physiologie | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 07 Feb 2019 10:52:06 +0000 fr-FR hourly 1 Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/#respond Tue, 27 Nov 2018 19:19:54 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1858 La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de … Continuer la lecture de Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées

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La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de la tétée d’accueil, il peut être bon qu’ils restent présents et discrets dans leurs gestes comme dans leurs paroles.

Pourquoi à ce moment-là, certaines mères se voient-elles intimer l’ordre d’attendre une autorisation pour proposer le sein à leur bébé ? Le bébé est blotti contre le corps de sa maman et entame à son rythme une séquence bien naturelle qui l’amène vers le sein. C’est alors que certains s’empressent : « Attendez, je vais vous aider ». La maman se fige, interrompt cette lune de miel, et devient dépendante de l’expertise d’un autre. Ses sentiments se mêlent : allaiter serait-il un acte si compliqué qu’il requiert une assistance technique ? A l’inverse, d’autres mères se sentent abandonnées. « Vous savez faire » leur signifie-t-on, et elles sentent un vent de panique les envahir car leurs gestes ne sont pas accompagnés.

Lorsque ce « Attendez je vais vous aider » perdure durant le séjour en maternité, cela achève de miner la confiance de la mère : comment est-ce que ça va se passer à la maison s’il y a autant besoin d’assistance technique pour chaque tétée ?

Guider de manière juste, c’est savoir être là et s’adapter. Si la maman savait que l’enfant qui chemine vers le sein, ne va pas directement au sein, mais passe par une phase de vrai repos, et une vraie pause ultérieurement, qu’il peut téter ses doigts, donner l’impression d’hésiter, de tâtonner, alors que cela fait partie de son programme, la maman aurait plus confiance en elle, et aurait moins besoin d’instructions. Puis, de retour en chambre : la maman peut choisir sa position pour allaiter sans qu’on la lui impose.

 

Les remarques sur la forme, la taille de leurs mamelons ou de leurs seins touchent les mères au plus profond. « Avec des mamelons plats comme les vôtres, vous ne pourrez pas allaiter ! » certaines femmes entendent-elles parfois quand ce n’est pas « vos seins sont trop petits ». Or, la plupart du temps, c’est tout simplement faux.

 

Le commentaire « c’est un goinfre celui-là » ou « C’est bien un gars, tiens. Il est devant le sein, et pourtant il faut faire tout le boulot pour lui » ou encore « vous avez là un bébé paresseux » sont autant de petites phrases susceptibles d’éprouver la mère. La consultante en lactation Nancy Mohrbacher évoque dans sa conférence, A Mother’s-Eye-View of Breastfeeding, une vieille dame qui ne se rappelait pas ce qu’elle avait mangé au repas précédent, mais qui se souvenait parfaitement de tout de son allaitement et des remarques qu’elle avait entendues alors.

Conclusion

Les mots des soignants et autres ressources qui entourent une mère peuvent marquer au fer rouge. Ils peuvent créer des maux au plus profond des mères, rester en elles durant des années et des années. Ils peuvent saboter la confiance des mères.. Même si ces remarques n’ont aucunement pour objectif de blesser, elles peuvent heurter. Si vous sentez que certaines remarques vous ont remué, il peut être bon d’en parler avec un tiers, histoire de comprendre leur sens et parfois même de les exorciser.

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

 

 

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Allaitement après un cancer du sein : faisons le point https://www.leblogallaitement.com/allaitement-apres-un-cancer-du-sein-faisons-le-point/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-apres-un-cancer-du-sein-faisons-le-point/#comments Mon, 22 Oct 2018 18:19:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1840  Le cancer du sein est l’un des cancers les plus répandus touchant principalement les femmes au-delà de 50 ans mais il peut aussi frapper de jeunes femmes. Heureusement, les progrès continus dans la mise au point de thérapies efficaces et les taux de guérison qui ne cessent de croître font que les malades reprennent une … Continuer la lecture de Allaitement après un cancer du sein : faisons le point

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 Le cancer du sein est l’un des cancers les plus répandus touchant principalement les femmes au-delà de 50 ans mais il peut aussi frapper de jeunes femmes. Heureusement, les progrès continus dans la mise au point de thérapies efficaces et les taux de guérison qui ne cessent de croître font que les malades reprennent une vie normale et peuvent envisager, pour les plus jeunes, une grossesse, ce dont on ne peut que se réjouir. Qu’en est-il de l’allaitement ? On connaît assez peu de choses sur ce sujet. Ces jeunes mamans « warriors » osent-elles franchir le pas et tenter l’aventure ? Si oui, y parviennent-elles et quels sont les principaux obstacles rencontrés ?

Il existe peu d’études épidémiologiques relatives à l’allaitement après un cancer du sein. Quelques-unes suggèrent que l’allaitement est possible mais s’accompagne de grosses difficultés. Faisons le point sur la base d’une étude publiée en 2010 dans « The Breast » qui, sur la base d’un petit échantillon de mamans, évoque les réussites et les difficultés.

 

Quels sont les taux d’allaitement et durées chez les mamans interrogées
Les auteurs de l’étude ont mené une enquête auprès de femmes jeunes ayant été traitées pour un cancer du sein invasif et qui ont pu, par la suite, mener à terme une ou plusieurs grossesses. Un petit échantillon de 20 mamans a pu être constitué : l’âge médian au moment du diagnostic de cancer du sein est de 32 ans (fourchette variant de 27 à 37 ans) et l’âge médian à l’accouchement de 36 ans. Ces mamans ont subi divers traitements : chirurgie (15/20), radiothérapie (15/20), chimiothérapie (14/20) et hormonothérapie (12/20).

Sur la base des réponses aux questionnaires, il apparaît que la moitié de l’échantillon a tenté l’allaitement dont une maman avec deux grossesses ayant réussi à allaiter les deux fois plus de 6 mois. 4 autres mamans ont allaité pendant un mois et ont sevré à cause d’un manque de production lactée ou d’une mastite. 6 mamans ayant subi une chirurgie mammaire conservatrice (seule la tumeur et quelques tissus environnants sont retirés) ont allaité sur une période variant de 7 à 17 mois. Sur les 20 mamans, 5 ont pu bénéficier de conseils d’une consultante en lactation : toutes les 5 ont réussi à allaiter sur une période allant de 9 à 17 mois.


Focus sur les mamans qui n’ont pas allaité

Parmi les 10 mamans qui n’ont pas tenté l’allaitement après leur cancer du sein, une grande majorité (9/10) s’appuyait sur un conseil médical, et une seule n’a pas souhaité allaiter sur décision personnelle. Ainsi certains obstétriciens ou oncologues ont recommandé aux mamans de ne pas tenter l’allaitement, car ils considéraient par exemple que cet acte pouvait être non sécure pour la mère (crainte que la stimulation hormonale liée à l’allaitement puisse induire de nouvelles tumeurs) ou qu’a priori, l’allaitement ne pourrait pas se faire techniquement. D’autres décisions déconseillant l’allaitement étaient motivées par un véritable souci de santé de la mère.

 

Cas des mamans ayant été traitées par chirurgie + radiothérapie

Pour ces 15 mamans, un nombre important d’entre elles (14/15) ont rapporté une hypoplasie mammaire* durant la grossesse : 8 d’entre elles n’ont pas tenté d’allaiter, 5 ont allaité du sein n’ayant pas été touché et 2 ont tenté l’allaitement des deux côtés. Avec le sein opéré, les mamans ont rencontré des difficultés telles que des soucis pour que le bébé s’accroche, des douleurs ou une faible production lactée. Pour les mamans ayant allaité des deux côtés, les mamans n’ont réussi que sur une courte période car la production lactée se réduisait.


Que retenir ?

Les auteurs sont conscients de la petite taille de l’échantillon pour être véritablement représentatif. Mais l’étude montre néanmoins plusieurs points. L’allaitement après un cancer du sein et les traitements qui en découle est faisable et ne présenterait pas, sur la base de ce qu’on peut observer, de danger pour la maman, Un fort sentiment de manque de confiance dans l’allaitement après un cancer du sein habite la plupart des mamans ; elles se disent inquiètes de ne pouvoir allaiter que d’un seul côté et ont peur de manquer de lait, L’allaitement par le sein traité est dans tous les cas, problématique : accrochage difficile du bébé, douleurs, moindre production lactée.

Enfin, les auteurs insistent beaucoup sur le fait que le facteur clé pour un allaitement prolongé après un cancer du sein est un bon accompagnement avec des conseils judicieux. Les informations données par les oncologues à destination des mamans souhaitant allaiter ne sont pas toujours justifiées surtout si elles ne reposent pas sur une véritable contre-indication médicale. Des données scientifiques montrent en effet que l’allaitement après un cancer du sein, n’est pas dangereux et peut même protéger des risques de rechute, notamment à cause du fort taux de prolactine qui joue un rôle dans la réduction de l’incidence du cancer du sein. Mais les études doivent encore s’accumuler pour creuser davantage la question et vaincre les réticences.

 

*l’hypoplasie mammaire est un déficit de tissu mammaire qui résulte parfois des traitements par radiothérapie. Lors d’une grossesse, seul le sein non traité se prépare à la lactation.

 

[Références] :
1- Azim HA et al., “ Breastfeeding in breast cancer survivors: pattern, behaviour and effect on breast cancer outcome.” The Breast 19, pp 527-531, 2010

2- Azim Jr HA, Bellettini G, Gelber S, Peccatori FA., “Breast-feeding after breast cancer: if you wish, madam.” Breast Cancer Res Treat 114:7e12, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

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L’allaitement long, pourquoi, comment ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/#comments Wed, 09 May 2018 09:26:10 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1757 Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement. Mais à partir de quand peut-on se considérer … Continuer la lecture de L’allaitement long, pourquoi, comment ?

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Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement.

Mais à partir de quand peut-on se considérer « en allaitement long » ? Après la reprise du travail ? A 3 mois ? A 6 mois ? A 1 an ? Plus tard ? Jusqu’au sevrage naturel ?

Chaque mère aura sa propre réponse …. en fonction de ce qu’elle est prête à donner à son bébé et à vivre avec lui. Avant la naissance d’un enfant, une mère a quelquefois des idées sur la durée de son allaitement ; peut-être en fonction de sa reprise de travail. Mais elle pourra être surprise par le changement d’avis qui peut éventuellement s’opérer chez elle. J’entends d’ailleurs souvent les mères expliquer : « Je voulais allaiter jusqu’à 3 ou 6 mois, mais à ce terme, je n’arrivais pas à me résoudre au sevrage, c’était impossible d’envisager d’arrêter ce lien, cette relation avec mon bébé ».

Des recommandations concernant la durée optimale d’allaitement ont été édictées par l’OMS (et reprises par les pays) qui invitent à allaiter exclusivement au moins 6 mois puis jusqu’à au moins 2 ans en association avec une alimentation diversifiée. C’est un repère basé sur la bonne santé des enfants du monde entier. Le manque d’information pour les mères est déjà criant au moment de la naissance ; mais, après quelques semaines, il est difficile de trouver des réponses aux questions liées à l’allaitement qui dure. En outre, si des erreurs ou préjugés sont véhiculés, alors il peut être rapide de perdre pied et donc sa confiance en soi.

Qu’on se le dise, tout au cours de l’allaitement et jusqu’à la dernière tétée, le lait maternel garde toutes ses propriétés immunitaires et nutritives ! A tout âge de l’enfant, le lait de maman sera toujours le meilleur aliment pour lui, le mieux adapté à ses besoins particuliers et à sa croissance.

En premier lieu, l’allaitement génère de fait une proximité importante entre la mère et l’enfant dont les deux ont besoin. Nous sommes des mammifères, de la famille des grands singes et nos petits ont besoin d’être en contact étroit et permanent avec l’adulte pour survivre, se protéger des microbes, virus et autres bactéries, se rassurer, mâturer leur cerveau et enfin se nourrir. Cette grande proximité aide l’enfant à créer et développer sa sécurité affective de base. Bercé, réchauffé, porté, il continue sa croissance au meilleur endroit qui soit : sur sa mère (et son père aussi). Et ces besoins perdurent longtemps ! Et, ô joie ! L’enfant va trouver tout cela dans le lait maternel jusqu’au sevrage.

Aujourd’hui, même si les bienfaits du lait maternel ne sont plus à démontrer à maints égards, il est un bienfait à souligner, expliquer, mettre en avant : celui de la relation mère/enfant. On entend souvent s’exclamer des gens surpris de constater un allaitement qui dure, devant quoi, il est parfois difficile pour la mère de répondre. Elle cherche alors souvent à se justifier, à légitimer cet allaitement.

Non seulement, la mère ne devrait pas avoir à se justifier mais elle pourrait même être accueillie en héroïne ! C’est elle, entre autres par son allaitement, qui construit son nourrisson, son bébé, son bambin puis son enfant. C’est elle qui le rassure, à chaque besoin exprimé, par ses douces attentions, sa tendre disponibilité, son réconfort aimant, jour et nuit, inlassablement. C’est elle qui offre (ou au moins prête !) son corps, ses seins à son enfant comme un îlot réconfortant où téter aide à dormir, console et apaise. C’est elle qui permettra à son bébé, stressé par une séparation par exemple, de retrouver un niveau de cortisol (hormone du stress) qui ne nuira pas au développement de son cerveau.

