Soutien en allaitement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:46:27 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/#respond Wed, 05 Oct 2022 08:53:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2285 Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire 2 à 3 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas bander / comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques :

pour en savoir plus sur l’engorgement

Leche League : engorgement
Leche league : revue de littérature concernant le recours au chou Protocole de l’Academy of breastfeeding
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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les difficultes d’allaitement d’un bebe différent https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/ https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/#respond Tue, 12 Apr 2022 08:06:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2269 Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire. Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou. Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que … Continuer la lecture de les difficultes d’allaitement d’un bebe différent

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Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire.

Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou.

Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que je partage chaque jour avec Jude depuis plus de 4 mois maintenant.

Il faut savoir qu’on pense que l’allaitement est inné, intuitif mais c’est surtout un sacré défi !

Je suis une femme confiante, battante et plutôt sûre de moi, surtout après l’allaitement de Lou.

Avant l’arrivée de numéro 2, j’ai voulu encore plus m’informer pour être incollable et mener mon second allaitement le plus loin possible. J’ai consulté avant sa naissance, une consultante en lactation IBCLC pour être prête à ma reprise du travail, avoir des conseils sur le tire-lait qui me conviendrait etc.

Mais à la naissance de Jude, je me rends très vite compte que son allaitement ne se déroule pas comme celui de mon aîné. Il se fatigue très vite, il a du mal à activer l’éjection du lait et s’endort sur le premier sein sans se réveiller quand je le stimule et lui propose le second. Il pleure beaucoup après chaque tétée. Pourtant, on vient de faire le rendez-vous pédiatre du premier mois et « tout va bien ». On nous a parlé d’un larynx mou mais il va bien et puis « ça passera tout seul ».

Très vite, depuis nos vacances en Corse, le papa et mois décidons d’appeler notre consultante IBCLC et lui racontons un peu le comportement de Jude. Cette dernière nous parle immédiatement d’un comportement typique d’un bébé avec une laryngomalacie. Bingo, dans le mille ! Les mots de « larynx mou » nous reviennent en boomerang.

Jude est né avec une laryngomalacie. En gros, les tissus des voies aériennes, situés au-dessus des cordes vocales sont trop souples et les muqueuses peuvent obstruer les voies respiratoires et ce cartilage immature peut amener à des difficultés respiratoires bien sûr mais aussi des difficultés pour s’alimenter.

Avec la consultante, nous avons mis en place des petites astuces pour booster ma lactation. Comme pour un bébé prématuré, il doit avoir tout le lait nécessaire dès qu’il attaque la tétée.

S’ il ne se nourrit pas assez, nous devons l’aider et nous devons le surveiller pour qu’il ne perde pas de poids et surtout, pour qu’il en prenne suffisamment.

Dans l’idée de mon allaitement parfait, j’avais omis que des difficultés qui ne nous étaient pas propres pourraient venir entraver ce parcours qui pour moi était si évident, si facile !

Dès notre retour de vacances, j’appelle un prestataire de services pour louer mon tire-lait qui allait devenir mon meilleur ami pour les mois à venir. A partir de ce jour, je me lance dans un sacré défi : nourrir suffisamment mon bébé et tirer du lait supplémentaire pour essayer de lui proposer des biberons en plus du sein. Jude les refusera dans un premier temps, alors je remplis le congélateur en prévision de mon retour à une activité professionnelle et à l’entrée de mon tout petit en crèche pour ses 3 mois.

Arrive la séparation, et là, c’est un nouveau marathon qui s’impose à moi : allaitement à la demande (évidemment !) à la maison et tirer mon lait dès qu’il n’est pas là, que je sois en déplacement ou en télétravail. Je suis freelance dans la publicité alors je suis plutôt flexible dans mon planning mais du coup, mes différents employeurs ne sont pas nécessairement informés de ma nécessité de tirer mon lait.

Et enfin, dernier challenge, et pas des moindres : la crèche. Si vous avez déjà décidé d’allaiter votre bébé et l’avez placé en crèche, alors vous savez sans doute de quoi je parle.

Il nous a fallu trouver notre rythme avec les biberons : donner assez de lait pour la journée, sans trop en donner sinon, direction l’évier (et là, chaque maman a déjà eu envie de pleurer toutes les larmes de son corps !), préparer en avance les biberons avec les « bonnes » quantités (car le personnel ne « manipule pas le lait maternel ») quand on ne sait pas vraiment ce que prend notre bébé puisqu’il est au sein.

Et c’est parti pour les pains de glace, les sacs de congélation, les petites étiquettes, les « On a dû jeter 4 biberons », « Il n’a pris que 50ml aujourd’hui », le médecin de la crèche qui insiste pour essayer du lait artificiel « au cas où », les chiffres sur la balance qui se répètent et ne bougent pas au fil des semaines alors qu’on fait tout pour.

Et puis, on ne lâche rien, ni le papa, ni moi. Mon homme me soutient, chaque jour. C’est mon pilier, mon « pap’assistant » comme on aime à l’appeler.

Et puis le temps passe, les puéricultrices sont un peu plus souples à la crèche, ils apprennent à se connaître et Jude prend un petit peu plus chaque jour.

Moi je cours, entre les studios, la maison, la crèche. Mon tire-lait souvent à la main, je cuisine, je me maquille pendant que je suis « branchée ».

