prise du sein | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 07 Feb 2019 10:52:06 +0000 fr-FR hourly 1 Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

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Allaitement et développement de la mâchoire https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/#respond Tue, 30 Jan 2018 20:47:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1682 L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et … Continuer la lecture de Allaitement et développement de la mâchoire

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L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant

Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et sur les risques de malocclusion dentaire. Un petit tour du côté de la littérature scientifique nous permet de faire le point.

 

La malocclusion

L’idéal pour le fonctionnement buccal est une parfaite adéquation entre les dents maxillaires (supérieures) et les dents mandibulaires (inférieures) :

  • les molaires supérieures s’encastrent parfaitement (les cuspides – ou crêtes – des unes sont imbriquées dans les sillons opposés),
  • les dents de la mâchoire supérieure dépassent légèrement les dents mandibulaires,
  • il n’y a pas d’espace visible entre les deux rangées de dents lorsque la mâchoire est serrée.

Une malocclusion est un trouble du développement maxillo-facial qui peut toucher la mâchoire, la langue, les muscles du visage et les dents (poussée anormale qui impacte le positionnement des dents). Ce phénomène a une forte prévalence dans nos sociétés actuelles (30 à 40 % de la population concernée [2]). Elle n’est pas sans conséquence sur l’enfant qui peut en souffrir psychologiquement (voire physiquement). L’individu peut développer des troubles du langage, une mauvaise image de soi, des problèmes de relations sociales.
 

Le développement oral chez l’enfant

A la naissance, la cavité buccale du nourrisson se caractérise par une position « en retrait » de la mâchoire inférieure, des gencives qui se touchent, un larynx positionné très haut, une forme de palais adaptée : tout cela est parfaitement ajusté pour la succion et la tétée.

 

Impact de l’allaitement

Une étude de 2004 [3] a analysé la prévalence de la malocclusion dentaire sur une population de plus de 1000 enfants âgés de 3 à 5 ans. Le profil des enfants a été classé en plusieurs catégories selon leur mode de nourrissage et leur activité de succion non nutritive.

C’est parmi les enfants ayant des habitudes ancrées de succion non nutritive que le chiffre est le plus élevé : 42 %. Le chiffre le plus bas (22 %) concerne le groupe d’enfants n’ayant que peu sucé le pouce ou une tétine. La comparaison du mode de nourrissage a donné un avantage à l’allaitement maternel de plus de 3 mois (32 % concernés dans ce groupe, contre 41 % dans le groupe nourri par formulation)

Impact de la durée de l’allaitement

L’étude [3] souligne que l’allaitement maternel joue particulièrement fort sur les problèmes de malocclusion croisée c’est-à-dire lorsque les dents du fond de la mâchoire inférieure dépassent celles de la mâchoire supérieure.

Ce dysfonctionnement est environ 3 fois moins répandu chez les enfants allaités même en cas d’utilisation de tétines ou pouce.

Une équipe finlandaise [1] a montré que l’introduction trop précoce de biberons modifiait l’activité musculaire ce qui interférait avec le processus de maturation des crêtes alvéolaires (portions d’os qui soutiennent les dents) et la maturation du palais. Les durées d’allaitement les plus longues correspondent à des pourcentages plus bas de malocclusion croisée : il y a donc un effet dose-réponse qui confirme que l’allaitement a un effet protecteur.

Ce résultat a été confirmé plus récemment en 2015 et 2016 [8] [9].

 

Mécanismes mis en jeu lors de l’allaitement prolongé

Il semble que le développement de la musculature cranio-faciale soit différente lorsque l’enfant est allaité de manière exclusive [3] [9].

 

Impact sur le développement du palais

Pendant la tétée, le mouvement de bouche, des lèvres et de la langue du bébé s’apparente davantage à une compression qu’à une succion :

  • les lèvres pressent l’aréole,
  • la langue comprime le mamelon contre le palais
  • le lait est ingéré par des mouvements de compressions musculaires au niveau de la bouche.

Avec un biberon, le mouvement est de type piston/aspiration avec une force de poussée accrue sur le palais (ceci est aussi induit avec une tétine). Dans cette configuration, le palais se développe de façon différente ce qui conduit à l’occlusion croisée.

 

Impact sur le développement des mâchoires et du muscle masséter


Une étude de cohorte (2012) [4] relative à 144 enfants brésiliens (entre 3 et 5 ans) choisis aléatoirement dans la population a confirmé l’effet stimulant de l’allaitement maternel sur le développement musculaire facial. Des tests de mastication ont été réalisés avec ces enfants (capacité à couper de la nourriture, observations des mouvements des mâchoires, des lèvres, utilisation intensive ou non des muscles péri-oraux).
6.3 % de ces enfants ont été allaités exclusivement pendant 6 mois et 30 % ont été allaités pendant 2 ans ou plus (allaitement mixte). Les meilleurs capacités de mastication concernaient les enfants allaités pendant au moins 12 mois, qui ont utilisé le biberon moins d’un an, et qui ont eu recours à la tétine pendant moins de 6 mois.

Il a également été observé, parmi les enfants allaités, que les capacités de mastication viennent surtout d’une meilleure utilisation du muscle de la mastication (appelé muscle masséter) : les amples mouvements de mâchoires lors de la tétée favorisent le développement de ce muscle. Le recours au biberon diminue le travail de ce muscle [6].

 

Bilan et autres conséquences

La publication [5] explique que c’est bien le déficit de la fonction masticatrice et également des stimulations nécessaires au développement maxillaire et dento-alvéolaire qui explique la prévalence élevée des malocclusions constatée dans nos sociétés.

Une conséquence possible de ces anomalies dentaires concerne les troubles du langage. Une étude de 2009 [7] concentrée sur 128 enfants chiliens âgés de 3 à 5 ans fait écho à des études antérieures et met en évidence plus de troubles de langage en cas de forte utilisation de tétine. Elle montre aussi que l’introduction plus tardive du biberon (au-delà de 9 mois) est également bénéfique.

 

Conclusion


La pratique de succion non nutritive prolongée, beaucoup plus fréquente chez les enfants non allaités, a un impact assez marqué sur les risques de malocclusion.
L’allaitement maternel (surtout lorsqu’il est mené exclusivement pendant 6 mois) contribue à un développement oro-moteur idéal (bonne mise en place des crêtes alvéolaires, stimulation du muscle masséter, développement du palais optimal). De ce fait, il diminue les risques de malocclusions  et de troubles qui en découlent (esthétique, langage, relations sociales).

 

Références :
1- Karjalainen S, et al. « Association between early weaning, non-nutritive sucking habits and occlusal anomalies in 3-year-old Finnish children« , International Journal of Paediatric Dentsitry, Vol 9(3), 1999

2- Sood S., et al. « Malocclusion of teeth : role of pediatrician in early diagnosis »,  Indian Journal of Practical Pediatrics, Vol 13(4), 2011

3- Viggiano D., et al., « Breast feeding, bottle feeding, and non-nutritive sucking; effects on occlusion in deciduous dentition » Archive of Disease in Childhood, Vol 89(12), 2004

4- Pires SC., et al., « Influence of the duration of breastfeeding on quality of the muscle function during mastication in preschoolers : a cohort study  » BMC Public Health, Vol 12, 2012

5- Limme M., « The need of efficient chewing function in young children as prevention of dental malposition and malocclusion », Archives de Pédiatrie, Vol 17, Supplement 5, 2010

6- Inoue N.,et al., « Reduction of masseter muscle activity in bottle-fed babies », Early Human Development, Vol 42, Issue 3, 1995

7- Barbosa C.,et al., « The relationship of bottle feeding and other sucking behaviors with speech disorder in Patagonian preschoolers », BMC Pediatrics Vol 9 , 2009

8- Peres KG. et al., « Exclusive Breastfeeding and Risk of Dental Malocclusion », Pediatrics, Vol 136 (1), 2015

9- Miotto MH. et al., « Early Weaning as a Risk Factor for Deleterious Oral Habits in 3-5 YearOld Children », Brazilian Research in Pediatric Dentistry and Integrated Clinic,16(1), 2016

 

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

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La position en ballon de rugby https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/#respond Tue, 26 Sep 2017 08:43:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1620 Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire. Qu’en est-il ? Tout est dans la … Continuer la lecture de La position en ballon de rugby

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Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire.