Bien sûr, la mère peut être supplée dans ce rôle auprès de l‘enfant mais l’allaitement et son contexte hormonal va lui permettre, à elle aussi, un endormissement plus facile, un apaisement psychologique et une assurance grandissante.

Alors, la mère ne trouvera aucune raison d’arrêter l’allaitement … Cette relation simple, apaisante se consolide avec le temps. Plus la mère répond aux besoins de son bébé, plus celui-ci prend confiance en lui-même : son besoin est reconnu, il a su l’exprimer et le voit assouvi. Il saura donc qu’il peut compter sur sa mère, ses parents, pour quoi que ce soit.

Cette construction, cette « sédimentation » va durer des années (entre 5 et 10 ans). Alors pourquoi ne pas continuer l’allaitement ?

Chaque mère, si tant est qu’elle puisse être informée, accompagnée, soutenue, légitimée dans son choix, prendra sa décision en conscience et fera ce qu’elle veut, ce qu’elle considère le mieux adapté pour elle et son bébé.

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin) https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/#respond Wed, 18 Apr 2018 12:48:16 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1742 Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect. Pour tenter … Continuer la lecture de Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin)

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Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect.

Pour tenter d’y voir encore plus clair, il peut être intéressant de comprendre quels mécanismes sous-jacents permettraient d’expliquer l’effet protecteur de l’allaitement.

Plusieurs facteurs peuvent en effet rendre compte du rôle joué par l’allaitement dans la mise en place d’un métabolisme ou d’un contrôle plus efficace.

Des composants spécifiques

Le lait des mammifères contient de nombreux composants dédiés à une croissance optimale des petits (optimum propre à chaque espèce qui doit s’adapter à son environnement). Dans le cas du petit homme, le développement des premiers mois affecte surtout le volume cérébral (la croissance du reste des tissus corporels est beaucoup moins marquée) car c’est surtout un déploiement optimal du câblage neuronal et un gain rapide en capacités cognitives qui caractérisent notre espèce. Pour cela, le lait humain se distingue par une teneur élevée en lactose (carburant du système nerveux central) et en corps gras et cholestérol (pour élaborer des tissus cérébraux).

Les préparations lactées, issues principalement du lait de vache, sont plus riches en protéines ce qui active davantage la croissance corporelle (muscles et squelette) : une des raisons pour lesquelles la courbe de gain de poids d’enfants non allaités est plus rapide. Or, un lien a été établi entre une lente prise de poids et un risque diminué d’obésité sur le long terme. Nous reviendrons sur les protéines « particulières » du lait maternel un peu plus tard.

Une autre différence entre lait maternel et préparations lactées pour nourrissons concerne le ratio oméga 6/oméga 3. Moins riche en oméga 3, la préparation pour nourrisson est souvent trop « déséquilibrée » entre les deux types d’acides gras ce qui a pour effet de stimuler la croissance des adipocytes (cellules spécialisées dans le stockage des graisses). De plus, ce déséquilibre conduit aussi à un phénomène d’inflammation dont on sait qu’il est impliqué dans le développement de l’obésité [1].

Revenons sur les protéines spécifiques du lait maternel. Plusieurs séries de données dont certaines récentes indiquent également que certaines protéines présentes en qualité et quantité optimales dans le lait humain jouent un rôle primordial dans la « programmation métabolique » de l’individu via l’hypothalamus.

L’hypothalamus est en effet cette zone du cerveau où s’interconnectent de façon complexe différents types de neurones très spécialisés. Sous l’effet de plusieurs hormones impliquées dans des boucles de de contrôle, l’hypothalamus active les neurones de prise de nourriture ou au contraire des neurones générant la satiété.

Les études dont par exemple ([2], [3], [6], [7]) n’ont pas encore fait le tour complet de la question mais les protéines impliquées sont par exemple la leptine, l’adiponectine, l’apeline et la ghréline.

 

Quelle(s) fonction(s) ces molécules ont-elles ?

La leptine et l’adiponectine sont toutes les deux des hormones produites par le tissu adipeux.

La leptine (du grec « Leptos » qui veut dire mince) est une protéine qui régule les réserves de graisses (elle induit la transformation des lipides et la synthèse des acides gras nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme). Mais elle joue aussi sur l’appétit en contrôlant la satiété; elle est aussi impliquée dans la dépense énergétique. Son rôle précis se situe au niveau de récepteurs de l’hypothalamus.

Différentes études ont montré que la leptine était présente dans le lait humain, en concentration variable pendant toute la période d’allaitement. Les laits industriels ne contiennent pas de leptine même si cette protéine est présente dans le lait de vache (l’écrémage du lait évacue en même temps la leptine).

L’adiponectine [4] [5], est une grosse protéine (composée de 244 acides aminés). Les études ont montré qu’un taux élevé de cette protéine diminuait le risque de diabète de type II en augmentant la sensibilité à l’insuline. Dans le lait humain, les niveaux restent marqués pendant toute la durée de l’allaitement. Dans les études de cohorte [5], des taux plus élevés d’adiponectine sont associés à un plus petit poids chez l’enfant.

L’apeline, est une protéine découverte récemment (1998) et encore plus récemment dans le lait humain (2010). Elle endosse de multiples fonctions : régulation de la pression artérielle, vaisseaux sanguins, effet sur la force de contraction du cœur… Mais le rôle qu’elle joue pour le métabolisme se situe à deux niveaux :

– au sein du cerveau : elle a par exemple été détectée dans les régions contrôlant l’appétit,
– elle active des récepteurs du système digestif (estomac, pancréas, colon).

La ghréline [6] est une petite protéine formée de 28 acides aminés. A la différence des autres hormones, elle stimule l’appétit  (en agissant sur l’hypothalamus) et active les hormones de croissance. Elle intervient aussi dans la régulation du poids sur le long terme.
Il a été mesuré un niveau de ghréline, beaucoup plus élevé dans les laits industriels que dans le lait humain (d’un facteur 2.5 en moyenne).

Ainsi, des composants spécifiques en quantité optimale sont présents dans le lait maternel. Ils jouent soit sur le rythme de croissance du bébé, la régulation de la satiété et l’appétit, soit encore sur la dépense énergétique.

Y a-t-il autre chose ?

Importance de la tétée

Bien que les mamans allaitantes soient souvent un peu inquiètes de ne pas pouvoir visualiser la quantité de lait absorbée par leur enfant, il semblerait bien que c’est tétant que le bébé a le plus de chances d’apprendre par lui-même à réguler ses propres apports alimentaires : des études se sont penchées sur la question.

Les enfants nourris au sein doivent téter de façon très active pour obtenir le lait alors que les enfants nourris au biberon sont plus « passifs » et fournissent un effort moindre. En plus, ces derniers sont beaucoup plus coachés par leur mère, père ou tout autre soignant qui encouragent « à terminer » le repas. De cette manière, ils n’apprennent pas à reconnaître les signes de satiété et ne parviennent pas à s’arrêter de manger au bon moment.

Enfin, n’oublions pas que le lait maternel change de composition et de goût tout au long de la tétée : le bébé apprend vite à reconnaître la « fin de tétée » et ainsi, à mieux équilibrer ce qu’il absorbe par rapport à ses besoins (faisons confiance à l’être humain). Il s’agit donc de mieux contrôler son apport énergétique, un acquis normalement gardé tout au long de la vie. C’est ni plus ni moins qu’un apprentissage comportemental. L’étude [8] l’a particulièrement bien montré en contrôlant différents paramètres.

Composants biologiques spécifiques et tétée « à la source » jouent tous les deux un rôle dans la régulation de l’apport calorique chez l’enfant allaité. Même si le consensus n’est pas établi, tous les éléments semblent cependant réunis pour qu’un jour l’argument de l’allaitement protecteur de l’obésité soit réellement validé.

NB : Attention, cela ne remet pas en cause la pratique occasionnelle consistant à offrir un biberon de lait maternel.

Références : 

1. Bartok CJ, Ventura AK. « Mechanisms underlying the association between breastfeeding and obesity », International journal of pediatric obesity, Vol 4, 196-204, 2009

2. Bouret SG.,  « Early life origins of obesity: role of hypothalamic programming » , Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 48 Suppl 1:S31-8, 2009

3. Palou, Pico, « Leptin intake during lactation prevents obesity and affects food intake and food preferences in later life », Appetite, Vol 52(1) : 249-52,  2009

4. Bronsky, Mitrova et. al.,  « Adiponectin, AFABP, and Leptin in Human Breast Milk During 12 Months of Lactation », Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 52(4) : 474–477, 2011

5. Woo JG, Guerrero ML, Altaye M, et al. « Human milk adiponectin is associated with infant growth in two independent cohorts ». Breastfeed Med Vol 4 : 101–109, 2009.

6. Savino, Petrucci et al., « Assay of ghrelin concentration in infant formulas and breast milk », World J Gastroenterology, Vol 17(15): 1971–1975,  2011

7. Victora C. G., Bahl R. et al., « Breastfeeding in the 21st century : epidemiology, mechanisms, and lifelong effect », The Lancet, Vol 387, 20168

8. Li R, et al., « Do infants fed from bottles lack self-regulation of milk intake compared with directly breastfed infants? »,Pediatrics, Vol 125(6), pp 1386-1393, 2010

[Auteure] : Pascale Baugé

 

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Allaiter un enfant adopté https://www.leblogallaitement.com/allaiter-un-enfant-adopte/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-un-enfant-adopte/#comments Thu, 15 Feb 2018 12:26:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1695 Les mamans qui adoptent un bébé expriment parfois le désir de l’allaiter. Démarrer un allaitement en dehors d’une grossesse, on l’imagine, n’est pas une entreprise aisée. Le projet n’est d’ailleurs pas couronné de succès à tous les coups. Pourtant, certaines réussissent et nous avons étudié les publications scientifiques relatives à ce sujet afin d’en tirer … Continuer la lecture de Allaiter un enfant adopté

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Les mamans qui adoptent un bébé expriment parfois le désir de l’allaiter. Démarrer un allaitement en dehors d’une grossesse, on l’imagine, n’est pas une entreprise aisée. Le projet n’est d’ailleurs pas couronné de succès à tous les coups. Pourtant, certaines réussissent et nous avons étudié les publications scientifiques relatives à ce sujet afin d’en tirer les grandes lignes et de donner quelques clés aux femmes qui envisageraient de s’investir dans cette belle aventure.

Pourquoi allaiter un bébé adopté ?

Parmi les motivations qui poussent les mères à allaiter un enfant qu’elles vont adopter, on retrouve bien sûr la volonté de le « nourrir » avec un lait dont les effets bénéfiques ne sont plus à démontrer. Il ressort également très souvent des études que les mamans souhaitent développer une solide interaction avec le bébé qu’elles n’ont pu porter : l’allaitement procure un contact physique soutenu avec l’enfant et il contribue aussi à développer le lien d’attachement mère-enfant.

 

Que nous dit la littérature scientifique ?

 

Peu de travaux ont été publiés sur ce sujet mais il semble que l’allaitement exclusif soit plus difficile à atteindre : produire du lait en quantité significative est par contre très souvent possible et c’est déjà une belle réussite pour les mamans. Deux publications assez récentes parues dans « Journal of Human Lactation » font référence à deux cas concrets qu’il est intéressant de présenter.

Une étude américaine [1] expose l’expérience d’une femme de 33 ans qui a déjà mené une grossesse (mais pas à terme), et qui décide, à la suite de problèmes de stérilité, d’adopter un enfant. Ce sont des jumeaux nouveau-nés qu’elle va alors adopter. Plusieurs mois avant la naissance des jumeaux et après de nombreuses discussions avec des consultantes en lactation, la future mère exprime son désir d’allaiter et de tout mettre en œuvre pour y parvenir. On lui propose alors un programme qui comprend la prise de dompéridone accompagnée d’un traitement hormonal (pendant dix semaines) et la stimulation au tire-lait électrique (double recueil) toutes les trois heures (sur une durée de 20 minutes) dès l’arrêt du traitement hormonal. Elle produit du lait au bout de deux semaines. A la naissance des jumeaux à 34 semaines d’aménorrhée (poids de 1,96 et 1,85 kg), elle parvient à les allaiter alors qu’ils sont accueillis dans une unité de néonatalogie. La prise du sein par les bébés est immédiatement efficace mais en raison de leur faible poids de naissance, on décide de les complémenter. A l’âge de deux mois, les jumeaux sont allaités exclusivement par leur mère adoptive.

 

L’étude [2] d’une équipe espagnole date de 2017 et présente le cas d’une jeune femme de 37 ans qui devient stérile à la suite d’une fausse-couche survenue à 22 SA. Elle décide alors d’adopter un enfant et de l’allaiter. Six mois avant l’arrivée du bébé, elle démarre un protocole de stimulation en prenant de la dompéridone pendant un mois (sans traitement hormonal préalable), en utilisant un tire-lait à double recueil en combinaison avec une expression manuelle du lait (durée 45 minutes). La fréquence de la stimulation est intense : toutes les deux heures excepté la nuit où la future maman s’accorde une pause de six heures.
Trois semaines après le début de la stimulation, elle exprime ses premières gouttes de lait et la quantité obtenue augmente très rapidement.

Le résultat est à la hauteur de ses efforts puisqu’elle réussit à allaiter de façon exclusive pendant six mois et elle associe des aliments solides au lait maternel au sein jusqu’aux deux ans de son enfant.
 