Mais finalement, on trouve notre rythme et surtout on s’adapte !

Et hop ! un deuxième confinement, on décide de garder les enfants à la maison, alors mon corps et mes seins sont à nouveau sollicités dans un nouveau rythme. C’est le retour de Jude à la maison à temps complet. Ceci dit, parfois je peux télé-travailler un peu et papa est là ; il propose des biberons de mon lait, il m’amène mon tire-lait, une infusion, veille à ce que j’ai toujours une bouteille d’eau à portée de main.

Certains jours, je sens que ma production faiblit ; ça arrive mais on sait quoi mettre en place, on sait y remédier et nous avons confiance. On materne, on materne, on se noie d’amour et on se dit que cette période étrange nous apporte quelque chose de précieux : du temps tous les quatre.

Finalement j’ai appris encore un peu plus à écouter mon instinct, à écouter mon corps et l’accompagner dans chaque étape de ma vie, de nos vies, pour moi, pour mes enfants.

L’allaitement, c’est décidément bien plus qu’une simple histoire nourricière.

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UNIES JUSQUE DANS NOTRE ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/unies-jusque-dans-notre-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/unies-jusque-dans-notre-allaitement/#respond Wed, 02 Mar 2022 10:32:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2264 Sophie et Justine sont en couple et toutes deux auxiliaires de puériculture. Elles ont accepté de partager leur histoire pour banaliser le sujet de la lactation induite et du co-allaitement. Bien que travaillant toutes deux en maternité, lorsqu’elles ont entamé une réflexion sur leur projet de lactation induite, elles ont très vite été confrontées à … Continuer la lecture de UNIES JUSQUE DANS NOTRE ALLAITEMENT

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Sophie et Justine sont en couple et toutes deux auxiliaires de puériculture. Elles ont accepté de partager leur histoire pour banaliser le sujet de la lactation induite et du co-allaitement.


Bien que travaillant toutes deux en maternité, lorsqu’elles ont entamé une réflexion sur leur projet de lactation induite, elles ont très vite été confrontées à l’étonnement. « Mes collègues ne croyaient pas que c’était possible » souligne Sophie.

Elles ont alors recherché des ressources auprès d’associations, des témoignages et constaté que les rares retours d’expériences évoquaient un échec.

A la recherche d’une consultante en lactation

Elles avaient le sentiment de manquer de concret, c’est pourquoi elles ont recherché un conseil spécialisé. Aucune des deux spécialistes consultées n’avait d’expérience en la matière. Sophie et Justine se sont même entendu dire : « Oh là, ça, c’est compliqué !».

La deuxième professionnelle n’était pas plus renseignée qu’elles ne l’étaient déjà. Les informations obtenues ne se sont d’ailleurs pas avérées appropriées. Il était recommandé de démarrer une stimulation des seins à partir de la 35e ou 37e semaine d’aménorrhée. « On a commencé à 29 SA, car j’en avais trop envie ! » se rappelle Sophie « et on pense que c’était déjà un peu tard ».

Enfin une consultante en lactation qui s’y connait !

C’est au cours d’une conférence virtuelle sur l’allaitement maternel que Justine et Sophie découvrent une consultante en lactation IBCLC spécialisée dans les situations complexes puisqu’elle travaille en néonatalogie. Au cours de la téléconsultation, l’IBCLC a affirmé que la lactation induite n’a rien de bien différent à une situation de relactation1 puisque le principe consiste à mettre toutes les chances de son côté pour que le corps produise un maximum de lait. Elle a évoqué le protocole de Newman et réfléchit à une adaptation car Sophie ne peut pas prendre d’hormones pour raison médicale.

« Le protocole d’induction de lactation est véritablement lourd au quotidien, surtout quand on travaille » évoque Sophie. La consultante m’a conseillé de tirer mon lait 6/8 fois par 24h, de faire des massages du sein au milieu du tirage, ainsi que de prendre du fenugrec et consulter mon médecin pour me faire prescrire un médicament aux propriétés galactogogues. Son enthousiasme, sa bienveillance et ses conseils nous ont boostées ! Le lait s’est même mis à couler très vite en plus grande quantité.

Sophie avait eu deux enfants naturellement avant Marius et elle les avait allaités 6 mois chacun. Elle reconnaît avoir eu son lot de galères à ce moment-là et qu’en même temps cette expérience était un plus : « Mon corps avait clairement la mémoire de ces allaitements » précise-t-elle. J’ai décidé d’allaiter Marius car je voulais donner la même chose à mes trois enfants et créer un lien de sang avec mon fils. Cette expérience a permis à ma grande fille de poser des questions sur son propre allaitement. Mon fils aîné qui est hyper pudique était un peu gêné la première fois qu’il m’a vu tirer mon lait et puis il a trouvé ça banal.

Motivation et courage

Sophie reconnaît que savoir que c’est possible est un premier pas mais qu’il faut énormément de ténacité et de motivation pour tenir le coup. « Je savais aussi que si je lâchais, Justine aurait lâché également » précise-t-elle.

« Le parcours n’est pas linéaire » témoigne  Justine qui avait subi une chirurgie de réduction mammaire 8 ans plus tôt. Être à deux compte beaucoup, notamment quand la motivation baisse. « D’ailleurs nos premières gouttes ont été synchrones. Comme on faisait tout ensemble, on a commencé à stimuler notre lactation en même temps. Et nous avons obtenu toutes deux du colostrum dès la première tentative. Ce fut un moment mémorable même si l’apparence du colostrum nous a surprises à ce moment-là. 

