fatigue | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 30 Aug 2023 13:50:15 +0000 fr-FR hourly 1 Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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les debuts difficiles, une victoire meritee https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/ https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/#respond Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2257 Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue. Voici mon histoire J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme … Continuer la lecture de les debuts difficiles, une victoire meritee

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Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

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Les besoins nutritionnels de la maman allaitante https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/ https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/#respond Thu, 12 Nov 2020 14:14:05 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2109 Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent … Continuer la lecture de Les besoins nutritionnels de la maman allaitante

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Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent des snacks délicieux avec des super aliments. Leurs créations savoureuses sont de véritables recharges pour les mères fatiguées : à la fois goûteuses et nutritives, elles sont un complément parfait pour qui manque de temps pour se régaler ou a besoin d’un coup de pouce santé.

Soigner son alimentation au quotidien est une évidence qui prend encore plus son sens pendant la grossesse et l’allaitement. Non seulement vous cherchez à rester en bonne santé mais vous tentez d’aider votre corps à offrir à votre bébé tout ce dont il a besoin : oméga 3, vitamines et minéraux. Prévenir certaines carences est également un moyen d’éviter un surcroît de fatigue, d’anxiété voire un baby blues …

Des besoins énergétiques accrus

Pendant l’allaitement, vos besoins énergétiques sont augmentés. Une partie de ces besoins est assurée par les réserves de la grossesse, le reste par l’alimentation. C’est pour cette raison qu’il est déconseillé de suivre un régime amaigrissant restrictif et drastique lorsque l’on allaite. Plutôt que de compter les calories, une alimentation équilibrée et variée en respectant vos signaux physiologiques (faim et satiété) reste la ligne de conduite idéale. Ne soyez d’ailleurs pas surprise d’avoir plus d’appétit que d’habitude (l’allaitement consomme près de 500 calories par jour !).

L’alimentation, comme atout anti-fatigue

Beaucoup considère qu’un paramètre essentiel pour un allaitement et une maternité épanouis est de ne pas être (trop) fatiguée… Plus difficile à dire qu’à faire, vous nous direz…
Un conseil alors : essayez de vous reposer dès que possible et ne négligez pas votre alimentation et votre hydratation, qui peuvent vous aider à récupérer et garder la forme.

Les jeunes mères sont souvent carencées après l’accouchement, et ces carences peuvent entraîner une fatigue accrue. Essayez de prendre le temps de manger, de manger équilibrer, en évitant tous les produits transformés et industriels riches en sucres et acides gras saturés. Si la fatigue persiste, il est bon d’en parler à son médecin ou sa sage-femme qui vous prescrira une prise de sang susceptible d’identifier en quoi vous êtes carencée. Des compléments vous seront alors peut-être prescrits.

Y a-t-il des aliments interdits pendant l’allaitement ?

Plus que des aliments interdits, il y a surtout des aliments déconseillés ou à éviter pendant la période de l’allaitement. Boire plus de 3 tasses de café quotidiennes, ou de l’alcool déraisonnablement sont bien sûr déconseillés. Idéalement, on freine aussi sa consommation de produits industriels transformés qui sont souvent trop riches en acides gras saturés, en sel et en sucre. Il est recommandé de faire attention aux gros poissons (thon, espadon…), qui contiennent une dose importante de mercure. En outre certains bébés se révèlent sensibles (voire intolérants) aux laitages que vous consommez. Si votre bébé semble souffrir de douleurs intestinales par exemple, peut-être que vous voudrez tenter l’exclusion des laitages quelques semaines pour voir si cela a un effet sur lui !

Enfin, évitez les aliments anti-galactogènes comme la sauge, le persil, l’oseille, la menthe ou l’artichaut pour ne pas freiner votre lactation si vous n’êtes pas en période de sevrage !

Quels aliments pour booster votre lactation ?

La plupart des mamans ne rencontre pas de souci de production de lait à partir du moment où elles allaitent à la demande, que les tétées sont fréquentes et suffisamment efficaces.

En cas de ressenti de baisse de lactation, vous pouvez commencer par augmenter la fréquence des tétées. Parfois aussi, vous trouverez utile de vous faire accompagner d’une personne spécialisée comme une consultante en lactation IBCLC.


Dans ces périodes de doutes, de nombreuses mères mettent toutes les chances de leur côté en consommant des aliments connus pour donner un coup de pouce à leur lactation. Certaines mères augmentent ainsi leur consommation de fenouil, d’anis, de carvi ou de fénugrec.

Vous les apprécierez notamment sous forme de tisanes ou de de boissons froides. Vous pouvez tester la bière sans alcool également, ou bien consommer du fenouil en salade ou saupoudrer vos plats de fénugrec.

Certaines mères aussi se préparent des petites barres énergétiques à base de purée d’amandes, de dattes, de flocons d’avoine, de noisettes entre autres. D’autres se procurent directement des carrés tout faits dont la composition a été soigneusement élaborée avec des médecins nutritionnistes pour un produit sain et équilibré.

Ainsi bien des solutions existent pour à la fois vous apporter un peu de douceur, un regain d’énergie ou soutenir votre alimentation. Ecoutez votre corps, écoutez-vous et sélectionnez les aliments qui vous feront du bien physiquement et donneront un coup de pouce à votre moral par la même occasion.

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« Confinement et allaitement » https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/#comments Mon, 27 Apr 2020 06:50:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2043 #restezàlamaison . Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le … Continuer la lecture de « Confinement et allaitement »

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#restezàlamaison .

Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le début du confinement.

Isaline nous raconte son quotidien de maman de 4 enfants, de 12 ans, 10 ans, 2 ans et demi et 3 mois. Confinés en famille dans son appartement, elle nous dit se sentir avec son compagnon « en gestion de crise permanente ».

Ses ainés de 12 et 10 sont vraiment indépendants, mais son petit garçon de 2 ans et demi est très demandeur depuis la naissance de sa petite sœur il y a 3 mois, encore davantage depuis le début du confinement.

Lui qui avait été sevré durant la grossesse, redemande le sein quotidiennement depuis l’arrivée dans la famille de sa sœur. Isaline sent « qu’il est dans une phase de régression, qu’il a besoin de réassurance bien légitime, ce que je veux lui offrir bien sûr, mais ses demandes permanentes ne sont pas simples à gérer ». Pour elle, la priorité dans son allaitement reste son bébé, qui est en allaitement exclusif, « c’est elle qui a le plus besoin de mon lait bien sûr » et « avec la reprise des tétées très fréquentes pour Éthan, je sens que je suis à la limite de l’engorgement très régulièrement, ce qui contribue à ma fatigue générale ».

Dans cet immense challenge de maman, il y a aussi ses parenthèses de douceur. « Quand je m’isole avec Ninon, je prends le temps d’une tétée en m’installant dans un endroit calme de la maison, c’est un vrai moment pour moi, pour souffler. Je la regarde, elle est vraiment parfaite ».

Moment suspendu.

Certaines n’osent pas le dire, ou alors à demi-mot, car elles ont peur que cela soit mal perçu, elles ne veulent pas paraître maladroites, mais « ce confinement a un air de liberté ».

C’est ce que nous explique Céline, cadre supérieure. Pour elle, la reprise était prévue pour avril, sa petite Victoire allant avoir 4 mois. Les dernières semaines avant la reprise sont difficiles, elle « a le cœur brisé » de devoir reprendre le chemin du travail alors qu’elle commence à peine à installer son allaitement, à connaître sa fille et à tisser ce lien précieux avec elle.

« Pour moi, ce confinement est arrivé comme une aubaine, je devais reprendre, mais compte tenu de mon emploi, j’ai pu obtenir une autorisation spéciale d’absence afin de garder ma fille à la maison. Cela nous a permis avec mon compagnon d’arrêter la transition vers le biberon que nous avions difficilement amorcée. Ma fille n’en voulait pas du tout ! Donc aujourd’hui on continue de lui proposer de temps en temps le biberon, mais nous n’y mettons plus autant d’énergie, on en profite pour faire durer l’allaitement au maximum jusqu’au bout du confinement. » 

Des mamans décrivent aussi la sensation de pouvoir se « focaliser davantage sur les besoins de leur bébé ». Céline nous dit ainsi « j’offrais déjà un allaitement à la demande, mais là je sens qu’en étant tout le temps toutes les deux à la maison, c’est encore plus doux, plus tranquille qu’avant au niveau de l’allaitement, nous sommes complètement dans un même rythme, je n’ai plus de rendez-vous à honorer, de choses à organiser à l’extérieur au quotidien. »

Nathalie ajoute : « Pour moi qui élève en ce moment ma fille de 22 mois et sa petite sœur de 5 mois, ce confinement a une drôle de saveur. Dans ce confinement j’ai trouvé un village que je n’ai pas habituellement, je me suis installée chez mes parents pour ne pas être seule pendant que mon compagnon continue d’aller travailler chaque jour. Mes filles construisent ainsi un lien particulier avec leur grand-mère, chacune en profite avec douceur, je me sens soutenue. »

Dans ce confinement c’est l’absence de possibilité de consulter certains professionnels de la périnatalité qui chagrine cette jeune maman. « Marie, 5 mois, a quelques blocages qui l’empêchent de téter tout à fait correctement, je sens qu’une consultation en ostéopathie lui serait bénéfique. Ne pouvant y accéder, je prends mon mal en patience et elle aussi, je sais que cela va se débloquer après une consultation. En début d’allaitement, j’avais déjà expérimenté le même problème donc je relativise, je me sens sereine et calme pour traverser ce challenge d’allaitement. » Elle ajoute avec un sourire : « Pour moi qui n’avais pas allaité mon ainée, je sens à quel point mon allaitement m’enlève une crainte durant cette période de pandémie. Je n’ai pas peur de ne pas pouvoir trouver le bon lait pour ma fille comme j’aurais pu l’avoir pour mon ainée. Je sais que pour Marie tout est là dans mon sein ! »

C’est aussi ce que partage Julia, maman de Mattis 2 ans et demi, qui n’est plus allaité, et de Zorah, 4 mois, en allaitement exclusif.

« En allaitant, face à ce virus et cette période d’instabilité, je suis certaine de ne pas avoir de pénurie de lait pour mon bébé, c’est un énorme réconfort. J’ai la sensation, encore plus que d’habitude, de lui donner le meilleur, de la protéger, et cela me donne aussi la sensation de me sentir protégée en retour. »

Julia nous partage aussi le plaisir qu’elle a à avoir son compagnon, le père de ses enfants auprès d’elle, toute la journée. « Je me réjouis de donner une tétée à ma fille et de voir ensuite son père la prendre dans ses bras, et l’endormir ainsi en sécurité tout contre lui, il trouve sa place auprès d’elle ».

Ce confinement est pour toutes ces femmes, ces familles, un challenge humain, mais aussi un temps pour ralentir, regarder leurs bébés grandir et prendre le temps de vivre leur allaitement à mille pour cent.

Propos recueillis par Leslie Lucien , auxiliaire de puériculture et doula

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Le lait maternel : source de mélatonine https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-source-de-melatonine/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-source-de-melatonine/#comments Tue, 18 Sep 2018 13:46:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1823 Tout le monde connaît la mélatonine : une substance particulièrement utile pour aider à l’endormissement. Plusieurs aliments en sont naturellement riches (raisin, banane, noix, poisson, céréales…). Certaines personnes en consomment même par voie médicamenteuse pour réguler leur propre taux et améliorer leur sommeil. Mais on oublie souvent que le lait est une source importante de mélatonine [4]. … Continuer la lecture de Le lait maternel : source de mélatonine

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Tout le monde connaît la mélatonine : une substance particulièrement utile pour aider à l’endormissement. Plusieurs aliments en sont naturellement riches (raisin, banane, noix, poisson, céréales…). Certaines personnes en consomment même par voie médicamenteuse pour réguler leur propre taux et améliorer leur sommeil. Mais on oublie souvent que le lait est une source importante de mélatonine [4]. Le lait maternel ne fait pas exception : il contient une quantité substantielle de mélatonine. Quel est l’état actuel des connaissances sur la question ? Selon quels paramètres sa quantité varie-t-elle ? Et quels sont les effets connus sur l’enfant allaité ? Nous avons exploré quelques ressources scientifiques pour vous apporter des réponses.

Qu’est-ce que la mélatonine et quels sont ses atouts ?

La mélatonine est une hormone impliquée dans la régulation des cycles d’éveil et de sommeil, secrétée en absence de lumière. Ainsi, chez l’Homme, les niveaux de mélatonine la nuit sont 5 à 15 fois plus élevés qu’en plein jour, avec des pics selon les moments de la nuit.

