tire-lait | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 04 Apr 2024 13:45:18 +0000 fr-FR hourly 1 Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/#respond Wed, 05 Oct 2022 08:53:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2285 Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire 2 à 3 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas bander / comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques :

pour en savoir plus sur l’engorgement

Leche League : engorgement
Leche league : revue de littérature concernant le recours au chou Protocole de l’Academy of breastfeeding
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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les debuts difficiles, une victoire meritee https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/ https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/#respond Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2257 Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue. Voici mon histoire J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme … Continuer la lecture de les debuts difficiles, une victoire meritee

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Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

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allaiter au rythme de la vie d’artiste https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/#respond Tue, 04 Jan 2022 14:50:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2251 Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier. … Continuer la lecture de allaiter au rythme de la vie d’artiste

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Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier.

Pour mon premier enfant né en mars 2015, l’allaitement s’est mis en place très facilement et j’ai adoré ça dès le début. Je n’avais fait aucun « plan » sur sa durée et autour de moi je ne connaissais personne qui avait nourri son enfant au sein plus de 6 mois. Une copine m’avait parlé de la Leche League et c’est en m’inscrivant sur un groupe de discussion que j’ai découvert que des mamans allaitaient au long cours. Chez nous, plus les mois passaient, moins je voyais l’intérêt d’arrêter ce qui était bon pour mon fils et sans contrainte pour moi. Je me suis donc lancée dans un allaitement à durée indéterminée en me disant qu’avec pas mal d’organisation et un peu de lâcher prise, ça devrait le faire !

A l’époque j’habitais et je travaillais sur une péniche spectacle. L’équipe artistique était composée d’amis compréhensifs et mon conjoint y travaillait également. Nous prenions donc Marcel en porte-bébé et le déposions dans sa cabine avec le baby phone lorsqu’il dormait. Il pouvait téter à la demande et mes camarades étaient ravis de le prendre avec eux quand ils n’étaient pas sur scène. J’ai loué un petit tire-lait à piles (très pratique quand on part en tournée en camion par exemple). Les soirs de spectacle nous prenions une baby-sitter et je tirais mon lait avant d’aller jouer.

Entre avril et juin 2016, il est allé chez une assistante maternelle car cela devenait difficile : il voulait tout explorer et je ne pouvais plus être à ce que je faisais tout en ayant un oeil sur lui.

La personne était super mais pas très à l’aise avec le lait maternel. Je lui ai donné un tableau de conservation mais comme je ne la sentais pas complètement sereine et que Marcel avait déjà 1 an on a trouvé un compromis. Je lui emmenais de temps en temps mon lait et sinon, elle pouvait lui proposer du yaourt. J’allais le chercher entre 16h30 et 18h et la tétée de retrouvailles était très appréciée par lui et moi. Je ne tirais pas mon lait à midi car ma lactation était bien en place et les mercredis, samedis et dimanches, il lui arrivait encore de téter avant ou après le déjeuner. A cette époque, il tétait entre 4 et 6 fois par jour environ.

Dans le même temps, j’ai commencé à m’absenter pour de courtes tournées de 1 ou 2 nuits. J’avais un stock de lait au congélateur et nous donnions à Marcel , des yaourts au lait de brebis ou un morceau de fromage. De mon côté, je faisais 2 ou 3 tirages par jour, j’avais 2 sacs isothermes avec des pains de glace ce qui permettait à mon lait de rester bien frais avant de le mettre au réfrigérateur. Si le trajet retour était trop long et que les conditions n’étaient pas réunies pour une conservation optimale, je versais le lait dans le bain du bébé.

En juillet 2016, nous sommes partis 3 semaines à Avignon pour un festival de théâtre où les journées sont intenses et éprouvantes. Nous devions habiter avec l’équipe du spectacle mais mon conjoint et moi avons demandé à récupérer notre part du budget. Nous avons loué une maison pour permettre à nos parents de venir et se relayer pour garder notre fils. Cela nous a coûté un peu d’argent et pas mal d’énergie mais j’ai pu continuer à allaiter Marcel sans gêner personne.

A la rentrée 2016 il avait 18 mois et j’avais très envie de poursuivre l’allaitement. J’avais entendu pas mal d’anecdotes de mamans qui avaient laissé tomber parce que certaines structures d’accueil n’étaient pas favorables à prendre le lait maternel. Je me suis dit que pour continuer, le mieux était de choisir un lieu « tétée friendly » et pro maternage. C’est ainsi que Marcel a intégré une crèche parentale où le personnel est extrêmement bienveillant avec les enfants. Le lait maternel y est accepté simplement et avec plaisir. L’allaitement sur place ne pose aucun problème et les besoins des enfants sont au coeur du projet pédagogique. La crèche parentale prend du temps mais nous y avons appris beaucoup et passé de très beaux moments. J’ai pu continuer mon allaitement sans prise de tête et j’ai rencontré des mamans allaitant leur enfant (ou pas !) 1 an, 2 ans et plus.

Un nouveau séjour de 2 semaines à Avignon se profilait pour juillet 2017 et je devais y aller seule. Je ne voulais pas sevrer Marcel à ce moment-là, me disant que 2 semaines de séparation plus un sevrage ça faisait un peu beaucoup pour nous deux. J’ai profité d’une tournée de 5 jours en avril pour le sevrer. Marcel avait 2 ans et ne tétait plus que 2 ou 3 fois par jour. A mon retour et pendant 3 jours il a demandé à téter le matin, mais il est vite passé à autre chose fort de cette magnifique période que je revis maintenant avec mon 2ème enfant.

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Allaiter comme une évidence https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/#comments Thu, 19 Nov 2020 13:08:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2115 Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois. Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma … Continuer la lecture de Allaiter comme une évidence

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Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois.

Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma culture, ma mère m’a allaité, ainsi que mon frère. Je viens de Pologne où l’allaitement est ancré dans notre tradition. Ainsi, c’était pour moi naturel, logique, biologique, une évidence : mes seins sont faits pour ça.

Je compris, en discutant avec une amie, que tout le monde ne l’entend pas comme ça. Elle m’avouait avoir arrêté d’allaiter après quelques essais, tant sa fille, qu’elle surnommait son piranha, lui faisait mal en tétant. Je m’imaginais alors que ce cas de figure devait être exceptionnel. Avec le temps, j’ai croisé de nombreuses femmes qui n’avaient pas allaité pour d’autres raisons : « parce que ça déforme les seins », « parce c’est ennuyeux », parce qu’elles ne voulaient pas devenir « une vache laitière 

Curieusement, les informations négatives que j’ai accumulé avec le temps ne m’ont jamais fait douter. Quand Theo est né, l’infirmière me l’a mis au sein. Et, en le voyant s’accrocher si confiant, j’ai su que je n’avais pas à avoir peur. Nous allions naturellement nous découvrir, et apprendre au fur et à mesure. J’en ai les larmes aux yeux quand je repense à cette fusion, ce moment magique et unique au monde, cet instant que j’aimerais tant revivre une fois encore.

Les points de suture de ma césarienne me gênaient et m’empêchaient de me lever pour prendre mon bébé quand il avait besoin de moi. L’infirmière m’a alors montré comment allaiter allongée. Durant les trois premiers jours du séjour à la maternité, je n’ai pas pu fermer l’œil. Et quand est arrivée la montée de lait, mon bébé réclamant à corps et à cri, des crevasses sont apparues qui saignaient. J’étais extenuée par le manque de sommeil, fragile, vulnérable. C’est alors que la sage-femme m’a pressée de mettre des bouts de seins en silicone afin de soulager et soigner mes tétons. Je ne voulais pas les mettre ; je trouvais que ça créait une barrière entre mon fils et moi. Mais elle a tellement insisté que j’ai finalement cédé. Cela ne semblait pas déranger Theo qui s’accrochait au sein aussi facilement qu’avant. Rassurée, j’ai continué à les utiliser.

Et c’est là que la sage-femme a, selon moi, commis une erreur impardonnable. Je lui en veux encore énormément. Je croyais qu’elle était expérimentée et je suivais son conseil sans écouter mon instinct. Elle ne m’a pas expliqué comment ni combien de temps les utiliser. Mon bébé s’est alors habitué au silicone au point de refuser de prendre le sein sans cet accessoire. J’ignorais les conséquences plus sérieuses que cela pouvait entraîner. Au cours de ses premiers mois de vie, Theo a ainsi été un bébé en demande quasi constante du sein. Il était constamment collé à moi. Ma mère, qui était venue m’aider pendant les premières semaines après l’accouchement, ne comprenait pas. Dans son souvenir, un nourrisson peut dormir 2 ou 3 heures entre chaque tétée alors que Theo ne dormait que quelques minutes avant de se réveiller en pleurant et de réclamer le sein à nouveau. Finalement j’ai abandonné l’idée de le poser pour la sieste. Je le portais constamment en écharpe de portage, je dormais avec lui la nuit ; si on peut appeler ça « dormir » !

Vers 5 mois, les tétées sont devenues difficiles. Il devenait rouge et se tortillait dans tous les sens. Il pleurait beaucoup, longtemps et très fort. Je pensais qu’il a commençait à avoir les fameuses coliques. Je me souviens d’une fois où il a pleuré 5 heures non stop avec 2 petites pauses d’épuisement. C’était très dur pour moi de le voir comme ça tant psychologiquement que physiquement. J’essayais tout ce que je pouvais pour l’apaiser. En désespoir de cause, j’appelais mon mari, l’implorant de rentrer plus tôt du travail. Je commençais à craquer. Nous avons bercé notre bébé encore davantage notre bébé et les « coliques » se sont un peu apaisées au bout d’un temps.

A l’âge de 6 mois j’ai pris rendez-vous avec une consultante en lactation IBCLC pour faire un point sur ce que j’avais mis en place et demander conseil pour que mon allaitement dure le plus longtemps possible. Et là, je suis tombée des nues. Après avoir examiné Theo, elle m’a annoncé qu’il ne prenait pas assez de poids, qu’il ne suivait pas bien sa courbe de croissance et que le problème venait vraisemblablement des bouts de seins en silicone. Ils ne permettaient pas une bonne stimulation de la lactation et ma production avait été considérablement affectée.

Tout est devenu clair pour moi. Theo avait simplement tout le temps faim. Il ne buvait pas assez de lait, c’est pour ça qu’il était constamment en demande. Etait-ce également possible qu’il n’ait jamais eu de coliques, mais que tous ses pleurs venaient de la faim ? J’ai très mal pris cette nouvelle, je me suis sentie coupable et j’étais très inquiète pour sa santé.

Elle m’a suggéré un programme pour stimuler ma lactation. C’était très intense, il fallait faire plusieurs cycles de pompage dans la journée avec un tire-lait. En tout, ça me prenait 3h, ce qui est très difficile lorsqu’il faut s’occuper d’un enfant simultanément. Theo a commencé en même temps la diversification alimentaire. Je l’ai revu au mois de Juin et j’ai passé tout l’été à « pomper ». J’ai décidé d‘annuler deux voyages pour m’y tenir. Finalement au bout de 2 mois, Theo as commencé à bien prendre du poids et de mon côté, je produisais plus du lait.

Cet épisode m’a longtemps traumatisé. Même si la consultante en lactation me disait que je pouvais cesser le pompage, je n’arrivais pas à arrêter. J’ai continué à le faire plusieurs mois. Ça me rassurait de voir la quantité de lait dans la bouteille tous les jours et puisque je continuais à utiliser les bouts de seins en silicone, j’avais peur de revenir en arrière.

L’étape suivante était d’abandonner enfin les bouts de seins. J’ai essayé plein de fois, mais Theo refusait de s’accrocher au sein « nu ». Cela me rendait triste. J’avais l’impression de ne pas vivre pleinement mon allaitement. Et accessoirement, l’organisation avec les bouts de seins me pesait beaucoup, il fallait constamment les avoir à portée de main, toujours propres, les chercher partout dans le lit la nuit, les mettre en place rapidement etc. J’appréhendais le moment où Theo serait assez grand pour se déplacer seul vers moi, soulever ma chemise et ne pas pouvoir » se servir » par lui-même. C’était pour moi une cause perdue. Encore une fois, elle m’a aidé. Elle était confiante. Elle m’a conseillé d’arrêter de me mettre la pression, que ça viendrait un jour mais dans la détente, en jouant peut-être. Et effectivement, c’est comme ça que ça s’est passé, naturellement. Un jour, alors que Theo était en train de téter, le bout de sein en silicone est tombé. Mon fils avait les yeux fermés et il ne l’a pas vu, il a tiré comme avant. Surpris, il a ouvert les yeux et a repris de plus belle. Il avait alors 13 mois. Il était suffisamment grand pour pouvoir mettre lui-même le bout de sein sur le téton et du coup il a testé les 2 versions, avec et sans. Rapidement, il a préféré la version « sans ». Les premières tétées ont cependant été un peu douloureuses. J’ai bien senti combien le silicone freinait le drainage. Autant c’était très délicat avant, désormais la succion était extrêmement forte. Quelle différence ! Finalement je me suis rapidement habituée, et, au bout de quelques semaines, les douleurs ont disparu.