Discussion et principales conclusions

Ces deux cas concrets publiés dans la littérature sont très encourageants pour les mamans qui souhaitent allaiter un enfant adopté. Les auteurs soulignent qu’il est plus facile d’induire la lactation en dehors d’une grossesse lorsque la maman a déjà allaité au préalable ou lorsqu’elle a déjà été enceinte.

Les auteurs indiquent également qu’il n’y a pas de protocole spécifique mais parmi les facteurs facilitant la réussite d’une lactation induite, les plus importants sont : la forte motivation, le soutien de la famille, du conjoint et des professionnels de santé dans l’entourage de la futur maman et également la qualité et la fréquence de la stimulation.
En ce qui concerne la prise de substances galactogènes (médicaments ou plantes), le consensus scientifique n’est pas établi sur leur réelle efficacité pour induire la lactation.

Les conseils doivent donc se centrer autour des techniques de tirage du lait, et sur la valorisation des efforts de la mère. Quelle que soit la production obtenue, c’est une belle réussite dont profiteront les deux protagonistes.

La recherche scientifique dans ce domaine mérite d’être poursuivie afin d’accumuler plus de résultats et d’accroître les connaissances des mécanismes mis en jeu lors de la lactation induite. Des conseils encore plus ciblés et efficaces permettraient alors de mieux aider les mamans.

 

Références :

[1] Szucs K. et al., « Induced Lactation and Exclusive Breast Milk Feeding of Adopted Premature Twins », Journal of Human Lactation, Vol. 26(3), 2010

[2] B. Flores-Anton et al., « An Adoptive Mother Who Became a Human Milk Donor », Journal of Human Lactation, Vol. 33(2), 2017

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison “

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Allaitement et développement de la mâchoire https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/#respond Tue, 30 Jan 2018 20:47:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1682 L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et … Continuer la lecture de Allaitement et développement de la mâchoire

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L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant

Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et sur les risques de malocclusion dentaire. Un petit tour du côté de la littérature scientifique nous permet de faire le point.

 

La malocclusion

L’idéal pour le fonctionnement buccal est une parfaite adéquation entre les dents maxillaires (supérieures) et les dents mandibulaires (inférieures) :

  • les molaires supérieures s’encastrent parfaitement (les cuspides – ou crêtes – des unes sont imbriquées dans les sillons opposés),
  • les dents de la mâchoire supérieure dépassent légèrement les dents mandibulaires,
  • il n’y a pas d’espace visible entre les deux rangées de dents lorsque la mâchoire est serrée.

Une malocclusion est un trouble du développement maxillo-facial qui peut toucher la mâchoire, la langue, les muscles du visage et les dents (poussée anormale qui impacte le positionnement des dents). Ce phénomène a une forte prévalence dans nos sociétés actuelles (30 à 40 % de la population concernée [2]). Elle n’est pas sans conséquence sur l’enfant qui peut en souffrir psychologiquement (voire physiquement). L’individu peut développer des troubles du langage, une mauvaise image de soi, des problèmes de relations sociales.
 

Le développement oral chez l’enfant

A la naissance, la cavité buccale du nourrisson se caractérise par une position « en retrait » de la mâchoire inférieure, des gencives qui se touchent, un larynx positionné très haut, une forme de palais adaptée : tout cela est parfaitement ajusté pour la succion et la tétée.

 

Impact de l’allaitement

Une étude de 2004 [3] a analysé la prévalence de la malocclusion dentaire sur une population de plus de 1000 enfants âgés de 3 à 5 ans. Le profil des enfants a été classé en plusieurs catégories selon leur mode de nourrissage et leur activité de succion non nutritive.

C’est parmi les enfants ayant des habitudes ancrées de succion non nutritive que le chiffre est le plus élevé : 42 %. Le chiffre le plus bas (22 %) concerne le groupe d’enfants n’ayant que peu sucé le pouce ou une tétine. La comparaison du mode de nourrissage a donné un avantage à l’allaitement maternel de plus de 3 mois (32 % concernés dans ce groupe, contre 41 % dans le groupe nourri par formulation)

Impact de la durée de l’allaitement

L’étude [3] souligne que l’allaitement maternel joue particulièrement fort sur les problèmes de malocclusion croisée c’est-à-dire lorsque les dents du fond de la mâchoire inférieure dépassent celles de la mâchoire supérieure.

Ce dysfonctionnement est environ 3 fois moins répandu chez les enfants allaités même en cas d’utilisation de tétines ou pouce.

Une équipe finlandaise [1] a montré que l’introduction trop précoce de biberons modifiait l’activité musculaire ce qui interférait avec le processus de maturation des crêtes alvéolaires (portions d’os qui soutiennent les dents) et la maturation du palais. Les durées d’allaitement les plus longues correspondent à des pourcentages plus bas de malocclusion croisée : il y a donc un effet dose-réponse qui confirme que l’allaitement a un effet protecteur.

Ce résultat a été confirmé plus récemment en 2015 et 2016 [8] [9].

 

Mécanismes mis en jeu lors de l’allaitement prolongé

Il semble que le développement de la musculature cranio-faciale soit différente lorsque l’enfant est allaité de manière exclusive [3] [9].

 

Impact sur le développement du palais

Pendant la tétée, le mouvement de bouche, des lèvres et de la langue du bébé s’apparente davantage à une compression qu’à une succion :

  • les lèvres pressent l’aréole,
  • la langue comprime le mamelon contre le palais
  • le lait est ingéré par des mouvements de compressions musculaires au niveau de la bouche.

Avec un biberon, le mouvement est de type piston/aspiration avec une force de poussée accrue sur le palais (ceci est aussi induit avec une tétine). Dans cette configuration, le palais se développe de façon différente ce qui conduit à l’occlusion croisée.

 

Impact sur le développement des mâchoires et du muscle masséter


Une étude de cohorte (2012) [4] relative à 144 enfants brésiliens (entre 3 et 5 ans) choisis aléatoirement dans la population a confirmé l’effet stimulant de l’allaitement maternel sur le développement musculaire facial. Des tests de mastication ont été réalisés avec ces enfants (capacité à couper de la nourriture, observations des mouvements des mâchoires, des lèvres, utilisation intensive ou non des muscles péri-oraux).
6.3 % de ces enfants ont été allaités exclusivement pendant 6 mois et 30 % ont été allaités pendant 2 ans ou plus (allaitement mixte). Les meilleurs capacités de mastication concernaient les enfants allaités pendant au moins 12 mois, qui ont utilisé le biberon moins d’un an, et qui ont eu recours à la tétine pendant moins de 6 mois.

Il a également été observé, parmi les enfants allaités, que les capacités de mastication viennent surtout d’une meilleure utilisation du muscle de la mastication (appelé muscle masséter) : les amples mouvements de mâchoires lors de la tétée favorisent le développement de ce muscle. Le recours au biberon diminue le travail de ce muscle [6].

 

Bilan et autres conséquences

La publication [5] explique que c’est bien le déficit de la fonction masticatrice et également des stimulations nécessaires au développement maxillaire et dento-alvéolaire qui explique la prévalence élevée des malocclusions constatée dans nos sociétés.

Une conséquence possible de ces anomalies dentaires concerne les troubles du langage. Une étude de 2009 [7] concentrée sur 128 enfants chiliens âgés de 3 à 5 ans fait écho à des études antérieures et met en évidence plus de troubles de langage en cas de forte utilisation de tétine. Elle montre aussi que l’introduction plus tardive du biberon (au-delà de 9 mois) est également bénéfique.

 

Conclusion


La pratique de succion non nutritive prolongée, beaucoup plus fréquente chez les enfants non allaités, a un impact assez marqué sur les risques de malocclusion.
L’allaitement maternel (surtout lorsqu’il est mené exclusivement pendant 6 mois) contribue à un développement oro-moteur idéal (bonne mise en place des crêtes alvéolaires, stimulation du muscle masséter, développement du palais optimal). De ce fait, il diminue les risques de malocclusions  et de troubles qui en découlent (esthétique, langage, relations sociales).

 

Références :
1- Karjalainen S, et al. « Association between early weaning, non-nutritive sucking habits and occlusal anomalies in 3-year-old Finnish children« , International Journal of Paediatric Dentsitry, Vol 9(3), 1999

2- Sood S., et al. « Malocclusion of teeth : role of pediatrician in early diagnosis »,  Indian Journal of Practical Pediatrics, Vol 13(4), 2011

3- Viggiano D., et al., « Breast feeding, bottle feeding, and non-nutritive sucking; effects on occlusion in deciduous dentition » Archive of Disease in Childhood, Vol 89(12), 2004

4- Pires SC., et al., « Influence of the duration of breastfeeding on quality of the muscle function during mastication in preschoolers : a cohort study  » BMC Public Health, Vol 12, 2012

5- Limme M., « The need of efficient chewing function in young children as prevention of dental malposition and malocclusion », Archives de Pédiatrie, Vol 17, Supplement 5, 2010

6- Inoue N.,et al., « Reduction of masseter muscle activity in bottle-fed babies », Early Human Development, Vol 42, Issue 3, 1995

7- Barbosa C.,et al., « The relationship of bottle feeding and other sucking behaviors with speech disorder in Patagonian preschoolers », BMC Pediatrics Vol 9 , 2009

8- Peres KG. et al., « Exclusive Breastfeeding and Risk of Dental Malocclusion », Pediatrics, Vol 136 (1), 2015

9- Miotto MH. et al., « Early Weaning as a Risk Factor for Deleterious Oral Habits in 3-5 YearOld Children », Brazilian Research in Pediatric Dentistry and Integrated Clinic,16(1), 2016

 

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

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Les positions d’allaitement : la madone inversée https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/ https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/#respond Tue, 22 Aug 2017 09:05:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1604 Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon … Continuer la lecture de Les positions d’allaitement : la madone inversée

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Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon démarrage de l’allaitement, mais vous ne parvenez pas à vous installer autrement pour trouver une solution. Nous vous proposons de découvrir la position de la « madone inversée » qui est un peu la petite soeur de la madone, sans les inconvénients majeurs de celle-ci sur la prise du sein !

Vous allez vous asseoir, idéalement, les lombaires calées, les genoux légèrement relevés (grâce à un petit marche pied par exemple), avec les coussins nécessaires pour que votre bébé soit à hauteur du sein ; vos coudes bien soutenus et les épaules détendues.

Lorsque vous mettez votre bébé au sein gauche, c’est votre bras droit qui va le soutenir. Pour arriver à amener votre bébé à hauteur du sein, vous allez d’abord placer votre bébé sur le coussin d’allaitement, et le caler tout près de vous, en plaquant d’abord son bassin par un appui bien ferme de votre avant-bras sur ses fesses.

Vous pouvez faire des essais lorsqu’il est calme ou même avec un poupon. Vous constaterez que cette position favorise l’inclinaison naturelle de la tête du bébé qui va se retrouver en légère extension, son menton pointe vers le sein. Votre bébé est alors dans la position idéale pour prendre le sein de manière asymétrique. Ensuite, vous allez le soutenir par la nuque avec la main droite.

Pour vous y aider, placez votre pouce et votre index sous chaque oreille de part et d’autre de la nuque. Vous sentez une petite partie osseuse un peu arrondie : « le processus mastoïde ». C’est là que vous allez appliquer votre maintien. N’ayez crainte, vous ne risquez pas de faire mal à cet endroit. Vous donnez au contraire à la nuque de votre bébé toute la tonicité qui lui manque pour l’instant. De cette façon, la paume de votre main se trouve vers la nuque de votre bébé et rien n’exerce de pression derrière son crâne. Votre bébé peut donc placer sa tête légèrement en extension par rapport à la nuque plutôt que de la fléchir. Il est alors aisément encouragé à ouvrir TRÈS grand la bouche et à avancer la langue en avant dans les meilleures conditions.
Vous voyez ainsi très bien sa bouche et la façon dont il aborde le sein. Vous avez toute latitude pour guider fermement et avec tendresse sa rencontre avec votre sein. De plus, votre main gauche est libre. Vous pouvez ainsi soutenir votre sein, l’orienter à volonté, le rendre plus préhensible pour votre bébé et pratiquer également la compression du sein si vous en avez besoin.

Dans cette position, la prise du sein asymétrique et profonde est simple à réaliser et le transfert de lait en est facilité. Pour débuter l’allaitement, c’est vraiment une position très intéressante !

Tout comme pour la madone classique, vous pouvez vous installer en tailleur, avec un coussin sous les fesses si nécessaire selon votre ouverture de hanches. Ainsi, votre dos est bien protégé et le positionnement du coussin d’allaitement est aisé.

 

Confort maternel         ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel          ★ ★ ★ ☆☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé          ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ★ ★ ★☆

Tétée facile à l’extérieur ★ ★ ★ ★ ☆

Situations spécifiques :

Bébé « somnolent »    ★ ★ ★ ★ ★

Réflexe d’éjection fort            ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

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Une position pour le repos https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/ https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/#respond Fri, 04 Aug 2017 12:00:30 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1594 Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens. Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au … Continuer la lecture de Une position pour le repos

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Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens.

Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au cours duquel vous vous devez d’être alerte et par la force des choses, vous ne vous reposez pas.

Reprenons ce qui se passe dans la vie courante. Comment positionneriez-vous votre corps si vous cherchiez à obtenir le plus possible de repos ? Vous vous allongeriez, n’est-ce pas ? On dit toujours qu’on est moins fatigué assis que debout et moins fatigué couché qu’assis !

