allaitement long | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 04 Jan 2022 14:50:31 +0000 fr-FR hourly 1 allaiter au rythme de la vie d’artiste https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/#respond Tue, 04 Jan 2022 14:50:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2251 Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier. … Continuer la lecture de allaiter au rythme de la vie d’artiste

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Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier.

Pour mon premier enfant né en mars 2015, l’allaitement s’est mis en place très facilement et j’ai adoré ça dès le début. Je n’avais fait aucun « plan » sur sa durée et autour de moi je ne connaissais personne qui avait nourri son enfant au sein plus de 6 mois. Une copine m’avait parlé de la Leche League et c’est en m’inscrivant sur un groupe de discussion que j’ai découvert que des mamans allaitaient au long cours. Chez nous, plus les mois passaient, moins je voyais l’intérêt d’arrêter ce qui était bon pour mon fils et sans contrainte pour moi. Je me suis donc lancée dans un allaitement à durée indéterminée en me disant qu’avec pas mal d’organisation et un peu de lâcher prise, ça devrait le faire !

A l’époque j’habitais et je travaillais sur une péniche spectacle. L’équipe artistique était composée d’amis compréhensifs et mon conjoint y travaillait également. Nous prenions donc Marcel en porte-bébé et le déposions dans sa cabine avec le baby phone lorsqu’il dormait. Il pouvait téter à la demande et mes camarades étaient ravis de le prendre avec eux quand ils n’étaient pas sur scène. J’ai loué un petit tire-lait à piles (très pratique quand on part en tournée en camion par exemple). Les soirs de spectacle nous prenions une baby-sitter et je tirais mon lait avant d’aller jouer.

Entre avril et juin 2016, il est allé chez une assistante maternelle car cela devenait difficile : il voulait tout explorer et je ne pouvais plus être à ce que je faisais tout en ayant un oeil sur lui.

La personne était super mais pas très à l’aise avec le lait maternel. Je lui ai donné un tableau de conservation mais comme je ne la sentais pas complètement sereine et que Marcel avait déjà 1 an on a trouvé un compromis. Je lui emmenais de temps en temps mon lait et sinon, elle pouvait lui proposer du yaourt. J’allais le chercher entre 16h30 et 18h et la tétée de retrouvailles était très appréciée par lui et moi. Je ne tirais pas mon lait à midi car ma lactation était bien en place et les mercredis, samedis et dimanches, il lui arrivait encore de téter avant ou après le déjeuner. A cette époque, il tétait entre 4 et 6 fois par jour environ.

Dans le même temps, j’ai commencé à m’absenter pour de courtes tournées de 1 ou 2 nuits. J’avais un stock de lait au congélateur et nous donnions à Marcel , des yaourts au lait de brebis ou un morceau de fromage. De mon côté, je faisais 2 ou 3 tirages par jour, j’avais 2 sacs isothermes avec des pains de glace ce qui permettait à mon lait de rester bien frais avant de le mettre au réfrigérateur. Si le trajet retour était trop long et que les conditions n’étaient pas réunies pour une conservation optimale, je versais le lait dans le bain du bébé.

En juillet 2016, nous sommes partis 3 semaines à Avignon pour un festival de théâtre où les journées sont intenses et éprouvantes. Nous devions habiter avec l’équipe du spectacle mais mon conjoint et moi avons demandé à récupérer notre part du budget. Nous avons loué une maison pour permettre à nos parents de venir et se relayer pour garder notre fils. Cela nous a coûté un peu d’argent et pas mal d’énergie mais j’ai pu continuer à allaiter Marcel sans gêner personne.

A la rentrée 2016 il avait 18 mois et j’avais très envie de poursuivre l’allaitement. J’avais entendu pas mal d’anecdotes de mamans qui avaient laissé tomber parce que certaines structures d’accueil n’étaient pas favorables à prendre le lait maternel. Je me suis dit que pour continuer, le mieux était de choisir un lieu « tétée friendly » et pro maternage. C’est ainsi que Marcel a intégré une crèche parentale où le personnel est extrêmement bienveillant avec les enfants. Le lait maternel y est accepté simplement et avec plaisir. L’allaitement sur place ne pose aucun problème et les besoins des enfants sont au coeur du projet pédagogique. La crèche parentale prend du temps mais nous y avons appris beaucoup et passé de très beaux moments. J’ai pu continuer mon allaitement sans prise de tête et j’ai rencontré des mamans allaitant leur enfant (ou pas !) 1 an, 2 ans et plus.

Un nouveau séjour de 2 semaines à Avignon se profilait pour juillet 2017 et je devais y aller seule. Je ne voulais pas sevrer Marcel à ce moment-là, me disant que 2 semaines de séparation plus un sevrage ça faisait un peu beaucoup pour nous deux. J’ai profité d’une tournée de 5 jours en avril pour le sevrer. Marcel avait 2 ans et ne tétait plus que 2 ou 3 fois par jour. A mon retour et pendant 3 jours il a demandé à téter le matin, mais il est vite passé à autre chose fort de cette magnifique période que je revis maintenant avec mon 2ème enfant.

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Je suis d’origine étrangère et j’ai souhaité allaiter en France  https://www.leblogallaitement.com/je-suis-dorigine-etrangere-et-jai-souhaite-allaiter-en-france/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-dorigine-etrangere-et-jai-souhaite-allaiter-en-france/#comments Wed, 21 Jul 2021 10:00:00 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2199 Rūta est une jeune maman d’origine lituanienne mariée à un français et qui vit en France depuis 5 ans. D’origine lituanienne, je suis maman d’une fille de 3 ans que j’ai souhaité allaiter en France. L’allaitement maternel exclusif, à la demande et de longue durée est tout à fait considéré comme normal dans mon pays. … Continuer la lecture de Je suis d’origine étrangère et j’ai souhaité allaiter en France 

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Rūta est une jeune maman d’origine lituanienne mariée à un français et qui vit en France depuis 5 ans.

D’origine lituanienne, je suis maman d’une fille de 3 ans que j’ai souhaité allaiter en France. L’allaitement maternel exclusif, à la demande et de longue durée est tout à fait considéré comme normal dans mon pays. Les femmes de mon entourage à savoir mes 3 soeurs, mes cousines, mes amies ont allaité leurs enfants pendant 2 ou 3 ans. Pour moi, il s’agissait de quelque chose de naturel, et je n’ai même pas envisagé d’autres possibilités. Allaiter était une évidence.

Avant la naissance de ma fille je ne me suis pas préparée particulièrement. Toutefois, j’ai lu un livre concernant l’allaitement que ma soeur m’avait donné pour libérer sa bibliothèque. Cela me permettait d’en savoir davantage sur les bienfaits de l’allaitement, mais cela n’a pas vraiment influencé mon choix.

Ma fille est née le 2 Novembre 2016 et je l’ai allaitée exclusivement pendant 2 ans. C’était une période assez longue, pas tout le temps simple, mais très belle !

La tétée était un moment très intime et agréable pour nous deux, plein d’amour et de chaleur. Ma fille s‘endormait au sein, se tranquillisait en tétant si elle ne se sentait pas bien ou avait mal. La tétée lui a apporté beaucoup de sécurité, de plaisir, et d’apaisement. Pour ma part, j’aimais ce contact avec ma fille. Même si pendant cette période j’ai parfois manqué de sommeil, je me suis sentie plus détendue, heureuse et en harmonie. Quand ma fille a eu 1 an, j’ai croisé une amie que je n’avais pas vue depuis presque deux ans. Elle m’a trouvé plus belle qu’avant ma grossesse ! On dit que l’allaitement sert à répondre au besoin affectif (de chaleur, d’amour, de sécurité) de l’enfant, mais je suis persuadée que cela contribue aussi au bien-être de maman.

Toutefois, pendant cette période, j’ai rencontré certaines difficultés. Premièrement, j’ai manqué d’accompagnement dans ce projet. En effet, le personnel médical était bienveillant et a essayé de m’aider, mais malheureusement les conseils qui m’étaient donnés n’ont pas marché. Comme beaucoup de jeunes mamans j’ai été confrontée à des problèmes de lactation en les suivant.

Ma montée du lait n’ a eu lieu que le quatrième jour après l’accouchement. A l’hôpital où j’ai accouché, le personnel m’avait conseillé de ne pas laisser ma fille plus de 10 minutes au sein, pour ne pas risquer d’abîmer mes mamelons. De plus, elle dormait beaucoup la journée. Le troisième jour, elle avait perdu plus que 10 % de son poids de naissance. Par conséquence, le personnel m’a indiqué de lui donner un biberon de lait en poudre au lieu de simplement mettre mon enfant plus souvent au sein pour favoriser la lactation. Finalement, je suis sortie de l’hôpital le cinquième jour en allaitant exclusivement, mais mes problèmes de lactation ne se sont pas arrêté là.

A trois semaines, ma fille a commencé à faire des nuits de 7 heures ce qui semblait très bien au premier abord. J’étais contente de pouvoir bien dormir la nuit. Tout le monde m’a félicité, et estimé que c’était très bien. Par contre, ma famille et mes amies se montraient étonnées, car dans mon pays, en général, les enfants de cet âge (et même la plupart de l’âge d’1 an) ne font pas leurs nuits.

Par conséquent, à l’âge de 2 mois j’ai commencé à manquer de lait et ma fille ne prenait plus assez de poids. Le pédiatre comme le personnel de PMI m’ont conseillé de ne pas la réveiller la nuit et de favoriser la relactation en tirant mon lait plusieurs fois par jour après la tétée. Mais malgré ces efforts, les résultats n’ont pas été au rendez-vous. Finalement, j’ai résolu ce problème en réveillant ma fille 2 nuits d’affilée pour qu’elle tète. Dès le lendemain j’ai remarqué avoir plus de lait et ma fille a recommencé à prendre suffisamment de poids.

Paradoxalement, dans ce projet j’étais mieux accompagnée par ma famille n’ayant pas les connaissances reconnues dans ce domaine que par les professionnels de santé consultés à cette époque. C’étaient mes soeurs qui m’ont conseillé de laisser mon enfant le plus longtemps possible au sein après l’accouchement, de ne pas donner d’autre type de lait et réveiller ma fille la nuit pour qu’elle tète. Grâce à elles, je suis arrivée à résoudre tous ces problèmes et continuer mon allaitement.

Plus tard, j’ai eu l’impression que l’allaitement de longue durée n’est pas bien vu dans la société française. Ma belle-famille française était étonnée que j’allaite aussi longtemps. Il m’est arrivé d’entendre des commentaires désobligeants de la part de femmes âgées quand j’allaitais ma fille alors âgée de 11 mois au terrain de jeux. Le fait d’allaiter un enfant de 2 ans a choqué mon médecin généraliste, ainsi qu’un dermatologue et un dentiste que j’ai consultés à l’époque. De ce fait, j’ai commencé à éviter de l’allaiter dans les endroits publics et d’en parler spontanément.

Mais à part ces petites difficultés et quelques regards pas toujours bienveillants, je trouve mon projet d’allaitement réussi. Cette expérience unique nous a apporté beaucoup d’émotions positives et a permis d’établir une relation particulière. Je sais que j’allaiterai aussi mon deuxième enfant !

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Mon allaitement ou la puissance de mon instinct https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-ou-la-puissance-de-mon-instinct/ https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-ou-la-puissance-de-mon-instinct/#respond Tue, 06 Jul 2021 08:46:24 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2194 Merci à Juliette, 27 ans, maman d’une petite Lise, pour son témoignage. Maman d’une petite fille de 20 mois (déjà), j’ai vécu de grands chamboulements depuis sa naissance. J’ai souffert d’une dépression post-partum, qui a ensuite laissé place à une très longue et profonde « matrescence ». Des mois compliqués au cours desquels j’ai eu du mal … Continuer la lecture de Mon allaitement ou la puissance de mon instinct

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Merci à Juliette, 27 ans, maman d’une petite Lise, pour son témoignage.

Maman d’une petite fille de 20 mois (déjà), j’ai vécu de grands chamboulements depuis sa naissance. J’ai souffert d’une dépression post-partum, qui a ensuite laissé place à une très longue et profonde « matrescence ». Des mois compliqués au cours desquels j’ai eu du mal à être en phase avec moi-même et mon entourage. Mais si je me suis posée mille et une questions – et que je m’en pose toujours d’ailleurs -, il y a bien un sujet sur lequel je n’ai jamais douté : je souhaitais allaiter mon enfant, et le faire aussi longtemps que chacune de nous y prendrait du plaisir.

Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer. A vrai dire je ne me suis jamais posé la question. La puissance de l’instinct certainement. J’ai eu de la chance d’être entourée de personnes merveilleuses : sages-femmes, puéricultrice, consultante en lactation. Et aussi mon mari. Tous ont contribué à la réussite de mon allaitement. Pour la mise en route, pour aider à positionner ce bébé goulu qui n’ouvrait pas assez grand la bouche, pour m’informer sur l’existence des pics de croissance. Et le plus souvent, simplement pour me redonner confiance en moi dans les moments de doutes. Parce que oui il y en a eu : les crevasses, la reprise du travail, les pics de croissance, la fatigue, les baisses de lactation. Mais pour mener à un bien cet allaitement, je me suis surpassée et je me suis découvert une force exceptionnelle.