Il faut être armée et motivée, mais ça vaut le coup. “Je tirais mon lait pendant les transmissions » au travail se souvient Sophie, avec le sentiment de ne pas être légitime car je n’étais pas enceinte ni nouvelle maman. Cela n’a pas entaché ma motivation.

Marius arrive enfin !

Puis est arrivé Marius, qui a pris instantanément les 4 seins dès la première nuit. « Je pense que je n’oublierai jamais la première mise au sein » se rappelle Sophie. « A sa naissance, j’ai même ressenti tous les effets d’une maman qui accouche ».

Avec du recul, Sophie et Justine sont heureuses de souligner qu’elles ont pu bénéficier d’une prescription de tire-lait intégralement prise en charge. Certains facteurs ont été porteurs également comme les réunions de soutien virtuelles organisées par La Leche League. Notons qu’une professionnelle de la maternité a autorisé Sophie à rester 24h/24 avec maman et bébé.

Ses anciens réflexes sont aussi rapidement revenus. Une de ses cousines a même rétorqué : « On voit bien que c’est un troisième pour toi. Bim bam pouf, au sein ! ». De son côté, Marius prenait tantôt le sein de Justine avec les bouts de sein, tantôt ceux de Sophie nus.

Des soucis viennent entacher notre bonheur

Quelques bémols cependant sont à déplorer dans le parcours : « On a accouché au moment où les visites en maternité ont été autorisées à nouveau ; dommage ! Cela nous a moins laissé l’occasion de faire du peau à peau. » Et outre le besoin d’organisation spécifique, la logistique des tirages n’a pas toujours été commode.

Notons que nous avons vécu les difficultés classiques du démarrage avec un bébé de petit poids de naissance et quelques aléas médicaux. Devant ces difficultés, nous avons souhaité consulter un ostéopathe qui a mis ça sur le compte du frein de langue sans même regarder sa bouche, là aussi nous avons dû chercher une personne plus compétente.

En outre, Sophie évoque que le regard de gens est essentiellement tourné sur le bébé et la maman qui a accouché. Elle s’est souvent demandé : « Et moi dans tout ça ? ». Ce sentiment entrait en ambivalence avec la peur de prendre la place de Justine si elle venait à produire plus de lait que sa compagne. Elle mentionne la peur du jugement aussi quand on la surprenait en train d’allaiter à la maternité. Elle aurait du patienter 6 semaines après la naissance de Marius pour envisager des mises au sein plus nombreuses et permettre à la lactation de Justine de s’installer pour le mieux mais dans les faits elles ont suivi leur instinct et les envies de bébé. Elle évoque son coup de blues : « Je me disais que j’allais vraiment pouvoir le mettre au sein seulement au moment de la reprise du travail. Ceci étant, le dialogue franc, sincère et toujours harmonieux dans notre couple a été un atout majeur. »

« Notre contexte médical spécifique a fait que l’on produisait peu à nous deux mais ça valait le coup. Dans notre histoire, Justine a dû subir une hospitalisation pendant 10 jours alors qu’elle allaitait Marius. J’ai alors pris le relais. » précise Sophie. Cet épisode a eu pour conséquence une baisse majeure de la lactation, d’autant que Justine ne pouvait pratiquement plus tirer son lait et que les visites de Marius étaient peu fréquentes.

Au final

Au final, Marius a tété 4 magnifiques mois et puis s’est détourné du sein, notre lactation était trop faible.

Pour symboliser notre parcours, nous allons nous offrir un collier avec une perle constituée de nos deux laits, ce lait qui renforce encore notre lien.

Références

1 La relactation est le processus selon lequel une mère relance sa production de lait après avoir interrompu son allaitement

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astuces pour allaiter en Pleine Conscience https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/ https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/#respond Tue, 28 Sep 2021 10:35:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2232  Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School. Agathe Feoux propose de nous aider à … Continuer la lecture de astuces pour allaiter en Pleine Conscience

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 Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School.

Agathe Feoux propose de nous aider à intégrer la mindfulness dans notre vie quotidienne. Cette discipline méditative, nous apprend-elle, consiste à cultiver l’attention et nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent. L’équipe de rédaction du blog allaitement lui a demandé comment allaiter en pleine conscience. Elle décline pour nous cette approche en six points.

1) Être bienveillant

Nous sommes des êtres sensibles qui avons besoin d’amour et de gentillesse.

Cultiver la bienveillance nous aide à mettre de côté nos jugements intérieurs et nous permet de nous voir d’une façon plus juste. 

Quelles que soient les difficultés rencontrées lors de votre allaitement, posez-vous ces questions :

« Quelle est la meilleure attitude bienveillante, à adopter pour mon bébé et moi maintenant ?»

« Est-ce que le fait de m’inquiéter m’aide à mieux gérer cette situation ou cela me rend juste plus anxieuse ? »

« Comment puis-je être avec cette situation* ?

2) Créer le lien et laisser être

Allaiter en pleine conscience, signifie simplement que vous êtes en train de nourrir votre enfant du mieux que vous le pouvez maintenant. Cela peut être une merveilleuse occasion de revenir au moment présent et de vous connecter à votre bébé.

