Allaitement long | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 04 Jan 2022 14:50:31 +0000 fr-FR hourly 1 allaiter au rythme de la vie d’artiste https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/#respond Tue, 04 Jan 2022 14:50:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2251 Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier. … Continuer la lecture de allaiter au rythme de la vie d’artiste

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Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier.

Pour mon premier enfant né en mars 2015, l’allaitement s’est mis en place très facilement et j’ai adoré ça dès le début. Je n’avais fait aucun « plan » sur sa durée et autour de moi je ne connaissais personne qui avait nourri son enfant au sein plus de 6 mois. Une copine m’avait parlé de la Leche League et c’est en m’inscrivant sur un groupe de discussion que j’ai découvert que des mamans allaitaient au long cours. Chez nous, plus les mois passaient, moins je voyais l’intérêt d’arrêter ce qui était bon pour mon fils et sans contrainte pour moi. Je me suis donc lancée dans un allaitement à durée indéterminée en me disant qu’avec pas mal d’organisation et un peu de lâcher prise, ça devrait le faire !

A l’époque j’habitais et je travaillais sur une péniche spectacle. L’équipe artistique était composée d’amis compréhensifs et mon conjoint y travaillait également. Nous prenions donc Marcel en porte-bébé et le déposions dans sa cabine avec le baby phone lorsqu’il dormait. Il pouvait téter à la demande et mes camarades étaient ravis de le prendre avec eux quand ils n’étaient pas sur scène. J’ai loué un petit tire-lait à piles (très pratique quand on part en tournée en camion par exemple). Les soirs de spectacle nous prenions une baby-sitter et je tirais mon lait avant d’aller jouer.

Entre avril et juin 2016, il est allé chez une assistante maternelle car cela devenait difficile : il voulait tout explorer et je ne pouvais plus être à ce que je faisais tout en ayant un oeil sur lui.

La personne était super mais pas très à l’aise avec le lait maternel. Je lui ai donné un tableau de conservation mais comme je ne la sentais pas complètement sereine et que Marcel avait déjà 1 an on a trouvé un compromis. Je lui emmenais de temps en temps mon lait et sinon, elle pouvait lui proposer du yaourt. J’allais le chercher entre 16h30 et 18h et la tétée de retrouvailles était très appréciée par lui et moi. Je ne tirais pas mon lait à midi car ma lactation était bien en place et les mercredis, samedis et dimanches, il lui arrivait encore de téter avant ou après le déjeuner. A cette époque, il tétait entre 4 et 6 fois par jour environ.

Dans le même temps, j’ai commencé à m’absenter pour de courtes tournées de 1 ou 2 nuits. J’avais un stock de lait au congélateur et nous donnions à Marcel , des yaourts au lait de brebis ou un morceau de fromage. De mon côté, je faisais 2 ou 3 tirages par jour, j’avais 2 sacs isothermes avec des pains de glace ce qui permettait à mon lait de rester bien frais avant de le mettre au réfrigérateur. Si le trajet retour était trop long et que les conditions n’étaient pas réunies pour une conservation optimale, je versais le lait dans le bain du bébé.

En juillet 2016, nous sommes partis 3 semaines à Avignon pour un festival de théâtre où les journées sont intenses et éprouvantes. Nous devions habiter avec l’équipe du spectacle mais mon conjoint et moi avons demandé à récupérer notre part du budget. Nous avons loué une maison pour permettre à nos parents de venir et se relayer pour garder notre fils. Cela nous a coûté un peu d’argent et pas mal d’énergie mais j’ai pu continuer à allaiter Marcel sans gêner personne.

A la rentrée 2016 il avait 18 mois et j’avais très envie de poursuivre l’allaitement. J’avais entendu pas mal d’anecdotes de mamans qui avaient laissé tomber parce que certaines structures d’accueil n’étaient pas favorables à prendre le lait maternel. Je me suis dit que pour continuer, le mieux était de choisir un lieu « tétée friendly » et pro maternage. C’est ainsi que Marcel a intégré une crèche parentale où le personnel est extrêmement bienveillant avec les enfants. Le lait maternel y est accepté simplement et avec plaisir. L’allaitement sur place ne pose aucun problème et les besoins des enfants sont au coeur du projet pédagogique. La crèche parentale prend du temps mais nous y avons appris beaucoup et passé de très beaux moments. J’ai pu continuer mon allaitement sans prise de tête et j’ai rencontré des mamans allaitant leur enfant (ou pas !) 1 an, 2 ans et plus.

Un nouveau séjour de 2 semaines à Avignon se profilait pour juillet 2017 et je devais y aller seule. Je ne voulais pas sevrer Marcel à ce moment-là, me disant que 2 semaines de séparation plus un sevrage ça faisait un peu beaucoup pour nous deux. J’ai profité d’une tournée de 5 jours en avril pour le sevrer. Marcel avait 2 ans et ne tétait plus que 2 ou 3 fois par jour. A mon retour et pendant 3 jours il a demandé à téter le matin, mais il est vite passé à autre chose fort de cette magnifique période que je revis maintenant avec mon 2ème enfant.

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Mon allaitement ou la puissance de mon instinct https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-ou-la-puissance-de-mon-instinct/ https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-ou-la-puissance-de-mon-instinct/#respond Tue, 06 Jul 2021 08:46:24 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2194 Merci à Juliette, 27 ans, maman d’une petite Lise, pour son témoignage. Maman d’une petite fille de 20 mois (déjà), j’ai vécu de grands chamboulements depuis sa naissance. J’ai souffert d’une dépression post-partum, qui a ensuite laissé place à une très longue et profonde « matrescence ». Des mois compliqués au cours desquels j’ai eu du mal … Continuer la lecture de Mon allaitement ou la puissance de mon instinct

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Merci à Juliette, 27 ans, maman d’une petite Lise, pour son témoignage.

Maman d’une petite fille de 20 mois (déjà), j’ai vécu de grands chamboulements depuis sa naissance. J’ai souffert d’une dépression post-partum, qui a ensuite laissé place à une très longue et profonde « matrescence ». Des mois compliqués au cours desquels j’ai eu du mal à être en phase avec moi-même et mon entourage. Mais si je me suis posée mille et une questions – et que je m’en pose toujours d’ailleurs -, il y a bien un sujet sur lequel je n’ai jamais douté : je souhaitais allaiter mon enfant, et le faire aussi longtemps que chacune de nous y prendrait du plaisir.

Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer. A vrai dire je ne me suis jamais posé la question. La puissance de l’instinct certainement. J’ai eu de la chance d’être entourée de personnes merveilleuses : sages-femmes, puéricultrice, consultante en lactation. Et aussi mon mari. Tous ont contribué à la réussite de mon allaitement. Pour la mise en route, pour aider à positionner ce bébé goulu qui n’ouvrait pas assez grand la bouche, pour m’informer sur l’existence des pics de croissance. Et le plus souvent, simplement pour me redonner confiance en moi dans les moments de doutes. Parce que oui il y en a eu : les crevasses, la reprise du travail, les pics de croissance, la fatigue, les baisses de lactation. Mais pour mener à un bien cet allaitement, je me suis surpassée et je me suis découvert une force exceptionnelle.

L’allaitement a en effet été une réelle révélation pour moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai mené un projet en parfaite adéquation avec mes envies profondes, en ayant la conviction de faire ce qui était juste pour moi et pour mon enfant. Et surtout, j’ai réussi à faire fi de toutes les réflexions et incompréhensions de mon entourage (Eh oui, moi aussi j’ai eu le droit au traditionnel : « Tu ne vas quand même pas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ? »). Comment ? Pourquoi ? Tout simplement parce que j’étais en accord avec moi-même, que mon mari me soutenait et que ma fille prenait autant de plaisir que moi à partager ces instants privilégiés. Je ne me suis jamais sentie agressée même lorsque les remarques étaient un peu moqueuses ou clairement porteuses d’un jugement. Le sujet de mon allaitement n’a jamais été source de conflit parce que j’étais en paix avec mon choix. Mais je peux aussi tout à fait comprendre qu’ils soulèvent des interrogations et de la surprise autour de moi. J’ai donc toujours été capable d’y répondre sereinement.

Attentive aux autres en temps ordinaire, ma maternité et l’allaitement ont accru mon empathie. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais porté aucun jugement sur mes amies, et sur aucune femme d’ailleurs, n’ayant pas allaité (par choix ou non). Au contraire, lorsque je décelais une certaine culpabilité chez elles à sortir un biberon alors que ma fille prenait le sein, je les rassurais. L’essentiel c’est d’être en accord avec soi-même, de faire ce qui nous a semblé juste à un instant donné. La tempête émotionnelle que l’on traverse en devenant mère est déjà bien assez intense, sans avoir à s’imposer quelque chose qu’on n’a pas envie de faire (allaiter pour elles ; arrêter d’allaiter au moment de la reprise du travail pour moi par exemple). Elles n’ont pas voulu allaiter ? Aucun souci. J’allaite toujours alors que ma fille a 20 mois ? Aucun problème.

La maternité m’a profondément transformée. Beaucoup de bonheur mais aussi des moments plus compliqués. Car non la parentalité n’est pas un long fleuve tranquille. Eh oui, nous avons le droit de le dire. Mon allaitement m’a permis de me (re)connecter avec moi-même et de vivre de manière plus apaisée toutes ces transformations. J’ai surmonté une dépression du post-partum. J’ai tiré mon lait pendant un an, parfois en tenant la pompe dans une main, le téléphone calé sous l’oreille tout en tapant sur mon clavier. J’ai transporté ma valise avec mon tire-lait plusieurs fois par semaine. C’était sportif, chronophage mais je ne l’ai jamais considéré comme un fardeau. C’était mon choix, ma décision. Je suis fière de mon allaitement mais aussi du cheminement que j’ai accompli grâce à lui. Au-delà de mon immense fierté d’avoir nourri ma fille, et de continuer à le faire, je suis émue d’avoir réussi à m’écouter et me respecter pleinement.

Alors aujourd’hui c’est surtout moi-même que je tiens à remercier. Ou plutôt mon instinct- animal ? maternel ?- je ne sais pas. Mais quoi qu’il en soit, il m’aura permis de vivre l’une des plus belles aventures de ma vie et de me redécouvrir. Alors mille mercis à toi d’avoir su prendre le dessus. Et s’il te plaît continue de le faire encore et encore, j’ai tellement envie de te (me) faire confiance aujourd’hui.

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Témoignage authentique d’un allaitement dit long https://www.leblogallaitement.com/temoignage-authentique-dun-allaitement-dit-long/ https://www.leblogallaitement.com/temoignage-authentique-dun-allaitement-dit-long/#respond Thu, 03 Jun 2021 13:55:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2182 Témoignage de Florie, sage-femme libérale, maman de 2 enfants. Elle tient à accompagner les jeunes mamans , libérer la parole sur les difficultés et la pression que les mamans doivent supporter. Dès le début de ma première grossesse, j’ai su que je voulais que mon bébé soit allaité. La première tétée a été magique, encore … Continuer la lecture de Témoignage authentique d’un allaitement dit long

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Témoignage de Florie, sage-femme libérale, maman de 2 enfants. Elle tient à accompagner les jeunes mamans , libérer la parole sur les difficultés et la pression que les mamans doivent supporter.

Dès le début de ma première grossesse, j’ai su que je voulais que mon bébé soit allaité. La première tétée a été magique, encore au coeur de l’émotion de l’accouchement, de cette découverte incroyable du visage de son bébé, de sentir son petit corps sur mon ventre et non plus dedans. Et la jolie surprise de découvrir que l’on venait d’accueillir notre première petite fille. La tétée de bienvenue s’est très bien passée, la miss a tétée dès le début comme une chef. J’ai la chance d’avoir eu deux allaitements qui ont démarré sans difficulté. Dès les premiers jours j’ai pu profiter de mon bébé collé à moi et lui offrir les tétées à volonté sans appréhension. Sans me fixer d’objectif ou de limites, je me disais que ce serait difficile pour moi si l’allaitement devrait s’arrêter avant 6 mois. Cette période est passée à tout vitesse et nous voilà à fêter le demi anniversaire de la princesse. La question du sevrage ne s’est pas posée. Tout se déroule si naturellement que je me suis mise à rêver d’un allaitement de 9 mois, puis pourquoi pas un an ?

Voir son bébé grandir au sein est une expérience extraordinaire, nous grandissons ensemble, moi en tant que maman, elle en tant que petit être. Les premières tétées sont une découverte, de nouvelles, sensations, de nouvelles responsabilités, des nouvelles craintes et angoisses également. Je revois ce petit bébé tentant d’attraper un mamelon trop grand pour elle, les premières photos sur lesquelles sa tête est plus petite que le sein en pleine expansion. Puis nous prenons nos marques, ces petits gestes réfléchis et hésitants laissent peu à peu place à une routine et une complicité entre nous deux. Les positions d’allaitement si importantes pour le démarrage deviennent plus acrobatiques au fil des mois. L’allaitement “à la demande” aux premières semaines nécessite que l’on devine quand bébé a faim, ou réclame un peu de réconfort. L’allaitement à la demande avec un bébé qui sait s’exprimer, se déplacer, nécessite d’être disponible quand bébé vient réclamer ses “tétée tétée“.

Je n’ai jamais été confrontée aux remarques de proches ou d’inconnus sur mon allaitement. Pourtant j’ai eu l’impression de l’allaitement “long” n’était pas justifié. Je n’ai jamais été à l’aise à l’idée de devoir allaiter en public. Je prône la liberté d’allaiter ou on veut et quand on veut, je suis attendrie lorsque je croise un bébé qui tète mais j’ai toujours eu la crainte de devoir faire face à des remarques désobligeantes. Plus mes enfants grandissaient plus je “cachais” mon allaitement, je me faisais discrète pour ne pas attiser des discussions.