Expérimentez cela :

  • allongez-vous sur votre côté, une jambe étendue sur le matelas et l’autre repliée par-dessus, avec le genou venant toucher le matelas. Cela évite de cambrer le dos, ce qui pourrait provoquer des douleurs lombaires (comme en position latérale de sécurité si cela vous parle) ; il peut être très appréciable pour certaines femmes de placer un coussin sous ce genou pour respecter l’écartement de leurs hanches, particulièrement dans la période qui suit l’accouchement
  • surélevez convenablement votre tête au moyen d’un ou deux oreillers
  • approchez votre bébé tout contre vous le plus possible. Votre bébé est sur son côté pour vous faire parfaitement face. Collez-bien son bassin contre vous d’abord en plaquant votre main sur ses fesses pour les amener vers vous. Vous pourrez maintenir cette position par une serviette roulée et placée derrière lui ou bien un coussin d’allaitement et ainsi libérer votre main. Puis, amenez-le vers le sein en l’approchant par la nuque de façon à ce que son menton touche le sein en premier
  • selon vos préférences et votre morphologie, vous pouvez soit passer l’un de vos bras sous votre tête, ou sous les oreillers pour le ramener vers le dos de votre bébé comme pour l’entourer. Attention, si vous êtes couramment installée ainsi et avec le bras allongé sous votre tête, veillez à respecter votre confort. Certaines mamans ont en effet constaté une plus grande tendance à l’inflammation des prolongements de la glande mammaire situés vers l’aisselle. L’autre bras est libre pour s’occuper de votre bébé, soutenir le sein si nécessaire ou ne rien faire tout simplement..!

 

Vous êtes maintenant tous deux allongés, vos corps naturellement soutenus et bébé tète sans que vous ayez à lutter pour le maintenir. N’est-ce pas moins fatigant que de s’asseoir et de garder la tenue du dos, de la nuque, des bras ? Fermez les yeux et reposez-vous le temps de cette tétée (pensez à vous installer en sécurité car vous risquez fort de vous endormir 😉

 

 

Fiche technique de la position allongée sur le côté :

Confort maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆- oui car peu de contraintes ressenties pour soutenir son corps

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆

Tétée facile à l’extérieur ☆☆ ☆☆☆
Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ☆☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur période

prolongée ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

 

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La position instinctive https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/#respond Tue, 25 Jul 2017 09:15:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1589 Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets ! Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire … Continuer la lecture de La position instinctive

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Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets !

Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire à les utiliser activement.

L’un dans l’autre, vous avez pu acquérir beaucoup d’expérience car vous avez constaté par vous-même que certains environnements vont vous faciliter la vie pour positionner votre bébé, la serviette dans notre simulation, tandis que d’autres nécessiteront plus d’activité de contenance de votre part. Cela va entraîner pour vous le besoin de se faire assister par des coussins et oreillers pour soutenir vos propres bras et votre corps et maintenir un certain niveau de confort…

C’est exactement ce que Suzanne Colson a pu constater (S.D. Colson et al.,2008) lors de ses recherches :

Selon la position que nous adoptons, soit la gravité aide le bébé à être contre nous et à utiliser ses réflexes innés favorisant la prise du sein et le transfert du lait, soit au contraire elle l’éloigne de nous et par conséquent de notre sein ! Ces recherches ont également identifié chez les mamans des comportements innés susceptibles de favoriser l’allaitement lorsqu’elles sont encouragées à s’installer confortablement. Il ne s’agit donc pas de positions « enseignées » à reproduire de façon directive. Pour expliquer ce que peut être s’installer confortablement, Mme Colson évoque les positions que nous sommes susceptibles de prendre pour regarder tranquillement un film à la télé !

 

Voici donc par excellence « la » position dans laquelle la gravité vous aide en rapprochant naturellement votre bébé de votre corps, de votre sein plutôt que de l’en éloigner : la position en « BN » ( Biological Nurturing®) ou « laid-back position ». * Votre corps offre un large support à votre bébé : tout votre buste lui sert librement d’appui. En pliant vos jambes, vos cuisses donnent un appui aux pieds de votre bébé. Il peut donc utiliser toutes ses compétences. Vos bras sont libres pour finir de guider sa tête et/ou votre sein. Vous pouvez laisser reposer votre nuque sur un coussin et être confortablement installée durant toute la tétée. Vous êtes tous deux placés un peu comme une chatte et ses chatons pour allaiter naturellement en respectant les données biologiques.

Cette façon d’accueillir le bébé au sein permet de l’orienter de multiples façons en fonction de vos morphologies respectives. Parfois, le bébé se retrouve plutôt vertical, parfois en position transversale, parfois en position oblique sur votre buste… A chaque maman, chaque bébé et chaque âge sa combinaison. Le degré d’inclinaison de votre dos obtenu par le glissement du bassin peut être modifié à souhait selon votre confort, votre contexte. Par exemple, avec un bébé âgé de 6 mois en zone publique une petite inclinaison permettra une tétée très discrète et confortable pour vous deux !

« De multiples positions en une ! »

L’inclinaison de votre buste a amené certains à l’appeler « position transat », un joli nom qui appelle au  repos. Imaginez-vous à mi ombre, sous les arbres en train de déguster tranquillement un jus de fruits frais pour un moment de détente. Un tel moment, vous en rêviez. Mais avec l’arrivée de bébé, impossible de s’octroyer ce petit moment. Voyons si vous pouvez le faire. Placez simplement votre bébé sur le sein, chaque tétée peut être une occasion de vous détendre en même temps.

Petit cadeau de la nature, cette position respecte si bien vos compétences biologiques de mère et celles de votre nouveau-né que c’est aussi une de celles qui facilite le plus une prise du sein optimale lorsque vous êtes tous deux en apprentissage. Ainsi, de nombreux cas de crevasses qui ne sont pas parfaitement soulagés par la madone inversée*(article suivant) deviennent indolores et guérissent dès l’instant où l’on bascule le bassin pour se laisser glisser dans cette position car la prise su sein est encore meilleure !

 

Ce que les mamans en disent : « Qu’est ce que je me sens bien comme ça ! »

Le plus souvent, l’essayer c’est l’adopter !

 

 Fiche technique de la position « Biological Nurturing® » :

 

Confort maternel      ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ★ ★

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Tétée facile à l’extérieur ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ★ ☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ★ ★

Remettre au sein après prise du biberon sur période prolongée

★★★☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Comment s’installer pour allaiter ? https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/ https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/#respond Mon, 03 Jul 2017 20:15:41 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1576 La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable. Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner … Continuer la lecture de Comment s’installer pour allaiter ?

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La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable.

  • Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner mon bébé ? », « J’ai entendu dire que pour éviter les crevasses il faut positionner son bébé correctement, est-ce vrai? »
  • et très déraisonnable, mais révélateur de la situation de notre époque vis-à-vis de l’allaitement maternel : conceptualiser à l’écrit un geste lié à une activité biologique « naturelle », un geste qui devrait être observé dans la vie quotidienne depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte pour être tout simplement reproduit sans même y penser le jour venu…tout comme nous apprenons les bases de la cuisine en passant du temps à côté de tous ceux qui préparent les repas pendant notre enfance !

Alors pourquoi ai-je décidé de l’écrire tout de même ? Pour vous donner le plus possible les clés pour vous sentir le plus possible à l’aise une fois bébé arrivé !

« À l’aise », c’est notamment de là que tout part : vous sentir confortablement installée pour vous occuper de votre bébé et interagir avec lui. Alors, pour « apprendre » à positionner bébé nous allons ensemble avant tout « désapprendre ». Comme dit le vieil adage : « Qui trop se hâte reste en chemin »

Désapprendre les directives : pendant que vous êtes en train d’essayer d’apprendre ce qui serait une « bonne » ou une « mauvaise » position, en regardant un schéma stéréotypé vous risquez de vous focalisez sur des points non essentiels. La priorité est d’apprendre à vous relier à vos propres sensations et au comportement de votre bébé afin de se positionner par réponse à ce qui se vit entre vous deux.

Plutôt que de raisonner en terme de « bonne » ou « mauvaise » position, percevoir que nos bébés, tout comme nous, ont des morphologies et des tailles différentes créant ainsi un éventail très large de possibilités de positionnement au sein autant que de couples mère-enfant différents ; ainsi ce qui fonctionne pour les uns ne fonctionnera pas forcément pour les autres et il est bien réducteur de « décrire » 5 ou 6 positions au regard de la diversité des mères et des bébés !!

Plutôt que d’entretenir l’idée terrifiante qu’il y a des bébés qui « ne veulent pas » téter, assumer le fait que ce bébé et sa maman n’ont pas été installés dans un environnement et une position qui permette à tous deux de parvenir à allaiter, le plus souvent par oubli de prise en compte des caractéristiques morphologiques individuelles et des compétences respectives d’une mère et de son nouveau-né, des contraintes inutiles empêchant ces compétences de s’exprimer.

 

Alors avant de vous lancer à corps perdu, et l’expression n’est pas vaine, sur un panorama des positions les plus fréquemment utilisées et appréciées, ce qui serait contre-productif, prenons le temps de cet exercice d’ici au prochain billet pour mieux gagner en confiance et cheminer vers cette extraordinaire rencontre avec votre bébé.

Prenez le temps pour vous-même, avec une serviette roulée faisant office de bébé, de sentir, repérer et « noter » dans votre corps toutes les positions dans lesquelles vous vous sentez bien et détendue tout en ayant à maintenir contre votre buste ce « poupon » improvisé ;  faites-le en réalisant que ce confort à trouver n’est pas pour 2 minutes mais plutôt pour 30 minutes… plusieurs fois par jour ! Observez les sensations de votre dos au niveau des lombaires, des épaules, de la nuque : êtes-vous bien relâchée ?  Les sensations de vos bras : pouvez-vous les utiliser facilement sans lutter pour tenir la posture choisie? Et vos jambes ? Trouvez les positions pour lesquelles vous avez le moins d’efforts à faire.

Observez vos seins : dans toutes ces positions comment se placent-ils naturellement, où se dirigent alors vos mamelons (vers le haut, le bas, le côté ..?), où se placerait donc votre bébé pour les atteindre ? Comment serait son corps ?

 

Prêtes ? Alors allez-y avec joie et décontraction, amusez-vous de vos observations et essais !

À très bientôt dans le prochain billet pour la suite !

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC
[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

 

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Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/#comments Wed, 24 May 2017 09:39:42 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1559 La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite. Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ? Je me … Continuer la lecture de Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ?

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La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite.
Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ?
Je me rappelle de voisines âgées de 80 ans, heureuses de me parler de leur allaitement et qui évoquaient leurs “gerçures”. Ce problème n’est donc pas si récent en France ! Et il continue ! Soyons clairs, la douleur en allaitement voire, la douleur « tout court » n’est pas normale.

Un signal émis par votre corps

La douleur est un symptôme. Elle vous signale qu’il y a un problème. De la même manière que vous ressentez une douleur fulgurante en posant votre main sur une plaque de cuisson brûlante, la douleur aux mamelons suggère que ce qui se passe n’est pas normal. Bien entendu, la maman ne retirera pas son bébé du sein aussi spontanément, et pourtant, combien sont tentées de le faire ? Et on les comprend.

Un cadre pour vous aider à distinguer la normale de l’anormale

Une sensibilité plus ou moins vive durant les 20 à 30 premières secondes de la tétée, au cours des tous premiers jours, est acceptable si et seulement si le mamelon ressort de la bouche de bébé aussi intact qu’il l’était avant la toute première tétée, c’est à dire sans changement de couleur, de forme, que son aspect n’est ni pincé, ni replié, ni aplati, et sans lésion d’aucune sorte.

Les causes de cette sensibilité sont connues : nous sommes alors en plein pic de prolactine, qui sensibilise nos seins et nos mamelons, la vascularité est accrue. Il faut des seins qui répondent très vite aux stimulations de l’enfant, et qui reçoivent très vite hormones, nutriments et autres  composants du lait. Les fibres collagènes sont étirées, la kératine peut manquer encore un peu, et les muscles du mamelon se font étirer. On parle même d’une espèce d’élongation musculaire.

Le fait qu’en début de tétée, il n’y ait pas un grand volume de colostrum/lait participe aussi à cette sensibilité ; et le soulagement apparaît très vite avec notamment le flot de lait.

Ce cadre vous permet de comprendre que :

  • Si l’on a mal au-delà des 30 premières secondes de la tétée ou bien entre les tétées,
  • Si le mamelon a changé de couleur (ex. : il a blanchi, soit toute la face du mamelon, soit une ligne diagonale au bout du mamelon),
  • Si le mamelon est pincé, aplati, qu’il prend la forme d’un tube de rouge à lèvre neuf,
  • Si le mamelon comporte une lésion, une fissure, une ampoule (même petite), une sorte de « suçon »

ce n’est pas normal, même si on n’a pas mal !

L’aspect de votre mamelon est le signe visuel avant la crevasse

La cause courante des crevasses est une mauvaise prise du sein en bouche. Au lieu d’attraper une grosse bouchée de mamelon et d’aréole, le bébé prend le sein de façon « superficielle ». L’angle que forment ses deux mâchoires est plutôt petit (inférieur à 120°) et surtout, ses lèvres sont refermées sur le mamelon, alors qu’elles devraient être apposées souplement (et ourlées vers l’extérieur) loin sur l’aréole, surtout la lèvre inférieure.