La pleine conscience vous invite à mettre délibérément de côté vos tendances à valoriser certains aspects de votre expérience et à en rejeter d’autres.

Cela rejoint le laisser-être et le fait de cultiver en Pleine Conscience un état d’esprit sans préférence, en effet si la situation présente est perçue comme insatisfaisante en comparaison à un état de référence, (disons « le bien-être » une situation de calme ou sans douleur) il y a une évaluation de la situation, un jugement. Avec la Pleine Conscience, nous allons du mieux que nous pouvons l’être. Nous sommes authentiquement présents avec ce qui est là, sans projet. 

Dès qu’il y a un objectif de résultat (bien légitime) cela crée un décalage imperceptible qui nous met en retrait de la situation. Et cette envie que les choses soient différentes va nous empêcher d’être complètement présents à la douleur pour ce qu’elle est, à la peur pour ce qu’elle est, au bruit pour ce qu’il est…

Vous laissez plutôt votre expérience être ce qu’elle est, et vous vous entraînez à l’observer d’instant en instant. 

Le « laisser être » est une façon de laisser les choses être, de les accepter telles qu’elles sont. 

3) Cultiver un esprit paisible

Saviez-vous qu’il y a une relation entre l’éjection du lait et votre cerveau ?

Vos seins contiennent des milliers de petites alvéoles dans lesquelles le lait est fabriqué. Les alvéoles sont entourées de cellules qui éjectent le lait grâce à l’action de l’ocytocine. L’ocytocine, c’est aussi l’hormone de l’amour qui vous donne un sentiment de confiance.

Alors qu’en est -il de la pleine conscience à ce moment-là ?

Lorsque vous nourrissez des pensées stressantes ou que vous êtes préoccupée par votre allaitement, le système automatique « de combat ou de fuite » au niveau de votre système nerveux s’active.

Vous rentrez alors dans une forme de réactivité physique ou psychique qui alimente le stress et qui a un impact direct sur le déroulement de votre allaitement. De ce fait, l’éjection du lait s’en trouve perturbée et affaiblie.

Quand vous arrivez à être présente et connectée, vous favorisez la libération d’ocytocine et vous pouvez observer tout un éventail d’émotions agréables et votre lait coule plus facilement.

4) Être ancrée dans le présent

Il n’y a pas de meilleur moment que celui de la tétée pour être présente à soi.

Prenez un instant pour faire une pause debout, assise ou allongée avec votre bébé, et laissez-vous atterrir dans votre propre corps.

Observez comment vous vous sentez maintenant. Concentrez-vous sur vos sensations, vos pensées, vos émotions…

Puis portez votre attention sur votre respiration, son mouvement, sans tenter de modifier quoi que ce soit ou sur les sons si cela est plus confortable pour vous.

A chaque fois que vous portez votre attention sur votre respiration ou sur les sons, vous revenez automatiquement au moment présent car vous ne respirez pas pour hier ni pour demain mais bien pour maintenant.

5) Résolution de problèmes

Il se peut que vous ressentiez des sensations inconfortables pendant la tétée pour diverses raisons, que vous ayez l’impression de manquer de lait, que votre bébé ne tète pas correctement, qu’il ne prenne pas assez de poids, bref que tout cela vous submerge et devienne un mélange explosif de pensées et d’émotions difficiles.

Alors à ce moment-là, 2 possibilités s’offrent à vous :

–       contacter une personne ressource, une bénévole d’un groupe de soutien (ex. : La Leche League, …), une professionnelle spécialisée (consultante en lactation IBCLC) pour identifier la cause du problème et envisager des solutions

–       apprendre à gérer vos émotions pour vous sentir moins enlisée dans vos difficultés du moment

Vous pouvez respirer et accompagner les douleurs physiques et/ou émotionnelles, observer les pensées et les émotions qui créent cette souffrance et puis doucement revenir à l’instant présent comme vous le pouvez.

Ce moment est sûrement difficile, mais ça ne durera pas, tout comme les douleurs de l’accouchement qui sont maintenant derrière vous.

Vous pouvez essayer de gérer cela, une respiration après l’autre, une tétée après l’autre.

La clé est la bienveillance envers vous-même.

Vous êtes en train d’apprendre. Vous faites de votre mieux, et votre bébé aussi.
En cas de crise, les pratiques de pleine conscience vont vous aider, c’est à dire approcher et observer vos émotions.

6) Faire confiance au processus

Être pleinement consciente et faire confiance c’est reconnaître parfois vos propres frustrations, vos insécurités, vos limites, et même vos sentiments les plus négatifs, tout ce qui est susceptible de vous accabler ou vous blesser. 
Il convient alors d’essayer d’être et de travailler avec plutôt que d’aller contre.

Faire confiance au processus vous permet d’aller au-delà des apparences et des comportements de surface pour voir plus clairement vos enfants tels qu’ils sont réellement, pour voir l’intérieur aussi bien que l’extérieur, et pour agir avec sagesse et compassion sur la base de ce que vous voyez.

Plus vous cultivez la confiance, plus il vous est facile d’avoir confiance en l’autre, en la vie et autour de vous.

La pleine conscience est un moyen simple et efficace pour débloquer une situation stressante, pour prendre contact avec vos propres ressources vitales, 

Méditer n’est pas une chose facile, c’est pourquoi nous vous offrons cet audio pour tester à votre tour.