La mélatonine n’est pas une hormone comme les autres : les recherches ont montré qu’elle était secrétée par la glande pinéale dans le cerveau et qu’elle pouvait également être synthétisée par des organes non endocriniens tels que la rétine, les reins, le tractus digestif et les cellules du système immunitaire (liste non exhaustive).

Sa synthèse est favorisée par l’obscurité et se trouve entravée par la lumière du jour. Les connaissances sont claires sur la question : la mélatonine se retrouve assez rapidement dans le sang juste après avoir été synthétisée puis elle est capable de traverser plusieurs barrières physiologiques (membranes cellulaires, cerveau, placenta, intestins).

Outre son effet sur le sommeil, un lien a été démontré entre la mélatonine et l’appétit, le système immunitaire, la pression sanguine, et elle serait également dotée d’un rôle antioxydant. Chez le rat, les études ont même montré un lien avec la production de dendrites et de neurones : bref, elle optimiserait le fonctionnement cérébral.

En ce qui concerne l’immunité, son effet n’est pas encore compris en détails mais la mélatonine agirait en régulant l’expression de certains gènes, et également en augmentant l’activité des cellules tueuses (certains types de lymphocytes) capables de couper rapidement des molécules étrangères à l’organisme.

En ce qui concerne son rôle antioxydant, il est lié à la possibilité de la molécule de piéger les excès de radicaux libres. Ces derniers jouent un rôle important dans un certain nombre de processus physiologiques ; mais, en trop grande quantité, ils peuvent conduire à une atteinte de l’ADN ce qui entraîne des conséquences sur la santé (vieillissement, inflammation, maladies chroniques voire cancers). Bref, la mélatonine a plus d’un tour dans son sac.

 

Lien avec le lait maternel et impact sur l’enfant allaité

La mélatonine a pu être mesurée dans le lait maternel et le colostrum de mères, trois jours après leur accouchement. Cette teneur dans le lait maternel, surtout la nuit, va être bénéfique pour l’enfant sur plusieurs plans.

En effet, les rythmes circadiens chez le nourrisson, notamment pour celui lié au sommeil, ne se mettent pas en place tout de suite. Plusieurs mois sont nécessaires donc, tout apport exogène de mélatonine est primordial pour aider à établir le « bon rythme ». Est-ce que le lait maternel est une source efficace ?
Une étude [3] a comparé le contenu en mélatonine du colostrum et du lait en différents moments de la journée et de la nuit et des variations ont bien été observées.

Plusieurs études [2] [3] montrent en effet que chez les bébés allaités de façon exclusive, le taux de mélatonine et sa variation sur un cycle de 24h coïncident avec ceux de la molécule ou de ses précurseurs présents dans le lait maternel. La conséquence est qu’un lait tiré « le soir » pour nourrir plus tard un bébé n’aura pas le même impact qu’un lait tiré le matin (car de contenu différent en mélatonine) !

 

En ce qui concerne les effets observés, plusieurs chercheurs [1] corrèlent la mélatonine à une amélioration du sommeil et une diminution des coliques de nourrissons allaités (comparaison avec des enfants nourris au lait artificiel qui ne contient pas de mélatonine).

Les auteurs d’une étude japonaise [5] montrent que la mélatonine dans le lait maternel est variable selon l’état d’esprit de la mère (notamment si elle joyeuse et détendue) et que les enfants nourris avec le lait plus riche en mélatonine, ont des réponses allergiques réduites. D’autres études doivent néanmoins confirmer ce résultat.

 

Conclusion


 Ainsi, par le biais de son lait enrichi la nuit en molécules actives sur le sommeil,  la mère allaitante apprend son enfant à dormir la nuit et moins le jour. Voilà de quoi rompre le cou aux idées reçues et aux mythes qui sévissent encore de nos jours quant au fait qu’un enfant allaité dormirait « moins bien ».

Non seulement le lait maternel  contient la mélatonine nécessaire pour favoriser l’endormissement mais cette teneur est parfaitement ajustée. Etant données ses autres propriétés, la mélatonine va même au-delà des effets sur le sommeil de l’enfant (stimulation de l’immunité, lutte contre inflammation, stimulation probable de la neurogenèse…).

Ces résultats sont intéressants dans la mesure où, compte tenu de la concentration variable du lait maternel en mélatonine selon la luminosité, il serait préférable de conseiller aux mamans d’allaiter la nuit dans le « noir ».

Pour les mamans qui choisissent de tirer leur lait et de le conserver, il serait donc optimal de leur conseiller de « noter » l’heure approximative où le recueil de lait a été effectué afin de pouvoir utiliser ce lait « tiré  le soir» pour une consommation avant le coucher de l’enfant, et réciproquement pour le lait recueilli en journée.

 

Références :

 1- Cohen E. A., et al, « Breastfeeding may improve nocturnal sleep and reduce infantile colic: potential role of breast milk melatonin. », European journal of Pediatrics 2012, 171(4) : pp729-32

2- Cubero J., et al., « The circadian rhythm of tryptophan in breast milk affects the rhythms of 6-sulfatoxymelatonin and sleep in newborn », Neuroendocrinology Letters No.6 December Vol.26, 2005

3-Nubia Andrade Silva et al., « Bioactive factors of colostrum and human milk exhibits a day-night variation » American Journal of Immunology, 2013, 9: 68-74

4- Meng et al., « Dietary Sources and Bioactivities of Melatonin », Nutrients vol 9(4), 2017

5- Kimata H, « Laughter elevates the levels of breast-milk melatonin », Journal of Psychosomatic Research 2007 Jun;62(6):699-702

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre.

 

 

 

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Le portage et moi : une belle histoire d’amour https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/ https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/#respond Mon, 05 Feb 2018 20:40:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1691 J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années. Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe … Continuer la lecture de Le portage et moi : une belle histoire d’amour

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J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années.

Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe de portage mais sans plus. Convaincue depuis toujours de la nécessité de la proximité avec mon bébé (merci maman 🙂 ), je cherchais un moyen pour porter mon futur bébé sans risquer de me « casser le dos ». C’est en surfant sur un forum de la Leche League que l’écharpe m’est devenue plus familière et que j’ai pu en découvrir les avantages.

Je me fais donc offrir une écharpe de portage et j’ai reçu un modèle long de 5,20m. D’emblée, ce long morceau tissu m’a impressionné. L’écharpe est bien entendu livrée avec une notice d’explications, mais j’avoue n’avoir pas trouvé évident de manipuler tout ce tissu. Je me suis entraînée et j’ai commencé par un nouage simple : le « double croisé ». J’apprendrai par la suite que ce type de nouage n’est pas approprié pour les touts petits.

Et me voilà en balade avec mes trois enfants et un bébé bien maintenu (bien que pas toujours dans les règles de l’art). Rapidement on me lance des regards désapprobateurs, il faut dire que j’avais de surcroît l’audace d’allaiter en public : la totale. J’étais la cible de mises en garde à la volée : « Mais vous allez l’étouffer ! Attention, elle va tomber ! » Bref !

Mon plaisir de porter associé à mon envie perpétuelle de transmettre les pratiques que j’estime suffisamment bonnes m’ont poussé à acquérir des bases plus solides dans la manière de porter les bébés. On ne se refait pas. Quand je découvre une astuce qui me plaît, j’ai envie de la faire découvrir aux patientes de mon cabinet de sage-femme. Je trouve une formation quand ma fille a 4 mois. C’est bien pratique, je lie l’utile à l’agréable. Et ma fille se montre parfaitement disposée à m’aider à progresser. Et à partir de ce moment- là, l’écharpe et le sling deviennent mes meilleurs amis.

J’apprends à porter convenablement devant, mais aussi sur la hanche et sur le dos. J’ai véritablement adoré le portage sur le dos. Pourquoi me direz-vous ?

– bébé a besoin de faire une sieste : hop sur le dos

– j’ai besoin d’avoir mes mains libres pour les courses : hop sur le dos

– en randonnée à 3 ou 4 ans : vive l’écharpe au fond du sac et hop mini sieste sur le dos

Mais comme pour l’allaitement, bébé grandit et ne veut plus être porté ou alors juste quand il est malade pour un gros câlin. Là aussi elle se sèvre en douceur, un peu trop vite pour moi cependant (elle a quand même 4 ans).

Notre dernier moment de portage fut l’été de six ans, on m’avait prêté pour la démonstration un porte-bébé physiologique (c’était le début de ce type de porte-bébé ). Lors d’une sortie à Disneyland, je l’ai mis au fond du sac en me disant qu’il pourrait toujours servir en cas de fatigue. Un des avantages des porte-bébés physiologiques est de pouvoir porter jusqu’à 20-25kg suivant les marques et il a servi.

Ma conclusion sur le portage tient en peu de mots : il permet de combler les besoins de bébé tout en continuant de vivre normalement ! Petit bonus que j’ai vraiment apprécié : on peut allaiter partout avec son sling ou son écharpe sans se dévoiler.

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Le jour du foirage total en matière d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/#comments Thu, 04 Jan 2018 08:11:47 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1674 Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement. L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait … Continuer la lecture de Le jour du foirage total en matière d’allaitement

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Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement.

L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait ultra rêver mais que c’était quand même indéniablement ce qu’il y avait de meilleur pour un petit bébé … Ça ne me questionnait pas plus que ça … Et puis j’ai changé de point de vu ou plutôt j’ai évolué …

Au début de ma grossesse je n’y pensais pas trop puis, plus ma grossesse avançait plus l’allaitement me faisait envie, j’ai toujours dit que, je cite: « j’essayerais, si ça marche tant mieux si c’est trop galère tant pis » … (discours hyper courant avant de devenir maman …) … Mais ce n’est pas si simple que ça … En tout cas ça ne l’a pas été pour moi …

Ma petite fée née, aussitôt sortie elle se met au sein naturellement et la « tétée d’accueil » a été un bonheur immense, continuer à nourrir mon enfant, je me sentais pleinement dans mon rôle et à ma place, j’étais heureuse de ma décision, je me sentais bien, sereine et en pleine possession de ce choix, je me disais surtout que pour moi c’était une suite logique de ma grossesse, cette grossesse que j’ai tant aimé, c’était le prolongement le plus juste et ça avait l’air de fonctionner à merveille … J’allais pourtant faire face a une immense déception …

Apres les premières heures idylliques, les 39 heures de travail se font sentir plus que jamais et viennent les heures de grande fatigue, malgré elles il faut continuer de stimuler pour la montée de lait, gérer son bébé qui pleure, les tétées qui s’enchainent à une vitesse folle … Tout le monde me dit que mon bébé a une position parfaite, qu’il tête divinement bien … Tout le monde y va de son conseil et me félicite, j’ai même le droit de rentrer à la maison … Pourtant je suis épuisée, je craque, je commence à avoir mal, je sens que ça me tire, que mes alliés s’assèchent, et que malgré toute la lanoline et autre miel médical et cataplasmes de lait maternel du monde, ils finissent par craquer eux aussi … Ce qui petit à petit se fissurait en moi finissait par se fissurer sur moi … Malgré tout mon courage, ma volonté et ma détermination, j’ai stoppé la mise au sein, cette douleur lancinante et sournoise qui me faisait hurler de mal à chaque fois je ne pouvais plus la supporter car elle était insupportable, insoutenable. Se mêlait a elle le gout de la défaite et le sentiment d’échec, la peur de donner l’impression à ma fille de la rejeter, je pleurais de tout …

La poitrine engorgée, on part louer cette machine infernale, celle qui je ne le savais pas encore allait me suivre pendant 7 mois, elle sera mon troisième bras, mon sein artificiel, cet engin a été mon sauveur, il a aussi été mon cauchemar …

Première utilisation laborieuse et douloureuse … Au départ j’avais pris la décision de tout arrêter et d’utiliser ce système uniquement  pour tarir les montées de lait et la production, mais en voyant tout ce lait, je n’ai pas pu, j’ai continué, je voulais que ma fille boive mon lait, celui que je pensais être le meilleur pour elle … Pour se faire je tirais plusieurs fois dans la journée, ça allait de 4 à 8 fois par jour en période de pic de croissance, mes journées étaient rythmées par les tirages, donner les biberons, endormir ma fille, la changer, tirer, donner les biberons, endormir ma fille, la changer … J’ai eu très peu de temps pour moi pendant de longs mois, mais je m’y faisais, c’était devenu ma façon de vivre, ma routine, mais j’enviais ces mamans qui sortaient ne serait-ce que 30 minutes pendant que moi je devais tirer mon lait, ces mamans qui faisaient une sieste pendant que moi je tirais mon lait, la famille qui prenait l’apéro pendant que moi je tirais mon lait, ceux qui profitaient de dormir le matin pendant que moi je tirais mon lait … Ca a été difficile … Je n’ai jamais réessayé de remettre ma fille au sein car la douleur n’a jamais vraiment disparue, j’avais peur de trop souffrir à nouveau, physiquement j’étais vulnérable, je me sentais honteuse, psychologiquement j’étais triste et vidée …

