le colostrum (5 à 6 mg/l contre 0,83 mg/l dans le lait de vache). De plus, elle est assez faiblement saturée en fer : elle a donc une forte activité une fois dans l’intestin de l’enfant.

Sur quels plans agit-elle exactement ?


La lactoferrine agit sur plusieurs plans
. En voici quelques-uns explicités.

En effet, la molécule de lactoferrine présente dans le lait maternel n’est pas saturée en fer, et peut donc en piéger. En se liant au fer, la molécule diminue les nutriments utiles pour le développement des bactéries. Privées de fer, la croissance bactérienne est inhibée.

Un autre mode d’action est qu’une des extrémités de la molécule peut se lier à la membrane de la paroi cellulaire des bactéries. Elles sont ainsi affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire.

Mais ce n’est pas tout !

Dans le processus qui se met en place dans la maladie de l’entérocolite nécrosante, une protéine joue un rôle majeur : c’est la NF-kB. Des recherches ont montré que l’intestin se nécrose à cause d’une teneur élevée en NF-kB. Son rôle est de réguler la recopie des informations données par des gènes impliqués dans la réponse immunitaire et la réponse inflammatoire.

Or, il a été montré que le lait maternel inhibait l’activation de cette protéine NF-kB, via la présence de la lactoferrine.

Dans les grandes lignes, le mécanisme est le suivant. La lactoferrine se lie à des portions d’ADN des bactéries pathogènes mais pas n’importe lesquelles : il s’agit de celles qui activent la réponse immunitaire en excès. En se liant ainsi, la lactoferrine masque les gènes qui ne s’exprimeront pas. Le processus de sur-inflammation en réponse à des bactéries pathogènes ne se met pas en place, les cellules intestinales sont donc préservées.


Conclusion



La lactoferrine présente dans le lait maternel et particulièrement dans le colostrum agit sur plusieurs tableaux pour protéger le nourrisson de l’inflammation de l’intestin immature :
– par association avec le fer pour limiter cet élément utile aux bactéries pathogènes,
– par association avec la membrane des bactéries, alors affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire,
– par modification génétique au sein du pathogène : la voie d’action déclenchant l’inflammation n’est pas activée et les cellules intestinales ne sont pas agressées.

Tout cela permet de comprendre une fois encore toute l’importance d’encourager les mamans à allaiter leur bébé, d’autant plus s’il est prématuré ou de petit poids…

Références

Pandita A. et al., “Lactoferrin and Its Role in Neonatology: A Review Article”, Journal of Pediatrics and Neonatal Care, 2015

“A Review of the Immunomodulating Components of Maternal Breast Milk and Protection Against Necrotizing Enterocolitis”, Nutrients, 2020

Mulligan P. et al.,  « Breast Milk Lactoferrin Regulates Gene Expression by Binding Bacterial DNA CpG Motifs But Not Genomic DNA Promoters in Model Intestinal Cells », Pediatric Research, 2006

Queiroz VA et al., « Protective effect of human lactoferrin in the gastrointestinal tract », Rev Paul ista Pediatria, 2013

The post Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/feed/ 0
Caries précoces chez un jeune enfant allaité https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/ https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/#respond Tue, 06 Apr 2021 08:20:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2141 La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation … Continuer la lecture de Caries précoces chez un jeune enfant allaité

The post Caries précoces chez un jeune enfant allaité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation d’allaitement en Guadeloupe notamment. Elle nous parle aujourd’hui des caries du jeune enfant.

Une incisive qui se casse non loin de la gencive, presque comme si on l’avait sciée, une autre qui s’abîme avec une zone paraissant toute molle, jaune ou plus foncée et tirant vers le marron, des surfaces et tâches blanchâtres comme de la craie aux contours friables : vous voilà complètement déroutée et inquiète devant l’apparence des dents de votre enfant.

Votre bébé allaité présente des caries, devez-vous le sevrer ?

Vous réalisez que votre enfant allaité présente des caries et votre premier réflexe, à juste titre, est de consulter un pédodontiste ou un chirurgien-dentiste pour lui confier la prise en charge.

Dans un second temps, et en plus des soins réalisés, vous vous orientez peut-être vers une consultante en lactation parce que l’un ou l’autre de vos référents de santé aura désigné l’allaitement comme cause possible, ou vous aura demandé de sevrer, ce qui mérite bien un accompagnement car ni vous, ni votre enfant n’y étiez préparés.

Si, pour les consultant(e)s en lactation, les caries précoces de l’enfant constituent un motif relativement rare de consultation, il n’en demeure pas moins un. Et ces professionnel(le)s sont compétents pour vous apporter un soutien et des informations adéquats. Dans le cas de figure où une consultation individuelle n’est pas envisageable pour vous, voici quelques repères qui pourraient vous aider et qui vous sont transmis pour tenter d’éclairer la situation. Je mobilise à ce titre ma double compétence de docteur en chirurgie-dentaire, dont j’ai cessé l’exercice, et de consultante en lactation IBCLC, exercice auquel je me consacre à temps plein depuis 9 ans. Je me permettrai ensuite d’ajouter mon regard de mère à cette double compétence.

Le syndrome du biberon retrouvé chez l’enfant allaité ?

Force est d’avouer que pour le chirurgien-dentiste, il est bien tentant d’associer chez le tout petit allaité le communément nommé « syndrome du biberon » avec l’apparition d’une atteinte précoce des dents de lait. A la surprise du professionnel, le tout petit est peut-être d’ailleurs « encore allaité » à 13, 15, 18, ou même 24 mois. Il se trouve même médaillé de surcroît d’enfant « qui tète encore la nuit ! ». Et pourtant… ce raccourci est bien vite pris !

Les composants du lait maternel ont un effet protecteur

Certes, le lait maternel est sucré. Pour autant, le pH salivaire après une tétée n’est pas aussi acide qu’après un repas solide ou un biberon de préparation pour nourrissoni. Et la lactoferrine, pour ne citer que ce composant bien étudié, s’oppose au développement des bactéries impliquées dans la carie dentaire. La liste est longue pour mener une réflexion approfondie qui ne va pas dans le sens d’un pouvoir hautement cariogène du lait maternel.

La lecture des études scientifiques ne permet actuellement pas d’établir la preuve d’un lien de cause à effet entre l’allaitement au-delà d’un an, y compris la nuit, et l’apparition de caries précoces. En ce sens la CoFAM a publié des recommandations concertées pour la bonne santé bucco-dentaire du tout-petit, rédigées en collaboration avec la faculté d’odontologie de Nancy.

Les tétées nocturnes comme facteur aggravant et non prédisposant

J’ai été confrontée professionnellement à ces bambins qui sont amenés à consulter à la fois très jeunes (2-3-4 ans) et à la fois tardivement en fait car l’échange avec les parents, lorsque la question leur est posée(!), évoquait le plus souvent une dent de couleur inhabituelle dès son éruption, soit à 6 mois, ce qui devrait idéalement constituer un motif de consultation à cet âge. Cette suggestion rejoint d’ailleurs pleinement les recommandations de l’UFSBD qui met l’accent d’emblée sur l’existence d’émails anormalement formés repérables entre 6 et 12 mois (la fenêtre courante de l’éruption des incisives temporaires). Si tel est le cas, on peut aussi suggérer que des tétées nocturnes ne seront pas une cause mais un facteur aggravant sur un terrain destiné à développer une maladie carieuse tôt ou tard. Cela oriente le soutien dont vous avez besoin vers des soins appropriés, des mesures d’hygiène buccale et dentaire adaptées et sur-mesure et une surveillance fréquente car les soins apportés peuvent perdre leur herméticité rapidement lorsque les tissus sont anormalement constitués. Il ne sera pas alors forcément question d’envisager un sevrage soudain.

À ce regard s’ajoute mon expérience de mère.

Mon premier enfant allaité au-delà de deux ans, et la nuit jusqu’à 20 mois, n’a développé aucune carie et ses dents étaient parfaitement constituées. Lors de l’éruption de la première incisive de mon deuxième enfant, au moment où seulement quelques millimètres passent le bord de la gencive et que l’on s’extasie de cette étape du développement, j’ai pu remarquer un émail anormal, poreux qui, c’était évident pour mes yeux professionnels, allait se carier rapidement, tétées nocturnes ou pas. C’est ce qui s’est produit et il a été soigné alors qu’il n’avait que 10 mois ce qui a permis de s’acheminer vers la dentition définitive dans des conditions acceptables, certains soins étant à renouveler tous les ans.

Peu informée à l’époque, j’ai négligé l’événement sans plus d’investigations. C’est lorsque le problème s’est de nouveau présenté pour mon troisième enfant, qui d’ailleurs ne tétait pas la nuit depuis ses 5 mois, que j’ai décidé de prendre en compte sérieusement cette anomalie et je me suis aperçue que j’étais sévèrement carencée en vitamine D. Je ne me supplémentais pas car je vivais alors dans une zone ensoleillée sans me rendre compte que je ne recevais pas assez de ce soleil – nous sommes nombreuses à commettre cette erreur !, alors qu’avant mon premier enfant né dans une zone peu ensoleillée j’avais été très observante sur ma supplémentation. N’avais-je pas à l’époque d’autres carences ayant perturbé toutes les interactions nécessaires à la minéralisation ? Difficile de le dire a posteriori.

Parallèlement, une de mes consœurs a décidé de demander des bilans sanguins aux enfants et aux mères d’enfants touchés par des caries précoces. Tous présentaient une carence en vitamine D et provenaient de groupes de population qui avaient été réticents à donner la vitamine D prescrite. Loin de vouloir en faire une preuve, il serait intéressant d’explorer cette piste et d’autres encore dans les recherches mais également individuellement dès lors qu’un bambin présente ce type d’atteinte carieuse avec une dystrophie évidente de l’émail. Une hypothèse qui serait à creuser également est celle de l’exposition à certains polluants dont on sait qu’ils peuvent entraîner des malformations dentaires et des troubles de la minéralisation dentaire lorsque la mère présente des taux élevés durant la grossesse.

J’ai plus tard suivi au cabinet dentaire des enfants présentant ces caries traçantes (d’apparition précoce et de propagation rapide). Les recevoir précocement permettait de réaliser patiemment les soins, d’adapter les gestes avec les parents, d’adresser vers les médecins nutritionnistes et micro-nutritionnistes et d’éviter le sevrage. Une fois ces dents soignées, les enfants ont pu évoluer sereinement avec un suivi très rapproché. Aussi ténue que soit cette expérience, elle a apporté beaucoup de réconfort à tous sans éluder les soins nécessaires.

Programmer une visite au cabinet dentaire dès 6 mois

La recommandation de l’UFSBD de programmer une visite au cabinet dentaire dès l’âge de 6 mois, ou dans tous les cas à partir de l’éruption des premières dents, se justifie pleinement et permettrait de repérer précocement les dents et zones susceptibles d’être victimes d’une atteinte rapide, évitant ainsi probablement des destructions totales de la dent par fracture au niveau des zones de minéralisation anormales (ce que l’on voit régulièrement lorsque l’enfant est présenté vers l’âge de 2 ou 3 ans). À l’heure actuelle, tous ces axes et pistes évoqués sont les seuls connus et probants pour offrir à votre enfant la meilleure santé possible sans remettre en question l’allaitement.

Pour en savoir plus :

UFSBD : https://www.ufsbd.fr/espace-grand-public/votre-sante-bucco-dentaire/bebes-enfants/

CoFAM: https://www.coordinationallaitement.org/images/publications/CC_Synthese_Recommandations_pour_une_bonne_sante_bucco.pdf

Recommandations en vigueur sur la supplementation en vitamine D : http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/referentiels-d-origines-diverses/apercu?path=ANSES%2BAgence%2BNationale%2Bde%2BScurit%2BSanitaire%252FNUT2013SA0240Ra.pdf&i=10079.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2528780/

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-02/utilite_clinique_du_dosage_de_la_vitamine_d_-_note_de_cadrage.pdf

i: Avila, Walesca M et al. “Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis.” PloS one vol. 10,11 e0142922. 18 Nov. 2015, doi:10.1371/journal.pone.0142922

The post Caries précoces chez un jeune enfant allaité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/feed/ 0
Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/ https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/#respond Tue, 02 Mar 2021 14:48:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2144 Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” . Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité … Continuer la lecture de Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité

The post Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” .

Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité de sucres complexes, ou oligosaccharides qui jouent un rôle majeur dans la mise en place de l’immunité et la maturation du microbiote.