* « Être avec cette situation » signifie l’espace, l’attention et l’acceptation que nous pouvons offrir à celle-ci qu’elle soit agréable/désagréable ou neutre en comparaison aux situations que nous ne laissons pas être et où nous essayons d’arranger, contrôler ou rejeter ce qui nous semblerait donc non-désirées.

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La compression mammaire, un geste à adopter ? https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/ https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/#respond Tue, 27 Apr 2021 13:50:56 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2165 Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste. Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire. Bien qu’on ne dispose pas d’études … Continuer la lecture de La compression mammaire, un geste à adopter ?

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Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste.

Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire.

Bien qu’on ne dispose pas d’études spécifiques sur l’efficacité de cette pratique, beaucoup la recommandent pour augmenter la quantité bue par le bébé lors de la tétée, ou la quantité exprimée au tire-lait. A ce titre, les travaux de Jane Morton constituent une référence scientifique. Elle a démontré que combinée à l’utilisation d’un tire-lait de bonne qualité, la compression mammaire accroît la quantité de lait recueillie au tire-lait et facilite considérablement l’établissement de la production lactée.

Quel effet recherche-t-on quand on fait une compression mammaire ?

En des termes simples, on cherche à soutenir le transfert de lait, autrement dit à augmenter le volume de lait bu par votre enfant au sein en un temps donné.

Dans quelles situations y a-t-on recours ?

Dès les premières heures après la naissance et pendant le séjour en maternité,

Apporter une plus grande quantité de colostrum et/ou de lait contribuera à :

  • éviter une perte de poids excessive chez les bébés de petit poids, chez ceux ayant des difficultés de succion, car cela les aidera à apprendre à mener une tétée efficace
  • éviter d’aggraver un ictère par manque de lait,
  • activer encore plus la lactation lorsque votre santé ou le déroulement de l’accouchement peuvent amener des débuts difficiles
  • permettre une reprise de poids optimale

Au retour à la maison et plus tard dans l’allaitement

  • Lorsque la prise de poids est lente ou insuffisante
  • Lorsque votre bébé paraît peu efficace au sein
  • Lorsque votre bébé de quelques mois s’agite au sein en cours de tétée et qu’il semble peu déglutir

Quels résultats peut-on en espérer ?

Pronostiquer le résultat espéré relève bien sûr d’une évaluation complète par un professionnel car de nombreux facteurs entrent en jeu. Cependant, de nombreuses situations de perte de poids excessive, de prise de poids lente ou nettement insuffisantes, de succions inadéquates peuvent être considérablement et immédiatement aidées ou rétablies par la pratique d’une compression mammaire lorsqu’elle est accompagnée des autres fondamentaux de l’allaitement : des tétées d’une fréquence suffisante basée sur la compréhension du sommeil léger comme meilleure opportunité pour téter et d’un bébé placé sur sa mère en position ventrale pour faciliter la tétée, un ajustement optimal de la prise du sein et parfois une alternance des seins si besoin. Il n’est pas rare d’éviter le recours à des compléments (de préparation pour nourrissons ou de lait maternel exprimé) grâce à une pratique systématique de la compression.

Alors, comment fait-on cette compression ?

Le geste repose sur le principe d’une pression exercée en continu grâce à votre main placée en arrière de la glande mammaire ou sur la partie principale de celle-ci pour faciliter l’éjection du lait. La compréhension de la méthode est souvent déformée par la pratique courante et encore trop répandue d’un pincement proche de l’aréole. Il s’agit vraiment de placer la main en arrière donc assez haut sur le sein, loin très loin du mamelon.

La description exacte repose sur les connaissances le plus récentes de l’anatomie qui ont montré que 70% de la glande environ se trouvent dans les 3cm situés en arrière du mamelon, il faudrait donc placer la main en arrière de cette zone ; pour certaines d’entre vous, il faudra aller plus loin en arrière. Votre main forme un C autour du sein, votre pouce se trouve au-dessus et les autres doigts en dessous pour ne pas gêner votre bébé dans sa prise du sein. Vos doigts peuvent être collés à votre cage thoracique. Vous exercez une pression continue sur place sans faire glisser le pouce vers l’avant : le pouce appuie comme s’il voulait aller rejoindre l’index en traversant la masse du sein. La pression est la plus forte possible sans provoquer de douleur ni de gène.

La position de madone inversée et en ballon de rugby facilitent la pratique de la compression si votre situation nécessite une prise en charge et qu’allaiter selon votre instinct ne suffit plus, du moins temporairement.

À quel moment faire la compression ?

Dès que le débit de lait ralentit et donc que les déglutitions tendent à s’espacer, que votre bébé fait une pause longue, ou qu’il adopte de nouveau des succions rapides et peu amples sans déglutir ou lorsqu’il semble devenir somnolent, vous devriez débuter la compression.

Dans des situations très difficiles il sera utile de débuter la compression dès le début de la tétée.

Comment savoir si c’est efficace ?

La reprise des déglutitions attestera de son efficacité : des déglutitions audibles avec des mouvements de succions amples sont le signe que le transfert de lait est augmenté et qu’un réflexe d’éjection se produit à nouveau. La plupart du temps, on commence à entendre une déglutition, puis quelques instants après une autre, et une autre encore (alors que plus rien ne se produisait depuis un moment) et puis une salve de déglutitions bien suivies se produit, et ainsi de suite.