Pour conclure, je crois profondément que la possibilité d’allaiter est un privilège extraordinaire, une expérience fusionnelle avec son enfant, une expérience de vie que personne ne peut comprendre à votre place. Chaque mère la vivra à sa manière, et nous ne devrions jamais laisser qui que ce soit nous dicter comment nous comporter avec nos enfants. Tout vient naturellement avec amour, confiance et patience. Malgré tous ces moments compliqués, je me sens extrêmement heureuse et épanouie de vivre pleinement mon rôle de mère et d’avoir tissé cette réelle connexion avec mon fils, qui sans l’allaitement, aurait pu être différente.

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Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/#comments Thu, 20 Aug 2020 14:06:49 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2078 Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter … Continuer la lecture de Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement

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Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter et décider de la suite de mon allaitement.

Mon bébé a bientôt six mois ; j’ai déjà réussi à faire face à de nombreux obstacles. La reprise du travail représente pour moi une véritable source de stress : je suis envahie par de nombreuses questions et en même temps profondément motivée et convaincue que je ne dois pas abandonner l’allaitement. 

Mais comment continuer ? Est-ce que ce sera vraiment possible ?

La reprise du travail marque un changement et elle coïncide chez nous avec la diversification alimentaire. Je me sens angoissée, envahie par de nombreuses questions : la reprise du travail est-il synonyme de sevrage ? Serais-je capable de faire face à une éventuelle baisse de lactation puisque je n’allaiterai plus à demande ? Comment faire face concrètement aux douleurs et aux premiers jours sans mon bébé ? Sera-t-il réellement possible en termes de temps et d’organisation de tirer mon lait sur mon lieu de travail ? Est-ce que je vais trouver un endroit au travail où je pourrai tirer tranquillement mon lait, le stocker et le transporter ? L’assistante maternelle que je vais embaucher sera-t-elle pro-allaitement et surtout d’accord pour donner mon lait ?

Des questions légitimes ou irrationnelles ?

C’est peut-être normal de se poser autant de questions, mais je sais au fond de moi que celles-ci sont renforcées et multipliées par le fait que lors de mes 6 premiers mois d’allaitement, j’ai été très peu soutenue par ma famille qui se montrait plutôt effacée et sans avis, et encore moins par ma belle-famille et par mon compagnon. J’ai découvert que dans ma belle-famille l’allaitement n’était pas pratiqué par les 2 dernières générations. Avec du recul, je comprends mieux pourquoi j’étais souvent perçue comme une “originale”, « une hippie qui s’obstinait à allaiter son enfant même quand ça ne marchait pas”. Ce rejet familial a été dur à supporter et est à l’origine de nombreuses souffrances inutiles que je n’ai pas su m’épargner. Je n’arrivais vraiment pas à comprendre pour quelle raison on soutenait si peu mon projet alors que ma motivation première consistait simplement à donner le meilleur de moi-même à notre bébé.

Dépasser les préjugés, la peur et aller de l’avant

Soutenue ou pas par mes proches, j’ai fini par me dire que je n’avais pas de temps à perdre en argumentation, que de nouvelles problématiques s’imposaient à moi et que j’avais des véritables défis à relever. Comment faire face à mes peurs et aux difficultés que j’anticipais avec la reprise du travail ?

Je ne voyais qu’une solution : me tourner vers une professionnelle – une consultante en lactation, car je sentais que l’expertise et une approche personnalisée ne pourraient que m’apporter du positif et me permettrait d’y voir plus clair.

Un bilan de mon allaitement très positif et encourageant

Le premier entretien avec cette professionnelle a été très riche pour moi. Ma consultante en lactation a su reprendre avec moi mon histoire de maman : la grossesse, l’accouchement et mes débuts difficiles dans mon histoire d’allaitement. Cela m’a permis de voir que malgré toutes les difficultés rencontrées, il y avait beaucoup de positif. Elle a su me conforter dans mon rôle de maman compétente et dans mes efforts titanesques pour aller de l’avant. J’avais l’impression que plus notre échange avançait, plus les nombreux conseils personnalisés sur comment faire concrètement au quotidien me parlaient : quel tire-lait louer en s’attardant sur des éléments purement techniques liés au mode emploi de l’appareil et comment procéder sur le lieu de travail.  Elle a su m’accompagner dans mes peurs en lien avec la baisse de lactation en me donnant de nombreuses informations sur la physiologie et des stratégies de stimulation pour maintenir la lactation, sans oublier la nutrition et les soins par les plantes. 

Un suivi individuel rassurant

Je me souviens avoir fait appel à elle quelques semaines plus tard non seulement pour lui faire un retour mais aussi pour rectifier certains points qui ne s’étaient pas passés comme prévu.

Malgré mes efforts, j’avais dû abandonner l’idée de tirer mon lait sur mon lieu de travail. L’environnement était en effet peu propice au calme (lieu stressant et hostile à l’allaitement). De plus, bien que le tire-lait que j’avais loué était léger et facile à transporter, il n’était pas du tout adapté pour moi. Je me trouvais beaucoup moins à l’aise qu’avec le modèle double pompage que j’avais utilisé auparavant. Je peinais à extraire mon lait de manière efficace et cela m’a très vite coûté un épisode d’engorgement avec des douleurs pendant 48h. Grâce à l’aide de ma consultante en lactation, j’ai pu faire face à l’épisode d’engorgement et trouver un nouvel équilibre.

La diversification nous a aidé à lâcher prise

Mon enfant tétait quelques minutes le matin au réveil et le soir après mon retour du travail, la nuit et le week-end à volonté. Une règle s’est spontanément mise en place : quand maman travaille, c’est nourriture solide et quand elle est de retour, c’est le sein à volonté.

Se faire aider par une personne compétente, une clé

Je remercierai toute ma vie mon amie qui m’a dirigée vers cette merveilleuse professionnelle (consultante en lactation certifiée IBCLC) dont j’ignorais le métier. Je suis si heureuse d’avoir fait appel à elle, car elle m’a beaucoup apporté : j’ai trouvé une oreille attentive, bienveillante et compétente. Grâce à son aide j’ai réussi à prolonger cette aventure magique et découvrir les joies de l’allaitement long. Qui l’aurait cru ? Que rêver de plus ?

Aujourd’hui, je l’affirme : je suis si fière de moi, fière d’avoir su demander de l’aide au bon moment et à la bonne personne ! Et si j’ai quelque chose à transmettre à travers mon témoignage, c’est l’idée de ne pas abandonner sous prétexte de la reprise du travail, surtout si votre cœur de maman souhaite continuer à allaiter bébé. Faire appel à une consultante en lactation ou à un autre professionnel certifié vous permettra non seulement de vous informer, mais aussi de sortir de la solitude et d’affronter la suite de l’allaitement en étant soutenue et accompagnée.

Témoignage spontanée de Vicky

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Comment j’ai vaincu une baisse de lactation https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/#comments Wed, 20 May 2020 14:56:02 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2054 Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage. Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa. Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que … Continuer la lecture de Comment j’ai vaincu une baisse de lactation

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Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage.

Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa.

Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que je le mets au sein, il râle, il veut sans cesse les bras. Je sentais bien qu’il y avait un problème. Ni une, ni deux, je prends un rendez-vous avec ma consultante en lactation.

Peut-être qu’il a faim votre bout de chou ?”. Ma lactation s’était tarie à tel point que Gabriel n’était pas du tout rassasié aux tétées. Ce qui avait provoqué cette baisse de production était clairement une grosse fatigue due à un stress, mais aussi le fait que je ne le mettais pas assez au sein. En effet, dès sa naissance, j’avais de véritables fontaines accrochées à ma poitrine ! A chaque pesée à la maternité, il avait pris tellement de poids que les sages femmes étaient étonnées qu’il ne soit nourri qu’au sein. ” Eh ben ! La cantine est bonne!”, m’étais-je entendu dire.

Du coup, il tétait beaucoup en quantité mais peu souvent. Or moins l’enfant est mis au sein et moins les réserves abondent…Nous l’avons pesé et sa courbe de poids était dans la zone rouge. Je me suis sentie tellement mal. Mauvaise mère qui n’avait même pas remarqué que le problème était qu’il avait faim. Désespoir total.

– Mon challenge : faire remonter sa courbe de poids en 1 semaine et reprendre confiance.


– Comment ? : Au sein toute la journée pour stimuler la lactation. Si rien ne sort, la simple succion est déjà formidable pour le processus de redémarrage ! S’il dort, utiliser le tire-lait dans le même but.


– S’il a faim, qu’il n’est pas satisfait ? : lui donner un complément de lait. Par chance, j’avais du stock au congélateur et durant cette période de “remise en forme”, j’ai toujours pu lui donner de mon lait.

Dit comme ça, ça paraît simple. Pas de quoi s’affoler ou désespérer. Mais en fait, j’ai vécu un moment terrible, bourré de doutes, de craintes, et de désespoir. Je ne voulais surtout pas arrêter de le nourrir au sein. C’était tellement important pour moi. J’en étais à un moment où je m’étais fixé 6 mois minimum d’allaitement et voulais aller au moins jusqu’à cette limite. Or mon bébé était au bord de la grève du sein, qui peut conduire au rejet total.

Ma consultante en lactation m’a énormément aidée, mais sans le soutien de mon compagnon, qui avait compris mon projet d’allaitement et qui m’encourageait, me consolait, me rassurait, je ne pense pas que j’aurais réussi. Son rôle a été crucial. C’était devenu une affaire de famille.

La semaine suivante, comme prévu, le cœur battant, je suis retournée le faire peser… il avait dépassé largement le minimum attendu ! Si j’avais écouté le médecin qui me disait que je n’avais tout simplement plus de lait, que ça arrivait, que ce n’était pas un drame, qu’il fallait penser à la santé de l’enfant avant tout et que je n’avais pas eu cette petite flamme de volonté, je serais directement passée au lait artificiel, la mort dans l’âme. D’ailleurs, le mois suivant, en voyant une courbe de poids plus que satisfaisante, il a fait les yeux ronds quand je lui ai dit que mon bébé était toujours nourri exclusivement au sein. Hi hi… petite victoire personnelle…

J’ai souvent entendu : “Oh, moi j’ai dû arrêter très vite car je n’avais pas assez de lait“.

Après cette épreuve, je peux dire à ces mamans qu’elles n’ont juste pas trouvé la bonne personne pour les guider et les soutenir dans ce moment. Car oui, la lactation ne se tarie totalement que 40 jours après la dernière tétée ou dernier tirage de lait. Certes il faut non seulement être au courant mais aussi avoir une sacré volonté et du temps à consacrer à ça. Je comprends les mamans qui pour n’importe quelle raison, et qui sera toujours valable, arrêtent l’allaitement devant ce genre de situation. Tout le monde n’en n’a pas l’envie, le courage, le temps ou les moyens. Par contre, si mon témoignage ne servait à donner un peu d’espoir et de courage qu’à une seule maman qui vivrait la même chose avec son bébé, avec les mêmes envies et possibilités d’y arriver, j’en serais ravie !

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QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/ https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/#respond Wed, 12 Feb 2020 14:19:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2015 Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons. Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi. Un an après, j’étais enceinte. … Continuer la lecture de QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT

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Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons.

Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi.

Un an après, j’étais enceinte. J’ai malheureusement fait une fausse couche au bout de 2 mois et ça a été un gros choc émotionnel pour nous deux. Après beaucoup de pleurs et quelques mois de patience, je suis retombée enceinte. Nous étions fous de joie et je me sentais bien, j’avais une confiance absolue en mon gynéco et je laissais venir les choses naturellement, sans peurs ni appréhensions.

Concernant l’allaitement, je n’avais rien prévu. J’avais des retours divers : ma sœur, pour qui ça n’avait pas marché ; ma belle-sœur qui avait allaité ses 2 enfants et qui avait adoré ce moment. Je verrais bien le moment venu.

Vers le 5ème mois de grossesse, mon gynéco m’a dirigé vers une sage-femme avec qui il avait l’habitude de travailler. Les 1ers rendez-vous se sont très bien passés, elle était douce, rassurante. Mais quelques semaines plus tard quand elle a su que le bébé avait une grosse tête et qu’il était toujours en siège (et donc que j’accoucherai a priori par césarienne), elle s’est complètement désinvestie de l’accompagnement. Elle ne m’expliquait plus rien, était vague dans ses réponses… Résultat, je suis arrivée à l’hôpital sans être vraiment préparée à ce qui allait se passer. Mais le matin de l’accouchement, en arrivant à la clinique, je me sentais quand même confiante et sereine car je me savais entourée de mon gynéco et de cette sage-femme.