L’allaitement a en effet été une réelle révélation pour moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai mené un projet en parfaite adéquation avec mes envies profondes, en ayant la conviction de faire ce qui était juste pour moi et pour mon enfant. Et surtout, j’ai réussi à faire fi de toutes les réflexions et incompréhensions de mon entourage (Eh oui, moi aussi j’ai eu le droit au traditionnel : « Tu ne vas quand même pas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ? »). Comment ? Pourquoi ? Tout simplement parce que j’étais en accord avec moi-même, que mon mari me soutenait et que ma fille prenait autant de plaisir que moi à partager ces instants privilégiés. Je ne me suis jamais sentie agressée même lorsque les remarques étaient un peu moqueuses ou clairement porteuses d’un jugement. Le sujet de mon allaitement n’a jamais été source de conflit parce que j’étais en paix avec mon choix. Mais je peux aussi tout à fait comprendre qu’ils soulèvent des interrogations et de la surprise autour de moi. J’ai donc toujours été capable d’y répondre sereinement.

Attentive aux autres en temps ordinaire, ma maternité et l’allaitement ont accru mon empathie. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais porté aucun jugement sur mes amies, et sur aucune femme d’ailleurs, n’ayant pas allaité (par choix ou non). Au contraire, lorsque je décelais une certaine culpabilité chez elles à sortir un biberon alors que ma fille prenait le sein, je les rassurais. L’essentiel c’est d’être en accord avec soi-même, de faire ce qui nous a semblé juste à un instant donné. La tempête émotionnelle que l’on traverse en devenant mère est déjà bien assez intense, sans avoir à s’imposer quelque chose qu’on n’a pas envie de faire (allaiter pour elles ; arrêter d’allaiter au moment de la reprise du travail pour moi par exemple). Elles n’ont pas voulu allaiter ? Aucun souci. J’allaite toujours alors que ma fille a 20 mois ? Aucun problème.

La maternité m’a profondément transformée. Beaucoup de bonheur mais aussi des moments plus compliqués. Car non la parentalité n’est pas un long fleuve tranquille. Eh oui, nous avons le droit de le dire. Mon allaitement m’a permis de me (re)connecter avec moi-même et de vivre de manière plus apaisée toutes ces transformations. J’ai surmonté une dépression du post-partum. J’ai tiré mon lait pendant un an, parfois en tenant la pompe dans une main, le téléphone calé sous l’oreille tout en tapant sur mon clavier. J’ai transporté ma valise avec mon tire-lait plusieurs fois par semaine. C’était sportif, chronophage mais je ne l’ai jamais considéré comme un fardeau. C’était mon choix, ma décision. Je suis fière de mon allaitement mais aussi du cheminement que j’ai accompli grâce à lui. Au-delà de mon immense fierté d’avoir nourri ma fille, et de continuer à le faire, je suis émue d’avoir réussi à m’écouter et me respecter pleinement.

Alors aujourd’hui c’est surtout moi-même que je tiens à remercier. Ou plutôt mon instinct- animal ? maternel ?- je ne sais pas. Mais quoi qu’il en soit, il m’aura permis de vivre l’une des plus belles aventures de ma vie et de me redécouvrir. Alors mille mercis à toi d’avoir su prendre le dessus. Et s’il te plaît continue de le faire encore et encore, j’ai tellement envie de te (me) faire confiance aujourd’hui.

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Témoignage authentique d’un allaitement dit long https://www.leblogallaitement.com/temoignage-authentique-dun-allaitement-dit-long/ https://www.leblogallaitement.com/temoignage-authentique-dun-allaitement-dit-long/#respond Thu, 03 Jun 2021 13:55:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2182 Témoignage de Florie, sage-femme libérale, maman de 2 enfants. Elle tient à accompagner les jeunes mamans , libérer la parole sur les difficultés et la pression que les mamans doivent supporter. Dès le début de ma première grossesse, j’ai su que je voulais que mon bébé soit allaité. La première tétée a été magique, encore … Continuer la lecture de Témoignage authentique d’un allaitement dit long

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Témoignage de Florie, sage-femme libérale, maman de 2 enfants. Elle tient à accompagner les jeunes mamans , libérer la parole sur les difficultés et la pression que les mamans doivent supporter.

Dès le début de ma première grossesse, j’ai su que je voulais que mon bébé soit allaité. La première tétée a été magique, encore au coeur de l’émotion de l’accouchement, de cette découverte incroyable du visage de son bébé, de sentir son petit corps sur mon ventre et non plus dedans. Et la jolie surprise de découvrir que l’on venait d’accueillir notre première petite fille. La tétée de bienvenue s’est très bien passée, la miss a tétée dès le début comme une chef. J’ai la chance d’avoir eu deux allaitements qui ont démarré sans difficulté. Dès les premiers jours j’ai pu profiter de mon bébé collé à moi et lui offrir les tétées à volonté sans appréhension. Sans me fixer d’objectif ou de limites, je me disais que ce serait difficile pour moi si l’allaitement devrait s’arrêter avant 6 mois. Cette période est passée à tout vitesse et nous voilà à fêter le demi anniversaire de la princesse. La question du sevrage ne s’est pas posée. Tout se déroule si naturellement que je me suis mise à rêver d’un allaitement de 9 mois, puis pourquoi pas un an ?

Voir son bébé grandir au sein est une expérience extraordinaire, nous grandissons ensemble, moi en tant que maman, elle en tant que petit être. Les premières tétées sont une découverte, de nouvelles, sensations, de nouvelles responsabilités, des nouvelles craintes et angoisses également. Je revois ce petit bébé tentant d’attraper un mamelon trop grand pour elle, les premières photos sur lesquelles sa tête est plus petite que le sein en pleine expansion. Puis nous prenons nos marques, ces petits gestes réfléchis et hésitants laissent peu à peu place à une routine et une complicité entre nous deux. Les positions d’allaitement si importantes pour le démarrage deviennent plus acrobatiques au fil des mois. L’allaitement “à la demande” aux premières semaines nécessite que l’on devine quand bébé a faim, ou réclame un peu de réconfort. L’allaitement à la demande avec un bébé qui sait s’exprimer, se déplacer, nécessite d’être disponible quand bébé vient réclamer ses “tétée tétée“.

Je n’ai jamais été confrontée aux remarques de proches ou d’inconnus sur mon allaitement. Pourtant j’ai eu l’impression de l’allaitement “long” n’était pas justifié. Je n’ai jamais été à l’aise à l’idée de devoir allaiter en public. Je prône la liberté d’allaiter ou on veut et quand on veut, je suis attendrie lorsque je croise un bébé qui tète mais j’ai toujours eu la crainte de devoir faire face à des remarques désobligeantes. Plus mes enfants grandissaient plus je “cachais” mon allaitement, je me faisais discrète pour ne pas attiser des discussions.

J’ai été très fière et rassurée de pouvoir apaiser mon enfant en la mettant au sein. Ce réconfort est tellement efficace et évident lors de petits ou gros bobos, de petits ou gros chagrins, de stress, de peurs ou désamorcer une situation de tempête émotionnelle compliquée.

A ses un an, j’ai eu une remise en question. Ne sachant pas s’il était normal ou acceptable qu’elle soit toujours au sein. Au fond de moi il m’était impossible de me résoudre à la priver de ces moments qu’elle réclamait tant et qu’elle semblait bien apprécier. Je m’étais préparée au fait qu’elle arrêterait un jour, mais jamais au fait que je devrais la sevrer. Alors on a continué, les tétées sont devenues plus rares à certains moments mais malgré tout quotidiennes.

Quand elle a eu 15 mois nous avons décidé d’agrandir la famille. La question s’est vite posée de savoir si je continuerais l’allaitement pendant la grossesse, il m’était très difficile d’envisager le co allaitement mais encore plus de lui imposer le sevrage.

A ma grande surprise, elle a tétée moins souvent une journée, puis plus du tout le lendemain, pour ses 16 mois. Ce fût pour moi un soulagement car depuis quelques jours les tétées étaient devenues douloureuses, j’appréhendais ce moment. La semaine suivante je découvrais que son petit frère s’était déjà installé.

L’allaitement de ce 2ème bébé était une évidence. Je savais dès le début que cet allaitement serait un allaitement dit long. J’espérais lui offrir au moins autant que sa soeur. Nous avons donc tout mis en place pour surmonter les quelques difficultés que nous avons rencontrées : candidose à 6 mois, confusion biberon/sein à 10 mois… et les mois sont passés naturellement. Le cap des 16 mois est arrivé et bébé ne se décidait pas à arrêter. Je lui laissais jusqu’à ses 18 mois pour arrêter les tétées. Bien que je fusse toujours décidée à lui laisser choisir le moment de son sevrage, beaucoup de questions se bousculaient, j’appréhendais qu’on m’en parle et que l’on porte un jugement. Je me suis posée des limites, 20 mois puis 24 … Sans jamais parvenir à mettre en place un sevrage efficace. Finalement il prendra sa dernière tétée à un peu plus de 27 mois.

Je suis extrêmement fière de ce parcours. Je souhaitais partager cette expérience extraordinaire d’une part pour démocratiser non seulement l’allaitement mais aussi l’allaitement long et d’autre part pour transmettre le message aux mamans de toujours écouter leur instinct le plus profond.

Il faut savoir lâcher prise, se faire confiance et faire confiance à son bébé. Vous savez que vous lui apportez le meilleur. Si l’arrêt de l’allaitement vous semble prématuré c’est certainement qu’il l’est. Si vous vivez mal le sevrage de votre bébé, que vous ressentait une grande frustration, de la tristesse c’est que le temps n’est pas encore venu. Les tentations d’induire un sevrage sont revenues à plusieurs reprises. Mais chaque fois mon enfant me montrait à quel point c’était important pour lui de continuer.

Le sevrage naturel du petit humain est estimé entre 2 ans et demi et 7 ans. Chaque enfant chaque maman doit respecter son rythme et ses limites. Je vous encourage à vivre pleinement votre allaitement. Sachez vous entourer de personnes bienveillantes et compétentes pour vous accompagner dans les difficultés que vous rencontrerez tout en respectant vos choix et vos désirs.

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Caries précoces chez un jeune enfant allaité https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/ https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/#respond Tue, 06 Apr 2021 08:20:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2141 La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation … Continuer la lecture de Caries précoces chez un jeune enfant allaité

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La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation d’allaitement en Guadeloupe notamment. Elle nous parle aujourd’hui des caries du jeune enfant.

Une incisive qui se casse non loin de la gencive, presque comme si on l’avait sciée, une autre qui s’abîme avec une zone paraissant toute molle, jaune ou plus foncée et tirant vers le marron, des surfaces et tâches blanchâtres comme de la craie aux contours friables : vous voilà complètement déroutée et inquiète devant l’apparence des dents de votre enfant.

Votre bébé allaité présente des caries, devez-vous le sevrer ?

Vous réalisez que votre enfant allaité présente des caries et votre premier réflexe, à juste titre, est de consulter un pédodontiste ou un chirurgien-dentiste pour lui confier la prise en charge.

Dans un second temps, et en plus des soins réalisés, vous vous orientez peut-être vers une consultante en lactation parce que l’un ou l’autre de vos référents de santé aura désigné l’allaitement comme cause possible, ou vous aura demandé de sevrer, ce qui mérite bien un accompagnement car ni vous, ni votre enfant n’y étiez préparés.

Si, pour les consultant(e)s en lactation, les caries précoces de l’enfant constituent un motif relativement rare de consultation, il n’en demeure pas moins un. Et ces professionnel(le)s sont compétents pour vous apporter un soutien et des informations adéquats. Dans le cas de figure où une consultation individuelle n’est pas envisageable pour vous, voici quelques repères qui pourraient vous aider et qui vous sont transmis pour tenter d’éclairer la situation. Je mobilise à ce titre ma double compétence de docteur en chirurgie-dentaire, dont j’ai cessé l’exercice, et de consultante en lactation IBCLC, exercice auquel je me consacre à temps plein depuis 9 ans. Je me permettrai ensuite d’ajouter mon regard de mère à cette double compétence.

Le syndrome du biberon retrouvé chez l’enfant allaité ?

Force est d’avouer que pour le chirurgien-dentiste, il est bien tentant d’associer chez le tout petit allaité le communément nommé « syndrome du biberon » avec l’apparition d’une atteinte précoce des dents de lait. A la surprise du professionnel, le tout petit est peut-être d’ailleurs « encore allaité » à 13, 15, 18, ou même 24 mois. Il se trouve même médaillé de surcroît d’enfant « qui tète encore la nuit ! ». Et pourtant… ce raccourci est bien vite pris !

Les composants du lait maternel ont un effet protecteur

Certes, le lait maternel est sucré. Pour autant, le pH salivaire après une tétée n’est pas aussi acide qu’après un repas solide ou un biberon de préparation pour nourrissoni. Et la lactoferrine, pour ne citer que ce composant bien étudié, s’oppose au développement des bactéries impliquées dans la carie dentaire. La liste est longue pour mener une réflexion approfondie qui ne va pas dans le sens d’un pouvoir hautement cariogène du lait maternel.