Qu’est-ce qu’un oligosaccharide ?
C’est un sucre « complexe », une chaîne formée de sucres simples associés tels que le galactose, des « bouts » de lactose, et d’autres molécules.
Le contenu en oligosaccharides du lait humain est particulier par rapport à celui de tout autre mammifère : il présente une diversité énorme avec de grandes variations dans le sucre de base, la structure spatiale, le nombre de sucres simples dans la chaîne (entre 3 et 6) et les liens qui peuvent être faits avec d’autres molécules. Cela leur confère toute une gamme de propriétés chimiques. Plus de 160 composés oligosaccharides ont été identifiés à l’heure actuelle.
Cette complexité explique en partie le rôle protecteur du lait maternel contre les infections.

Un contenu en oligosaccharides variable selon plusieurs paramètres
Les études qui se sont penchées sur l’analyse quantitative et qualitative de ces sucres complexes du lait humain sont formelles : le lait n’est pas identique d’une maman à l’autre, il existe même une grande variabilité selon chaque individu. Cela parait assez normal, il y a une base génétique. Des gènes particuliers, spécifiques de chaque individu codent des enzymes permettant l’assemblage de certains sucres simples… Donc à chacun sa petite recette.

Mais cela n’explique pas tout. Savez-vous que pour un même profil génétique, il existe aussi une influence de l’endroit où vit la mère ? Quelques études ont même montré une variation selon la saison. On n’a ainsi pas affaire aux mêmes sucres complexes qu’on allaite en printemps ou en automne (toutes choses étant égales par ailleurs). Incroyable, non ?
Les scientifiques n’expliquent pas encore très bien ces résultats mais évoquent l’influence du climat, de l’ensoleillement, de l’exposition à des allergènes qui influencerait la synthèse des oligosaccharides.

Pour une maman allaitante, il y a également une évolution dans le temps… Au fur et à mesure que le bébé grandit, la concentration de ces sucres complexes tend à diminuer dans leur globalité mais des études ont montré que certains oligosaccharides particuliers étaient produits en plus grande quantité à une période bien précise (2 à 3 semaines postpartum par exemple).

Allaiter un bébé prématuré et né à terme, quelle différence ?

Il est légitime de s’interroger sur la bonne adéquation du lait produit par les mamans de bébés prématurés (notamment leur teneur en oligosaccharides) aux besoins intenses de leur enfant particulièrement vulnérable.
Une étude de 2019, a fait le point sur cette question. Quelques études préalables avaient montré que la composition en sucres complexes était comparable dans le lait d’une mère d’enfant né à terme et celui d’un bébé prématuré. Mais il n’y avait pas consensus pour autant.

En y regardant de plus près, il s’avère qu’il y a bien quelques subtiles différences. Certains oligosaccharides particuliers sont plus présents dans le lait destiné aux enfants prématurés tandis que d’autres sont au contraire en moindre quantité (comparatif fait en comparant des laits produits au même âge postpartum). A ce stade, les chercheurs ne peuvent qu’apporter des hypothèses pour expliquer ces résultats.
Ils avancent donc, avec les précautions qui s’imposent, que les oligosaccharides présents en plus grande quantité dans le lait d’enfant prématuré sont ceux qui agissent le plus dans l’élaboration du cerveau en apportant de la « matière première ». Ils poursuivent leurs hypothèses en indiquant que dans les derniers mois de la grossesse, lors du développement final des composants du cerveau, le corps de la mère produit les ingrédients nécessaires. Si la naissance a lieu prématurément, ces ingrédients peuvent jouer un rôle clé en entrant dans un processus permettant la synthèse de sucres complexes qui viennent compenser les manques in utero. En un mot, les auteurs concluent en soulignant l’effet particulièrement bénéfique pour le petit prématuré de consommer le lait de sa propre mère ! C’est bien celui qui est le plus adapté !

Ces travaux bien qu’intéressants doivent être pris avec précautions et nécessitent des études complémentaires afin de les confirmer ! On peut néanmoins affirmer que les sucres complexes du lait maternel sont particulièrement spécifiques et adaptés pour le bon développement de l’enfant !

Références

Austin S. et al., “Human Milk Oligosaccharides in the Milk of Mothers Delivering Term versus Preterm Infants”, Nutrients, 2019

Veronica Ayechu-Muruzabal et al., “Diversity of Human Milk Oligosaccharides and Effects on Early Life Immune Development”, Front. Pediatr., 2018

The post Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/feed/ 0
Le lait maternel peut-il être carencé ? https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/#comments Wed, 02 Sep 2020 15:37:45 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2083 Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel. Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère … Continuer la lecture de Le lait maternel peut-il être carencé ?

The post Le lait maternel peut-il être carencé ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel.

Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère de celle de tous les autres laits. Le lait maternel contient des centaines de composants, dont certains continuent d’être découverts. Ces composants varient-ils selon l’alimentation de la mère ? Une carence chez la mère peut-elle provoquer une carence dans son lait ?

L’alimentation de la mère n’a guère d’impact sur les taux des principaux constituants de son lait : protéines, lactose, cholestérol, minéraux. Une étude a montré qu’une baisse de 32% des apports caloriques maternels pendant une semaine n’avait aucun impact sur la production lactée de mères bien nourries. Seul un apport inférieur à 1500 calories par jour peut provoquer une baisse de la production lactée (1).

Lorsque les apports en minéraux de la mère (ou l’assimilation de ces apports, qui diminue avec l’inflammation de la muqueuse intestinale) sont insuffisants, la mère aggrave ses propres carences en puisant dans ses réserves pour maintenir un taux lacté satisfaisant.

Le taux de protéines du lait maternel est de 8 à 9 g/l (16 grammes pour le colostrum). Ce taux semble pouvoir varier légèrement en fonction de nombreux paramètres (prématurité, âge du bébé, alimentation). Ces protéines ne servent pas seulement à la nutrition du bébé mais incluent des facteurs protecteurs, des hormones, des enzymes, des transporteurs de vitamines,…

Le taux de glucides est constant dans le lait maternel, quelle que soit l’alimentation maternelle (70 g/l, 20 à 30 g/l dans le colostrum). Le lait maternel se distingue par son taux particulièrement élevé d’oligosaccharides complexes et leur grande variété, dont le rôle est clé dans le développement et la protection immunitaire de l’enfant allaité.

En revanche, le taux lacté de certaines graisses, ainsi que des vitamines A, B et D, dépend de l’alimentation de la mère. Le taux lacté de vitamine D est déterminé par le statut maternel (c’est à dire les réserves de la mère), il peut varier de 1 à 10. Les taux de vitamines E et K sont plus stables, probablement parce que les insuffisances ou carences sont plus rares dans la population. De même les teneurs du lait en vitamines E et C semblent peu affectées par l’alimentation de la mère. Les lipides, eux, représentent la moitié des apports caloriques du lait humain. Leur proportion dans le lait maternel augmente légèrement avec les réserves grasses de la mère. Les taux lactés d’acides gras à chaînes courtes et moyennes sont stables quelle que soit l’alimentation maternelle mais le taux lacté d’acides gras à très longue chaîne (omégas 3) dépend des apports de la mère, voire de ses réserves. Ainsi, plusieurs études ont montré un lien direct entre le taux lacté d’omégas 3 et la prise d’un complément de DHA par la mère, ainsi qu’un taux lacté d’omégas 3 plus élevé si la supplémentation de la mère a débuté avant sa grossesse. Rappelons que les omégas 3 ont un rôle déterminant dans la santé globale, en diminuant l’inflammation et en protégeant toutes les membranes cellulaires du corps, notamment celles des muqueuses et des neurones. Il a aussi été constaté que le stock de DHA de la mère diminue pendant l’allaitement (2) et ceci a été confirmé par les études menées par Michel Odent (3). L’alimentation moderne étant très appauvrie en omégas 3 (à cause de l’élevage en batterie, du raffinage des huiles et d’une consommation risquée de poissons gras pollué au mercure), il est fortement recommandé de supplémenter la mère avec des omégas 3 DHA/EPA garantis sans métaux lourds, dès le projet d’enfant.

Un autre problème est la présence d’acides gras “trans” dans l’alimentation de la mère. Ces acides gras sont ceux que l’on trouve dans tous les aliments industriels (plats préparés, biscuits, viennoiseries industrielles, huiles raffinées). Ils provoquent un terrain inflammatoire propice à toutes les maladies. Par exemple une étude a montré que la proportion d’acides gras “trans” était de 6 à 7% des lipides du lait des mères américaines, contre 0,5 % chez les mères chinoises (1).

Mais le lait maternel est surtout bourré de facteurs immuno-compétents, spécifiques (IgA, lactoferrine, lysozyme, macrophages, polynucléaires neutrophiles, lymphocytes, etc) et non spécifiques (oligosaccharides, facteurs de croissance, acides gras régulateurs de l’inflammation, etc). Le lait maternel permet la colonisation du bébé par la flore* inoffensive de la mère (donc un bon microbiote* du bébé) ainsi qu’une maturation optimale du système digestif, du système nerveux et du système immunitaire. Les enfants allaités ont des taux de protéines immunitaires plus élevés que les enfants non-allaités (4). Une étude a observé un taux plus bas de protéines et d’immunoglobulines dans le lait de mère colombiennes malnutries (3) mais une autre étude a montré que le lait de mère gambiennes souffrant de malnutrition chronique était plus riche en protéines immunocompétentes (immunoglobulines, lactoferrine,…) que le lait de mère anglaises suffisamment nourries (1). D’autres études seraient nécessaires pour préciser les variations des taux lactés de facteurs immunitaires selon l’alimentation maternelle mais l’ensemble des études disponibles font apparaître l’impact positif généralisé de l’allaitement sur l’immunité de l’enfant.

Enfin, comme tout notre environnement et tous nos tissus, le lait humain contient des polluants. Cependant, plusieurs études ont montré que l’allaitement demeure, de loin, le meilleur aliment pour les bébés, même lorsque les taux lactés de polluants sont particulièrement élevés (5).

En conclusion, on retiendra que le lait maternel est le seul aliment qui couvre un si large éventail des besoins du bébé. Ayons cependant à l’esprit que les taux lactés d’omégas 3 et de vitamines A, B et D dépendent de l’alimentation de la mère ou de ses réserves. Une alimentation qualitative permettra aussi à la mère de ne pas diminuer ses réserves de minéraux.

(1) DA : Dossiers de l’Allaitement de La Leche League n°52

(2) DA n°67

(3) www.birthworks.org

(4) DA HS JIA 2003

(5) AA : Allaiter Aujourd’hui magazine de La Leche League n°32

* Le microbiote ou “flore intestinale” joue un rôle clé pour notre santé. Il est composé de bactéries, levures et même virus, qui finissent de dégrader nos aliments, synthétisent des vitamines (K, B12, B1 et B2), protègent notre tube digestif de la colonisation par des bactéries nocives et assurent l’équilibre de notre système immunitaire.

The post Le lait maternel peut-il être carencé ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/feed/ 4
ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/ https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/#respond Tue, 21 Apr 2020 09:51:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2037 Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques. Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes . C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » . De nombreuses études … Continuer la lecture de ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ?

The post ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques.

Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes .

C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » .

De nombreuses études ont montré les effets positifs de l’allaitement.

Une méta-analyse (1) de 2012 les regroupe, nous nous sommes appuyés ( entre autres) sur cette publication.

Le lait humain fournit des éléments nutritionnels et protecteurs du fait de sa composition unique en facteurs nutritionnels et immunobiologiques. Il contient des facteurs bioactifs qui permettent d’apporter à l’enfant une quantité importante ( on ne sait pas tout encore) d’effets bénéfiques pour sa santé.

Que contient le lait humain ? (2)

– De l’eau à 88%

-Des protéines petites et liposolubles ce qui expliquent que le lait maternel soit plus digeste. Les acides aminés sont en adéquation avec les besoins du nouveau-né pour son développement cérébral.

– Des lipides qui fournissent 50% des calories du lait maternel. Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés qui sont des constituants majeurs des membranes des cellules neuronales. La teneur en lipides varie avec l’alimentation de la mère.

– Des carbohydrates comme le lactose qui fournit 40% des calories du lait maternel et des oligosaccharides qui vont faciliter la croissance des bifidobactéries.

-Des minéraux ( fer, zinc, calcium, phosphore,…) en quantité adaptée pour les possibilités d’élimination du rein.