Une fois le bébé sorti, on me l’a posé sur la joue, je l’ai embrassé, il était magnifique et j’étais tellement heureuse. Mais quand, après nos soins réciproques, on m’a ramené le bébé pour que je lui donne le sein, j’étais allongée (complètement à plat je me rappelle, sans doute à cause de la césarienne), et impossible de le tenir dans mes bras, et d’un coup j’ai eu très peur. C’était comme si, à cet instant précis, je réalisais que ça allait être difficile, moi qui jusque-là pensais que tout allait se faire naturellement, instinctivement… quelle déconvenue !

Une fois remontée dans ma chambre, j’ai regardé mon bébé dans son petit berceau et j’ai eu très peur, peur de cette responsabilité qui était maintenant la mienne. Une sage-femme est venue pour la mise au sein et je la revois, sur le pas de la porte de ma chambre, elle me disait de loin et sans aucune empathie comment mettre le bébé, de le replacer, mais ça ne marchait pas, et c’était très douloureux. Le bébé pleurait beaucoup, et moi aussi…

Le lendemain, la même sage-femme, voyant ma détresse m’a dit : « Vous pouvez lui donner un biberon, mais si vous le faites, c’est fini pour votre allaitement ! ». Sentir son jugement me faisait me sentir encore plus incapable de satisfaire et de rassurer mon bébé. Mon gynécologue, lors de sa visite de contrôle, m’a alors parlé de la seringue comme alternative.

Mais quand je l’ai demandée à la sage-femme (toujours la-même) elle m’a répondu « OK, je vous amène ça, mais nous on ne gère pas ! Ça nous prend trop de temps à expliquer et on ne prend pas la responsabilité d’une fausse route ». J’étais abasourdie, perdue. J’avais le choix entre continuer à donner le sein en pleurant de douleur ou le nourrir à la seringue et risquer de le tuer ? J’ai serré les dents et continué le sein. On m’a alors proposé de voir la psychologue de la clinique, comme pour me rappeler que j’étais coupable, incapable de prendre soin de mon bébé.

Puis est arrivée une autre sage-femme, qui elle était plus douce, plus à l’écoute. C’est la seule personne qui a pris le temps de me remontrer les positions, de m’expliquer comment et pourquoi le bébé devait mettre tout le téton dans sa bouche… je la remercie car, à ce moment là, elle m’a fait beaucoup de bien.

Au bout de 5 jours, je suis rentrée chez moi. Je me sentais mieux, j’avais regagné un peu de confiance en moi grâce à cette sage femme. Du coup, je n’avais pas prévu de lait pour le cas où l’allaitement se passerait mal. Les tétées sont redevenues très vite très douloureuses, et je me rappelle encore de la nuit où j’ai craqué et dit à mon ami « Va acheter du lait ! ». Le pauvre a dû faire 3 pharmacies en pleine nuit pour trouver le lait que l’on m’avait recommandé à la clinique (alors que n’importe quel lait aurait sûrement fait l’affaire).

Le lendemain matin, nous avons loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait pour le donner au bébé au biberon (en réessayant le sein de temps en temps, quand il était détendu). Mais assez vite, j’ai rencontré des difficultés. Parfois, je produisais bien et parfois, ça ne sortait pas. Je passais parfois 3h la nuit à tirer mon lait en espérant que le bébé ne se réveille pas. J’étais épuisée et perdue encore une fois. Bien souvent il se réveillait, buvait un peu, puis je jetais le reste de ma collecte de peur qu’elle ne soit plus consommable. Et puis une nuit, à 5h, ça a été comme une évidence, comme une dissociation, je me suis vue telle une zombie, les yeux tirés, le sein aussi – j’entends encore ce bruit de pompage – et je crois que j’ai lâché prise. Je me suis souvenue que finalement le fait d’allaiter ne comptait pas tant que ça pour moi .

J’ai arrêté de m’acharner et tout est allé mieux. Mon ami était rassuré de me voir aller mieux. Cette expérience m’a fait réaliser que la grossesse, la naissance, l’allaitement… c’est un vrai cataclysme émotionnel.

J’étais vulnérable, j’avais perdu tout libre arbitre, je ne me faisais plus du tout confiance. Je m’en remettais complètement au corps médical et j’attendais d’eux qu’ils m’expliquent tout, qu’ils me guident. C’est sans doute mon côté bonne élève, qui aime bien faire les choses. Mais au lieu d’attendre d’être rassurée par les autres, j’aurais dû m’écouter, me faire confiance car j’avais en moi les ressources pour m’occuper de mon bébé et décider de ce qui était le mieux pour lui.

Aujourd’hui encore, quand je croise une femme enceinte, j’ai envie d’aller lui glisser à l’oreille « Fais-toi confiance, toi seule sait », mais je me retiens de peur qu’on me prenne pour une folle !

4 mois après la naissance de mon fils, je suis retombée enceinte. Très vite j’ai décidé que je ne retenterai pas l’allaitement, car je voulais rester disponible pour mon aîné qui n’était encore qu’un bébé.

Le jour de sa naissance j’ai tout de même voulu lui donner la tétée d’accueil et continuer 1 ou 2 jours (temps du colostrum) mais on me l’a refusé en me disant : « C’est soit le sein, soit le biberon ». Quand on m’a apporté les médicaments qui empêchent la montée de lait, j’ai dit que j’allais les prendre mais j’ai attendu, et en cachette, bien installée dans ma chambre, j’ai donné le sein à mon bébé et c’était un moment superbe. Je suis heureuse d’avoir offert à mon fils cette tétée, comme une petite revanche sur le passé.

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Quand maman chante https://www.leblogallaitement.com/quand-maman-chante/ https://www.leblogallaitement.com/quand-maman-chante/#comments Thu, 01 Aug 2019 08:37:07 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1973 Avant même d’accoucher de mon petit garçon, je savais que je voulais l’allaiter au moins 3 mois. Mon métier de chanteuse lyrique, intermittente du spectacle, m’a obligé à reprendre très vite… 6 semaines après la naissance. J’ai donc dû commencer à tirer mon lait au bout de 3 semaines, pour faire des réserves, mais aussi … Continuer la lecture de Quand maman chante

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Avant même d’accoucher de mon petit garçon, je savais que je voulais l’allaiter au moins 3 mois.

Mon métier de chanteuse lyrique, intermittente du spectacle, m’a obligé à reprendre très vite… 6 semaines après la naissance. J’ai donc dû commencer à tirer mon lait au bout de 3 semaines, pour faire des réserves, mais aussi pour faire des essais : acceptera-t-il de se nourrir autrement qu’au sein ? Quelle dose va le rassasier ? Reviendra-t-il au sein facilement ?

Les premiers essais ayants été très satisfaisants, je me suis lancée dans l’aventure, avec la précieuse aide d’une consultante en lactation, sans laquelle je n’aurais même pas commencé.

A partir de là, je ne me suis plus jamais déplacée sans mes fidèles compagnons : mon tire-lait et ma glacière. Je me suis vue tirer mon lait dans les toilettes de radio France, de toutes sortes de trains, d’aéroports, de restaurants, dans des loges plus ou moins cosi, des sacristies, des bus de tournée ! (sans toilettes évidemment autrement cela aurait été moins drôle!).

Et l’organisation ! Parce que oui, tout ça demande une sacrée organisation ! Combien de repas mon bébé va-t-il prendre en mon absence ? Ai-je assez de stock au congélateur ? Si non en faire (cela m’est rarement arrivé, voire jamais, car j’avais pas mal d’avance). Combien de temps je pars ? Combien de fois vais-je tirer mon lait et du coup, de combien de sachets vais-je avoir besoin pour le conserver ? Quand puis-je caser un moment pour tirer mon lait sans que ça perturbe les répétitions mais que je reste dans les temps pour ne pas avoir les seins qui explosent et respecter le temps maximum entre deux “tétées”? Y aura-t-il un frigo ? (trains, hôtels, théâtres…bus), demander qu’on me mette au congélateur les pains de glace de ma glacière. Parfois même quelques sachets, craignant que le lait tiré depuis trop longtemps ne périme. Mettre mon réveil très tôt le matin à l’hôtel pour tirer mon lait avant de prendre un train à 7h30. Ne rien oublier avant de repartir de tous ces endroits !

Un matin, en retard, j’ai demandé à mon compagnon de m’aider et de mettre les éléments du tire-lait dans la sacoche qui lui était dédiée. Je partais en enregistrement pour la journée. Arrive la pause. Et là l’angoisse totale car il avait oublié de mettre un élément ! Par chance (énorme chance!), une collègue tirait son lait aussi et m’a prêté sa machine ! Bon… le fait est qu’elle ne me convenait pas du tout car elle ne tirait pas assez fort mais ça m’a soulagée jusqu’à la grande pause où j’ai fait un aller-retour chez moi pour tirer mon lait vite fait. Je n’ai plus jamais demandé à personne de préparer mon matériel !

Et puis parfois, j’ai emmené mon bout de chou avec moi. Allaité pendant les voyages et les pauses, en embarquant mon matos pour qu’il puisse être nourri par les personnes qui le gardaient quand je répétais ou que j’étais en représentation.

Vous me direz, 3 mois, c’est pas si long. En effet. Une fois l’affaire lancée je n’ai pas vu l’intérêt d’arrêter et j’ai continué 3 mois de plus, puis 6 mois encore.

Très sincèrement je ne voyais pas pourquoi mes collègues me disaient que j’étais courageuse ! Et après 6 mois que j’ai arrêté de tirer mon lait, je me relis et je me dis : » j’ai fait tout ça ! En plus de mon travail ?!!! Mais cette femme n’est pas moi ! » Eh bien en fait je dirais que l’expression “quand on veut on peut” prend tout son sens ici. Je dirais même : “quand on veut, on veut” . On ne réfléchit pas. On agit. Je suis à présent très fière de pouvoir me dire que j’ai allaité exclusivement mon petit garçon pendant 6 mois et que les 6 mois qui ont suivi, il a continué à boire mon lait en plus de l’alimentation solide et n’a JAMAIS bu un seul biberon de lait artificiel.

Si c’était à refaire, je le referais. Sans me poser la moindre question. C’était pour moi une façon d’être indirectement avec mon bébé. Le fait d’avoir un travail épanouissant m’a aussi très certainement aidé à ne jamais en avoir assez. J’encourage toute maman nomade et qui a envie d’allaiter son enfant, à essayer. Le résultat et la satisfaction en valent vraiment la chandelle !

[Auteure] : Agathe Boudet

[Biographie] :

Agathe est la maman de Gabriel.
Elle mène de front depuis plus d’un an sa vie de maman et son activité de chanteuse lyrique.

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Comment s’organise la collecte au lactarium de BORDEAUX-Marmande ? https://www.leblogallaitement.com/comment-sorganise-la-collecte-au-lactarium-de-bordeaux-marmande/ https://www.leblogallaitement.com/comment-sorganise-la-collecte-au-lactarium-de-bordeaux-marmande/#respond Wed, 27 Mar 2019 08:34:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1926 L’ équipe du blog allaitement s’est intéressé au fonctionnement des lactariums, voici l’ interview Patrick Ducher, responsable de la collecte du lactarium de Marmande. Patrick Ducher, vous coordonnez une équipe de drôle de dames, voulez-vous nous en dire plus sur votre rôle au sein du lactarium ? En effet, je coordonne une équipe de 19 agents … Continuer la lecture de Comment s’organise la collecte au lactarium de BORDEAUX-Marmande ?

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L’ équipe du blog allaitement s’est intéressé au fonctionnement des lactariums, voici l’ interview Patrick Ducher, responsable de la collecte du lactarium de Marmande.

Patrick Ducher, vous coordonnez une équipe de drôle de dames, voulez-vous nous en dire plus sur votre rôle au sein du lactarium ?

En effet, je coordonne une équipe de 19 agents de collecte réparties sur 18 départements qui sont toutes des femmes. Mon rôle est également de faire connaître le don de lait, d’assurer la promotion de l’allaitement, de soutenir les mères dans leur projet d’allaitement, d’assurer une information sur les pratiques du lactarium aux professionnels de santé et d’assurer les différentes fonctions du contrôle de la collecte de lait maternel.

Toutes les mères peuvent-elles donner leur lait au lactarium ?