Quand ton bébé est au biberon, tout le monde se sent alors la permission de le lui donner, j’étais devenue susceptible avec ça, je ne supportais pas voir quelqu’un nourrir ma fille autre que mon mari ou moi, tout simplement car ça aurait dû être MON moment, ça devait être MA partie, on me volait des moments que je m’étais projetés avec elle, intimes, complices …

On m’a souvent dit que ce n’était pas grave, que l’important c’était qu’elle ait le meilleur: mon lait … C’est vrai, mais pourtant ça me déchirait …

Et puis il y a toujours ces discours culpabilisants, ça viendrait de la position (pourtant parfaite au départ), ça viendrait de ma peau, ou celles qui te disent qu’elles elles ont continué malgré la douleur … Que c’est dommage !!! Ca ça te crève le cœur … Ça te fait encore plus mal … Parce qu’elles n’ont aucune idée de la douleur qu’a été la tienne … De la tristesse immense qui t’a envahi quand tu as décidé a contre cœur d’arrêter le massacre, que tu te culpabilises déjà assez toi-même, tous les jours, chaque heure et chaque minutes … Pourquoi tout le monde y arrive et toi t’as pas réussi ?! Tu te sens incomprise, seule …

Comme pour beaucoup de choses concernant la maternité tant que tu ne l’a pas vécu tu ne peux pas savoir, tu peux imaginer, mais tu ne peux pas mesurer … Cette claque, cette baffe que tu te prends en pleine gueule, celle dont tu as du mal à guérir …

Je n’ai pas été de celles pour qui l’allaitement s’est mis en place tout de suite avec facilité et sans douleurs … Je suis de celles qui ont souffert, qui ont pleuré de douleur, d’épuisement, de tristesse, de regret, mes larmes étaient celles d’un cœur qui saignait d’une deuxième séparation forcée avec mon petit bébé … Ces larmes me propulsaient violemment dans ma nouvelle réalité, celle que je pense ne pas avoir assez anticipé … Moi qui avait tant aimé ma grossesse, on avait coupé le cordon physique, et voilà qu’on me coupait un deuxième fil invisible, un fil dont j’avais encore besoin … Je crois qu’on m’avait prévenu que ce ne serait pas si facile … je pense … En fait je n’en suis plus si certaine … Je n’ai peut-être pas écouté, je ne voulais peut être pas entendre …

Aujourd’hui je suis si fière de mon parcours, fière de ce que j’ai accompli, émue de ce que j’ai fait. J’ai réussi à allaiter mon bébé exclusivement pendant 5 mois, le sixième mois a été le mois de relais pour une transition en douceur. J’ai eu si peur, peur de ne pas réussir à créer de lien avec elle face à l’échec de la mise au sein et pourtant il est bien là, en fait il ne s’est jamais brisé, il ne nous a jamais fait faux bond …

A mon mari, cet homme merveilleux; Qu’aurais-je fais sans toi? Merci. Et à mon amie Laura ce petit bout de femme qui m’a tant aidé, merci aussi!

[Auteure] : Léa , voici son blog pour lui donner un petit coup de pouce 🙂

https://mamanfeeblog.wordpress.com

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L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/ https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/#respond Tue, 19 Dec 2017 15:36:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1668 Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait. Dans la chambre du service de Médecine … Continuer la lecture de L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria

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Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait.

Dans la chambre du service de Médecine Néonatale, l’infirmière vérifie avec moi les protocoles des cocktails médicamenteux pour le retour à la maison. Notre pharmacien a pu s’entretenir avec l’infirmière qui lui a confirmé que je connaissais le mode d’administration de la caféine. Sans le scope, nous ne pouvons pas vérifier son rythme cardiaque, il faut être sûre que la caféine soit bien prise pour éviter les bradycardies, les ralentissements impressionnants de l’activité cardiaque. Tout est prêt, notre chère Nénette de 4 mois et une semaine, les médicaments, les petites couches, les vêtements, les toutes petites semelles orthopédiques et le minuscule bracelet de naissance que j’ai pu conserver de son séjour en réanimation.

Samedi 25 mai 2013 à 16h : nous sortons de la maternité, Victoria et moi. Depuis le 18 janvier, nous étions séparés de Denis et de nos deux autres filles à cent kilomètres de distance. C’est une grande joie de fêter la bienvenue à Victoria dans notre maison et d’être enfin tous réunis. En même temps, je fais taire la tentation des angoisses de l’absence de scope, de l’absence des professionnels de santé que sont les infirmières et pédiatres constamment présents dans la maternité. Je me convaincs de faire confiance en la providence et en mes compétences de mère. Victoria m’apprendra encore et toujours, elle est ma troisième fille et pourtant je redémarre à zéro avec ma casquette de Maman. A chaque enfant c’est pareil, j’ai à chaque fois l’impression de ne plus rien me rappeler des enfants plus grands pour mieux me réajuster aux besoins et aux attentes du bébé présent.

Cela fait une dizaine de jours que notre miss Minichou est rentrée chez nous. Nous profitons de notre vie à 5. Chacun et chacune doit retrouver sa place. Les journées sont bien occupées, je vis en pyjama, avec un bébé dans les bras quasiment tout le temps. Une amie m’a offert un super cadeau, un cours de portage à domicile et une écharpe de 40 cm de large, (utilisée habituellement pour les démonstrations avec poupon) impeccable pour le gabarit de Viky. Denis court partout, gère la logistique et l’organisation familiale depuis 9 mois et la nuit me relaie pour les sacro-saints rots, il est un formidable Papa.

En soirée, il y a toujours un moment où cet enfant ne veut plus rien d’autre que vadrouiller portée dans la maison. Il faut croire qu’elle s’approprie son nouvel environnement, elle a les yeux tellement grands ouverts, qu’on voie le blanc de ses yeux sous ses paupières. Elle ne rate pas une miette de ce qu’elle voit. Je savoure ces rares instants de plénitude, parce que les coliques la font beaucoup souffrir, très probablement en raison de l’absorption du fer trois fois par jour. Notre voisine compatit, ses pleurs sont vigoureux. On masse, on masse ce petit bidon dont on a appris que la musculature abdominale est immature aussi. Mademoiselle Victoria nous a clairement montré qu’elle ne supporte plus la tétine. Elle repousse avec sa langue tout ce qui est objet dans la bouche ou alors elle nous montre ce qu’elle sait faire de son réflexe nauséeux. On a très bien compris.

Elle n’accepte plus dans la bouche que le sein, l’assimilation de la caféine dès le matin est très compliquée. L’enjeu est important et mon appréhension se fait sentir, c’est un soulagement dans toute la maison quand le médicament est bien pris. J’ai stoppé tous les autres médicaments, pour ne garder que celui-là. Les tétées à volonté et la faible prise de poids montrent un réflexe de succion qui n’est pas optimal. Encore une immaturité semble-t-il. Le seul moyen est de me mettre en hyperlactation, de tirer mon lait en même temps et en plus des tétées pour faciliter le réflexe d’éjection du lait. C’est un sport de tenir d’une main cet enfant qui se trémousse et d’actionner le tire-lait tout en gardant fixée la téterelle de l’autre côté. « Se détendre et tout ira bien » est mon credo. Je détecte le moment de l’ouverture de la petite bouche et je la mets au même sein qu’à la tétée précédente pour qu’elle profite du lait de « fin de tétée » (dans une tétée, il n’y pas de début ou de fin, le lait gras arrive en fin de vidange alvéolaire, c’est-à-dire quand le sein a été « vidangé » plusieurs fois de suite de façon très rapprochée) , le plus riche en graisses. C’est toujours le lait de « fin de tétée », le plus crémeux, qui sert à fabriquer le reblochon chez les spécimens bovins de Savoie !

Je passe la plupart de mon temps au lit avec ma fille sur moi ou à mes côtés, il me tarde de profiter du printemps et de l’été avec Viky. Nous nous autorisons de manière journalière un bain de soleil sur la terrasse lorsque la température est chaude. J’apprécie sur le transat les longs appels téléphoniques avec les copines ou les membres de ma famille dont j’apprécie leur soutien.

En soirée, avec la fatigue, l’agitation des filles, mon manque de patience, le lait arrive moins vite. J’ai bien tenté le DAL, le Dispositif d’Aide à la Lactation pour amener le lait par une sonde dans la bouche quand elle tète, mais même la plus petite sonde lui est insupportable. En outre, sa force d’aspiration est très faible, elle peine à en boire le contenu. Alors, je choisis la patience, je prends ce temps qui semble très long pour le transfert de chaque goutte de lait et ce temps si court, très court que je m’octroie uniquement pour moi. Le peau-à-peau nous aide à réparer cette longue période de séparation, ces longs mois de couveuse où le toucher était rare, je sens que ce contact prolongé est nécessaire pour faciliter la connaissance de l’une et de l’autre.

J’appelle des consultantes en lactation, elles cherchent, lisent et proposent différentes astuces qui pourraient convenir à notre Mistinguette.

Le 5 juin, je suis allée consulter LA pédiatre référente en allaitement dans notre région. Elle nous connait bien et a toujours les mots qui nous rassurent, parce que je suis toujours inquiète quant à la prise de poids de Victoria, j’ai peur qu’elle n’ait pas suffisamment de lait. La rencontre avec un pédiatre de la maternité m’avait déstabilisée, il assurait de manière déterminée qu’un rythme de tétée était nécessaire. Victoria pèse 3,5 Kg, le poids d’un enfant à terme, avec ses soucis de succion-déglutition, je crains que les doses de lait ingérées soient nettement inférieures à ses besoins. En lui proposant plus souvent, elle est moins fatiguée, et boit à la demande. J’utilise la méthode de la compression mammaire quand je sens la miss déglutir moins fréquemment, l’écoulement du lait continue par lui-même, et Victoria peut avaler encore quelques gorgées, c’est toujours ça de pris.

J’ai entendu un jour un prédicateur : « dans toute situation difficile, il y a toujours une lueur d’espoir quelque part, un médicament qui apaise, une parole encourageante, ou une bienveillance. » Mon étincelle, c’est la visite ce matin de la kiné, souvent présente au moment du fond d’œil, l’examen que les bébés ne supportent pas. Victoria en rentrant, a les yeux explosés, rougis par l’examen précédent, mais suit et attrape les objets présentés par la kiné. La motricité se met en place, c’est super, on ne se verra peut-être pas le mois prochain parce qu’il n’y en aura probablement pas besoin. Je m’accroche à chaque bonne nouvelle et je la garde précieusement au fond de moi pour les moments délicats.

Je pèse Victoria à ses 5 mois ½, incroyable, 300g en 10 jours. Poids actuel : 3,9 Kg, elle a bien grossi ! Elle a pris 30g par jour, le minimum étant de 17g par jour, je suis complètement rassurée, j’ai la quantité de lait dont elle a besoin pour sa croissance. Je me sépare de la balance louée depuis sa naissance. Mon moral est au beau fixe.

Le 6 juillet, à mon réveil, je n’ai qu’une idée en tête, partir vers cette grande fête de famille à quelques heures de route. Le temps est radieux, les rayons du soleil me chauffent et me réchauffent ! A notre arrivée, nous sommes accueillis comme des rois, les invités nous ont attendus pour la grande photo familiale ! Je converse avec un cousin parti à Hong-Kong que je n’ai pas vu depuis 10 ans. Il est l’heureux Papa de grands garçons de 9 ans, nés prématurément, maintenant plein de santé et dynamiques. Quelle joie !

 

« Si chacun s’enferme chez soi parce qu’il craint la pluie, alors les saisons passent de façon monotone, chacun reste à l’abri des plus beaux états d’âmes de la nature qui, dans l’âme humaine, s’appellent les passions. »

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon.

Crédit photo : Myriam Dutilleul

 

 

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Une position pour le repos https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/ https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/#respond Fri, 04 Aug 2017 12:00:30 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1594 Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens. Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au … Continuer la lecture de Une position pour le repos

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Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens.

Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au cours duquel vous vous devez d’être alerte et par la force des choses, vous ne vous reposez pas.