– Des vitamines qui dépendent des apports alimentaires et du statut de la mère en vitamines.

– Des prébiotiques comme les oligosaccharides qui stimulent la croissance et l’activité des «  bonnes bactéries » ce qui a des effets positifs sur la santé de l’enfant.

– Des probiotiques comme les bifidobactéries et les lactobacilles : ce sont les « bonnes bactéries » qui assurent une protection contre les germes pathogènes.

– Des anti-infectieux comme les immunoglobulines, la lactoferrine, les acides gras libres jouent un rôle vital en aidant le système immunitaire du nouveau- né, ils aident notamment actuellement à protéger votre bébé contre le coronavirus.

Une attention toute particulière pour les Ig A sécrétoires (immunoglobulines A) qui empêchent les bactéries ou virus de s’attacher aux membranes des cellules des muqueuses. Elles neutralisent les toxines microbiennes et augmentent l’excrétion des virus. Ces IgA sont fabriqués et stockés dans le sein maternel.

– Des anti-inflammatoires  comme les anti-oxydants, enzymes, inhibiteurs de protéase, facteurs de croissance, cytokines qui vont parer au processus inflammatoire lors d’une pathologie pour protéger le nourrisson de lésions tissulaires aggravées ( comme c’est le cas par exemple dans l’entérocolite ulcero-nécrosante ).

Les études montrent que les enfants allaités présentent une morbidité et une mortalité moindres que les enfants recevant un autre type de lait.

Les effets se prolongent même au delà de la petite enfance puisque le lait maternel diminue les risques d’obésité, de maladie intestinale inflammatoire, de cancer et d’autres manifestations de dysfonction auto -immune dans l’adolescence.(1)

Le lait maternel a des propriétés uniques et inimitables et constitue donc l’aliment de référence pour le nouveau-né.

L’allaitement a des effets protecteurs également chez la mère pour plusieurs pathologies que nous verrons bientôt ensemble avec la publication d ‘une nouvelle affiche . 🙂

Références :

1. Breastfeeding and the use of Human Milk : https://pediatrics.aappublications.org/content/129/3/e827

2.Le lait maternel : composition nutritionnelle et propriétés fonctionnelles. M.Tackoen . Centre néonatal CHU Saint Pierre

The post ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/feed/ 0
Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/#respond Tue, 13 Nov 2018 15:51:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1846 La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement … Continuer la lecture de Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés

The post Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement ne sont plus à démontrer. Cependant on observe que peu de ces mères allaitent réellement. On pense que beaucoup d’entre elles craignent pour la santé de leur bébé.

Le site du CRAT nous rassure sur l’emploi de la buprénorphine [1] (Subutex®, Temgesic®) ou encore sur celui de la méthadone[2].  La thérapie de substitution par méthadone ainsi que celle par buprénorphine[3] sont considérés comme les meilleurs traitements de la dépendance aux opioïdes pendant la grossesse. La thérapie de substitution diminue les risques de fausse couche et de prématurité.

Par ailleurs, l’utilisation de la méthadone pendant la grossesse est associée au syndrome de sevrage des opioïdes chez les nouveau-nés avec des symptômes qui apparaissent généralement 72-120 heures après la naissance, dans le cas de la méthadone. Il est traité avec des mesures de soutien et pharmacologiques. On a constaté que le lait maternel réduisait le syndrome de sevrage et semblait diminuer le besoin de traitement.[4] Les mesures de soutien consistent à :

  • Favoriser le contact peau à peau ;
  • Parler doucement ;
  • Chanter ;
  • Le bercer doucement ;
  • Diminuer les stimuli environnementaux (ralentir les mouvements, diminuer l’éclairage et le bruit).

La période du post partum est souvent fragilisante chez la plupart des mères. Certaines peuvent éprouver des difficultés à établir la relation avec leur enfant. Dans ce contexte, certaines ont tendance à « replonger » et à reconsommer brutalement des substances illicites. C’est pourquoi  des structures type « unité Kangourou » pourraient être privilégiées en maternité pour l’accueil de ces mères, afin de maintenir autant que possible le nouveau-né auprès d’elles et favoriser leur attachement. En effet, les jeunes mamans sont souvent décrites comme « perdues, dépassées par les événements » ; certaines d’entre elles sont irritables, voire agressives, refusant de se laisser examiner par exemple. Allaiter favorise alors le maternage et le sentiment d’affection durable au bébé et peut ainsi éviter la rechute.

Certaines femmes toxicomanes choisissent donc d’allaiter en dépit de la stigmatisation sociétale parce qu’elles ont été suffisamment et correctement informées. Elles ont ainsi la possibilité d’allaiter malgré le parcours douloureux qu’elles ont pu vivre. Une majorité d’entre elles ont été confrontées à de la maltraitance, de l’abandon, à des carences affectives… Elles ne sont pas devenues toxicomanes par hasard.

C’est le cas d’Allissone*, 28 ans, qui après une enfance difficile et une adolescence passée à essayer de “se ″restaurer″ psychologiquement, a rencontré un homme prévenant qui a su lui apporter de l’amour et de la protection. Allissone* a alors décidé de s’occuper de sa santé et « de sortir de la galère », comme elle le dit. Avec le soutien de son conjoint, elle a consulté un médecin qui l’a écoutée et comprise. Un traitement de substitution a été mis en place (buprénorphine). Une fois cette substitution bien établie, le couple a tout naturellement eu un désir d’enfant et le médecin a rassuré Allissone* quant à cette possibilité malgré le médicament. L’entourage familial et amical du couple n’a pas mis en doute les propos médicaux. Durant la grossesse, elle a bénéficié d’un suivi médical régulier et l’équipe de la maternité fut informée du traitement.

Lorsqu’elle a évoqué son souhait d’allaiter son bébé, son entourage n’a alors pas compris comment cela pourrait être possible bien que le couple leur ait exposé les dires du médecin qui approuvait l’allaitement. « Ton bébé va avaler le produit » soupçonnait-on. Allissone*s’est alors sentie très anxieuse. Son compagnon lui suggéra de ne plus parler de son projet autour d’eux. Le médecin les orienta alors vers un groupe de soutien à l’allaitement. Ils participèrent à des rencontres et ce partage leur fit beaucoup de bien.

La grossesse d’Allissone* s’est passée normalement ainsi que l’accouchement. Le bébé a bénéficié d’un traitement médical de quelques jours et l’allaitement a bien démarré. Le père était très présent pour aider sa compagne dans les soins au nouveau-né. Au retour à domicile, un soutien d’une puéricultrice de Protection Maternelle et Infantile a pu aider le couple à être confiant. Le bébé grossissait normalement et un lien de qualité avec l’enfant s’est établit.

[1] https://lecrat.fr/spip.php?page=article&id_article=47

[2] https://lecrat.fr/articleSearchSaisie.php?recherche=methadone

[3] Breastfeeding and Opiate Substitution Therapy: Starting to Understand Infant Feeding Choices Published online 2016 Jul 12. doi:  10.4137/SART.S34553 PMCID: PMC4944830

[4] Lisa E. Graves, Suzanne Turner, Maya Nader, and Sucheta Sinha

*Par souci d’anonymat le prénom a été modifié

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

The post Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/feed/ 0
Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé https://www.leblogallaitement.com/quand-lenfant-ne-nest-pas-celui-imagine/ https://www.leblogallaitement.com/quand-lenfant-ne-nest-pas-celui-imagine/#respond Thu, 27 Sep 2018 12:27:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1828 L’arrivée d’un enfant, le plus souvent, est un événement heureux. Chaque enfant est différent, on le sait, et parfois il peut être plus difficile d’accueillir un enfant lorsque l’on s’attend à ce qu’il ait des besoins particuliers. Quand le diagnostic prénatal révèle une pathologie, une malformation, un handicap, le choc subi par les parents peut … Continuer la lecture de Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé

The post Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
L’arrivée d’un enfant, le plus souvent, est un événement heureux. Chaque enfant est différent, on le sait, et parfois il peut être plus difficile d’accueillir un enfant lorsque l’on s’attend à ce qu’il ait des besoins particuliers. Quand le diagnostic prénatal révèle une pathologie, une malformation, un handicap, le choc subi par les parents peut être extrêmement lourd à accepter et à vivre.

Dans un nombre important de diagnostics, le nourrissage de l’enfant est lui-même spécifique et peut devenir une source d’inquiétudes. Du fait de leur pathologie ou particularité anatomique, certains bébés ne pourront pas être alimentés par voie orale avant une intervention chirurgicale. Certains bébés n’auront pas d’emblée la force ni l’endurance nécessaires pour prendre une tétée entière. La recherche d’alternatives d’alimentation, de moyens de démarrer et de maintenir la production de lait, impliquent que la maman aura probablement besoin de recourir aux service de spécialistes en allaitement parmi lesquels les consultantes en lactation.

Le couple se resserre le plus souvent, face à l’événement. Les écueils semblent moins insurmontables, entremêlés de hauts et de bas qui suivent les progrès de santé de l’enfant, et les évolutions dans son alimentation. Chaque mère vit ces événements à sa manière. Celles qui ont une tendance naturelle à l’optimisme n’en auront pas moins besoin de tout le soutien nécessaire.

Une situation complexe peut modifier le caractère temporairement ou profondément.

Les sentiments d’épuisement, de chagrin intense, de joies parfois trop courtes, de colère contre soi, contre l’enfant, contre le personnel médical, ou autres sont parfaitement normaux. Il est probable à ce titre que la mère traverse les étapes d’un cycle de deuil, qui, comme l’a théorisé la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, s’appliquent, au-delà de la perte d’un être aimé. Ce sont le déni ; la colère ; le marchandage ; la dépression ; l’acceptation. Nombreuses sont celles aussi qui éprouvent un sentiment de culpabilité « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que mon bébé soit comme ça ? ». A contrario, pour certaines cultures, l’arrivée d’un enfant différent est une bénédiction de Dieu.

Les émotions de la mère font le yoyo : un jour ça va, un jour ça ne va pas. Cela suit souvent la progression de son enfant ; et ainsi un jour elle en a marre d’essayer d’allaiter ; elle en a ras-le-bol de tirer son lait et le lendemain elle veut ardemment continuer. Sa production lactée semble également suivre ces aléas. Tout cela est normal.
L’écoute qui lui est accordée dans ces moments de doute et d’inquiétude fera beaucoup.

S’il lui est possible de verbaliser ses émotions du moment plutôt que de les camoufler, elle s’en sentira sans doute plus comprise. De même, si elle ne se sent pas en phase avec ses interlocuteurs, elle a le droit de l’exprimer ! Elle a besoin d’un soutien qui soit en connexion avec son émotion du moment.

Dans ce contexte où les émotions jouent un rôle crucial pour l’attachement et la santé psychologique de la mère, il est bon de lui rappeler que son lait est le premier médicament pour son enfant quel que soit son terme, quelle que soit l’affection qu’il porte. Et cette force, nul ne peut l’apporter aussi bien qu’elle. Ce bien précieux a plus de valeur que de l’or, qu’il permette de tisser un lien lacté avec l’enfant ou qu’il lui procure une alimentation riche et salvatrice.

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

The post Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/quand-lenfant-ne-nest-pas-celui-imagine/feed/ 0
Le lait maternel : source de mélatonine https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-source-de-melatonine/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-source-de-melatonine/#comments Tue, 18 Sep 2018 13:46:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1823 Tout le monde connaît la mélatonine : une substance particulièrement utile pour aider à l’endormissement. Plusieurs aliments en sont naturellement riches (raisin, banane, noix, poisson, céréales…). Certaines personnes en consomment même par voie médicamenteuse pour réguler leur propre taux et améliorer leur sommeil. Mais on oublie souvent que le lait est une source importante de mélatonine [4]. … Continuer la lecture de Le lait maternel : source de mélatonine

The post Le lait maternel : source de mélatonine first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Tout le monde connaît la mélatonine : une substance particulièrement utile pour aider à l’endormissement. Plusieurs aliments en sont naturellement riches (raisin, banane, noix, poisson, céréales…). Certaines personnes en consomment même par voie médicamenteuse pour réguler leur propre taux et améliorer leur sommeil. Mais on oublie souvent que le lait est une source importante de mélatonine [4]. Le lait maternel ne fait pas exception : il contient une quantité substantielle de mélatonine. Quel est l’état actuel des connaissances sur la question ? Selon quels paramètres sa quantité varie-t-elle ? Et quels sont les effets connus sur l’enfant allaité ? Nous avons exploré quelques ressources scientifiques pour vous apporter des réponses.