Toutes les mères peuvent être donneuses si elles le consentent, après avoir rempli un questionnaire médical et effectué une prise de sang. Certaines addictions ou pratiques peuvent être contre-indiquées au don de lait maternel. En dernier lieu, le médecin responsable du lactarium valide ou invalide chaque dossier de don. Précisons qu’un périmètre géographique est déterminé pour les lactariums du CHU de Bordeaux. Pour connaître le lactarium assigné à votre secteur, vous pouvez consulter le site de l’association des lactariums de France (association-des-lactariums-de-france.fr).



Les mères doivent-elles avoir leur propre matériel pour le recueillir et le conserver ?

Lorsqu’une une collectrice se déplace au domicile de la mère, elle est en mesure de fournir une ordonnance pour la location d’un tire-lait électrique.

Concernant la conservation, la collectrice fournit le matériel nécessaire au recueil (flacons stériles) ainsi que les conseils d’utilisation du matériel, de conservation et de transport du lait maternel.

Le don de lait maternel est-il rétribué ?


Le don de lait maternel est un don qui, par définition, ne peut être rétribué. Il s’agit d’un acte citoyen de soutien vers les prématurés de France.

Qui achète et qui reçoit le lait maternel ?


Nous fournissons les établissements de santé de France (DOM-TOM compris). Les receveurs sont les prématurés ainsi que des enfants présentant des pathologies nécessitant l’administration de lait maternel.

Combien de temps une mère peut-elle garder son lait au congélateur avant de le donner au lactarium ?

La législation octroie à la mère 4 mois de conservation au congélateur. Le lactarium lui demandera de ne pas stocker son lait plus de 3 mois afin de nous permettre de traiter son lait dans un délai de 4 mois.


Vous arrive-t-il de refuser du lait maternel ?

Oui cela arrive. Le refus de lait maternel au lactarium du CHU de Bordeaux est généralement lié à une raison médicale. De plus, si le domicile de la mère est trop distant par rapport à notre secteur de collecte, nous l’orienterons vers un autre établissement.

Pour quelle raison les lactariums pasteurisent-ils le lait maternel ?

La pasteurisation du lait maternel a pour objectif de réduire le risque bactériologique d’un don et de ce fait, de protéger le receveur.

Le fonctionnement du lactarium de Marmande est-il le même que celui des 32 autres lactariums français ?

Le fonctionnement des lactariums est défini par un texte de loi. Le processus de collecte est néanmoins un peu différent d’un lactarium à un autre.


Le lactarium de Marmande est le seul établissement mondial capable de lyophiliser le lait maternel, apprend-on, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit et ce qui a motivé un tel développement ?

Le lactarium de Marmande est effectivement le seul lactarium à produire du lait maternel en poudre. Ce choix a été initié en 1955 par le Dr Raymond Fourcade. Il rencontrait des difficultés d’acheminement et de conservation du lait dans les structures hospitalières. La lyophilisation lui a permis de répondre à ces deux problématiques. De plus le délai de conservation a pu être augmenté car la date limite de consommation d’un lait lyophilisé est de 18 mois contre 6 mois pour un lait pasteurisé congelé.

Verra-t-on un jour du lait maternel lyophilisé en vente en pharmacie?

Pour que cette possibilité voie le jour, il faudrait que nous soyons en capacité de fournir l’ensemble des besoins de santé des établissements ce qui implique une augmentation considérable des dons de lait et un dimensionnement de notre structure en conséquence. De plus, une libéralisation du marché du lait maternel pourrait entraîner un effet pervers qui serait une forme d’industrialisation des mères allaitantes. En somme, ce n’est ni pour demain ni véritablement souhaitable.

[Biographie] : Père de 6 enfants, Patrick Ducher a été technicien de laboratoire pendant plus de 25 ans. Il est responsable de la collecte au lactarium du CHU de Bordeaux site de Marmande depuis 2014. Il coordonne 19 agents de collecte, la communication du lactarium et le partenariat avec les différents prestataires de la petite enfance.

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Moi dans la vie, je collecte le lait maternel https://www.leblogallaitement.com/moi-dans-la-vie-je-collecte-le-lait-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/moi-dans-la-vie-je-collecte-le-lait-maternel/#respond Thu, 28 Jun 2018 09:19:33 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1784 Le 4 janvier dernier, nous relayions  un appel au don de lait de mère pour le lactarium de Marmande sur notre page Facebook. Cette initiative a été bénéfique puisque le lactarium a pu reconstituer des réserves de lait qui s’épuisaient. La rédaction du Blog Allaitement a souhaité connaître l’envers du décor, la passion qui se … Continuer la lecture de Moi dans la vie, je collecte le lait maternel

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Le 4 janvier dernier, nous relayions  un appel au don de lait de mère pour le lactarium de Marmande sur notre page Facebook. Cette initiative a été bénéfique puisque le lactarium a pu reconstituer des réserves de lait qui s’épuisaient. La rédaction du Blog Allaitement a souhaité connaître l’envers du décor, la passion qui se profile derrière le métier méconnu de collectrice pour un lactarium.

Mme Bertin-Laumonier, vous êtes collectrice pour le lactarium de Bordeaux/Marmande, pouvez-vous nous décrire votre métier en quelques mots ?

Mon métier consiste, premièrement, à me rendre dans les hôpitaux pour informer les mamans allaitantes de la possibilité de donner leur lait pour les bébés prématurés.

Deuxièmement, il s’agit de collecter le lait recueilli et congelé au domicile des mères.

Troisièmement, je suis amenée à conseiller et accompagner dans son allaitement toute maman qui en fait la demande. Il m’arrive régulièrement de répondre à des demandes de conseils sans qu’il y ait un don par la suite ! Cet aspect de mon activité n’est pas contractuel, c’est un service que j’aime offrir en bonus.

 

Votre métier ne se limite pas, on le comprend, à simplement récupérer du lait recueilli par les mères. Parfois, nous dites-vous, vous êtes la seule personne à rendre visite à certaines mères isolées dans la campagne. Vous arrive-t-il de les aider quand elles sont confrontées à des difficultés d’allaitement ?

Bien sûr ! Cela fait partie du métier et cela arrive très fréquemment. Je le fais dans la mesure de mes connaissances (mon expérience personnelle me sert énormément) mais quand je sèche, je passe le relais à une sage-femme ou une consultante en lactation IBCLC, ou même à la pédiatre référente du lactarium.

Parfois, par le simple fait de notre visite et de nos échanges, on arrive à leur redonner un petit coup de peps !

N.B. : Comme le don de lait est entièrement gratuit en France, le soutien et les conseils que nous pouvons apporter sont un peu la « rétribution » que les mamans peuvent gagner en donnant leur lait !

 

Vous devez être amenée à parcourir un certain nombre de kilomètres, comment organisez-vous vos journées ?

J’organise ma collecte par secteur, en regroupant mes rendez-vous si possible dans la même zone. Je parcours en moyenne 120 à 150 km quotidiennement. Je peux voir jusqu’à 5 mamans par jour mais c’est vraiment le maximum car je souhaite prendre le temps de discuter avec chaque maman afin de prendre de ses nouvelles (santé, fatigue, douleurs, etc.), des nouvelles du bébé (croissance, appétit, sommeil) et discuter du bon déroulement de l’allaitement. Comme je n’ai pas de quota minimum à collecter, je n’ai pas la pression du « Le temps, c’est de l’argent » !

 

Quel est votre profil ? Quel type de formation avez-vous reçu pour devenir collectrice ?

J’étais professeur des Ecoles mais j’ai quitté l’enseignement il y a 4 ans. J’ai été engagée pour ce poste de remplacement sur la base de mes connaissances acquises au travers de 3 allaitements longs, ainsi que de mes dons au lactarium. J’avais effectué un remplacement d’un mois sur ce poste il y a 9 ans et j’avais déjà été formée à l’époque sur le côté administratif et sanitaire de la collecte. Ma prise de poste a donc été grandement facilitée.

N.B. : Au niveau profil de caractère, il faut aimait échanger et dialoguer, avoir une oreille attentive et une attitude toujours bienveillante envers les mamans. Ne jamais juger une maman (exemple : une mère qui veut arrêter d’allaiter ou qui décide d’arrêter de donner), mais plutôt les soutenir et les accompagner dans leurs choix.

 

Si une de nos lectrices souhaite faire un don de lait, comment peut-elle s’y prendre ?

Tout simplement en appelant le lactarium le plus proche  de chez elle ( voir la carte  ), et nous nous chargeons du reste ! En effet, nous apportons directement au domicile de la maman le matériel nécessaire et les explications pour le recueil du lait. Les mamans sont toujours très soulagées d’apprendre que ce ne sera pas à elles d’amener leur lait dans un hôpital !

 

Quel est votre record de collecte ?

Personnellement, j’ai appris par expérience à ne plus jamais parler de mes « records » de collecte devant mes donneuses car j’avais l’impression que ça minait le moral des mamans (en donnant l’impression qu’il faudrait faire aussi bien tout en sachant que c’est impossible) et ça dévalorisait les « petites » donneuses. On parle d’une échelle qui va du don d’un seul litre au don de plus de 100 litres…

 

Quel est votre plus beau souvenir de collectrice ?

Principalement quand j’arrive à aider une maman lors d’un gros problème d’allaitement qui aurait pu la conduire à arrêter. Récemment, une maman qui venait juste d’ouvrir un dossier de don m’a contactée en me disant qu’en vue d’une opération chirurgicale avec anesthésie générale on l’avait prévenue qu’elle ne devrait plus allaiter pendant 3 jours. Pour elle, il était clair que son allaitement allait s’arrêter et elle avait déjà baissé les bras. N’étant pas de formation médicale, je n’étais pas apte à lui donner les bonnes indications concernant les produits anesthésiants. J’ai donc contacté toutes les personnes de mon réseau personnel et professionnel afin de l’aider. C’était un samedi mais malgré tout, chaque personne m’a répondu (sage-femme, consultante en lactation, animatrice de La Leche League) afin de la soutenir et de lui donner les informations adéquates pour qu’elle puisse demander une anesthésie compatible avec l’allaitement. Grâce à cela, elle a pu reprendre l’allaitement dans les heures qui ont suivi l’intervention et aujourd’hui, elle allaite toujours son bébé de 4 mois !

 

Quelle a été votre plus grand défi et comment l’avez-vous surmonté ?

Finalement, les défis sont plus ou moins quotidiens : demande de démarrage de don en urgence qu’il faut intercaler entre 2 rendez-vous, demande de dépannage de biberons de recueil à l’opposé de notre zone de collecte du jour, retard sur la route, panne de voiture, tempête de neige (2 fois cette année !), annulation de rendez-vous, rendez-vous qui dure plus longtemps que prévu parce qu’une maman n’est pas bien ce jour-là, appel d’une biberonnerie d’hôpital pour venir vider leur congélateur en urgence quand il n’y a plus de place, etc.

 

On imagine combien vos journées peuvent être fatigantes parfois, comment entretenez-vous la motivation d’exercer ce métier exigeant ?

Tout d’abord grâce à la satisfaction de participer à ce réseau d’aide pour les prématurés et les nourrissons gravement malades.

Le plaisir quotidien de rencontrer régulièrement ces femmes allaitantes et leur enfant : avec certaines, nous pouvons être amenées à tisser de vrais liens amicaux. C’est aussi un vrai plaisir de voir grandir leur bébé d’un rendez-vous à l’autre.

J’aime aussi voir la fierté et l’épanouissement personnel que les mamans tirent de leur don : dans leur fierté de produire autant de lait et dans leur satisfaction d’aider, de donner de leur temps et de leur énergie dans un acte désintéressé.

J’ai été amenée à rencontrer et à nouer des contacts hyper enrichissants professionnellement et personnellement aussi bien avec les mamans qu’avec des professionnels de santé (sages-femmes, consultantes en lactation, puéricultrices,…) .

En plus, je suis soutenue à 100% par ma famille : mes enfants sont très fiers de ce que je fais et mon mari n’hésite pas à mettre la main à la pâte en chargeant les cartons de biberons de recueil dans ma voiture ou en m’aidant à décharger le lait collecté le soir.

[Auteure] : Hélène Bertin-Laumonier, collectrice remplaçante du Lactarium de Bordeaux/Marmande

[Biographie] : Mère de 3 enfants, Mme Bertin-Laumonier allaite encore sa petite dernière âgée de 2 ans. Elle remplace la titulaire du poste de collectrice du lactarium de Bordeaux/Marmande depuis 1 an (congé maternité et parental) et ce, pendant encore 8 mois.

 

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais pu supprimer, Manon s’étant habituée à téter avec. Cathy a loué un tire-lait. Le modèle qui lui avait été proposé date de plus de 30 ans et elle n’extrayait que quelques gouttes de lait au départ. Grâce à une consultante en lactation, elle a changé de tire-lait et a réussi une relactation. Au final, elle a tout de même allaité 5 ans !