Reprenons ce qui se passe dans la vie courante. Comment positionneriez-vous votre corps si vous cherchiez à obtenir le plus possible de repos ? Vous vous allongeriez, n’est-ce pas ? On dit toujours qu’on est moins fatigué assis que debout et moins fatigué couché qu’assis !

Expérimentez cela :

  • allongez-vous sur votre côté, une jambe étendue sur le matelas et l’autre repliée par-dessus, avec le genou venant toucher le matelas. Cela évite de cambrer le dos, ce qui pourrait provoquer des douleurs lombaires (comme en position latérale de sécurité si cela vous parle) ; il peut être très appréciable pour certaines femmes de placer un coussin sous ce genou pour respecter l’écartement de leurs hanches, particulièrement dans la période qui suit l’accouchement
  • surélevez convenablement votre tête au moyen d’un ou deux oreillers
  • approchez votre bébé tout contre vous le plus possible. Votre bébé est sur son côté pour vous faire parfaitement face. Collez-bien son bassin contre vous d’abord en plaquant votre main sur ses fesses pour les amener vers vous. Vous pourrez maintenir cette position par une serviette roulée et placée derrière lui ou bien un coussin d’allaitement et ainsi libérer votre main. Puis, amenez-le vers le sein en l’approchant par la nuque de façon à ce que son menton touche le sein en premier
  • selon vos préférences et votre morphologie, vous pouvez soit passer l’un de vos bras sous votre tête, ou sous les oreillers pour le ramener vers le dos de votre bébé comme pour l’entourer. Attention, si vous êtes couramment installée ainsi et avec le bras allongé sous votre tête, veillez à respecter votre confort. Certaines mamans ont en effet constaté une plus grande tendance à l’inflammation des prolongements de la glande mammaire situés vers l’aisselle. L’autre bras est libre pour s’occuper de votre bébé, soutenir le sein si nécessaire ou ne rien faire tout simplement..!

 

Vous êtes maintenant tous deux allongés, vos corps naturellement soutenus et bébé tète sans que vous ayez à lutter pour le maintenir. N’est-ce pas moins fatigant que de s’asseoir et de garder la tenue du dos, de la nuque, des bras ? Fermez les yeux et reposez-vous le temps de cette tétée (pensez à vous installer en sécurité car vous risquez fort de vous endormir 😉

 

 

Fiche technique de la position allongée sur le côté :

Confort maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆- oui car peu de contraintes ressenties pour soutenir son corps

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆

Tétée facile à l’extérieur ☆☆ ☆☆☆
Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ☆☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur période

prolongée ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

 

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La position instinctive https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/#respond Tue, 25 Jul 2017 09:15:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1589 Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets ! Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire … Continuer la lecture de La position instinctive

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Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets !

Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire à les utiliser activement.

L’un dans l’autre, vous avez pu acquérir beaucoup d’expérience car vous avez constaté par vous-même que certains environnements vont vous faciliter la vie pour positionner votre bébé, la serviette dans notre simulation, tandis que d’autres nécessiteront plus d’activité de contenance de votre part. Cela va entraîner pour vous le besoin de se faire assister par des coussins et oreillers pour soutenir vos propres bras et votre corps et maintenir un certain niveau de confort…

C’est exactement ce que Suzanne Colson a pu constater (S.D. Colson et al.,2008) lors de ses recherches :

Selon la position que nous adoptons, soit la gravité aide le bébé à être contre nous et à utiliser ses réflexes innés favorisant la prise du sein et le transfert du lait, soit au contraire elle l’éloigne de nous et par conséquent de notre sein ! Ces recherches ont également identifié chez les mamans des comportements innés susceptibles de favoriser l’allaitement lorsqu’elles sont encouragées à s’installer confortablement. Il ne s’agit donc pas de positions « enseignées » à reproduire de façon directive. Pour expliquer ce que peut être s’installer confortablement, Mme Colson évoque les positions que nous sommes susceptibles de prendre pour regarder tranquillement un film à la télé !

 

Voici donc par excellence « la » position dans laquelle la gravité vous aide en rapprochant naturellement votre bébé de votre corps, de votre sein plutôt que de l’en éloigner : la position en « BN » ( Biological Nurturing®) ou « laid-back position ». * Votre corps offre un large support à votre bébé : tout votre buste lui sert librement d’appui. En pliant vos jambes, vos cuisses donnent un appui aux pieds de votre bébé. Il peut donc utiliser toutes ses compétences. Vos bras sont libres pour finir de guider sa tête et/ou votre sein. Vous pouvez laisser reposer votre nuque sur un coussin et être confortablement installée durant toute la tétée. Vous êtes tous deux placés un peu comme une chatte et ses chatons pour allaiter naturellement en respectant les données biologiques.

Cette façon d’accueillir le bébé au sein permet de l’orienter de multiples façons en fonction de vos morphologies respectives. Parfois, le bébé se retrouve plutôt vertical, parfois en position transversale, parfois en position oblique sur votre buste… A chaque maman, chaque bébé et chaque âge sa combinaison. Le degré d’inclinaison de votre dos obtenu par le glissement du bassin peut être modifié à souhait selon votre confort, votre contexte. Par exemple, avec un bébé âgé de 6 mois en zone publique une petite inclinaison permettra une tétée très discrète et confortable pour vous deux !

« De multiples positions en une ! »

L’inclinaison de votre buste a amené certains à l’appeler « position transat », un joli nom qui appelle au  repos. Imaginez-vous à mi ombre, sous les arbres en train de déguster tranquillement un jus de fruits frais pour un moment de détente. Un tel moment, vous en rêviez. Mais avec l’arrivée de bébé, impossible de s’octroyer ce petit moment. Voyons si vous pouvez le faire. Placez simplement votre bébé sur le sein, chaque tétée peut être une occasion de vous détendre en même temps.

Petit cadeau de la nature, cette position respecte si bien vos compétences biologiques de mère et celles de votre nouveau-né que c’est aussi une de celles qui facilite le plus une prise du sein optimale lorsque vous êtes tous deux en apprentissage. Ainsi, de nombreux cas de crevasses qui ne sont pas parfaitement soulagés par la madone inversée*(article suivant) deviennent indolores et guérissent dès l’instant où l’on bascule le bassin pour se laisser glisser dans cette position car la prise su sein est encore meilleure !

 

Ce que les mamans en disent : « Qu’est ce que je me sens bien comme ça ! »

Le plus souvent, l’essayer c’est l’adopter !

 

 Fiche technique de la position « Biological Nurturing® » :

 

Confort maternel      ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ★ ★

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Tétée facile à l’extérieur ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ★ ☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ★ ★

Remettre au sein après prise du biberon sur période prolongée

★★★☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Comment s’installer pour allaiter ? https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/ https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/#respond Mon, 03 Jul 2017 20:15:41 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1576 La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable. Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner … Continuer la lecture de Comment s’installer pour allaiter ?

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La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable.

  • Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner mon bébé ? », « J’ai entendu dire que pour éviter les crevasses il faut positionner son bébé correctement, est-ce vrai? »
  • et très déraisonnable, mais révélateur de la situation de notre époque vis-à-vis de l’allaitement maternel : conceptualiser à l’écrit un geste lié à une activité biologique « naturelle », un geste qui devrait être observé dans la vie quotidienne depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte pour être tout simplement reproduit sans même y penser le jour venu…tout comme nous apprenons les bases de la cuisine en passant du temps à côté de tous ceux qui préparent les repas pendant notre enfance !

Alors pourquoi ai-je décidé de l’écrire tout de même ? Pour vous donner le plus possible les clés pour vous sentir le plus possible à l’aise une fois bébé arrivé !

« À l’aise », c’est notamment de là que tout part : vous sentir confortablement installée pour vous occuper de votre bébé et interagir avec lui. Alors, pour « apprendre » à positionner bébé nous allons ensemble avant tout « désapprendre ». Comme dit le vieil adage : « Qui trop se hâte reste en chemin »

Désapprendre les directives : pendant que vous êtes en train d’essayer d’apprendre ce qui serait une « bonne » ou une « mauvaise » position, en regardant un schéma stéréotypé vous risquez de vous focalisez sur des points non essentiels. La priorité est d’apprendre à vous relier à vos propres sensations et au comportement de votre bébé afin de se positionner par réponse à ce qui se vit entre vous deux.

Plutôt que de raisonner en terme de « bonne » ou « mauvaise » position, percevoir que nos bébés, tout comme nous, ont des morphologies et des tailles différentes créant ainsi un éventail très large de possibilités de positionnement au sein autant que de couples mère-enfant différents ; ainsi ce qui fonctionne pour les uns ne fonctionnera pas forcément pour les autres et il est bien réducteur de « décrire » 5 ou 6 positions au regard de la diversité des mères et des bébés !!

Plutôt que d’entretenir l’idée terrifiante qu’il y a des bébés qui « ne veulent pas » téter, assumer le fait que ce bébé et sa maman n’ont pas été installés dans un environnement et une position qui permette à tous deux de parvenir à allaiter, le plus souvent par oubli de prise en compte des caractéristiques morphologiques individuelles et des compétences respectives d’une mère et de son nouveau-né, des contraintes inutiles empêchant ces compétences de s’exprimer.

 

Alors avant de vous lancer à corps perdu, et l’expression n’est pas vaine, sur un panorama des positions les plus fréquemment utilisées et appréciées, ce qui serait contre-productif, prenons le temps de cet exercice d’ici au prochain billet pour mieux gagner en confiance et cheminer vers cette extraordinaire rencontre avec votre bébé.

Prenez le temps pour vous-même, avec une serviette roulée faisant office de bébé, de sentir, repérer et « noter » dans votre corps toutes les positions dans lesquelles vous vous sentez bien et détendue tout en ayant à maintenir contre votre buste ce « poupon » improvisé ;  faites-le en réalisant que ce confort à trouver n’est pas pour 2 minutes mais plutôt pour 30 minutes… plusieurs fois par jour ! Observez les sensations de votre dos au niveau des lombaires, des épaules, de la nuque : êtes-vous bien relâchée ?  Les sensations de vos bras : pouvez-vous les utiliser facilement sans lutter pour tenir la posture choisie? Et vos jambes ? Trouvez les positions pour lesquelles vous avez le moins d’efforts à faire.

Observez vos seins : dans toutes ces positions comment se placent-ils naturellement, où se dirigent alors vos mamelons (vers le haut, le bas, le côté ..?), où se placerait donc votre bébé pour les atteindre ? Comment serait son corps ?

 

Prêtes ? Alors allez-y avec joie et décontraction, amusez-vous de vos observations et essais !

À très bientôt dans le prochain billet pour la suite !

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC
[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

 

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Point de vue d’un papa sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/#comments Tue, 20 Jun 2017 08:41:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1571 Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que … Continuer la lecture de Point de vue d’un papa sur l’allaitement

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Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que certains couples explosent en plein vol. Si vous voulez mon avis, on pourrait comparer l’arrivée d’un enfant à un tremblement de terre. Mais on arrive à reconstruire les fondations petit à petit.

Nous en avions parlé, c’était clair pour nous, ma femme allaiterait. Ce que nous ignorions alors, c’est que tout naturel que soit l’allaitement, ça pouvait ressembler à un parcours du combattant au début. Je me sentais impuissant quand ma compagne me demandait si elle positionnait bien Nine au sein. Elle souffrait de crevasses et les pommades que j’allais lui acheter en urgence à la pharmacie ne suffisaient pas. Alors, j’ai parcouru internet à la recherche de solutions. Je suis fier de lui avoir trouvé la méthode pour faire des pansements de lait maternel. Elle dit que ça a sauvé son allaitement. Puisque je ne pouvais pas donner le sein, je me suis arrangé pour être efficace dans les domaines où je pouvais agir.

Le déroulement d’une journée

Comme je travaillais à la maison, je pouvais être auprès de ma femme et de ma fille. Je ne m’étais pas douté un instant que ça allait être aussi épuisant. Aider au quotidien, remplir le réfrigérateur, préparer les repas, lancer une lessive, l’étendre, plier le linge ; courir acheter les couches manquantes, limiter gentiment mais fermement les visites épuisantes ; comprendre comment porter mon bébé en écharpe, l’y installer, bercer Nine et recommencer. C’était du non stop. J’étais carrément fier de me rendre utile, d’anticiper les besoins de mes deux femmes. J’avais concocté pour Cindy un espace cosy avec son thermos de tisane, une bouteille d’eau, un mélange de fruits secs et des bananes sans oublier le nécessaire mouchoirs, gel pour les mains, chargeur de téléphone portable et tablette. Elle avait son camp de survie en somme. Et j’étais chargé de la logistique et du ravitaillement. Et puis quand j’oubliais, elle savait me rappeler à l’ordre.