J’ai été très fière et rassurée de pouvoir apaiser mon enfant en la mettant au sein. Ce réconfort est tellement efficace et évident lors de petits ou gros bobos, de petits ou gros chagrins, de stress, de peurs ou désamorcer une situation de tempête émotionnelle compliquée.

A ses un an, j’ai eu une remise en question. Ne sachant pas s’il était normal ou acceptable qu’elle soit toujours au sein. Au fond de moi il m’était impossible de me résoudre à la priver de ces moments qu’elle réclamait tant et qu’elle semblait bien apprécier. Je m’étais préparée au fait qu’elle arrêterait un jour, mais jamais au fait que je devrais la sevrer. Alors on a continué, les tétées sont devenues plus rares à certains moments mais malgré tout quotidiennes.

Quand elle a eu 15 mois nous avons décidé d’agrandir la famille. La question s’est vite posée de savoir si je continuerais l’allaitement pendant la grossesse, il m’était très difficile d’envisager le co allaitement mais encore plus de lui imposer le sevrage.

A ma grande surprise, elle a tétée moins souvent une journée, puis plus du tout le lendemain, pour ses 16 mois. Ce fût pour moi un soulagement car depuis quelques jours les tétées étaient devenues douloureuses, j’appréhendais ce moment. La semaine suivante je découvrais que son petit frère s’était déjà installé.

L’allaitement de ce 2ème bébé était une évidence. Je savais dès le début que cet allaitement serait un allaitement dit long. J’espérais lui offrir au moins autant que sa soeur. Nous avons donc tout mis en place pour surmonter les quelques difficultés que nous avons rencontrées : candidose à 6 mois, confusion biberon/sein à 10 mois… et les mois sont passés naturellement. Le cap des 16 mois est arrivé et bébé ne se décidait pas à arrêter. Je lui laissais jusqu’à ses 18 mois pour arrêter les tétées. Bien que je fusse toujours décidée à lui laisser choisir le moment de son sevrage, beaucoup de questions se bousculaient, j’appréhendais qu’on m’en parle et que l’on porte un jugement. Je me suis posée des limites, 20 mois puis 24 … Sans jamais parvenir à mettre en place un sevrage efficace. Finalement il prendra sa dernière tétée à un peu plus de 27 mois.

Je suis extrêmement fière de ce parcours. Je souhaitais partager cette expérience extraordinaire d’une part pour démocratiser non seulement l’allaitement mais aussi l’allaitement long et d’autre part pour transmettre le message aux mamans de toujours écouter leur instinct le plus profond.

Il faut savoir lâcher prise, se faire confiance et faire confiance à son bébé. Vous savez que vous lui apportez le meilleur. Si l’arrêt de l’allaitement vous semble prématuré c’est certainement qu’il l’est. Si vous vivez mal le sevrage de votre bébé, que vous ressentait une grande frustration, de la tristesse c’est que le temps n’est pas encore venu. Les tentations d’induire un sevrage sont revenues à plusieurs reprises. Mais chaque fois mon enfant me montrait à quel point c’était important pour lui de continuer.

Le sevrage naturel du petit humain est estimé entre 2 ans et demi et 7 ans. Chaque enfant chaque maman doit respecter son rythme et ses limites. Je vous encourage à vivre pleinement votre allaitement. Sachez vous entourer de personnes bienveillantes et compétentes pour vous accompagner dans les difficultés que vous rencontrerez tout en respectant vos choix et vos désirs.

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Caries précoces chez un jeune enfant allaité https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/ https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/#respond Tue, 06 Apr 2021 08:20:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2141 La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation … Continuer la lecture de Caries précoces chez un jeune enfant allaité

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La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation d’allaitement en Guadeloupe notamment. Elle nous parle aujourd’hui des caries du jeune enfant.

Une incisive qui se casse non loin de la gencive, presque comme si on l’avait sciée, une autre qui s’abîme avec une zone paraissant toute molle, jaune ou plus foncée et tirant vers le marron, des surfaces et tâches blanchâtres comme de la craie aux contours friables : vous voilà complètement déroutée et inquiète devant l’apparence des dents de votre enfant.

Votre bébé allaité présente des caries, devez-vous le sevrer ?

Vous réalisez que votre enfant allaité présente des caries et votre premier réflexe, à juste titre, est de consulter un pédodontiste ou un chirurgien-dentiste pour lui confier la prise en charge.

Dans un second temps, et en plus des soins réalisés, vous vous orientez peut-être vers une consultante en lactation parce que l’un ou l’autre de vos référents de santé aura désigné l’allaitement comme cause possible, ou vous aura demandé de sevrer, ce qui mérite bien un accompagnement car ni vous, ni votre enfant n’y étiez préparés.

Si, pour les consultant(e)s en lactation, les caries précoces de l’enfant constituent un motif relativement rare de consultation, il n’en demeure pas moins un. Et ces professionnel(le)s sont compétents pour vous apporter un soutien et des informations adéquats. Dans le cas de figure où une consultation individuelle n’est pas envisageable pour vous, voici quelques repères qui pourraient vous aider et qui vous sont transmis pour tenter d’éclairer la situation. Je mobilise à ce titre ma double compétence de docteur en chirurgie-dentaire, dont j’ai cessé l’exercice, et de consultante en lactation IBCLC, exercice auquel je me consacre à temps plein depuis 9 ans. Je me permettrai ensuite d’ajouter mon regard de mère à cette double compétence.

Le syndrome du biberon retrouvé chez l’enfant allaité ?

Force est d’avouer que pour le chirurgien-dentiste, il est bien tentant d’associer chez le tout petit allaité le communément nommé « syndrome du biberon » avec l’apparition d’une atteinte précoce des dents de lait. A la surprise du professionnel, le tout petit est peut-être d’ailleurs « encore allaité » à 13, 15, 18, ou même 24 mois. Il se trouve même médaillé de surcroît d’enfant « qui tète encore la nuit ! ». Et pourtant… ce raccourci est bien vite pris !

Les composants du lait maternel ont un effet protecteur

Certes, le lait maternel est sucré. Pour autant, le pH salivaire après une tétée n’est pas aussi acide qu’après un repas solide ou un biberon de préparation pour nourrissoni. Et la lactoferrine, pour ne citer que ce composant bien étudié, s’oppose au développement des bactéries impliquées dans la carie dentaire. La liste est longue pour mener une réflexion approfondie qui ne va pas dans le sens d’un pouvoir hautement cariogène du lait maternel.

La lecture des études scientifiques ne permet actuellement pas d’établir la preuve d’un lien de cause à effet entre l’allaitement au-delà d’un an, y compris la nuit, et l’apparition de caries précoces. En ce sens la CoFAM a publié des recommandations concertées pour la bonne santé bucco-dentaire du tout-petit, rédigées en collaboration avec la faculté d’odontologie de Nancy.

Les tétées nocturnes comme facteur aggravant et non prédisposant

J’ai été confrontée professionnellement à ces bambins qui sont amenés à consulter à la fois très jeunes (2-3-4 ans) et à la fois tardivement en fait car l’échange avec les parents, lorsque la question leur est posée(!), évoquait le plus souvent une dent de couleur inhabituelle dès son éruption, soit à 6 mois, ce qui devrait idéalement constituer un motif de consultation à cet âge. Cette suggestion rejoint d’ailleurs pleinement les recommandations de l’UFSBD qui met l’accent d’emblée sur l’existence d’émails anormalement formés repérables entre 6 et 12 mois (la fenêtre courante de l’éruption des incisives temporaires). Si tel est le cas, on peut aussi suggérer que des tétées nocturnes ne seront pas une cause mais un facteur aggravant sur un terrain destiné à développer une maladie carieuse tôt ou tard. Cela oriente le soutien dont vous avez besoin vers des soins appropriés, des mesures d’hygiène buccale et dentaire adaptées et sur-mesure et une surveillance fréquente car les soins apportés peuvent perdre leur herméticité rapidement lorsque les tissus sont anormalement constitués. Il ne sera pas alors forcément question d’envisager un sevrage soudain.

À ce regard s’ajoute mon expérience de mère.

Mon premier enfant allaité au-delà de deux ans, et la nuit jusqu’à 20 mois, n’a développé aucune carie et ses dents étaient parfaitement constituées. Lors de l’éruption de la première incisive de mon deuxième enfant, au moment où seulement quelques millimètres passent le bord de la gencive et que l’on s’extasie de cette étape du développement, j’ai pu remarquer un émail anormal, poreux qui, c’était évident pour mes yeux professionnels, allait se carier rapidement, tétées nocturnes ou pas. C’est ce qui s’est produit et il a été soigné alors qu’il n’avait que 10 mois ce qui a permis de s’acheminer vers la dentition définitive dans des conditions acceptables, certains soins étant à renouveler tous les ans.

Peu informée à l’époque, j’ai négligé l’événement sans plus d’investigations. C’est lorsque le problème s’est de nouveau présenté pour mon troisième enfant, qui d’ailleurs ne tétait pas la nuit depuis ses 5 mois, que j’ai décidé de prendre en compte sérieusement cette anomalie et je me suis aperçue que j’étais sévèrement carencée en vitamine D. Je ne me supplémentais pas car je vivais alors dans une zone ensoleillée sans me rendre compte que je ne recevais pas assez de ce soleil – nous sommes nombreuses à commettre cette erreur !, alors qu’avant mon premier enfant né dans une zone peu ensoleillée j’avais été très observante sur ma supplémentation. N’avais-je pas à l’époque d’autres carences ayant perturbé toutes les interactions nécessaires à la minéralisation ? Difficile de le dire a posteriori.

Parallèlement, une de mes consœurs a décidé de demander des bilans sanguins aux enfants et aux mères d’enfants touchés par des caries précoces. Tous présentaient une carence en vitamine D et provenaient de groupes de population qui avaient été réticents à donner la vitamine D prescrite. Loin de vouloir en faire une preuve, il serait intéressant d’explorer cette piste et d’autres encore dans les recherches mais également individuellement dès lors qu’un bambin présente ce type d’atteinte carieuse avec une dystrophie évidente de l’émail. Une hypothèse qui serait à creuser également est celle de l’exposition à certains polluants dont on sait qu’ils peuvent entraîner des malformations dentaires et des troubles de la minéralisation dentaire lorsque la mère présente des taux élevés durant la grossesse.

J’ai plus tard suivi au cabinet dentaire des enfants présentant ces caries traçantes (d’apparition précoce et de propagation rapide). Les recevoir précocement permettait de réaliser patiemment les soins, d’adapter les gestes avec les parents, d’adresser vers les médecins nutritionnistes et micro-nutritionnistes et d’éviter le sevrage. Une fois ces dents soignées, les enfants ont pu évoluer sereinement avec un suivi très rapproché. Aussi ténue que soit cette expérience, elle a apporté beaucoup de réconfort à tous sans éluder les soins nécessaires.

Programmer une visite au cabinet dentaire dès 6 mois

La recommandation de l’UFSBD de programmer une visite au cabinet dentaire dès l’âge de 6 mois, ou dans tous les cas à partir de l’éruption des premières dents, se justifie pleinement et permettrait de repérer précocement les dents et zones susceptibles d’être victimes d’une atteinte rapide, évitant ainsi probablement des destructions totales de la dent par fracture au niveau des zones de minéralisation anormales (ce que l’on voit régulièrement lorsque l’enfant est présenté vers l’âge de 2 ou 3 ans). À l’heure actuelle, tous ces axes et pistes évoqués sont les seuls connus et probants pour offrir à votre enfant la meilleure santé possible sans remettre en question l’allaitement.

Pour en savoir plus :

UFSBD : https://www.ufsbd.fr/espace-grand-public/votre-sante-bucco-dentaire/bebes-enfants/

CoFAM: https://www.coordinationallaitement.org/images/publications/CC_Synthese_Recommandations_pour_une_bonne_sante_bucco.pdf

Recommandations en vigueur sur la supplementation en vitamine D : http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/referentiels-d-origines-diverses/apercu?path=ANSES%2BAgence%2BNationale%2Bde%2BScurit%2BSanitaire%252FNUT2013SA0240Ra.pdf&i=10079.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2528780/

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-02/utilite_clinique_du_dosage_de_la_vitamine_d_-_note_de_cadrage.pdf

i: Avila, Walesca M et al. “Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis.” PloS one vol. 10,11 e0142922. 18 Nov. 2015, doi:10.1371/journal.pone.0142922

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Le sevrage « naturel » ? https://www.leblogallaitement.com/le-sevrage-naturel/ https://www.leblogallaitement.com/le-sevrage-naturel/#comments Thu, 04 Feb 2021 09:06:04 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2137 Claire, maman de Pia et de Lou. Autour des deux ans de ma fille aînée, il y a eu un moment crucial où j’ai pris la décision de la sevrer de nuit. J’avais dépassé mon seuil de disponibilité nocturne. Depuis plusieurs semaines les réveils s’étaient de nouveau multipliés, si bien que j’allaitais ma fille la … Continuer la lecture de Le sevrage « naturel » ?

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Claire, maman de Pia et de Lou.

Autour des deux ans de ma fille aînée, il y a eu un moment crucial où j’ai pris la décision de la sevrer de nuit. J’avais dépassé mon seuil de disponibilité nocturne. Depuis plusieurs semaines les réveils s’étaient de nouveau multipliés, si bien que j’allaitais ma fille la nuit à la même cadence que celle d’un nouveau-né. J’ai eu l’impression d’être ce hamster qui tourne indéfiniment dans sa roue, et j’ai réalisé que je n’y trouvais plus de joie. Du tout.

Pourquoi est-ce que je m’infligeais ça ? Pourquoi persévérais-je à partager mon corps épuisé alors que je souhaitais de tout mon cœur retrouver un peu d’intimité ?

