Réflexions fermières

Babine
Babine, ma poule preferee, heroine de cette histoire

Mais que fait un volatile sur un blog d’allaitement?

Voici.

L’autre jour, je regardais une de mes poules qui s’était mise en tête de couver (oui, je m’intéresse aussi aux espèces dépourvues de glandes mammaires).

Mais comme je n’ai pas de coq, il y avait peu de chances que ses efforts aboutissent un jour à quelque chose.

Elle avait quasiment cessé de se nourrir, toute à son occupation qu’elle était. Pour éviter de la perdre, j’ai acheté quelques très jeunes poussins, que j’ai discrètement glissés sous ses plumes pendant la nuit.

Le lendemain matin, elle s’en occupait comme si elle avait fait ça toute sa vie. Cette poule n’avait pourtant jamais eu de petits avant, jamais vu d’autres poules en avoir, et jamais connu sa propre mère. Comment savait-elle les nourrir, les protéger, les réchauffer? Elle qui auparavant aurait marché sur ses congénères pour un grain de blé, cherchait la nourriture pour “ses” petits, les appelant d’un cri que je ne lui avais jamais entendu.

En peu de temps, son comportement s’était modifié, et elle SAVAIT FAIRE.

Et en l’observant avec passion, je pensais aux dernières conversations avec de jeunes mamans que je suivais.

Celle dont le bébé de quinze jours ne prenait pas de poids, tétant toutes les quatre à cinq heures, à qui je proposais d’essayer de donner plutôt toutes les deux heures, et qui me répondait “Ce n’est pas possible, mon mari ne veut pas” “Ah pourquoi?” “Parce que ça va lui déformer l’estomac, au bébé”

Celle qui stressait de façon incroyable parceque la nounou avait décidé qu’elle devait sevrer rapidement sa fille de trois mois, ramenant le sujet sur le tapis quotidiennement, alors que son bébé refusait le lait artificiel

Celle qui avait un beau bébé de deux mois , plantureux, et pour qui tout se passait bien, mais qui ne supportait plus les remarques incessantes de sa belle-famille sur  « ses gros lolos »,  « son bébé toujours au sein », sans oublier les  « Quoi !? Il ne fait pas ses nuits encore ? »,  « C’est pire que de l’esclavage », etc. (enfin bref, la litanie habituelle) ; elle avait décidé de sevrer son enfant, mais n’arrivait pas à calmer sa production de lait, bien au contraire ! (évidemment !)

Je me questionnais : que serait l’allaitement de ces femmes si elles étaient livrées à elles-mêmes, comme ma poule?

Et bon sang, ce qu’une poule est capable de faire avec son cerveau pas bien gros, pourquoi nous les femmes, on a parfois tant de mal à le faire?

Vous vous dites que c’est plus compliqué d’allaiter que de chercher des graines? Peut être. (Mais peut-être pas : il s’agit finalement dans les deux cas de savoir-faire).

Peut-être aussi que notre gros cerveau ne nous aide pas, toujours occupé qu’il est à analyser-décortiquer-mentaliser, ne nous laissant que peu de temps pour nous connecter à notre instinct primitif de survie de l’espèce.

Alors, en cas de difficultés, pensons à cette belle histoire de maternage et recentrons nous sur notre objectif prioritaire : nourrir et protéger notre petit.

Là où on a un net avantage par rapport à la poule, c’est qu’on trouve toujours, plus ou moins loin de chez soi, une association d’entraide où d’autres mères, bébé à l’appui, nous transmettront les savoir-faire du maternage et de l’allaitement. Oui, elles, on peut écouter ce qu’elles ont à dire!

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