Le mamelon ressort de la bouche aplati, pincé, parfois légèrement, parfois plus fortement.  L’on va constater également qu’il y a une petite bande blanche en travers de la face du mamelon.

La couche superficielle de la peau du mamelon se déchire. La crevasse est là. De tétées en tétées, la dégradation continue, la fissure s’agrandit en profondeur, en longueur et en largeur.

Quelques pistes

Certaines crevasses apparaissent plus précocement, et il y a un risque qu’outre la mauvaise prise en bouche, il y ait un problème au niveau des structures orales de l’enfant, comme un problème de freins (de langue, de lèvre). Vous pouvez profiter de votre séjour en maternité pour solliciter l’avis du pédiatre ou de l’ORL à ce propos.

Il arrive également qu’un blocage empêche votre enfant d’ouvrir pleinement la bouche, de basculer la tête en arrière, d’utiliser librement tous les muscles au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres. Là, c’est peut-être un ostéopathe qui pourra vous aider.

Certains enfants encore serrent très fort, et pincent le mamelon parce qu’ils ne sont pas suffisamment maintenus contre leur mère et qu’ils ont peur de tomber. Un soin sera alors apporté à la position du bébé au sein.

Un soin souvent oublié

Toute plaie, y compris une plaie au mamelon, mérite, dès son apparition, un nettoyage soigneux à l’eau chaude savonneuse puis un traitement qui va l’aider à cicatriser. Un peu d’eau courante ou de sérum physiologique puis un onguent adapté, ou du lait maternel, voire un pansement Hydrogel spécifique (s’il n’y a pas d’infection) pourront aider à cicatriser et surtout, à maintenir en bon état d’hydratation.

Gardons à l’esprit que se « tartiner » de crème sans douleur ni lésion est inutile, de même qu’appliquer une grande quantité de crème sans rien changer dans la prise du sein en bouche, ni rechercher les causes, ne fait que ralentir les dégradations.

Enfin, certains protocoles prévoient qu’on utilise une crème médicamenteuse antibiotique et antifongique lorsque la plaie peine à se refermer. Un avis médical est alors nécessaire. Il s’agit de prévenir une infection, de protéger le mamelon et le sein. Il convient là encore de rechercher soigneusement la cause des lésions afin de résoudre le problème, et de limiter les risques d’infection ou de développer une pathologie mammaire.

Conclusion

Ce qui importe, c’est de toujours réagir au plus tôt quand une lésion quelle qu’elle soit, et/ou une douleur se présentent. Mon meilleur conseil est de ne jamais trop tarder à résoudre le problème. Je ne vous ai cité dans ce billet que quelques-unes de causes courantes de survenue de lésions des mamelons. La check-list est bien plus importante. Si vous souffrez, je vous encourage à solliciter une consultation avec une véritable professionnelle de l’allaitement, qui observera une tétée, et aussi vos seins, votre enfant, et qui, par ses connaissances, saura identifier ce qui ne va pas, et vous aidera à aborder la suite de votre allaitement en toute harmonie !

 

[Références] : Cox ; Dodd ; Ingle (gold08) ; McClellan ; Potter ; Prime ; Walker ; Wilson-Clay & Hoover ; Woolridge; Ziemer;

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie) https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/ https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/#comments Tue, 02 May 2017 15:21:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1551 Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que … Continuer la lecture de Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie)

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Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que l’heure de la tétée arrive et la maman s’assoit droite. Et c’est là que démarrent les difficultés. Voyons comment la « stabilisation » et la « géolocalisation » vont pouvoir vous aider. Ces astuces sont valables pour toutes les positions où vous êtes assise droite : madone, madone inversée, ballon de rugby, à califourchon et où vous êtes allongée sur le côté.

L’assise peut être problématique

Etre assise droite nous empêche d’avoir notre enfant dans une position qui favorise le crawl. Nous devons alors l’allonger sur un de ses côtés, et le placer à l’horizontale, ou en oblique. Ce qui fait de nous les seuls mammifères à horizontaliser

leurs bébés, soit dit entre nous ! Cela peut s’avérer douloureux en cas de sutures (épisiotomie, déchirures) ou d’hémorroïdes. Notre corps est soumis à des contraintes : nous devons faire des efforts pour garder cette posture tout au long de la tétée, et tenir/retenir l’enfant. La gravité terrestre devient notre ennemi qui entraîne une fatigue musculaire dans notre dos, notre cou et nos bras.

Si vous vous relâchez, votre enfant peut vous envoyer des messages « tiens-moi mieux, je ne peux pas passer à table ». En outre, l’enfant peut se cambrer et partir en arrière avant de rebondir contre le sein et s’agiter à nouveau. Cela vous oblige à des efforts musculaires intenses pour le ramener contre vous. Il arrive parfois que dans ces moments d’agitation, le bébé ne parvienne à saisir que ce qui dépasse du sein, à savoir le mamelon ! Et il sert très fort pour ne pas tomber, ce qui occasionne souvent une mauvaise prise en bouche et des blessures.

Assise droite peut donc être très fatigant sur le plan musculaire ! C’est pour ça que certaines utilisent un polochon d’allaitement. Voyons quels repères vous permettent de l’utiliser à bon escient.

Stabilisation

Lorsque vous vous asseyez droite, vous devez tenir fermement votre bébé contre vous. Les points de maintien sont l’un au niveau de ses hanches/fessiers, l’autre au niveau des omoplates. Cette stabilisation ferme doit être également répartie à droite, à gauche à l’exemple des « pompes » du sportif. Cela procure un rapport de force équilibré et de la précision pour les mouvements du cou, de la tête, de la bouche qui vont suivre ! Et c’est très important pour un enfant dont on sait que même né en bonne santé et à terme, il lui manque du gainage musculaire !

Imaginez-vous que vous et votre enfant êtes deux pièces d’un puzzle qui s’imbriquent l’une dans l’autre. Dès lors que l’enfant est totalement à l’horizontale ou en oblique, vos corps, vos collines et vallées mutuelles s’épousent harmonieusement. On comprend mieux pourquoi un polochon d’allaitement est utile à condition que l’enfant ne soit pas « dans le trou » ou qu’il n’éloigne pas l’enfant de vous !

La tête chercheuse et la pelleteuse-chargeuse

L’enfant démarre sa séquence de recherche puis de prise du sein en bouche. Il va vouloir développer les mêmes schémas que ceux que nous pouvions voir avec le crawl ; simplement, parce que vous êtes assise droite, vous êtes obligée de maintenir assez fermement votre enfant contre vous. Les réflexes de l’enfant sont restreints, et moins nombreux. Leur manifestation est partiellement modifiée. Ne voyez-vous pas votre bébé « monter », se déplacer vers l’extérieur, « dépasser » votre sein ? Dès le moment où la plante de ses pieds sera en contact avec quelque chose, il s’en servira comme d’un tremplin pour grimper d’un ou deux centimètres. Il aura ainsi tendance à « grimper » trop haut.

Géolocalisation : l’enfant aborde le sein « par en bas »

Votre repère d’installation sera d’amener votre enfant contre vous et d’apporter un maintien. Si vous présentez le mamelon juste devant la bouche du bébé, par réflexe, il risque d’ouvrir la bouche en basculant la tête en arrière et s’énerve, stresse, pleure… Au moment de la prise en bouche, veillez plutôt à ce que son menton touche la partie inférieure de votre sein et que votre mamelon pointe et effleure le sillon sous-nasal (ou philtrum). Il bascule en arrière sans décoller de vous, bouche béante, il rabat alors le haut de son crâne, sa lèvre supérieure se pose sur l’aréole. Vos gestes n’entravent pas sa nuque. Cela n’a rien d’incompatible avec votre main qui, peut-être, soutient votre sein, ou bien qui l’aplatit pour lui donner une forme de « sandwich ».

Le crawl est-il à faire tout au long de l’allaitement ?

Démarrer vos premières tétées, les premiers jours, en position inclinée en arrière, dans l’optique d’un « crawl », c’est ne pas trop se compliquer la vie, éviter une trop grande fatigue, et diminuer les risques de douleur et lésions. Quand vous aurez fait votre apprentissage, vous pourrez tricher en vous asseyant droite sur votre sacrum plutôt que sur vos ischions. Décalez un peu vos fesses, par rapport à l’assise du canapé. Moins inclinée qu’avant peut-être, vous ne serez pas non plus droite comme un « i ». Votre bébé et vous-mêmes serez devenus plus experts dans votre installation personnelle et mutuelle. Une large partie des étapes d’installation initiale aura disparu, vos tâtonnements respectifs également.

Pour vous faciliter la vie, un conseil : n’attendez jamais que votre enfant ait faim pour vous installer. Essayez de privilégier des périodes de peau à peau avec votre enfant qui offre un dialogue accru et touche au mental, au physiologique, au biochimique.

Je conclurai sur une anecdote : la position inclinée en arrière consiste à vous mettre dans une position mi-assise droite, mi allongée à plat dos (ex. : en salle de naissance).  Il y a 18 ans j’avais inventé la position « avachie cool sur le canapé », et on peut trouver cette expression sur des pages web que j’ai rédigées. Mon motif à l’époque, était surtout le confort et la relaxation qui allaient de pair. Il y a une petite dizaine d’année, une sage-femme, Susanne Colson, a réalisé de nombreux travaux sur une position qu’elle a nommé Biological Nurturing®, où l’enfant exprime plus de 20 réflexes de séquence de recherche et de prise en bouche du sein. La mère est inclinée en arrière. Je vous encourage à visiter son site, pour découvrir des photos qui ouvriront le champ de possibles adaptations.

Références :

  • Amiel-Tison, qui a fait des découvertes intéressantes en neurologie pédiatrique, on la retrouve aussi dans les impacts des pratiques autour du travail et de l’accouchement, qui n’a cependant absolument pas vu les implications qu’elles pouvaient avoir en rapport avec l’allaitement au sein, et qui ont partiellement servi de base pour d’autres chercheurs, par rapport à l’allaitement:-)
  • Colson, Suzanne ; Gangal & Baghat (Gold14) ; Genna-Watson, Catherine ; Glover ; Morris & Klein ; Odent,Michel ; Righard & Alade ; Schore, Alan ; Smillie, Christina ; üvnas-Möberg ; Widström

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

Vous êtes en salle de naissance, allongée inclinée en arrière, votre enfant naît. Le personnel vous le présente, le sèche, et le dépose sur votre poitrine. Tandis que le personnel vous surveille, vous liez connaissance avec votre enfant. Vous le caressez, vous souriez, vous riez, vous pleurez peut-être. Parfois, il a fallu donner un soin à votre bébé, et voici qu’il est contre vous. Vous êtes assez confortable si l’on fait abstraction des tensions physiques du travail et de l’accouchement. Vos mains caressent votre enfant, elles le contiennent, il repose totalement sur vous. Après une période de repos normale et physiologique, votre bébé entame le crawl (ramper en anglais). Vous remarquez qu’il « grimpe » le long de votre corps, à l’aide de ses bras, de ses jambes. Il tape de la plante des pieds contre votre cuisse, et se hisse de peut-être deux centimètres vers votre poitrine. Ou encore, il glisse le long de votre corps, le menton en appui contre votre peau, le nez vers le haut ; il renifle vos seins et cette odeur le guide. Votre enfant vous fait la démonstration d’une véritable tête chercheuse. Et si votre voix le dirige, c’est le parfum de vos seins qui fait office de guide suprême. Notons qu’il est recommandé d’éviter de se « récurer » le torse avant l’accouchement. C’est aussi pourquoi l’on recommande de plus en plus de sécher l’enfant à l’exception de ses mains et avant-bras. Laissez les bras et mains de votre bébé tranquilles. Avez-vous remarqué que si votre enfant place sa main à un endroit, et que vous la retirez « par exemple parce que cette main vous bouche la vue » alors votre enfant s’agite, stresse, voire pleure ? C’est tout simplement parce que votre enfant a besoin de ses mains et de ses bras pour entamer la séquence naturelle de sa tétée.

Puis votre bébé avance une main, pétrit votre sein. Il balaye votre poitrine avec ses joues, et c’est étonnant car de votre point de vue, on dirait qu’il dit « non ! ». En réalité, il recherche le sein. Votre bébé semble en repos, quand soudain il se propulse sur le sein qu’il a choisi. Le mouvement, d’une grande amplitude, peut sembler violent. Il fait le pivert, lève la tête haut, puis la laisse retomber sur votre sein, relève la tête, la relaisse tomber, se redresse, plante le menton dans le sein, et son menton faisant office de chargeur du BTP, « ham ! » le saisit en bouche, d’un coup, alors que ne vous y attendiez pas.

A moins que votre enfant n’ait un défaut anatomique, ou bien un blocage au niveau des structures orales ou de ce qui les alimente, cette prise en bouche est profonde. Ses mâchoires forment un grand angle (>120°). Ses lèvres sont ourlées souplement et solidement sur l’aréole. Il prend une grande partie d’aréole en bouche, davantage en bas qu’en haut. Son menton est enfoncé dans le sein, et son nez est légèrement décollé.

Cet ensemble de séquences a demandé plus d’une heure. En effet, les enfants prennent le sein environ 50 mn après leur naissance, en supposant qu’ils n’aient pas été séparés de leur mère, qu’ils aient été posés sur le torse maternel et séchés. Certains enfants auront besoin d’une vingtaine de minutes de plus.