Qu’en est-il ?

Tout est dans la nature, a-t-on coutume de dire ! Il est vrai que pour certaines d’entre vous cette position va beaucoup faciliter votre installation et votre capacité à voir comment votre bébé prend le sein. Ceci est particulièrement vrai pour celles qui ont les seins volumineux et souples. Celles d’entre vous qui ont une poitrine menue, qui plus est si elle est très ferme, risquent au contraire d’éprouver de la difficulté à positionner ainsi leur bébé. Avoir une bonne visibilité lors de la prise du sein peut être essentiel les premiers jours et c’est pour cela que cette position est souvent celle qui vous est proposée. Au risque de me répéter : cela fonctionne en effet très bien pour les mamans parmi vous ayant une poitrine assez forte tandis que la position de la madone ou de la madone inversée risquent de vous mettre en difficulté.

L’intérêt de bien voir ce qui se passe est lié au besoin de guider bébé vers une « bonne » prise de sein. Rappelons les principales caractéristiques :  le menton est « dans » le sein et le nez est dégagé, les lèvres du bébé bien retroussées vers l’extérieur, avec une grande, très grande ouverture de la bouche. Tout cela est crucial. Le « ballon de rugby » permet tout cela et malheureusement permet aussi de faire l’erreur de pousser votre bébé dans le sein avec le nez en premier ! Vous retrouvez alors l’écueil de la madone si bébé est coincé dans le creux du coude, mais ici votre soutien risque d’être très ferme et il n’aura vraiment aucune chance de repositionner la tête de manière plus confortable.

 

Pourquoi cela arrive-t-il et comment faire pour l’éviter ?

Installer son bébé en « ballon de rugby » c’est coucher son bébé à côté de soi, allongé plutôt sur le dos avec les pieds en direction du dossier du fauteuil sur lequel vous êtes assise. C’est votre avant-bras que vous utiliserez pour soutenir le bébé, supporter son poids et l’amener au sein et votre main, celle du bras qui soutient, va venir donner au bébé le soutien au niveau de la nuque, votre main est alors tournée avec la paume vers le haut. Votre seconde main servira à maintenir le sein et l’orienter à souhait. Ainsi vous amènerez bébé vers le sein, et comme pour les autres positions vous caresserez sa lèvre supérieure ou la zone entre cette lèvre et le nez avec votre mamelon : lorsque votre bébé est prêt et qu’il ouvre la bouche bien grand vous pouvez l’amener au sein en prenant soin de diriger le mouvement avec le bras et pour que son menton rencontre le sein en premier. Si vous approchez bébé en le soutenant trop à l’arrière du crâne sa tête se fléchit vers le buste, il en sera de même si le mouvement d’approche est effectué par commande de la main plus que de votre avant-bras : c’est le seul piège à éviter pour cette position.

 

À noter : selon l’âge, la morphologie et la façon de se mouvoir de votre bébé, ainsi que votre propre morphologie,  vous allez naturellement décliner cette position en de nombreuses variantes : pour certaines bébé paraîtra allongé, pour d’autres semi-incliné, et jusqu’à une variante faisant penser quasiment à la position assise : si vous êtes à l’aise et bébé aussi voilà déjà deux indicateurs positifs, si votre bébé couvre une plus grande portion de la partie inférieure de l’aréole que de la partie supérieure alors ce doit être bien parti, bravo !

 

Si vous éprouvez des difficultés :

  • à « caser » les jambes de votre bébé : c’est probablement parce qu’il vous faut penser à caler vos lombaires avec un coussin qui ménagera alors une distance supérieure entre votre sein et le dossier du fauteuil ; le dos complètement collé au dossier vous aurez en effet du mal à trouver la place pour son corps et cela vous donnera l’impression de devoir soulever les fesses de votre bébé donc de le placer un peu « tête en bas »
  • à amener bébé à hauteur du sein : c’est peut-être parce que votre avant-bras et les fesses de votre bébé devraient être soutenus par un coussin plus haut, vous manquez probablement de calage ou parce que cette position n’est pas adaptée à votre morphologie de poitrine.

Bons essais à vous ! Bonnes tétées !

 

Confort maternel           ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆

Tétée facile en public ★☆☆☆☆

Tétée facile à l’extérieur ★☆☆☆☆

 

Situations spécifiques :

Jumeaux ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé  « somnolent » ★ ★ ★ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur une

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod

 

 

 

 

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Les positions d’allaitement : la madone inversée https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/ https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/#respond Tue, 22 Aug 2017 09:05:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1604 Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon … Continuer la lecture de Les positions d’allaitement : la madone inversée

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Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon démarrage de l’allaitement, mais vous ne parvenez pas à vous installer autrement pour trouver une solution. Nous vous proposons de découvrir la position de la « madone inversée » qui est un peu la petite soeur de la madone, sans les inconvénients majeurs de celle-ci sur la prise du sein !

Vous allez vous asseoir, idéalement, les lombaires calées, les genoux légèrement relevés (grâce à un petit marche pied par exemple), avec les coussins nécessaires pour que votre bébé soit à hauteur du sein ; vos coudes bien soutenus et les épaules détendues.

Lorsque vous mettez votre bébé au sein gauche, c’est votre bras droit qui va le soutenir. Pour arriver à amener votre bébé à hauteur du sein, vous allez d’abord placer votre bébé sur le coussin d’allaitement, et le caler tout près de vous, en plaquant d’abord son bassin par un appui bien ferme de votre avant-bras sur ses fesses.

Vous pouvez faire des essais lorsqu’il est calme ou même avec un poupon. Vous constaterez que cette position favorise l’inclinaison naturelle de la tête du bébé qui va se retrouver en légère extension, son menton pointe vers le sein. Votre bébé est alors dans la position idéale pour prendre le sein de manière asymétrique. Ensuite, vous allez le soutenir par la nuque avec la main droite.

Pour vous y aider, placez votre pouce et votre index sous chaque oreille de part et d’autre de la nuque. Vous sentez une petite partie osseuse un peu arrondie : « le processus mastoïde ». C’est là que vous allez appliquer votre maintien. N’ayez crainte, vous ne risquez pas de faire mal à cet endroit. Vous donnez au contraire à la nuque de votre bébé toute la tonicité qui lui manque pour l’instant. De cette façon, la paume de votre main se trouve vers la nuque de votre bébé et rien n’exerce de pression derrière son crâne. Votre bébé peut donc placer sa tête légèrement en extension par rapport à la nuque plutôt que de la fléchir. Il est alors aisément encouragé à ouvrir TRÈS grand la bouche et à avancer la langue en avant dans les meilleures conditions.
Vous voyez ainsi très bien sa bouche et la façon dont il aborde le sein. Vous avez toute latitude pour guider fermement et avec tendresse sa rencontre avec votre sein. De plus, votre main gauche est libre. Vous pouvez ainsi soutenir votre sein, l’orienter à volonté, le rendre plus préhensible pour votre bébé et pratiquer également la compression du sein si vous en avez besoin.

Dans cette position, la prise du sein asymétrique et profonde est simple à réaliser et le transfert de lait en est facilité. Pour débuter l’allaitement, c’est vraiment une position très intéressante !

Tout comme pour la madone classique, vous pouvez vous installer en tailleur, avec un coussin sous les fesses si nécessaire selon votre ouverture de hanches. Ainsi, votre dos est bien protégé et le positionnement du coussin d’allaitement est aisé.

 

Confort maternel         ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel          ★ ★ ★ ☆☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé          ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ★ ★ ★☆

Tétée facile à l’extérieur ★ ★ ★ ★ ☆

Situations spécifiques :

Bébé « somnolent »    ★ ★ ★ ★ ★

Réflexe d’éjection fort            ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

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La position instinctive https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/#respond Tue, 25 Jul 2017 09:15:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1589 Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets ! Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire … Continuer la lecture de La position instinctive

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Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets !

Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire à les utiliser activement.