Elle a souhaité nous raconter quelques détails supplémentaires de son histoire et notamment les obstacles qu’elle a surmontés parce qu’elle estime que cela peut sans doute aider certaines d’entre vous à dépasser ces mêmes difficultés.

Lorsqu’elle a accouché, elle a subi une épisiotomie et un hématome qui l’ont fait souffrir au point qu’elle n’a pas dormi la première nuit à l’hôpital. En raison du manque de formation dans le domaine de l’allaitement, les soignants n’ont alors pas osé lui donner d’antalgique. Ce n’est que le lendemain qu’elle a pu bénéficier d’un traitement médicamenteux et d’une poche de glace qui l’ont un peu soulagée. A présent, elle sait trouver des renseignements concernant les médicaments compatibles avec l’allaitement sur le site du CRAT (Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes ) et peut le conseiller aux autres mamans qui allaitent autour d’elle.

En hiver, elle s’est aperçue qu’elle avait les mamelons tout blancs. Elle ressentait des douleurs aiguës, intenses, à type de brûlure. Elle a alors demandé conseils à la consultante en lactation qui a identifié un vasospasme des mamelons. Dans ses antécédents, la consultante note un syndrome de Raynaud au niveau des orteils et des doigts depuis ses 13 ans, ainsi que des migraines. Elle lui a conseillé d’éviter l’exposition au froid, de favoriser la circulation sanguine au niveau de la partie supérieur du corps en faisant de grands mouvements de rotation avec les bras, d’appliquer de la chaleur juste après la tétée.

L’autre difficulté a été son sein droit… ah celui-là ! Cathy a eu un engorgement au sein droit à la maternité. Celui-ci n’a pas été drainé car Manon dormait et ne tétait pas. Le tire-lait de la maternité était trop ancien, inefficace et entraînait des douleurs. L’engorgement a probablement conduit à une destruction de certaines cellules sécrétrices avec une diminution de la production de lait. Manon s’agitait au sein et pleurait. Cathy n’allaitait pratiquement qu’avec le sein gauche.

Quand elle a repris le travail, elle tirait son lait à la pause de midi. Un jour, alors qu’elle recueillait son lait, elle a ressenti une douleur insupportable au mamelon droit. Elle s’aperçoit alors qu’il est décollé et saigne. Elle téléphone aussitôt à sa consultante en lactation qui lui conseille de mettre de la lanoline recouverte d’une compresse. Le mamelon cicatrise au bout de plusieurs jours mais Cathy n’a pas le courage de refaire téter Manon à ce sein ni de tirer son lait de ce côté. Elle décide donc de n’allaiter qu’avec le sein gauche qui est d’ailleurs celui qui produit le plus.

Aujourd’hui, Manon a 10 ans, elle a eu sa première gastro-entérite cette année… preuve pour Cathy des bénéfices de l’allaitement. Il arrive à sa fille de dire « maman, tu te souviens quand je tétais ? C’était tellement bon ton lait. Moi aussi, je commence à avoir des nénés, bientôt je pourrai allaiter ». Cathy lui répond alors « mais il faut avoir un bébé pour allaiter ». Manon : « Ah oui, c’est vrai ». Et toutes deux rient aux éclats.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice à l’unité territoriale de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Le jour du foirage total en matière d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/#comments Thu, 04 Jan 2018 08:11:47 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1674 Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement. L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait … Continuer la lecture de Le jour du foirage total en matière d’allaitement

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Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement.

L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait ultra rêver mais que c’était quand même indéniablement ce qu’il y avait de meilleur pour un petit bébé … Ça ne me questionnait pas plus que ça … Et puis j’ai changé de point de vu ou plutôt j’ai évolué …

Au début de ma grossesse je n’y pensais pas trop puis, plus ma grossesse avançait plus l’allaitement me faisait envie, j’ai toujours dit que, je cite: « j’essayerais, si ça marche tant mieux si c’est trop galère tant pis » … (discours hyper courant avant de devenir maman …) … Mais ce n’est pas si simple que ça … En tout cas ça ne l’a pas été pour moi …

Ma petite fée née, aussitôt sortie elle se met au sein naturellement et la « tétée d’accueil » a été un bonheur immense, continuer à nourrir mon enfant, je me sentais pleinement dans mon rôle et à ma place, j’étais heureuse de ma décision, je me sentais bien, sereine et en pleine possession de ce choix, je me disais surtout que pour moi c’était une suite logique de ma grossesse, cette grossesse que j’ai tant aimé, c’était le prolongement le plus juste et ça avait l’air de fonctionner à merveille … J’allais pourtant faire face a une immense déception …

Apres les premières heures idylliques, les 39 heures de travail se font sentir plus que jamais et viennent les heures de grande fatigue, malgré elles il faut continuer de stimuler pour la montée de lait, gérer son bébé qui pleure, les tétées qui s’enchainent à une vitesse folle … Tout le monde me dit que mon bébé a une position parfaite, qu’il tête divinement bien … Tout le monde y va de son conseil et me félicite, j’ai même le droit de rentrer à la maison … Pourtant je suis épuisée, je craque, je commence à avoir mal, je sens que ça me tire, que mes alliés s’assèchent, et que malgré toute la lanoline et autre miel médical et cataplasmes de lait maternel du monde, ils finissent par craquer eux aussi … Ce qui petit à petit se fissurait en moi finissait par se fissurer sur moi … Malgré tout mon courage, ma volonté et ma détermination, j’ai stoppé la mise au sein, cette douleur lancinante et sournoise qui me faisait hurler de mal à chaque fois je ne pouvais plus la supporter car elle était insupportable, insoutenable. Se mêlait a elle le gout de la défaite et le sentiment d’échec, la peur de donner l’impression à ma fille de la rejeter, je pleurais de tout …

La poitrine engorgée, on part louer cette machine infernale, celle qui je ne le savais pas encore allait me suivre pendant 7 mois, elle sera mon troisième bras, mon sein artificiel, cet engin a été mon sauveur, il a aussi été mon cauchemar …

Première utilisation laborieuse et douloureuse … Au départ j’avais pris la décision de tout arrêter et d’utiliser ce système uniquement  pour tarir les montées de lait et la production, mais en voyant tout ce lait, je n’ai pas pu, j’ai continué, je voulais que ma fille boive mon lait, celui que je pensais être le meilleur pour elle … Pour se faire je tirais plusieurs fois dans la journée, ça allait de 4 à 8 fois par jour en période de pic de croissance, mes journées étaient rythmées par les tirages, donner les biberons, endormir ma fille, la changer, tirer, donner les biberons, endormir ma fille, la changer … J’ai eu très peu de temps pour moi pendant de longs mois, mais je m’y faisais, c’était devenu ma façon de vivre, ma routine, mais j’enviais ces mamans qui sortaient ne serait-ce que 30 minutes pendant que moi je devais tirer mon lait, ces mamans qui faisaient une sieste pendant que moi je tirais mon lait, la famille qui prenait l’apéro pendant que moi je tirais mon lait, ceux qui profitaient de dormir le matin pendant que moi je tirais mon lait … Ca a été difficile … Je n’ai jamais réessayé de remettre ma fille au sein car la douleur n’a jamais vraiment disparue, j’avais peur de trop souffrir à nouveau, physiquement j’étais vulnérable, je me sentais honteuse, psychologiquement j’étais triste et vidée …

Quand ton bébé est au biberon, tout le monde se sent alors la permission de le lui donner, j’étais devenue susceptible avec ça, je ne supportais pas voir quelqu’un nourrir ma fille autre que mon mari ou moi, tout simplement car ça aurait dû être MON moment, ça devait être MA partie, on me volait des moments que je m’étais projetés avec elle, intimes, complices …

On m’a souvent dit que ce n’était pas grave, que l’important c’était qu’elle ait le meilleur: mon lait … C’est vrai, mais pourtant ça me déchirait …

Et puis il y a toujours ces discours culpabilisants, ça viendrait de la position (pourtant parfaite au départ), ça viendrait de ma peau, ou celles qui te disent qu’elles elles ont continué malgré la douleur … Que c’est dommage !!! Ca ça te crève le cœur … Ça te fait encore plus mal … Parce qu’elles n’ont aucune idée de la douleur qu’a été la tienne … De la tristesse immense qui t’a envahi quand tu as décidé a contre cœur d’arrêter le massacre, que tu te culpabilises déjà assez toi-même, tous les jours, chaque heure et chaque minutes … Pourquoi tout le monde y arrive et toi t’as pas réussi ?! Tu te sens incomprise, seule …

Comme pour beaucoup de choses concernant la maternité tant que tu ne l’a pas vécu tu ne peux pas savoir, tu peux imaginer, mais tu ne peux pas mesurer … Cette claque, cette baffe que tu te prends en pleine gueule, celle dont tu as du mal à guérir …

Je n’ai pas été de celles pour qui l’allaitement s’est mis en place tout de suite avec facilité et sans douleurs … Je suis de celles qui ont souffert, qui ont pleuré de douleur, d’épuisement, de tristesse, de regret, mes larmes étaient celles d’un cœur qui saignait d’une deuxième séparation forcée avec mon petit bébé … Ces larmes me propulsaient violemment dans ma nouvelle réalité, celle que je pense ne pas avoir assez anticipé … Moi qui avait tant aimé ma grossesse, on avait coupé le cordon physique, et voilà qu’on me coupait un deuxième fil invisible, un fil dont j’avais encore besoin … Je crois qu’on m’avait prévenu que ce ne serait pas si facile … je pense … En fait je n’en suis plus si certaine … Je n’ai peut-être pas écouté, je ne voulais peut être pas entendre …

Aujourd’hui je suis si fière de mon parcours, fière de ce que j’ai accompli, émue de ce que j’ai fait. J’ai réussi à allaiter mon bébé exclusivement pendant 5 mois, le sixième mois a été le mois de relais pour une transition en douceur. J’ai eu si peur, peur de ne pas réussir à créer de lien avec elle face à l’échec de la mise au sein et pourtant il est bien là, en fait il ne s’est jamais brisé, il ne nous a jamais fait faux bond …

A mon mari, cet homme merveilleux; Qu’aurais-je fais sans toi? Merci. Et à mon amie Laura ce petit bout de femme qui m’a tant aidé, merci aussi!

[Auteure] : Léa , voici son blog pour lui donner un petit coup de pouce 🙂

https://mamanfeeblog.wordpress.com

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L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/ https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/#respond Tue, 19 Dec 2017 15:36:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1668 Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait. Dans la chambre du service de Médecine … Continuer la lecture de L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria

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Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait.

Dans la chambre du service de Médecine Néonatale, l’infirmière vérifie avec moi les protocoles des cocktails médicamenteux pour le retour à la maison. Notre pharmacien a pu s’entretenir avec l’infirmière qui lui a confirmé que je connaissais le mode d’administration de la caféine. Sans le scope, nous ne pouvons pas vérifier son rythme cardiaque, il faut être sûre que la caféine soit bien prise pour éviter les bradycardies, les ralentissements impressionnants de l’activité cardiaque. Tout est prêt, notre chère Nénette de 4 mois et une semaine, les médicaments, les petites couches, les vêtements, les toutes petites semelles orthopédiques et le minuscule bracelet de naissance que j’ai pu conserver de son séjour en réanimation.

Samedi 25 mai 2013 à 16h : nous sortons de la maternité, Victoria et moi. Depuis le 18 janvier, nous étions séparés de Denis et de nos deux autres filles à cent kilomètres de distance. C’est une grande joie de fêter la bienvenue à Victoria dans notre maison et d’être enfin tous réunis. En même temps, je fais taire la tentation des angoisses de l’absence de scope, de l’absence des professionnels de santé que sont les infirmières et pédiatres constamment présents dans la maternité. Je me convaincs de faire confiance en la providence et en mes compétences de mère. Victoria m’apprendra encore et toujours, elle est ma troisième fille et pourtant je redémarre à zéro avec ma casquette de Maman. A chaque enfant c’est pareil, j’ai à chaque fois l’impression de ne plus rien me rappeler des enfants plus grands pour mieux me réajuster aux besoins et aux attentes du bébé présent.

Cela fait une dizaine de jours que notre miss Minichou est rentrée chez nous. Nous profitons de notre vie à 5. Chacun et chacune doit retrouver sa place. Les journées sont bien occupées, je vis en pyjama, avec un bébé dans les bras quasiment tout le temps. Une amie m’a offert un super cadeau, un cours de portage à domicile et une écharpe de 40 cm de large, (utilisée habituellement pour les démonstrations avec poupon) impeccable pour le gabarit de Viky. Denis court partout, gère la logistique et l’organisation familiale depuis 9 mois et la nuit me relaie pour les sacro-saints rots, il est un formidable Papa.

