Allaitement et Ramadan

Avec le début du Ramadan dans quelques jours, la question d'actualité est : que faire quand on allaite et que notre foi nous propose une période de restriction calorique?

N'étant ni prêtre, ni imam, ni pasteur, je ne me risquerai pas à répondre sur le Carême ou le Ramadan.

Mais il se trouve que je connais les restrictions caloriques et les périodes de jeûne, car je les pratique moi-même depuis plusieurs années pour entretenir ma bonne santé (avec succès je précise!).

 

Je peux donc orienter la réflexion des mères allaitantes qui se posent des questions sur ce sujet de la privation alimentaire temporaire.

 

Que se passe-t-il lors d'un jeûne?

 

L'information la plus importante à avoir sur les régimes restrictifs ou les jeûnes est que, si l'on a un apport en calories qui est en deçà de l'apport minimum requis pour les fonctions de base de l'organisme, les réserves de graisse vont être entamées. Or c'est dans ces réserves que sont en partie stockées les toxines. C'est pourquoi le jeûne est un processus de nettoyage en profondeur. Par conséquent, dans le cas de la femme allaitante, les toxines iront hélas contaminer le lait et donc le bébé.

 

Mais dans le cas du Ramadan tel qu'il est pratiqué en général, il ne s'agit pas d'une véritable privation puisque qu'elle dure moins de 20 heures et que les calories sont ingérées la nuit. Les apports ne sont donc différés ici que de quelques heures. Cette situation est par conséquent bien différente des périodes de jeûne de santé se déroulant avec un suivi médical qui se tiennent sur des jours voire des semaines. Il n'y a pas de détoxination donc pas de risque pour les bébés.

 

 

Il y a tout de même des écueils qui concernent particulièrement les femmes allaitantes. Voici ces points de vigilance :

 

 

La santé de la mère et de l'enfant

 

Tout d'abord, une femme allaitante ne devrait commencer le Ramadan que si elle et son bébé sont en bonne santé, avec une prise de poids optimale de l'enfant. En cas de doute, mieux vaut consulter un professionnel de santé. Il est préférable de poursuivre l'allaitement de son bébé et de faire le Ramadan l'année d'après, plutôt que de donner du lait artificiel.

 

Les quantités de lait ne seront pas impactées, si la mère est en bonne santé. Elle devra tout de même vérifier que les couches sont remplies de la même façon qu'auparavant, que la couleur des selles est inchangée et consulter rapidement au moindre doute.

 

 

L'hydratation

 

Une vigilance maximale doit être appliquée à l'hydratation. Et surtout s'il fait très chaud. Une femme qui allaite a besoin en moyenne d'un litre d'eau par 24 heures pour fabriquer son lait. Et bien sûr elle a ses besoins propres. Elle doit donc boire par 24 heures environ 2 litres et demi d'eau.

 

Elle doit impérativement connaître les symptômes de la déshydratation pour pouvoir y remédier à temps et ne pas se mettre en danger, ainsi que son enfant. Ces symptômes sont, de façon générale : une forte soif associée à des vertiges, des maux de têtes, une fatigue intense et des courbatures. Il faut donc particulièrement surveiller les urines : si elles deviennent trop foncées, le risque de déshydratation est réel, et de plus cela signifie que le système urinaire se fatigue. Il faut donc rectifier rapidement les apports en eau.

 

 

Le changement de rythme

 

Le deuxième point de vigilance important est la physiologie inversée. Le changement soudain de rythme de nutrition est néfaste pour la digestion. Le foie a plus de mal à travailler. La fatigue s'installe et comme chacun sait, elle ne va pas contribuer à un allaitement serein.

 

Par conséquent, il faut aider l'organisme en ne lui proposant que des nourritures saines et digestes. Les fruits, les légumes et les verdures, si possibles crus, sont à privilégier. Ils sont faciles à digérer, nutritifs, et de plus ils aident à avoir un bon taux d'hydratation, car l'eau contenue dans les fruits est excellente pour nos cellules.

 

Et bien sûr, faire la sieste avec le bébé dès que possible permet de garder la fatigue à distance!

 

 

Je crois beaucoup aux vertus de la privation alimentaire temporaire, qui nous permet de nous recentrer sur l'essentiel, pour nous et pour les autres. Elle nous ouvre à d'autres dimensions, tout en restaurant notre intérieur, à condition de respecter par ailleurs les règles de base de la nutrition saine, et surtout d'écouter son corps. Et ce d'autant plus lorsque notre propre corps nourrit un autre corps…

 

 

 

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