Comme la plupart de mes amis n’étaient pas encore papas, ils ignoraient combien un nourrisson vous mobilise et que la dernière chose qu’on ait envie de faire les premières semaines, c’est sortir et laisser mère et fille seules à la maison ; surtout le soir quand bébé a tendance à pleurer plus souvent. Une fois que tout roulait et qu’on gérait, nous ne nous sommes pas privés de sortie, grâce au portage et à l’allaitement, notre fille était toujours avec nous, une couche de rechange dans le sac et on pouvait aller au restaurant et passer du temps avec des amis.

Etre parents

C’est drôle, ma femme et moi avions passé pas mal de temps à lire et à nous informer sur notre rôle de futurs parents. Aucun livre ne prépare à l’émotion qui nous submerge et à l’intensité que ce bébé nous procure. Notre quotidien a été sacrément chamboulé, c’est le moins que l’on puisse dire. Affirmer que ce n’est que du bonheur, pas toujours non. Certains jours, quand l’épuisement vous gagne, on se demande si on fait tout bien comme il faut, on en discute et on relativise. Si nous sommes d’accord avec nos choix alors tout va bien !

Cependant, il ne m’est jamais venu à l’esprit que donner un biberon aurait été plus facile ou bien une manière de mieux prendre ma place auprès de notre bébé. Dès son arrivée à la maison, c’est moi qui me suis chargé du bain et du massage qui suivait. C’était un moment à nous et aussi un moment pour que ma femme puisse se relaxer. Et en toute franchise, ça m’arrangeait pas mal que Cindy se charge d’allaiter. Cela me permettait de me reposer un peu aussi.

Puis comme tout le monde, nous nous sommes posés tout un tas de questions. Car entre ce qui est dit dans les livres et la réalité, on est vite perdu : pourquoi pleure-t-elle alors qu’elle est changée et qu’elle a mangé ? Peut-elle dormir avec nous ? Peut-elle s’endormir au sein sans que cela créée de mauvaises habitudes ? Pourquoi n’aime-t-elle pas être posée ? Tout le monde y va de ses conseils mais quand aucun ne semblait nous correspondre, que faire ? Nous avons cessé de nous interroger sur « la marche à suivre » quand nous nous sommes rendu compte que le mieux était de suivre notre instinct. On allait faire des erreurs c’est sûr. Et puis… tant pis ! C’est aussi de cette manière que j’ai trouvé ma place en tant que papa. Relativiser les difficultés, chercher des solutions, décrocher mon téléphone pour trouver le rendez-vous chez l’ostéopathe qui débloquera la situation.

L’allaitement a quelque chose de magique, d’indescriptible. Je n’ai jamais su comment l’expliquer mais j’ai toujours été ému en voyant Cindy allaiter notre fille. C’est un moment où elles sont comme coupées du monde extérieur et je suis le témoin privilégié de ce bel ensemble. Je sais que mon rôle est de l’encourager, quand elle trouve ça dur. Que ma femme allaite m’a demandé de me montrer plus créatif. Ça tombe bien, dans ma vie professionnelle, je travaille dans le domaine artistique. Et puis, ce qui est sûr, c’est qu’on a gardé de cette période un souvenir très fort.

[Auteur] : Jean-Georges Gouazé, papa de bébés allaités

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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Débuts imprévus https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/ https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/#respond Mon, 02 Jan 2017 09:41:18 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1486 Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂 Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire … Continuer la lecture de Débuts imprévus

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Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire en plusieurs parties. Voici un témoignage plein de courage.

Cinq mois de grossesse, notre petite merveille naît. Victoria mesure 33 cm et pèse 690g. Naissance inattendue pour un bébé d’une fragilité extrême. Le service de réanimation, ou « réa » devient son nouveau cocon, notre seconde maison. Un monde qui a son propre espace temps, peuplé d’êtres humains lumineux, les plus petits qui soient.

Avec cette naissance prématurée démarre l’attente. On ne le mesure pas encore bien mais c’est extraordinairement dur. Petit à petit, les minutes se muent en jours puis en mois. On s’accroche au peu que l’on puisse apporte, à commencer peut-être par mon lait.

Y a pas de mots pour décrire ce que je ressens alors. La Vie de ma fille tient à un fil. Ma tentation est si grande de me décourager. Pourtant, la solution est là, continuer d’y croire, et avoir pour seul et unique objectif de garder confiance parce l’on ne maîtrise rien. On peut contrôler ce qui vient de soi, planter l’espérance dans un terreau fertile, chaleureux et bienveillant, cultiver son jardin intérieur pour espérer récolter les plus beaux fruits qui soient. Il y a des ingrédients nécessaires et que l’on retrouve chez tous les rayonnants sortis de ces épreuves : l’amour, la joie et l’espoir toujours en ligne de mire. Ça n’enlève pas la souffrance, ni les larmes mais l’enracinement est trop important pour que la tige poursuive son chemin pour s’élever.

Le quotidien, c’est juste se remémorer très régulièrement du seul ou des quelques petits moments positifs. Il y en a toujours un même dans la pire de la pire des journées. S’accrocher à ces sourires en fait partie, à ces rires entendus au loin. Sentir cette brise légère caresser notre visage quand on est dehors. Garder en mémoire les messages d’un proche ou d’un ami qui nous veut du bien, qui envoie des wagons de courage et une locomotive de force, ou juste qui prie pour nous dans cette situation à laquelle on ne comprend rien. Romain Gary disait à juste titre : “Vous ne pouvez pas attendre de la vie d’avoir un sens. Vous devez lui en donner un ». Et c’est bien ce sur quoi nous nous sommes concentrés. C’est ce qui m’a aidé à trouver mille et une ressources en moi pour recueillir le précieux liquide. Mon or, son médicament, ce lait qui préserve ce lien incomparable entre ma merveilleuse fille que j’aime tant et qui lutte pour s’accrocher à la vie.

Puis chaque jour, avancer, sonner à l’interphone, attendre patiemment que la porte s’ouvre et se referme, poser un pied puis l’autre jusqu’au casier, déposer mon manteau, dérouler mon écharpe, chaque geste avec une temporalité propre, celle de la réa. Puis me diriger vers les lavabos, et méticuleusement, accomplir les rites de désinfection, porter l’habit de circonstance, le masque et repartir vers les berceaux. Mettre tous mes sens en éveil, en étroite connexion avec le présent, vivre, sans perdre un instant.

Sur chaque mur un peu sombre que je rencontre, je dessine un petit ange à la craie. Pour donner de la douceur au monde.” Jean-Charles de Castelbajac

Au moment de dire bonjour, je recherche les yeux de la personne qui est là juste pour me donner toute la force dont j’ai besoin pour continuer mon chemin. Il y a une osmose, une harmonie qui se crée entre le personnel soignant et les parents qui ne nécessitent pas d’explications ; les regards se suffisent à eux-mêmes.

Mon seul but alors : être présente et disponible pour Victoria, en réa, me tenir près de la couveuse pour la soutenir dans ce qu’elle vit, les bons moments et les bonnes nouvelles comme dans les difficultés et les jours plus compliqués.

Myriam en contact avec Victoria - couveuse

Je me souviens d’une après-midi particulièrement éprouvante. J’avais le moral en dents de scie. Je passais d’un état rassuré à inquiet en deux minutes. C’est alors que j’ai envoyé un texto à Suzanne, la responsable de l’aumônerie. Elle seule a le droit d’effectuer des visites à l’improviste dans le service. Elle était disponible et a mis peu de temps pour nous rejoindre. Sa seule présence me rassure et son écoute est inestimable. Je la revois avec son sourire jusqu’aux oreilles, ses yeux qui pétillent d’allégresse. Je lui ai expliqué la situation, elle voyait bien que j’avais le moral dans les chaussettes, épuisée par ces sonneries, le scope ( appareil pour surveiller le rythme cardiaque de bébé ) et ce service que je voulais fuir. Je ne sais même plus ce qu’elle a répondu, parce que c’était davantage sa prestance que ses mots qui m’ont touchée. La puéricultrice a scotché sur la porte une note « ne pas déranger ». En ces instants éprouvants, nous nous sommes mises à prier, juste ce qu’il faut pour me consoler et me réconforter. Suzanne connaît les mots pour dire, pour prier comme il se doit lorsque l’on est incapable de restructurer sa pensée, l’affect marqué à vif.

Quand je repense à cette période fragile de notre aventure, je me souviens aussi que le dialogue avec nos proches n’était pas facile non plus. C’est difficile de décrire ces instants, mes émotions de mère. L’impression que toutes nos souffrances sont banalisées. Et pourtant, c’est tellement vrai, se sentir impuissant devant l’inacceptable, la souffrance d’un enfant et de sa mère, ça touche tout le monde en plein cœur.

Alors quand – après des semaines – vient enfin le moment où je peux porter ma Victoria dans mes bras en peau à peau, le silence s’installe, l’amour circule enfin avec une intensité que rien ne peut atténuer. Comme si l’énergie était tellement contenue, qu’enfin libérée, la fleur s’épanouit et s’ouvre au grand jour, pour notre plus grand bonheur.

Cramponnez-vous, tant que la vie palpite…
 Ne lâchez rien, c’est le seul moyen d’aller plus haut!” (Pierre Lunel)

Et quand la sortie se fait tellement désirer, je rencontre Rachel au self, une pédiatre qui s’installe à ma table pour manger ! Au moment-même où le doute s’installe, je me sens lasse, figée au bord du chemin. Elle est alors un témoin formidable et je reprends ma route le cœur plus léger. Ce sont des discussions que je n’oublierai pas. Ce jour-là, elle m’a complètement redonné espoir quant à notre sortie.

C’est aussi grâce à Rachel, que bravant le règlement, Victoria a rencontré ses sœurs à l’hôpital, et le cœur tout brûlant nous avons savouré cette joie de nous retrouver à 5 au même endroit et au même moment. Chaque jour passé aux côtés de Victoria me fait dire la Vie est très précieuse, n’en loupe pas un instant.

J’ai décidé de profiter de tous ces bonheurs à fond, à 100 %, comme les tétées d’intense proximité. Je dois ces tétées en partie à Shasha, surnom donné à Shadock, mon tire-lait qui ne m’a pas quitté pendant bien 2 ans. Donner mon lait à ma fille, j’ai décidé d’en faire mon défi quotidien. Les études scientifiques récentes prouvent qu’un nourrisson a moins de soucis de santé quand il est nourri de lait maternel. Alors Victoria serait allaitée longtemps, c’est une évidence. Le lactarium a stocké jusqu’à quinze litres de mon lait, pour être sûre qu’elle n’en manque jamais.

Et puis après deux mois d’une attente stressante, j’entends la pédiatre déclarer pour la première fois que « Victoria a une évolution favorable ».  Au bout de 4 mois 1/2 d’hospitalisation en réanimation et en médecine néonatale, Victoria est rentrée à la maison, la veille de la fête des mères. Nous sommes enfin réunis : la séparation forcée d’avec une partie de ma famille me pesait considérablement.

D’aucuns reconnaissent qu’on ne quitte pas la réa indemne. Ce microcosme vous transforme complètement et si intensément qu’après on ne peut plus voir la vie de la même façon. Victoria a maintenant 3 ans1/2, elle est en petite section, aime beaucoup l’école et son maître. Elle s’émerveille de tout, a une détermination qui n’a d’égale que sa soif de vivre.

 [Auteure] :  Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement.

Merci à Myriam pour cette article et ces photos.

 

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Un démarrage d’allaitement réussi https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/ https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/#comments Wed, 16 Nov 2016 12:14:17 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1463 Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps. J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs … Continuer la lecture de Un démarrage d’allaitement réussi

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Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps.

J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs ajustements, elle a pu poursuivre  son allaitement jusqu’il y a quelques mois.

C’est en avril dernier qu’ elle me recontacte lors de sa deuxième grossesse. Elle allaite toujours Flore une fois par jour et sent qu’elle se sèvre doucement. Ses questions ne concernaient donc pas le co-allaitement.

Non, elle souhaite revoir les bases du bon démarrage de l’allaitement car le premier avait été très difficile. Flore dormait beaucoup et tétait peu.

La maternité où elle a décidé d’accoucher n’étant pas très à l’écoute par rapport à l’allaitement, je lui conseille de faire un maximum de peau à peau et d’observer son bébé pour le mettre au sein au moindre signe d’éveil.