La lecture des études scientifiques ne permet actuellement pas d’établir la preuve d’un lien de cause à effet entre l’allaitement au-delà d’un an, y compris la nuit, et l’apparition de caries précoces. En ce sens la CoFAM a publié des recommandations concertées pour la bonne santé bucco-dentaire du tout-petit, rédigées en collaboration avec la faculté d’odontologie de Nancy.

Les tétées nocturnes comme facteur aggravant et non prédisposant

J’ai été confrontée professionnellement à ces bambins qui sont amenés à consulter à la fois très jeunes (2-3-4 ans) et à la fois tardivement en fait car l’échange avec les parents, lorsque la question leur est posée(!), évoquait le plus souvent une dent de couleur inhabituelle dès son éruption, soit à 6 mois, ce qui devrait idéalement constituer un motif de consultation à cet âge. Cette suggestion rejoint d’ailleurs pleinement les recommandations de l’UFSBD qui met l’accent d’emblée sur l’existence d’émails anormalement formés repérables entre 6 et 12 mois (la fenêtre courante de l’éruption des incisives temporaires). Si tel est le cas, on peut aussi suggérer que des tétées nocturnes ne seront pas une cause mais un facteur aggravant sur un terrain destiné à développer une maladie carieuse tôt ou tard. Cela oriente le soutien dont vous avez besoin vers des soins appropriés, des mesures d’hygiène buccale et dentaire adaptées et sur-mesure et une surveillance fréquente car les soins apportés peuvent perdre leur herméticité rapidement lorsque les tissus sont anormalement constitués. Il ne sera pas alors forcément question d’envisager un sevrage soudain.

À ce regard s’ajoute mon expérience de mère.

Mon premier enfant allaité au-delà de deux ans, et la nuit jusqu’à 20 mois, n’a développé aucune carie et ses dents étaient parfaitement constituées. Lors de l’éruption de la première incisive de mon deuxième enfant, au moment où seulement quelques millimètres passent le bord de la gencive et que l’on s’extasie de cette étape du développement, j’ai pu remarquer un émail anormal, poreux qui, c’était évident pour mes yeux professionnels, allait se carier rapidement, tétées nocturnes ou pas. C’est ce qui s’est produit et il a été soigné alors qu’il n’avait que 10 mois ce qui a permis de s’acheminer vers la dentition définitive dans des conditions acceptables, certains soins étant à renouveler tous les ans.

Peu informée à l’époque, j’ai négligé l’événement sans plus d’investigations. C’est lorsque le problème s’est de nouveau présenté pour mon troisième enfant, qui d’ailleurs ne tétait pas la nuit depuis ses 5 mois, que j’ai décidé de prendre en compte sérieusement cette anomalie et je me suis aperçue que j’étais sévèrement carencée en vitamine D. Je ne me supplémentais pas car je vivais alors dans une zone ensoleillée sans me rendre compte que je ne recevais pas assez de ce soleil – nous sommes nombreuses à commettre cette erreur !, alors qu’avant mon premier enfant né dans une zone peu ensoleillée j’avais été très observante sur ma supplémentation. N’avais-je pas à l’époque d’autres carences ayant perturbé toutes les interactions nécessaires à la minéralisation ? Difficile de le dire a posteriori.

Parallèlement, une de mes consœurs a décidé de demander des bilans sanguins aux enfants et aux mères d’enfants touchés par des caries précoces. Tous présentaient une carence en vitamine D et provenaient de groupes de population qui avaient été réticents à donner la vitamine D prescrite. Loin de vouloir en faire une preuve, il serait intéressant d’explorer cette piste et d’autres encore dans les recherches mais également individuellement dès lors qu’un bambin présente ce type d’atteinte carieuse avec une dystrophie évidente de l’émail. Une hypothèse qui serait à creuser également est celle de l’exposition à certains polluants dont on sait qu’ils peuvent entraîner des malformations dentaires et des troubles de la minéralisation dentaire lorsque la mère présente des taux élevés durant la grossesse.

J’ai plus tard suivi au cabinet dentaire des enfants présentant ces caries traçantes (d’apparition précoce et de propagation rapide). Les recevoir précocement permettait de réaliser patiemment les soins, d’adapter les gestes avec les parents, d’adresser vers les médecins nutritionnistes et micro-nutritionnistes et d’éviter le sevrage. Une fois ces dents soignées, les enfants ont pu évoluer sereinement avec un suivi très rapproché. Aussi ténue que soit cette expérience, elle a apporté beaucoup de réconfort à tous sans éluder les soins nécessaires.

Programmer une visite au cabinet dentaire dès 6 mois

La recommandation de l’UFSBD de programmer une visite au cabinet dentaire dès l’âge de 6 mois, ou dans tous les cas à partir de l’éruption des premières dents, se justifie pleinement et permettrait de repérer précocement les dents et zones susceptibles d’être victimes d’une atteinte rapide, évitant ainsi probablement des destructions totales de la dent par fracture au niveau des zones de minéralisation anormales (ce que l’on voit régulièrement lorsque l’enfant est présenté vers l’âge de 2 ou 3 ans). À l’heure actuelle, tous ces axes et pistes évoqués sont les seuls connus et probants pour offrir à votre enfant la meilleure santé possible sans remettre en question l’allaitement.

Pour en savoir plus :

UFSBD : https://www.ufsbd.fr/espace-grand-public/votre-sante-bucco-dentaire/bebes-enfants/

CoFAM: https://www.coordinationallaitement.org/images/publications/CC_Synthese_Recommandations_pour_une_bonne_sante_bucco.pdf

Recommandations en vigueur sur la supplementation en vitamine D : http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/referentiels-d-origines-diverses/apercu?path=ANSES%2BAgence%2BNationale%2Bde%2BScurit%2BSanitaire%252FNUT2013SA0240Ra.pdf&i=10079.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2528780/

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-02/utilite_clinique_du_dosage_de_la_vitamine_d_-_note_de_cadrage.pdf

i: Avila, Walesca M et al. “Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis.” PloS one vol. 10,11 e0142922. 18 Nov. 2015, doi:10.1371/journal.pone.0142922

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L’allaitement m’a donné confiance en moi https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/#respond Thu, 18 Mar 2021 17:33:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2152 Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je … Continuer la lecture de L’allaitement m’a donné confiance en moi

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Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

Elle nous relate son premier allaitement.

En décembre 2014, j’ai accouché de mon premier enfant, Tim. Jusque-là, j’avais toujours imaginé que je donnerai le biberon comme on me l’avait toujours conseillé, pour une question de liberté de la femme !

Devenir maman m’a permis de me relier à mon corps, à mes aspirations profondes.

Quel genre de maman voulais-je devenir, moi ?

C’est en me posant cette question que l’allaitement s’est naturellement présenté à moi. J’ai offert le sein à mon nouveau-né et il l’a pris jusqu’à ses 2 ans et demi.

Dans notre couple, cela n’a pas posé de problème : mon compagnon était heureux de cette relation qui s’est instaurée entre mon fils et moi. En revanche, j’ai constaté que mon allaitement faisait parler beaucoup mon entourage : j’ai entendu les craintes de ma mère, que j’étais esclave de mon enfant, que je n’avais pas de liberté, que je montrais mes seins à tout le monde, que je prenais la place du père…

Je ne pouvais pas sortir sans que quiconque me fasse une remarque sur l’allaitement !

Qu’importe ! j’ai réussi à m’écouter, et tout s’est installé progressivement. Aucune honte à donner mon sein en public, à tirer mon lait, à demander au papa de donner un biberon de mon lait stocké quand j’étais épuisée ou que je sentais qu’il voulait participer…

J’ai pu ainsi établir une relation très proche et instinctive avec mon enfant. C’était magique !

J’ai découvert mon corps : la montée de lait, sentir le lait passer à travers mon téton, entendre le bruit de la succion et voir mon enfant me regarder droit dans les yeux, sentir tout cet amour passer entre nous. Une relation très animale. J’ai aimé me connecter à cet instinct féminin primal. Connaître mon corps, me reconnecter à mon cycle féminin : avoir plus ou moins de lait selon l’avancée de cycle menstruel, mieux connaître mes seins, prendre soin de ma peau… découvrir le fonctionnement de mon enfant, comprendre ses pleurs, les différencier, y apporter une réponse adaptée… m’a donné confiance en moi !

Évidemment, j’ai rencontré des doutes : dès la maternité, alors que mon enfant tétait presque tout le temps et pleurait beaucoup. Je me demandais que faire. C’est alors que les sages-femmes de garde de la maternité, mal formées à ce sujet, m’ont immédiatement proposé un biberon et une tétine. J’ai accepté par non connaissance.

Heureusement, la sage-femme qui m’a suivie pendant ma grossesse et jusqu’à mon accouchement m’a rendu visite le lendemain et m’a tout expliqué. Dès lors, j’ai pu être à l’écoute de mon enfant, patienter et attendre la fameuse montée de lait ! Quelle expérience !

Par la suite, de nombreux doutes m’ont encore assailli : mon enfant régurgitait beaucoup.

Heureusement une personne de mon entourage m’a conseillé une merveilleuse consultante en lactation IBCLC. Je n’avais jamais entendu parler de cette profession. J’ai décidé de l’appeler et elle m’a proposé une téléconsultation par Skype pour répondre à mon urgence. A cette époque, j’avais acheté des bouts de sein en silicone car j’avais mal. J’ai allaité mon bébé devant elle par écran interposé et elle a su immédiatement me conseiller. Elle m’a guidée pour changer de position et enlever cet outil qui faisait barrière entre mon sein et la bouche de mon enfant. J’ai eu confiance et c’était reparti ! Ça a continué pendant 2 ans et demi… ! Avec joie et amour !

Lorsque mon fils a grandi, je n’avais aucune envie d’arrêter cet allaitement si heureux. Je recevais encore et toujours des commentaires : « Ton fils est trop grand. Il ne va jamais te lâcher. Tu vas en faire un homosexuel (!). Tu n’es pas libre… ». A la PMI, on m’a même conseillé de voir une psy ! Malgré ces remarques, j’ai continué. Je me souviens avoir cependant rencontré une puéricultrice qui m’a dit une phrase très juste : « Si ça vous fait plaisir à tous les deux, alors écoutez-vous ! ». J’ai suivi son conseil à la lettre.

J’ai identifié quelles tétées étaient nécessaires et celles qui ne me faisaient pas plaisir voire me faisaient mal. J’ai été à l’écoute de mes sensations physiques : j’ai appris à dire stop, à réguler les demandes trop fréquentes. J’ai pu parler à mon fils et ainsi diminuer au fur et à mesure, conservant ainsi la tétée des retrouvailles le soir, pour s’endormir et celle du réveil… Puis, avec la diversification alimentaire, tout s’est mis en place progressivement.

Et 22 mois plus tard, sa petite sœur, Apoline est née. Mon fils a continué à téter pendant ma grossesse et quelques temps plus tard aussi malgré les commentaires réprobateurs de mon entourage effrayé. Mes enfants ont ainsi été co-allaités et ma fille n’a manqué de rien. Depuis, ils sont très proches. J’ai pu ainsi, arrêter tranquillement l’allaitement de mon fils pour laisser la place à ma fille uniquement. Aujourd’hui, j’ai sevré mes deux enfants. Tout s’est bien déroulé, avec amour et bienveillance.

Je suis fière de moi, de cette aventure et heureuse de m’être écoutée ! ça m’a donné beaucoup de force ! Mes amies viennent même vers moi pour me demander conseil lorsqu’elles décident d’allaiter à leur tour…

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La maladie est un passage https://www.leblogallaitement.com/la-maladie-est-un-passage/ https://www.leblogallaitement.com/la-maladie-est-un-passage/#respond Thu, 24 Oct 2019 12:17:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1993 Voici le témoignage d’Hortense, maman de Charlotte et Edouard, et de Juliette. Une petite boule qui roule sous le sein, et le verdit qui tombe ; c’est un cancer. Et comme par hasard toutes les copines, elles, font un bébé au même moment. Alors on pleure beaucoup et on se soigne. Sérieusement. La maladie n’est pas … Continuer la lecture de La maladie est un passage

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Voici le témoignage d’Hortense, maman de Charlotte et Edouard, et de Juliette.

Une petite boule qui roule sous le sein, et le verdit qui tombe ; c’est un cancer. Et comme par hasard toutes les copines, elles, font un bébé au même moment. Alors on pleure beaucoup et on se soigne. Sérieusement.

La maladie n’est pas un état mais un passage. La vie regagne du terrain lentement, lentement… Et 8 ans plus tard il est temps d’y croire, croire que ce corps peut maintenant porter la vie.

Et le premier cadeau, ce sont de beaux jumeaux. Charlotte et Edouard. Second cadeau royal lorsque j’apprends que, malgré la maladie, je peux allaiter… avec un seul sein, mais qu’importe !  C’est un paradoxe, il me fait rire : quand la plupart des femmes ont deux seins et un enfant, moi j’ai deux enfants et un seul néné ! Evidemment, pour nourrir les morphales, c’est un peu sport…

Et puis… nouveau présent de la vie 5 ans plus tard. Ce n’est plus royal, c’est impérial. Une nouvelle petite fille, mais unique cette fois : une jolie Juliette. Mon premier souvenir, quand j’ouvre les yeux après un accouchement trèèèèès douloureux, c’est bébé Juliette qui cherche mon sein, comme un petit animal. Que j’ai aimé ce moment ! Que j’ai aimé cette animalité même qui nous reliait avec force, évidence et simplicité. Merci la vie, tu nous fais vivre des choses épatantes !