Qu’est-ce que la mélatonine et quels sont ses atouts ?

La mélatonine est une hormone impliquée dans la régulation des cycles d’éveil et de sommeil, secrétée en absence de lumière. Ainsi, chez l’Homme, les niveaux de mélatonine la nuit sont 5 à 15 fois plus élevés qu’en plein jour, avec des pics selon les moments de la nuit.

La mélatonine n’est pas une hormone comme les autres : les recherches ont montré qu’elle était secrétée par la glande pinéale dans le cerveau et qu’elle pouvait également être synthétisée par des organes non endocriniens tels que la rétine, les reins, le tractus digestif et les cellules du système immunitaire (liste non exhaustive).

Sa synthèse est favorisée par l’obscurité et se trouve entravée par la lumière du jour. Les connaissances sont claires sur la question : la mélatonine se retrouve assez rapidement dans le sang juste après avoir été synthétisée puis elle est capable de traverser plusieurs barrières physiologiques (membranes cellulaires, cerveau, placenta, intestins).

Outre son effet sur le sommeil, un lien a été démontré entre la mélatonine et l’appétit, le système immunitaire, la pression sanguine, et elle serait également dotée d’un rôle antioxydant. Chez le rat, les études ont même montré un lien avec la production de dendrites et de neurones : bref, elle optimiserait le fonctionnement cérébral.

En ce qui concerne l’immunité, son effet n’est pas encore compris en détails mais la mélatonine agirait en régulant l’expression de certains gènes, et également en augmentant l’activité des cellules tueuses (certains types de lymphocytes) capables de couper rapidement des molécules étrangères à l’organisme.

En ce qui concerne son rôle antioxydant, il est lié à la possibilité de la molécule de piéger les excès de radicaux libres. Ces derniers jouent un rôle important dans un certain nombre de processus physiologiques ; mais, en trop grande quantité, ils peuvent conduire à une atteinte de l’ADN ce qui entraîne des conséquences sur la santé (vieillissement, inflammation, maladies chroniques voire cancers). Bref, la mélatonine a plus d’un tour dans son sac.

 

Lien avec le lait maternel et impact sur l’enfant allaité

La mélatonine a pu être mesurée dans le lait maternel et le colostrum de mères, trois jours après leur accouchement. Cette teneur dans le lait maternel, surtout la nuit, va être bénéfique pour l’enfant sur plusieurs plans.

En effet, les rythmes circadiens chez le nourrisson, notamment pour celui lié au sommeil, ne se mettent pas en place tout de suite. Plusieurs mois sont nécessaires donc, tout apport exogène de mélatonine est primordial pour aider à établir le « bon rythme ». Est-ce que le lait maternel est une source efficace ?
Une étude [3] a comparé le contenu en mélatonine du colostrum et du lait en différents moments de la journée et de la nuit et des variations ont bien été observées.

Plusieurs études [2] [3] montrent en effet que chez les bébés allaités de façon exclusive, le taux de mélatonine et sa variation sur un cycle de 24h coïncident avec ceux de la molécule ou de ses précurseurs présents dans le lait maternel. La conséquence est qu’un lait tiré « le soir » pour nourrir plus tard un bébé n’aura pas le même impact qu’un lait tiré le matin (car de contenu différent en mélatonine) !

 

En ce qui concerne les effets observés, plusieurs chercheurs [1] corrèlent la mélatonine à une amélioration du sommeil et une diminution des coliques de nourrissons allaités (comparaison avec des enfants nourris au lait artificiel qui ne contient pas de mélatonine).

Les auteurs d’une étude japonaise [5] montrent que la mélatonine dans le lait maternel est variable selon l’état d’esprit de la mère (notamment si elle joyeuse et détendue) et que les enfants nourris avec le lait plus riche en mélatonine, ont des réponses allergiques réduites. D’autres études doivent néanmoins confirmer ce résultat.

 

Conclusion


 Ainsi, par le biais de son lait enrichi la nuit en molécules actives sur le sommeil,  la mère allaitante apprend son enfant à dormir la nuit et moins le jour. Voilà de quoi rompre le cou aux idées reçues et aux mythes qui sévissent encore de nos jours quant au fait qu’un enfant allaité dormirait « moins bien ».

Non seulement le lait maternel  contient la mélatonine nécessaire pour favoriser l’endormissement mais cette teneur est parfaitement ajustée. Etant données ses autres propriétés, la mélatonine va même au-delà des effets sur le sommeil de l’enfant (stimulation de l’immunité, lutte contre inflammation, stimulation probable de la neurogenèse…).

Ces résultats sont intéressants dans la mesure où, compte tenu de la concentration variable du lait maternel en mélatonine selon la luminosité, il serait préférable de conseiller aux mamans d’allaiter la nuit dans le « noir ».

Pour les mamans qui choisissent de tirer leur lait et de le conserver, il serait donc optimal de leur conseiller de « noter » l’heure approximative où le recueil de lait a été effectué afin de pouvoir utiliser ce lait « tiré  le soir» pour une consommation avant le coucher de l’enfant, et réciproquement pour le lait recueilli en journée.

 

Références :

 1- Cohen E. A., et al, « Breastfeeding may improve nocturnal sleep and reduce infantile colic: potential role of breast milk melatonin. », European journal of Pediatrics 2012, 171(4) : pp729-32

2- Cubero J., et al., « The circadian rhythm of tryptophan in breast milk affects the rhythms of 6-sulfatoxymelatonin and sleep in newborn », Neuroendocrinology Letters No.6 December Vol.26, 2005

3-Nubia Andrade Silva et al., « Bioactive factors of colostrum and human milk exhibits a day-night variation » American Journal of Immunology, 2013, 9: 68-74

4- Meng et al., « Dietary Sources and Bioactivities of Melatonin », Nutrients vol 9(4), 2017

5- Kimata H, « Laughter elevates the levels of breast-milk melatonin », Journal of Psychosomatic Research 2007 Jun;62(6):699-702

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre.

 

 

 

The post Le lait maternel : source de mélatonine first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-source-de-melatonine/feed/ 4
L’allaitement long, pourquoi, comment ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/#comments Wed, 09 May 2018 09:26:10 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1757 Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement. Mais à partir de quand peut-on se considérer … Continuer la lecture de L’allaitement long, pourquoi, comment ?

The post L’allaitement long, pourquoi, comment ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement.

Mais à partir de quand peut-on se considérer « en allaitement long » ? Après la reprise du travail ? A 3 mois ? A 6 mois ? A 1 an ? Plus tard ? Jusqu’au sevrage naturel ?

Chaque mère aura sa propre réponse …. en fonction de ce qu’elle est prête à donner à son bébé et à vivre avec lui. Avant la naissance d’un enfant, une mère a quelquefois des idées sur la durée de son allaitement ; peut-être en fonction de sa reprise de travail. Mais elle pourra être surprise par le changement d’avis qui peut éventuellement s’opérer chez elle. J’entends d’ailleurs souvent les mères expliquer : « Je voulais allaiter jusqu’à 3 ou 6 mois, mais à ce terme, je n’arrivais pas à me résoudre au sevrage, c’était impossible d’envisager d’arrêter ce lien, cette relation avec mon bébé ».

Des recommandations concernant la durée optimale d’allaitement ont été édictées par l’OMS (et reprises par les pays) qui invitent à allaiter exclusivement au moins 6 mois puis jusqu’à au moins 2 ans en association avec une alimentation diversifiée. C’est un repère basé sur la bonne santé des enfants du monde entier. Le manque d’information pour les mères est déjà criant au moment de la naissance ; mais, après quelques semaines, il est difficile de trouver des réponses aux questions liées à l’allaitement qui dure. En outre, si des erreurs ou préjugés sont véhiculés, alors il peut être rapide de perdre pied et donc sa confiance en soi.

Qu’on se le dise, tout au cours de l’allaitement et jusqu’à la dernière tétée, le lait maternel garde toutes ses propriétés immunitaires et nutritives ! A tout âge de l’enfant, le lait de maman sera toujours le meilleur aliment pour lui, le mieux adapté à ses besoins particuliers et à sa croissance.

En premier lieu, l’allaitement génère de fait une proximité importante entre la mère et l’enfant dont les deux ont besoin. Nous sommes des mammifères, de la famille des grands singes et nos petits ont besoin d’être en contact étroit et permanent avec l’adulte pour survivre, se protéger des microbes, virus et autres bactéries, se rassurer, mâturer leur cerveau et enfin se nourrir. Cette grande proximité aide l’enfant à créer et développer sa sécurité affective de base. Bercé, réchauffé, porté, il continue sa croissance au meilleur endroit qui soit : sur sa mère (et son père aussi). Et ces besoins perdurent longtemps ! Et, ô joie ! L’enfant va trouver tout cela dans le lait maternel jusqu’au sevrage.

Aujourd’hui, même si les bienfaits du lait maternel ne sont plus à démontrer à maints égards, il est un bienfait à souligner, expliquer, mettre en avant : celui de la relation mère/enfant. On entend souvent s’exclamer des gens surpris de constater un allaitement qui dure, devant quoi, il est parfois difficile pour la mère de répondre. Elle cherche alors souvent à se justifier, à légitimer cet allaitement.

Non seulement, la mère ne devrait pas avoir à se justifier mais elle pourrait même être accueillie en héroïne ! C’est elle, entre autres par son allaitement, qui construit son nourrisson, son bébé, son bambin puis son enfant. C’est elle qui le rassure, à chaque besoin exprimé, par ses douces attentions, sa tendre disponibilité, son réconfort aimant, jour et nuit, inlassablement. C’est elle qui offre (ou au moins prête !) son corps, ses seins à son enfant comme un îlot réconfortant où téter aide à dormir, console et apaise. C’est elle qui permettra à son bébé, stressé par une séparation par exemple, de retrouver un niveau de cortisol (hormone du stress) qui ne nuira pas au développement de son cerveau.

Bien sûr, la mère peut être supplée dans ce rôle auprès de l‘enfant mais l’allaitement et son contexte hormonal va lui permettre, à elle aussi, un endormissement plus facile, un apaisement psychologique et une assurance grandissante.

Alors, la mère ne trouvera aucune raison d’arrêter l’allaitement … Cette relation simple, apaisante se consolide avec le temps. Plus la mère répond aux besoins de son bébé, plus celui-ci prend confiance en lui-même : son besoin est reconnu, il a su l’exprimer et le voit assouvi. Il saura donc qu’il peut compter sur sa mère, ses parents, pour quoi que ce soit.

Cette construction, cette « sédimentation » va durer des années (entre 5 et 10 ans). Alors pourquoi ne pas continuer l’allaitement ?

Chaque mère, si tant est qu’elle puisse être informée, accompagnée, soutenue, légitimée dans son choix, prendra sa décision en conscience et fera ce qu’elle veut, ce qu’elle considère le mieux adapté pour elle et son bébé.

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

The post L’allaitement long, pourquoi, comment ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/feed/ 1
Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin) https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/#respond Wed, 18 Apr 2018 12:48:16 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1742 Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect. Pour tenter … Continuer la lecture de Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin)

The post Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect.

Pour tenter d’y voir encore plus clair, il peut être intéressant de comprendre quels mécanismes sous-jacents permettraient d’expliquer l’effet protecteur de l’allaitement.

Plusieurs facteurs peuvent en effet rendre compte du rôle joué par l’allaitement dans la mise en place d’un métabolisme ou d’un contrôle plus efficace.

Des composants spécifiques

Le lait des mammifères contient de nombreux composants dédiés à une croissance optimale des petits (optimum propre à chaque espèce qui doit s’adapter à son environnement). Dans le cas du petit homme, le développement des premiers mois affecte surtout le volume cérébral (la croissance du reste des tissus corporels est beaucoup moins marquée) car c’est surtout un déploiement optimal du câblage neuronal et un gain rapide en capacités cognitives qui caractérisent notre espèce. Pour cela, le lait humain se distingue par une teneur élevée en lactose (carburant du système nerveux central) et en corps gras et cholestérol (pour élaborer des tissus cérébraux).

Les préparations lactées, issues principalement du lait de vache, sont plus riches en protéines ce qui active davantage la croissance corporelle (muscles et squelette) : une des raisons pour lesquelles la courbe de gain de poids d’enfants non allaités est plus rapide. Or, un lien a été établi entre une lente prise de poids et un risque diminué d’obésité sur le long terme. Nous reviendrons sur les protéines « particulières » du lait maternel un peu plus tard.