L’un dans l’autre, vous avez pu acquérir beaucoup d’expérience car vous avez constaté par vous-même que certains environnements vont vous faciliter la vie pour positionner votre bébé, la serviette dans notre simulation, tandis que d’autres nécessiteront plus d’activité de contenance de votre part. Cela va entraîner pour vous le besoin de se faire assister par des coussins et oreillers pour soutenir vos propres bras et votre corps et maintenir un certain niveau de confort…

C’est exactement ce que Suzanne Colson a pu constater (S.D. Colson et al.,2008) lors de ses recherches :

Selon la position que nous adoptons, soit la gravité aide le bébé à être contre nous et à utiliser ses réflexes innés favorisant la prise du sein et le transfert du lait, soit au contraire elle l’éloigne de nous et par conséquent de notre sein ! Ces recherches ont également identifié chez les mamans des comportements innés susceptibles de favoriser l’allaitement lorsqu’elles sont encouragées à s’installer confortablement. Il ne s’agit donc pas de positions « enseignées » à reproduire de façon directive. Pour expliquer ce que peut être s’installer confortablement, Mme Colson évoque les positions que nous sommes susceptibles de prendre pour regarder tranquillement un film à la télé !

 

Voici donc par excellence « la » position dans laquelle la gravité vous aide en rapprochant naturellement votre bébé de votre corps, de votre sein plutôt que de l’en éloigner : la position en « BN » ( Biological Nurturing®) ou « laid-back position ». * Votre corps offre un large support à votre bébé : tout votre buste lui sert librement d’appui. En pliant vos jambes, vos cuisses donnent un appui aux pieds de votre bébé. Il peut donc utiliser toutes ses compétences. Vos bras sont libres pour finir de guider sa tête et/ou votre sein. Vous pouvez laisser reposer votre nuque sur un coussin et être confortablement installée durant toute la tétée. Vous êtes tous deux placés un peu comme une chatte et ses chatons pour allaiter naturellement en respectant les données biologiques.

Cette façon d’accueillir le bébé au sein permet de l’orienter de multiples façons en fonction de vos morphologies respectives. Parfois, le bébé se retrouve plutôt vertical, parfois en position transversale, parfois en position oblique sur votre buste… A chaque maman, chaque bébé et chaque âge sa combinaison. Le degré d’inclinaison de votre dos obtenu par le glissement du bassin peut être modifié à souhait selon votre confort, votre contexte. Par exemple, avec un bébé âgé de 6 mois en zone publique une petite inclinaison permettra une tétée très discrète et confortable pour vous deux !

« De multiples positions en une ! »

L’inclinaison de votre buste a amené certains à l’appeler « position transat », un joli nom qui appelle au  repos. Imaginez-vous à mi ombre, sous les arbres en train de déguster tranquillement un jus de fruits frais pour un moment de détente. Un tel moment, vous en rêviez. Mais avec l’arrivée de bébé, impossible de s’octroyer ce petit moment. Voyons si vous pouvez le faire. Placez simplement votre bébé sur le sein, chaque tétée peut être une occasion de vous détendre en même temps.

Petit cadeau de la nature, cette position respecte si bien vos compétences biologiques de mère et celles de votre nouveau-né que c’est aussi une de celles qui facilite le plus une prise du sein optimale lorsque vous êtes tous deux en apprentissage. Ainsi, de nombreux cas de crevasses qui ne sont pas parfaitement soulagés par la madone inversée*(article suivant) deviennent indolores et guérissent dès l’instant où l’on bascule le bassin pour se laisser glisser dans cette position car la prise su sein est encore meilleure !

 

Ce que les mamans en disent : « Qu’est ce que je me sens bien comme ça ! »

Le plus souvent, l’essayer c’est l’adopter !

 

 Fiche technique de la position « Biological Nurturing® » :

 

Confort maternel      ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ★ ★

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Tétée facile à l’extérieur ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ★ ☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ★ ★

Remettre au sein après prise du biberon sur période prolongée

★★★☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Votre bébé aussi s’installe confortablement pour téter https://www.leblogallaitement.com/votre-bebe-aussi-sinstalle-confortablement-pour-teter/ https://www.leblogallaitement.com/votre-bebe-aussi-sinstalle-confortablement-pour-teter/#respond Thu, 13 Jul 2017 14:03:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1583 Vous avez lu notre précédent billet et vous êtes bien exercée ? Bravo à vous ! Aujourd’hui, nous allons parler un peu du nouveau-né. Nous allons voir comment il s’investit pleinement à la recherche d’une position confortable pour téter. Comme vous le savez, le nourrisson n’est ni un adulte en miniature ni un petit qui … Continuer la lecture de Votre bébé aussi s’installe confortablement pour téter

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Vous avez lu notre précédent billet et vous êtes bien exercée ? Bravo à vous !

Aujourd’hui, nous allons parler un peu du nouveau-né. Nous allons voir comment il s’investit pleinement à la recherche d’une position confortable pour téter.

Comme vous le savez, le nourrisson n’est ni un adulte en miniature ni un petit qui ne sait rien faire. Il a ses propres compétences, particulièrement quand il s’agit d’atteindre l’objectif de téter puisque d’un point de vue biologique, sa survie en dépend (il n’est pas informé que nous disposons des préparations infantiles « au cas où »). Autrement dit, tout chez votre bébé est prévu pour qu’il puisse téter. Aussi, connaître ce qui l’aide à bien téter est un atout indéniable.

 

Les études menées depuis plusieurs dizaines d’années ont identifié différents réflexes chez le nouveau-né. Ce sont des réponses que votre bébé peut manifester dès la naissance suite à différentes stimulations. L’équipe de Suzanne Colson* a voulu explorer la contribution de ces réflexes à l’alimentation du nouveau-né en questionnant l’existence d’un lien éventuel avec les positions d’allaitement. Vous pourrez le voir notamment :

  • porter la main à la bouche
  • étendre et fléchir les doigts
  • ouvrir la bouche
  • propulser la langue en avant, lécher
  • faire des mouvements avec les bras
  • faire des mouvements avec les jambes
  • soulever la tête
  • redresser la tête
  • balancer la tête (un peu comme un pic-vert)
  • fouisser
  • s’agripper par les mains
  • s’agripper par les pieds
  • ramper
  • sucer
  • contracter les mâchoires
  • déglutir

 

Pour bien visualiser tout cela, nous vous encourageons vivement à regarder les vidéos et photos de l’auto-cheminement lorsque le nouveau-né est placé en peau-à-peau dans la première heure suivant l’accouchement.

 

Maintenant, imaginez dans quelle position d’allaitement vous vous seriez mise spontanément. Est-ce que ce serait assise le dos droit en tenant bébé dans le creux de votre bras ? Dans cette position, si votre bébé redresse la tête, que se passe-t-il ? S’approche-t-il du sein ? S’il pousse sur ses bras (comme pour ramper s’il était à plat), se rapproche-t-il du sein ? S’il porte la main à la bouche, que se produit-il alors ?

Essayez et imaginez toutes les façons dont vous aimeriez vous placer spontanément.

Et visionnez de nouveau la vidéo de l’auto-cheminement : que se passe-t-il lorsque bébé manifeste ces réflexes ? Est-ce qu’il s’approche ou bien s’éloigne du sein ? Et comment la maman est-elle placée elle-même ?

La vidéo montre que lorsque le bébé bouge ses bras, un peu comme s’il « pédalait », il se trouve alors hissé vers le sein. En revanche, lorsqu’une mère est assise le dos bien droit, elle a tendance à plaquer son bébé contre elle pour l’amener au sein, ce qui conduit le bébé à se débattre et à réaliser des mouvements qui la gênent ; cette façon que le bébé a de tambouriner sur le sein est vécue comme un signe de protestation. La maman risque alors de penser que son bébé ne veut pas du sein, s’y énerve alors qu’il travaille selon ses capacités pour y arriver.

De même, si vous êtes assise le dos bien droit et que vous tentez de plaquer votre bébé contre vous et qu’il se met alors à effectuer des mouvements d’avant en arrière avec la tête, vous avez l’impression qu’il s’énerve et s’éloigne du sein lorsque sa tête part en arrière. Vous êtes incitée à appuyer davantage sur sa tête pour l’en empêcher. Le résultat est alors que votre bébé va se montrer plus agité alors que si vous êtes plus inclinée vers l’arrière, comme sur la vidéo, la gravité amènera systématiquement votre bébé vers le sein et non à l’opposé.