Instant magique, suspendu dans le temps. Voilà un moment merveilleux que la plupart des jeunes mères peuvent avoir la chance de vivre, pour peu qu’on laisse le bébé dérouler son enchaînement naturel sans le brusquer ni l’en détourner.

Parfois, cette première tétée n’a pas pu avoir lieu, pour diverses raisons. J’encourage alors les mamans à réaliser un véritable peau à peau : pas de soutien-gorge, pas de vêtement sur le devant du torse, enfant en couche et éventuellement avec un bonnet, une couverture ou un linge adapté sur le dos de l’enfant, et se donner du temps ! Lorsqu’on démarre un allaitement, maman et enfant ont des compétences, mais ils sont novices. Ils peuvent tâtonner, et c’est normal.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus).
En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel.

 

 

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Lait humain et microbiote. L’immunité de toute une vie ; un enjeu sérieux. https://www.leblogallaitement.com/lait-humain-et-microbiote-limmunite-de-toute-une-vie-un-enjeu-serieux/ https://www.leblogallaitement.com/lait-humain-et-microbiote-limmunite-de-toute-une-vie-un-enjeu-serieux/#comments Tue, 06 Dec 2016 13:45:34 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1479 Lait humain : un contenu en sucres particulièrement adapté Les études le prouvent : le lait maternel est l’aliment parfaitement adapté au nourrisson. Cette affirmation est souvent mise en avant, à juste titre, pour encourager les mères à allaiter. Mais adapté jusqu’à quel point ? Lumière sur les sucres riches d’un point de vue nutritif mais … Continuer la lecture de Lait humain et microbiote. L’immunité de toute une vie ; un enjeu sérieux.

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Lait humain : un contenu en sucres particulièrement adapté

Les études le prouvent : le lait maternel est l’aliment parfaitement adapté au nourrisson. Cette affirmation est souvent mise en avant, à juste titre, pour encourager les mères à allaiter. Mais adapté jusqu’à quel point ? Lumière sur les sucres riches d’un point de vue nutritif mais également pour la mise en place de l’immunité. Les résultats de recherches continuent à s’accumuler et lèvent peu à peu le voile sur les mécanismes mis en œuvre. Des sucres particuliers très importants : les oligosaccharides.

Le lait contient des sucres, toutes sortes de sucres. Il y en a toute une ribambelle, selon le type de molécules qui les composent, leur forme dans l’espace, le nombre et le type d’unités simples qui se lient. On trouve ainsi :

  • des sucres simples formés d’une seule unité comme le glucose, le fructose ou le galactose
  • des disaccharides comme le saccharose ou le lactose formés de deux unités unies
  • des oligosaccharides formés de plus de deux unités (et jusqu’à 10 environ).

Une spécificité du lait humain

Le contenu en oligosaccharides du lait humain est particulier : ils représentent le troisième composant le plus abondant et sont d’une diversité énorme avec de grandes variations dans le sucre de base, la structure spatiale, le nombre de sucres simples dans la chaîne (entre 3 et 6) et les liens qui peuvent être faits avec d’autres molécules. Cela leur confère toute une gamme de propriétés biochimiques. A l’heure actuelle, plus de 150 structures ont été identifiées.

Ajoutons que la composition en oligosaccharides est différente selon les individus et varie également tout au long de la période de lactation.

Parmi ces oligosaccharides, certains sont particulièrement complexes : composés de nombreux sucres unités différents et des liaisons très difficiles à couper. Rien ne peut les casser : ni les enzymes pancréatiques, ni les enzymes des membranes intestinales, ni les enzymes présents également dans le lait maternel. En conséquence, ils parviennent entiers dans le gros intestin où non digérés, ils sont susceptibles d’être pris en charge par différents types de micro-organismes.

La plupart des laits des autres mammifères domestiques ont un contenu en oligosaccharides beaucoup plus faible (une concentration 10 à 100 fois moindre).
Dans le colostrum, la concentration en ces sucres complexes peut atteindre 20g/l. Pour le lait plus mature, la concentration est encore de l’ordre de 10 g/l.
De plus, les oligosaccharides du lait d’autres mammifères sont beaucoup moins complexes.

Quelles conséquences ?

Il a souvent été constaté une différence dans la composition du microbiote des enfants allaités par rapport aux non allaités (à l’âge de un an).  Moins diversifié, le microbiote des enfants consommant le lait de leur mère est plus riche en bifido-bactéries.
Ce n’est pas un hasard. En effet, une grande partie de leurs gènes est consacrée à la cassure des liaisons des oligosaccharides les plus complexes du lait humain pour la récupération d’énergie. Et voilà comment sélectivement, les bifido-bactéries deviennent les membres prépondérants dans le microbiote (environ 95 % de la population totale) d’un enfant nourri au lait maternel, riche en oligosaccharides non digérés.

NB : les oligosaccharides du lait humain ne sont pas les seuls éléments « bifidogènes » ; les protéines telles que lactoferrine ou lactalbumine jouent également un rôle important.

Conséquences sur l’immunité

En dégradant ces sucres spéciaux, les bifido-bactéries produisent des acides ce qui a pour conséquence de diminuer le pH, préjudiciable pour le développement des « pathogènes ».

Mais le rôle des oligosaccharides non digérés ne se réduit pas  simplement à nourrir les bonnes bactéries. Ils possèdent également l’atout fantastique de présenter la bonne clé permettant de s’associer aux pathogènes, en servant de leurre. Ainsi, déjà accrochés aux sucres complexes, ces derniers n’adhèrent plus aux surfaces de l’épithélium intestinal.

Les oligosaccharides peuvent également se lier aux cellules de l’intestin. Ils envoient alors un signal aux cellules en question, ce qui modifie l’expression et l’activité de certains gènes. Les récepteurs changent alors de forme, l’élément pathogène ne peut plus s’accrocher. La barrière intestinale devient alors plus efficace (ceci est le résultat d’études in vitro qui doivent encore faire l’objet de recherches complémentaires).

Ces oligosaccharides ou sucres complexes, particulièrement présents et diversifiés dans le lait humain, semblent bien être d’excellents alliés pour promouvoir la santé de nos enfants et ce, en agissant sur plusieurs plans.

Ceci est vraiment essentiel notamment pour ceux qui en ont le plus besoin : les prématurés dont la barrière intestinale n’est pas très efficace et qui sont sensibles à l’entérocolite nécrosante (les dons de lait humain restant malheureusement très insuffisants). D’autres recherches ont également montré de grands bénéfices liés au contenu en oligosaccharides du lait chez des enfants allaités de mères porteuses du HIV.

Références :

Boehm G., et al.,  Journal of Nutrition, 2007 et 2008

Engfer M. B., et al.,  American Journal Clinical Nutrition, 2000

Bode L., et al.,  Glycobiology, 2012
Bode L., American Journal Clinical Nutrition, 2012

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] :  De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant il y a 14 ans, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.

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SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/ https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/#comments Thu, 06 Oct 2016 13:52:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1446 Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils. En parallèle, un nombre important de conseillères se … Continuer la lecture de SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés

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Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils.

En parallèle, un nombre important de conseillères se demandent, s’attristent et s’offusquent même de constater que leurs recommandations n’ont pas été suivies. D’autant que parfois, ne pas parvenir à initier un changement dans une situation donnée  peut se révéler très problématique, et déclencher une pathologie mammaire, ou induire un stade plus avancé de la pathologie qui nécessitera une prise en charge médicale plus intrusive.

Des mots que j’adresse aujourd’hui aux personnes ressources et soignants et aux mamans et familles pour que des mères reprennent confiance en elles et puissent dépasser le cap, et pour que les soignants et bénévoles soient avertis et adaptent leur soutien.

Un constat premier est celui que la future maman dans son 3ème trimestre et la jeune accouchée dans les premières semaines postpartum sont naturellement dans un état pro‐inflammatoire (1). De récentes recherches en psycho‐neuro‐immunologie nous apprennent que tout stresseur psychologique et / ou physique peut déclencher une réponse inflammatoire de laquelle découlera un état dépressif.

La psycho-neuro-immunologie (PNI) est une science en plein essor. Des études ont constaté que l’inflammation était l’un des facteurs impliqués dans la pathogenèse de la dépression. Au départ, les chercheurs ont considéré que l’inflammation n’était que l’un des facteurs de risque parmi de nombreux autres. Toutefois, les recherches les plus récentes suggèrent un nouveau paradigme : le stress physique et psychosocial augmente le niveau d’inflammation. L’inflammation ne serait donc plus un simple facteur de risque, mais LE facteur de risque sous-jacent à tous les autres. Le niveau d’inflammation est significativement plus élevé pendant le dernier trimestre de la grossesse, ce qui rend la femme particulièrement vulnérable. En outre, l’adaptation au rôle de mère (manque de sommeil, douleur, etc.) augmente le stress, qui, à son tour, accroît l’inflammation. Ce nouveau paradigme permet de répondre à une question importante : pourquoi les facteurs de stress physiques ou psycho-sociaux augmentent-ils le risque de dépression ?

L’allaitement, on le sait,  joue un rôle majeur dans l’état émotionnel de la mère. Des études ont montré qu’il avait un impact calmant, qu’il abaissait le taux sanguin des hormones de stress, et la réactivité maternelle au stress. Il est donc particulièrement important de le protéger. (2)

Prenons l’exemple d’une maman souffrant de crevasses. La crevasse est une lésion, accompagnée d’un état de stress et d’une sensibilité allant de légère et supportable à une douleur à la limite du tolérable. Cette crevasse, porte d’entrée aux microbes, fait qu’une réaction du système immunitaire se déclenche sur un corps prédisposé à l’inflammation. Au système immunitaire activé, ajoutons les facteurs stressants que sont la douleur, l’angoisse de la tétée présente et de la prochaine, et poursuivons avec les effets chimiques et hormonaux qui découlent de tout ce processus…

Vous avez deviné : une mère qui souffre de crevasse(s) se retrouve dans un état dépressif temporaire, qui n’a rien à voir avec la dépression post-partum ni le baby‐blues, et cet état disparaîtra dès que la crevasse sera traitée.

Ainsi, nous, soignants ou accompagnants bénévoles sommes aux côtés de la maman en détresse, la conseillons en connaissance de cause. Nous l’abreuvons d’instructions qu’elle ne peut mémoriser totalement et efficacement. La maman se trouve très vite face à un mur insurmontable : « Tout ça à changer ? Je ne pourrai pas ». En effet, le propre d’un état dépressif est que tout devient un obstacle toujours trop important pour être dépassé. La crevasse empirera l’inflammation, de même que l’état dépressif entraînant la mère dans un cercle vicieux qui peut mener au sevrage pur et simple. Avec le sevrage, la cicatrice guérit puisque le mamelon n’est désormais plus abîmé, et avec la guérison de la crevasse, l’état dépressif lié à l‘inflammation disparaît ; la maman se trouve enfin libérée, plus de douleur et enfin « bien dans sa tête ».

Une des solutions efficace consiste à rechercher et trouver avec l’aide d’une personne compétente la cause du « rabotage »  du mamelon qui va permettre que la crevasse guérisse, que l’allaitement soit maintenu, que la douleur disparaisse, et de fait en supprimant tous ces facteurs stressants, que cet état dépressif temporaire s’efface.

Si l’on considère maintenant le cas d’une mastite, la maman se trouve directement en état inflammatoire (et non forcément en état infectieux). La mastite peut être accompagnée de crevasses. L’état inflammatoire de la mastite génère le même processus au niveau changement d’humeur que l’inflammation liée à la crevasse. Il faut vider le sein atteint le plus profondément, le plus souvent possible, alternant massages, tétées, extraction manuelle/pompage, et ne pas attendre que ce sein se re‐remplisse pour le vider à nouveau. Ne pas oublier que l’autre sein doit être vidé également pour ne pas tomber malade à son tour.

Toutes ces informations et conditions peuvent submerger la maman. Elle bataille dans sa douleur existante. On l’arrose de conseils qui lui permettraient de ne pas entrer en état de pathologie. En vain. Elle ne parvient plus à se projeter dans une évolution positive ni même négative. Elle vit le moment présent intensément, et celui-là est loin d’être plaisant. La mastite inflammatoire risque de devenir infectieuse, et de déboucher sur un abcès ; les enjeux peuvent être conséquents ! Lorsque la personne ressource vient aux nouvelles, et que la maman avoue qu’elle n’a pas pu tout faire ; qu’elle s’est couchée et a dormi 8 heures d’affilées alors que son sein malade était encore plein, la ressource frémit en son for intérieur : « mais pourquoi n’a‐t‐elle pas suivi mes conseils ? ». Alors que c’est encore d’empathie et de compréhension que la mère a besoin.

Sachez chères mamans que nous vous comprenons et nous devons accepter ensemble cet état. C’est ainsi que nous trouverons le juste moyen pour la voie rapide de guérison.

J’ai bon espoir qu’une maman qui comprend que son état pseudo-dépressif est causé par la crevasse ou la mastite. Ce n’est pas tant lié à son allaitement. C’est alors une maman qui s’accordera une chance supplémentaire d’aller plus loin, de franchir les obstacles, de dépasser son état de dépression temporaire. Et ce travail sur elle‐même sera d’autant plus facilité que la personne ressource, soignante ou bénévole l’entend dans son état.