Une autre différence entre lait maternel et préparations lactées pour nourrissons concerne le ratio oméga 6/oméga 3. Moins riche en oméga 3, la préparation pour nourrisson est souvent trop « déséquilibrée » entre les deux types d’acides gras ce qui a pour effet de stimuler la croissance des adipocytes (cellules spécialisées dans le stockage des graisses). De plus, ce déséquilibre conduit aussi à un phénomène d’inflammation dont on sait qu’il est impliqué dans le développement de l’obésité [1].

Revenons sur les protéines spécifiques du lait maternel. Plusieurs séries de données dont certaines récentes indiquent également que certaines protéines présentes en qualité et quantité optimales dans le lait humain jouent un rôle primordial dans la « programmation métabolique » de l’individu via l’hypothalamus.

L’hypothalamus est en effet cette zone du cerveau où s’interconnectent de façon complexe différents types de neurones très spécialisés. Sous l’effet de plusieurs hormones impliquées dans des boucles de de contrôle, l’hypothalamus active les neurones de prise de nourriture ou au contraire des neurones générant la satiété.

Les études dont par exemple ([2], [3], [6], [7]) n’ont pas encore fait le tour complet de la question mais les protéines impliquées sont par exemple la leptine, l’adiponectine, l’apeline et la ghréline.

 

Quelle(s) fonction(s) ces molécules ont-elles ?

La leptine et l’adiponectine sont toutes les deux des hormones produites par le tissu adipeux.

La leptine (du grec « Leptos » qui veut dire mince) est une protéine qui régule les réserves de graisses (elle induit la transformation des lipides et la synthèse des acides gras nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme). Mais elle joue aussi sur l’appétit en contrôlant la satiété; elle est aussi impliquée dans la dépense énergétique. Son rôle précis se situe au niveau de récepteurs de l’hypothalamus.

Différentes études ont montré que la leptine était présente dans le lait humain, en concentration variable pendant toute la période d’allaitement. Les laits industriels ne contiennent pas de leptine même si cette protéine est présente dans le lait de vache (l’écrémage du lait évacue en même temps la leptine).

L’adiponectine [4] [5], est une grosse protéine (composée de 244 acides aminés). Les études ont montré qu’un taux élevé de cette protéine diminuait le risque de diabète de type II en augmentant la sensibilité à l’insuline. Dans le lait humain, les niveaux restent marqués pendant toute la durée de l’allaitement. Dans les études de cohorte [5], des taux plus élevés d’adiponectine sont associés à un plus petit poids chez l’enfant.

L’apeline, est une protéine découverte récemment (1998) et encore plus récemment dans le lait humain (2010). Elle endosse de multiples fonctions : régulation de la pression artérielle, vaisseaux sanguins, effet sur la force de contraction du cœur… Mais le rôle qu’elle joue pour le métabolisme se situe à deux niveaux :

– au sein du cerveau : elle a par exemple été détectée dans les régions contrôlant l’appétit,
– elle active des récepteurs du système digestif (estomac, pancréas, colon).

La ghréline [6] est une petite protéine formée de 28 acides aminés. A la différence des autres hormones, elle stimule l’appétit  (en agissant sur l’hypothalamus) et active les hormones de croissance. Elle intervient aussi dans la régulation du poids sur le long terme.
Il a été mesuré un niveau de ghréline, beaucoup plus élevé dans les laits industriels que dans le lait humain (d’un facteur 2.5 en moyenne).

Ainsi, des composants spécifiques en quantité optimale sont présents dans le lait maternel. Ils jouent soit sur le rythme de croissance du bébé, la régulation de la satiété et l’appétit, soit encore sur la dépense énergétique.

Y a-t-il autre chose ?

Importance de la tétée

Bien que les mamans allaitantes soient souvent un peu inquiètes de ne pas pouvoir visualiser la quantité de lait absorbée par leur enfant, il semblerait bien que c’est tétant que le bébé a le plus de chances d’apprendre par lui-même à réguler ses propres apports alimentaires : des études se sont penchées sur la question.

Les enfants nourris au sein doivent téter de façon très active pour obtenir le lait alors que les enfants nourris au biberon sont plus « passifs » et fournissent un effort moindre. En plus, ces derniers sont beaucoup plus coachés par leur mère, père ou tout autre soignant qui encouragent « à terminer » le repas. De cette manière, ils n’apprennent pas à reconnaître les signes de satiété et ne parviennent pas à s’arrêter de manger au bon moment.

Enfin, n’oublions pas que le lait maternel change de composition et de goût tout au long de la tétée : le bébé apprend vite à reconnaître la « fin de tétée » et ainsi, à mieux équilibrer ce qu’il absorbe par rapport à ses besoins (faisons confiance à l’être humain). Il s’agit donc de mieux contrôler son apport énergétique, un acquis normalement gardé tout au long de la vie. C’est ni plus ni moins qu’un apprentissage comportemental. L’étude [8] l’a particulièrement bien montré en contrôlant différents paramètres.

Composants biologiques spécifiques et tétée « à la source » jouent tous les deux un rôle dans la régulation de l’apport calorique chez l’enfant allaité. Même si le consensus n’est pas établi, tous les éléments semblent cependant réunis pour qu’un jour l’argument de l’allaitement protecteur de l’obésité soit réellement validé.

NB : Attention, cela ne remet pas en cause la pratique occasionnelle consistant à offrir un biberon de lait maternel.

Références : 

1. Bartok CJ, Ventura AK. « Mechanisms underlying the association between breastfeeding and obesity », International journal of pediatric obesity, Vol 4, 196-204, 2009

2. Bouret SG.,  « Early life origins of obesity: role of hypothalamic programming » , Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 48 Suppl 1:S31-8, 2009

3. Palou, Pico, « Leptin intake during lactation prevents obesity and affects food intake and food preferences in later life », Appetite, Vol 52(1) : 249-52,  2009

4. Bronsky, Mitrova et. al.,  « Adiponectin, AFABP, and Leptin in Human Breast Milk During 12 Months of Lactation », Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 52(4) : 474–477, 2011

5. Woo JG, Guerrero ML, Altaye M, et al. « Human milk adiponectin is associated with infant growth in two independent cohorts ». Breastfeed Med Vol 4 : 101–109, 2009.

6. Savino, Petrucci et al., « Assay of ghrelin concentration in infant formulas and breast milk », World J Gastroenterology, Vol 17(15): 1971–1975,  2011

7. Victora C. G., Bahl R. et al., « Breastfeeding in the 21st century : epidemiology, mechanisms, and lifelong effect », The Lancet, Vol 387, 20168

8. Li R, et al., « Do infants fed from bottles lack self-regulation of milk intake compared with directly breastfed infants? »,Pediatrics, Vol 125(6), pp 1386-1393, 2010

[Auteure] : Pascale Baugé

 

The post Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/feed/ 0
Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie) https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-protegerait-contre-lobesite-1e-partie/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-protegerait-contre-lobesite-1e-partie/#respond Wed, 11 Apr 2018 09:06:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1738 La prévalence de l’obésité chez l’enfant n’a de cesse d’augmenter. Ce phénomène est inquiétant dans la mesure où il implique souvent de nombreux risques pour la santé de l’enfant, l’adolescent et l’adulte (problèmes cardiovasculaires et respiratoires, maladies gastro-intestinales). Des études se sont intéressées à l’impact de la qualité de l’alimentation dans les premiers mois sur … Continuer la lecture de Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie)

The post Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
La prévalence de l’obésité chez l’enfant n’a de cesse d’augmenter. Ce phénomène est inquiétant dans la mesure où il implique souvent de nombreux risques pour la santé de l’enfant, l’adolescent et l’adulte (problèmes cardiovasculaires et respiratoires, maladies gastro-intestinales).
Des études se sont intéressées à l’impact de la qualité de l’alimentation dans les premiers mois sur les risques à plus longs termes. Mais établir des liens entre le mode de nourrissage en début de vie et la santé à l’âge adulte n’est pas sans poser quelques soucis : d’une part la collecte de données est difficile et d’autre part l’interprétation des résultats est sujette à caution.

En ce qui concerne l’effet de l’allaitement, la comparaison de l’état de santé d’adultes ayant été allaités ou non est délicate dans la mesure où :
– la qualité des préparations pour nourrissons a profondément évolué depuis les premiers laits mis sur la marché,
– la définition des durées d’allaitement et de l’allaitement exclusif n’est pas toujours la même entre les études ce qui rend la comparaison difficile,
– des biais existent : le mode de vie des mères allaitantes diffère parfois de celui des mères non allaitantes,
– la façon dont le sevrage est mené est très variable selon les familles (notamment l’âge et le type d’ aliments introduits) : or ces aspects sont très marquants pour la santé future,
– le mode de vie à l’âge adulte peut gommer les effets de l’allaitement sur le long terme.

Malgré tout, depuis une vingtaine d’années, de nombreux résultats d’études s’accumulent quant à l’influence de l’alimentation du tout-petit dans ses premiers mois de vie et il semble que le lait humain consommé au tout début de la vie soit impliqué dans le contrôle du poids des enfants et des adultes qu’ils deviendront [1]. Soulignons néanmoins qu’il n’y a pas encore de consensus bien établi au sein de la communauté scientifique. Voyons ce qu’il en ressort.

Les résultats d’études

Une méta-analyse réalisée en 2005 [2] rassemble les résultats de 17 études indépendantes. Les auteurs ont estimé un risque diminué de 4% par mois d’allaitement supplémentaire. Mais ces chiffres semblent surtout s’appliquer aux pays riches : ce qui est déjà un résultat intéressant en soi.

En effet, dans les pays plus pauvres, les études ne mettent pas en évidence de lien entre indice de masse corporelle et durée totale de l’allaitement.

Mais l’IMC est-il un paramètre bien pertinent ?

En effet, plusieurs études préalables l’ont montré : l’IMC a lui seul ne permet pas d’étudier l’impact de l’allaitement car ce paramètre est trop peu précis pour mettre en évidence des différences de composition adipeuse entre individus, notamment pendant l’enfance. Il faut donc trouver d’autres approches. Certaines recherches ont donc suivi une autre voie, en ciblant par exemple l’information « masse adipeuse ». Des moyens de mesure adaptés relatifs à cette nouvelle donnée, mettent effectivement en évidence l’impact positif de l’allaitement même après ajustement des facteurs confondants. De plus, un effet dose-réponse a été noté. L’étude [3] réalisée sur plus de 500 enfants montre par exemple un tel effet de l’allaitement : une moindre masse grasse pour les enfants allaités alors que l’IMC n’est pas modifiée.

Pour s’affranchir des biais, il est intéressant de regarder du côté des études menées sur les frères et sœurs qui n’ont pas reçu la même alimentation dans leurs premiers mois de vie ou une même durée d’allaitement. Ces recherches sont très riches en enseignement car elles permettent de mettre de côté l’influence du mode de vie et des facteurs socio-culturels.
Ainsi, l’étude [4] de 2010 repose sur l’utilisation d’un modèle permettant d’éliminer les caractéristiques communes de 500 fratries (un allaité/un non allaité) dont l’âge était compris entre 9 et 19 ans. L’analyse des résultats conduit au chiffre suivant : 41 % plus de risques  chez l’enfant non allaité d’être en surpoids à l’âge adulte.

L’OMS [5] a récemment (2013) mis à jour une vaste méta-analyse portant sur ce sujet et incluant un large panel d’études diverses (71 études incluses). Leur conclusion est qu’il est effectivement observé une association entre allaitement et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité sur le long terme mais qu’il reste tout de même difficile d’éliminer tous les facteurs confondants.

L’importance des conditions de sevrage

Un article publié en 2014  [6]  par une équipe française  rappelle, comme dans la conclusion de l’OMS, qu’une tendance se dessine mais qu’il n’y a pas encore de consensus : de nombreux biais dispersent les résultats et un ajustement statistique correct est nécessaire de façon à pouvoir isoler l’influence du seul paramètre « allaitement ».

L’article rend compte d’une étude de cohorte (comparaison des taux d’incidence du surpoids entre personnes ayant été allaitées et un groupe de non allaités). 73 enfants ont été suivis de leurs premiers mois jusqu’à l’âge de 20 ans et l’effet de l’allaitement (partiel ou exclusif confondus) sur la masse adipeuse a été étudié en tenant compte des facteurs nutritionnels au moment du sevrage. 2/3 des enfants ont été allaités, avec une durée maximale de 7 mois 1/2. Les paramètres évalués à l’âge de 20 ans sont la taille, le poids, l’épaisseur des plis cutanés, la masse adipeuse. Les paramètres confondants qui ont été ajustés sont l’indice de masse corporelle de la mère, la profession du père.