Ma fille, tu m’as fait pleinement maman. Cet allaitement nous a soudées à jamais. Il était évident pour toutes les deux malgré la difficulté au départ, le doute de pouvoir te nourrir avec un seul sein et aussi parce qu’on ne peut pas croire que ces seins dont l’un a été malade, l’autre peut aussi nourrir !

Dans 15 jours tu as un an et tu tètes toujours. Nous nous offrons ces moments de telle douceur où je suis toute à toi et tu es toute à moi. Merci d’être toi, merci à la vie de m’avoir offert tous ces cadeaux. Merci aux personnes qui nous ont encouragées et qui y ont cru aussi pour nous.

La maladie n’est pas un état mais un passage.

Un passage vers la guérison – mais aussi vers plus de vie. 

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Qu’est-ce que l’expérience d’ allaitement m’a apporté ? https://www.leblogallaitement.com/quest-ce-que-lexperience-d-allaitement-ma-apporte/ https://www.leblogallaitement.com/quest-ce-que-lexperience-d-allaitement-ma-apporte/#comments Tue, 20 Aug 2019 08:34:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1978 Témoignage de Claire, maman de Pia et de Lou. Quand je pense à l’allaitement de mes deux filles, tout mon corps se détend, j’ai des images plein la tête évoquant de la tendresse. En surface, je ne garde que les bons moments, et pourtant lorsque je creuse un peu, l’allaitement n’a pas toujours été un … Continuer la lecture de Qu’est-ce que l’expérience d’ allaitement m’a apporté ?

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Témoignage de Claire, maman de Pia et de Lou.

Quand je pense à l’allaitement de mes deux filles, tout mon corps se détend, j’ai des images plein la tête évoquant de la tendresse. En surface, je ne garde que les bons moments, et pourtant lorsque je creuse un peu, l’allaitement n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

L’allaitement me nourrit, me suffit

A la naissance de ma première fille, j’avais une envie irrépressible d’être auprès d’elle, de la sentir contre ma peau, de lui donner tout mon amour. En l’allaitant je me sentais vivante, pleine et généreuse, j’étais tout pour mon bébé et il était tout pour moi. Le sein était notre lien, le monde pouvait s’effondrer : j’étais comblée et ma fille aussi.

Avec ma deuxième fille, j’ai vécu ce même effet lune de miel : j’ai ressenti à nouveau la puissance du lien exclusif entre elle et moi. J’ai parfois éprouvé la culpabilité de repousser ma fille aînée, tellement le désir de fusion avec mon nouveau-né s’imposait. J’avais aussi l’impression d’évincer mon mari, je me sentais mante religieuse, cet insecte qui dévore le mâle après avoir été fécondée.

A chaque fois, il n’y avait que ma fille et moi, autour du sein.

En plus de cette relation de proximité physique, l’allaitement est venu réparer la relation torturée que j’ai avec moi-même. J’ai éprouvé dans le contact peau à peau des trésors de tendresse que je ne soupçonnais pas, j’ai réussi à découvrir en moi des qualités de mère nourricière que j’étais angoissée de ne jamais trouver. Grâce à ce lien de corps à corps, de cœur à cœur, j’ai contacté en moi la générosité, le don de soi, l’amour inconditionnel, la délicatesse, la douceur.

J’ai aussi découvert avec émerveillement que mon lait était une véritable potion magique. Un super-pouvoir que j’avais surnommé mon « milk power ». C’était le pansement le plus efficace, que j’appliquais partout. Les bosses, les brûlures, les égratignures, le nettoyage du nez, un panaris, un câlin, une grosse émotion, un pleur nocturne : mon lait était la réponse à tout.

Avec l’allaitement, je me sentais compétente, puissante, invincible même. C’était si gratifiant.

L’allaitement me gave, je le vomis

Et puis je me suis épuisée d’allaiter. Mon sein était devenu une sorte de recours automatique et sans âme, j’étais prisonnière d’un réflexe que j’avais moi-même instauré. Lorsque plusieurs mois durant j’ai rendormi ma fille au sein à chacun de ses réveils nocturnes (entre 5 et 10 !), j’en suis venue à détester cet allaitement qui m’enfermait.

J’entends encore le tonitruant et systématique « mets du lait ! » à chaque bobo de ma fille autour de ses deux ans, et je ressens vivement la vague d’exaspération qui me traversait alors. Le milk power devenait l’horreur, je nous engluais dans une addiction inquiétante : je ne pouvais plus me passer de l’allaitement, ma fille non plus, mais nous n’y trouvions plus vraiment de joie. C’était devenu une contrainte.

J’avais le fantasme de tout abandonner tellement cette relation m’étouffait et m’emprisonnait. Partager mon corps avec mon enfant devenait cauchemardesque, j’avais besoin de retrouver mes propres limites, mon corps de femme, mon espace physique et psychique.

Nous réinventons la recette

J’ai ressenti l’urgence de faire évoluer l’allaitement pour qu’il reste une relation satisfaisante pour nous deux, alors nous avons ensemble co-créé notre allaitement.

J’ai trouvé l’assertivité nécessaire pour sevrer ma fille de nuit, autour de ses 2 ans. J’ai accompagné sa frustration en lui répétant à chaque réveil nocturne cette phrase point de repère : « Lorsque les rideaux sont fermés, on dort. Quand la lumière est allumée, on peut téter ». J’étais à la fois déterminée et tranquille, et j’avais rarement expérimenté cette douce force intérieure auparavant.

C’est aussi grâce à l’allaitement que j’ai appris à me connecter à mes propres besoins, à dire oui ou non de façon claire et bienveillante, en étant à la fois en empathie pour ce qui se jouait à l’intérieur de moi, et ce qui se passait pour mon enfant. Au fil du temps, nous sommes passées de l’allaitement à la demande à l’allaitement négocié : j’avais besoin d’intimité, et nous nous sommes mis d’accord pour que les tétées se passent uniquement à la maison. Ma fille avait besoin de douceur autour des moments de sommeil et nous avons gardé les tétées du matin, du soir et de la sieste. Nous avions en famille besoin de connexion, et nous avons inventé un allaitement à trois : notre fille tétait allongée dans notre lit, et se détachait du sein pour jouer avec son papa, avant de se rattacher au sein et de téter à nouveau goulument.

L’allaitement était devenu notre projet commun.

Au final, de la fusion à la co-création en passant par la réparation et la frustration, l’allaitement m’a invitée à traverser toutes les étapes d’une relation amoureuse, un peu particulière.

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La fin d’un allaitement long https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/ https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/#comments Wed, 29 Aug 2018 12:41:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1813 Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle. Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? … Continuer la lecture de La fin d’un allaitement long

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Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle.

Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? Ai-je le droit d’être aussi triste que ces mamans qui ont subi le sevrage, soit parce que leur bébé l’a décidé, soit en raisons de difficultés ou de problèmes de santé ?

On ne peut pas s’empêcher de ressentir ce que l’on ressent, n’est-ce pas ? Je savais que quel que soit le moment, ce « passage » serait difficile, tôt ou tard. 3 ans m’a paru le bon moment. Ça fait déjà quelques mois que j’y pense. J’en ai parlé à mon petit, en lui disant que ce serait bientôt fini. Il l’entendait, mais n’était pas d’accord, bien sûr. Il tétait moins quand même, ne déglutissait que très peu, c’était devenu plus un rituel, un moment complice, que nutritif. Je pense que sur la fin il tétait volontairement d’une façon à ne pas provoquer la montée de lait. Quelqu’un a du lui dire, moi peut-être, que quand il aurait 3 ans ce serait fini, plus de tétées. Il l’a retenu, à chaque fois que, la date approchant, on lui parlait de son anniversaire, qu’il aurait bientôt 3 ans, il répondait « la tétée, c’est fini ».

J’avais bien déjà essayé d’arrêter, un soir, peut-être un peu lasse, voulant accélérer le temps du coucher, je lui ai dit, que le lait était devenu vieux, du « vieux lait ». Ce fut un échec, il m’a réclamé les jours suivant les tétées « violet » ! Et je ne voulais pas finir sur une image négative de l’allaitement, qu’il retienne que le lait n’était pas bon. Son inconscient aurait pu garder cette image et ternir ce souvenir, voire lui envoyer l’image que l’allaitement c’était mauvais et qu’il dissuade la future mère des ses enfants d’allaiter ! Bon, là, oui, j’ai un peu dramatisé, n’est-ce pas ? Je m’en suis quand même voulu d’avoir eu cette idée saugrenue.

Vint le fameux jour des ses 3ans. Je n’avais rien anticipé, emportée par le tourbillon de mille choses à penser sans cesse. Le matin, on a fait une tétée, comme d’habitude. C’est le soir que je me suis dit qu’il ne fallait pas manquer cette occasion, qu’il s’y était préparé. Au moment de la tétée, je lui ai proposé une histoire et j’ai ensuite enchaîné sur le rituel du coucher. Il n’a pas réclamé la tétée. Mais il s’est relevé plus tard, et a demandé à téter. Je lui ai dit qu’on ne pouvait plus, que c’était fini. Il n’a pas pleuré, il a plutôt sangloté mais c’était comme si il s’attendait à cette réponse. Il s’est malgré tout réveillé dans la nuit, a encore réclamé, sangloté,ce fut plus dur de refuser mais je me suis dit que si je cédais, il faudrait tout recommencer et que ce serait à chaque fois plus dur pour lui.

Le matin, mon mari me dit que d’arrêter d’un coup, c’était un peu dur quand même, non ? Et c’est ce que je me disais aussi : «  Quelle magnifique cadeau d’anniversaire je viens de lui faire, mais quelle horreur ! Il va associer anniversaire et perte affective. Quelle mauvaise mère je suis, je viens de gâcher le souvenir de 3 belles années d’allaitement… ».

Ici je remercie une des mes collègues qui m’a dit, que vu de l’extérieur, j’avais fait un sevrage idéal :Je m’étais préparé, je l’avais préparé, j’ai remplacé la tétée par un autre moment complice (lire une histoire, que j’avais fait exprès de ne pas encore inclure dans le rituel du soir, pour remplacer la tétée).

J’ai trouvé auprès de mes collègues une écoute qui m’a permis de parler de ma culpabilité et de mon sentiment de perte, peut-être plus facilement qu’avec mon mari, qui m’a toujours soutenu et accompagné , mais malgré sa bonne volonté, ne peut pas se mettre à ma place.

Quelques jours ont passé, j’ai tenu bon, il réclamait chaque matin et chaque soir, mais on sentait qu’il tentait sa chance, tout en sachant que ce n’était plus possible.

Je n’ai pas eu d’engorgements, ni aucun phénomène de ce genre, preuve qu’il avait déjà bien diminué les quantités.

Le week-end suivant, mon esprit tournait autour du sentiment d’avoir besoin d’un rituel de fin, de marquer ce passage, en commun avec mon conjoint. Pas des remerciements, j’en ai eu bien assez par tous ces beaux moments partagés, mais je n’avais pas encore bien défini ce dont j’avais besoin et n’en avait donc pas parlé. Et puis l’autre matin, mon petit qui s’approche de moi. J’ai pensé qu’il allait demander une tétée. A la place il plante son regard dans le mien et me dit: «Merci pour la tétée, maman».

Depuis, il n’a réclamé qu’une seule fois. Je reste un peu vide, mais c’est normal, c’est encore récent. Mais ce moment restera comme une belle fin, et je sais maintenant qu’il était prêt, peut-être plus que moi.

En tout, j’aurais allaité 6 ans ( 7 mois, 1 an, 18 mois et 3 ans). Cette période est finie, mais je suis fière d’avoir pu donner cette part de moi à mes petits.

[ Auteure ] : P.  une conseillère en lactation de Grandir Nature

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Une maman nous raconte son allaitement en vacances https://www.leblogallaitement.com/une-maman-nous-raconte-son-allaitement-en-vacances/ https://www.leblogallaitement.com/une-maman-nous-raconte-son-allaitement-en-vacances/#respond Thu, 16 Aug 2018 08:44:26 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1807 Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce … Continuer la lecture de Une maman nous raconte son allaitement en vacances

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Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce obligation !), pas de biberon, pas de petits pots, pas d’horaires fixes: une tétée pour s’habituer au nouvel environnement, des tétées pour attendre les repas, d’autres pour soigner les petits bobos de la vie en plein air. Nous nous sommes mis aux rythmes les uns des autres, oubliant les contraintes de la vie active. Après une année marathon, nous avons enfin pu dormir (cododo et allaitement ou comment ne pas se réveiller de la nuit et faire des nuits de 10 h à 12 h pendant 15 jours !).

J’étais tellement heureuse de venir pour la première fois en famille dans ce lieu qui m’a vue grandir ! Ce fut l’occasion de le présenter aux gens que nous connaissions sur place. Parmi ces personnes, il y a Sylvie*, je l’ai toujours vue dans son alpage. Chaque été, elle monte en altitude avec sa famille (mais ses enfants sont partis depuis longtemps), un troupeau de vaches, un troupeau de chèvres et son chien. Elle vit là-haut, au rythme de ses bêtes dont elle vend les fromages aux promeneurs.