Jour après jour, mois après mois, l’allaitement long avait nourri à la fois mon bébé et mon estime de moi. Je me sentais compétente, généreuse, nourricière et j’aimais vraiment cette relation de corps à corps avec mon enfant. Jusqu’à ce que j’ose regarder en face mon découragement. Comme un zombie, je soulevais automatiquement mon tee-shirt plusieurs fois par nuit pour donner le sein. J’étais devenue une machine. Subitement j’ai recontacté mes propres désirs, mes limites, et j’ai réalisé que je m’engluais dans une aventure qui ne me convenait plus. J’étais à la fois frustrée et triste de ce constat. J’ai aussi eu très peur de l’accoutumance. Peur de voler à ma fille sa belle autonomie. Peur de la rendre dépendante de sa maman-toute-puissante-au-sein-illimité.

Une fois cette résolution de sevrage partiel adoptée, je me suis sentie libérée et plus forte.

J’avais trouvé un moyen extérieur simple pour soutenir cette révolution : « quand la lumière est éteinte, on dort, quand il fait jour, tu peux téter ». Mais les habitudes ont la vie dure… la nuit où mon voisin a allumé sa lumière à 3 heures du matin, j’ai entendu, mi-amusée mi-dépitée, un victorieux « il fait jour, on peut téter ! ».

Les interruptions nocturnes n’ont pas diminué magiquement, au contraire : pendant une période j’ai encore moins dormi que lorsque j’allaitais. Je proposais à présent à chaque réveil de ma fille, au choix et à volonté, de l’eau, une caresse, une chanson, un câlin, ou simplement l’écoute de sa frustration gigantesque. Petit à petit, et à mon grand soulagement, ma fille a trouvé ses ressources pour se rendormir sans le sein, et moi les miennes, pour sortir de la culpabilité de sevrer mon enfant. J’ai même éprouvé une certaine fierté de m’être offert ce grand oui, celui de m’apporter un peu de répit. Et j’ai savouré la légèreté de mon corps aux contours retrouvés.

J’ai continué d’allaiter ma fille aînée la journée, pendant près d’un an, au rythme qui nous convenait, jusqu’au jour où au petit déjeuner, de but en blanc, elle m’a suggéré joyeusement « dis maman, si on arrêtait le sein ? ». Elle avait eu sa dose lactée, et elle était capable de s’en passer désormais. Elle prenait son envol, de son plein gré. Je l’avais sevrée de nuit, elle s’était sevrée de jour. De mon côté, j’avais eu ma dose aussi, depuis un bon moment d’ailleurs. De nouveau enceinte de quelques mois, mes seins sensibles rendaient chaque tétée inconfortable, voire douloureuse. Et pourtant je tenais à donner à ma fille la responsabilité de la fin de son allaitement. Sans doute un peu à mes dépens.

J’ai amorcé le sevrage de nuit de ma seconde fille il y a quelques mois, déterminée et flexible. Lors d’un de ses gros rhumes, j’ai préféré assouplir ma décision, dans un souci d’efficacité pour moi et de bien-être pour elle.

Est-ce que je patienterai jusqu’au sevrage naturel de jour, comme je l’ai fait pour mon aînée ? Je ne sais pas. En tous cas, je reste attentive à ses besoins et aux miens, et je fais le vœu que nous parviendrons à inventer, ensemble, le sevrage sur-mesure qui sera doux pour nous deux.

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La fin d’un allaitement long https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/ https://www.leblogallaitement.com/la-fin-dun-allaitement-long/#comments Wed, 29 Aug 2018 12:41:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1813 Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle. Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? … Continuer la lecture de La fin d’un allaitement long

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Mon allaitement a duré très exactement 3 ans. C’est moi qui ai décidé de l’arrêter et j’ai accompagné mon petit vers le sevrage. Mais cela ne m’empêche pas d’être triste, de ressentir un manque et de la nostalgie pour cette période si particulière et en même temps si naturelle.

Y-a-t-il un moment idéal pour arrêter ? Ai-je le droit d’être aussi triste que ces mamans qui ont subi le sevrage, soit parce que leur bébé l’a décidé, soit en raisons de difficultés ou de problèmes de santé ?

On ne peut pas s’empêcher de ressentir ce que l’on ressent, n’est-ce pas ? Je savais que quel que soit le moment, ce « passage » serait difficile, tôt ou tard. 3 ans m’a paru le bon moment. Ça fait déjà quelques mois que j’y pense. J’en ai parlé à mon petit, en lui disant que ce serait bientôt fini. Il l’entendait, mais n’était pas d’accord, bien sûr. Il tétait moins quand même, ne déglutissait que très peu, c’était devenu plus un rituel, un moment complice, que nutritif. Je pense que sur la fin il tétait volontairement d’une façon à ne pas provoquer la montée de lait. Quelqu’un a du lui dire, moi peut-être, que quand il aurait 3 ans ce serait fini, plus de tétées. Il l’a retenu, à chaque fois que, la date approchant, on lui parlait de son anniversaire, qu’il aurait bientôt 3 ans, il répondait « la tétée, c’est fini ».

J’avais bien déjà essayé d’arrêter, un soir, peut-être un peu lasse, voulant accélérer le temps du coucher, je lui ai dit, que le lait était devenu vieux, du « vieux lait ». Ce fut un échec, il m’a réclamé les jours suivant les tétées « violet » ! Et je ne voulais pas finir sur une image négative de l’allaitement, qu’il retienne que le lait n’était pas bon. Son inconscient aurait pu garder cette image et ternir ce souvenir, voire lui envoyer l’image que l’allaitement c’était mauvais et qu’il dissuade la future mère des ses enfants d’allaiter ! Bon, là, oui, j’ai un peu dramatisé, n’est-ce pas ? Je m’en suis quand même voulu d’avoir eu cette idée saugrenue.

Vint le fameux jour des ses 3ans. Je n’avais rien anticipé, emportée par le tourbillon de mille choses à penser sans cesse. Le matin, on a fait une tétée, comme d’habitude. C’est le soir que je me suis dit qu’il ne fallait pas manquer cette occasion, qu’il s’y était préparé. Au moment de la tétée, je lui ai proposé une histoire et j’ai ensuite enchaîné sur le rituel du coucher. Il n’a pas réclamé la tétée. Mais il s’est relevé plus tard, et a demandé à téter. Je lui ai dit qu’on ne pouvait plus, que c’était fini. Il n’a pas pleuré, il a plutôt sangloté mais c’était comme si il s’attendait à cette réponse. Il s’est malgré tout réveillé dans la nuit, a encore réclamé, sangloté,ce fut plus dur de refuser mais je me suis dit que si je cédais, il faudrait tout recommencer et que ce serait à chaque fois plus dur pour lui.

Le matin, mon mari me dit que d’arrêter d’un coup, c’était un peu dur quand même, non ? Et c’est ce que je me disais aussi : «  Quelle magnifique cadeau d’anniversaire je viens de lui faire, mais quelle horreur ! Il va associer anniversaire et perte affective. Quelle mauvaise mère je suis, je viens de gâcher le souvenir de 3 belles années d’allaitement… ».

Ici je remercie une des mes collègues qui m’a dit, que vu de l’extérieur, j’avais fait un sevrage idéal :Je m’étais préparé, je l’avais préparé, j’ai remplacé la tétée par un autre moment complice (lire une histoire, que j’avais fait exprès de ne pas encore inclure dans le rituel du soir, pour remplacer la tétée).

J’ai trouvé auprès de mes collègues une écoute qui m’a permis de parler de ma culpabilité et de mon sentiment de perte, peut-être plus facilement qu’avec mon mari, qui m’a toujours soutenu et accompagné , mais malgré sa bonne volonté, ne peut pas se mettre à ma place.

Quelques jours ont passé, j’ai tenu bon, il réclamait chaque matin et chaque soir, mais on sentait qu’il tentait sa chance, tout en sachant que ce n’était plus possible.

Je n’ai pas eu d’engorgements, ni aucun phénomène de ce genre, preuve qu’il avait déjà bien diminué les quantités.

Le week-end suivant, mon esprit tournait autour du sentiment d’avoir besoin d’un rituel de fin, de marquer ce passage, en commun avec mon conjoint. Pas des remerciements, j’en ai eu bien assez par tous ces beaux moments partagés, mais je n’avais pas encore bien défini ce dont j’avais besoin et n’en avait donc pas parlé. Et puis l’autre matin, mon petit qui s’approche de moi. J’ai pensé qu’il allait demander une tétée. A la place il plante son regard dans le mien et me dit: «Merci pour la tétée, maman».

Depuis, il n’a réclamé qu’une seule fois. Je reste un peu vide, mais c’est normal, c’est encore récent. Mais ce moment restera comme une belle fin, et je sais maintenant qu’il était prêt, peut-être plus que moi.

En tout, j’aurais allaité 6 ans ( 7 mois, 1 an, 18 mois et 3 ans). Cette période est finie, mais je suis fière d’avoir pu donner cette part de moi à mes petits.

[ Auteure ] : P.  une conseillère en lactation de Grandir Nature

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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L’allaitement long, pourquoi, comment ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/#comments Wed, 09 May 2018 09:26:10 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1757 Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement. Mais à partir de quand peut-on se considérer … Continuer la lecture de L’allaitement long, pourquoi, comment ?

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Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement.

Mais à partir de quand peut-on se considérer « en allaitement long » ? Après la reprise du travail ? A 3 mois ? A 6 mois ? A 1 an ? Plus tard ? Jusqu’au sevrage naturel ?

Chaque mère aura sa propre réponse …. en fonction de ce qu’elle est prête à donner à son bébé et à vivre avec lui. Avant la naissance d’un enfant, une mère a quelquefois des idées sur la durée de son allaitement ; peut-être en fonction de sa reprise de travail. Mais elle pourra être surprise par le changement d’avis qui peut éventuellement s’opérer chez elle. J’entends d’ailleurs souvent les mères expliquer : « Je voulais allaiter jusqu’à 3 ou 6 mois, mais à ce terme, je n’arrivais pas à me résoudre au sevrage, c’était impossible d’envisager d’arrêter ce lien, cette relation avec mon bébé ».

Des recommandations concernant la durée optimale d’allaitement ont été édictées par l’OMS (et reprises par les pays) qui invitent à allaiter exclusivement au moins 6 mois puis jusqu’à au moins 2 ans en association avec une alimentation diversifiée. C’est un repère basé sur la bonne santé des enfants du monde entier. Le manque d’information pour les mères est déjà criant au moment de la naissance ; mais, après quelques semaines, il est difficile de trouver des réponses aux questions liées à l’allaitement qui dure. En outre, si des erreurs ou préjugés sont véhiculés, alors il peut être rapide de perdre pied et donc sa confiance en soi.

Qu’on se le dise, tout au cours de l’allaitement et jusqu’à la dernière tétée, le lait maternel garde toutes ses propriétés immunitaires et nutritives ! A tout âge de l’enfant, le lait de maman sera toujours le meilleur aliment pour lui, le mieux adapté à ses besoins particuliers et à sa croissance.

En premier lieu, l’allaitement génère de fait une proximité importante entre la mère et l’enfant dont les deux ont besoin. Nous sommes des mammifères, de la famille des grands singes et nos petits ont besoin d’être en contact étroit et permanent avec l’adulte pour survivre, se protéger des microbes, virus et autres bactéries, se rassurer, mâturer leur cerveau et enfin se nourrir. Cette grande proximité aide l’enfant à créer et développer sa sécurité affective de base. Bercé, réchauffé, porté, il continue sa croissance au meilleur endroit qui soit : sur sa mère (et son père aussi). Et ces besoins perdurent longtemps ! Et, ô joie ! L’enfant va trouver tout cela dans le lait maternel jusqu’au sevrage.

Aujourd’hui, même si les bienfaits du lait maternel ne sont plus à démontrer à maints égards, il est un bienfait à souligner, expliquer, mettre en avant : celui de la relation mère/enfant. On entend souvent s’exclamer des gens surpris de constater un allaitement qui dure, devant quoi, il est parfois difficile pour la mère de répondre. Elle cherche alors souvent à se justifier, à légitimer cet allaitement.

Non seulement, la mère ne devrait pas avoir à se justifier mais elle pourrait même être accueillie en héroïne ! C’est elle, entre autres par son allaitement, qui construit son nourrisson, son bébé, son bambin puis son enfant. C’est elle qui le rassure, à chaque besoin exprimé, par ses douces attentions, sa tendre disponibilité, son réconfort aimant, jour et nuit, inlassablement. C’est elle qui offre (ou au moins prête !) son corps, ses seins à son enfant comme un îlot réconfortant où téter aide à dormir, console et apaise. C’est elle qui permettra à son bébé, stressé par une séparation par exemple, de retrouver un niveau de cortisol (hormone du stress) qui ne nuira pas au développement de son cerveau.

Bien sûr, la mère peut être supplée dans ce rôle auprès de l‘enfant mais l’allaitement et son contexte hormonal va lui permettre, à elle aussi, un endormissement plus facile, un apaisement psychologique et une assurance grandissante.

Alors, la mère ne trouvera aucune raison d’arrêter l’allaitement … Cette relation simple, apaisante se consolide avec le temps. Plus la mère répond aux besoins de son bébé, plus celui-ci prend confiance en lui-même : son besoin est reconnu, il a su l’exprimer et le voit assouvi. Il saura donc qu’il peut compter sur sa mère, ses parents, pour quoi que ce soit.

Cette construction, cette « sédimentation » va durer des années (entre 5 et 10 ans). Alors pourquoi ne pas continuer l’allaitement ?

Chaque mère, si tant est qu’elle puisse être informée, accompagnée, soutenue, légitimée dans son choix, prendra sa décision en conscience et fera ce qu’elle veut, ce qu’elle considère le mieux adapté pour elle et son bébé.

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin) https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-prevention-de-lobesite-les-mecanismes-mis-en-jeu-fin/#respond Wed, 18 Apr 2018 12:48:16 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1742 Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect. Pour tenter … Continuer la lecture de Allaitement et prévention de l’obésité : les mécanismes mis en jeu (Fin)

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Comme nous l’avions vu précédemment, une association entre l’allaitement maternel et une moindre prévalence du surpoids et de l’obésité à moyen et long terme est observée : l’OMS précise néanmoins qu’il existe de nombreux facteurs confondants dans les études d’observation qui rendent difficile la conclusion quant au rôle exclusif de l’allaitement sur cet aspect.