Lorsque les variables habituelles sont ajustées, il n’est pas toujours évident de mettre en évidence le rôle protecteur de l’allaitement. Par contre, en prenant en compte la variable « régime alimentaire » lors du sevrage (contenu en calories et en lipides), ce rôle protecteur apparaît de façon significative mais il faut tenir compte également de l’apport calorique ou contenu en matière grasse lors du sevrage : une restriction calorique au moment du sevrage pourrait avoir un effet néfaste sur la gestion des graisses à un âge plus avancé, et gommer les bénéfices de l’allaitement sur cet aspect.

L’idéal est de passer du lait maternel (riche en graisse) et de diminuer progressivement la quantité de lipides au fil du temps, tout en douceur. Une chute trop rapide n’est pas sans risques sur le long terme, notamment sur la gestion des corps gras. Comme si le corps s’adaptait à cette restriction et programmait de faire des réserves en cas de besoin !

Enfin, les études ont également mis en évidence l’importance de l’âge au moment de l’introduction de solides : parmi les enfants nourris avec des préparations industrielles pour nourrissons, le fait d’introduire la diversification avant l’âge de 4 mois est associé à une augmentation marquée du risque d’obésité à 3 ans. Cette période de diversification n’apparaît pas aussi impactante pour les enfants allaités, comme si l’allaitement aidait à mieux réguler leur prise alimentaire [7].

En conclusion

En tout état de cause, s’il est parfois difficile de tirer une conclusion quant au seul rôle de l’allaitement sur la masse adipeuse, il y a tout lieu de croire qu’il occupe une place importante dans la mise en place de mécanismes de contrôle. Ce qui est sûr c’est que  la composition de la masse corporelle est fortement marquée par le vécu « environnemental » juste après la naissance (période de « plasticité métabolique »)  et pendant la petite enfance : les risques de développement de l’obésité sont bel et bien liés à plusieurs facteurs de risques.

A lire prochainement, un 2e partie article consacré aux modes d’action de l’allaitement maternel sur la mise en place de facteurs régulateurs qui émergent de la recherche scientifique et qui peuvent expliquer les tendances observées.

Références :

  • Bouret,  « Early life origins of obesity: role of hypothalamic programming »
    Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 48 Suppl 1:S31-8, 2009
  • Harder T. et al., « Duration of breastfeeding and risk of overweight: a meta-analysis », Am J Epidemiol. , Vol 162(5), pp 397-403, 2005
  • Robinson SM., et al., « Variations in infant feeding practice are associated with body composition in childhood : a prospective cohort study », Journal of Clinical Endocrinology Metabolism, Vol 94(8), pp 2799-2805, 2009
  • Metzger M., McDade T., « Breastfeeding as Obesity Prevention in the United States: A Sibling Difference Model », American journal of Human Biology, Vol 22, pp 291-296, 2010
  • Horta B.L., Victora C.G., « Long-term effects of breastfeeding : a systematic review », Chapitre 5, World Health Organization  ISBN 978 92 4 150530 7, 2013
  • Péneau S, Hercberg S., Rolland-Cachera M-F, « Breastfeeding, Early Nutrition, and Adult Body Fat », The Journal of Pediatrics, 2014
  • Huh, S.Y. et al., «  Timing of solid food introduction and risk of obesity in preschool-aged children. »,  Pediatrics, Vol 127, e544–e551 2011

[Auteure] : Pascale Baugé

 

The post Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]> https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-protegerait-contre-lobesite-1e-partie/feed/ 0 L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/ https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/#respond Tue, 19 Dec 2017 15:36:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1668 Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait. Dans la chambre du service de Médecine … Continuer la lecture de L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria

The post L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]> Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait.

Dans la chambre du service de Médecine Néonatale, l’infirmière vérifie avec moi les protocoles des cocktails médicamenteux pour le retour à la maison. Notre pharmacien a pu s’entretenir avec l’infirmière qui lui a confirmé que je connaissais le mode d’administration de la caféine. Sans le scope, nous ne pouvons pas vérifier son rythme cardiaque, il faut être sûre que la caféine soit bien prise pour éviter les bradycardies, les ralentissements impressionnants de l’activité cardiaque. Tout est prêt, notre chère Nénette de 4 mois et une semaine, les médicaments, les petites couches, les vêtements, les toutes petites semelles orthopédiques et le minuscule bracelet de naissance que j’ai pu conserver de son séjour en réanimation.

Samedi 25 mai 2013 à 16h : nous sortons de la maternité, Victoria et moi. Depuis le 18 janvier, nous étions séparés de Denis et de nos deux autres filles à cent kilomètres de distance. C’est une grande joie de fêter la bienvenue à Victoria dans notre maison et d’être enfin tous réunis. En même temps, je fais taire la tentation des angoisses de l’absence de scope, de l’absence des professionnels de santé que sont les infirmières et pédiatres constamment présents dans la maternité. Je me convaincs de faire confiance en la providence et en mes compétences de mère. Victoria m’apprendra encore et toujours, elle est ma troisième fille et pourtant je redémarre à zéro avec ma casquette de Maman. A chaque enfant c’est pareil, j’ai à chaque fois l’impression de ne plus rien me rappeler des enfants plus grands pour mieux me réajuster aux besoins et aux attentes du bébé présent.

Cela fait une dizaine de jours que notre miss Minichou est rentrée chez nous. Nous profitons de notre vie à 5. Chacun et chacune doit retrouver sa place. Les journées sont bien occupées, je vis en pyjama, avec un bébé dans les bras quasiment tout le temps. Une amie m’a offert un super cadeau, un cours de portage à domicile et une écharpe de 40 cm de large, (utilisée habituellement pour les démonstrations avec poupon) impeccable pour le gabarit de Viky. Denis court partout, gère la logistique et l’organisation familiale depuis 9 mois et la nuit me relaie pour les sacro-saints rots, il est un formidable Papa.

En soirée, il y a toujours un moment où cet enfant ne veut plus rien d’autre que vadrouiller portée dans la maison. Il faut croire qu’elle s’approprie son nouvel environnement, elle a les yeux tellement grands ouverts, qu’on voie le blanc de ses yeux sous ses paupières. Elle ne rate pas une miette de ce qu’elle voit. Je savoure ces rares instants de plénitude, parce que les coliques la font beaucoup souffrir, très probablement en raison de l’absorption du fer trois fois par jour. Notre voisine compatit, ses pleurs sont vigoureux. On masse, on masse ce petit bidon dont on a appris que la musculature abdominale est immature aussi. Mademoiselle Victoria nous a clairement montré qu’elle ne supporte plus la tétine. Elle repousse avec sa langue tout ce qui est objet dans la bouche ou alors elle nous montre ce qu’elle sait faire de son réflexe nauséeux. On a très bien compris.

Elle n’accepte plus dans la bouche que le sein, l’assimilation de la caféine dès le matin est très compliquée. L’enjeu est important et mon appréhension se fait sentir, c’est un soulagement dans toute la maison quand le médicament est bien pris. J’ai stoppé tous les autres médicaments, pour ne garder que celui-là. Les tétées à volonté et la faible prise de poids montrent un réflexe de succion qui n’est pas optimal. Encore une immaturité semble-t-il. Le seul moyen est de me mettre en hyperlactation, de tirer mon lait en même temps et en plus des tétées pour faciliter le réflexe d’éjection du lait. C’est un sport de tenir d’une main cet enfant qui se trémousse et d’actionner le tire-lait tout en gardant fixée la téterelle de l’autre côté. « Se détendre et tout ira bien » est mon credo. Je détecte le moment de l’ouverture de la petite bouche et je la mets au même sein qu’à la tétée précédente pour qu’elle profite du lait de « fin de tétée » (dans une tétée, il n’y pas de début ou de fin, le lait gras arrive en fin de vidange alvéolaire, c’est-à-dire quand le sein a été « vidangé » plusieurs fois de suite de façon très rapprochée) , le plus riche en graisses. C’est toujours le lait de « fin de tétée », le plus crémeux, qui sert à fabriquer le reblochon chez les spécimens bovins de Savoie !

Je passe la plupart de mon temps au lit avec ma fille sur moi ou à mes côtés, il me tarde de profiter du printemps et de l’été avec Viky. Nous nous autorisons de manière journalière un bain de soleil sur la terrasse lorsque la température est chaude. J’apprécie sur le transat les longs appels téléphoniques avec les copines ou les membres de ma famille dont j’apprécie leur soutien.

En soirée, avec la fatigue, l’agitation des filles, mon manque de patience, le lait arrive moins vite. J’ai bien tenté le DAL, le Dispositif d’Aide à la Lactation pour amener le lait par une sonde dans la bouche quand elle tète, mais même la plus petite sonde lui est insupportable. En outre, sa force d’aspiration est très faible, elle peine à en boire le contenu. Alors, je choisis la patience, je prends ce temps qui semble très long pour le transfert de chaque goutte de lait et ce temps si court, très court que je m’octroie uniquement pour moi. Le peau-à-peau nous aide à réparer cette longue période de séparation, ces longs mois de couveuse où le toucher était rare, je sens que ce contact prolongé est nécessaire pour faciliter la connaissance de l’une et de l’autre.

J’appelle des consultantes en lactation, elles cherchent, lisent et proposent différentes astuces qui pourraient convenir à notre Mistinguette.

Le 5 juin, je suis allée consulter LA pédiatre référente en allaitement dans notre région. Elle nous connait bien et a toujours les mots qui nous rassurent, parce que je suis toujours inquiète quant à la prise de poids de Victoria, j’ai peur qu’elle n’ait pas suffisamment de lait. La rencontre avec un pédiatre de la maternité m’avait déstabilisée, il assurait de manière déterminée qu’un rythme de tétée était nécessaire. Victoria pèse 3,5 Kg, le poids d’un enfant à terme, avec ses soucis de succion-déglutition, je crains que les doses de lait ingérées soient nettement inférieures à ses besoins. En lui proposant plus souvent, elle est moins fatiguée, et boit à la demande. J’utilise la méthode de la compression mammaire quand je sens la miss déglutir moins fréquemment, l’écoulement du lait continue par lui-même, et Victoria peut avaler encore quelques gorgées, c’est toujours ça de pris.

J’ai entendu un jour un prédicateur : « dans toute situation difficile, il y a toujours une lueur d’espoir quelque part, un médicament qui apaise, une parole encourageante, ou une bienveillance. » Mon étincelle, c’est la visite ce matin de la kiné, souvent présente au moment du fond d’œil, l’examen que les bébés ne supportent pas. Victoria en rentrant, a les yeux explosés, rougis par l’examen précédent, mais suit et attrape les objets présentés par la kiné. La motricité se met en place, c’est super, on ne se verra peut-être pas le mois prochain parce qu’il n’y en aura probablement pas besoin. Je m’accroche à chaque bonne nouvelle et je la garde précieusement au fond de moi pour les moments délicats.

Je pèse Victoria à ses 5 mois ½, incroyable, 300g en 10 jours. Poids actuel : 3,9 Kg, elle a bien grossi ! Elle a pris 30g par jour, le minimum étant de 17g par jour, je suis complètement rassurée, j’ai la quantité de lait dont elle a besoin pour sa croissance. Je me sépare de la balance louée depuis sa naissance. Mon moral est au beau fixe.

Le 6 juillet, à mon réveil, je n’ai qu’une idée en tête, partir vers cette grande fête de famille à quelques heures de route. Le temps est radieux, les rayons du soleil me chauffent et me réchauffent ! A notre arrivée, nous sommes accueillis comme des rois, les invités nous ont attendus pour la grande photo familiale ! Je converse avec un cousin parti à Hong-Kong que je n’ai pas vu depuis 10 ans. Il est l’heureux Papa de grands garçons de 9 ans, nés prématurément, maintenant plein de santé et dynamiques. Quelle joie !

 

« Si chacun s’enferme chez soi parce qu’il craint la pluie, alors les saisons passent de façon monotone, chacun reste à l’abri des plus beaux états d’âmes de la nature qui, dans l’âme humaine, s’appellent les passions. »

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon.