Alors que je lui présentais Petit Loup, la conversation s’est engagée autour du lait : non, je n’allais malheureusement pas lui prendre de fromage au lait de vache cette année, Petit Loup étant intolérant. Elle a insisté : je pouvais bien en prendre un pour mon compagnon et moi-même, pas besoin de d’en donner à notre fiston. Poussée dans mes retranchements, je lui ai révélé la poursuite de mon allaitement.

Apprenant ça, Sylvie m’a toisée d’un œil connaisseur et surpris à la fois, puis elle m’a lancé : “eh bah, t’es une bonne laitière toi !!” Je suis restée un moment sans réagir, ne sachant trop que penser. C’est alors seulement qu’elle m’a expliqué avec une pointe de nostalgie que, pour elle, ses allaitements avaient tourné court assez rapidement faute de lait (et de bons conseils ?). C’était donc un compliment, légèrement teinté d’envie ! Le plus étrange des compliments que j’aie reçu jusqu’ici… et finalement, à mes yeux, l’un des plus beaux : une sorte de reconnaissance, sans jugement, de cet allaitement qui se poursuit dans la durée, bien au-delà de ce qu’elle a connu avec ses propres enfants !

Un dernier instant de vacances pour Petit Loup avant la reprise du travail

Mon Petit Loup a 14 mois. Il a tellement grandit pendant l’été ! Lorsqu’il est arrivé sur notre lieu de vacances, il marchait à quatre pattes et il est reparti sur ses deux jambes. Il a poussé d’un seul coup et a découvert tant de choses… C’est devenu un vrai petit garçon, tout le monde me le dit. Et moi, face à ce bébé devenu “grand”, je sens un léger malaise me gagner à l’idée de le faire téter en public. J’essaie de plus en plus de différer ses demandes.

Mais voilà, c’était un lundi, de retour à la vie citadine. Nous avions encore des montagnes plein la tête, mais il fallait déjà commencer la période d’adaptation chez la nouvelle assistante maternelle. La journée avait été chargée en émotions : premiers moments de garde, première promenade avec Petit Loup à pieds dans la rue… Son sommeil ne venait pas, trop d’agitation. J’en ai profité pour sortir encore une fois : il me fallait aller signer un document, une erreur administrative, c’était urgent. J’étais stressée, pressée : il y avait ça et puis les courses : qu’allait-on manger le soir ? et puis le bain, pas pris la veille. Et ses petites griffes acérées à couper pour qu’il ne griffe pas son petit copain de garde. Mais Petit Loup traînait la patte : trop fatigué, il n’avait plus envie de marcher. Je l’ai pris dans mes bras, mais alors que je m’attendais à ce qu’il s’effondre sur mon épaule, il s’est précipité pour réclamer une tétée ! Une de ces demandes impérieuses qui n’attendent certainement pas le retour à la maison. J’ai regardé autour de moi, je ne voyais que la rue, des trottoirs, des voitures : où s’installer ? Un instant, j’ai été prise de panique.

Et c’est là que j’ai (re)découvert ce tout petit square : un bac à sable entouré de quelques bancs, le tout isolé du reste de la ville par de grands bosquets fleuris. Aucune hésitation, c’était notre endroit ! Je me suis assise avec lui, et tant pis pour le reste. J’ai prévenu mon compagnon qu’on ne tiendrait pas le programme, qu’il prenne le relais. J’ai ralenti, pris le temps de respirer, de profiter du moment. Petit Loup a tété goulûment, ça a duré quelques minutes de douceur, blotti contre moi. C’était l’heure de sortie de bureau, l’heure où tout le monde se presse. Je sentais la ville s’activer là, partout autour de nous, mais pour moi plus rien ne comptait : je savourais la caresse du soleil sur ma peau, la brise légère qui faisait danser les cheveux de Petit Loup, les jolies fleurs qui nous entouraient et que je remarque à peine d’habitude. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée en vacances, devant le chalet, face aux montagnes. Je l’ai regardé s’endormir, si paisible… En mon for intérieur, je l’ai remercié de m’offrir ce moment-là isolé de l’agitation ambiante, celle des autres et la mienne. Ce dernier instant de vacances avant la vraie reprise…

*prénom modifié par souci d’anonymat

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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L’allaitement long, pourquoi, comment ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/#comments Wed, 09 May 2018 09:26:10 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1757 Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement. Mais à partir de quand peut-on se considérer … Continuer la lecture de L’allaitement long, pourquoi, comment ?

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Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement.

Mais à partir de quand peut-on se considérer « en allaitement long » ? Après la reprise du travail ? A 3 mois ? A 6 mois ? A 1 an ? Plus tard ? Jusqu’au sevrage naturel ?

Chaque mère aura sa propre réponse …. en fonction de ce qu’elle est prête à donner à son bébé et à vivre avec lui. Avant la naissance d’un enfant, une mère a quelquefois des idées sur la durée de son allaitement ; peut-être en fonction de sa reprise de travail. Mais elle pourra être surprise par le changement d’avis qui peut éventuellement s’opérer chez elle. J’entends d’ailleurs souvent les mères expliquer : « Je voulais allaiter jusqu’à 3 ou 6 mois, mais à ce terme, je n’arrivais pas à me résoudre au sevrage, c’était impossible d’envisager d’arrêter ce lien, cette relation avec mon bébé ».

Des recommandations concernant la durée optimale d’allaitement ont été édictées par l’OMS (et reprises par les pays) qui invitent à allaiter exclusivement au moins 6 mois puis jusqu’à au moins 2 ans en association avec une alimentation diversifiée. C’est un repère basé sur la bonne santé des enfants du monde entier. Le manque d’information pour les mères est déjà criant au moment de la naissance ; mais, après quelques semaines, il est difficile de trouver des réponses aux questions liées à l’allaitement qui dure. En outre, si des erreurs ou préjugés sont véhiculés, alors il peut être rapide de perdre pied et donc sa confiance en soi.

Qu’on se le dise, tout au cours de l’allaitement et jusqu’à la dernière tétée, le lait maternel garde toutes ses propriétés immunitaires et nutritives ! A tout âge de l’enfant, le lait de maman sera toujours le meilleur aliment pour lui, le mieux adapté à ses besoins particuliers et à sa croissance.

En premier lieu, l’allaitement génère de fait une proximité importante entre la mère et l’enfant dont les deux ont besoin. Nous sommes des mammifères, de la famille des grands singes et nos petits ont besoin d’être en contact étroit et permanent avec l’adulte pour survivre, se protéger des microbes, virus et autres bactéries, se rassurer, mâturer leur cerveau et enfin se nourrir. Cette grande proximité aide l’enfant à créer et développer sa sécurité affective de base. Bercé, réchauffé, porté, il continue sa croissance au meilleur endroit qui soit : sur sa mère (et son père aussi). Et ces besoins perdurent longtemps ! Et, ô joie ! L’enfant va trouver tout cela dans le lait maternel jusqu’au sevrage.

Aujourd’hui, même si les bienfaits du lait maternel ne sont plus à démontrer à maints égards, il est un bienfait à souligner, expliquer, mettre en avant : celui de la relation mère/enfant. On entend souvent s’exclamer des gens surpris de constater un allaitement qui dure, devant quoi, il est parfois difficile pour la mère de répondre. Elle cherche alors souvent à se justifier, à légitimer cet allaitement.

Non seulement, la mère ne devrait pas avoir à se justifier mais elle pourrait même être accueillie en héroïne ! C’est elle, entre autres par son allaitement, qui construit son nourrisson, son bébé, son bambin puis son enfant. C’est elle qui le rassure, à chaque besoin exprimé, par ses douces attentions, sa tendre disponibilité, son réconfort aimant, jour et nuit, inlassablement. C’est elle qui offre (ou au moins prête !) son corps, ses seins à son enfant comme un îlot réconfortant où téter aide à dormir, console et apaise. C’est elle qui permettra à son bébé, stressé par une séparation par exemple, de retrouver un niveau de cortisol (hormone du stress) qui ne nuira pas au développement de son cerveau.

Bien sûr, la mère peut être supplée dans ce rôle auprès de l‘enfant mais l’allaitement et son contexte hormonal va lui permettre, à elle aussi, un endormissement plus facile, un apaisement psychologique et une assurance grandissante.

Alors, la mère ne trouvera aucune raison d’arrêter l’allaitement … Cette relation simple, apaisante se consolide avec le temps. Plus la mère répond aux besoins de son bébé, plus celui-ci prend confiance en lui-même : son besoin est reconnu, il a su l’exprimer et le voit assouvi. Il saura donc qu’il peut compter sur sa mère, ses parents, pour quoi que ce soit.

Cette construction, cette « sédimentation » va durer des années (entre 5 et 10 ans). Alors pourquoi ne pas continuer l’allaitement ?

Chaque mère, si tant est qu’elle puisse être informée, accompagnée, soutenue, légitimée dans son choix, prendra sa décision en conscience et fera ce qu’elle veut, ce qu’elle considère le mieux adapté pour elle et son bébé.

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie) https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-protegerait-contre-lobesite-1e-partie/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-humain-protegerait-contre-lobesite-1e-partie/#respond Wed, 11 Apr 2018 09:06:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1738 La prévalence de l’obésité chez l’enfant n’a de cesse d’augmenter. Ce phénomène est inquiétant dans la mesure où il implique souvent de nombreux risques pour la santé de l’enfant, l’adolescent et l’adulte (problèmes cardiovasculaires et respiratoires, maladies gastro-intestinales). Des études se sont intéressées à l’impact de la qualité de l’alimentation dans les premiers mois sur … Continuer la lecture de Le lait humain protègerait contre l’obésité (1e partie)

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La prévalence de l’obésité chez l’enfant n’a de cesse d’augmenter. Ce phénomène est inquiétant dans la mesure où il implique souvent de nombreux risques pour la santé de l’enfant, l’adolescent et l’adulte (problèmes cardiovasculaires et respiratoires, maladies gastro-intestinales).
Des études se sont intéressées à l’impact de la qualité de l’alimentation dans les premiers mois sur les risques à plus longs termes. Mais établir des liens entre le mode de nourrissage en début de vie et la santé à l’âge adulte n’est pas sans poser quelques soucis : d’une part la collecte de données est difficile et d’autre part l’interprétation des résultats est sujette à caution.

En ce qui concerne l’effet de l’allaitement, la comparaison de l’état de santé d’adultes ayant été allaités ou non est délicate dans la mesure où :
– la qualité des préparations pour nourrissons a profondément évolué depuis les premiers laits mis sur la marché,
– la définition des durées d’allaitement et de l’allaitement exclusif n’est pas toujours la même entre les études ce qui rend la comparaison difficile,
– des biais existent : le mode de vie des mères allaitantes diffère parfois de celui des mères non allaitantes,
– la façon dont le sevrage est mené est très variable selon les familles (notamment l’âge et le type d’ aliments introduits) : or ces aspects sont très marquants pour la santé future,
– le mode de vie à l’âge adulte peut gommer les effets de l’allaitement sur le long terme.

Malgré tout, depuis une vingtaine d’années, de nombreux résultats d’études s’accumulent quant à l’influence de l’alimentation du tout-petit dans ses premiers mois de vie et il semble que le lait humain consommé au tout début de la vie soit impliqué dans le contrôle du poids des enfants et des adultes qu’ils deviendront [1]. Soulignons néanmoins qu’il n’y a pas encore de consensus bien établi au sein de la communauté scientifique. Voyons ce qu’il en ressort.

Les résultats d’études

Une méta-analyse réalisée en 2005 [2] rassemble les résultats de 17 études indépendantes. Les auteurs ont estimé un risque diminué de 4% par mois d’allaitement supplémentaire. Mais ces chiffres semblent surtout s’appliquer aux pays riches : ce qui est déjà un résultat intéressant en soi.

En effet, dans les pays plus pauvres, les études ne mettent pas en évidence de lien entre indice de masse corporelle et durée totale de l’allaitement.

Mais l’IMC est-il un paramètre bien pertinent ?

En effet, plusieurs études préalables l’ont montré : l’IMC a lui seul ne permet pas d’étudier l’impact de l’allaitement car ce paramètre est trop peu précis pour mettre en évidence des différences de composition adipeuse entre individus, notamment pendant l’enfance. Il faut donc trouver d’autres approches. Certaines recherches ont donc suivi une autre voie, en ciblant par exemple l’information « masse adipeuse ». Des moyens de mesure adaptés relatifs à cette nouvelle donnée, mettent effectivement en évidence l’impact positif de l’allaitement même après ajustement des facteurs confondants. De plus, un effet dose-réponse a été noté. L’étude [3] réalisée sur plus de 500 enfants montre par exemple un tel effet de l’allaitement : une moindre masse grasse pour les enfants allaités alors que l’IMC n’est pas modifiée.

Pour s’affranchir des biais, il est intéressant de regarder du côté des études menées sur les frères et sœurs qui n’ont pas reçu la même alimentation dans leurs premiers mois de vie ou une même durée d’allaitement. Ces recherches sont très riches en enseignement car elles permettent de mettre de côté l’influence du mode de vie et des facteurs socio-culturels.
Ainsi, l’étude [4] de 2010 repose sur l’utilisation d’un modèle permettant d’éliminer les caractéristiques communes de 500 fratries (un allaité/un non allaité) dont l’âge était compris entre 9 et 19 ans. L’analyse des résultats conduit au chiffre suivant : 41 % plus de risques  chez l’enfant non allaité d’être en surpoids à l’âge adulte.