Pour évaluer l’efficacité exacte, compte tenu de l’objectif visé, vous pourrez vous référer aux professionnels qui vous accompagnent.

Le petit plus de la compression

Maintenir une main qui englobe ainsi le sein favorise l’assouplissement des tissus du sein et les rend plus disponibles pour votre bébé, vous pouvez aussi guider votre sein et éviter d’être blessée par les mouvements réflexes de votre bébé. La prise du sein en bouche et la bonne position du mamelon seront ainsi facilitées ce qui aidera à supprimer des douleurs résiduelles à la prise du sein. Et l’effet sera accru ensuite en cours de tétée car un meilleur débit amène une prise du sein plus optimale ce qui contribue généralement aussitôt à la diminution ou à la disparition des douleurs.

Pour en savoir plus :

J Newman T Pitman : L’allaitement comprendre et réussir

Daly SE, Kent JC, Owens RA, Hartmann PE Frequency and degree of milk removal and the short-term control of human lit synthesis Expo Physiol, 1996 ; 81 ; 861-75

Statégies développée par Jane Morton Vidéo explicative : Maximizing Milk Production with Hands On Pumping http://newborns.stanford.edu/Breastfeeding/MaxProduction.html

Vidéos du Dr Newman :

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Les coliques, fourre-tout ou réalité ? https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/ https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/#respond Thu, 01 Oct 2020 11:07:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2090 Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous … Continuer la lecture de Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

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Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

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Allaitement et attachement, un lien évident ? https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/#respond Thu, 16 Jul 2020 08:35:59 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2070 Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement. Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces … Continuer la lecture de Allaitement et attachement, un lien évident ?

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Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement.

Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces propos. Cependant, dans ma pratique professionnelle de puéricultrice IBCLC DIULHAM en maternité de niveau 3, j’ai fréquemment constaté en service de maternité, en néonatalogie tout comme en consultations à distance de la naissance, que le ressenti, le vécu, et les idées reçues, pouvaient avoir un impact négatif sur l’allaitement et, à travers lui, sur le lien mère-enfant.

En effet, dans l’esprit de beaucoup de mamans, convaincues des bienfaits de l’allaitement, être une bonne mère équivaut à savoir allaiter ! Depuis quand cette belle fonction qu’ont les mères d’allaiter est-elle si facile et évidente ? Depuis quand, l’allaitement serait-il devenu la seule source initiatrice du lien ?

Il me semble primordial que la question de l’allaitement soit abordée lors de rencontres prénatales. Cela permettrait en outre de préparer la mise en place lien mère-enfant notamment dans des situations fragiles : risque d’accouchement prématuré, naissance multiple, prise en charge chirurgicale d’un bébé à la naissance.

Ce temps d’échanges me semble nécessaire quand une mère doit se projeter mentalement dans un allaitement momentanément « différent » de l’allaitement imaginé. Apporter à ces futures mères des connaissances sur la physiologie, le matériel, les signes d’alerte, est vraiment la garantie d’une plus grande sérénité en post natal sur la gestion de leur allaitement.

L’estime de soi sera alors bien moins impactée : « J’allaite mais différemment le temps que mon bébé puisse le faire ! » ; « C’est difficile mais je sais que je serai soutenue ». La mère sera donc plus apaisée et plus ouverte quand elle sera confrontée au flot d’émotions consécutives à cette naissance qui requiert une prise en charge médicale spécifique.

Bien sûr, le suivi tout au long de l’allaitement est lui aussi un incontournable. Il ne s’agit pas uniquement de « mettre un tire-lait en route ». Il est important que la mère sache que quelqu’un sera là tant qu’elle en ressentira le besoin.

Cet accompagnement pré et post natal propre au contexte de la prématurité ou d’un enfant qui requiert un suivi médical rapproché est évidemment extensible à toutes les naissances. Les difficultés qu’une mère peut rencontrer au démarrage de son allaitement sont susceptibles de la faire arrêter même quand il était véritablement souhaité ; elles laissent alors des cicatrices non visibles et pourtant indélébiles !

Je me souviendrai longtemps de cette maman rencontrée lors de son deuxième allaitement. Tout se passait extrêmement bien en apparence : son bébé prenait bien du poids, l’allaitement n’était pas douloureux, elle avait un excellent ressenti ! Et pourtant, la main sur la poignée de porte, prête à sortir, elle s’effondre… Elle venait en consultation essentiellement pour se sentir apaisée d’une première expérience d’allaitement qui s’était soldée par un échec ! Elle exprimait clairement que cette expérience lui laissait penser qu’elle était une mauvaise mère, et que les relations avec ce premier enfant avaient été impactées et que cela perdurait. Ces blessures sur le lien mère-enfant auraient pu être atténuées et évitées !

C’est précisément cette maman qui m’a fait aller chercher au-delà de l’allaitement. Je parle du lien mère-enfant et de l’attachement qui va en découler de l’enfant à sa figure d’attachement, le plus souvent la mère. J’avais envie de comprendre quel rôle le soignant tout comme l’entourage, la société avons d’une manière générale, et bien sûr en cas d’allaitement compliqué.

C’est ainsi que j’ai pris la direction de Paris, pour y étudier et acquérir le diplôme Universitaire sur la Théorie de l’attachement ! Cet enseignement a dépassé mes attentes, pulvérisé mes questions, chamboulé ma pratique !