Crédit photo : Myriam Dutilleul

 

 

The post L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/feed/ 0
Science, maternage et bienveillance https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/ https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/#respond Thu, 16 Nov 2017 18:57:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1649  Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité. Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains. En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à … Continuer la lecture de Science, maternage et bienveillance

The post Science, maternage et bienveillance first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
 Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité.

Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains.

En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à continuer cet allaitement, leur donner les informations qui vont les aider à se sentir légitimes. Ces mères ont donc envie de faire durer cette relation. Elles sont très vite confrontées à leur besoin de soutien à nouveau parce que leur enfant grandit et des questions éducatives apparaissent alors.

En ce qui concerne l’éducation de cet enfant : elles n’ont qu’une envie, celle de « bientraiter » l’enfant à qui elles ont donné le « meilleur » et rencontrent la fameuse violence éducative ordinaire. Avec l’allaitement, les parents découvrent une certaine bienveillance envers leur enfant. Ils répondent de façon instinctive à ce petit d’homme qui n’a qu’un seul but dans sa toute nouvelle vie : survivre. L’enfant sait de quoi il a besoin, il l’exprime avec vigueur à ses parents qui y répondent  le plus souvent de façon instinctive, si tant est qu’ils ne se sentent pas trop jugés et culpabilisés par l’extérieur. Les parents prennent conscience du fait que leur enfant ne les manipule aucunement quand il fait part de ses besoins impérieux. Les parents se questionnent alors sur la réponse à donner : Faut-il laisser pleurer un bébé qui appelle ? Faut-il endurcir un enfant qui fait une colère ?

L’étude du cerveau réagissant à des stimuli extérieurs montre que son fonctionnement est optimal dès lors que l’environnement familial proche fait preuve d’empathie et de soutien envers l’enfant en détresse.

Pourquoi un enfant pleure-t-il ?

L’homme est une espèce dont le premier besoin est le contact permanent. Dès sa naissance, l’enfant subit des émotions* plus ou moins fortes qui vont déclencher chez lui des réactions plus ou moins entendues par ses parents. Cet enfant va exprimer, comme il peut et avec les moyens dont il dispose, son mal être ou un besoin à assouvir. Un enfant a un instinct de survie viscéral et dès que son bien-être est touché, il va le manifester.  En proie à certaines émotions (peur, tristesse, colère, dégoût…), il sera incapable, à cause de l’immaturité de son cerveau, de réguler seul ces émotions, en plus d’être submergé par l’émotion elle-même.

Ce qui a été promu pendant des décennies dans le cadre du maternage proximal (proximité du bébé, du bambin et de l’enfant avec une image parentale rassurante) est donc aujourd’hui avéré et démontré par les observations cliniques faites sur le fonctionnement du cerveau. Les neurosciences viennent supporter l’idée instinctive que se font les mamans du besoin de bienveillance de leur enfant.

Les petits d’hommes ont besoin du contact pour survivre et s’épanouir. Quand ils sont soumis à des émotions fortes, ils ont besoin d’être rassurés, pris dans les bras, bercés, allaités, pour faire baisser les taux d’hormones du stress qui font dysfonctionner leur système neuronal et cérébral.

Une maman lambda ne reste guère plus de quelques secondes impassible aux pleurs de son petit. Elle s’inquiète immédiatement de cet appel et va réconforter son bébé en le prenant dans ses bras, en le berçant, en le rassurant de sa chaleur et de son contact. Devant les réactions de son petit, elle peut lui proposer le sein et être rassurée par son apaisement. Se mettent alors en route des processus physiologiques involontaires mais déterminants au regard du besoin de bienveillance du tout petit. Le climat hormonal induit par cette situation rassérène mère et enfant. Le cerveau du petit d’homme stressé sera également apaisé par les hormones du lait maternel, notamment la prolactine, les endorphines, l’ocytocine ou la sérotonine. Mais, le lait maternel impacte également le système nerveux en développement, notamment, par ses acides gras très particuliers, qui favorisent la myélinisation c’est-à-dire la formation des gaines de myéline qui enveloppent les neurones.  La myéline est un tissu graisseux qui isole les fibres nerveuses les unes des autres (véhiculant une information électrique) et augmente la vitesse de transmission de ces informations.

Plus un bébé, bambin ou enfant recevra de câlins, de douceurs physiques, de bienveillance de la part de ses parents, même, voire surtout, dans les moments difficiles et plus son cerveau se développera et fonctionnera de façon optimale à des périodes cruciales et déterminantes de maturation.

C’est exactement ce qu’offre l’allaitement :

  • la composition du lait maternel
  • la proximité physique par le contact peau à peau (ou habillé)
  • la sensation pour l’enfant de se sentir contenu, enveloppé
  • l’accès libre et rassurant au corps de la mère jusqu’à ce que l’enfant soit suffisamment « rempli » de réconfort et réussisse à gérer tout seul ses émotions et ses réactions dans son quotidien et à travers ses relations aux autres.

 

*Emotion : Réaction affective de grande intensité habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.

[Bibliographie] :

  • Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse, éd. Robert Laffont
  • Margot Sunderland : Un enfant heureux, éd. Pearson education France
  • Dossiers de l’Allaitement n°52, La Leche League France

 

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

The post Science, maternage et bienveillance first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/feed/ 0
Allaitement et risques de caries dentaires https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/#comments Tue, 24 Oct 2017 12:48:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1632 Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, … Continuer la lecture de Allaitement et risques de caries dentaires

The post Allaitement et risques de caries dentaires first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, recommandent parfois d’éviter l’allaitement long (comprendre au-delà de 6 mois) et les autres ne savent plus quoi penser. Quid par exemple de la préconisation OMS de poursuivre l’allaitement jusqu’aux deux ans de l’enfant ? Fait-on prendre un risque à la santé dentaire de nos enfants ? Le sujet reste très controversé.
Que disent les études scientifiques sur le sujet ? A-t-on des arguments biologiques permettant d’évaluer un risque accru de caries dentaires lors d’un allaitement long ?

 

Les sucres dans le lait maternel, lien suspecté avec le risque de carie

Dans la famille des sucres, la molécule la plus abondante est le lactose (globalement deux molécules de glucose assemblées). Parmi toutes les espèces de mammifères, le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulièrement utile pour le développement du tissu cérébral.
Une autre spécificité du lait humain (notamment le colostrum) est la présence élevée d’oligosaccharides (plusieurs sucres « simples » reliés entre eux).

Bref  particulièrement riche en divers sucres, le lait humain peut donc constituer un facteur de risque pour la formation des caries puisque que les bactéries qui creusent les dents, ont besoin de sucre pour se multiplier et adhérer aux dents.

Il faut cependant préciser que tous les sucres ne sont pas équivalents et que le lait maternel a de sacrées particularités.

 

Les causes des caries dans la petite enfance

 Les bactéries cariogènes (particulièrement les Streptrococcus mutans) qui peuvent contaminer la bouche utilisent les sucres consommés pour se développer, s’attacher les unes aux autres en formant un biofilm : elles produisent alors des acides qui peuvent conduire à la décalcification de la dent.

La carie est un problème délicat à évaluer car il est multifactoriel. Pour un enfant, cela dépend de son état de santé, de son poids de naissance (prématurité), du type de bactéries buccales (cariogènes ou pas), de la présence de sucres et lesquels, des caractéristiques des dents (défauts d’émail, morphologie et caractéristiques génétiques) et de son mode de vie : hygiène dentaire, attitude des parents, recours plus ou moins fréquent à des médicaments, et habitudes alimentaires. On évoque aussi [2]  une association entre le niveau de vitamine D de la mère pendant sa grossesse et les risques de caries chez l’enfant. Un manque de vitamine D peut avoir un effet sur la calcification des premières dents, prédisposant à une moindre qualité de l’émail qui peut plus facilement se déminéraliser.

En ce qui concerne le facteur lié aux sucres, puisque c’est sur ce point que l’allaitement est mis en cause, ce qui compte c’est :

– la fréquence d’exposition,
– la période pendant laquelle ils sont consommés (pendant les repas ou entre les repas),
– la nature même des sucres.

La consommation de sucres en dehors des repas et durant la nuit semble être le facteur le plus impactant : la sécrétion de salive est alors moins importante ce qui ne facilite pas le drainage des sucres qui peuvent plus facilement stagner autour des dents.

 

Quid du lait maternel ?

 Une grande majorité d’études [7] [8] montre que dans la période       0 – 12 mois, l’allaitement non seulement, ne favorise pas les caries dentaires mais permettrait même de s’en protéger.

Comment ? La présence dans le lait maternel de substances telles que la caséine et des anticorps semblent empêcher l’adhésion des bactéries cariogènes (« Streptococcus mutans ») au biofilm présent sur les dents et à la salive [9]. La lactoferrine du lait maternel, quant à elle, détruit les « mutans ».

La nature des sucres est également un point important dans la mesure, où les bactéries cariogènes ne consomment pas tous les sucres de façon équivalente. Selon des études récentes, le lactose présent en grande quantité n’intéresse pas vraiment ces bactéries qui préfèrent dégrader les sucres classiques tels que le saccharose (ou sucrose), le fructose, le glucose.

Enfin, un mécanisme complémentaire de protection est lié au fait que le lait maternel favorise l’acquisition de micro-organismes oraux qui font rempart : les lactobacillus par exemple empêche l’implantation des « mutans ».

Il faut également préciser [1] que la technique utilisée par un enfant allaité pour se nourrir est bien différente de celle d’un enfant au biberon. Dans le premier cas, l’arrivée de lait dans la bouche se fait plus dans la partie arrière tandis qu’avec le biberon, le lait peut plus facilement circuler autour des dents.
Allaitement long et caries : revue des études

 Pour la période au-delà de 1 an, les publications ne conduisent pas toutes aux mêmes résultats. La difficulté de trancher vient du fait qu’il est assez difficile de comparer des groupes (enfant allaités sur le long terme et enfants non allaités) et de s’affranchir des biais (notamment l’effet du régime alimentaire lié à la diversification, à l’exposition aux sucres raffinés dans les régimes modernes)

L’effet cariogène du lait maternel seul, a été étudié [3]. Il n’a pas été montré d’augmentation d’acidité, ni de décalcification de l’émail sur un petit nombre d’enfants âgés de 12 à 24 mois après consommation de lait maternel.

L’étude [4] a consisté à examiner l’état dentaire d’enfants de 6 ans (certains étaient nés dans un établissement encourageant l’allaitement, d’autres dans un établissement classique (groupe de contrôle). Les taux d’allaitement dans le groupe test étaient effectivement 7 fois plus élevés que dans le groupe de contrôle. Or, aucune différence de l’état dentaire n’a été notée.

Quelques études de cohortes [5] [6] ont également été menées sur ce sujet (respectivement 206 et 504 enfants observés).  Les résultats montrent que l’allaitement prolongé n’était pas un facteur de risque et que l’allaitement maternel de nuit ne provoquait pas de caries.

Mais, toutes les études ne sont pas si catégoriques notamment à cause des nombreux facteurs entrant en jeu [7] ce qui entretient une sorte de mythe (au sein même des professionnels de santé) où allaitement et caries dentaires sont associés : la plupart des partisans de cette thèse avance comme facteur de risque les tétées de nuit sur le long terme (au-delà de 12 mois) pour faciliter l’endormissement. Ils évoquent alors un flux de salive moindre et une hygiène dentaire limitée. Mais aucune base scientifique fiable ne corrobore ces hypothèses et les arguments précédents (substances protectrices dans le lait maternel) restent valables, même la nuit, sous réserve que le lait maternel reste le seul aliment consommé (tétine sucrée à éviter par exemple) et sans autre faiblesse particulière brouillant les cartes (telle qu’une moindre qualité d’émail).

 

Conclusion

Bref, sur la base d’études fiables correctement menées, il apparaît que le lait maternel soit riche en substances capables de contrer le travail des bactéries dévoreuses d’émail. Quant à l’allaitement long, aucune preuve scientifique consensuelle n’indique qu’il favorise la recrudescence des caries chez l’enfant sous réserve d’appliquer une hygiène dentaire suffisante et d’avoir une consommation de sucres modérée.