En soirée, il y a toujours un moment où cet enfant ne veut plus rien d’autre que vadrouiller portée dans la maison. Il faut croire qu’elle s’approprie son nouvel environnement, elle a les yeux tellement grands ouverts, qu’on voie le blanc de ses yeux sous ses paupières. Elle ne rate pas une miette de ce qu’elle voit. Je savoure ces rares instants de plénitude, parce que les coliques la font beaucoup souffrir, très probablement en raison de l’absorption du fer trois fois par jour. Notre voisine compatit, ses pleurs sont vigoureux. On masse, on masse ce petit bidon dont on a appris que la musculature abdominale est immature aussi. Mademoiselle Victoria nous a clairement montré qu’elle ne supporte plus la tétine. Elle repousse avec sa langue tout ce qui est objet dans la bouche ou alors elle nous montre ce qu’elle sait faire de son réflexe nauséeux. On a très bien compris.

Elle n’accepte plus dans la bouche que le sein, l’assimilation de la caféine dès le matin est très compliquée. L’enjeu est important et mon appréhension se fait sentir, c’est un soulagement dans toute la maison quand le médicament est bien pris. J’ai stoppé tous les autres médicaments, pour ne garder que celui-là. Les tétées à volonté et la faible prise de poids montrent un réflexe de succion qui n’est pas optimal. Encore une immaturité semble-t-il. Le seul moyen est de me mettre en hyperlactation, de tirer mon lait en même temps et en plus des tétées pour faciliter le réflexe d’éjection du lait. C’est un sport de tenir d’une main cet enfant qui se trémousse et d’actionner le tire-lait tout en gardant fixée la téterelle de l’autre côté. « Se détendre et tout ira bien » est mon credo. Je détecte le moment de l’ouverture de la petite bouche et je la mets au même sein qu’à la tétée précédente pour qu’elle profite du lait de « fin de tétée » (dans une tétée, il n’y pas de début ou de fin, le lait gras arrive en fin de vidange alvéolaire, c’est-à-dire quand le sein a été « vidangé » plusieurs fois de suite de façon très rapprochée) , le plus riche en graisses. C’est toujours le lait de « fin de tétée », le plus crémeux, qui sert à fabriquer le reblochon chez les spécimens bovins de Savoie !

Je passe la plupart de mon temps au lit avec ma fille sur moi ou à mes côtés, il me tarde de profiter du printemps et de l’été avec Viky. Nous nous autorisons de manière journalière un bain de soleil sur la terrasse lorsque la température est chaude. J’apprécie sur le transat les longs appels téléphoniques avec les copines ou les membres de ma famille dont j’apprécie leur soutien.

En soirée, avec la fatigue, l’agitation des filles, mon manque de patience, le lait arrive moins vite. J’ai bien tenté le DAL, le Dispositif d’Aide à la Lactation pour amener le lait par une sonde dans la bouche quand elle tète, mais même la plus petite sonde lui est insupportable. En outre, sa force d’aspiration est très faible, elle peine à en boire le contenu. Alors, je choisis la patience, je prends ce temps qui semble très long pour le transfert de chaque goutte de lait et ce temps si court, très court que je m’octroie uniquement pour moi. Le peau-à-peau nous aide à réparer cette longue période de séparation, ces longs mois de couveuse où le toucher était rare, je sens que ce contact prolongé est nécessaire pour faciliter la connaissance de l’une et de l’autre.

J’appelle des consultantes en lactation, elles cherchent, lisent et proposent différentes astuces qui pourraient convenir à notre Mistinguette.

Le 5 juin, je suis allée consulter LA pédiatre référente en allaitement dans notre région. Elle nous connait bien et a toujours les mots qui nous rassurent, parce que je suis toujours inquiète quant à la prise de poids de Victoria, j’ai peur qu’elle n’ait pas suffisamment de lait. La rencontre avec un pédiatre de la maternité m’avait déstabilisée, il assurait de manière déterminée qu’un rythme de tétée était nécessaire. Victoria pèse 3,5 Kg, le poids d’un enfant à terme, avec ses soucis de succion-déglutition, je crains que les doses de lait ingérées soient nettement inférieures à ses besoins. En lui proposant plus souvent, elle est moins fatiguée, et boit à la demande. J’utilise la méthode de la compression mammaire quand je sens la miss déglutir moins fréquemment, l’écoulement du lait continue par lui-même, et Victoria peut avaler encore quelques gorgées, c’est toujours ça de pris.

J’ai entendu un jour un prédicateur : « dans toute situation difficile, il y a toujours une lueur d’espoir quelque part, un médicament qui apaise, une parole encourageante, ou une bienveillance. » Mon étincelle, c’est la visite ce matin de la kiné, souvent présente au moment du fond d’œil, l’examen que les bébés ne supportent pas. Victoria en rentrant, a les yeux explosés, rougis par l’examen précédent, mais suit et attrape les objets présentés par la kiné. La motricité se met en place, c’est super, on ne se verra peut-être pas le mois prochain parce qu’il n’y en aura probablement pas besoin. Je m’accroche à chaque bonne nouvelle et je la garde précieusement au fond de moi pour les moments délicats.

Je pèse Victoria à ses 5 mois ½, incroyable, 300g en 10 jours. Poids actuel : 3,9 Kg, elle a bien grossi ! Elle a pris 30g par jour, le minimum étant de 17g par jour, je suis complètement rassurée, j’ai la quantité de lait dont elle a besoin pour sa croissance. Je me sépare de la balance louée depuis sa naissance. Mon moral est au beau fixe.

Le 6 juillet, à mon réveil, je n’ai qu’une idée en tête, partir vers cette grande fête de famille à quelques heures de route. Le temps est radieux, les rayons du soleil me chauffent et me réchauffent ! A notre arrivée, nous sommes accueillis comme des rois, les invités nous ont attendus pour la grande photo familiale ! Je converse avec un cousin parti à Hong-Kong que je n’ai pas vu depuis 10 ans. Il est l’heureux Papa de grands garçons de 9 ans, nés prématurément, maintenant plein de santé et dynamiques. Quelle joie !

 

« Si chacun s’enferme chez soi parce qu’il craint la pluie, alors les saisons passent de façon monotone, chacun reste à l’abri des plus beaux états d’âmes de la nature qui, dans l’âme humaine, s’appellent les passions. »

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon.

Crédit photo : Myriam Dutilleul

 

 

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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Jamais sans mon tire-lait ! https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/ https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/#respond Tue, 31 Jan 2017 14:03:10 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1506 Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids … Continuer la lecture de Jamais sans mon tire-lait !

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Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids de 690g et une grande fragilité pulmonaire, ce qui impose beaucoup de soins pour un tout petit être en réanimation.

Qu’à cela ne tienne, je commence dès son premier jour de vie à tirer mon lait. J’extrais péniblement quelques gouttes de ce liquide jaune or aussi précieux que le métal. 4 heures plus tard, vite vite, je recommence et au bout de 10 minutes de tire-lait, seuls quelques millilitres stagnent au fond des biberons. Je me raisonne, je dois tirer plus souvent. Mais je ne tire que 4 heures plus tard encore, impossible de faire autrement. La séparation fait que Victoria dort à l’autre bout de la maternité régionale, les multiples soins d’hygiène des mains, du tire-lait, le questionnaire avant chaque tirage et l’attente des agents hospitaliers pour récupérer mon lait pour le lactarium m’imposent un rythme pour les tirages.

Je décide de me battre, rien ni personne ne m’empêchera de donner mon lait à ma fille. Ni la séparation avec Victoria, ni le stress de la savoir en réanimation avec de grosses difficultés de santé,  ni les protocoles de soin, d’hygiène, ni le manque de proximité ne m’interdiront de me donner et de donner tout ce que je peux lui apporter, à savoir mon lait, sa nourriture, les anticorps et tous les agents essentiels du lait maternel.

Pendant 3 longues semaines, j’ai porté des gants pour caresser et toucher ma fille, alors le défi était lancé, tirer régulièrement et aussi souvent que possible ces quelques gouttes de ce breuvage qui deviendront après la longue attente des premiers jours des centilitres et des décilitres pour un seul tirage.

Au bout de 2 semaines de tirages, je tirais 360 ml le matin. J’ai pris toutes les astuces que j’ai trouvées : bien dormir, bien manger et ne pas oublier de se faire plaisir (varier les chocolats, mmmmh), boire régulièrement des tisanes de fenouil, fenugrec et carvi (on s’échangeait les herbes avec les autres mamans, hi hi hi!), se prendre du bon temps dans la salle de tirage avec les copines-mamans de prémas,  fou-rires, sourires et petite musique d’ambiance nécessaires et indispensables !

Et puis quand le moral descend, et que la production de lait chute à vue d’œil, et que je ne peux toujours pas prendre ma princesse dans mes bras, je n’ai pas hésité, j’ai appelé les amies consultantes en lactation. Je me suis remise à tirer mon lait la nuit (très important!), dormir dès que possible, utiliser le tire-lait double-pompage, me frotter le dos à la manière de « Baloo » dans le Livre de la Jungle dès le début du tirage pour stimuler le système neuro-sensoriel (si si, ça marche).

Au bout de 3 semaines, enfin, j’ai pu enlever les gants et effleurer pour mieux sentir sa peau toute douce. Victoria a 4 semaines, enfin je savoure ¼ d’heure de peau-à-peau, du bonheur et rien que du bonheur.

A 33 semaines, Victoria fait le « pivert », elle a envie de téter visiblement, mais c’est encore trop juste, elle a de trop grands besoins en oxygène. Le tire-lait, c’est pratique, mais si je pouvais donner en vrai, ça me ferait très plaisir ! Chaque jour est un jour d’attente et de patience. La prématurité impose son lot de préparation, d’expectative et d’espérance.

A 34 semaines 1/2, ça y est : tétée ! La grande nouvelle cette semaine, c’est que Victoria a tété, vraiment tété, en direct, elle a bu quelques millilitres. Elle porte toujours les lunettes d’assistance respiratoire, mais la succion-déglutition se met en place, c’est très positif pour les enfants alimentés par sonde. Une merveilleuse aventure qui commence entre nous, « sa première expérience d’échange amical avec le monde» (“Enfance et Société”, 1982), mais aussi la fin des soins exclusivement hostiles et le début d’une acceptation de la tendresse et de la douceur par l’allaitement au sein. Victoria a choisi de se nourrir des bienfaits du lait maternel, nous avons lâché prise dans ce moment de grâce et d’apaisement des corps.

Cependant, une ombre vient pointer dans ces instants de réconciliation avec le monde, Victoria bradycarde, lorsque le lait arrive, son rythme cardiaque ralentit, elle devient toute molle et j’ai à chaque fois l’impression de la perdre. Je dois la stimuler et très rapidement je prends le réflexe de réveiller son pied ou une petite menotte. Je me fais violence pour me ressaisir et me calmer pour profiter de nos tétées.

Les tirages sont plus longs maintenant, le service manque de capsules, pièces indispensables pour les tire-lait double-pompage, je mets 20 minutes à recueillir la précieuse nourriture de ma fille, comme si j’utilisais un tire-lait simple pompage. Je profite d’une conversation avec un infirmier sympathique lorsque le pédiatre est juste derrière la couveuse. Bien décidée à ne pas me laisser prendre de précieuses minutes de mon temps que je partage dans deux maisons à 100 kilomètres de distance, je fais part de ma déception. Quelques temps plus tard, je pourrai à nouveau disposer de deux capsules.

Aux 2 mois ½ de ma fille, j’ai encore 12 litres de mon lait en réserve, en biberonnerie, on manque de place pour stocker mon lait. Tant pis, ce n’est pas mon problème. Victoria reçoit 36 mL 8 fois par jour, il y a du gâchis parce que ce sont des seringues de 40 mL. Alors je pompe, je pompe, comme les shadoks…

A 2 kg tout rond, Victoria quitte la réanimation et entre dans le service médecine néonatale. Quelle joie ! Je peux enfin nous projeter vers une sortie de l’hôpital. Je me réjouis de croiser des bébés portés, bercés par leur parent ou un professionnel de santé.

Depuis quelques jours, Victoria ne veut plus téter. Elle ferme la bouche. Je l’encourage et l’incite comme je peux mais en vain. Pour moi, c’est terrible. Ce n’est tout simplement pas possible, je vais solliciter la consultante en lactation, parce que je ne comprends pas. J’ai l’impression de sentir sa gencive inférieure quand je donne le petit doigt, elle a très peu de force d’aspiration. Avec les lunettes et l’oxygène, c’est compliqué.