Après un accouchement un peu difficile, son bébé (Aude*) , endormie met du temps à être efficace : enfin c’est ce que pense Amandine parce qu’elle tète que trois à cinq minutes…

Je les vois toutes les deux en sortant de la maternité au quatrième jour. Nous faisons le point : bonne nouvelle !!

Aude n’a perdu que 90g et a déjà repris son poids de naissance !

Mais Amandine est fatiguée, Aude tète très souvent entre 20 et 25 fois par 24h quelques minutes uniquement.

De plus, lors de l’observation d’une tétée  je remarque que  Aude claque la langue, ce qui est signe d’une mauvaise prise du sein. On revoit ensemble la prise du sein asymétrique et la position BN (Biological Nurturing ) pour une prise du sein plus profonde,  la langue claque moins souvent.

Je lui propose également de voir l’ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de tension dans la mâchoire ou un frein de langue qui gênerait la prise.

Je repasse les voir quelques jours après et constate déjà une amélioration : Aude semble mieux téter, elle est surtout gênée au début de la tétée par le réflexe d’éjection fort  (REF ) de sa maman.

L’ostéopathe a effectivement trouvé une tension à l’arrière de la langue d’Aude qui l’empêchait de bien la dérouler et de faire l’étanchéité.

Aude tète moins souvent mais plus longtemps, sa prise de poids est toujours bonne.

Trois semaines après la naissance d’Aude,  je les revois toutes les deux en pleine forme. Aude a encore la langue qui claque par moments probablement dû au REF mais Amandine sait gérer ce problème. Elle tète 10 à 12 fois par 24h.

Amandine est vraiment soulagée malgré un accouchement difficile, le démarrage de son allaitement est un succès ! Elle est prête à vivre de beaux mois ( années ? ) remplis de tétées et de câlins avec Aude.

  • par souci d ‘anonymat les prénoms ont été modifiés
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Que faire en cas d’abcès ? https://www.leblogallaitement.com/que-faire-en-cas-dabces/ https://www.leblogallaitement.com/que-faire-en-cas-dabces/#respond Sun, 06 Nov 2016 19:27:55 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1456 L’abcès du sein est une pathologie sérieuse et très douloureuse qui nécessite bien entendu des soins immédiats. Mais avant tout : il est nécessaire de disposer d’un diagnostic sûr. Cela peut paraître une lapalissade et pourtant, en pratique courante, vous êtes encore trop nombreuses à qui l’on dit « vous avez un abcès, je vous mets … Continuer la lecture de Que faire en cas d’abcès ?

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L’abcès du sein est une pathologie sérieuse et très douloureuse qui nécessite bien entendu des soins immédiats.

Mais avant tout : il est nécessaire de disposer d’un diagnostic sûr. Cela peut paraître une lapalissade et pourtant, en pratique courante, vous êtes encore trop nombreuses à qui l’on dit « vous avez un abcès, je vous mets sous antibiotique et il faut arrêter l’allaitement ».
Effet d’annonce dévastateur et anxiogène en plus de véhiculer des informations inappropriées.

Certaines situations appréciées comme un abcès du sein sont en fait des mastites et il n’est donc pas rare de rencontrer le raisonnement suivant : douleur + rougeur + induration + fièvre = abcès, alors que ce sont le plus souvent des signes associés de la mastite. Il peut alors être utile de retenir que le seul examen de votre sein (notamment sa palpation) associé à ces signes n’est pas suffisant pour établir le diagnostic d’abcès.

Comment faire la part des choses ?

L’abcès du sein est une accumulation localisée de pus qui se forme dans une zone du sein et ne peut se drainer par une ouverture naturelle. C’est un phénomène rare (3% des mères ayant eu une mastite * / 0,1% des mères ayant donné naissance en Suède entre 1987 et 2000 **), et lorsqu’il survient, c’est généralement en tant que complication d’une mastite non traitée (le plus souvent parce que non reconnue comme telle), ou ayant reçu un traitement trop tardif ou inadéquat (comme l’arrêt de l’allaitement du côté atteint par exemple), ou enfin d’une mastite répondant mal au traitement antibiotique donné.

La manifestation d’un abcès du sein peut être très spectaculaire, notamment lorsqu’il a la possibilité de s’ouvrir spontanément vers la peau mais, fait piégeant, ses signes sont plus souvent plus discrets que ceux d’une mastite : lors d’un abcès du sein, votre état général peut être bon, la fièvre n’est pas obligatoirement présente, vous ressentez une masse bien délimitée dans le sein déclenchant une douleur variable pouvant être très intense mais aussi faible ce qui est piégeant et peut mener à négliger la situation au début. Lorsque vous la touchez, vous pouvez voir une zone rouge parfois organisée autour d’une zone centrale plus pâle. Avoir débuté une mastite de 24 heures à quelques jours auparavant et voir la situation s’aggraver sera une alerte importante pour considérer l’abcès.

Le traitement médical de l’abcès est une urgence. Dans un premier temps une échographie viendra confirmer le diagnostic, vous recevrez un traitement antibiotique pour 10 à 14 jours (orientée contre les germes appelés staphylocoques) et le drainage de l’abcès sera nécessaire.

Actuellement deux possibilités existent selon la configuration de votre abcès et l’aisance qu’auront les médecins consultés vis-à-vis de ces techniques :

  • la ponction à l’aiguille qui consiste à aspirer du pus à l’aiguille pouvant être répétée 2 à 3 fois si nécessaire, elle peut être le meilleur choix lorsque votre abcès le permet puisqu’elle est peu invasive, pratiquée sous échographie elle n’engendrera pas de cicatrice visible.
  • le drainage chirurgical, qui devrait être pratiqué en dernier recours, va impliquer une incision sous anesthésie locale et la mise en place d’un drain à faire suivre en soins infirmiers ensuite ; cette intervention est beaucoup plus impressionnante et entraînera des tissus cicatriciels dans le sein (plus ou moins importants selon les situations – pouvant ou non compromettre un allaitement ultérieur en fonction du site d’incision, de l’atteinte ou non de fibres nerveuses et de leur reconstruction ) et une cicatrice visible sur la peau.

La possibilité de poursuite de l’allaitement du côté du sein non affecté est une évidence mais vous vous sentez peut-être découragée et épuisée par toutes ces lourdes complications. Cet arrêt est contre-indiqué car il pourrait provoquer – s’il est trop brutal – une mastite également de ce côté. C’est l’occasion de vérifier la conduite de l’allaitement (rythme, fréquence, efficacité des tétées, prise du sein…) qui a peut être amené la mastite puis l’abcès faute de traitement adapté, et trouver un fonctionnement plus confortable.

Votre préoccupation doit être de savoir que faire du côté de l’abcès. Plusieurs points légitimes vous poussent à tout cesser :

  • la douleur intense et la fatigue
  • la peur d’infecter votre bébé
  • la recommandation médicale de cesser l’allaitement du côté

L’OMS recommande pourtant la poursuite de l’allaitement même du côté atteint sauf :

  • si l’incision est proche de l’aréole et que le bébé risque du fait d’être en contact lors de sa tétée avec le pus qui s’écoule de l’incision,
  • si votre bébé a un statut immunitaire particulier (prématurité, pathologie du système immunitaire)
  • s’il s’agit d’une infection avec un germe résistant aux antibiotiques couramment prescrits et que le lait a un aspect caractéristique de couleur orangée prononcé

Dans les situations les plus fréquentes, le passage des germes vers le lait est faible et votre bébé était en contact avec ces germes bien avant que vous ayez ressenti les premiers signes, pourtant il ne montre aucun problème. Toutefois si l’on craint que votre bébé développe une infection, l’OMS recommande qu’il reçoive lui aussi une antibiothérapie. Poursuivre l’allaitement de ce côté peut vous sembler de l’inconscience surtout si on vous l’a affirmé et la recommandation de l’OMS peut vous choquer et ne pas être connue des personnes qui vous entourent et prennent en charge. Si la décision est prise de ne pas donner le sein du côté atteint il est fondamental en tout cas de tirer le lait afin d’éviter toute stase lactée qui ne ferait qu’aggraver la situation.

L’abcès est une situation ô combien traumatisante pour vous et appelle un accompagnement et un soutien spécialisés quasi quotidiens afin de préserver votre projet d’allaitement le plus fidèlement possible ainsi que tous ceux que vous pourriez avoir plus tard dans votre vie: ne restez pas seule avec un abcès et votre bébé!

 

* d’après Amir, Foster, Mc Lachlan, Lumley 2004. Incidence of breast abscess in lactating women : report from an australian cohort. BJOG, 111(12), 1378-1381

** Kvist, L.J., Rydhstroem, H. 2005 . Factors related to breast abscess after delivery : a population based-study. BJOG, 112(8), 1070-1074

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC
[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/ https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/#comments Thu, 06 Oct 2016 13:52:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1446 Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils. En parallèle, un nombre important de conseillères se … Continuer la lecture de SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés

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Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils.

En parallèle, un nombre important de conseillères se demandent, s’attristent et s’offusquent même de constater que leurs recommandations n’ont pas été suivies. D’autant que parfois, ne pas parvenir à initier un changement dans une situation donnée  peut se révéler très problématique, et déclencher une pathologie mammaire, ou induire un stade plus avancé de la pathologie qui nécessitera une prise en charge médicale plus intrusive.

Des mots que j’adresse aujourd’hui aux personnes ressources et soignants et aux mamans et familles pour que des mères reprennent confiance en elles et puissent dépasser le cap, et pour que les soignants et bénévoles soient avertis et adaptent leur soutien.

Un constat premier est celui que la future maman dans son 3ème trimestre et la jeune accouchée dans les premières semaines postpartum sont naturellement dans un état pro‐inflammatoire (1). De récentes recherches en psycho‐neuro‐immunologie nous apprennent que tout stresseur psychologique et / ou physique peut déclencher une réponse inflammatoire de laquelle découlera un état dépressif.

La psycho-neuro-immunologie (PNI) est une science en plein essor. Des études ont constaté que l’inflammation était l’un des facteurs impliqués dans la pathogenèse de la dépression. Au départ, les chercheurs ont considéré que l’inflammation n’était que l’un des facteurs de risque parmi de nombreux autres. Toutefois, les recherches les plus récentes suggèrent un nouveau paradigme : le stress physique et psychosocial augmente le niveau d’inflammation. L’inflammation ne serait donc plus un simple facteur de risque, mais LE facteur de risque sous-jacent à tous les autres. Le niveau d’inflammation est significativement plus élevé pendant le dernier trimestre de la grossesse, ce qui rend la femme particulièrement vulnérable. En outre, l’adaptation au rôle de mère (manque de sommeil, douleur, etc.) augmente le stress, qui, à son tour, accroît l’inflammation. Ce nouveau paradigme permet de répondre à une question importante : pourquoi les facteurs de stress physiques ou psycho-sociaux augmentent-ils le risque de dépression ?

L’allaitement, on le sait,  joue un rôle majeur dans l’état émotionnel de la mère. Des études ont montré qu’il avait un impact calmant, qu’il abaissait le taux sanguin des hormones de stress, et la réactivité maternelle au stress. Il est donc particulièrement important de le protéger. (2)

Prenons l’exemple d’une maman souffrant de crevasses. La crevasse est une lésion, accompagnée d’un état de stress et d’une sensibilité allant de légère et supportable à une douleur à la limite du tolérable. Cette crevasse, porte d’entrée aux microbes, fait qu’une réaction du système immunitaire se déclenche sur un corps prédisposé à l’inflammation. Au système immunitaire activé, ajoutons les facteurs stressants que sont la douleur, l’angoisse de la tétée présente et de la prochaine, et poursuivons avec les effets chimiques et hormonaux qui découlent de tout ce processus…

Vous avez deviné : une mère qui souffre de crevasse(s) se retrouve dans un état dépressif temporaire, qui n’a rien à voir avec la dépression post-partum ni le baby‐blues, et cet état disparaîtra dès que la crevasse sera traitée.

Ainsi, nous, soignants ou accompagnants bénévoles sommes aux côtés de la maman en détresse, la conseillons en connaissance de cause. Nous l’abreuvons d’instructions qu’elle ne peut mémoriser totalement et efficacement. La maman se trouve très vite face à un mur insurmontable : « Tout ça à changer ? Je ne pourrai pas ». En effet, le propre d’un état dépressif est que tout devient un obstacle toujours trop important pour être dépassé. La crevasse empirera l’inflammation, de même que l’état dépressif entraînant la mère dans un cercle vicieux qui peut mener au sevrage pur et simple. Avec le sevrage, la cicatrice guérit puisque le mamelon n’est désormais plus abîmé, et avec la guérison de la crevasse, l’état dépressif lié à l‘inflammation disparaît ; la maman se trouve enfin libérée, plus de douleur et enfin « bien dans sa tête ».