 

Cette invitation à prendre le temps d’observer, imaginer, ressentir vous prépare à être plus réceptive à l’ensemble de notre panorama et comprendre par vous-même l’impact de la posture de votre corps et de celui de votre bébé au cours de la tétée, sur la facilité que vous aurez tous deux à y arriver. Alors une dernière fois à vos essais, et à très vite pour découvrir et aborder ensemble la première des positions proposées !

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/#comments Wed, 24 May 2017 09:39:42 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1559 La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite. Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ? Je me … Continuer la lecture de Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ?

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La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite.
Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ?
Je me rappelle de voisines âgées de 80 ans, heureuses de me parler de leur allaitement et qui évoquaient leurs “gerçures”. Ce problème n’est donc pas si récent en France ! Et il continue ! Soyons clairs, la douleur en allaitement voire, la douleur « tout court » n’est pas normale.

Un signal émis par votre corps

La douleur est un symptôme. Elle vous signale qu’il y a un problème. De la même manière que vous ressentez une douleur fulgurante en posant votre main sur une plaque de cuisson brûlante, la douleur aux mamelons suggère que ce qui se passe n’est pas normal. Bien entendu, la maman ne retirera pas son bébé du sein aussi spontanément, et pourtant, combien sont tentées de le faire ? Et on les comprend.

Un cadre pour vous aider à distinguer la normale de l’anormale

Une sensibilité plus ou moins vive durant les 20 à 30 premières secondes de la tétée, au cours des tous premiers jours, est acceptable si et seulement si le mamelon ressort de la bouche de bébé aussi intact qu’il l’était avant la toute première tétée, c’est à dire sans changement de couleur, de forme, que son aspect n’est ni pincé, ni replié, ni aplati, et sans lésion d’aucune sorte.

Les causes de cette sensibilité sont connues : nous sommes alors en plein pic de prolactine, qui sensibilise nos seins et nos mamelons, la vascularité est accrue. Il faut des seins qui répondent très vite aux stimulations de l’enfant, et qui reçoivent très vite hormones, nutriments et autres  composants du lait. Les fibres collagènes sont étirées, la kératine peut manquer encore un peu, et les muscles du mamelon se font étirer. On parle même d’une espèce d’élongation musculaire.

Le fait qu’en début de tétée, il n’y ait pas un grand volume de colostrum/lait participe aussi à cette sensibilité ; et le soulagement apparaît très vite avec notamment le flot de lait.

Ce cadre vous permet de comprendre que :

  • Si l’on a mal au-delà des 30 premières secondes de la tétée ou bien entre les tétées,
  • Si le mamelon a changé de couleur (ex. : il a blanchi, soit toute la face du mamelon, soit une ligne diagonale au bout du mamelon),
  • Si le mamelon est pincé, aplati, qu’il prend la forme d’un tube de rouge à lèvre neuf,
  • Si le mamelon comporte une lésion, une fissure, une ampoule (même petite), une sorte de « suçon »

ce n’est pas normal, même si on n’a pas mal !

L’aspect de votre mamelon est le signe visuel avant la crevasse

La cause courante des crevasses est une mauvaise prise du sein en bouche. Au lieu d’attraper une grosse bouchée de mamelon et d’aréole, le bébé prend le sein de façon « superficielle ». L’angle que forment ses deux mâchoires est plutôt petit (inférieur à 120°) et surtout, ses lèvres sont refermées sur le mamelon, alors qu’elles devraient être apposées souplement (et ourlées vers l’extérieur) loin sur l’aréole, surtout la lèvre inférieure.

Le mamelon ressort de la bouche aplati, pincé, parfois légèrement, parfois plus fortement.  L’on va constater également qu’il y a une petite bande blanche en travers de la face du mamelon.

La couche superficielle de la peau du mamelon se déchire. La crevasse est là. De tétées en tétées, la dégradation continue, la fissure s’agrandit en profondeur, en longueur et en largeur.

Quelques pistes

Certaines crevasses apparaissent plus précocement, et il y a un risque qu’outre la mauvaise prise en bouche, il y ait un problème au niveau des structures orales de l’enfant, comme un problème de freins (de langue, de lèvre). Vous pouvez profiter de votre séjour en maternité pour solliciter l’avis du pédiatre ou de l’ORL à ce propos.

Il arrive également qu’un blocage empêche votre enfant d’ouvrir pleinement la bouche, de basculer la tête en arrière, d’utiliser librement tous les muscles au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres. Là, c’est peut-être un ostéopathe qui pourra vous aider.

Certains enfants encore serrent très fort, et pincent le mamelon parce qu’ils ne sont pas suffisamment maintenus contre leur mère et qu’ils ont peur de tomber. Un soin sera alors apporté à la position du bébé au sein.

Un soin souvent oublié

Toute plaie, y compris une plaie au mamelon, mérite, dès son apparition, un nettoyage soigneux à l’eau chaude savonneuse puis un traitement qui va l’aider à cicatriser. Un peu d’eau courante ou de sérum physiologique puis un onguent adapté, ou du lait maternel, voire un pansement Hydrogel spécifique (s’il n’y a pas d’infection) pourront aider à cicatriser et surtout, à maintenir en bon état d’hydratation.

Gardons à l’esprit que se « tartiner » de crème sans douleur ni lésion est inutile, de même qu’appliquer une grande quantité de crème sans rien changer dans la prise du sein en bouche, ni rechercher les causes, ne fait que ralentir les dégradations.

Enfin, certains protocoles prévoient qu’on utilise une crème médicamenteuse antibiotique et antifongique lorsque la plaie peine à se refermer. Un avis médical est alors nécessaire. Il s’agit de prévenir une infection, de protéger le mamelon et le sein. Il convient là encore de rechercher soigneusement la cause des lésions afin de résoudre le problème, et de limiter les risques d’infection ou de développer une pathologie mammaire.

Conclusion

Ce qui importe, c’est de toujours réagir au plus tôt quand une lésion quelle qu’elle soit, et/ou une douleur se présentent. Mon meilleur conseil est de ne jamais trop tarder à résoudre le problème. Je ne vous ai cité dans ce billet que quelques-unes de causes courantes de survenue de lésions des mamelons. La check-list est bien plus importante. Si vous souffrez, je vous encourage à solliciter une consultation avec une véritable professionnelle de l’allaitement, qui observera une tétée, et aussi vos seins, votre enfant, et qui, par ses connaissances, saura identifier ce qui ne va pas, et vous aidera à aborder la suite de votre allaitement en toute harmonie !

 

[Références] : Cox ; Dodd ; Ingle (gold08) ; McClellan ; Potter ; Prime ; Walker ; Wilson-Clay & Hoover ; Woolridge; Ziemer;

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie) https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/ https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/#comments Tue, 02 May 2017 15:21:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1551 Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que … Continuer la lecture de Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie)

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Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que l’heure de la tétée arrive et la maman s’assoit droite. Et c’est là que démarrent les difficultés. Voyons comment la « stabilisation » et la « géolocalisation » vont pouvoir vous aider. Ces astuces sont valables pour toutes les positions où vous êtes assise droite : madone, madone inversée, ballon de rugby, à califourchon et où vous êtes allongée sur le côté.

L’assise peut être problématique

Etre assise droite nous empêche d’avoir notre enfant dans une position qui favorise le crawl. Nous devons alors l’allonger sur un de ses côtés, et le placer à l’horizontale, ou en oblique. Ce qui fait de nous les seuls mammifères à horizontaliser

leurs bébés, soit dit entre nous ! Cela peut s’avérer douloureux en cas de sutures (épisiotomie, déchirures) ou d’hémorroïdes. Notre corps est soumis à des contraintes : nous devons faire des efforts pour garder cette posture tout au long de la tétée, et tenir/retenir l’enfant. La gravité terrestre devient notre ennemi qui entraîne une fatigue musculaire dans notre dos, notre cou et nos bras.

Si vous vous relâchez, votre enfant peut vous envoyer des messages « tiens-moi mieux, je ne peux pas passer à table ». En outre, l’enfant peut se cambrer et partir en arrière avant de rebondir contre le sein et s’agiter à nouveau. Cela vous oblige à des efforts musculaires intenses pour le ramener contre vous. Il arrive parfois que dans ces moments d’agitation, le bébé ne parvienne à saisir que ce qui dépasse du sein, à savoir le mamelon ! Et il sert très fort pour ne pas tomber, ce qui occasionne souvent une mauvaise prise en bouche et des blessures.