Pour tenter d’y voir encore plus clair, il peut être intéressant de comprendre quels mécanismes sous-jacents permettraient d’expliquer l’effet protecteur de l’allaitement.

Plusieurs facteurs peuvent en effet rendre compte du rôle joué par l’allaitement dans la mise en place d’un métabolisme ou d’un contrôle plus efficace.

Des composants spécifiques

Le lait des mammifères contient de nombreux composants dédiés à une croissance optimale des petits (optimum propre à chaque espèce qui doit s’adapter à son environnement). Dans le cas du petit homme, le développement des premiers mois affecte surtout le volume cérébral (la croissance du reste des tissus corporels est beaucoup moins marquée) car c’est surtout un déploiement optimal du câblage neuronal et un gain rapide en capacités cognitives qui caractérisent notre espèce. Pour cela, le lait humain se distingue par une teneur élevée en lactose (carburant du système nerveux central) et en corps gras et cholestérol (pour élaborer des tissus cérébraux).

Les préparations lactées, issues principalement du lait de vache, sont plus riches en protéines ce qui active davantage la croissance corporelle (muscles et squelette) : une des raisons pour lesquelles la courbe de gain de poids d’enfants non allaités est plus rapide. Or, un lien a été établi entre une lente prise de poids et un risque diminué d’obésité sur le long terme. Nous reviendrons sur les protéines « particulières » du lait maternel un peu plus tard.

Une autre différence entre lait maternel et préparations lactées pour nourrissons concerne le ratio oméga 6/oméga 3. Moins riche en oméga 3, la préparation pour nourrisson est souvent trop « déséquilibrée » entre les deux types d’acides gras ce qui a pour effet de stimuler la croissance des adipocytes (cellules spécialisées dans le stockage des graisses). De plus, ce déséquilibre conduit aussi à un phénomène d’inflammation dont on sait qu’il est impliqué dans le développement de l’obésité [1].

Revenons sur les protéines spécifiques du lait maternel. Plusieurs séries de données dont certaines récentes indiquent également que certaines protéines présentes en qualité et quantité optimales dans le lait humain jouent un rôle primordial dans la « programmation métabolique » de l’individu via l’hypothalamus.

L’hypothalamus est en effet cette zone du cerveau où s’interconnectent de façon complexe différents types de neurones très spécialisés. Sous l’effet de plusieurs hormones impliquées dans des boucles de de contrôle, l’hypothalamus active les neurones de prise de nourriture ou au contraire des neurones générant la satiété.

Les études dont par exemple ([2], [3], [6], [7]) n’ont pas encore fait le tour complet de la question mais les protéines impliquées sont par exemple la leptine, l’adiponectine, l’apeline et la ghréline.

 

Quelle(s) fonction(s) ces molécules ont-elles ?

La leptine et l’adiponectine sont toutes les deux des hormones produites par le tissu adipeux.

La leptine (du grec « Leptos » qui veut dire mince) est une protéine qui régule les réserves de graisses (elle induit la transformation des lipides et la synthèse des acides gras nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme). Mais elle joue aussi sur l’appétit en contrôlant la satiété; elle est aussi impliquée dans la dépense énergétique. Son rôle précis se situe au niveau de récepteurs de l’hypothalamus.

Différentes études ont montré que la leptine était présente dans le lait humain, en concentration variable pendant toute la période d’allaitement. Les laits industriels ne contiennent pas de leptine même si cette protéine est présente dans le lait de vache (l’écrémage du lait évacue en même temps la leptine).

L’adiponectine [4] [5], est une grosse protéine (composée de 244 acides aminés). Les études ont montré qu’un taux élevé de cette protéine diminuait le risque de diabète de type II en augmentant la sensibilité à l’insuline. Dans le lait humain, les niveaux restent marqués pendant toute la durée de l’allaitement. Dans les études de cohorte [5], des taux plus élevés d’adiponectine sont associés à un plus petit poids chez l’enfant.

L’apeline, est une protéine découverte récemment (1998) et encore plus récemment dans le lait humain (2010). Elle endosse de multiples fonctions : régulation de la pression artérielle, vaisseaux sanguins, effet sur la force de contraction du cœur… Mais le rôle qu’elle joue pour le métabolisme se situe à deux niveaux :

– au sein du cerveau : elle a par exemple été détectée dans les régions contrôlant l’appétit,
– elle active des récepteurs du système digestif (estomac, pancréas, colon).

La ghréline [6] est une petite protéine formée de 28 acides aminés. A la différence des autres hormones, elle stimule l’appétit  (en agissant sur l’hypothalamus) et active les hormones de croissance. Elle intervient aussi dans la régulation du poids sur le long terme.
Il a été mesuré un niveau de ghréline, beaucoup plus élevé dans les laits industriels que dans le lait humain (d’un facteur 2.5 en moyenne).

Ainsi, des composants spécifiques en quantité optimale sont présents dans le lait maternel. Ils jouent soit sur le rythme de croissance du bébé, la régulation de la satiété et l’appétit, soit encore sur la dépense énergétique.

Y a-t-il autre chose ?

Importance de la tétée

Bien que les mamans allaitantes soient souvent un peu inquiètes de ne pas pouvoir visualiser la quantité de lait absorbée par leur enfant, il semblerait bien que c’est tétant que le bébé a le plus de chances d’apprendre par lui-même à réguler ses propres apports alimentaires : des études se sont penchées sur la question.

Les enfants nourris au sein doivent téter de façon très active pour obtenir le lait alors que les enfants nourris au biberon sont plus « passifs » et fournissent un effort moindre. En plus, ces derniers sont beaucoup plus coachés par leur mère, père ou tout autre soignant qui encouragent « à terminer » le repas. De cette manière, ils n’apprennent pas à reconnaître les signes de satiété et ne parviennent pas à s’arrêter de manger au bon moment.

Enfin, n’oublions pas que le lait maternel change de composition et de goût tout au long de la tétée : le bébé apprend vite à reconnaître la « fin de tétée » et ainsi, à mieux équilibrer ce qu’il absorbe par rapport à ses besoins (faisons confiance à l’être humain). Il s’agit donc de mieux contrôler son apport énergétique, un acquis normalement gardé tout au long de la vie. C’est ni plus ni moins qu’un apprentissage comportemental. L’étude [8] l’a particulièrement bien montré en contrôlant différents paramètres.

Composants biologiques spécifiques et tétée « à la source » jouent tous les deux un rôle dans la régulation de l’apport calorique chez l’enfant allaité. Même si le consensus n’est pas établi, tous les éléments semblent cependant réunis pour qu’un jour l’argument de l’allaitement protecteur de l’obésité soit réellement validé.

NB : Attention, cela ne remet pas en cause la pratique occasionnelle consistant à offrir un biberon de lait maternel.

Références : 

1. Bartok CJ, Ventura AK. « Mechanisms underlying the association between breastfeeding and obesity », International journal of pediatric obesity, Vol 4, 196-204, 2009

2. Bouret SG.,  « Early life origins of obesity: role of hypothalamic programming » , Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 48 Suppl 1:S31-8, 2009

3. Palou, Pico, « Leptin intake during lactation prevents obesity and affects food intake and food preferences in later life », Appetite, Vol 52(1) : 249-52,  2009

4. Bronsky, Mitrova et. al.,  « Adiponectin, AFABP, and Leptin in Human Breast Milk During 12 Months of Lactation », Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, Vol 52(4) : 474–477, 2011

5. Woo JG, Guerrero ML, Altaye M, et al. « Human milk adiponectin is associated with infant growth in two independent cohorts ». Breastfeed Med Vol 4 : 101–109, 2009.

6. Savino, Petrucci et al., « Assay of ghrelin concentration in infant formulas and breast milk », World J Gastroenterology, Vol 17(15): 1971–1975,  2011

7. Victora C. G., Bahl R. et al., « Breastfeeding in the 21st century : epidemiology, mechanisms, and lifelong effect », The Lancet, Vol 387, 20168

8. Li R, et al., « Do infants fed from bottles lack self-regulation of milk intake compared with directly breastfed infants? »,Pediatrics, Vol 125(6), pp 1386-1393, 2010

[Auteure] : Pascale Baugé

 

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Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

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Histoire de ᶦᶦbouts de seinᶦᶦ et allaitement long… si si : c’est possible ! [la suite] https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-%e1%b6%a6%e1%b6%a6bouts-de-sein%e1%b6%a6%e1%b6%a6-et-allaitement-long-si-si-cest-possible-la-suite/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-%e1%b6%a6%e1%b6%a6bouts-de-sein%e1%b6%a6%e1%b6%a6-et-allaitement-long-si-si-cest-possible-la-suite/#comments Thu, 22 Feb 2018 13:28:21 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1708 Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais … Continuer la lecture de Histoire de ᶦᶦbouts de seinᶦᶦ et allaitement long… si si : c’est possible ! [la suite]

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Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais pu supprimer, Manon s’étant habituée à téter avec. Cathy a loué un tire-lait. Le modèle qui lui avait été proposé date de plus de 30 ans et elle n’extrayait que quelques gouttes de lait au départ. Grâce à une consultante en lactation, elle a changé de tire-lait et a réussi une relactation. Au final, elle a tout de même allaité 5 ans !

Elle a souhaité nous raconter quelques détails supplémentaires de son histoire et notamment les obstacles qu’elle a surmontés parce qu’elle estime que cela peut sans doute aider certaines d’entre vous à dépasser ces mêmes difficultés.

Lorsqu’elle a accouché, elle a subi une épisiotomie et un hématome qui l’ont fait souffrir au point qu’elle n’a pas dormi la première nuit à l’hôpital. En raison du manque de formation dans le domaine de l’allaitement, les soignants n’ont alors pas osé lui donner d’antalgique. Ce n’est que le lendemain qu’elle a pu bénéficier d’un traitement médicamenteux et d’une poche de glace qui l’ont un peu soulagée. A présent, elle sait trouver des renseignements concernant les médicaments compatibles avec l’allaitement sur le site du CRAT (Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes ) et peut le conseiller aux autres mamans qui allaitent autour d’elle.

En hiver, elle s’est aperçue qu’elle avait les mamelons tout blancs. Elle ressentait des douleurs aiguës, intenses, à type de brûlure. Elle a alors demandé conseils à la consultante en lactation qui a identifié un vasospasme des mamelons. Dans ses antécédents, la consultante note un syndrome de Raynaud au niveau des orteils et des doigts depuis ses 13 ans, ainsi que des migraines. Elle lui a conseillé d’éviter l’exposition au froid, de favoriser la circulation sanguine au niveau de la partie supérieur du corps en faisant de grands mouvements de rotation avec les bras, d’appliquer de la chaleur juste après la tétée.

L’autre difficulté a été son sein droit… ah celui-là ! Cathy a eu un engorgement au sein droit à la maternité. Celui-ci n’a pas été drainé car Manon dormait et ne tétait pas. Le tire-lait de la maternité était trop ancien, inefficace et entraînait des douleurs. L’engorgement a probablement conduit à une destruction de certaines cellules sécrétrices avec une diminution de la production de lait. Manon s’agitait au sein et pleurait. Cathy n’allaitait pratiquement qu’avec le sein gauche.

Quand elle a repris le travail, elle tirait son lait à la pause de midi. Un jour, alors qu’elle recueillait son lait, elle a ressenti une douleur insupportable au mamelon droit. Elle s’aperçoit alors qu’il est décollé et saigne. Elle téléphone aussitôt à sa consultante en lactation qui lui conseille de mettre de la lanoline recouverte d’une compresse. Le mamelon cicatrise au bout de plusieurs jours mais Cathy n’a pas le courage de refaire téter Manon à ce sein ni de tirer son lait de ce côté. Elle décide donc de n’allaiter qu’avec le sein gauche qui est d’ailleurs celui qui produit le plus.

Aujourd’hui, Manon a 10 ans, elle a eu sa première gastro-entérite cette année… preuve pour Cathy des bénéfices de l’allaitement. Il arrive à sa fille de dire « maman, tu te souviens quand je tétais ? C’était tellement bon ton lait. Moi aussi, je commence à avoir des nénés, bientôt je pourrai allaiter ». Cathy lui répond alors « mais il faut avoir un bébé pour allaiter ». Manon : « Ah oui, c’est vrai ». Et toutes deux rient aux éclats.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice à l’unité territoriale de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Science, maternage et bienveillance https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/ https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/#respond Thu, 16 Nov 2017 18:57:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1649  Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité. Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains. En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à … Continuer la lecture de Science, maternage et bienveillance

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 Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité.

Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains.

En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à continuer cet allaitement, leur donner les informations qui vont les aider à se sentir légitimes. Ces mères ont donc envie de faire durer cette relation. Elles sont très vite confrontées à leur besoin de soutien à nouveau parce que leur enfant grandit et des questions éducatives apparaissent alors.

En ce qui concerne l’éducation de cet enfant : elles n’ont qu’une envie, celle de « bientraiter » l’enfant à qui elles ont donné le « meilleur » et rencontrent la fameuse violence éducative ordinaire. Avec l’allaitement, les parents découvrent une certaine bienveillance envers leur enfant. Ils répondent de façon instinctive à ce petit d’homme qui n’a qu’un seul but dans sa toute nouvelle vie : survivre. L’enfant sait de quoi il a besoin, il l’exprime avec vigueur à ses parents qui y répondent  le plus souvent de façon instinctive, si tant est qu’ils ne se sentent pas trop jugés et culpabilisés par l’extérieur. Les parents prennent conscience du fait que leur enfant ne les manipule aucunement quand il fait part de ses besoins impérieux. Les parents se questionnent alors sur la réponse à donner : Faut-il laisser pleurer un bébé qui appelle ? Faut-il endurcir un enfant qui fait une colère ?