L’OMS [5] a récemment (2013) mis à jour une vaste méta-analyse portant sur ce sujet et incluant un large panel d’études diverses (71 études incluses). Leur conclusion est qu’il est effectivement observé une association entre allaitement et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité sur le long terme mais qu’il reste tout de même difficile d’éliminer tous les facteurs confondants.

L’importance des conditions de sevrage

Un article publié en 2014  [6]  par une équipe française  rappelle, comme dans la conclusion de l’OMS, qu’une tendance se dessine mais qu’il n’y a pas encore de consensus : de nombreux biais dispersent les résultats et un ajustement statistique correct est nécessaire de façon à pouvoir isoler l’influence du seul paramètre « allaitement ».

L’article rend compte d’une étude de cohorte (comparaison des taux d’incidence du surpoids entre personnes ayant été allaitées et un groupe de non allaités). 73 enfants ont été suivis de leurs premiers mois jusqu’à l’âge de 20 ans et l’effet de l’allaitement (partiel ou exclusif confondus) sur la masse adipeuse a été étudié en tenant compte des facteurs nutritionnels au moment du sevrage. 2/3 des enfants ont été allaités, avec une durée maximale de 7 mois 1/2. Les paramètres évalués à l’âge de 20 ans sont la taille, le poids, l’épaisseur des plis cutanés, la masse adipeuse. Les paramètres confondants qui ont été ajustés sont l’indice de masse corporelle de la mère, la profession du père.

Lorsque les variables habituelles sont ajustées, il n’est pas toujours évident de mettre en évidence le rôle protecteur de l’allaitement. Par contre, en prenant en compte la variable « régime alimentaire » lors du sevrage (contenu en calories et en lipides), ce rôle protecteur apparaît de façon significative mais il faut tenir compte également de l’apport calorique ou contenu en matière grasse lors du sevrage : une restriction calorique au moment du sevrage pourrait avoir un effet néfaste sur la gestion des graisses à un âge plus avancé, et gommer les bénéfices de l’allaitement sur cet aspect.

L’idéal est de passer du lait maternel (riche en graisse) et de diminuer progressivement la quantité de lipides au fil du temps, tout en douceur. Une chute trop rapide n’est pas sans risques sur le long terme, notamment sur la gestion des corps gras. Comme si le corps s’adaptait à cette restriction et programmait de faire des réserves en cas de besoin !

Enfin, les études ont également mis en évidence l’importance de l’âge au moment de l’introduction de solides : parmi les enfants nourris avec des préparations industrielles pour nourrissons, le fait d’introduire la diversification avant l’âge de 4 mois est associé à une augmentation marquée du risque d’obésité à 3 ans. Cette période de diversification n’apparaît pas aussi impactante pour les enfants allaités, comme si l’allaitement aidait à mieux réguler leur prise alimentaire [7].

En conclusion

En tout état de cause, s’il est parfois difficile de tirer une conclusion quant au seul rôle de l’allaitement sur la masse adipeuse, il y a tout lieu de croire qu’il occupe une place importante dans la mise en place de mécanismes de contrôle. Ce qui est sûr c’est que  la composition de la masse corporelle est fortement marquée par le vécu « environnemental » juste après la naissance (période de « plasticité métabolique »)  et pendant la petite enfance : les risques de développement de l’obésité sont bel et bien liés à plusieurs facteurs de risques.

A lire prochainement, un 2e partie article consacré aux modes d’action de l’allaitement maternel sur la mise en place de facteurs régulateurs qui émergent de la recherche scientifique et qui peuvent expliquer les tendances observées.

Références :

  • Bouret,  « Early life origins of obesity: role of hypothalamic programming »
    Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 48 Suppl 1:S31-8, 2009
  • Harder T. et al., « Duration of breastfeeding and risk of overweight: a meta-analysis », Am J Epidemiol. , Vol 162(5), pp 397-403, 2005
  • Robinson SM., et al., « Variations in infant feeding practice are associated with body composition in childhood : a prospective cohort study », Journal of Clinical Endocrinology Metabolism, Vol 94(8), pp 2799-2805, 2009
  • Metzger M., McDade T., « Breastfeeding as Obesity Prevention in the United States: A Sibling Difference Model », American journal of Human Biology, Vol 22, pp 291-296, 2010
  • Horta B.L., Victora C.G., « Long-term effects of breastfeeding : a systematic review », Chapitre 5, World Health Organization  ISBN 978 92 4 150530 7, 2013
  • Péneau S, Hercberg S., Rolland-Cachera M-F, « Breastfeeding, Early Nutrition, and Adult Body Fat », The Journal of Pediatrics, 2014
  • Huh, S.Y. et al., «  Timing of solid food introduction and risk of obesity in preschool-aged children. »,  Pediatrics, Vol 127, e544–e551 2011

[Auteure] : Pascale Baugé

 

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The post Histoire de ᶦᶦbouts de seinᶦᶦ et allaitement long… si si : c’est possible ! [la suite] first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]> Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais pu supprimer, Manon s’étant habituée à téter avec. Cathy a loué un tire-lait. Le modèle qui lui avait été proposé date de plus de 30 ans et elle n’extrayait que quelques gouttes de lait au départ. Grâce à une consultante en lactation, elle a changé de tire-lait et a réussi une relactation. Au final, elle a tout de même allaité 5 ans !

Elle a souhaité nous raconter quelques détails supplémentaires de son histoire et notamment les obstacles qu’elle a surmontés parce qu’elle estime que cela peut sans doute aider certaines d’entre vous à dépasser ces mêmes difficultés.

Lorsqu’elle a accouché, elle a subi une épisiotomie et un hématome qui l’ont fait souffrir au point qu’elle n’a pas dormi la première nuit à l’hôpital. En raison du manque de formation dans le domaine de l’allaitement, les soignants n’ont alors pas osé lui donner d’antalgique. Ce n’est que le lendemain qu’elle a pu bénéficier d’un traitement médicamenteux et d’une poche de glace qui l’ont un peu soulagée. A présent, elle sait trouver des renseignements concernant les médicaments compatibles avec l’allaitement sur le site du CRAT (Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes ) et peut le conseiller aux autres mamans qui allaitent autour d’elle.

En hiver, elle s’est aperçue qu’elle avait les mamelons tout blancs. Elle ressentait des douleurs aiguës, intenses, à type de brûlure. Elle a alors demandé conseils à la consultante en lactation qui a identifié un vasospasme des mamelons. Dans ses antécédents, la consultante note un syndrome de Raynaud au niveau des orteils et des doigts depuis ses 13 ans, ainsi que des migraines. Elle lui a conseillé d’éviter l’exposition au froid, de favoriser la circulation sanguine au niveau de la partie supérieur du corps en faisant de grands mouvements de rotation avec les bras, d’appliquer de la chaleur juste après la tétée.

L’autre difficulté a été son sein droit… ah celui-là ! Cathy a eu un engorgement au sein droit à la maternité. Celui-ci n’a pas été drainé car Manon dormait et ne tétait pas. Le tire-lait de la maternité était trop ancien, inefficace et entraînait des douleurs. L’engorgement a probablement conduit à une destruction de certaines cellules sécrétrices avec une diminution de la production de lait. Manon s’agitait au sein et pleurait. Cathy n’allaitait pratiquement qu’avec le sein gauche.

Quand elle a repris le travail, elle tirait son lait à la pause de midi. Un jour, alors qu’elle recueillait son lait, elle a ressenti une douleur insupportable au mamelon droit. Elle s’aperçoit alors qu’il est décollé et saigne. Elle téléphone aussitôt à sa consultante en lactation qui lui conseille de mettre de la lanoline recouverte d’une compresse. Le mamelon cicatrise au bout de plusieurs jours mais Cathy n’a pas le courage de refaire téter Manon à ce sein ni de tirer son lait de ce côté. Elle décide donc de n’allaiter qu’avec le sein gauche qui est d’ailleurs celui qui produit le plus.

Aujourd’hui, Manon a 10 ans, elle a eu sa première gastro-entérite cette année… preuve pour Cathy des bénéfices de l’allaitement. Il arrive à sa fille de dire « maman, tu te souviens quand je tétais ? C’était tellement bon ton lait. Moi aussi, je commence à avoir des nénés, bientôt je pourrai allaiter ». Cathy lui répond alors « mais il faut avoir un bébé pour allaiter ». Manon : « Ah oui, c’est vrai ». Et toutes deux rient aux éclats.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice à l’unité territoriale de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Allaitement et risques de caries dentaires https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/#comments Tue, 24 Oct 2017 12:48:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1632 Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, … Continuer la lecture de Allaitement et risques de caries dentaires

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Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, recommandent parfois d’éviter l’allaitement long (comprendre au-delà de 6 mois) et les autres ne savent plus quoi penser. Quid par exemple de la préconisation OMS de poursuivre l’allaitement jusqu’aux deux ans de l’enfant ? Fait-on prendre un risque à la santé dentaire de nos enfants ? Le sujet reste très controversé.
Que disent les études scientifiques sur le sujet ? A-t-on des arguments biologiques permettant d’évaluer un risque accru de caries dentaires lors d’un allaitement long ?

 

Les sucres dans le lait maternel, lien suspecté avec le risque de carie

Dans la famille des sucres, la molécule la plus abondante est le lactose (globalement deux molécules de glucose assemblées). Parmi toutes les espèces de mammifères, le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulièrement utile pour le développement du tissu cérébral.
Une autre spécificité du lait humain (notamment le colostrum) est la présence élevée d’oligosaccharides (plusieurs sucres « simples » reliés entre eux).

Bref  particulièrement riche en divers sucres, le lait humain peut donc constituer un facteur de risque pour la formation des caries puisque que les bactéries qui creusent les dents, ont besoin de sucre pour se multiplier et adhérer aux dents.

Il faut cependant préciser que tous les sucres ne sont pas équivalents et que le lait maternel a de sacrées particularités.

 

Les causes des caries dans la petite enfance

 Les bactéries cariogènes (particulièrement les Streptrococcus mutans) qui peuvent contaminer la bouche utilisent les sucres consommés pour se développer, s’attacher les unes aux autres en formant un biofilm : elles produisent alors des acides qui peuvent conduire à la décalcification de la dent.

La carie est un problème délicat à évaluer car il est multifactoriel. Pour un enfant, cela dépend de son état de santé, de son poids de naissance (prématurité), du type de bactéries buccales (cariogènes ou pas), de la présence de sucres et lesquels, des caractéristiques des dents (défauts d’émail, morphologie et caractéristiques génétiques) et de son mode de vie : hygiène dentaire, attitude des parents, recours plus ou moins fréquent à des médicaments, et habitudes alimentaires. On évoque aussi [2]  une association entre le niveau de vitamine D de la mère pendant sa grossesse et les risques de caries chez l’enfant. Un manque de vitamine D peut avoir un effet sur la calcification des premières dents, prédisposant à une moindre qualité de l’émail qui peut plus facilement se déminéraliser.

En ce qui concerne le facteur lié aux sucres, puisque c’est sur ce point que l’allaitement est mis en cause, ce qui compte c’est :

– la fréquence d’exposition,
– la période pendant laquelle ils sont consommés (pendant les repas ou entre les repas),
– la nature même des sucres.

La consommation de sucres en dehors des repas et durant la nuit semble être le facteur le plus impactant : la sécrétion de salive est alors moins importante ce qui ne facilite pas le drainage des sucres qui peuvent plus facilement stagner autour des dents.

 

Quid du lait maternel ?

 Une grande majorité d’études [7] [8] montre que dans la période       0 – 12 mois, l’allaitement non seulement, ne favorise pas les caries dentaires mais permettrait même de s’en protéger.

Comment ? La présence dans le lait maternel de substances telles que la caséine et des anticorps semblent empêcher l’adhésion des bactéries cariogènes (« Streptococcus mutans ») au biofilm présent sur les dents et à la salive [9]. La lactoferrine du lait maternel, quant à elle, détruit les « mutans ».

La nature des sucres est également un point important dans la mesure, où les bactéries cariogènes ne consomment pas tous les sucres de façon équivalente. Selon des études récentes, le lactose présent en grande quantité n’intéresse pas vraiment ces bactéries qui préfèrent dégrader les sucres classiques tels que le saccharose (ou sucrose), le fructose, le glucose.

Enfin, un mécanisme complémentaire de protection est lié au fait que le lait maternel favorise l’acquisition de micro-organismes oraux qui font rempart : les lactobacillus par exemple empêche l’implantation des « mutans ».

Il faut également préciser [1] que la technique utilisée par un enfant allaité pour se nourrir est bien différente de celle d’un enfant au biberon. Dans le premier cas, l’arrivée de lait dans la bouche se fait plus dans la partie arrière tandis qu’avec le biberon, le lait peut plus facilement circuler autour des dents.
Allaitement long et caries : revue des études

 Pour la période au-delà de 1 an, les publications ne conduisent pas toutes aux mêmes résultats. La difficulté de trancher vient du fait qu’il est assez difficile de comparer des groupes (enfant allaités sur le long terme et enfants non allaités) et de s’affranchir des biais (notamment l’effet du régime alimentaire lié à la diversification, à l’exposition aux sucres raffinés dans les régimes modernes)

L’effet cariogène du lait maternel seul, a été étudié [3]. Il n’a pas été montré d’augmentation d’acidité, ni de décalcification de l’émail sur un petit nombre d’enfants âgés de 12 à 24 mois après consommation de lait maternel.