Assise droite peut donc être très fatigant sur le plan musculaire ! C’est pour ça que certaines utilisent un polochon d’allaitement. Voyons quels repères vous permettent de l’utiliser à bon escient.

Stabilisation

Lorsque vous vous asseyez droite, vous devez tenir fermement votre bébé contre vous. Les points de maintien sont l’un au niveau de ses hanches/fessiers, l’autre au niveau des omoplates. Cette stabilisation ferme doit être également répartie à droite, à gauche à l’exemple des « pompes » du sportif. Cela procure un rapport de force équilibré et de la précision pour les mouvements du cou, de la tête, de la bouche qui vont suivre ! Et c’est très important pour un enfant dont on sait que même né en bonne santé et à terme, il lui manque du gainage musculaire !

Imaginez-vous que vous et votre enfant êtes deux pièces d’un puzzle qui s’imbriquent l’une dans l’autre. Dès lors que l’enfant est totalement à l’horizontale ou en oblique, vos corps, vos collines et vallées mutuelles s’épousent harmonieusement. On comprend mieux pourquoi un polochon d’allaitement est utile à condition que l’enfant ne soit pas « dans le trou » ou qu’il n’éloigne pas l’enfant de vous !

La tête chercheuse et la pelleteuse-chargeuse

L’enfant démarre sa séquence de recherche puis de prise du sein en bouche. Il va vouloir développer les mêmes schémas que ceux que nous pouvions voir avec le crawl ; simplement, parce que vous êtes assise droite, vous êtes obligée de maintenir assez fermement votre enfant contre vous. Les réflexes de l’enfant sont restreints, et moins nombreux. Leur manifestation est partiellement modifiée. Ne voyez-vous pas votre bébé « monter », se déplacer vers l’extérieur, « dépasser » votre sein ? Dès le moment où la plante de ses pieds sera en contact avec quelque chose, il s’en servira comme d’un tremplin pour grimper d’un ou deux centimètres. Il aura ainsi tendance à « grimper » trop haut.

Géolocalisation : l’enfant aborde le sein « par en bas »

Votre repère d’installation sera d’amener votre enfant contre vous et d’apporter un maintien. Si vous présentez le mamelon juste devant la bouche du bébé, par réflexe, il risque d’ouvrir la bouche en basculant la tête en arrière et s’énerve, stresse, pleure… Au moment de la prise en bouche, veillez plutôt à ce que son menton touche la partie inférieure de votre sein et que votre mamelon pointe et effleure le sillon sous-nasal (ou philtrum). Il bascule en arrière sans décoller de vous, bouche béante, il rabat alors le haut de son crâne, sa lèvre supérieure se pose sur l’aréole. Vos gestes n’entravent pas sa nuque. Cela n’a rien d’incompatible avec votre main qui, peut-être, soutient votre sein, ou bien qui l’aplatit pour lui donner une forme de « sandwich ».

Le crawl est-il à faire tout au long de l’allaitement ?

Démarrer vos premières tétées, les premiers jours, en position inclinée en arrière, dans l’optique d’un « crawl », c’est ne pas trop se compliquer la vie, éviter une trop grande fatigue, et diminuer les risques de douleur et lésions. Quand vous aurez fait votre apprentissage, vous pourrez tricher en vous asseyant droite sur votre sacrum plutôt que sur vos ischions. Décalez un peu vos fesses, par rapport à l’assise du canapé. Moins inclinée qu’avant peut-être, vous ne serez pas non plus droite comme un « i ». Votre bébé et vous-mêmes serez devenus plus experts dans votre installation personnelle et mutuelle. Une large partie des étapes d’installation initiale aura disparu, vos tâtonnements respectifs également.

Pour vous faciliter la vie, un conseil : n’attendez jamais que votre enfant ait faim pour vous installer. Essayez de privilégier des périodes de peau à peau avec votre enfant qui offre un dialogue accru et touche au mental, au physiologique, au biochimique.

Je conclurai sur une anecdote : la position inclinée en arrière consiste à vous mettre dans une position mi-assise droite, mi allongée à plat dos (ex. : en salle de naissance).  Il y a 18 ans j’avais inventé la position « avachie cool sur le canapé », et on peut trouver cette expression sur des pages web que j’ai rédigées. Mon motif à l’époque, était surtout le confort et la relaxation qui allaient de pair. Il y a une petite dizaine d’année, une sage-femme, Susanne Colson, a réalisé de nombreux travaux sur une position qu’elle a nommé Biological Nurturing®, où l’enfant exprime plus de 20 réflexes de séquence de recherche et de prise en bouche du sein. La mère est inclinée en arrière. Je vous encourage à visiter son site, pour découvrir des photos qui ouvriront le champ de possibles adaptations.

Références :

  • Amiel-Tison, qui a fait des découvertes intéressantes en neurologie pédiatrique, on la retrouve aussi dans les impacts des pratiques autour du travail et de l’accouchement, qui n’a cependant absolument pas vu les implications qu’elles pouvaient avoir en rapport avec l’allaitement au sein, et qui ont partiellement servi de base pour d’autres chercheurs, par rapport à l’allaitement:-)
  • Colson, Suzanne ; Gangal & Baghat (Gold14) ; Genna-Watson, Catherine ; Glover ; Morris & Klein ; Odent,Michel ; Righard & Alade ; Schore, Alan ; Smillie, Christina ; üvnas-Möberg ; Widström

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/ https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/#comments Thu, 13 Apr 2017 20:13:37 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1547 Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la … Continuer la lecture de Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse

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Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

Vous êtes en salle de naissance, allongée inclinée en arrière, votre enfant naît. Le personnel vous le présente, le sèche, et le dépose sur votre poitrine. Tandis que le personnel vous surveille, vous liez connaissance avec votre enfant. Vous le caressez, vous souriez, vous riez, vous pleurez peut-être. Parfois, il a fallu donner un soin à votre bébé, et voici qu’il est contre vous. Vous êtes assez confortable si l’on fait abstraction des tensions physiques du travail et de l’accouchement. Vos mains caressent votre enfant, elles le contiennent, il repose totalement sur vous. Après une période de repos normale et physiologique, votre bébé entame le crawl (ramper en anglais). Vous remarquez qu’il « grimpe » le long de votre corps, à l’aide de ses bras, de ses jambes. Il tape de la plante des pieds contre votre cuisse, et se hisse de peut-être deux centimètres vers votre poitrine. Ou encore, il glisse le long de votre corps, le menton en appui contre votre peau, le nez vers le haut ; il renifle vos seins et cette odeur le guide. Votre enfant vous fait la démonstration d’une véritable tête chercheuse. Et si votre voix le dirige, c’est le parfum de vos seins qui fait office de guide suprême. Notons qu’il est recommandé d’éviter de se « récurer » le torse avant l’accouchement. C’est aussi pourquoi l’on recommande de plus en plus de sécher l’enfant à l’exception de ses mains et avant-bras. Laissez les bras et mains de votre bébé tranquilles. Avez-vous remarqué que si votre enfant place sa main à un endroit, et que vous la retirez « par exemple parce que cette main vous bouche la vue » alors votre enfant s’agite, stresse, voire pleure ? C’est tout simplement parce que votre enfant a besoin de ses mains et de ses bras pour entamer la séquence naturelle de sa tétée.

Puis votre bébé avance une main, pétrit votre sein. Il balaye votre poitrine avec ses joues, et c’est étonnant car de votre point de vue, on dirait qu’il dit « non ! ». En réalité, il recherche le sein. Votre bébé semble en repos, quand soudain il se propulse sur le sein qu’il a choisi. Le mouvement, d’une grande amplitude, peut sembler violent. Il fait le pivert, lève la tête haut, puis la laisse retomber sur votre sein, relève la tête, la relaisse tomber, se redresse, plante le menton dans le sein, et son menton faisant office de chargeur du BTP, « ham ! » le saisit en bouche, d’un coup, alors que ne vous y attendiez pas.