J’ai compris combien chacun a le pouvoir de devenir la base de sécurité d’une maman inquiète, stressée, en panique vis-à-vis de son allaitement, et que plus on est solide pour elle et plus elle se sentira apaisée. Cela lui permettra « d’y voir plus clair », de se sentir en sécurité, et par là-même de pouvoir répondre aux besoins de son bébé. C’est parce qu’une figure d’attachement va répondre correctement à ses besoins que le bébé va construire son attachement de manière secure. Cela passe par l’alimentation, les câlins, le portage, le peau à peau, et la réassurance du bébé.

Une mère qui doute d’elle-même, qui ne serait pas soutenue, qui a mal, qui stresse, qui est sous pression de son entourage et parfois d’elle-même, ne pourra pas répondre aussi bien à son enfant, trop occupée à gérer ses propres émotions.

Dans ce climat si délicat d’une naissance, il est important de soutenir les mères qui ont choisi d’allaiter avant, pendant et après la naissance de l’enfant en respectant leur projet et en étant un pilier de soutien. Ainsi, leur histoire d’allaitement sera vécue de manière positive dans l’écoute et la bienveillance. Cela n’exclura pas toujours les « petits soucis » de démarrage mais ils seront vécus tout autrement.

C’est pourquoi je nuancerai l’affirmation selon laquelle « L’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé » en y ajoutant « si et seulement si nous entourons ces mères tout au long de leur allaitement ! »

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et pourquoi pas recruter une doula? https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/ https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/#respond Tue, 02 Jun 2020 13:11:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2058 En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus. « Dans la … Continuer la lecture de et pourquoi pas recruter une doula?

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En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus.

« Dans la vie, je suis doula ! » annonce Leslie. Elle précise que cette déclaration suscite souvent de nombreuses interrogations. “Douala ? », lui rétorque-t-on alors, « comme la capitale économique du Cameroun ? » Les gens pensent régulièrement à tort que le terme doula, vient d’un pays d’Afrique, et sont surpris quand je leur explique l’étymologie du mot. “Doula” vient du grec ancien. Certains le traduisent par “celle qui sert la mère”, mais c’est un euphémisme. En grec, doula signifie “la femme esclave” et aux temps de Socrate et de Périclès, le terme désignait la domestique qui s’occupait des tâches de la maison et en particulier des soins de sa maîtresse : sa beauté, sa santé, les soins, et naturellement la grossesse et l’accouchement.(1)

Être doula ou accompagnante à la naissance, c’est se mettre au service et à l’écoute des femmes, du couple, dans ce temps de bouleversement que constitue l’arrivée d’un enfant. Cette professionnelle associe alors un savoir-être et un savoir faire. Une doula n’est pas une soignante. Son accompagnement n’a pas de visée thérapeutique. Elle accompagne comme pourrait le faire une soeur, une amie, avec en plus la neutralité et le recul que ne peuvent pas avoir les membres de la famille ou les proches.

Les couples font appel à ses services au moment de la grossesse ou du désir d’enfant, pendant et après l’accouchement. Quand le couple a un projet d’enfant ou que le bébé vient tout juste de s’installer au creux du ventre de sa mère, la doula offre un soutien émotionnel, des temps d’échanges de deux heures environ, toujours au domicile de le femme, du couple. Elle va toujours veiller à rencontrer la famille, chez elle, dans son cocon. Cette présence, au sein du foyer, permet à la famille d’être plus à l’aise pour partager, échanger sur ce qu’elle vit. Ces moments d’échange permettent de mettre des mots sur les ressentis émotionnels et physiques, de prendre un temps précieux pour soi, de se sentir entendu.

Ces rencontres viennent toujours en complément du suivi classique de la grossesse par un praticien de santé (sage-femme, gynécologue, autre…) car les doulas accompagnent uniquement des couples suivis par ailleurs par un professionnel de santé.

Certaines doulas sont également présentes à la naissance du bébé avec l’accord de l’équipe médicale. En anglais, on parle de “birth doula”. Durant l’accouchement, toujours en complément de la sage-femme, la doula va soutenir la mère et le couple, par des respirations, de l’écoute, des encouragements, elle prendra soin de préserver l’espace précieux, chaleureux et intime dont la femme a besoin pour mettre au monde son bébé.

En soutien post-natal, la doula accompagne les couples en leur apportant un soutien émotionnel et logistique. Cuisiner pour les jeunes parents, aider au rangement de la maison, prendre un temps pour jouer avec les ainés de la famille, lancer une machine ou être présente auprès de bébé pendant que la maman prend une douche sont quelques unes des tâches qui peuvent lui être confiées. Les familles (et les jeunes mamans particulièrement) ont souvent besoin d’une présence au téléphone, de sentir qu’elles peuvent poser les questions qu’elles souhaitent à tout moment de la journée et de la semaine, que ce soit à propos des soins du bébé ou de l’allaitement par exemple.

Chaque doula a aussi ses spécificités d’accompagnement. Je travaille beaucoup avec les outils d’écoute active, le chant prénatal, l’HypnoNatal et le soutien à l’allaitement. Certaines de mes collègues intègrent quant à elles le yoga prénatal, ou le Rebozo (ce tissu mexicain qui permet d’enserrer le bassin de la femme enceinte et ainsi de relâcher toutes les tensions au niveau émotionnel et musculaire). 