L’étude [4] a consisté à examiner l’état dentaire d’enfants de 6 ans (certains étaient nés dans un établissement encourageant l’allaitement, d’autres dans un établissement classique (groupe de contrôle). Les taux d’allaitement dans le groupe test étaient effectivement 7 fois plus élevés que dans le groupe de contrôle. Or, aucune différence de l’état dentaire n’a été notée.

Quelques études de cohortes [5] [6] ont également été menées sur ce sujet (respectivement 206 et 504 enfants observés).  Les résultats montrent que l’allaitement prolongé n’était pas un facteur de risque et que l’allaitement maternel de nuit ne provoquait pas de caries.

Mais, toutes les études ne sont pas si catégoriques notamment à cause des nombreux facteurs entrant en jeu [7] ce qui entretient une sorte de mythe (au sein même des professionnels de santé) où allaitement et caries dentaires sont associés : la plupart des partisans de cette thèse avance comme facteur de risque les tétées de nuit sur le long terme (au-delà de 12 mois) pour faciliter l’endormissement. Ils évoquent alors un flux de salive moindre et une hygiène dentaire limitée. Mais aucune base scientifique fiable ne corrobore ces hypothèses et les arguments précédents (substances protectrices dans le lait maternel) restent valables, même la nuit, sous réserve que le lait maternel reste le seul aliment consommé (tétine sucrée à éviter par exemple) et sans autre faiblesse particulière brouillant les cartes (telle qu’une moindre qualité d’émail).

 

Conclusion

Bref, sur la base d’études fiables correctement menées, il apparaît que le lait maternel soit riche en substances capables de contrer le travail des bactéries dévoreuses d’émail. Quant à l’allaitement long, aucune preuve scientifique consensuelle n’indique qu’il favorise la recrudescence des caries chez l’enfant sous réserve d’appliquer une hygiène dentaire suffisante et d’avoir une consommation de sucres modérée.

 

Références :
1- V. Lavigne, « Breastfeeding and dental caries », Clinical Lactation, 2013

2- R. Schroth « Prenatal Vitamin D and Dental Caries in Infants », Pediatrics, 2014

3- P.R. Erickson, « Investigation of the role of human breast milk in caries development », American Academy of Pediatric Dentistry, 1999

4- Kramer et al., « The effect of prolonged and exclusive breast-feeding on dental caries in early school-age children. New evidence from a large randomized trial. » Caries Research, 2007

5- Nunes, « Association between prolonged breast-feeding and early childhood caries: a hierarchical approach. » Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2012

6- Mohebbi, “Feeding habits as determinants of early childhood caries in a population where prolonged breastfeeding is the norm », Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2008

7- R. Tham, « Breastfeeding and the risk of dental caries : a systematic review and meta-analysis », Acta Peadiatrica, 2015

8- Avila, « Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis », PlosOne, 2015

9- Niemi L., « Human Milk Compounds Inhinbiting Adhesion of Mutans Streptococci to Host Ligand-Coated Hydroxyapatite invitro », Caries Research, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre (ses articles sont à retrouver sur son blog Le Monde et Nous.)

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés.  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

 

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Accueillir les sensations de plaisir en allaitant https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/ https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/#comments Thu, 30 Mar 2017 15:41:45 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1539 Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je … Continuer la lecture de Accueillir les sensations de plaisir en allaitant

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Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je lui renvoie. Je constate qu’elle a déjà un petit ventre bien rond.

Ce n’est pas encore habituel de recevoir en consultation de sexologie une femme enceinte, et pourtant quel chamboulement corporel ! Il y a de quoi perdre quelques repères pour les futurs parents, non ? S’en inquiéter et demander de l’aide me parait faire preuve de bonne santé mentale.

A ce propos, je me souviens de mon professeur de sexologie qui nous conseillait d’éviter les parturientes, et imposait d’attendre 2 ans après l’accouchement pour les accepter en consultation. Je n’étais déjà pas d’accord avec lui pendant mon diplôme universitaire ; je ne lui suis toujours pas.

M. et Mme B. sont donc assis devant moi. C’est lui qui parle, elle le regarde tendrement. Elle semble heureuse d’être là.

  • Je vous ai entendue au réseau périnatalité il y a 15 jours, dans le couloir, commence-t-il. Vous avez évoqué quelque chose qui m’a intrigué. Vous avez dit : « la bouche, les seins, le clitoris ou le pénis pour l’homme, l’anus, tous ces organes sont liés dans le plaisir sexuel. Il ne faut pas avoir peur des sensations, il faut les accepter mais ne pas confondre voilà tout ! »

Je me souvins en effet de cette discussion que j’avais eue avec une sage-femme qui sentait bien que certaines de ses patientes aimeraient lui parler sexualité mais n’osent pas toujours le faire, de peur de la choquer. Les sages-femmes sont au cœur de la problématique de confusion possible entre le sexe et l’enfant, elles ont un rôle fondamental à jouer dans la déculpabilisation.

Il poursuit :

  • A notre premier enfant, Claire allaitait et c’était vraiment merveilleux, mais assez rapidement… (et là il rougit, n’ose pas continuer et c’est elle qui prend la parole)
  • cela m’a donné envie de me masturber, explique-t-elle.
  • Pas en même temps bien sûr (rajoute-t-il avec empressement). Nous avons tout de même décidé qu’il valait mieux arrêter l’allaitement car cela ne me paraissait pas normal.

J’avoue que je me demandais même si ce n’était pas malsain pour le bébé que l’allaitement provoque chez elle de telles envies.
Alors pour ce deuxième enfant, nous étions résignés à ne pas recommencer l’expérience… de peur que…

Cet aveu sincère permit d’ouvrir un dialogue. Nous avons pu parler « d’avant » la première grossesse, de leur sexualité « d’avant », de leur rythme de plaisir et des sensations physiques pour leur faire comprendre que tout est une question d’équilibre et de sens. Leur sexualité était tout à fait épanouie, heureuse et régulière. Par contre, ils avaient convenu que la masturbation n’avait pas lieu d’être. Une discussion à ce propos avait eu lieu assez tôt dans leur histoire lors d’un épisode joyeux où Claire s’était caressée pendant le rapport, ce qui avait choqué notre Prince Charmant qui voulait être seul responsable du plaisir de sa Belle…

Il avait simplement oublié que personne ne fait jouir personne.

Avant de le rencontrer, Claire avait une pratique régulière de masturbation : souvent le soir pour bien dormir, et toujours quand elle avait mal à la tête ou quand elle était trop stressée. Mais elle avait accepté d’arrêter puisque le « faire l’amour » était fréquent, heureux et amoureux !

Il n’empêche que son corps était habitué à ces sensations bien agréables qui régulent l’organisme chimiquement. Physiologiquement, les substances déversées dans le corps par l’activation des zones érogènes puis le déclenchement du réflexe orgasme, sont parfaitement saines et positives pour l’état général.

Les seins étaient partie prenante dans la sexualité « d’avant », donc réactifs en matière d’excitation érogène. Après l’accouchement les rapports avaient été perturbés et reportés du fait d’une cicatrice douloureuse d’épisiotomie, et tout naturellement la stimulation par l’allaitement avait réenclenché le circuit de la récompense… de plaisir sexuel.

Il n’était pas possible de faire l’amour comme « avant » et le corps de Claire s’est souvenu de la solution magique pour aller bien, vraisemblablement de manière inconsciente.

Si le classique « préliminaires/pénétration » est souvent une valeur sûre pour obtenir un plaisir partagé « avant » les enfants, il ne faut jamais oublier qu’une sexualité heureuse se construit à deux, toute la vie, par le dialogue, l’aveu, la tolérance, le respect et la confiance. Le rôle du sexologue est de vérifier si la communication est bonne : c’est un généraliste du sexe à qui on peut tout dire (secret professionnel) et qui traduit pour l’un ce que l’autre veut signifier… avec un sourire, première expression faciale universelle et rassurante.

Laura a deux ans, sa maman l’a allaitée 6 mois. A mon avis tout va bien car ses parents m’ont envoyé une gentille carte d’Italie où ils sont partis passer un week-end en amoureux !

[Auteure] : Dr Manon Bestaux

[Biographie] :  Manon BESTAUX, sexologue clinicienne hospitalière et libérale, est la présidente du syndicat national des sexologues cliniciens (www.snsc.fr). Chargée de cours en sexologie aux étudiantes sages-femmes, elle a mis en place des ateliers “sexualité” dans le cadre de l’ E.T.P. (éducation thérapeutique du patient) dans l’après-cancer du sein. Elle est également l’auteure du livre “le sourire et le sexe”, et du “carnet n°1 du plaisir sexuel féminin”, disponibles sur www.editionsparticulieres-sprl.com.

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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La nécessité d’allaiter selon Lucie https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/ https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/#comments Wed, 24 Aug 2016 13:12:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1422 Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants. Mon allaitement long Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. … Continuer la lecture de La nécessité d’allaiter selon Lucie

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Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants.

Mon allaitement long

Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. Je suis la seule à subir de nombreuses allergies et d’autres problèmes de santé… Je dois avoir sept ans et C’EST DECIDE, JE VEUX ALLAITER MES ENFANTS pour leur éviter d’avoir toutes mes allergies et mes problèmes de santé…

Nous sommes en juillet 2010 et le moment est arrivé, j’apprends ma première grossesse et c’est quelques mois plus tard que j’accouche prématurément par césarienne, d’un bébé ayant un faible poids dû à un retard de croissance. Tout va très vite mais je ne peux pas allaiter mon bébé. Il pourrait trop se fatiguer  car il est prématuré et affaibli par sa venue au monde ( ce qui n’est pas tout à fait juste, je l’ai appris par la suite mais ceci est une autre histoire).

Je ne me pose donc aucune question et je tire mon lait toutes les heures environ …

Je me sens comme une « vache laitière » mais les quantités tirées me rassurent, je vais pouvoir allaiter longtemps d’après le personnel de la maternité.

Après quelques jours, les ennuis commencent : suite à une poussée de fièvre et sous les mauvais conseils d’une professionnelle, je suis contrainte d’arrêter l’allaitement. On suspecte une mastite (inflammation du sein ) et on me met sous perfusion d’antibiotiques. Heureusement, le lendemain matin une puéricultrice plus informée sur le sujet, me recommande de reprendre au plus vite les tirages.

Puis je sors enfin de l’hôpital. Les mois passent …

Je suis à trois mois d’allaitement et je ressens ce manque que peuvent ressentir d’autres mamans quand leur bébé se met à téter de plus en plus pendant les périodes de pointe ( je ne savais pas encore ce que c’était ). Roméo* revient toutes les heures et hurle après les tétées, je décide d’utiliser mon tire-lait à nouveau et de ne plus mettre mon bébé au sein pour voir ce que je tire (son faible poids ne m’a pas permis d’être zen et de me faire confiance sur la prise au sein). Je ne tire que 10 ml toutes les heures et je décide donc de relancer ma lactation car mon stock diminue de plus en plus et le lactarium est passé prendre mes derniers vingt litres la veille ( je pensais que je n’en aurais plus besoin ).

Dès que Roméo a fini de téter, je tire mon lait et le papa le complète avec le lait tiré. La nuit je me lève toutes les heures pour stimuler cinq à  dix minutes. Ma belle-mère s’en mêle avec ses phrases anti allaitement « c’est la fin, l’allaitement ne dure jamais ! »

 La fatigue, la prématurité, mon long séjour à la maternité, de devenir maman…tout cela était un stress important et me voilà à acheter une boîte de lait, je ne sais pas encore à ce moment que je peux trouver du soutien auprès d’une consultante ou d’une sage-femme…ET POUR MOI C’EST LA FIN!

Je sais que je peux encore y remédier mais COMMENT ? Je n’ai plus de force ! Je quitte l’appartement pour ne pas voir mon bébé prendre ce biberon de lait artificiel, je suis déprimée et j’ai beaucoup de mal à m’en remettre. Je n’ai pas pu avoir ce lien privilégié auquel je m’attendais et auquel je m’étais préparée. Il me faudra un autre enfant pour « réparer les dégâts », du moins c’est ce que je pense…

NINA*

Nous sommes en 2014 quand Nina arrive parmi nous, elle ne présente pas de soucis en particulier si ce n’est un faible poids également. Suite à l’échec du déclenchement programmé, une césarienne est effectuée et nous sommes séparées le temps de mon réveil. Le papa l’accompagne en chambre et explique aux sages-femmes qu’elle ne doit pas recevoir de lait artificiel car je veux l’allaiter. Malheureusement elle a faim et sera alimentée par biberon avec du lait artificiel quand même…( là aussi j’ai appris qu’ on aurait pu me proposer de faire différemment..)

Lorsque je reviens en chambre, c’est bien sûr la première chose que j’ai fait, L’ALLAITER ! Tout ne se passe pas comme je l’espèrais, elle n’arrive pas à prendre le sein correctement. Elle « tétouille », ne déglutit pas, et dort toute la journée mais pleure toute la nuit. Une puéricultrice m’aide à extraire le colostrum sur une petite cuillère pour qu’elle ne perde pas trop de poids.