A moins que votre enfant n’ait un défaut anatomique, ou bien un blocage au niveau des structures orales ou de ce qui les alimente, cette prise en bouche est profonde. Ses mâchoires forment un grand angle (>120°). Ses lèvres sont ourlées souplement et solidement sur l’aréole. Il prend une grande partie d’aréole en bouche, davantage en bas qu’en haut. Son menton est enfoncé dans le sein, et son nez est légèrement décollé.

Cet ensemble de séquences a demandé plus d’une heure. En effet, les enfants prennent le sein environ 50 mn après leur naissance, en supposant qu’ils n’aient pas été séparés de leur mère, qu’ils aient été posés sur le torse maternel et séchés. Certains enfants auront besoin d’une vingtaine de minutes de plus.

Instant magique, suspendu dans le temps. Voilà un moment merveilleux que la plupart des jeunes mères peuvent avoir la chance de vivre, pour peu qu’on laisse le bébé dérouler son enchaînement naturel sans le brusquer ni l’en détourner.

Parfois, cette première tétée n’a pas pu avoir lieu, pour diverses raisons. J’encourage alors les mamans à réaliser un véritable peau à peau : pas de soutien-gorge, pas de vêtement sur le devant du torse, enfant en couche et éventuellement avec un bonnet, une couverture ou un linge adapté sur le dos de l’enfant, et se donner du temps ! Lorsqu’on démarre un allaitement, maman et enfant ont des compétences, mais ils sont novices. Ils peuvent tâtonner, et c’est normal.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus).
En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel.

 

 

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Un démarrage d’allaitement réussi https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/ https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/#comments Wed, 16 Nov 2016 12:14:17 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1463 Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps. J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs … Continuer la lecture de Un démarrage d’allaitement réussi

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Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps.

J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs ajustements, elle a pu poursuivre  son allaitement jusqu’il y a quelques mois.

C’est en avril dernier qu’ elle me recontacte lors de sa deuxième grossesse. Elle allaite toujours Flore une fois par jour et sent qu’elle se sèvre doucement. Ses questions ne concernaient donc pas le co-allaitement.

Non, elle souhaite revoir les bases du bon démarrage de l’allaitement car le premier avait été très difficile. Flore dormait beaucoup et tétait peu.

La maternité où elle a décidé d’accoucher n’étant pas très à l’écoute par rapport à l’allaitement, je lui conseille de faire un maximum de peau à peau et d’observer son bébé pour le mettre au sein au moindre signe d’éveil.

Après un accouchement un peu difficile, son bébé (Aude*) , endormie met du temps à être efficace : enfin c’est ce que pense Amandine parce qu’elle tète que trois à cinq minutes…

Je les vois toutes les deux en sortant de la maternité au quatrième jour. Nous faisons le point : bonne nouvelle !!

Aude n’a perdu que 90g et a déjà repris son poids de naissance !

Mais Amandine est fatiguée, Aude tète très souvent entre 20 et 25 fois par 24h quelques minutes uniquement.

De plus, lors de l’observation d’une tétée  je remarque que  Aude claque la langue, ce qui est signe d’une mauvaise prise du sein. On revoit ensemble la prise du sein asymétrique et la position BN (Biological Nurturing ) pour une prise du sein plus profonde,  la langue claque moins souvent.

Je lui propose également de voir l’ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de tension dans la mâchoire ou un frein de langue qui gênerait la prise.

Je repasse les voir quelques jours après et constate déjà une amélioration : Aude semble mieux téter, elle est surtout gênée au début de la tétée par le réflexe d’éjection fort  (REF ) de sa maman.

L’ostéopathe a effectivement trouvé une tension à l’arrière de la langue d’Aude qui l’empêchait de bien la dérouler et de faire l’étanchéité.

Aude tète moins souvent mais plus longtemps, sa prise de poids est toujours bonne.

Trois semaines après la naissance d’Aude,  je les revois toutes les deux en pleine forme. Aude a encore la langue qui claque par moments probablement dû au REF mais Amandine sait gérer ce problème. Elle tète 10 à 12 fois par 24h.

Amandine est vraiment soulagée malgré un accouchement difficile, le démarrage de son allaitement est un succès ! Elle est prête à vivre de beaux mois ( années ? ) remplis de tétées et de câlins avec Aude.

  • par souci d ‘anonymat les prénoms ont été modifiés
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Allaiter avec des seins petits https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/#respond Mon, 19 Sep 2016 19:15:35 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1439 Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y a‐t‐il des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande … Continuer la lecture de Allaiter avec des seins petits

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Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y atil des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande mammaire généreuse peuvent se poser. A une époque où le « manque de lait » et les crevasses continuent d’être des complications courantes, je vous propose un petit tour d’horizon.

Auraije assez de lait ?

Un sein petit n’est pas un sein hypoplasique (1) (dont la glande mammaire s’est mal développée) ; « Estce que le sein est petit et au contour arrondi et lisse, ou bien estce qu’il semble manquer du volume à un endroit ? ».

Huggins et al ont déterminé qu’il est possible d’identifier les femmes ayant des seins hypoplasiques, et de déterminer la probabilité d’insuffisance lactationnelle. Physiquement, les seins des femmes présentant une insuffisance de tissu glandulaire (IGT) peuvent être largement espacés, de forme tubulaire, et /ou asymétriques. L’examen des caractéristiques physiques et le compte-rendu par les femmes elles-mêmes des modifications durant la grossesse ou le post-partum précoce – à savoir la forme des seins, les vergetures, l’importante distance entre les seins, l’asymétrie de la poitrine, ainsi que le volume de lait que le bébé reçoit et les quantités exprimées au tire-lait juste après les tétées sont des indicateurs amenant à diagnostiquer une hypoplasie pouvant expliquer une insuffisance de lactation.

Un sein petit contient une glande parfaitement fonctionnelle, et j’ai rencontré de nombreux cas où la glande mammaire occupait tout le volume du sein, où il n’y avait plus de graisse palpable. Les craintes qu’avoir des seins petits soient insuffisants pour nourrir pleinement un enfant proviennent assurément des anciennes recommandations qui voulaient qu’on allaite toutes les 34h ; à cette époque et avec ces conseils peu avisés, des seins petits pouvaient effectivement ne pas suffire.

Aujourd’hui, nous en savons bien plus sur les seins et la production de lait ; nous savons qu’une maman ayant des seins de petite taille peut nourrir complètement son enfant ; elle proposera le deuxième sein dès le moment où le premier sein sera bien vidé, bien souple à la palpation ; et elle allaitera probablement plus fréquemment qu’une maman dont la glande mammaire est plus généreuse.

Vous noterez que je parle de glande mammaire et non de taille ni de volume du sein ; car ce n’est pas tant la taille extérieure qui importe en lactation, c’est la présence et la répartition de la glande mammaire.

Il faut aussi s’appuyer sur le fait que la glande mammaire peut encore se développer notamment durant le premier mois après la naissance, dès le moment où il y a des tétées suffisamment fréquentes et bien sûr efficaces.

Ce qui suit contribuera peutêtre à rassurer quelques mamans ! J’ai eu parmi mes patientes des mamans qui ont nourri des jumeaux sans besoin de recourir à du lait artificiel, alors qu’elles avaient une petite poitrine.

Limiter les risques de mastite

Avoir des seins petits suppose une capacité de stockage parfois faible. La plupart des alvéoles seront plus rapidement remplies.  Des tétées (ou vidanges) fréquentes, c’est donc assurer qu’on puisse nourrir pleinement son ou ses enfants sans avoir besoin de recourir au lait infantile, c’est aussi ne pas rester longtemps avec des seins trop pleins (même petits !!)

Or, rester trop longtemps avec des seins trop pleins, c’est risquer d’entrer dans le spectre des pathologies mammaires que sont les mastites.

Les risques de mastites peuvent être à la fois élevés chez la maman qui a des seins petits, car ils sont remplis pleinement plus rapidement ; ces risques peuvent aussi être diminués dans le cas où la maman allaite très souvent et que l’enfant vide les seins de manière efficace. (2)

Aide au positionnement et à la prise en bouche

Un sein petit, par définition, est un sein qui ne « dépasse » pas beaucoup de la cage thoracique. Une des images sociales de l’allaitement au sein est notamment la position de Madone où la maman prend son sein en coupe.  Avec un sein petit, cette main maternelle peut alors éloigner l’enfant de son sein, voire placer ses doigts trop près de l’aréole et ainsi gêner  une bonne prise en bouche.  Copier l’image sociale et artistique de la position de la Madone peut ici être une erreur.