Pour conclure, cet état dépressif temporaire, lié à une crevasse ou une mastite disparaît dès que la cause de la crevasse est éliminée ou que la mastite a guéri ; il ne doit pas être confondu avec un état de dépression post-partum, de baby‐blues ou de psychose puerpérale.

(1) Recherche Psycho‐neuro‐immunologie ; dépression inflammation et allaitement : Amir, 1996 Kendal‐Tackett, 2007

(2)     Article sur la dépression du post-partum, paru dans les Dossiers de l’Allaitement n°74 (Janvier – Février – Mars 2008)

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Allaiter avec des seins petits https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/#respond Mon, 19 Sep 2016 19:15:35 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1439 Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y a‐t‐il des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande … Continuer la lecture de Allaiter avec des seins petits

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Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y atil des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande mammaire généreuse peuvent se poser. A une époque où le « manque de lait » et les crevasses continuent d’être des complications courantes, je vous propose un petit tour d’horizon.

Auraije assez de lait ?

Un sein petit n’est pas un sein hypoplasique (1) (dont la glande mammaire s’est mal développée) ; « Estce que le sein est petit et au contour arrondi et lisse, ou bien estce qu’il semble manquer du volume à un endroit ? ».

Huggins et al ont déterminé qu’il est possible d’identifier les femmes ayant des seins hypoplasiques, et de déterminer la probabilité d’insuffisance lactationnelle. Physiquement, les seins des femmes présentant une insuffisance de tissu glandulaire (IGT) peuvent être largement espacés, de forme tubulaire, et /ou asymétriques. L’examen des caractéristiques physiques et le compte-rendu par les femmes elles-mêmes des modifications durant la grossesse ou le post-partum précoce – à savoir la forme des seins, les vergetures, l’importante distance entre les seins, l’asymétrie de la poitrine, ainsi que le volume de lait que le bébé reçoit et les quantités exprimées au tire-lait juste après les tétées sont des indicateurs amenant à diagnostiquer une hypoplasie pouvant expliquer une insuffisance de lactation.

Un sein petit contient une glande parfaitement fonctionnelle, et j’ai rencontré de nombreux cas où la glande mammaire occupait tout le volume du sein, où il n’y avait plus de graisse palpable. Les craintes qu’avoir des seins petits soient insuffisants pour nourrir pleinement un enfant proviennent assurément des anciennes recommandations qui voulaient qu’on allaite toutes les 34h ; à cette époque et avec ces conseils peu avisés, des seins petits pouvaient effectivement ne pas suffire.

Aujourd’hui, nous en savons bien plus sur les seins et la production de lait ; nous savons qu’une maman ayant des seins de petite taille peut nourrir complètement son enfant ; elle proposera le deuxième sein dès le moment où le premier sein sera bien vidé, bien souple à la palpation ; et elle allaitera probablement plus fréquemment qu’une maman dont la glande mammaire est plus généreuse.

Vous noterez que je parle de glande mammaire et non de taille ni de volume du sein ; car ce n’est pas tant la taille extérieure qui importe en lactation, c’est la présence et la répartition de la glande mammaire.

Il faut aussi s’appuyer sur le fait que la glande mammaire peut encore se développer notamment durant le premier mois après la naissance, dès le moment où il y a des tétées suffisamment fréquentes et bien sûr efficaces.

Ce qui suit contribuera peutêtre à rassurer quelques mamans ! J’ai eu parmi mes patientes des mamans qui ont nourri des jumeaux sans besoin de recourir à du lait artificiel, alors qu’elles avaient une petite poitrine.

Limiter les risques de mastite

Avoir des seins petits suppose une capacité de stockage parfois faible. La plupart des alvéoles seront plus rapidement remplies.  Des tétées (ou vidanges) fréquentes, c’est donc assurer qu’on puisse nourrir pleinement son ou ses enfants sans avoir besoin de recourir au lait infantile, c’est aussi ne pas rester longtemps avec des seins trop pleins (même petits !!)

Or, rester trop longtemps avec des seins trop pleins, c’est risquer d’entrer dans le spectre des pathologies mammaires que sont les mastites.

Les risques de mastites peuvent être à la fois élevés chez la maman qui a des seins petits, car ils sont remplis pleinement plus rapidement ; ces risques peuvent aussi être diminués dans le cas où la maman allaite très souvent et que l’enfant vide les seins de manière efficace. (2)

Aide au positionnement et à la prise en bouche

Un sein petit, par définition, est un sein qui ne « dépasse » pas beaucoup de la cage thoracique. Une des images sociales de l’allaitement au sein est notamment la position de Madone où la maman prend son sein en coupe.  Avec un sein petit, cette main maternelle peut alors éloigner l’enfant de son sein, voire placer ses doigts trop près de l’aréole et ainsi gêner  une bonne prise en bouche.  Copier l’image sociale et artistique de la position de la Madone peut ici être une erreur.

La maman peut parfois être tentée d’aplatir son sein de façon à faciliter la prise en bouche plutôt que de vouloir passer ses doigts sous le sein et donc de risquer de maintenir son enfant éloigné. Il est alors préférable et conseillé de placer sa main audessus du sein en mettant ses doigts à 3h et 9h par exemple si elle est en Madone.

Dans ma pratique, j’ai parfois été amenée à gonfler artificiellement la partie interne du sein. En effet, le menton de l’enfant doit être légèrement enfoncé dans le sein avant même de pouvoir continuer sa séquence vers la prise en bouche du sein.

 Pour l’enfant en Madone, si la partie interne du sein manque de volume :

la mère peut placer le talon de sa main sur le bord extérieur du sein,

pousser légèrement le sein vers le milieu ; la maman peut également utiliser un doigt, ou un pouce, dès le moment où ils sont parallèles à la bouche de l’enfant ; ainsi, l’enfant va pouvoir apposer son menton sur une partie plus stimulante pour qu’il puisse alors ouvrir grand la bouche.

Si l’enfant est parallèle à la mère, celleci préfèrera peutêtre s’incliner en arrière, cela fera remonter ses seins et offrira ainsi du volume au menton de l’enfant assis à califourchon par exemple.

La maman évitera également les épaisseurs autour du sein qu’elle donne ; le lange utilisé parfois, les vêtements d’allaitement épais, le pan du soutiengorge, tout tissu qui se trouverait là où se placera le menton de l’enfant peuvent contribuer à éloigner l’enfant du sein alors qu’une bonne prise en bouche sera assurée par un contact étroit de la mère et l’enfant, où le menton est en contact direct avec le sein.

Allaiter un bébé lorsque l’on a des des seins petits peut ainsi être facilité, et l’allaitement maternel exclusif jusqu’au six mois, comme le recommande l’OMS est parfaitement possible, bien que corrélé à des tétées plus fréquentes que pour d’autres entités mère-enfant.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ ( Allaitement des Jumeaux et plus )

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La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/ https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/#respond Tue, 28 Jun 2016 13:40:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1389 Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ». Qu’en est-il au juste ? Souhaitez-vous pouvoir … Continuer la lecture de La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande

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Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ».

Qu’en est-il au juste ?

Souhaitez-vous pouvoir dire « Je suis émerveillée de constater que je produis exactement le lait qu’il faut pour mon bébé » ?

À partir de la naissance, dès que le placenta est expulsé et dans les 48h qui suivent, la chute de la progestérone, une des hormones de la grossesse, va permettre à la prolactine, hormone qui entraîne la production du lait, d’être pleinement fonctionnelle amenant ainsi le sein à produire du lait en volume suffisant après avoir produit le colostrum ; c’est ce que l’on a coutume d’appeler la « montée laiteuse ». Dès le 4ème mois de grossesse, la prolactine agit sur les cellules capables de produire le lait et leur fait débuter la production mais en toute petite quantité, tout comme les deux premiers jours après votre accouchement. Votre prolactine est comme un moteur très puissant qui serait très très bridé. Ici c’est la progestérone qui la bride. Dès ce moment de bascule hormonale que constitue la montée laiteuse, la production de lait va être régulée au niveau de chaque glande mammaire bien qu’elle reste sous dépendance du taux basal de prolactine durant les six premières semaines environ.

Comment se joue alors cette régulation ?

La glande mammaire va fonctionner vraiment selon la loi de l’offre et de la demande dans le commerce et les sites de fabrication des produits : c’est la quantité de lait prélevée de votre sein (ce qui serait la demande d’un client) qui va induire une commande plus ou moins importante de la fabrication (ce qui est la réponse ajustée des unités de production à ce qui se vend).

Au départ, vos hormones lancent votre production à bonne allure, une allure qui vous est propre et individuelle. Si vous prélevez peu de lait, votre allure va baisser pour s’ajuster et éviter de stocker du lait pour rien. Si vous prélevez ce qui est disponible, vous maintiendrez votre allure. Enfin, si vous prélevez ce qui est disponible plus fréquemment qu’à l’habitude, vous augmenterez alors votre allure.

Lors d’une tétée, la succion de votre bébé stimule des fibres nerveuses situées principalement sous et sur le côté de l’aréole, ce stimulus est reçu par l’hypothalamus qui va induire de ce fait deux réponses effectuées par la glande hypophysaire :

  • la sécrétion de l’hormone ocytocine, permettant l’éjection du lait contenu dans votre sein en faisant se contracter de petites fibres musculaires qui entourent les unités de production du lait et,
  • la sécrétion de l’hormone prolactine qui induira une continuité dans la production.

En pratique : si votre bébé tète quasiment tout le lait présent dans votre sein, il induit une commande de lait plus élevée que s’il ne tète que la moitié ou 1/3 ou moins encore de ce que vous aviez produit, et plus il le fait fréquemment plus c’est vrai.  C’est-à-dire qu’en tétant fréquemment quasiment tout le lait disponible, il amène votre sein à augmenter la vitesse à laquelle il produit. Donc, en quelques jours votre sein aura produit plus sur 24h, même si votre sensation de seins toujours souples vous fait penser le contraire. À l’inverse s’il tète peu, après la tétée votre sein n’est pas pleinement drainé et pas totalement souple, cela induira une production plus faible après cette tétée que s’il avait pris plus de lait, et si, de plus, votre bébé revient sur ce sein longtemps après : eh bien ce sein aura eu le temps de stocker du lait ce qui induit le message vers votre cerveau :  « produis moins car on n’ a plus besoin d’autant » et la vitesse ralentit, ce qui en quelques jours aboutit à une production moindre sur 24h .

Beaucoup de situations de lactation jugée insuffisante sont des situations où la lactation n’a pas atteint un niveau optimal faute d’un drainage optimal et fréquent.

Le nouveau-né allaité exclusivement tète en moyenne 8 à 12 fois par 24h à un rythme irrégulier. En suivant ses signes d’éveil  vous devriez vous assurer une production adéquate. Si ce n’est pas le cas c’est le moment de se tourner vers votre sage-femme ou une consultante en lactation diplômée.

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères

 

 

 

 

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Allaitement, sommeil de la mère et sommeil de l’enfant https://www.leblogallaitement.com/allaitement-sommeil-de-la-mere-et-sommeil-de-lenfant/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-sommeil-de-la-mere-et-sommeil-de-lenfant/#comments Thu, 12 May 2016 12:29:23 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1343 La fatigue, voire l’épuisement maternel est un motif fréquent de consultation de jeunes mères. C’est également l’une des premières causes d’arrêt de l’allaitement maternel. Les mères, souvent influencées par leur entourage, peuvent être amenées à penser que l’allaitement est la cause de cette fatigue. Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il savoir au sujet du sommeil … Continuer la lecture de Allaitement, sommeil de la mère et sommeil de l’enfant

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La fatigue, voire l’épuisement maternel est un motif fréquent de consultation de jeunes mères. C’est également l’une des premières causes d’arrêt de l’allaitement maternel. Les mères, souvent influencées par leur entourage, peuvent être amenées à penser que l’allaitement est la cause de cette fatigue.
Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il savoir au sujet du sommeil de la mère et de l’enfant durant l’allaitement ? Quelles solutions pour « survivre » à cette période éprouvante de la vie de jeune mère ? C’est ce que nous allons découvrir.

Le sommeil de l’enfant en bas-âge :

Le sommeil est un processus qui évolue tout au long de la vie. Un nouveau-né dort en moyenne 18 heures par jour dont 2 à 3h consécutives au maximum. Il existe de grandes variations individuelles dans la première partie de la vie (les « petit dormeurs » qui dorment 8h par jour et les « gros dormeurs » qui dorment jusqu’à 20h par jour !). Cette différence est déjà beaucoup moins importante aux alentours de 12 mois (1). A cet âge, les études montrent que les enfants dorment en moyenne entre 10 et 14h par jour.
La qualité du sommeil évolue, elle aussi, en fonction de l’âge de l’enfant. Plus l’enfant est jeune, plus la proportion de sommeil léger est importante. Un nouveau-né passe plus de la moitié de son temps total de sommeil en sommeil léger. C’est durant cette phase que la croissance cérébrale est maximale. Plus la maturité du bébé augmente, plus la proportion de sommeil lent profond augmente et plus les phases d’éveil sont importantes.
D’autre part, il est important de savoir que le nouveau-né qui s’endort passe par une phase de sommeil léger d’environ 20 minutes avant d’entrer en sommeil profond. Durant cette première phase de sommeil, il est donc susceptible d’être réveillé à la moindre stimulation. Il est donc préférable d’attendre la phase de sommeil profond pour poser bébé dans son lit sans le réveiller ; mais attention, les phases de sommeil profond ne durent pas très longtemps car le sommeil léger reste majoritaire à cet âge !