L’étude du cerveau réagissant à des stimuli extérieurs montre que son fonctionnement est optimal dès lors que l’environnement familial proche fait preuve d’empathie et de soutien envers l’enfant en détresse.

Pourquoi un enfant pleure-t-il ?

L’homme est une espèce dont le premier besoin est le contact permanent. Dès sa naissance, l’enfant subit des émotions* plus ou moins fortes qui vont déclencher chez lui des réactions plus ou moins entendues par ses parents. Cet enfant va exprimer, comme il peut et avec les moyens dont il dispose, son mal être ou un besoin à assouvir. Un enfant a un instinct de survie viscéral et dès que son bien-être est touché, il va le manifester.  En proie à certaines émotions (peur, tristesse, colère, dégoût…), il sera incapable, à cause de l’immaturité de son cerveau, de réguler seul ces émotions, en plus d’être submergé par l’émotion elle-même.

Ce qui a été promu pendant des décennies dans le cadre du maternage proximal (proximité du bébé, du bambin et de l’enfant avec une image parentale rassurante) est donc aujourd’hui avéré et démontré par les observations cliniques faites sur le fonctionnement du cerveau. Les neurosciences viennent supporter l’idée instinctive que se font les mamans du besoin de bienveillance de leur enfant.

Les petits d’hommes ont besoin du contact pour survivre et s’épanouir. Quand ils sont soumis à des émotions fortes, ils ont besoin d’être rassurés, pris dans les bras, bercés, allaités, pour faire baisser les taux d’hormones du stress qui font dysfonctionner leur système neuronal et cérébral.

Une maman lambda ne reste guère plus de quelques secondes impassible aux pleurs de son petit. Elle s’inquiète immédiatement de cet appel et va réconforter son bébé en le prenant dans ses bras, en le berçant, en le rassurant de sa chaleur et de son contact. Devant les réactions de son petit, elle peut lui proposer le sein et être rassurée par son apaisement. Se mettent alors en route des processus physiologiques involontaires mais déterminants au regard du besoin de bienveillance du tout petit. Le climat hormonal induit par cette situation rassérène mère et enfant. Le cerveau du petit d’homme stressé sera également apaisé par les hormones du lait maternel, notamment la prolactine, les endorphines, l’ocytocine ou la sérotonine. Mais, le lait maternel impacte également le système nerveux en développement, notamment, par ses acides gras très particuliers, qui favorisent la myélinisation c’est-à-dire la formation des gaines de myéline qui enveloppent les neurones.  La myéline est un tissu graisseux qui isole les fibres nerveuses les unes des autres (véhiculant une information électrique) et augmente la vitesse de transmission de ces informations.

Plus un bébé, bambin ou enfant recevra de câlins, de douceurs physiques, de bienveillance de la part de ses parents, même, voire surtout, dans les moments difficiles et plus son cerveau se développera et fonctionnera de façon optimale à des périodes cruciales et déterminantes de maturation.

C’est exactement ce qu’offre l’allaitement :

  • la composition du lait maternel
  • la proximité physique par le contact peau à peau (ou habillé)
  • la sensation pour l’enfant de se sentir contenu, enveloppé
  • l’accès libre et rassurant au corps de la mère jusqu’à ce que l’enfant soit suffisamment « rempli » de réconfort et réussisse à gérer tout seul ses émotions et ses réactions dans son quotidien et à travers ses relations aux autres.

 

*Emotion : Réaction affective de grande intensité habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.

[Bibliographie] :

  • Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse, éd. Robert Laffont
  • Margot Sunderland : Un enfant heureux, éd. Pearson education France
  • Dossiers de l’Allaitement n°52, La Leche League France

 

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaitement et risques de caries dentaires https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/#comments Tue, 24 Oct 2017 12:48:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1632 Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, … Continuer la lecture de Allaitement et risques de caries dentaires

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Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, recommandent parfois d’éviter l’allaitement long (comprendre au-delà de 6 mois) et les autres ne savent plus quoi penser. Quid par exemple de la préconisation OMS de poursuivre l’allaitement jusqu’aux deux ans de l’enfant ? Fait-on prendre un risque à la santé dentaire de nos enfants ? Le sujet reste très controversé.
Que disent les études scientifiques sur le sujet ? A-t-on des arguments biologiques permettant d’évaluer un risque accru de caries dentaires lors d’un allaitement long ?

 

Les sucres dans le lait maternel, lien suspecté avec le risque de carie

Dans la famille des sucres, la molécule la plus abondante est le lactose (globalement deux molécules de glucose assemblées). Parmi toutes les espèces de mammifères, le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulièrement utile pour le développement du tissu cérébral.
Une autre spécificité du lait humain (notamment le colostrum) est la présence élevée d’oligosaccharides (plusieurs sucres « simples » reliés entre eux).

Bref  particulièrement riche en divers sucres, le lait humain peut donc constituer un facteur de risque pour la formation des caries puisque que les bactéries qui creusent les dents, ont besoin de sucre pour se multiplier et adhérer aux dents.

Il faut cependant préciser que tous les sucres ne sont pas équivalents et que le lait maternel a de sacrées particularités.

 

Les causes des caries dans la petite enfance

 Les bactéries cariogènes (particulièrement les Streptrococcus mutans) qui peuvent contaminer la bouche utilisent les sucres consommés pour se développer, s’attacher les unes aux autres en formant un biofilm : elles produisent alors des acides qui peuvent conduire à la décalcification de la dent.

La carie est un problème délicat à évaluer car il est multifactoriel. Pour un enfant, cela dépend de son état de santé, de son poids de naissance (prématurité), du type de bactéries buccales (cariogènes ou pas), de la présence de sucres et lesquels, des caractéristiques des dents (défauts d’émail, morphologie et caractéristiques génétiques) et de son mode de vie : hygiène dentaire, attitude des parents, recours plus ou moins fréquent à des médicaments, et habitudes alimentaires. On évoque aussi [2]  une association entre le niveau de vitamine D de la mère pendant sa grossesse et les risques de caries chez l’enfant. Un manque de vitamine D peut avoir un effet sur la calcification des premières dents, prédisposant à une moindre qualité de l’émail qui peut plus facilement se déminéraliser.

En ce qui concerne le facteur lié aux sucres, puisque c’est sur ce point que l’allaitement est mis en cause, ce qui compte c’est :

– la fréquence d’exposition,
– la période pendant laquelle ils sont consommés (pendant les repas ou entre les repas),
– la nature même des sucres.

La consommation de sucres en dehors des repas et durant la nuit semble être le facteur le plus impactant : la sécrétion de salive est alors moins importante ce qui ne facilite pas le drainage des sucres qui peuvent plus facilement stagner autour des dents.

 

Quid du lait maternel ?

 Une grande majorité d’études [7] [8] montre que dans la période       0 – 12 mois, l’allaitement non seulement, ne favorise pas les caries dentaires mais permettrait même de s’en protéger.

Comment ? La présence dans le lait maternel de substances telles que la caséine et des anticorps semblent empêcher l’adhésion des bactéries cariogènes (« Streptococcus mutans ») au biofilm présent sur les dents et à la salive [9]. La lactoferrine du lait maternel, quant à elle, détruit les « mutans ».

La nature des sucres est également un point important dans la mesure, où les bactéries cariogènes ne consomment pas tous les sucres de façon équivalente. Selon des études récentes, le lactose présent en grande quantité n’intéresse pas vraiment ces bactéries qui préfèrent dégrader les sucres classiques tels que le saccharose (ou sucrose), le fructose, le glucose.

Enfin, un mécanisme complémentaire de protection est lié au fait que le lait maternel favorise l’acquisition de micro-organismes oraux qui font rempart : les lactobacillus par exemple empêche l’implantation des « mutans ».

Il faut également préciser [1] que la technique utilisée par un enfant allaité pour se nourrir est bien différente de celle d’un enfant au biberon. Dans le premier cas, l’arrivée de lait dans la bouche se fait plus dans la partie arrière tandis qu’avec le biberon, le lait peut plus facilement circuler autour des dents.
Allaitement long et caries : revue des études

 Pour la période au-delà de 1 an, les publications ne conduisent pas toutes aux mêmes résultats. La difficulté de trancher vient du fait qu’il est assez difficile de comparer des groupes (enfant allaités sur le long terme et enfants non allaités) et de s’affranchir des biais (notamment l’effet du régime alimentaire lié à la diversification, à l’exposition aux sucres raffinés dans les régimes modernes)

L’effet cariogène du lait maternel seul, a été étudié [3]. Il n’a pas été montré d’augmentation d’acidité, ni de décalcification de l’émail sur un petit nombre d’enfants âgés de 12 à 24 mois après consommation de lait maternel.

L’étude [4] a consisté à examiner l’état dentaire d’enfants de 6 ans (certains étaient nés dans un établissement encourageant l’allaitement, d’autres dans un établissement classique (groupe de contrôle). Les taux d’allaitement dans le groupe test étaient effectivement 7 fois plus élevés que dans le groupe de contrôle. Or, aucune différence de l’état dentaire n’a été notée.

Quelques études de cohortes [5] [6] ont également été menées sur ce sujet (respectivement 206 et 504 enfants observés).  Les résultats montrent que l’allaitement prolongé n’était pas un facteur de risque et que l’allaitement maternel de nuit ne provoquait pas de caries.

Mais, toutes les études ne sont pas si catégoriques notamment à cause des nombreux facteurs entrant en jeu [7] ce qui entretient une sorte de mythe (au sein même des professionnels de santé) où allaitement et caries dentaires sont associés : la plupart des partisans de cette thèse avance comme facteur de risque les tétées de nuit sur le long terme (au-delà de 12 mois) pour faciliter l’endormissement. Ils évoquent alors un flux de salive moindre et une hygiène dentaire limitée. Mais aucune base scientifique fiable ne corrobore ces hypothèses et les arguments précédents (substances protectrices dans le lait maternel) restent valables, même la nuit, sous réserve que le lait maternel reste le seul aliment consommé (tétine sucrée à éviter par exemple) et sans autre faiblesse particulière brouillant les cartes (telle qu’une moindre qualité d’émail).

 

Conclusion

Bref, sur la base d’études fiables correctement menées, il apparaît que le lait maternel soit riche en substances capables de contrer le travail des bactéries dévoreuses d’émail. Quant à l’allaitement long, aucune preuve scientifique consensuelle n’indique qu’il favorise la recrudescence des caries chez l’enfant sous réserve d’appliquer une hygiène dentaire suffisante et d’avoir une consommation de sucres modérée.

 

Références :
1- V. Lavigne, « Breastfeeding and dental caries », Clinical Lactation, 2013

2- R. Schroth « Prenatal Vitamin D and Dental Caries in Infants », Pediatrics, 2014

3- P.R. Erickson, « Investigation of the role of human breast milk in caries development », American Academy of Pediatric Dentistry, 1999

4- Kramer et al., « The effect of prolonged and exclusive breast-feeding on dental caries in early school-age children. New evidence from a large randomized trial. » Caries Research, 2007

5- Nunes, « Association between prolonged breast-feeding and early childhood caries: a hierarchical approach. » Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2012

6- Mohebbi, “Feeding habits as determinants of early childhood caries in a population where prolonged breastfeeding is the norm », Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2008

7- R. Tham, « Breastfeeding and the risk of dental caries : a systematic review and meta-analysis », Acta Peadiatrica, 2015

8- Avila, « Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis », PlosOne, 2015

9- Niemi L., « Human Milk Compounds Inhinbiting Adhesion of Mutans Streptococci to Host Ligand-Coated Hydroxyapatite invitro », Caries Research, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre (ses articles sont à retrouver sur son blog Le Monde et Nous.)

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés.  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

 

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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La nécessité d’allaiter selon Lucie https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/ https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/#comments Wed, 24 Aug 2016 13:12:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1422 Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants. Mon allaitement long Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. … Continuer la lecture de La nécessité d’allaiter selon Lucie

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Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants.

Mon allaitement long

Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. Je suis la seule à subir de nombreuses allergies et d’autres problèmes de santé… Je dois avoir sept ans et C’EST DECIDE, JE VEUX ALLAITER MES ENFANTS pour leur éviter d’avoir toutes mes allergies et mes problèmes de santé…

Nous sommes en juillet 2010 et le moment est arrivé, j’apprends ma première grossesse et c’est quelques mois plus tard que j’accouche prématurément par césarienne, d’un bébé ayant un faible poids dû à un retard de croissance. Tout va très vite mais je ne peux pas allaiter mon bébé. Il pourrait trop se fatiguer  car il est prématuré et affaibli par sa venue au monde ( ce qui n’est pas tout à fait juste, je l’ai appris par la suite mais ceci est une autre histoire).

Je ne me pose donc aucune question et je tire mon lait toutes les heures environ …

Je me sens comme une « vache laitière » mais les quantités tirées me rassurent, je vais pouvoir allaiter longtemps d’après le personnel de la maternité.

Après quelques jours, les ennuis commencent : suite à une poussée de fièvre et sous les mauvais conseils d’une professionnelle, je suis contrainte d’arrêter l’allaitement. On suspecte une mastite (inflammation du sein ) et on me met sous perfusion d’antibiotiques. Heureusement, le lendemain matin une puéricultrice plus informée sur le sujet, me recommande de reprendre au plus vite les tirages.

Puis je sors enfin de l’hôpital. Les mois passent …

Je suis à trois mois d’allaitement et je ressens ce manque que peuvent ressentir d’autres mamans quand leur bébé se met à téter de plus en plus pendant les périodes de pointe ( je ne savais pas encore ce que c’était ). Roméo* revient toutes les heures et hurle après les tétées, je décide d’utiliser mon tire-lait à nouveau et de ne plus mettre mon bébé au sein pour voir ce que je tire (son faible poids ne m’a pas permis d’être zen et de me faire confiance sur la prise au sein). Je ne tire que 10 ml toutes les heures et je décide donc de relancer ma lactation car mon stock diminue de plus en plus et le lactarium est passé prendre mes derniers vingt litres la veille ( je pensais que je n’en aurais plus besoin ).