Les journées et les nuits s’enchaînent et je me vois confronter à la montée de lait difficile car Nina s’endort et je n’arrive pas à trouver la bonne position, celle où je n’ai  pas mal. Le personnel médical ne s’en inquiète pas… Je serre les dents et me dit qu’à la maison ça ira mieux ! En attendant je subis les visites répétées et les conseils déplacés…

Je rentre enfin et là aussi rien ne se passe comme je l’avais imaginé, Nina pleure toujours autant et réclame sans cesse le sein, je ne sais même plus différencier la tétée efficace de la « tétouille », elle s’endort sans cesse rapidement. Je connais à présent Grandir Nature et j’appelle donc la consultante en lactation et nous faisons le point. Je dois « refaire » mon accouchement, la césarienne et la séparation ont « laissé des traces » sur mon enfant, elle a besoin d’être rassurée et le peau à peau et les bains communs vont nous rapprocher et recréer ce cocon qu’elle avait au creux de moi ! Je porte Nina en écharpe pour la calmer lors des moments de « crises » et je « cododote » (en toute sécurité) avec elle ! Nina se réveille la nuit toutes les heures mais je décide de lâcher prise et Nina tète à présent sans que je m’en rende compte, cela ne me réveille plus ! Elle finira par espacer les tétées.

J’appréhende chaque période de pointe.  Vers les deux mois et demi de Nina, je sens déjà qu’elle réclame de plus en plus. Pas de panique : je dors plus, mange équilibré, bois de la tisane d’allaitement et surtout, j’ai le numéro d’une consultante en lactation. Je suis parée pour passer ce cap !

Je ne voulais pas craquer, j’avais cet objectif en tête. C’était une démarche « réparatrice ». Tout devait bien se passer et tout s’est bien passé. J’ai mis du temps à mettre en place cet allaitement, je dois continuer pour mon enfant et moi-même. C’est bien plus qu’un choix c’est une nécessité pour moi !

Nous voilà donc à six mois d’allaitement exclusif et j’introduis l’alimentation solide par la méthode DME**, Nina se débrouille comme une chef.

Mais le calme est de courte durée. Elle revient téter de plus en plus souvent . J’ai repris le travail depuis  un mois, j’ai eu mon retour de couches (qui réduit la quantité de lait que je tire) …

J’ai peur, peur de la fin, de la fatigue qui va s’accumuler, peur de ne pas être à la hauteur, mais je sais que c’est le dernier cap, après tout ira bien ! Cela aura duré deux semaines et Nina retrouvera un rythme.

Nina a deux ans et tète, non pas encore mais TOUJOURS ! Ce que pense les autres je ne m’en soucie plus. Des phrases rigolotes (et moins) j’en entends toujours. J’allaite partout, à la montagne pour rassurer, à la mer pour rafraîchir, à la maison après un bobo, dans la voiture pour calmer, bref mon sein est toujours là prêt à réconforter ou hydrater et qu’il serve de réfrigérateur, de doudou, de mouchoir, de  « chewing gum »,  qu’il soit admiré ou critiqué, moi je sais une chose…J’AI GAGNE !

*les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat

**DME : diversification menée par l’enfant.

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Un autre regard sur l’allaitement en vacances https://www.leblogallaitement.com/un-autre-regard-sur-lallaitement-en-vacances/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-regard-sur-lallaitement-en-vacances/#comments Thu, 01 Oct 2015 15:06:09 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1195 Et voici le moment tant attendu des résultats du grand concours d’été : « Allaiter en vacances ». Merci à toutes celles qui ont participé, le choix a été difficile. Mais voici les grandes gagnantes élues par toute l’équipe de de Grandir Nature : Premier prix : Bérengère T. avec son récit sur les vacances à la montagne, gagne l’écharpe … Continuer la lecture de Un autre regard sur l’allaitement en vacances

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Et voici le moment tant attendu des résultats du grand concours d’été : « Allaiter en vacances ».

Merci à toutes celles qui ont participé, le choix a été difficile.

Mais voici les grandes gagnantes élues par toute l’équipe de de Grandir Nature :

Premier prix : Bérengère T. avec son récit sur les vacances à la montagne, gagne l’écharpe Fil-Up.

Second prix : Perrine V., les vacances à la mer, gagne le soutien-gorge

Troisième prix : Séverine P., et son bébé globe-trotter, gagne le kit allaitement.

Encore bravo à toutes pour vos témoignages et vos photos. Place maintenant au récit de Bérengère.

Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce obligation !), pas de biberon, pas de petits pots, pas d’horaires fixes : une tétée pour s’habituer au nouvel environnement, des tétées pour attendre les repas, d’autres pour soigner les petits bobos de la vie en plein air. Nous nous sommes mis aux rythmes les uns des autres, oubliant les contraintes de la vie active. Après une année marathon, nous avons enfin pu dormir (cododo et allaitement ou comment ne pas se réveiller de la nuit et faire des nuits de 10 h à 12 h pendant 15 jours !). 

J’étais tellement heureuse de venir pour la première fois en famille dans ce lieu qui m’a vue grandir ! Ce fut l’occasion de le présenter aux gens que nous connaissions sur place. Parmi ces personnes, il y a Sylvie*, je l’ai toujours vue dans son alpage. Chaque été, elle monte en altitude avec sa famille (mais ses enfants sont partis depuis longtemps), un troupeau de vaches, un troupeau de chèvres et son chien. Elle vit là-haut, au rythme de ses bêtes dont elle vend les fromages aux promeneurs. 

Alors que je lui présentais Petit Loup, la conversation s’est engagée autour du lait : non, je n’allais malheureusement pas lui prendre de fromage au lait de vache cette année, Petit Loup étant intolérant. Elle a insisté : je pouvais bien en prendre un pour mon compagnon et moi-même, pas besoin de d’en donner à notre fiston. Poussée dans mes retranchements, je lui ai révélé la poursuite de mon allaitement.

Apprenant ça, Sylvie m’a toisée d’un œil connaisseur et surpris à la fois, puis elle m’a lancé : “eh bah, t’es une bonne laitière toi !!” Je suis restée un moment sans réagir, ne sachant trop que penser. C’est alors seulement qu’elle m’a expliqué avec une pointe de nostalgie que, pour elle, ses allaitements avaient tourné court assez rapidement faute de lait (et de bons conseils ?). C’était donc un compliment, légèrement teinté d’envie ! Le plus étrange des compliments que j’aie reçu jusqu’ici… et finalement, à mes yeux, l’un des plus beaux : une sorte de reconnaissance, sans jugement, de cet allaitement qui se poursuit dans la durée, bien au-delà de ce qu’elle a connu avec ses propres enfants ! 

Un dernier instant de vacances pour Petit Loup avant la reprise du travail

Mon Petit Loup a 14 mois. Il a tellement grandit pendant l’été ! Lorsqu’il est arrivé sur notre lieu de vacances, il marchait à quatre pattes et il est reparti sur ses deux jambes. Il a poussé d’un seul coup et a découvert tant de choses… C’est devenu un vrai petit garçon, tout le monde me le dit. Et moi, face à ce bébé devenu “grand”, je sens un léger malaise me gagner à l’idée de le faire téter en public. J’essaie de plus en plus de différer ses demandes. 

Mais voilà, c’était un lundi, de retour à la vie citadine. Nous avions encore des montagnes plein la tête, mais il fallait déjà commencer la période d’adaptation chez la nouvelle assistante maternelle. La journée avait été chargée en émotions : premiers moments de garde, première promenade avec Petit Loup à pieds dans la rue… Son sommeil ne venait pas, trop d’agitation. J’en ai profité pour sortir encore une fois : il me fallait aller signer un document, une erreur administrative, c’était urgent. J’étais stressée, pressée : il y avait ça et puis les courses : qu’allait-on manger le soir ? et puis le bain, pas pris la veille. Et ses petites griffes acérées à couper pour qu’il ne griffe pas son petit copain de garde. Mais Petit Loup traînait la patte : trop fatigué, il n’avait plus envie de marcher. Je l’ai pris dans mes bras, mais alors que je m’attendais à ce qu’il s’effondre sur mon épaule, il s’est précipité pour réclamer une tétée ! Une de ces demandes impérieuses qui n’attendent certainement pas le retour à la maison. J’ai regardé autour de moi, je ne voyais que la rue, des trottoirs, des voitures : où s’installer ? Un instant, j’ai été prise de panique. 

Et c’est là que j’ai (re)découvert ce tout petit square : un bac à sable entouré de quelques bancs, le tout isolé du reste de la ville par de grands bosquets fleuris. Aucune hésitation, c’était notre endroit ! Je me suis assise avec lui, et tant pis pour le reste. J’ai prévenu mon compagnon qu’on ne tiendrait pas le programme, qu’il prenne le relais. J’ai ralenti, pris le temps de respirer, de profiter du moment. Petit Loup a tété goulûment, ça a duré quelques minutes de douceur, blotti contre moi. C’était l’heure de sortie de bureau, l’heure où tout le monde se presse. Je sentais la ville s’activer là, partout autour de nous, mais pour moi plus rien ne comptait : je savourais la caresse du soleil sur ma peau, la brise légère qui faisait danser les cheveux de Petit Loup, les jolies fleurs qui nous entouraient et que je remarque à peine d’habitude. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée en vacances, devant le chalet, face aux montagnes. Je l’ai regardé s’endormir, si paisible… En mon for intérieur, je l’ai remercié de m’offrir ce moment-là isolé de l’agitation ambiante, celle des autres et la mienne. Ce dernier instant de vacances avant la vraie reprise… 

*prénom modifié par souci d’anonymat

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Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/ https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/#comments Tue, 28 Apr 2015 13:37:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1111 Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin. L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent? La mise en route demande … Continuer la lecture de Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez!

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Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin.

L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent?

La mise en route demande toujours des ajustements

Tatiana revient à la maison quelques heures après son accouchement. Nolan a déjà tété plusieurs fois à la maternité, et tout semble correct.

Gabin est étonné de ce petit frère accroché au sein de sa maman mais il n’est pas jaloux et le laisse faire sans souci. Le premier jour, il ne demande pas à téter.

Comme après tous les accouchements, Nolan prend du colostrum au début. La «  montée de lait » s’opère très rapidement et en moins de 48heures, Tatiana a déjà les seins gorgés de lait.

Nolan est vite repu, s’endort rapidement. Tatiana commence à avoir des douleurs dues à la congestion. Elle appelle alors Gabin pour qu’il tète et la soulage. C’est un grand, il sait téter, il pourra l’aider.

Hélas, Gabin refuse, il préfère jouer. Le sein ne l’attire plus! Tatiana se demande si c’est la fin de son allaitement de son aîné.

Alors pour soulager ses seins, elle est obligée de prendre son tire-lait.

Le grand frère vient à l’aide!

Nolan continue de téter mais il est submergé par le flot de lait. Il fait de moins en moins d’efforts, le lait coule tout seul….Il dort beaucoup, et en ce troisième jour, il n’a pas encore repris de poids malgré les tétées répétées. Tatiana est toujours à la limite de l’engorgement.

Ce soir-là, Gabin a envie d’un gros câlin avec sa maman. Sans réfléchir, Tatiana sort son sein et Gabin tète spontanément. Lui aussi est submergé de lait, et il n’en avait plus l’habitude! Il lâche le sein, regarde sa mère et finalement lui dit : «  Mmm, trop bon le lait de Maman » puis il se remet à téter. Tatiana le laisse faire, heureuse d’avoir les seins bien vidés. Puis elle s’inquiéte pour Nolan : aura -t-il assez de lait ?

Les tétées à deux

Je la rassure. Son corps sait qu’elle allaite deux enfants : la montée de lait a été précoce, on les voit bien déglutir tous les deux. Nolan a juste besoin de s’adapter au flux et peut-être quelques tensions au niveau de sa mâchoire l’empêchent-elles de fermer correctement sa bouche. C’est d’ailleurs ce que retrouve l’ostéopathe après l’avoir examiné. Après ses petits ajustements, effectivement, Nolan commence à reprendre du poids et est plus efficace.

Pendant ce temps, Gabin continue de téter de temps en temps, surtout pour s’endormir à l’heure de la sieste ou du coucher.

C’est seulement au bout d’une semaine que Tatiana fait une première tétée en tandem. Elle se sent bien mais elle trouve ça étonnant. Elle est ravie, son vœu est exaucé : elle co-allaite.

Aujourd’hui, Nolan a onze mois, le co-allaitement se poursuit. Tout le monde y trouve son compte.

Les garçons tètent rarement ensemble mais chacun a sa ration de câlins et de lait, y compris la grande sœur qui préfère uniquement les câlins!

Co-allaiter, ce n’est pas plus compliqué qu’allaiter un seul enfant. Il faut simplement être attentif à ce que le plus petit soit prioritaire, et être vigilante sur sa prise de poids. Pour le reste, votre corps sait faire! Comme nous l’avons vu ci-dessus, le co-allaitement permet de passer les moments difficiles comme les engorgements, et également de montrer à l’aîné, de la manière la plus naturelle qui soit, que sa maman est toujours là pour lui…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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