Le sommeil du nouveau-né est réparti de manière équivalente le jour et la nuit. Ce n’est qu’au bout de quelques mois que le rythme « nuit-jour » se met en place. Les études montrent que plus on tente de réguler le sommeil des tout-petits, plus le cycle « nuit-jour » se met en place tard … Tout vient à point à qui sait attendre !

Les attentes des parents concernant le sommeil des enfants en bas-âge, souvent culturelles, sont simplement IRREALISTES ; ce qui peut induire de l’inquiétude !

A retenir (2):

A 3 mois, quelques bébés commencent à dormir parfois 5h consécutives,
A 5 mois, 50% des bébés dorment 8h consécutives durant quelques nuits,
A 12 mois, 27% des bébés ne dorment pas régulièrement entre 22h et 6h et 13% des bébés ne dorment pas régulièrement plus de 5h consécutives,

Existe-t-il un lien entre la nourriture reçue et le sommeil de l’enfant ?

Le nouveau-né sort d’une période durant laquelle il était nourrit en continu par le placenta. Il doit, à la naissance « apprendre » à réguler entre autres sa température et sa glycémie. Ceci explique un rythme soutenu de tétées les 3 premiers jours (avant la « montée de lait », un nouveau-né doit s’alimenter 10 à 12 fois par 24h au moins et il n’est pas rare que, les premiers jours, les bébés tètent toutes les 40 minutes). Les mères doivent en être averties afin de s’adapter à cette situation et se méfier d’un bébé qui dormirait trop. Le « sommeil refuge » du nouveau-né est une des premières raisons qui induisent une perte de poids importante durant les 3 premiers jours ainsi qu’un retard à la « montée de lait » et un risque important d’engorgement chez la mère.

Spécificités d’espèce :

La composition du lait d’un mammifère est une composante d’espèce. Son sommeil aussi !

Autrement dit, la composition du lait de femme est très spécifique aux besoins du nouveau-né. La particularité de l’être humain est qu’il nait prématurément. La première partie de la vie est une sorte de « gestation extra-utérine ». En effet, le petit humain n’est pas suffisamment mature pour se déplacer seul avant plusieurs mois. Durant cette longue période, c’est la croissance cérébrale qui va monopoliser le plus d’énergie. Pour cela, il a besoin principalement de nourriture pour son cerveau ; c’est-à-dire de lactose. Aussi, le lait de femme est-il particulièrement riche en lactose (7% de lactose contre 4% de graisse et 1% de protéines).
Le lactose est très digeste (3). Vingt minutes après la tétée, l’estomac est vide et le bébé peut de nouveau être prêt à se ravitailler (c’est ce que l’on appelle les « tétées groupées ». Elles peuvent durer jusqu’à 2h voire plus). Suite à un groupe de tétées, la vidange des seins étant de plus en plus importante, la part de graisse augmente progressivement. Ceci permet alors à l’enfant d’accumuler de l’énergie plus durable pour dormir 1 à 2h consécutives. La méconnaissance des « tétées groupées » amène souvent les parents à penser, à tort, que leur enfant à des coliques ou que le lait maternel n’est pas suffisant.
Les préparations pour nourrissons étant à base de lait animal, la proportion de lactose, graisse et protéines est bien différente de celle du lait de femme. Ceci induit un « effort » de digestion plus important, ce qui a pour corollaire de modifier le sommeil de l’enfant en augmentant, de manière anti-physiologique, la proportion de sommeil profond(4). Mais la quantité totale de sommeil est identique que l’enfant soit allaité ou non (5) ; c’est la répartition qui est différente (6)!

En conclusion de cette première partie, notons qu’une meilleure connaissance de la physiologie du sommeil de l’enfant durant l’allaitement permet aux jeunes parents d’avoir des attentes plus en adéquation avec la réalité de la vie avec un jeune enfant. Ce faisant, moins inquiets du comportement de leur bébé, les parents sont généralement moins susceptibles de remettre en question les capacités nourricières des mères. Cela favorise la poursuite de l’allaitement conformément aux objectifs parentaux et aux recommandations de l’OMS qui préconise l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et en complément de la diversification alimentaire jusqu’à au moins 2 ans.

1. Galland et al. 2012. Normal sleep patterns in infants and children: A systematic review of observational studies
2. The Consolidation of Self-regulated Sleep Across the First Year of Life. Henderson et al, 2010. Calibri (Corps)
3. “Comparison of Evoked Arousability in Breast and Formula Fed Infants.” Archives of Disease in Childhood 89: 22-25.
4 .Horne, R.S.C., Parslow, P.M., Ferens, D., Watts, A.M. and Adamson, T.M. (2004). “Comparison of Evoked Arousability in Breast and Formula Fed Infants.” Archives of Disease in Childhood 89: 22-25.
5.S Callahan, N Séjourné, A Denis ; Fatigue and breastfeeding : an inevitable partnership ? J Hum Lact 2006; 22(2) : 182-87
6.Blyton, D.M., Sullivan, C.E. and Edwards, N. (2002). “Lactation is associated with an increase in slow-wave sleep in women.” Journal of Sleep Research 11: 297-303

[Auteure] :
Céline Dalla Lana est sage-femme et consultante en lactation. Elle nourrit également une passion pour la formation des professionnels de santé.

[Biographie] :
Céline Dalla Lana est sage-femme libérale, elle accompagne les femmes en cabinet libéral et à domicile depuis de nombreuses années, en proposant un suivi prénatal et un soutien spécifique à l’allaitement maternel.
Son mémoire de sage-femme portant sur l’allaitement a été récompensé pour sa présentation innovante et la pertinence de l’enquête statistique qui y est proposée.
Son travail a servi de référence à l’élaboration des recommandations pour l’allaitement maternel de l’ANAES – HAS (Haute Autorité de Santé).

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Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

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Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


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Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/ https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/#respond Thu, 04 Feb 2016 10:11:05 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1253 L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur … Continuer la lecture de Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur les données de la science.

Suzanne Gambin, lectrice régulière du blog allaitement a accepté de s’exprimer et de partager sa réflexion. « Nous sommes une famille de voyageurs » dit-elle « et, pour éviter d’avoir à stériliser des biberons, j’ai décidé d’allaiter. A la naissance de mon fils », explique-t-elle, « je me suis rapidement tournée vers des associations de promotion de l’allaitement, consultante en lactation afin de trouver des réponses à nos questions car même si l’allaitement est naturel, certains savoirs, certaines techniques se transmettent et s’apprennent… 

Ma fille est née 15 mois plus tard et nous avons poursuivi à trois l’allaitement ; à quatre même si on tient compte du soutien permanent du papa… Ce que j’ai appris de sûr, c’est que le corps humain est absolument fantastique. Le quotidien de jeune parent est jalonné de grands bonheurs et d’une multitude de petits et gros tracas. Je suis convaincue aujourd’hui que les bienfaits de l’allaitement sont beaucoup plus subtils quece que l’on peut imaginer notamment en permettant de se lier l’un à l’autre plus facilement. »

S’appuyant sur différentes études et recherches, Carole Kannapel confirme cette idée : « Le besoin primordial du jeune enfant » dit-elle, consiste à « établir un lien stable et sécurisant avec une figure maternelle répondant à ses besoins. » Elle ajoute que la psychologue Michelle St-Antoine l’évoque dans un article (1) : « Bowlby propose le terme d’attachement pour désigner le lien particulier unissant l’enfant à la figure maternelle. La théorie de l’attachement considère la tendance à établir des liens affectifs étroits comme un élément essentiel à la survie de l’être humain. Selon Bowlby, l’attachement à la figure maternelle servirait de base de sécurité à l’enfant pour explorer l’environnement. Dès la petite enfance, l’enfant développerait un modèle d’attachement particulier en fonction de l’attitude de la figure maternelle à son égard. Bowlby prétend que ce lien d’attachement en devenant intériorisé, servirait par la suite de modèle à toutes les relations intimes et sociales de l’individu ».


S.B. : « Quand mes enfants étaient tout petits, ils étaient comme scotchés à moi. Je les prenais souvent dans mes bras malgré les mises en garde de mon entourage qui n’avait de cesse de répéter que j’allais les gâter en me comportant ainsi avec eux et en cédant à leurs caprices. J’ignorais alors que la notion d’attachement et de perte avait été étudiée par des scientifiques et que l’état actuel des connaissances conforte ma manière de faire. Ma petite voie intérieure me disait que je ne pouvais laisser pleurer mon bébé. Ma conscience me torturait l’esprit. Et je me demandais si je faisais réellement au mieux pour mon enfant. Lorsque je n’étais pas tiraillée par des commentaires désobligeants, je dois avouer que je savourais avoir mes bébés contre moi sereinement blottis contre mon sein. »

C.K.: « Notons que l’influence de l’allaitement sur le comportement précoce des nourrissons ainsi que ses répercussions positives sur les mères est mal connue. L’allaitement peut entraîner des interactions plus importantes entre l’enfant et sa mère. Ces mères «  rapportent de plus bas niveaux de stress et d’humeur négative, et des niveaux plus élevés d’attachement » (2). Elles ont aussi tendance à percevoir leurs enfants comme leur procurant plus de satisfaction. De plus, le contact physique précoce et régulier entre l’enfant et sa mère serait important pour le maintien d’un comportement maternant. 

S.B : Mes choix de mère ont été guidés par mon instinct. J’éprouvais un plaisir incontesté de les sentir, de les porter, de les masser, de les allaiter. Je suis heureuse aujourd’hui et soulagée d’apprendre combien mes choix étaient pertinents. L’allaitement, m’a-t-on dit, nous permettrait de tisser des liens solides avec nos enfants, et aussi de mieux supporter les périodes difficiles en libérant certaines hormones.


C. K. : « Pendant la lactation, sous l’effet de la sécrétion de l’ocytocine, les cellules myoépithéliales qui entourent les lactocytes (les cellules qui sécrètent le lait) se contractent et permettent l’éjection du lait.

L’ocytocine est surnommée hormone du bonheur, de la confiance. Des études ont mis en évidence les points suivants :

– au moment de l’installation de l’allaitement, l’ocytocine agirait non seulement sur l’état physiologique, mais également sur l’état psychologique de la mère. Elle contribuerait à créer un lien mère-enfant par des changements dans des régions spécifiques du cerveau. Des associations significatives et solides entre l’ocytocine et les aspects des relations mère-enfant existeraient.

– l’ocytocine aiderait aussi à préparer le système nerveux central à élever un enfant à long terme. Durant la grossesse et la période périnatale, les récepteurs de l’ocytocine seraient induits dans de nombreuses régions du cerveau et seraient impliqués dans le comportement maternel. Certaines données indiqueraient que l’allaitement et la stimulation du sein par l’enfant pourraient aider à maintenir ces récepteurs.

– l’ocytocine serait également impliquée dans de nombreux comportements sociaux, affectifs, physiologiques et physiopathologiques. Le système ocytocine + récepteurs à l’ocytocine semblerait jouer un rôle majeur dans le « bonheur », ou tout au moins dans la confiance. L’ocytocine favoriserait l’empathie, les liens sociaux. Elle semblerait impliquée dans divers troubles émotionnels.

– l’ocytocine aurait une action directe sur le corps de la maman en diminuant les hormones du stress.

– les mères allaitantes seraient plus susceptibles de développer un attachement sécurisant avec leur nourrisson ce qui est associé à l’augmentation de la durée de l’allaitement

L’ocytocine aurait donc un rôle dans la qualité de l’attachement mère-enfant ce qui peut soutenir le bon développement de l’enfant. » 

SB : « Je serais d’avis d’ajouter l’étude du rôle de ces hormones si nécessaires dans notre corps aux programmes scolaires ! C’est fou ce que notre corps recèle comme trésors. Si nous n’avons pas toutes l’intérêt, les dispositions, le temps pour des lectures averties, un résumé de certaines recherches scientifiques peuvent parfois se révéler salutaires et aidantes pour les jeunes parents que nous sommes. Je me souviens m’être posée une multitude de questions. Savoir que la nature a tout prévu m’aurait probablement évité un certain nombre de doutes et cela aurait conforté mes choix. »

Ces deux points de vue nous montrent combien maternage, allaitement et bienveillance sont intimement liés. L’attachement que procure cette manière d’accompagner les bébés au cours de leurs premiers mois constitue un atout au service de leur autonomie à terme. La recherche scientifique n’a de cesse de le démontrer. Des auteurs comme Bowlby ont mis en lumière combien les interactions entre les parents et leurs enfants leur procurent un socle de sécurité de façon stable. L’allaitement ajoute à cet  édifice une protection complémentaire.

Bibliographie :

[1] ST-ANTOINE M. Les troubles de l’attachement, Conseil multidisciplinaire Revue professionnelle Défi jeunesse “.
[2]
Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Allaitement maternel. 2008. i-iii

Pour aller plus loin :

« Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau» de Catherine Gueguen, éditions Laffont

[Auteures] :

Carole est puéricultrice en PMI ( Protection Maternelle et infantile ). Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel). En véritable passionnée, elle est engagée depuis de nombreuses années dans le soutien à l’allaitement maternel.

Suzanne Gambin est mère de deux enfants âgés de 4 et 5 ans. Lectrice avertie du blog allaitement, elle connaît en tant que mère allaitante les joies et difficultés « du devenir parent ». et toute la complexité des sentiments liés à cette exploration.

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