Dès que Roméo a fini de téter, je tire mon lait et le papa le complète avec le lait tiré. La nuit je me lève toutes les heures pour stimuler cinq à  dix minutes. Ma belle-mère s’en mêle avec ses phrases anti allaitement « c’est la fin, l’allaitement ne dure jamais ! »

 La fatigue, la prématurité, mon long séjour à la maternité, de devenir maman…tout cela était un stress important et me voilà à acheter une boîte de lait, je ne sais pas encore à ce moment que je peux trouver du soutien auprès d’une consultante ou d’une sage-femme…ET POUR MOI C’EST LA FIN!

Je sais que je peux encore y remédier mais COMMENT ? Je n’ai plus de force ! Je quitte l’appartement pour ne pas voir mon bébé prendre ce biberon de lait artificiel, je suis déprimée et j’ai beaucoup de mal à m’en remettre. Je n’ai pas pu avoir ce lien privilégié auquel je m’attendais et auquel je m’étais préparée. Il me faudra un autre enfant pour « réparer les dégâts », du moins c’est ce que je pense…

NINA*

Nous sommes en 2014 quand Nina arrive parmi nous, elle ne présente pas de soucis en particulier si ce n’est un faible poids également. Suite à l’échec du déclenchement programmé, une césarienne est effectuée et nous sommes séparées le temps de mon réveil. Le papa l’accompagne en chambre et explique aux sages-femmes qu’elle ne doit pas recevoir de lait artificiel car je veux l’allaiter. Malheureusement elle a faim et sera alimentée par biberon avec du lait artificiel quand même…( là aussi j’ai appris qu’ on aurait pu me proposer de faire différemment..)

Lorsque je reviens en chambre, c’est bien sûr la première chose que j’ai fait, L’ALLAITER ! Tout ne se passe pas comme je l’espèrais, elle n’arrive pas à prendre le sein correctement. Elle « tétouille », ne déglutit pas, et dort toute la journée mais pleure toute la nuit. Une puéricultrice m’aide à extraire le colostrum sur une petite cuillère pour qu’elle ne perde pas trop de poids.

Les journées et les nuits s’enchaînent et je me vois confronter à la montée de lait difficile car Nina s’endort et je n’arrive pas à trouver la bonne position, celle où je n’ai  pas mal. Le personnel médical ne s’en inquiète pas… Je serre les dents et me dit qu’à la maison ça ira mieux ! En attendant je subis les visites répétées et les conseils déplacés…

Je rentre enfin et là aussi rien ne se passe comme je l’avais imaginé, Nina pleure toujours autant et réclame sans cesse le sein, je ne sais même plus différencier la tétée efficace de la « tétouille », elle s’endort sans cesse rapidement. Je connais à présent Grandir Nature et j’appelle donc la consultante en lactation et nous faisons le point. Je dois « refaire » mon accouchement, la césarienne et la séparation ont « laissé des traces » sur mon enfant, elle a besoin d’être rassurée et le peau à peau et les bains communs vont nous rapprocher et recréer ce cocon qu’elle avait au creux de moi ! Je porte Nina en écharpe pour la calmer lors des moments de « crises » et je « cododote » (en toute sécurité) avec elle ! Nina se réveille la nuit toutes les heures mais je décide de lâcher prise et Nina tète à présent sans que je m’en rende compte, cela ne me réveille plus ! Elle finira par espacer les tétées.

J’appréhende chaque période de pointe.  Vers les deux mois et demi de Nina, je sens déjà qu’elle réclame de plus en plus. Pas de panique : je dors plus, mange équilibré, bois de la tisane d’allaitement et surtout, j’ai le numéro d’une consultante en lactation. Je suis parée pour passer ce cap !

Je ne voulais pas craquer, j’avais cet objectif en tête. C’était une démarche « réparatrice ». Tout devait bien se passer et tout s’est bien passé. J’ai mis du temps à mettre en place cet allaitement, je dois continuer pour mon enfant et moi-même. C’est bien plus qu’un choix c’est une nécessité pour moi !

Nous voilà donc à six mois d’allaitement exclusif et j’introduis l’alimentation solide par la méthode DME**, Nina se débrouille comme une chef.

Mais le calme est de courte durée. Elle revient téter de plus en plus souvent . J’ai repris le travail depuis  un mois, j’ai eu mon retour de couches (qui réduit la quantité de lait que je tire) …

J’ai peur, peur de la fin, de la fatigue qui va s’accumuler, peur de ne pas être à la hauteur, mais je sais que c’est le dernier cap, après tout ira bien ! Cela aura duré deux semaines et Nina retrouvera un rythme.

Nina a deux ans et tète, non pas encore mais TOUJOURS ! Ce que pense les autres je ne m’en soucie plus. Des phrases rigolotes (et moins) j’en entends toujours. J’allaite partout, à la montagne pour rassurer, à la mer pour rafraîchir, à la maison après un bobo, dans la voiture pour calmer, bref mon sein est toujours là prêt à réconforter ou hydrater et qu’il serve de réfrigérateur, de doudou, de mouchoir, de  « chewing gum »,  qu’il soit admiré ou critiqué, moi je sais une chose…J’AI GAGNE !

*les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat

**DME : diversification menée par l’enfant.

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Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/ https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/#respond Thu, 04 Feb 2016 10:11:05 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1253 L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur … Continuer la lecture de Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur les données de la science.

Suzanne Gambin, lectrice régulière du blog allaitement a accepté de s’exprimer et de partager sa réflexion. « Nous sommes une famille de voyageurs » dit-elle « et, pour éviter d’avoir à stériliser des biberons, j’ai décidé d’allaiter. A la naissance de mon fils », explique-t-elle, « je me suis rapidement tournée vers des associations de promotion de l’allaitement, consultante en lactation afin de trouver des réponses à nos questions car même si l’allaitement est naturel, certains savoirs, certaines techniques se transmettent et s’apprennent… 

Ma fille est née 15 mois plus tard et nous avons poursuivi à trois l’allaitement ; à quatre même si on tient compte du soutien permanent du papa… Ce que j’ai appris de sûr, c’est que le corps humain est absolument fantastique. Le quotidien de jeune parent est jalonné de grands bonheurs et d’une multitude de petits et gros tracas. Je suis convaincue aujourd’hui que les bienfaits de l’allaitement sont beaucoup plus subtils quece que l’on peut imaginer notamment en permettant de se lier l’un à l’autre plus facilement. »

S’appuyant sur différentes études et recherches, Carole Kannapel confirme cette idée : « Le besoin primordial du jeune enfant » dit-elle, consiste à « établir un lien stable et sécurisant avec une figure maternelle répondant à ses besoins. » Elle ajoute que la psychologue Michelle St-Antoine l’évoque dans un article (1) : « Bowlby propose le terme d’attachement pour désigner le lien particulier unissant l’enfant à la figure maternelle. La théorie de l’attachement considère la tendance à établir des liens affectifs étroits comme un élément essentiel à la survie de l’être humain. Selon Bowlby, l’attachement à la figure maternelle servirait de base de sécurité à l’enfant pour explorer l’environnement. Dès la petite enfance, l’enfant développerait un modèle d’attachement particulier en fonction de l’attitude de la figure maternelle à son égard. Bowlby prétend que ce lien d’attachement en devenant intériorisé, servirait par la suite de modèle à toutes les relations intimes et sociales de l’individu ».


S.B. : « Quand mes enfants étaient tout petits, ils étaient comme scotchés à moi. Je les prenais souvent dans mes bras malgré les mises en garde de mon entourage qui n’avait de cesse de répéter que j’allais les gâter en me comportant ainsi avec eux et en cédant à leurs caprices. J’ignorais alors que la notion d’attachement et de perte avait été étudiée par des scientifiques et que l’état actuel des connaissances conforte ma manière de faire. Ma petite voie intérieure me disait que je ne pouvais laisser pleurer mon bébé. Ma conscience me torturait l’esprit. Et je me demandais si je faisais réellement au mieux pour mon enfant. Lorsque je n’étais pas tiraillée par des commentaires désobligeants, je dois avouer que je savourais avoir mes bébés contre moi sereinement blottis contre mon sein. »

C.K.: « Notons que l’influence de l’allaitement sur le comportement précoce des nourrissons ainsi que ses répercussions positives sur les mères est mal connue. L’allaitement peut entraîner des interactions plus importantes entre l’enfant et sa mère. Ces mères «  rapportent de plus bas niveaux de stress et d’humeur négative, et des niveaux plus élevés d’attachement » (2). Elles ont aussi tendance à percevoir leurs enfants comme leur procurant plus de satisfaction. De plus, le contact physique précoce et régulier entre l’enfant et sa mère serait important pour le maintien d’un comportement maternant. 

S.B : Mes choix de mère ont été guidés par mon instinct. J’éprouvais un plaisir incontesté de les sentir, de les porter, de les masser, de les allaiter. Je suis heureuse aujourd’hui et soulagée d’apprendre combien mes choix étaient pertinents. L’allaitement, m’a-t-on dit, nous permettrait de tisser des liens solides avec nos enfants, et aussi de mieux supporter les périodes difficiles en libérant certaines hormones.


C. K. : « Pendant la lactation, sous l’effet de la sécrétion de l’ocytocine, les cellules myoépithéliales qui entourent les lactocytes (les cellules qui sécrètent le lait) se contractent et permettent l’éjection du lait.

L’ocytocine est surnommée hormone du bonheur, de la confiance. Des études ont mis en évidence les points suivants :

– au moment de l’installation de l’allaitement, l’ocytocine agirait non seulement sur l’état physiologique, mais également sur l’état psychologique de la mère. Elle contribuerait à créer un lien mère-enfant par des changements dans des régions spécifiques du cerveau. Des associations significatives et solides entre l’ocytocine et les aspects des relations mère-enfant existeraient.

– l’ocytocine aiderait aussi à préparer le système nerveux central à élever un enfant à long terme. Durant la grossesse et la période périnatale, les récepteurs de l’ocytocine seraient induits dans de nombreuses régions du cerveau et seraient impliqués dans le comportement maternel. Certaines données indiqueraient que l’allaitement et la stimulation du sein par l’enfant pourraient aider à maintenir ces récepteurs.

– l’ocytocine serait également impliquée dans de nombreux comportements sociaux, affectifs, physiologiques et physiopathologiques. Le système ocytocine + récepteurs à l’ocytocine semblerait jouer un rôle majeur dans le « bonheur », ou tout au moins dans la confiance. L’ocytocine favoriserait l’empathie, les liens sociaux. Elle semblerait impliquée dans divers troubles émotionnels.

– l’ocytocine aurait une action directe sur le corps de la maman en diminuant les hormones du stress.

– les mères allaitantes seraient plus susceptibles de développer un attachement sécurisant avec leur nourrisson ce qui est associé à l’augmentation de la durée de l’allaitement

L’ocytocine aurait donc un rôle dans la qualité de l’attachement mère-enfant ce qui peut soutenir le bon développement de l’enfant. » 

SB : « Je serais d’avis d’ajouter l’étude du rôle de ces hormones si nécessaires dans notre corps aux programmes scolaires ! C’est fou ce que notre corps recèle comme trésors. Si nous n’avons pas toutes l’intérêt, les dispositions, le temps pour des lectures averties, un résumé de certaines recherches scientifiques peuvent parfois se révéler salutaires et aidantes pour les jeunes parents que nous sommes. Je me souviens m’être posée une multitude de questions. Savoir que la nature a tout prévu m’aurait probablement évité un certain nombre de doutes et cela aurait conforté mes choix. »

Ces deux points de vue nous montrent combien maternage, allaitement et bienveillance sont intimement liés. L’attachement que procure cette manière d’accompagner les bébés au cours de leurs premiers mois constitue un atout au service de leur autonomie à terme. La recherche scientifique n’a de cesse de le démontrer. Des auteurs comme Bowlby ont mis en lumière combien les interactions entre les parents et leurs enfants leur procurent un socle de sécurité de façon stable. L’allaitement ajoute à cet  édifice une protection complémentaire.

Bibliographie :

[1] ST-ANTOINE M. Les troubles de l’attachement, Conseil multidisciplinaire Revue professionnelle Défi jeunesse “.
[2]
Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Allaitement maternel. 2008. i-iii

Pour aller plus loin :

« Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau» de Catherine Gueguen, éditions Laffont

[Auteures] :

Carole est puéricultrice en PMI ( Protection Maternelle et infantile ). Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel). En véritable passionnée, elle est engagée depuis de nombreuses années dans le soutien à l’allaitement maternel.

Suzanne Gambin est mère de deux enfants âgés de 4 et 5 ans. Lectrice avertie du blog allaitement, elle connaît en tant que mère allaitante les joies et difficultés « du devenir parent ». et toute la complexité des sentiments liés à cette exploration.

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Le tire- lait et Magalie https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/ https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/#comments Thu, 26 Nov 2015 14:02:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1216 Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie. Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte. Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle … Continuer la lecture de Le tire- lait et Magalie

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Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie.

Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte.

Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle a ressenti quand elle a su qu’elle attendait une petite fille.

Son souhait le plus cher était de la mettre au monde le plus naturellement possible et de l’allaiter.

Elle a dû batailler pour retarder le déclenchement pour raisons médicales et ainsi laisser toutes les chances à son bébé de démarrer sa nouvelle vie plus sereinement.

Elle a accouché un beau jour du mois de mai, sans péridurale presque comme elle l’avait souhaité.

Marie semble bien téter au début même si elle s’endort vite. Marie est fatiguée, c’est normal elle a quand même subi deux jours de contractions déclenchées avant sa naissance. Elle perd rapidement beaucoup de poids. L’équipe de la maternité lui propose alors un tire-lait mais la culpabilise par rapport à sa capacité à allaiter : «  vous n’avez pas assez de lait ! Ca ne fonctionnera pas»

Je la vois à sa sortie de la maternité, Marie a six jours. Magalie tire péniblement toutes les trois à quatre heures de petites quantités entre trente et quarante millilitres. Je regarde Marie téter, elle tète bien mais s’endort très vite, nous sommes donc obligés de la compléter avec du lait de préparation pour nourrissons pour l’instant….