La maman peut parfois être tentée d’aplatir son sein de façon à faciliter la prise en bouche plutôt que de vouloir passer ses doigts sous le sein et donc de risquer de maintenir son enfant éloigné. Il est alors préférable et conseillé de placer sa main audessus du sein en mettant ses doigts à 3h et 9h par exemple si elle est en Madone.

Dans ma pratique, j’ai parfois été amenée à gonfler artificiellement la partie interne du sein. En effet, le menton de l’enfant doit être légèrement enfoncé dans le sein avant même de pouvoir continuer sa séquence vers la prise en bouche du sein.

 Pour l’enfant en Madone, si la partie interne du sein manque de volume :

la mère peut placer le talon de sa main sur le bord extérieur du sein,

pousser légèrement le sein vers le milieu ; la maman peut également utiliser un doigt, ou un pouce, dès le moment où ils sont parallèles à la bouche de l’enfant ; ainsi, l’enfant va pouvoir apposer son menton sur une partie plus stimulante pour qu’il puisse alors ouvrir grand la bouche.

Si l’enfant est parallèle à la mère, celleci préfèrera peutêtre s’incliner en arrière, cela fera remonter ses seins et offrira ainsi du volume au menton de l’enfant assis à califourchon par exemple.

La maman évitera également les épaisseurs autour du sein qu’elle donne ; le lange utilisé parfois, les vêtements d’allaitement épais, le pan du soutiengorge, tout tissu qui se trouverait là où se placera le menton de l’enfant peuvent contribuer à éloigner l’enfant du sein alors qu’une bonne prise en bouche sera assurée par un contact étroit de la mère et l’enfant, où le menton est en contact direct avec le sein.

Allaiter un bébé lorsque l’on a des des seins petits peut ainsi être facilité, et l’allaitement maternel exclusif jusqu’au six mois, comme le recommande l’OMS est parfaitement possible, bien que corrélé à des tétées plus fréquentes que pour d’autres entités mère-enfant.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ ( Allaitement des Jumeaux et plus )

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Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/ https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/#comments Wed, 10 Aug 2016 12:48:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1414   Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes … Continuer la lecture de Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein

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Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes qui pourraient faire penser à une hyperlactation peuvent aussi révéler d’autres soucis et appellent donc à une vigilance accrue. Elle propose une grille de lecture, une sorte de « diagnostic différentiel » pour les aidants et professionnels du conseil en allaitement.

Hyperlactation et réflexe d’éjection fort, les manifestations les plus courantes:

UN ENFANT QUI :

  • S’étrangle, s’étouffe, tousse au sein,

  • Laisse fuir du lait de sa bouche,

  • Se cambre et s’éloigne/se dégage du sein, frappe le sein,

  • A des difficultés à rester au sein,

  • Régurgite,

  • A beaucoup de gaz

  • A des selles vertes, liquides, et explosives

  • A une prise de poids inconstante (poids faible après un bon départ)

UNE MERE QUI :

  • A des seins jamais confortables, jamais « vides », qui se re-remplissent très vite,

  • A des zones sensibles au toucher, fermes/durs, avec des « bosses », des « masses »

  • Qui souffre de canaux bouchés chroniques, ou de mastites chroniques,

  • Qui ressent une douleur intense lors du premier réflexe d’éjection,

  • Qui a un réflexe d’éjection très puissant,

  • Qui a les seins qui fuient constamment entre les tétées,

  • Qui a « fui » du lait en prénatal.

Françoise Coudray :

« J’aimerais partager avec vous deux exemples de situations que j’ai rencontrées plusieurs fois dans ma pratique, ce qui vous guidera vous-même.

Une de mes clientes est venue dès sa sortie de maternité, car elle avait toujours les seins trop pleins après une tétée et elle commençait à avoir mal aux mamelons ; « J’ai trop de lait, j’en ai encore plein dans le sein après la tétée ». Son enfant présentait des selles vertes et il avait des gaz malodorants. En observant une tétée, j’ai pu constater que l’enfant ne prenait pas correctement le sein en bouche et ne parvenait pas à vider pleinement le sein.  Dès le moment où la prise en bouche a été optimisée, le sein fut très bien drainé et bien souple en fin de tétée. Dans ce cas-ci, la maman a été également heureuse de constater une « belle » prise de poids, et un transit plus facile pour son bébé.

Une autre mère me contacte affolée car depuis la « montée de lait » son enfant s’étrangle, s’étouffe, laisse couler ou gicler du lait. Il prend peu de poids et les tétées sont douloureuses. Les mamelons étaient sensibles et abîmés. En observant une tétée et en examinant la mère et l’enfant dans leur globalité, j’ai pu observer que le bébé avait une succion dysfonctionnelle face à un flot de lait tout à fait normal. Le bébé parvenait difficilement à téter efficacement en respectant le cycle « succion-déglutition-respiration ». Ce bébé avait alors tendance à pincer le mamelon [cela cause des crevasses] pour réduire le flot qui l’incommodait – un flot par ailleurs tout à fait « normal ». Il a donc fallu orienter notre intervention sur une rééducation et / ou apprentissage d’une succion efficace en s’étant au préalable assuré qu’il n’avait pas de gêne successive à l’accouchement par une visite chez un ostéopathe, en vérifiant son palais, son frein de langue, si un problème ORL pouvait être en cause avec un professionnel averti.

Ces deux mamans et leurs nourrissons sont ainsi une illustration de la nécessité de bien réaliser un diagnostic différentiel pour rechercher éventuellement d’autres causes à ces comportements d’étranglement du bébé, à ces seins encore très pleins après une tétée qui au premier abord, peuvent faire effectivement penser à une surproduction et / ou un réflexe d’éjection fort.

Ainsi que le souligne Catherine Watson Genna (2008), une consultante en lactation IBCLC internationalement connue : les symptômes assimilés à la « surproduction » peuvent masquer un problème du nourrisson. Il faut s’assurer de bien rechercher la capacité du bébé à téter avant d’essayer de modifier la production de lait. » ; c’est un travail en réseau avec la consultante, l’ORL et l’ostéopathe notamment, qui se révèle très efficace, notamment quand malgré nos efforts, l’enfant ne parvient toujours pas à prendre correctement le sein en bouche.

S’il s’avère que votre bébé ne parvient pas à bien vider vos seins, il peut être intéressant de revoir votre mise au sein.

Cependant, la toute première des étapes est et reste, de s’assurer de la bonne prise du sein par le bébé qui sera fonction de la position que la mère et l’enfant trouveront la plus confortable pour eux et de savoir qu’ils pourront aussi changer de position régulièrement selon l’humeur, le moment. 

En 1989, dans le Journal of Human Lactation, Mary Renfrew écrivait : « Il est contre-productif d’insister pour que le bébé soit placé précisément dans la position qu’a apprise le soignant, sauf si une attention particulière est apportée quant à l’efficacité de cette position et au caractère individuel tant de la mère que du bébé. Cette articulation entre la mère et son bébé peut être considérée comme une sorte de danse. » Elle ajoutait : « Cette danse a juste besoin d’être encouragée, et non pas contrôlée ou limitée. Le concept de « gestion » de l’allaitement tel qu’il apparaît souvent dans les manuels implique un contrôle et n’est d’aucun secours. La mère et le bébé gèrent leur propre expérience d’allaitement à partir de leurs sensations, et avec une aide lorsque c’est nécessaire. Même si nous en savons plus en matière de techniques de positionnement, nous devons éviter d’insister trop sur l’aspect technique, car ce serait au détriment du caractère unique de chaque couple mère-bébé. »

Une incitation donc à vous documenter, vous informer par des lectures, en vous entourant de personnes formées ; mais aussi une incitation à vous faire confiance, vous écouter vous et votre bébé et vous faire votre opinion. Vous êtes l’experte et celle la plus à même de savoir comment vous vous sentez. N’hésitez plus à vous entourer pour discuter de vos difficultés et composez vos propres solutions en fonction de vos convictions. Bonne route sur le chemin de l’allaitement !