Une des solutions efficace consiste à rechercher et trouver avec l’aide d’une personne compétente la cause du « rabotage »  du mamelon qui va permettre que la crevasse guérisse, que l’allaitement soit maintenu, que la douleur disparaisse, et de fait en supprimant tous ces facteurs stressants, que cet état dépressif temporaire s’efface.

Si l’on considère maintenant le cas d’une mastite, la maman se trouve directement en état inflammatoire (et non forcément en état infectieux). La mastite peut être accompagnée de crevasses. L’état inflammatoire de la mastite génère le même processus au niveau changement d’humeur que l’inflammation liée à la crevasse. Il faut vider le sein atteint le plus profondément, le plus souvent possible, alternant massages, tétées, extraction manuelle/pompage, et ne pas attendre que ce sein se re‐remplisse pour le vider à nouveau. Ne pas oublier que l’autre sein doit être vidé également pour ne pas tomber malade à son tour.

Toutes ces informations et conditions peuvent submerger la maman. Elle bataille dans sa douleur existante. On l’arrose de conseils qui lui permettraient de ne pas entrer en état de pathologie. En vain. Elle ne parvient plus à se projeter dans une évolution positive ni même négative. Elle vit le moment présent intensément, et celui-là est loin d’être plaisant. La mastite inflammatoire risque de devenir infectieuse, et de déboucher sur un abcès ; les enjeux peuvent être conséquents ! Lorsque la personne ressource vient aux nouvelles, et que la maman avoue qu’elle n’a pas pu tout faire ; qu’elle s’est couchée et a dormi 8 heures d’affilées alors que son sein malade était encore plein, la ressource frémit en son for intérieur : « mais pourquoi n’a‐t‐elle pas suivi mes conseils ? ». Alors que c’est encore d’empathie et de compréhension que la mère a besoin.

Sachez chères mamans que nous vous comprenons et nous devons accepter ensemble cet état. C’est ainsi que nous trouverons le juste moyen pour la voie rapide de guérison.

J’ai bon espoir qu’une maman qui comprend que son état pseudo-dépressif est causé par la crevasse ou la mastite. Ce n’est pas tant lié à son allaitement. C’est alors une maman qui s’accordera une chance supplémentaire d’aller plus loin, de franchir les obstacles, de dépasser son état de dépression temporaire. Et ce travail sur elle‐même sera d’autant plus facilité que la personne ressource, soignante ou bénévole l’entend dans son état.

Pour conclure, cet état dépressif temporaire, lié à une crevasse ou une mastite disparaît dès que la cause de la crevasse est éliminée ou que la mastite a guéri ; il ne doit pas être confondu avec un état de dépression post-partum, de baby‐blues ou de psychose puerpérale.

(1) Recherche Psycho‐neuro‐immunologie ; dépression inflammation et allaitement : Amir, 1996 Kendal‐Tackett, 2007

(2)     Article sur la dépression du post-partum, paru dans les Dossiers de l’Allaitement n°74 (Janvier – Février – Mars 2008)

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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La nécessité d’allaiter selon Lucie https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/ https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/#comments Wed, 24 Aug 2016 13:12:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1422 Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants. Mon allaitement long Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. … Continuer la lecture de La nécessité d’allaiter selon Lucie

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Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants.

Mon allaitement long

Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. Je suis la seule à subir de nombreuses allergies et d’autres problèmes de santé… Je dois avoir sept ans et C’EST DECIDE, JE VEUX ALLAITER MES ENFANTS pour leur éviter d’avoir toutes mes allergies et mes problèmes de santé…

Nous sommes en juillet 2010 et le moment est arrivé, j’apprends ma première grossesse et c’est quelques mois plus tard que j’accouche prématurément par césarienne, d’un bébé ayant un faible poids dû à un retard de croissance. Tout va très vite mais je ne peux pas allaiter mon bébé. Il pourrait trop se fatiguer  car il est prématuré et affaibli par sa venue au monde ( ce qui n’est pas tout à fait juste, je l’ai appris par la suite mais ceci est une autre histoire).

Je ne me pose donc aucune question et je tire mon lait toutes les heures environ …

Je me sens comme une « vache laitière » mais les quantités tirées me rassurent, je vais pouvoir allaiter longtemps d’après le personnel de la maternité.

Après quelques jours, les ennuis commencent : suite à une poussée de fièvre et sous les mauvais conseils d’une professionnelle, je suis contrainte d’arrêter l’allaitement. On suspecte une mastite (inflammation du sein ) et on me met sous perfusion d’antibiotiques. Heureusement, le lendemain matin une puéricultrice plus informée sur le sujet, me recommande de reprendre au plus vite les tirages.

Puis je sors enfin de l’hôpital. Les mois passent …

Je suis à trois mois d’allaitement et je ressens ce manque que peuvent ressentir d’autres mamans quand leur bébé se met à téter de plus en plus pendant les périodes de pointe ( je ne savais pas encore ce que c’était ). Roméo* revient toutes les heures et hurle après les tétées, je décide d’utiliser mon tire-lait à nouveau et de ne plus mettre mon bébé au sein pour voir ce que je tire (son faible poids ne m’a pas permis d’être zen et de me faire confiance sur la prise au sein). Je ne tire que 10 ml toutes les heures et je décide donc de relancer ma lactation car mon stock diminue de plus en plus et le lactarium est passé prendre mes derniers vingt litres la veille ( je pensais que je n’en aurais plus besoin ).

Dès que Roméo a fini de téter, je tire mon lait et le papa le complète avec le lait tiré. La nuit je me lève toutes les heures pour stimuler cinq à  dix minutes. Ma belle-mère s’en mêle avec ses phrases anti allaitement « c’est la fin, l’allaitement ne dure jamais ! »

 La fatigue, la prématurité, mon long séjour à la maternité, de devenir maman…tout cela était un stress important et me voilà à acheter une boîte de lait, je ne sais pas encore à ce moment que je peux trouver du soutien auprès d’une consultante ou d’une sage-femme…ET POUR MOI C’EST LA FIN!

Je sais que je peux encore y remédier mais COMMENT ? Je n’ai plus de force ! Je quitte l’appartement pour ne pas voir mon bébé prendre ce biberon de lait artificiel, je suis déprimée et j’ai beaucoup de mal à m’en remettre. Je n’ai pas pu avoir ce lien privilégié auquel je m’attendais et auquel je m’étais préparée. Il me faudra un autre enfant pour « réparer les dégâts », du moins c’est ce que je pense…

NINA*

Nous sommes en 2014 quand Nina arrive parmi nous, elle ne présente pas de soucis en particulier si ce n’est un faible poids également. Suite à l’échec du déclenchement programmé, une césarienne est effectuée et nous sommes séparées le temps de mon réveil. Le papa l’accompagne en chambre et explique aux sages-femmes qu’elle ne doit pas recevoir de lait artificiel car je veux l’allaiter. Malheureusement elle a faim et sera alimentée par biberon avec du lait artificiel quand même…( là aussi j’ai appris qu’ on aurait pu me proposer de faire différemment..)

Lorsque je reviens en chambre, c’est bien sûr la première chose que j’ai fait, L’ALLAITER ! Tout ne se passe pas comme je l’espèrais, elle n’arrive pas à prendre le sein correctement. Elle « tétouille », ne déglutit pas, et dort toute la journée mais pleure toute la nuit. Une puéricultrice m’aide à extraire le colostrum sur une petite cuillère pour qu’elle ne perde pas trop de poids.

Les journées et les nuits s’enchaînent et je me vois confronter à la montée de lait difficile car Nina s’endort et je n’arrive pas à trouver la bonne position, celle où je n’ai  pas mal. Le personnel médical ne s’en inquiète pas… Je serre les dents et me dit qu’à la maison ça ira mieux ! En attendant je subis les visites répétées et les conseils déplacés…

Je rentre enfin et là aussi rien ne se passe comme je l’avais imaginé, Nina pleure toujours autant et réclame sans cesse le sein, je ne sais même plus différencier la tétée efficace de la « tétouille », elle s’endort sans cesse rapidement. Je connais à présent Grandir Nature et j’appelle donc la consultante en lactation et nous faisons le point. Je dois « refaire » mon accouchement, la césarienne et la séparation ont « laissé des traces » sur mon enfant, elle a besoin d’être rassurée et le peau à peau et les bains communs vont nous rapprocher et recréer ce cocon qu’elle avait au creux de moi ! Je porte Nina en écharpe pour la calmer lors des moments de « crises » et je « cododote » (en toute sécurité) avec elle ! Nina se réveille la nuit toutes les heures mais je décide de lâcher prise et Nina tète à présent sans que je m’en rende compte, cela ne me réveille plus ! Elle finira par espacer les tétées.

J’appréhende chaque période de pointe.  Vers les deux mois et demi de Nina, je sens déjà qu’elle réclame de plus en plus. Pas de panique : je dors plus, mange équilibré, bois de la tisane d’allaitement et surtout, j’ai le numéro d’une consultante en lactation. Je suis parée pour passer ce cap !

Je ne voulais pas craquer, j’avais cet objectif en tête. C’était une démarche « réparatrice ». Tout devait bien se passer et tout s’est bien passé. J’ai mis du temps à mettre en place cet allaitement, je dois continuer pour mon enfant et moi-même. C’est bien plus qu’un choix c’est une nécessité pour moi !

Nous voilà donc à six mois d’allaitement exclusif et j’introduis l’alimentation solide par la méthode DME**, Nina se débrouille comme une chef.

Mais le calme est de courte durée. Elle revient téter de plus en plus souvent . J’ai repris le travail depuis  un mois, j’ai eu mon retour de couches (qui réduit la quantité de lait que je tire) …

J’ai peur, peur de la fin, de la fatigue qui va s’accumuler, peur de ne pas être à la hauteur, mais je sais que c’est le dernier cap, après tout ira bien ! Cela aura duré deux semaines et Nina retrouvera un rythme.

Nina a deux ans et tète, non pas encore mais TOUJOURS ! Ce que pense les autres je ne m’en soucie plus. Des phrases rigolotes (et moins) j’en entends toujours. J’allaite partout, à la montagne pour rassurer, à la mer pour rafraîchir, à la maison après un bobo, dans la voiture pour calmer, bref mon sein est toujours là prêt à réconforter ou hydrater et qu’il serve de réfrigérateur, de doudou, de mouchoir, de  « chewing gum »,  qu’il soit admiré ou critiqué, moi je sais une chose…J’AI GAGNE !

*les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat

**DME : diversification menée par l’enfant.

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A l’occasion du précédent billet, nous nous sommes intéressés aux spécificités du sommeil de l’enfant et au lien entre allaitement et sommeil de l’enfant. Nous allons maintenant  voir le sommeil de la mère allaitante de plus près.

Physiologie de la lactation :

Lors de l’allaitement, à chaque tétée, un grand nombre d’hormones sont libérées dans la circulation sanguine maternelle. Parmi celles-ci il y a la prolactine, l’ocytocine, les bêta-endorphines, la dopamine… Ces hormones ont de multiples rôles et entre autres, elles ont une influence sur le sommeil de la mère.

En effet, la prolactine, par exemple, accélère le passage en sommeil lent. Durant l’allaitement, la mère bénéficie ainsi de 30% de sommeil lent en plus qu’en dehors de la grossesse et l’allaitement[1].   Le sommeil lent est le sommeil qui permet le plus la récupération.[2]  [3]

L’ocytocine permet, quant à elle, de favoriser un climat de détente et d’apaisement particulièrement propice au repos et à la somnolence. C’est précisément cet état de somnolence lié aux tétées qui amène souvent à penser que l’allaitement fatigue la mère alors même que du point de vue physiologique, l’allaitement favorise au contraire un repos de meilleure qualité.

Les bêta-endorphines et la dopamine sont des hormones qui sont associées au sentiment de plaisir. De plus, la dopamine prépare le réveil. Autrement dit, durant l’allaitement, les mères ont plus de sommeil profond récupérateur mais ont également plus de facilité à se réveiller afin de répondre aux besoins du bébé.

A retenir :

La tendance à l’endormissement des femmes allaitantes n’est pas un signe de fatigue ; c’est un état normal, lié au rythme veille / sommeil inhérent à l’allaitement et favorisant une meilleure récupération.