Dans un premier temps, je lui conseille un tire-lait plus adapté avec des téterelles à sa taille, et de tirer plus souvent nuit et jour.

Je lui suggère également de comprimer le sein pour augmenter le débit quand Marie tète, ce qui augmentera ses apports et l’aidera à rester éveillée plus longtemps.

Au bout de quelques jours, le travail paye, elle arrive à tirer 80 ml par biberon. Le cododo  et le portage en peau à peau l’aident beaucoup, notamment à se reposer.

Vu la prise de poids et l’éveil de Marie, j’encourage Magalie à lui proposer plus souvent le sein pour doucement repasser à l’allaitement en direct et oublier le tire-lait.

En les revoyant quelques jours après, Magalie m’avoue qu’elle n’a pas osé le faire. En effet, de voir ces quantités la rassurent tant, qu’elle préfère tirer toutes les deux heures plutôt que mettre Marie au sein ainsi « elle est sûre qu’elle mange assez ». Elle aimerait continuer aussi à la mettre au sein mais plus épisodiquement.

Pour pouvoir maintenir une production suffisante, je lui suggère de continuer à tirer très souvent jour et nuit.

Aujourd’hui, Marie a six mois, elle commence la diversification. Magalie continue d’exprimer son lait dont la production a encore augmenté. Certains jours, elle tire jusqu’à 1700 ml sur 24 heures. Elle continue de tirer toutes les deux à trois heures jour et nuit. Elle souhaite diminuer son nombre de tirages une fois que Marie sera bien diversifiée pour être sure d’avoir toujours assez de lait même si son congélateur déborde de sachets de lait . 🙂

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Un autre regard sur l’allaitement en vacances https://www.leblogallaitement.com/un-autre-regard-sur-lallaitement-en-vacances/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-regard-sur-lallaitement-en-vacances/#comments Thu, 01 Oct 2015 15:06:09 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1195 Et voici le moment tant attendu des résultats du grand concours d’été : « Allaiter en vacances ». Merci à toutes celles qui ont participé, le choix a été difficile. Mais voici les grandes gagnantes élues par toute l’équipe de de Grandir Nature : Premier prix : Bérengère T. avec son récit sur les vacances à la montagne, gagne l’écharpe … Continuer la lecture de Un autre regard sur l’allaitement en vacances

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Et voici le moment tant attendu des résultats du grand concours d’été : « Allaiter en vacances ».

Merci à toutes celles qui ont participé, le choix a été difficile.

Mais voici les grandes gagnantes élues par toute l’équipe de de Grandir Nature :

Premier prix : Bérengère T. avec son récit sur les vacances à la montagne, gagne l’écharpe Fil-Up.

Second prix : Perrine V., les vacances à la mer, gagne le soutien-gorge

Troisième prix : Séverine P., et son bébé globe-trotter, gagne le kit allaitement.

Encore bravo à toutes pour vos témoignages et vos photos. Place maintenant au récit de Bérengère.

Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce obligation !), pas de biberon, pas de petits pots, pas d’horaires fixes : une tétée pour s’habituer au nouvel environnement, des tétées pour attendre les repas, d’autres pour soigner les petits bobos de la vie en plein air. Nous nous sommes mis aux rythmes les uns des autres, oubliant les contraintes de la vie active. Après une année marathon, nous avons enfin pu dormir (cododo et allaitement ou comment ne pas se réveiller de la nuit et faire des nuits de 10 h à 12 h pendant 15 jours !). 

J’étais tellement heureuse de venir pour la première fois en famille dans ce lieu qui m’a vue grandir ! Ce fut l’occasion de le présenter aux gens que nous connaissions sur place. Parmi ces personnes, il y a Sylvie*, je l’ai toujours vue dans son alpage. Chaque été, elle monte en altitude avec sa famille (mais ses enfants sont partis depuis longtemps), un troupeau de vaches, un troupeau de chèvres et son chien. Elle vit là-haut, au rythme de ses bêtes dont elle vend les fromages aux promeneurs. 

Alors que je lui présentais Petit Loup, la conversation s’est engagée autour du lait : non, je n’allais malheureusement pas lui prendre de fromage au lait de vache cette année, Petit Loup étant intolérant. Elle a insisté : je pouvais bien en prendre un pour mon compagnon et moi-même, pas besoin de d’en donner à notre fiston. Poussée dans mes retranchements, je lui ai révélé la poursuite de mon allaitement.

Apprenant ça, Sylvie m’a toisée d’un œil connaisseur et surpris à la fois, puis elle m’a lancé : “eh bah, t’es une bonne laitière toi !!” Je suis restée un moment sans réagir, ne sachant trop que penser. C’est alors seulement qu’elle m’a expliqué avec une pointe de nostalgie que, pour elle, ses allaitements avaient tourné court assez rapidement faute de lait (et de bons conseils ?). C’était donc un compliment, légèrement teinté d’envie ! Le plus étrange des compliments que j’aie reçu jusqu’ici… et finalement, à mes yeux, l’un des plus beaux : une sorte de reconnaissance, sans jugement, de cet allaitement qui se poursuit dans la durée, bien au-delà de ce qu’elle a connu avec ses propres enfants ! 

Un dernier instant de vacances pour Petit Loup avant la reprise du travail

Mon Petit Loup a 14 mois. Il a tellement grandit pendant l’été ! Lorsqu’il est arrivé sur notre lieu de vacances, il marchait à quatre pattes et il est reparti sur ses deux jambes. Il a poussé d’un seul coup et a découvert tant de choses… C’est devenu un vrai petit garçon, tout le monde me le dit. Et moi, face à ce bébé devenu “grand”, je sens un léger malaise me gagner à l’idée de le faire téter en public. J’essaie de plus en plus de différer ses demandes. 

Mais voilà, c’était un lundi, de retour à la vie citadine. Nous avions encore des montagnes plein la tête, mais il fallait déjà commencer la période d’adaptation chez la nouvelle assistante maternelle. La journée avait été chargée en émotions : premiers moments de garde, première promenade avec Petit Loup à pieds dans la rue… Son sommeil ne venait pas, trop d’agitation. J’en ai profité pour sortir encore une fois : il me fallait aller signer un document, une erreur administrative, c’était urgent. J’étais stressée, pressée : il y avait ça et puis les courses : qu’allait-on manger le soir ? et puis le bain, pas pris la veille. Et ses petites griffes acérées à couper pour qu’il ne griffe pas son petit copain de garde. Mais Petit Loup traînait la patte : trop fatigué, il n’avait plus envie de marcher. Je l’ai pris dans mes bras, mais alors que je m’attendais à ce qu’il s’effondre sur mon épaule, il s’est précipité pour réclamer une tétée ! Une de ces demandes impérieuses qui n’attendent certainement pas le retour à la maison. J’ai regardé autour de moi, je ne voyais que la rue, des trottoirs, des voitures : où s’installer ? Un instant, j’ai été prise de panique. 

Et c’est là que j’ai (re)découvert ce tout petit square : un bac à sable entouré de quelques bancs, le tout isolé du reste de la ville par de grands bosquets fleuris. Aucune hésitation, c’était notre endroit ! Je me suis assise avec lui, et tant pis pour le reste. J’ai prévenu mon compagnon qu’on ne tiendrait pas le programme, qu’il prenne le relais. J’ai ralenti, pris le temps de respirer, de profiter du moment. Petit Loup a tété goulûment, ça a duré quelques minutes de douceur, blotti contre moi. C’était l’heure de sortie de bureau, l’heure où tout le monde se presse. Je sentais la ville s’activer là, partout autour de nous, mais pour moi plus rien ne comptait : je savourais la caresse du soleil sur ma peau, la brise légère qui faisait danser les cheveux de Petit Loup, les jolies fleurs qui nous entouraient et que je remarque à peine d’habitude. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée en vacances, devant le chalet, face aux montagnes. Je l’ai regardé s’endormir, si paisible… En mon for intérieur, je l’ai remercié de m’offrir ce moment-là isolé de l’agitation ambiante, celle des autres et la mienne. Ce dernier instant de vacances avant la vraie reprise… 

*prénom modifié par souci d’anonymat

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Une maman déterminée à allaiter malgré les difficultés https://www.leblogallaitement.com/une-maman-determinee-a-allaiter-malgre-les-difficultes/ https://www.leblogallaitement.com/une-maman-determinee-a-allaiter-malgre-les-difficultes/#comments Thu, 09 Jul 2015 13:26:07 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1142 Voici le témoignage bouleversant d’une maman qui nous a écrit son histoire spontanément lors du retour de son tire-lait. Une fois de plus, ce qui ressort, c’est l’importance du soutien, autant des professionnels que de l’entourage, car l’allaitement, c’est comme la vie, ce n’est pas toujours simple… Même si un premier allaitement s’est très bien … Continuer la lecture de Une maman déterminée à allaiter malgré les difficultés

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Voici le témoignage bouleversant d’une maman qui nous a écrit son histoire spontanément lors du retour de son tire-lait. Une fois de plus, ce qui ressort, c’est l’importance du soutien, autant des professionnels que de l’entourage, car l’allaitement, c’est comme la vie, ce n’est pas toujours simple… Même si un premier allaitement s’est très bien passé, les suivants peuvent être difficiles, et il faut alors trouver la bonne personne pour nous aider. Mais que de joie ensuite, lorsque les obstacles sont passés. Joie d’avoir réussi ensemble, et santé pour le bébé, car souvent, plus il y a de problèmes, plus le bébé a besoin d’être allaité. Et pour la femme, c’est une étape importante dans sa vie à elle : elle a grandi et mûri au cours de ces difficultés, elle s’est construite et a affirmé sa personnalité.

Ma fille aînée vient d’avoir sept ans, cela fait donc sept ans que j’allaite, que chaque jour de ces sept dernières années, j’ai donné le sein à un enfant, ou deux, chaque jour…
C’est avec elle que j’ai découvert l’allaitement, bien briefée par d’autres mamans via un forum Internet. J’ai vécu un démarrage très serein, les “journées de pointe” se sont passées sans inquiétude, et j’ai énormément apprécié d’avoir été BIEN INFORMEE à l’avance. C’est une chose qui me paraît fondamental et qu’on ne dit peut-être pas assez aux jeunes mamans… car si allaiter est “naturel”, allaiter n’est pas “culturel” et cette culture fait vraiment défaut, le fait d’avoir vu, ou pas, des mamans allaiter leurs enfants ne fait pas partie du vécu de beaucoup de jeunes femmes avant l’accueil de leurs propres enfants.

Mon premier fils est né vingt mois et demi plus tard. J’allaitais encore ma fille, je les ai co-allaités, avec plus ou moins de bonheur, des moments difficiles, notamment un sentiment de solitude, d’isolement… Mais globalement nous en avons été très heureux ! Nous avons notamment beaucoup apprécié la sérénité, la facilité de l’allaitement d’une part. Par exemple, lorsqu’un enfant était malade, il cessait toute prise alimentaire autre que le sein, dormait, et guérissait vite et paisiblement… D’autre part, lors de nos voyages à vélo avec la tente, le matin les enfants tétaient, et n’avaient pas besoin de manger autre chose avant le milieu, voire la fin de la matinée. Je ne me suis pas toujours sentie à l’aise à l’idée d’allaiter les deux enfants en même temps en public ! Et cela, de fait, arrivait rarement, c’était plutôt réservé au lit le matin, je crois (les souvenirs s’estompent… je ne suis plus bien sûre de comment c’était !)

Mais avant cette sérénité, il y en a eu, des difficultés. Dès la naissance, mon fils régurgitait beaucoup. A la maternité, il y avait déjà des rejets, une toute petite tache blanche… je me suis rappelé bien plus tard le volume de l’estomac d’un nouveau-né : en fait il rejetait déjà, parfois, TOUT ce qu’il avait ingurgité… Mon petit garçon pleurait beaucoup, grandissait peu, n’avait pas très bonne mine… Je voyais cela, mais le médecin ne l’a pas vraiment pris au sérieux, la sage-femme n’était pas assez disponible à ce moment-là, et avec quelque part en moi la peur d’être jugée sur le co-allaitement, je n’osais pas trop m’ouvrir sur mes peurs et mes difficultés… Lorsqu’il avait deux mois et demi, à un moment, j’ai littéralement vu “fondre” mon fils. En une journée j’ai vu ses cuisses et ses joues se vider, je lui ai mis les couches lavables au réglage pour nouveau-né… Je l’ai vu non seulement régurgiter, mais aussi vomir (spasme). Il tétait alors toutes les deux à quatre heures en journée, et rejetait parfois longtemps après les tétées. Je savais qu’il ne pouvait pas s’agir du fait que je n’aie “pas assez de lait” pour lui, vu les flaques gigantesques qu’il pouvait produire…

A ce moment-là, je l’ai “mis sous perfusion” au sein : j’ai commencé à le porter constamment (dix à quinze heures par jour), en écharpe, en sling, devant, sur le côté, sur le dos – auparavant je le portais déjà en écharpe, mais deux-trois heures par jour. Je l’ai porté donc beaucoup plus contre moi, toujours en position verticale assis-accroupi (jamais allongé en hamac) en assise profonde, le mettant au sein chaque fois qu’il réclamait. Je n’ai jamais compté, mais il venait au sein je crois autour de quarante fois en vingt-quatre heures. Il a très vite repris du poids, les tétées nocturnes qui étaient déjà assez espacées (cinq-six heures) sont revenues toutes les deux-trois heures, je l’avais contre moi la nuit, et globalement cette période a été vraiment très satisfaisante ! Le fait d’avoir pris les choses en main, d’avoir su faire le nécessaire pour que mon bébé aille mieux, et moi aussi, m’a vraiment fait beaucoup de bien. Le contexte était très difficile, mon mari qui avait toujours été présent, s’est mis à enchaîner les déplacements professionnels à l’étranger.