Je pense que la tétine ne m’aide pas. Certaines soignantes sont sensibilisées au problème, mais pas toutes. Dès que Victoria a un soin un peu douloureux depuis quelques semaines, certaines soignantes lui mettent la tétine qu’elle tète. Mais le réflexe de succion peut être modifié, j’étudie la question. De plus, elle se fatigue très vite. J’arrive à négocier avec le personnel soignant la tétée plutôt que la tétine et également un bain un jour sur deux. Je préfère économiser ses calories pour les moments de tétée.

Victoria a 3 mois. 3 mois déjà que nous sommes à la maternité régionale de Nancy dans cette lutte pour la Vie. Victoria sature des systèmes de sonde qui la nourrissent, trop de soins, elle est à la limite de l’hospitalisme*. Elle fuit le regard des soignants. Après discussion avec mon mari, je retourne voir les pédiatres, nous cherchons une autre méthode pour que Victoria puisse se nourrir suffisamment par n’importe quel moyen pourvu qu’elle n’ait plus cette sonde. La balance nous joue des tours : la pesée avant et après la tétée ne donne pas des résultats fiables. Alors je fais agir mon instinct de mère, je la mets au sein dès que je sens le besoin. Pas de pesée, je n’avertis personne, je m’écoute, c’est un grand pas parce que j’ai longtemps été parasitée par les protocoles.

Heureusement, certaines équipes sont pleines d’humanité et leur bienveillance m’entoure de réconfort. Une consultante en lactation vient nous voir sur place, elle me confirme que Victoria sait téter, elle est juste limitée dans ses capacités respiratoires. En grandissant, elle va boire de mieux en mieux. Ouf !

A 4 mois et une semaine, elle s’est complètement sevrée de l’oxygène artificiel.

Victoria est enfin arrivée à la maison, chez nous. Nous avons envoyé les faire-part de naissance à tous nos proches.

Pour Viky, c’est tétées et portage à volonté désormais.

*NDLR : état dépressif qui se manifeste chez certains enfants séparés précocement de leur mère

[Auteure] : Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement

 

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Débuts imprévus https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/ https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/#respond Mon, 02 Jan 2017 09:41:18 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1486 Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂 Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire … Continuer la lecture de Débuts imprévus

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Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire en plusieurs parties. Voici un témoignage plein de courage.

Cinq mois de grossesse, notre petite merveille naît. Victoria mesure 33 cm et pèse 690g. Naissance inattendue pour un bébé d’une fragilité extrême. Le service de réanimation, ou « réa » devient son nouveau cocon, notre seconde maison. Un monde qui a son propre espace temps, peuplé d’êtres humains lumineux, les plus petits qui soient.

Avec cette naissance prématurée démarre l’attente. On ne le mesure pas encore bien mais c’est extraordinairement dur. Petit à petit, les minutes se muent en jours puis en mois. On s’accroche au peu que l’on puisse apporte, à commencer peut-être par mon lait.

Y a pas de mots pour décrire ce que je ressens alors. La Vie de ma fille tient à un fil. Ma tentation est si grande de me décourager. Pourtant, la solution est là, continuer d’y croire, et avoir pour seul et unique objectif de garder confiance parce l’on ne maîtrise rien. On peut contrôler ce qui vient de soi, planter l’espérance dans un terreau fertile, chaleureux et bienveillant, cultiver son jardin intérieur pour espérer récolter les plus beaux fruits qui soient. Il y a des ingrédients nécessaires et que l’on retrouve chez tous les rayonnants sortis de ces épreuves : l’amour, la joie et l’espoir toujours en ligne de mire. Ça n’enlève pas la souffrance, ni les larmes mais l’enracinement est trop important pour que la tige poursuive son chemin pour s’élever.

Le quotidien, c’est juste se remémorer très régulièrement du seul ou des quelques petits moments positifs. Il y en a toujours un même dans la pire de la pire des journées. S’accrocher à ces sourires en fait partie, à ces rires entendus au loin. Sentir cette brise légère caresser notre visage quand on est dehors. Garder en mémoire les messages d’un proche ou d’un ami qui nous veut du bien, qui envoie des wagons de courage et une locomotive de force, ou juste qui prie pour nous dans cette situation à laquelle on ne comprend rien. Romain Gary disait à juste titre : “Vous ne pouvez pas attendre de la vie d’avoir un sens. Vous devez lui en donner un ». Et c’est bien ce sur quoi nous nous sommes concentrés. C’est ce qui m’a aidé à trouver mille et une ressources en moi pour recueillir le précieux liquide. Mon or, son médicament, ce lait qui préserve ce lien incomparable entre ma merveilleuse fille que j’aime tant et qui lutte pour s’accrocher à la vie.

Puis chaque jour, avancer, sonner à l’interphone, attendre patiemment que la porte s’ouvre et se referme, poser un pied puis l’autre jusqu’au casier, déposer mon manteau, dérouler mon écharpe, chaque geste avec une temporalité propre, celle de la réa. Puis me diriger vers les lavabos, et méticuleusement, accomplir les rites de désinfection, porter l’habit de circonstance, le masque et repartir vers les berceaux. Mettre tous mes sens en éveil, en étroite connexion avec le présent, vivre, sans perdre un instant.

Sur chaque mur un peu sombre que je rencontre, je dessine un petit ange à la craie. Pour donner de la douceur au monde.” Jean-Charles de Castelbajac

Au moment de dire bonjour, je recherche les yeux de la personne qui est là juste pour me donner toute la force dont j’ai besoin pour continuer mon chemin. Il y a une osmose, une harmonie qui se crée entre le personnel soignant et les parents qui ne nécessitent pas d’explications ; les regards se suffisent à eux-mêmes.

Mon seul but alors : être présente et disponible pour Victoria, en réa, me tenir près de la couveuse pour la soutenir dans ce qu’elle vit, les bons moments et les bonnes nouvelles comme dans les difficultés et les jours plus compliqués.

Myriam en contact avec Victoria - couveuse

Je me souviens d’une après-midi particulièrement éprouvante. J’avais le moral en dents de scie. Je passais d’un état rassuré à inquiet en deux minutes. C’est alors que j’ai envoyé un texto à Suzanne, la responsable de l’aumônerie. Elle seule a le droit d’effectuer des visites à l’improviste dans le service. Elle était disponible et a mis peu de temps pour nous rejoindre. Sa seule présence me rassure et son écoute est inestimable. Je la revois avec son sourire jusqu’aux oreilles, ses yeux qui pétillent d’allégresse. Je lui ai expliqué la situation, elle voyait bien que j’avais le moral dans les chaussettes, épuisée par ces sonneries, le scope ( appareil pour surveiller le rythme cardiaque de bébé ) et ce service que je voulais fuir. Je ne sais même plus ce qu’elle a répondu, parce que c’était davantage sa prestance que ses mots qui m’ont touchée. La puéricultrice a scotché sur la porte une note « ne pas déranger ». En ces instants éprouvants, nous nous sommes mises à prier, juste ce qu’il faut pour me consoler et me réconforter. Suzanne connaît les mots pour dire, pour prier comme il se doit lorsque l’on est incapable de restructurer sa pensée, l’affect marqué à vif.

Quand je repense à cette période fragile de notre aventure, je me souviens aussi que le dialogue avec nos proches n’était pas facile non plus. C’est difficile de décrire ces instants, mes émotions de mère. L’impression que toutes nos souffrances sont banalisées. Et pourtant, c’est tellement vrai, se sentir impuissant devant l’inacceptable, la souffrance d’un enfant et de sa mère, ça touche tout le monde en plein cœur.

Alors quand – après des semaines – vient enfin le moment où je peux porter ma Victoria dans mes bras en peau à peau, le silence s’installe, l’amour circule enfin avec une intensité que rien ne peut atténuer. Comme si l’énergie était tellement contenue, qu’enfin libérée, la fleur s’épanouit et s’ouvre au grand jour, pour notre plus grand bonheur.

Cramponnez-vous, tant que la vie palpite…
 Ne lâchez rien, c’est le seul moyen d’aller plus haut!” (Pierre Lunel)

Et quand la sortie se fait tellement désirer, je rencontre Rachel au self, une pédiatre qui s’installe à ma table pour manger ! Au moment-même où le doute s’installe, je me sens lasse, figée au bord du chemin. Elle est alors un témoin formidable et je reprends ma route le cœur plus léger. Ce sont des discussions que je n’oublierai pas. Ce jour-là, elle m’a complètement redonné espoir quant à notre sortie.

C’est aussi grâce à Rachel, que bravant le règlement, Victoria a rencontré ses sœurs à l’hôpital, et le cœur tout brûlant nous avons savouré cette joie de nous retrouver à 5 au même endroit et au même moment. Chaque jour passé aux côtés de Victoria me fait dire la Vie est très précieuse, n’en loupe pas un instant.

J’ai décidé de profiter de tous ces bonheurs à fond, à 100 %, comme les tétées d’intense proximité. Je dois ces tétées en partie à Shasha, surnom donné à Shadock, mon tire-lait qui ne m’a pas quitté pendant bien 2 ans. Donner mon lait à ma fille, j’ai décidé d’en faire mon défi quotidien. Les études scientifiques récentes prouvent qu’un nourrisson a moins de soucis de santé quand il est nourri de lait maternel. Alors Victoria serait allaitée longtemps, c’est une évidence. Le lactarium a stocké jusqu’à quinze litres de mon lait, pour être sûre qu’elle n’en manque jamais.

Et puis après deux mois d’une attente stressante, j’entends la pédiatre déclarer pour la première fois que « Victoria a une évolution favorable ».  Au bout de 4 mois 1/2 d’hospitalisation en réanimation et en médecine néonatale, Victoria est rentrée à la maison, la veille de la fête des mères. Nous sommes enfin réunis : la séparation forcée d’avec une partie de ma famille me pesait considérablement.

D’aucuns reconnaissent qu’on ne quitte pas la réa indemne. Ce microcosme vous transforme complètement et si intensément qu’après on ne peut plus voir la vie de la même façon. Victoria a maintenant 3 ans1/2, elle est en petite section, aime beaucoup l’école et son maître. Elle s’émerveille de tout, a une détermination qui n’a d’égale que sa soif de vivre.

 [Auteure] :  Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement.

Merci à Myriam pour cette article et ces photos.

 

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La mastite https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/ https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/#respond Mon, 05 Sep 2016 19:48:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1430 Mais qu’est-ce que c’est ? Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre … Continuer la lecture de La mastite

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Mais qu’est-ce que c’est ?

Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre peau peut aussi être rouge et chaude en regard de cette zone ?

Vous vous inquiétez pour vous-même au vu de ces symptômes mais aussi pour votre bébé et vous vous questionnez sur la possibilité de poursuivre l’allaitement en pareilles conditions ; bien sûr il est aussi possible que tout cela vous décourage d’allaiter, surtout si ces signes font suite à des débuts déjà difficiles ou à toute autre situation qui vous pèse.

Il est alors fort probable que vous souffriez d’une mastite : une inflammation du sein qui est le plus souvent une conséquence :

  • d’un engorgement non pris en compte : par exemple votre bébé a sauté une tétée par rapport à ses habitudes et votre sein a été très tendu, d’autant plus si cela est survenu à plusieurs reprises,
  • d’un canal obstrué
  • d’une infection bactérienne (ce qui est couramment observé si vous avez ou avez eu une crevasse, par exemple).

Les situations suivantes, vous vous y reconnaitrez peut-être, sont associées à une augmentation du risque de survenue d’une mastite au cours de l’allaitement (1) :

  • prise récente d’un traitement antibiotique
  • prise récente d’un traitement antifongique
  • utilisation d’un tire-lait (surtout lors d’utilisation prolongée en cas de séparation maman-bébé)
  • présence de lésions type crevasse sur le mamelon

Alors que faire ? (2-3)

L’écueil courant en pareille situation est de stopper l’allaitement du côté de ce sein alors que l’élément incontournable  de la prise en charge de la mastite est un drainage efficace et fréquent du lait : éviter absolument la stagnation du lait dans le sein. Autrement dit faire téter bébé fréquemment sur ce sein (en veillant à ne pas négliger l’autre sein !) et s’il n’est pas assez efficace ou demandeur exprimer le lait de façon à ne pas demeurer avec une tension du sein.

C’est un traitement simple mais il doit être mis en place rapidement dès l’apparition des symptômes.

Insistons sur ce point : il est préférable de privilégier les tétées au sein par le bébé plutôt que d’exprimer le lait pour des raisons d’efficacité du drainage, mais savoir passer le relais à une technique d’expression est important si votre bébé ne parvient pas à bien drainer ce sein ou s’il ne peut téter.