D’autre part, durant l’allaitement le taux de cortisol (hormone du stress) reste plus bas qu’en dehors de l’allaitement, comparativement à des situations de stress similaires[4]. Enfin, plusieurs facteurs liés à l’allaitement diminuent les phénomènes inflammatoires ce qui a pour effet de diminuer le risque de dépression post-natale.

Le sommeil de la mère allaitante :

Il ressort de nombreuses études que les mères qui allaitent ont certes un nombre d’éveils nocturnes plus important que les mères qui n’allaitent pas (voir billet sur le sommeil de l’enfant allaité) ; néanmoins, les électro-encéphalogrammes de ces mères montrent que ce sont pourtant elles qui ont la plus longue durée de sommeil lent profond (récupérateur). Ce résultat confirme bien que l’allaitement augmente les capacités de récupération des mères.

Encore plus intéressant ; les études montrent également que pour les couples parentaux dont les femmes allaitent, les deux parents dorment plus !

A savoir : [5]  [6]

La fatigue maternelle est généralement modérée juste après la naissance, mais elle culmine à 3 semaines et diminue lentement entre 2 et 6 mois.

Il n’y a pas de différence en termes de fatigue entre les femmes qui allaitent et celles qui donnent le biberon. Le fait d’arrêter l’allaitement n’améliore pas l’état de fatigue des mères.

« Mais alors, qu’est-ce qui fait que je suis si fatiguée ? »

Devenir mère est associé à un niveau de fatigue émotionnelle intense. Le haut niveau de responsabilité, la charge de travail « non équitable » dans le couple, l’absence de reconnaissance et de valorisation de la maternité au niveau social, l’isolement auquel se surajoute l’état inflammatoire lié aux conditions d’accouchement et au stress associé au changement de mode de vie qu’impose l’arrivée d’un bébé ; sont autant de facteurs favorisant le surmenage maternel en post-partum.

La banalisation de cette situation : « c’est normal, ça va passer ! », la culpabilité des mères : « si tu faisais ça ou si tu ne faisais pas ça, tu serais moins fatiguée ! » (ex : portage, allaitement, partage de la chambre ou du lit…) et le fait de penser que le bébé présente des troubles du sommeil (réveils fréquents) sont autant de facteurs qui augmentent le risque de dépression maternelle dans l’année qui suit la naissance.

Prévention de la dépression et du surmenage :

1/ Etre suffisamment informée en prénatal et/ou en post-natal de la réalité de la vie avec un nouveau-né permet une meilleure adéquation entre les attentes maternelles et les besoins de l’enfant :

Connaître les rythmes physiologiques du nouveau-né et du nourrisson.

Connaître et reconnaître les besoins de l’enfant allaité (« tétées groupées », premiers signes d’éveil…).

Connaître les effets de l’allaitement sur la santé et le sommeil de la mère et de l’enfant.

2/ Savoir déléguer et relativiser

Les quarante premiers jours de post-partum, prévoir une organisation permettant à la mère de se reposer autant que possible.

Demander de l’aide pour les tâches ménagères et la gestion des ainés.

Relativiser l’importance de ces tâches (si l’aspirateur n’est pas passé tous les jours, votre bébé ne s’en portera pas plus mal ! Votre conjoint non plus… et vous serez mieux si vous avez pu vous reposer au lieu de dépenser votre énergie pour ce faire).

Relativiser également la durée de ce temps de récupération indispensable … 6 semaines dans une vie, ce n’est pas si long !!! Vous venez de passer 9 mois à créer la vie, vous méritez bien de pouvoir en « profiter » maintenant !

3/ Se faire confiance et faire confiance au bébé

Les comportements des nouveau-nés en bonne santé et la réponse spontanée des mères sont dans la grande majorité des cas des comportements innés de « survie de l’espèce » … s’écouter et se faire confiance est donc une des clefs du succès !

[1]             Kendall-Tackett ; un nouveau paradigme pour la dépression des jeunnes mamans ; Les Dossiers de l’allaitement ; Hors série JIA 2010

[2]             Wambach KA, Maternal fatigue in breastfeeding primiparae during the first nine weeks postpartum, Journal of Human Lactation 1998 ; 14(3) : 219-29.

[3]             S Callahan, N Séjourné, A Denis  ; Fatigue and breastfeeding  : an inevitable partnership  ? J Hum Lact 2006  ; 22(2)  : 182-87

[4]             Kendall-Tackett ; un nouveau paradigme pour la dépression des jeunnes mamans ; Les Dossiers de l’allaitement ; Hors série JIA 2010

[5]             Wambach KA, Maternal fatigue in breastfeeding primiparae during the first nine weeks postpartum, Journal of Human Lactation 1998 ; 14(3) : 219-29.

[6]             S Callahan, N Séjourné, A Denis  ; Fatigue and breastfeeding  : an inevitable partnership  ? J Hum Lact 2006  ; 22(2)  : 182-87

[Auteure] : Céline Dalla Lana est sage-femme et consultante en lactation. Elle nourrit également une passion pour la formation des professionnels de santé.

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La fatigue, voire l’épuisement maternel est un motif fréquent de consultation de jeunes mères. C’est également l’une des premières causes d’arrêt de l’allaitement maternel. Les mères, souvent influencées par leur entourage, peuvent être amenées à penser que l’allaitement est la cause de cette fatigue.
Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il savoir au sujet du sommeil de la mère et de l’enfant durant l’allaitement ? Quelles solutions pour « survivre » à cette période éprouvante de la vie de jeune mère ? C’est ce que nous allons découvrir.

Le sommeil de l’enfant en bas-âge :

Le sommeil est un processus qui évolue tout au long de la vie. Un nouveau-né dort en moyenne 18 heures par jour dont 2 à 3h consécutives au maximum. Il existe de grandes variations individuelles dans la première partie de la vie (les « petit dormeurs » qui dorment 8h par jour et les « gros dormeurs » qui dorment jusqu’à 20h par jour !). Cette différence est déjà beaucoup moins importante aux alentours de 12 mois (1). A cet âge, les études montrent que les enfants dorment en moyenne entre 10 et 14h par jour.
La qualité du sommeil évolue, elle aussi, en fonction de l’âge de l’enfant. Plus l’enfant est jeune, plus la proportion de sommeil léger est importante. Un nouveau-né passe plus de la moitié de son temps total de sommeil en sommeil léger. C’est durant cette phase que la croissance cérébrale est maximale. Plus la maturité du bébé augmente, plus la proportion de sommeil lent profond augmente et plus les phases d’éveil sont importantes.
D’autre part, il est important de savoir que le nouveau-né qui s’endort passe par une phase de sommeil léger d’environ 20 minutes avant d’entrer en sommeil profond. Durant cette première phase de sommeil, il est donc susceptible d’être réveillé à la moindre stimulation. Il est donc préférable d’attendre la phase de sommeil profond pour poser bébé dans son lit sans le réveiller ; mais attention, les phases de sommeil profond ne durent pas très longtemps car le sommeil léger reste majoritaire à cet âge !

Le sommeil du nouveau-né est réparti de manière équivalente le jour et la nuit. Ce n’est qu’au bout de quelques mois que le rythme « nuit-jour » se met en place. Les études montrent que plus on tente de réguler le sommeil des tout-petits, plus le cycle « nuit-jour » se met en place tard … Tout vient à point à qui sait attendre !

Les attentes des parents concernant le sommeil des enfants en bas-âge, souvent culturelles, sont simplement IRREALISTES ; ce qui peut induire de l’inquiétude !

A retenir (2):

A 3 mois, quelques bébés commencent à dormir parfois 5h consécutives,
A 5 mois, 50% des bébés dorment 8h consécutives durant quelques nuits,
A 12 mois, 27% des bébés ne dorment pas régulièrement entre 22h et 6h et 13% des bébés ne dorment pas régulièrement plus de 5h consécutives,

Existe-t-il un lien entre la nourriture reçue et le sommeil de l’enfant ?

Le nouveau-né sort d’une période durant laquelle il était nourrit en continu par le placenta. Il doit, à la naissance « apprendre » à réguler entre autres sa température et sa glycémie. Ceci explique un rythme soutenu de tétées les 3 premiers jours (avant la « montée de lait », un nouveau-né doit s’alimenter 10 à 12 fois par 24h au moins et il n’est pas rare que, les premiers jours, les bébés tètent toutes les 40 minutes). Les mères doivent en être averties afin de s’adapter à cette situation et se méfier d’un bébé qui dormirait trop. Le « sommeil refuge » du nouveau-né est une des premières raisons qui induisent une perte de poids importante durant les 3 premiers jours ainsi qu’un retard à la « montée de lait » et un risque important d’engorgement chez la mère.

Spécificités d’espèce :

La composition du lait d’un mammifère est une composante d’espèce. Son sommeil aussi !

Autrement dit, la composition du lait de femme est très spécifique aux besoins du nouveau-né. La particularité de l’être humain est qu’il nait prématurément. La première partie de la vie est une sorte de « gestation extra-utérine ». En effet, le petit humain n’est pas suffisamment mature pour se déplacer seul avant plusieurs mois. Durant cette longue période, c’est la croissance cérébrale qui va monopoliser le plus d’énergie. Pour cela, il a besoin principalement de nourriture pour son cerveau ; c’est-à-dire de lactose. Aussi, le lait de femme est-il particulièrement riche en lactose (7% de lactose contre 4% de graisse et 1% de protéines).
Le lactose est très digeste (3). Vingt minutes après la tétée, l’estomac est vide et le bébé peut de nouveau être prêt à se ravitailler (c’est ce que l’on appelle les « tétées groupées ». Elles peuvent durer jusqu’à 2h voire plus). Suite à un groupe de tétées, la vidange des seins étant de plus en plus importante, la part de graisse augmente progressivement. Ceci permet alors à l’enfant d’accumuler de l’énergie plus durable pour dormir 1 à 2h consécutives. La méconnaissance des « tétées groupées » amène souvent les parents à penser, à tort, que leur enfant à des coliques ou que le lait maternel n’est pas suffisant.
Les préparations pour nourrissons étant à base de lait animal, la proportion de lactose, graisse et protéines est bien différente de celle du lait de femme. Ceci induit un « effort » de digestion plus important, ce qui a pour corollaire de modifier le sommeil de l’enfant en augmentant, de manière anti-physiologique, la proportion de sommeil profond(4). Mais la quantité totale de sommeil est identique que l’enfant soit allaité ou non (5) ; c’est la répartition qui est différente (6)!

En conclusion de cette première partie, notons qu’une meilleure connaissance de la physiologie du sommeil de l’enfant durant l’allaitement permet aux jeunes parents d’avoir des attentes plus en adéquation avec la réalité de la vie avec un jeune enfant. Ce faisant, moins inquiets du comportement de leur bébé, les parents sont généralement moins susceptibles de remettre en question les capacités nourricières des mères. Cela favorise la poursuite de l’allaitement conformément aux objectifs parentaux et aux recommandations de l’OMS qui préconise l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et en complément de la diversification alimentaire jusqu’à au moins 2 ans.

1. Galland et al. 2012. Normal sleep patterns in infants and children: A systematic review of observational studies
2. The Consolidation of Self-regulated Sleep Across the First Year of Life. Henderson et al, 2010. Calibri (Corps)
3. “Comparison of Evoked Arousability in Breast and Formula Fed Infants.” Archives of Disease in Childhood 89: 22-25.
4 .Horne, R.S.C., Parslow, P.M., Ferens, D., Watts, A.M. and Adamson, T.M. (2004). “Comparison of Evoked Arousability in Breast and Formula Fed Infants.” Archives of Disease in Childhood 89: 22-25.
5.S Callahan, N Séjourné, A Denis ; Fatigue and breastfeeding : an inevitable partnership ? J Hum Lact 2006; 22(2) : 182-87
6.Blyton, D.M., Sullivan, C.E. and Edwards, N. (2002). “Lactation is associated with an increase in slow-wave sleep in women.” Journal of Sleep Research 11: 297-303

[Auteure] :
Céline Dalla Lana est sage-femme et consultante en lactation. Elle nourrit également une passion pour la formation des professionnels de santé.

[Biographie] :
Céline Dalla Lana est sage-femme libérale, elle accompagne les femmes en cabinet libéral et à domicile depuis de nombreuses années, en proposant un suivi prénatal et un soutien spécifique à l’allaitement maternel.
Son mémoire de sage-femme portant sur l’allaitement a été récompensé pour sa présentation innovante et la pertinence de l’enquête statistique qui y est proposée.
Son travail a servi de référence à l’élaboration des recommandations pour l’allaitement maternel de l’ANAES – HAS (Haute Autorité de Santé).

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