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Crevasses https://www.leblogallaitement.com/crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/crevasses/#respond Tue, 12 Jul 2016 12:39:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1395 Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier. Les crevasses sont de petites plaies sur … Continuer la lecture de Crevasses

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Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier.

Les crevasses sont de petites plaies sur le mamelon provoquant une douleur maximale en début de tétée, absente ou légère entre les tétées et augmentée par la friction (le frottement d’un vêtement par exemple). Elles surviennent principalement à la suite d’une prise du sein inadéquate et traumatique :

  • Le plus souvent en raison d’une position au sein trop approximative (ouverture de bouche trop faible, tête du bébé fléchie, bébé trop éloigné du sein.).

  • Consécutivement à un engorgement des seins jusqu’à l’aréole.

    engorgement et crevasses muriel mermilliod

  • Lors de variations anatomiques des mamelons rendant plus difficile la prise du sein.

  • Comme conséquence d’un réflexe d’éjection fort.

  • En raison de l’inélasticité d’un frein de langue, frein de lèvre supérieure (ce qui nécessitera parfois une intervention pour résoudre le problème), ou d’un palais creux…

Mais elles peuvent aussi apparaître :

  • Suite à l’utilisation inadéquate d’un tire-lait, d’un tire-lait de piètre qualité ou d’une téterelle de taille inadaptée.

  • Dans le cas d’un retrait du sein sans briser la succion.

  • Lorsque le nouveau-né a tendance à serrer les mâchoires en début de tétée ou en s’endormant sur le sein en fin de tétée.

Pour guérir rapidement la crevasse, l’accent doit être mis sur une prise du sein adéquate car cela permet immédiatement une nette diminution de la douleur, la rendant supportable d’emblée et surtout pour favoriser sa guérison spontanée et rapide.

En plus de cela, pour soulager la douleur vous pouvez :

  • Appliquer des compresses chaudes et humides juste avant la prise du sein

  • Prendre un antalgique compatible avec l’allaitement (ibuprofène en courte durée par exemple, en parler avec votre sage-femme ou médecin)

  • Varier les positions du bébé au sein

  • Déclencher le réflexe d’éjection avant la mise au sein (manuellement ou au tire-lait)

  • Commencer la tétée par le sein le moins douloureux

Et pour faciliter la cicatrisation vous pouvez :

1er choix : exprimer quelques gouttes de lait après la tétée et l’appliquer sur le mamelon et l’aréole puis laisser sécher à l’air

2ème choix : appliquer de la lanoline modifiée USP ultra-purifiée. En veillant à une hygiène des mains correcte, étaler l’équivalent d’un grain de riz de pommade en utilisant un doigt différent pour chaque sein

3ème choix : appliquer des « pansements au lait maternel » (compresse stérile imbibée de lait maternel et maintenue par un film alimentaire) : changer toutes les 3 heures au moins . 

Attention il est important de le faire sous la surveillance d’un professionnel de santé car il y a un risque d’inclusion de germes si l’application de cette compresse est mal réalisée

4ème choix : mettre des compresses hydrogel rinçables .

Attention sous surveillance d’un professionnel de santé aussi (même risque que pour le pansement de lait maternel)

Enfin, encore quelques points utiles pour vous aider :

Mieux vaut éviter les coussinets d’allaitement. Ils favorisent un risque de macération menant à l’infection.

Vous pouvez vous protéger du frottement et laisser vos mamelons à l’air en portant ponctuellement des coupelles protège-mamelons.

Et si vous ne parvenez pas rapidement à obtenir une prise du sein adéquate vous pouvez, en étant accompagnée, envisager :

  • l’utilisation ponctuelle d’un écran en silicone lorsque la douleur n’est pas suffisamment soulagée par les mesures précédentes

  • de diminuer ou cesser les mises au sein du côté affecté pendant le temps nécessaire (jusque 24 à 48h) et maintenir la production lactée en utilisant l’expression du lait manuelle ou avec un tire-lait adapté selon votre choix.


Bon à savoir :

Trouver une solution à des crevasses est indispensable parce qu’elles peuvent causer des douleurs importantes, mais c’est aussi une prévention de l’infection de cette crevasse par un germe. Et enfin, c’est prévenir le risque qu’a votre bébé de prendre trop peu de lait car quand il pince le mamelon il en reçoit moins facilement que lorsqu’il le prend bien loin en bouche.

[Crédit photos ] Muriel Mermilliod-Defrenne

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

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Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


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Voici aujourd’hui une histoire d’allaitement qui mérite d’être mise en valeur. Il s’agit des péripéties vécues par une maman de jumelles nées à terme.

J’ai connu cette maman, Mélanie(°), pendant sa grossesse et je lui ai donc apporté quelques bases concernant l’allaitement de jumeaux.

Pour que l’histoire soit complète, je précise que Mélanie est la mère d’une famille recomposée et qu’elle élève aussi les trois premiers enfants de son mari, les jumeaux sont donc les quatrième et cinquième enfants de ce couple.

Une mise en route bien compromise

Après plusieurs échecs de déclenchements, les enfants sont nés par césarienne avec des poids de 2765g et 2465g pour Lilou (°) et Clémence(°).

A la maternité, le personnel soignant n’a laissé aucune chance aux bébés de téter directement au sein, bien qu’étant nées à terme:

« elles sont trop petites » disaient les professionnels! Pour moi, cela signifiait plutôt : « nous n’avons pas le temps pour vous », ce qui est, hélas, trop souvent le cas dans les maternités.

Mélanie a donc reçu directement un tire-lait et les bébés ont été nourris au biberon. Mais elle ne voulait pas s’arrêter là, et, à peine rentrée à la maison, elle m’a appelée.

Tenir le cap malgré les difficultés du début

Elle n’avait pas pleinement pris la mesure du changement de rythme à la maison, et le quotidien l’a vite rattrapée. Résultat, elle tirait son lait de moins en moins souvent, complétant malheureusement avec des préparations pour nourrissons (PPN).

Je l’ai remotivée pour qu’elle recommence à tirer toutes les deux ou trois heures. Rapidement, la quantité de lait produite a augmenté, tandis que celles de compléments de PPN utilisées diminuaient.

Nous en avons profité pour proposer le sein aux bébés mais, habituées au biberon, elles attendaient que le lait coule dans leur bouche sans effort.

La mise au sein était bien sûr compliquée par les séances de tire-lait qui se télescopent, les douleurs de la suture, la gestion du quotidien avec tous ces enfants…

Les miracles arrivent quand ils sont bien préparés…

Il aura fallu deux mois de persévérance pour qu’un jour, je reçoive un petit message : «  elles ont réussi à téter, toutes les deux !! »

Nous reprenons un suivi rapproché pour être certaines que les jumelles prennent bien le sein. Les éventuels compléments sont donnés au DAL ( dispositif d’aide à la lactation). Très vite, l’allaitement devient presque exclusif. Cependant, les bébés ayant mis du temps à prendre le sein, elles ont encore du mal à se positionner correctement et Mélanie commence à souffrir de crevasses. La fatigue s’installe chaque jour davantage, Mélanie se retourne vers le biberon. Elle a du mal à tout gérer, d’autant que le papa est peu disponible à cause de son travail. Sa lactation baisse.

… et bien encouragés!

Mélanie cherche de la motivation et du courage où elle peut, elle est prête à craquer…

Sa chance, c’est le soutien de tout son entourage, familial et amical. Peu à peu, grâce aux stimulations des jumelles, du tire-lait et avec un petit coup de pouce homéopathique, sa production augmente à nouveau.

Aujourd’hui, les jumeaux tètent efficacement et correctement. Les tétées se font sans douleur. La production de lait est bonne sans toutefois être suffisante pour deux enfants : Mélanie doit compléter certaines tétées par du lait artificiel. Mais quelle réussite!

Bravo à cette maman courageuse, qui a su bien s’entourer. Oui, l’allaitement n’est pas toujours simple mais faisons confiance à nos enfants et soyons patientes. Avec de l’aide, tout peut arriver !

(°) les prénoms utilisés sont fictifs. La maman a néanmoins donné son accord pour la publication de son témoignage. Qu’elle en soit ici remerciée!

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