 

Références :
1- V. Lavigne, « Breastfeeding and dental caries », Clinical Lactation, 2013

2- R. Schroth « Prenatal Vitamin D and Dental Caries in Infants », Pediatrics, 2014

3- P.R. Erickson, « Investigation of the role of human breast milk in caries development », American Academy of Pediatric Dentistry, 1999

4- Kramer et al., « The effect of prolonged and exclusive breast-feeding on dental caries in early school-age children. New evidence from a large randomized trial. » Caries Research, 2007

5- Nunes, « Association between prolonged breast-feeding and early childhood caries: a hierarchical approach. » Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2012

6- Mohebbi, “Feeding habits as determinants of early childhood caries in a population where prolonged breastfeeding is the norm », Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2008

7- R. Tham, « Breastfeeding and the risk of dental caries : a systematic review and meta-analysis », Acta Peadiatrica, 2015

8- Avila, « Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis », PlosOne, 2015

9- Niemi L., « Human Milk Compounds Inhinbiting Adhesion of Mutans Streptococci to Host Ligand-Coated Hydroxyapatite invitro », Caries Research, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre (ses articles sont à retrouver sur son blog Le Monde et Nous.)

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés.  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

 

The post Allaitement et risques de caries dentaires first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/feed/ 4
Acides gras essentiels, grossesse et allaitement https://www.leblogallaitement.com/acides-gras-essentiels-grossesse-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/acides-gras-essentiels-grossesse-et-allaitement/#comments Tue, 06 Jun 2017 09:12:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1565 On sait qu’une alimentation adéquate pendant la grossesse et l’allaitement est importante pour la santé de la mère et de son enfant. Les résultats d’une enquête nationale menée en France en 2015 suggèrent  que les femmes allaitantes pourraient être à risque de déficit en raison d’inadéquations des apports alimentaires et nutritionnels. Les acides gras polyinsaturés … Continuer la lecture de Acides gras essentiels, grossesse et allaitement

The post Acides gras essentiels, grossesse et allaitement first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
On sait qu’une alimentation adéquate pendant la grossesse et l’allaitement est importante pour la santé de la mère et de son enfant. Les résultats d’une enquête nationale menée en France en 2015 suggèrent  que les femmes allaitantes pourraient être à risque de déficit en raison d’inadéquations des apports alimentaires et nutritionnels.

Les acides gras polyinsaturés (AGPI) (famille des lipides) que sont les omégas 3 et les omégas 6 sont essentiels à la santé du corps humain. Au cours des 150 dernières années, la consommation en omégas 6 a beaucoup augmenté ; dans le même temps la consommation en omégas 3 a diminué. On a observé en parallèle une augmentation significative des maladies cardio-vasculaires.

Les besoins en acides gras omégas 3 sont plus élevés pendant la grossesse et l’allaitement.Ils ont un rôle important à jouer dans la croissance et le développement du fœtus puis du bébé.

 

Les omégas 3

Ce sont des acides gras dits «  essentiels » car l’être humain ne les synthétise pas. Ils sont donc fournis par l’alimentation. Ce sont :

-l’acide alpha-linolénique (ALA) d’origine végétale (noix, huiles de lin et de colza)

-l’acide eicosapentanoïque (EPA)

-l’acide docosahexaénoïque (DHA)

Ces deux derniers sont fournis par la consommation de poisson.

Des études rapportent que, dans notre alimentation industrialisée et, selon les apports nutritionnels conseillés (ANC) les AGPI sont consommés de façon déséquilibrée. En moyenne, en Occident, nous consommons 10 à 15 fois plus d’omégas 6 (autres acides gras essentiels) que d’omégas 3.Le ratio optimal devrait être de 4 omégas 6 pour 1 oméga 3. Plus vraisemblablement, il serait préférable que nous en consommions autant d’une famille que de l’autre. Notre alimentation occidentale, très riche en céréales, huile de tournesol, maïs, soja et graisses diverses est à l’origine de ce déséquilibre. La viande, notamment, est issue d’animaux nourris de maïs ou de soja très riches en omégas 6.
Pourquoi sont-ils importants pendant la grossesse et l’allaitement ?

Les omégas 3 jouent un rôle majeur dans le développement cérébral, visuel et auditif du fœtus puis du nouveau-né.La plus grande partie du développement cérébral du bébé s’effectue pendant la grossesse. A la naissance, le poids corporel du nouveau-né représente seulement 5% de celui qu’il fera à l’âge adulte, alors que la taille de son cerveau représente déjà 70% de celle du cerveau adulte. Sa croissance sera quasi complète à 5-6ans.

Le DHA est un composant très important du cerveau et de la rétine. Son apport est essentiel. Pendant la grossesse, le futur bébé se fournit dans les réserves maternelles.On sait que la future maman stocke les lipides –et notamment la DHA- en début de grossesse. En fin de grossesse, ils sont transférés au futur bébé, via le placenta. Après la naissance, le relais se fera avec le lait maternel dont la teneur en AGPI dépend fortement de l’alimentation maternelle.

 

Focus sur l’alimentation

C’est en modifiant quelque peu l’alimentation que l’on pourra rééquilibrer le rapport omégas3/omégas 6.Manger deux fois par semaine du poisson apporte directement ces nutriments. En raison de la présence croissante de méthylmercure dans l’environnement, il est préférable de privilégier les poissons tels que sardines, maquereaux, anchois, hareng, truite, saumon et d’en diversifier la consommation. Pour les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que pour les enfants de moins de 30 mois, il est recommandé d’éviter à titre de précaution de consommer les poissons les plus contaminés : requin, lamproie, espadon, marlin (proche de l’espadon) et siki (variété de requin). En outre, il convient de limiter la consommation de poissons tels que le thon, la lotte, la dorade (consulter le site de l’ANSES) car fortement contaminés à 150g /semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et 60g/semaine pour les enfants de moins de 30 mois.

L’apport végétal sous forme d’ALA contenu dans l’huile de colza, l’huile de noix, les noix, le chou, les épinards, les amandes, les graines de courge, de lin, les œufs (issus de poules nourries aux graines de lin, ou de plein air avec une alimentation en herbes fraiches) (liste non exhaustive) contribue aussi à améliorer le ratio omégas 6/omégas 3.

 

Conclusion

Pendant la grossesse et l’allaitement, consommer des omégas 3 participe activement à une croissance cérébrale harmonieuse. Des compléments alimentaires ne sont pas préconisés actuellement. Cependant chaque femme peut modifier, adapter son alimentation afin de tendre vers ce précieux équilibre omégas 3/omégas 6. Retenons que le DHA, essentiel au développement cérébral, optimise les performances cognitives, et que sa teneur dans le lait maternel dépend de l’alimentation maternelle.

 

[Sources] :

*Extenso, centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal

* Consommation alimentaire et nutritionnelle des mères allaitantes (France) : résultats d’une première enquête nationale ;C. Rougehttp://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0985056216300206 – aff0005, Nutrition Clinique et Métabolisme /Volume 30, 2 juin 2016, Pages 112–113

*Le concours médical/Tome 135/ Dr Jean-Michel Lecerf, service de nutrition, Institut Pasteur de Lille

*La nutrition.fr

[Auteure] : Anne Bruyère, sage-femme

The post Acides gras essentiels, grossesse et allaitement first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/acides-gras-essentiels-grossesse-et-allaitement/feed/ 1
Le lait humain est riche en une molécule anti-cancéreuse (point sur HAMLET) https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-est-riche-en-une-molecule-anti-cancereuse-point-sur-hamlet/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-est-riche-en-une-molecule-anti-cancereuse-point-sur-hamlet/#comments Tue, 14 Feb 2017 16:04:47 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1520 Connaissez-vous HAMLET ? Non, il ne s’agit pas ici de l’œuvre de W. Shakespeare mais d’une molécule bien particulière : elle détruit sélectivement les cellules cancéreuses et elle se trouve dans le lait maternel. Voici quelques résultats des études ayant porté sur ce sujet et leurs principales conclusions. Des preuves épidémiologiques [1, 2] (en 2008 et plus récemment … Continuer la lecture de Le lait humain est riche en une molécule anti-cancéreuse (point sur HAMLET)

The post Le lait humain est riche en une molécule anti-cancéreuse (point sur HAMLET) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Connaissez-vous HAMLET ? Non, il ne s’agit pas ici de l’œuvre de W. Shakespeare mais d’une molécule bien particulière : elle détruit sélectivement les cellules cancéreuses et elle se trouve dans le lait maternel. Voici quelques résultats des études ayant porté sur ce sujet et leurs principales conclusions.

Des preuves épidémiologiques [1, 2] (en 2008 et plus récemment en 2015) mettent en évidence que l’allaitement, lorsqu’il est mené pendant 6 mois et plus, protège l’enfant contre le développement de certaines tumeurs malignes notamment pour les cas de lymphomes [1](ceux-ci sont liés au système immunitaire) mais aussi pour la leucémie dont l’incidence n’est pas négligeable d’autant plus qu’elle augmente sensiblement chaque année (notamment grâce à un meilleur diagnostic).

Ceci suggère que certains éléments présents dans le lait humain aident non seulement à optimiser le développement du système de défense mais peuvent aussi réguler celui des cellules et empêcher l’apparition de tumeurs.

En 1995, une découverte importante vient corroborer ces hypothèses. Plusieurs équipes suédoises montrent que le lait humain contient un cocktail spécifique associant une protéine appelée « alpha-lactalbumine » dans une configuration particulière et des chaînes d’acide gras : une sorte de molécule complexe « protéine-lipide ». Cette association nommée HAMLET (qui signifie « Human Alpha-lactalbumine Made lethal to Tumor cell ») a la capacité de tuer les cellules cancéreuses et préserve les cellules saines.

Comment agit HAMLET ? Les recherches ont mis en évidence que les cellules tumorales meurent par apoptose : il s’agit d’un programme normalement prévu dans chaque organisme consistant à mettre à mort des cellules malsaines ou anormales.

Plus d’une soixantaine de tumeurs (cultures dans différents tissus) ont été testées : toutes (dont gliomes, leucémie, cancer poumon) s’avèrent sensibles à HAMLET. Des essais in VIVO [3] sur une dizaine de patients avaient montré d’excellents résultats en 2007: par exemple la réduction de la taille d’une tumeur de la vessie.

Depuis la découverte de la molécule, les scientifiques cherchent à comprendre comment HAMLET agit exactement. Tous les mécanismes mis en jeu ne sont pas encore entièrement élucidés mais on commence à voir où sont localisés les champs de bataille. Il semblerait qu’HAMLET joue sur plusieurs plans en profitant des spécificités métaboliques des cellules cancéreuses. 

Elle bloque par exemple la respiration cellulaire en s’attaquant aux membranes des structures dédiées à la récupération d’énergie ; ceci déclenche comme effet secondaire l’apoptose.

HAMLET s’attaque aussi aux filaments des cellules [4]. Ceux-ci assurent la cohésion et jouent sur la morphologie. Ainsi, par l’action d’HAMLET, les cellules perdent leur capacité à adhérer à un support et se « détachent ».

HAMLET se charge aussi d’inhiber les enzymes assurant le service d’ordre par l’élimination des intrus. HAMLET assure ainsi sa propre survie pour continuer son travail destructeur des cellules malignes.

Mais cela va encore plus loin au sein de la cellule puisqu’HAMLET, au niveau du noyau, désorganise l’ADN ce qui rend impossible la division cellulaire.

Cette molécule a donc plus d’un tour dans son sac pour éliminer les cellules cancéreuses : les mécanismes d’actions mis en jeu sont multiples et complexes même si bon nombre d’entre eux doivent encore être élucidés. Mais le fait est là : HAMLET, ainsi que d’autres facteurs bénéfiques associés à l’allaitement contribue à diminuer les risques de cancer chez l’enfant [1] (même si son incidence reste rare, il s’agit néanmoins d’une des premières causes de mortalité chez l’enfant et l’adolescent dans les pays développés).

Références :

[1] Davis MK et al.,   « Review of the evidence for an association between infant feeding and childhood cancer. » Int J Cancer Suppl, Vol 11, 1998

[2] Amitay E. L. et al., « Breastfeeding and Childhood Leukemia Incidence – A Meta-analysis and Systematic Review », JAMA Pediatr., Vol 169 (6), 2015

[3] Mossberg AK et al., « Bladder cancers respond to intravesical instillation of HAMLET » International Journal of Cancer, Vol 121(6), 2007

[4] Trulsson M et al., « HAMLET Binding to α-Actinin Facilitates Tumor Cell Detachment » PLoS ONE 6(3), 2011

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de fouiller la littérature scientifique et de diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison” .

The post Le lait humain est riche en une molécule anti-cancéreuse (point sur HAMLET) first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-est-riche-en-une-molecule-anti-cancereuse-point-sur-hamlet/feed/ 8