Et, de mon côté j’ai commencé à prendre conscience que l’accouchement ne s’était pas bien passé contrairement à ce que je disais au départ. En fait je l’avais très mal vécu, la sage-femme avait été intrusive et désagréable. A partir de mon retour de couches (après quinze mois d’aménorrhée) et jusqu’à ce que je retire mon Dispositif Intra-Utérin (deux ans et deux mois après ce deuxième accouchement), le signe par lequel je savais que mes règles commençaient, était non pas une sensation de contraction ou d’écoulement, ou une douleur au bas-ventre, mais un flash-back de l’accouchement. A chaque cycle un nouveau souvenir qui refaisait surface. Toucher vaginal atrocement douloureux, refus de la sage-femme de m’aider à me positionner pour l’expulsion, refus de la sage-femme de me laisser prendre mon bébé lorsque je l’ai expulsé… Avec cet accouchement très mal vécu et toute cette violence ressentie, je suis devenue violente avec ma fille aînée, j’avais l’impression de devenir un monstre, aux antipodes de la maman que j’étais jusque-là, et de celle que je souhaitais être ! Et l’attachement à mon petit garçon qui pleurait tant était difficile… J’ai énormément apprécié d’être complètement habituée au portage et à l’allaitement, je n’étais pas capable de l’allaiter ou de le porter avec plein d’amour, d’affection et d’attendrissement, j’avais le sentiment de le faire de façon un peu automatique, mais je le faisais. Et quand les choses se sont posées, apaisées, peu à peu, toute cette routine déjà bien installée, j’ai pu la remplir d’une vraie relation consciente et tendre. Ouf…

Ma grande avait cinq ans et trois mois, mon fils trois ans et demi, lorsque est née notre troisième enfant, une fille. Nous avions longuement préparé, avec notre sage-femme, la naissance de notre deuxième enfant, et finalement, nous étions “mal tombés” à l’hôpital, avec une sage-femme avec qui ça s’était si mal passé humainement (médicalement, accouchement parfait, dans mon dossier… bien qu’après un toucher très douloureux, le travail se soit complètement arrêté pendant une heure…), nous nous étions sentis vraiment trahis. Ce troisième enfant, au moment de sa conception nous avons parlé du cadre où elle naîtrait : la maison, mais dans notre secteur, pas de sage-femme pour accoucher chez soi. Nous avons donc opté pour un accouchement en plateau technique avec une sortie quelques heures après l’accouchement.

La naissance a failli être déclenchée à J+7…
Mais finalement, le travail s’est mis en route spontanément ce jour-là. Puis nous sommes rentrés.
Notre sage-femme est passée le lendemain…
Puis de nouveau à trois jours, un soir, pour faire le Guthrie.
Un moment atroce ; on faisait mal à mon bébé (piqûre + pressage de la jambe et du pied), ça a duré vingt minutes de hurlements de notre petite fille.
Bébé qui, pendant les vingt heures qui ont suivi, n’a pas voulu téter… La montée de lait s’était faite, mes seins étaient près à éclater… Ma grande ne tétait plus depuis peu, mon fils tétait encore un peu ; je lui ai demandé de m’aider en tétant un peu, mais j’avais tellement mal que j’ai été désagréable avec lui. Après ça, il a tété encore une fois seulement, et c’est comme ça que s’est terminé l’allaitement pour lui. Ma grande a  bien voulu téter un peu pour me rendre service, elle aussi, mais elle ne savait déjà plus bien téter. Etonnant réflexe, si puissant chez le tout-petit, si présent pendant plusieurs années, et qui peut disparaître si vite… Quelques semaines…

Notre petit bébé, à la fin de la journée suivante, a repris mon sein. Soulagement…
Mais la balance, jour après jour, indiquait les mêmes chiffres. Les mêmes chiffres. Encore les mêmes chiffres… Nous voyions les bonnes petites joues disparaître, les jolis cuissots potelés se vider…
Quand ma toute petite fille tétait, le lait jaillissait avec force, j’étais bien inondée de l’autre côté. Ma fille faisait des selles vertes…
Avec mon expérience et mes connaissances d’allaitement, je n’ai pas compris ce qui se passait.
Mon amie mère et doula n’a pas compris ce qui se passait.
Notre sage-femme n’a pas compris ce qui se passait.
On a pensé à un réflexe d’éjection fort, on a pensé à un manque de “lait gras”…

C’était la semaine mondiale de l’allaitement maternel, il y avait chaque jour réunion à l’hôpital avec une consultante en lactation, j’y suis allée. Pendant toute la réunion, la consultante nous a observées, ma fille et moi. Et à la fin elle m’a dit : vous n’avez pas assez de lait. Votre bébé tète, le lait jaillit, mais ça s’arrête tout de suite. Vous avez assez de lait pour un nouveau-né, mais votre bébé n’est plus un nouveau-né (elle avait dix jours), elle a besoin de plus. Il faut absolument relancer votre lactation, et il faut complémenter votre bébé, c’est urgent. (c’est une fervente défenseure de l’allaitement, que j’ai connue quand mon aînée avait cinq jours, et qui expliquait les modifications de la flore intestinale induites par l’introduction de lait artificiel : donc elle ne conseillait pas “à la légère” de donner des compléments !)
Savez-vous où louer un tire-lait ? m’a-t-elle demandé.

-Euh, oui, en pharmacie…

– Non, contactez “Grandir Nature”, je vous donne leur numéro, il vous faut un tire-lait double pompage (par précaution notre sage-femme m’avait déjà fait une ordonnance), appelez-les tout de suite vous l’aurez peut-être demain.

J’ai appelé, on m’a rappelée deux-trois minutes plus tard, il était 16h55, vu la situation on m’a d’abord demandé mon adresse, le colis est parti, ensuite seulement on m’a demandé mes coordonnées bancaires, je m’en souviens bien ! Et le lendemain à neuf heures, le tire-lait était à la maison.

Le temps de commencer à mettre en place les tétées supplémentaires au tire-lait, et l’introduction des compléments, ce n’était pas évident comme organisation, et notre petite fille n’allait pas bien ; elle semblait défaillir par instants, hypotonique subitement, c’était très impressionnant. Notre sage-femme, partant en congé, avait passé le relais à la puéricultrice de la PMI, qui après avoir vu Justine, nous a invité à nous rendre à l’hôpital.
Mon bébé et moi avons été hospitalisées trois jours, le temps de mettre en place l’utilisation du tire-lait une à deux fois par nuit, quatre à cinq fois par jour, de mettre en place les compléments par DAL( dispositif d’aide à la lactation) , selon la quantité qu’elle avait pris je pouvais la laisser téter au tuyau, ou la “gaver” en plaçant le flacon plus haut que sa bouche pour que ça coule tout seul… je devais la peser avant-après chaque chose (tétée, complément, change…)…
Nous sommes rentrées à la maison, j’ai appelé mes parents au secours pour venir s’occuper de TOUT, et moi, je mangeais, je dormais, et je tirais mon lait et en donnais à mon bébé. Je ne comprenais pas tout, il y a eu un moment où elle a semblé refuser mon sein, alors je tirais mon lait, toujours, mais tout cette fois, et mon homme lui donnait “à téter” au petit doigt… Comme j’ai pleuré cet allaitement ! Et si je devais ne pas pouvoir allaiter mon bébé, acheter du lait, lui donner des biberons, chercher un lait qu’elle digère (elle montrait déjà pas mal de symptômes d’intolérance au lait de vache, comme son frère)… Comme j’ai douté, est-ce que j’ai raison de m’échiner à vouloir relancer cette lactation ? Ai-je raison de consacrer tant d’énergie à cela, au prix de négliger mes aînés ?

J’étais très, très bien entourée. Des épaules pour pleurer, des bras pour me serrer fort et tendrement, des mamans pour que ma fille ne reste jamais la dernière à l’école, mais aille au parc pour jouer avec les copains… Jamais personne ne m’a dit “mais ce n’est pas grave de donner le biberon” ou quoi que ce soit du genre. Et quand, voyant que ma lactation avait du mal à reprendre, que je tirais si peu de lait, que je n’allais plus avoir assez pour donner les compléments nécessaires à mon bébé, mon amie me renvoyait plein de courage, d’enthousiasme, de soutien. Elle savait me redonner énergie et motivation.

J’ai eu de grosses montées de lait, trois fois je crois, de nouveau les seins bien pleins, le lait qui coule à flot, mais trois fois cela s’est de nouveau “tari” en quelques heures (retour à des seins “vides” et une production de très petite quantité de lait). Et la prise de poids de notre petite fille était plutôt faible et lente, les compléments étaient indispensables, chaque jour.

Notre fille était née le 7 octobre. J’ai dû tirer mon lait trois à six fois par vingt quatre heures du 20 octobre environ, au 31 décembre.
Et le miracle s’est produit au changement d’année… Des seins bien pleins, mon bébé qui tète, puis de nouveau des seins bien pleins. J’ai encore tiré quelques jours, puis de moins en moins, et les tétées sont devenues suffisantes pour notre fille, elle n’avait plus besoin de complément.

Depuis, je n’ai plus tiré mon lait que deux ou trois fois, lors d’engorgements légèrement douloureux, afin de bien drainer la zone douloureuse.

Je n’avais plus besoin de mon tire-lait, j’espère qu’il n’a manqué à personne : je ne me suis pas sentie capable de le rendre plus tôt…

Maintenant je n’ai vraiment plus peur 🙂
Notre petite fille tète encore jour et nuit, elle a 20 mois et demi.

Elle n’a reçu du lait que deux fois au biberon : elle s’étouffait, s’étranglait, alors qu’au petit tuyau (en DAL), à la cuillère ou au gobelet cela se passait beaucoup mieux.

Voilà.
Pour moi, l’allaitement ce n’est pas du tout juste un mode d’alimentation du nouveau-né. C’est une relation et un mode de vie, aussi.
Grâce à ces moments si difficiles, je savoure chaque tétée, je me réjouis chaque jour d’allaiter ma fille. Je savais ce que j’avais à perdre lorsque j’ai cru devoir renoncer à l’allaitement, je suis très heureuse d’avoir persévéré !

Merci pour ce que vous faites pour l’allaitement, pour les femmes qui allaitent, pour les bébés qui tètent !

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Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/ https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/#comments Tue, 28 Apr 2015 13:37:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1111 Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin. L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent? La mise en route demande … Continuer la lecture de Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez!

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Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin.

L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent?

La mise en route demande toujours des ajustements

Tatiana revient à la maison quelques heures après son accouchement. Nolan a déjà tété plusieurs fois à la maternité, et tout semble correct.

Gabin est étonné de ce petit frère accroché au sein de sa maman mais il n’est pas jaloux et le laisse faire sans souci. Le premier jour, il ne demande pas à téter.

Comme après tous les accouchements, Nolan prend du colostrum au début. La «  montée de lait » s’opère très rapidement et en moins de 48heures, Tatiana a déjà les seins gorgés de lait.

Nolan est vite repu, s’endort rapidement. Tatiana commence à avoir des douleurs dues à la congestion. Elle appelle alors Gabin pour qu’il tète et la soulage. C’est un grand, il sait téter, il pourra l’aider.

Hélas, Gabin refuse, il préfère jouer. Le sein ne l’attire plus! Tatiana se demande si c’est la fin de son allaitement de son aîné.

Alors pour soulager ses seins, elle est obligée de prendre son tire-lait.

Le grand frère vient à l’aide!

Nolan continue de téter mais il est submergé par le flot de lait. Il fait de moins en moins d’efforts, le lait coule tout seul….Il dort beaucoup, et en ce troisième jour, il n’a pas encore repris de poids malgré les tétées répétées. Tatiana est toujours à la limite de l’engorgement.

Ce soir-là, Gabin a envie d’un gros câlin avec sa maman. Sans réfléchir, Tatiana sort son sein et Gabin tète spontanément. Lui aussi est submergé de lait, et il n’en avait plus l’habitude! Il lâche le sein, regarde sa mère et finalement lui dit : «  Mmm, trop bon le lait de Maman » puis il se remet à téter. Tatiana le laisse faire, heureuse d’avoir les seins bien vidés. Puis elle s’inquiéte pour Nolan : aura -t-il assez de lait ?

Les tétées à deux

Je la rassure. Son corps sait qu’elle allaite deux enfants : la montée de lait a été précoce, on les voit bien déglutir tous les deux. Nolan a juste besoin de s’adapter au flux et peut-être quelques tensions au niveau de sa mâchoire l’empêchent-elles de fermer correctement sa bouche. C’est d’ailleurs ce que retrouve l’ostéopathe après l’avoir examiné. Après ses petits ajustements, effectivement, Nolan commence à reprendre du poids et est plus efficace.

Pendant ce temps, Gabin continue de téter de temps en temps, surtout pour s’endormir à l’heure de la sieste ou du coucher.

C’est seulement au bout d’une semaine que Tatiana fait une première tétée en tandem. Elle se sent bien mais elle trouve ça étonnant. Elle est ravie, son vœu est exaucé : elle co-allaite.

Aujourd’hui, Nolan a onze mois, le co-allaitement se poursuit. Tout le monde y trouve son compte.

Les garçons tètent rarement ensemble mais chacun a sa ration de câlins et de lait, y compris la grande sœur qui préfère uniquement les câlins!

Co-allaiter, ce n’est pas plus compliqué qu’allaiter un seul enfant. Il faut simplement être attentif à ce que le plus petit soit prioritaire, et être vigilante sur sa prise de poids. Pour le reste, votre corps sait faire! Comme nous l’avons vu ci-dessus, le co-allaitement permet de passer les moments difficiles comme les engorgements, et également de montrer à l’aîné, de la manière la plus naturelle qui soit, que sa maman est toujours là pour lui…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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