Dans l’immense majorité des cas, votre bébé peut continuer à recevoir le lait de ce sein. Il est recommandé d’appliquer de la chaleur la plus grande partie du temps sur la zone douloureuse (à l’aide d’une poche de gel chaud/froid ou en dépannage d’un sachet de compote à sucer que vous remplissez d’eau chaude) ; en dehors de cela après une tétée appliquer la poche froide 10 à 15 mn peut aider à diminuer l’œdème.

Si votre douleur est forte vous pouvez utiliser un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène) pour une courte durée.

Veillez à ce que vos sous-vêtements et vêtements ne compriment pas votre sein.

Enfin, le repos est aussi une partie importante du traitement : pas facile avec un bébé ! C’est le moment de solliciter l’entourage pour vous aider afin que vous puissiez vous consacrer aux tétées et  vous reposer sans courir dans tous les sens pour des courses, le ménage pendant quelques jours.

Comment évolue la mastite ?

En mettant ces éléments en place, vos symptômes devraient évoluer favorablement en vingt quatre heures : c’est-à-dire qu’une amélioration doit être établie ; si tel est le cas, en poursuivant les mêmes mesures vos symptômes doivent encore s’améliorer dans les 24 h suivantes : persévérer avec cette vigilance pendant quelques jours vous permettra alors de retrouver une situation normale. En revanche si la situation ne s’améliore pas dans les premières 24 h, ou bien si elle empire : il est important de poursuive le drainage efficace en s’orientant sur une consultation médicale afin d’évaluer précisément votre situation, une antibiothérapie sera probablement nécessaire. De même, une mastite prise en charge tardivement (plus de 24 à 48h après l’apparition des symptômes) nécessitera souvent une antibiothérapie.

Ajoutons que si vous ressentez d’emblée ces symptômes sur les deux seins en même temps ou de façon soudaine et sans cause apparente parmi celles décrites, il est important de mettre en place un traitement médical.

 ( 1) Mediano et al Case control study of risk factors for infectious mastitis in Spanish breastfeeding women, BMC pregnancy and childbirth 2014 14:195

(2) Guide pratique en allaitement pour les médecins – JC Mercier, Cécile Fortin, MJ Santerre – Direction régionale de santé publique de la capitale – nationale Québec

(3) Breastfeeding answers made simple, Nancy Mohrbacher , Hale Publishing 2010

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

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La nécessité d’allaiter selon Lucie https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/ https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/#comments Wed, 24 Aug 2016 13:12:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1422 Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants. Mon allaitement long Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. … Continuer la lecture de La nécessité d’allaiter selon Lucie

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Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants.

Mon allaitement long

Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. Je suis la seule à subir de nombreuses allergies et d’autres problèmes de santé… Je dois avoir sept ans et C’EST DECIDE, JE VEUX ALLAITER MES ENFANTS pour leur éviter d’avoir toutes mes allergies et mes problèmes de santé…

Nous sommes en juillet 2010 et le moment est arrivé, j’apprends ma première grossesse et c’est quelques mois plus tard que j’accouche prématurément par césarienne, d’un bébé ayant un faible poids dû à un retard de croissance. Tout va très vite mais je ne peux pas allaiter mon bébé. Il pourrait trop se fatiguer  car il est prématuré et affaibli par sa venue au monde ( ce qui n’est pas tout à fait juste, je l’ai appris par la suite mais ceci est une autre histoire).

Je ne me pose donc aucune question et je tire mon lait toutes les heures environ …

Je me sens comme une « vache laitière » mais les quantités tirées me rassurent, je vais pouvoir allaiter longtemps d’après le personnel de la maternité.

Après quelques jours, les ennuis commencent : suite à une poussée de fièvre et sous les mauvais conseils d’une professionnelle, je suis contrainte d’arrêter l’allaitement. On suspecte une mastite (inflammation du sein ) et on me met sous perfusion d’antibiotiques. Heureusement, le lendemain matin une puéricultrice plus informée sur le sujet, me recommande de reprendre au plus vite les tirages.

Puis je sors enfin de l’hôpital. Les mois passent …

Je suis à trois mois d’allaitement et je ressens ce manque que peuvent ressentir d’autres mamans quand leur bébé se met à téter de plus en plus pendant les périodes de pointe ( je ne savais pas encore ce que c’était ). Roméo* revient toutes les heures et hurle après les tétées, je décide d’utiliser mon tire-lait à nouveau et de ne plus mettre mon bébé au sein pour voir ce que je tire (son faible poids ne m’a pas permis d’être zen et de me faire confiance sur la prise au sein). Je ne tire que 10 ml toutes les heures et je décide donc de relancer ma lactation car mon stock diminue de plus en plus et le lactarium est passé prendre mes derniers vingt litres la veille ( je pensais que je n’en aurais plus besoin ).

Dès que Roméo a fini de téter, je tire mon lait et le papa le complète avec le lait tiré. La nuit je me lève toutes les heures pour stimuler cinq à  dix minutes. Ma belle-mère s’en mêle avec ses phrases anti allaitement « c’est la fin, l’allaitement ne dure jamais ! »

 La fatigue, la prématurité, mon long séjour à la maternité, de devenir maman…tout cela était un stress important et me voilà à acheter une boîte de lait, je ne sais pas encore à ce moment que je peux trouver du soutien auprès d’une consultante ou d’une sage-femme…ET POUR MOI C’EST LA FIN!

Je sais que je peux encore y remédier mais COMMENT ? Je n’ai plus de force ! Je quitte l’appartement pour ne pas voir mon bébé prendre ce biberon de lait artificiel, je suis déprimée et j’ai beaucoup de mal à m’en remettre. Je n’ai pas pu avoir ce lien privilégié auquel je m’attendais et auquel je m’étais préparée. Il me faudra un autre enfant pour « réparer les dégâts », du moins c’est ce que je pense…

NINA*

Nous sommes en 2014 quand Nina arrive parmi nous, elle ne présente pas de soucis en particulier si ce n’est un faible poids également. Suite à l’échec du déclenchement programmé, une césarienne est effectuée et nous sommes séparées le temps de mon réveil. Le papa l’accompagne en chambre et explique aux sages-femmes qu’elle ne doit pas recevoir de lait artificiel car je veux l’allaiter. Malheureusement elle a faim et sera alimentée par biberon avec du lait artificiel quand même…( là aussi j’ai appris qu’ on aurait pu me proposer de faire différemment..)

Lorsque je reviens en chambre, c’est bien sûr la première chose que j’ai fait, L’ALLAITER ! Tout ne se passe pas comme je l’espèrais, elle n’arrive pas à prendre le sein correctement. Elle « tétouille », ne déglutit pas, et dort toute la journée mais pleure toute la nuit. Une puéricultrice m’aide à extraire le colostrum sur une petite cuillère pour qu’elle ne perde pas trop de poids.

Les journées et les nuits s’enchaînent et je me vois confronter à la montée de lait difficile car Nina s’endort et je n’arrive pas à trouver la bonne position, celle où je n’ai  pas mal. Le personnel médical ne s’en inquiète pas… Je serre les dents et me dit qu’à la maison ça ira mieux ! En attendant je subis les visites répétées et les conseils déplacés…

Je rentre enfin et là aussi rien ne se passe comme je l’avais imaginé, Nina pleure toujours autant et réclame sans cesse le sein, je ne sais même plus différencier la tétée efficace de la « tétouille », elle s’endort sans cesse rapidement. Je connais à présent Grandir Nature et j’appelle donc la consultante en lactation et nous faisons le point. Je dois « refaire » mon accouchement, la césarienne et la séparation ont « laissé des traces » sur mon enfant, elle a besoin d’être rassurée et le peau à peau et les bains communs vont nous rapprocher et recréer ce cocon qu’elle avait au creux de moi ! Je porte Nina en écharpe pour la calmer lors des moments de « crises » et je « cododote » (en toute sécurité) avec elle ! Nina se réveille la nuit toutes les heures mais je décide de lâcher prise et Nina tète à présent sans que je m’en rende compte, cela ne me réveille plus ! Elle finira par espacer les tétées.

J’appréhende chaque période de pointe.  Vers les deux mois et demi de Nina, je sens déjà qu’elle réclame de plus en plus. Pas de panique : je dors plus, mange équilibré, bois de la tisane d’allaitement et surtout, j’ai le numéro d’une consultante en lactation. Je suis parée pour passer ce cap !

Je ne voulais pas craquer, j’avais cet objectif en tête. C’était une démarche « réparatrice ». Tout devait bien se passer et tout s’est bien passé. J’ai mis du temps à mettre en place cet allaitement, je dois continuer pour mon enfant et moi-même. C’est bien plus qu’un choix c’est une nécessité pour moi !

Nous voilà donc à six mois d’allaitement exclusif et j’introduis l’alimentation solide par la méthode DME**, Nina se débrouille comme une chef.

Mais le calme est de courte durée. Elle revient téter de plus en plus souvent . J’ai repris le travail depuis  un mois, j’ai eu mon retour de couches (qui réduit la quantité de lait que je tire) …

J’ai peur, peur de la fin, de la fatigue qui va s’accumuler, peur de ne pas être à la hauteur, mais je sais que c’est le dernier cap, après tout ira bien ! Cela aura duré deux semaines et Nina retrouvera un rythme.

Nina a deux ans et tète, non pas encore mais TOUJOURS ! Ce que pense les autres je ne m’en soucie plus. Des phrases rigolotes (et moins) j’en entends toujours. J’allaite partout, à la montagne pour rassurer, à la mer pour rafraîchir, à la maison après un bobo, dans la voiture pour calmer, bref mon sein est toujours là prêt à réconforter ou hydrater et qu’il serve de réfrigérateur, de doudou, de mouchoir, de  « chewing gum »,  qu’il soit admiré ou critiqué, moi je sais une chose…J’AI GAGNE !

*les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat

**DME : diversification menée par l’enfant.

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Le tire- lait et Magalie https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/ https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/#comments Thu, 26 Nov 2015 14:02:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1216 Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie. Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte. Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle … Continuer la lecture de Le tire- lait et Magalie

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Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie.

Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte.

Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle a ressenti quand elle a su qu’elle attendait une petite fille.

Son souhait le plus cher était de la mettre au monde le plus naturellement possible et de l’allaiter.

Elle a dû batailler pour retarder le déclenchement pour raisons médicales et ainsi laisser toutes les chances à son bébé de démarrer sa nouvelle vie plus sereinement.

Elle a accouché un beau jour du mois de mai, sans péridurale presque comme elle l’avait souhaité.

Marie semble bien téter au début même si elle s’endort vite. Marie est fatiguée, c’est normal elle a quand même subi deux jours de contractions déclenchées avant sa naissance. Elle perd rapidement beaucoup de poids. L’équipe de la maternité lui propose alors un tire-lait mais la culpabilise par rapport à sa capacité à allaiter : «  vous n’avez pas assez de lait ! Ca ne fonctionnera pas»

Je la vois à sa sortie de la maternité, Marie a six jours. Magalie tire péniblement toutes les trois à quatre heures de petites quantités entre trente et quarante millilitres. Je regarde Marie téter, elle tète bien mais s’endort très vite, nous sommes donc obligés de la compléter avec du lait de préparation pour nourrissons pour l’instant….

Dans un premier temps, je lui conseille un tire-lait plus adapté avec des téterelles à sa taille, et de tirer plus souvent nuit et jour.

Je lui suggère également de comprimer le sein pour augmenter le débit quand Marie tète, ce qui augmentera ses apports et l’aidera à rester éveillée plus longtemps.

Au bout de quelques jours, le travail paye, elle arrive à tirer 80 ml par biberon. Le cododo  et le portage en peau à peau l’aident beaucoup, notamment à se reposer.

Vu la prise de poids et l’éveil de Marie, j’encourage Magalie à lui proposer plus souvent le sein pour doucement repasser à l’allaitement en direct et oublier le tire-lait.

En les revoyant quelques jours après, Magalie m’avoue qu’elle n’a pas osé le faire. En effet, de voir ces quantités la rassurent tant, qu’elle préfère tirer toutes les deux heures plutôt que mettre Marie au sein ainsi « elle est sûre qu’elle mange assez ». Elle aimerait continuer aussi à la mettre au sein mais plus épisodiquement.

Pour pouvoir maintenir une production suffisante, je lui suggère de continuer à tirer très souvent jour et nuit.

Aujourd’hui, Marie a six mois, elle commence la diversification. Magalie continue d’exprimer son lait dont la production a encore augmenté. Certains jours, elle tire jusqu’à 1700 ml sur 24 heures. Elle continue de tirer toutes les deux à trois heures jour et nuit. Elle souhaite diminuer son nombre de tirages une fois que Marie sera bien diversifiée pour être sure d’avoir toujours assez de lait même si son congélateur déborde de sachets de lait . 🙂

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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