La doula travaille toujours en réseau. Elle s’appuie sur ses collègues pour échanger régulièrement sur ses pratiques, et elle oriente vers d’autres professionnels lorsqu’ils ont besoin d’un soutien spécialisé : sages-femmes, consultantes en lactation IBCLC, pédiatres, ostéopathes, chiropracteurs.

Les femmes me disent souvent : “Nous ne connaissions pas le métier de doulas avant de te connaître, c’est une amie qui nous offre tes services en cadeau de naissance, et nous comprenons tellement aujourd’hui à quel point l’accompagnement par une doula est important. Vous vous glissez là où notre besoin de soutien émotionnel, d’écoute, n’est que partiellement comblé par l’accompagnement médicalisé à la maternité. Nous sommes sortis avec notre bébé dans les bras, nous nous sentions parfois seuls et un peu perdus et tu étais là ! “

En effet, l’accompagnement médical, par la sage-femme, le gynécologue ou le médecin traitant est primordial ; il permet de cheminer durant sa grossesse et de vérifier que tout se passe bien, et ainsi de prévenir d’éventuelles complications. Néanmoins, comme le souligne Jeanne, le suivi médical ne satisfait pas toujours complètement les besoins des familles.

Le travail des soignants et celui des doulas sont donc très complémentaires, nous avons le même objectif en commun : le bien-être de la famille et de son bébé.

Pour aller plus loin, je vous invite à aller lire le site “doulas.info” le site de l’association Doula de France, qui a créé il y a plus de dix ans maintenant une charte d’engagement que les doulas signataires s’engagent à respecter. Pour que notre beau métier soit de plus en plus reconnu et valorisé, pour le bien être des bébés et de leurs parents !

1. source “Association des Doulas de France”

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Comment j’ai vaincu une baisse de lactation https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/#comments Wed, 20 May 2020 14:56:02 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2054 Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage. Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa. Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que … Continuer la lecture de Comment j’ai vaincu une baisse de lactation

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Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage.

Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa.

Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que je le mets au sein, il râle, il veut sans cesse les bras. Je sentais bien qu’il y avait un problème. Ni une, ni deux, je prends un rendez-vous avec ma consultante en lactation.

Peut-être qu’il a faim votre bout de chou ?”. Ma lactation s’était tarie à tel point que Gabriel n’était pas du tout rassasié aux tétées. Ce qui avait provoqué cette baisse de production était clairement une grosse fatigue due à un stress, mais aussi le fait que je ne le mettais pas assez au sein. En effet, dès sa naissance, j’avais de véritables fontaines accrochées à ma poitrine ! A chaque pesée à la maternité, il avait pris tellement de poids que les sages femmes étaient étonnées qu’il ne soit nourri qu’au sein. ” Eh ben ! La cantine est bonne!”, m’étais-je entendu dire.

Du coup, il tétait beaucoup en quantité mais peu souvent. Or moins l’enfant est mis au sein et moins les réserves abondent…Nous l’avons pesé et sa courbe de poids était dans la zone rouge. Je me suis sentie tellement mal. Mauvaise mère qui n’avait même pas remarqué que le problème était qu’il avait faim. Désespoir total.

– Mon challenge : faire remonter sa courbe de poids en 1 semaine et reprendre confiance.


– Comment ? : Au sein toute la journée pour stimuler la lactation. Si rien ne sort, la simple succion est déjà formidable pour le processus de redémarrage ! S’il dort, utiliser le tire-lait dans le même but.


– S’il a faim, qu’il n’est pas satisfait ? : lui donner un complément de lait. Par chance, j’avais du stock au congélateur et durant cette période de “remise en forme”, j’ai toujours pu lui donner de mon lait.

Dit comme ça, ça paraît simple. Pas de quoi s’affoler ou désespérer. Mais en fait, j’ai vécu un moment terrible, bourré de doutes, de craintes, et de désespoir. Je ne voulais surtout pas arrêter de le nourrir au sein. C’était tellement important pour moi. J’en étais à un moment où je m’étais fixé 6 mois minimum d’allaitement et voulais aller au moins jusqu’à cette limite. Or mon bébé était au bord de la grève du sein, qui peut conduire au rejet total.

Ma consultante en lactation m’a énormément aidée, mais sans le soutien de mon compagnon, qui avait compris mon projet d’allaitement et qui m’encourageait, me consolait, me rassurait, je ne pense pas que j’aurais réussi. Son rôle a été crucial. C’était devenu une affaire de famille.

La semaine suivante, comme prévu, le cœur battant, je suis retournée le faire peser… il avait dépassé largement le minimum attendu ! Si j’avais écouté le médecin qui me disait que je n’avais tout simplement plus de lait, que ça arrivait, que ce n’était pas un drame, qu’il fallait penser à la santé de l’enfant avant tout et que je n’avais pas eu cette petite flamme de volonté, je serais directement passée au lait artificiel, la mort dans l’âme. D’ailleurs, le mois suivant, en voyant une courbe de poids plus que satisfaisante, il a fait les yeux ronds quand je lui ai dit que mon bébé était toujours nourri exclusivement au sein. Hi hi… petite victoire personnelle…

J’ai souvent entendu : “Oh, moi j’ai dû arrêter très vite car je n’avais pas assez de lait“.

Après cette épreuve, je peux dire à ces mamans qu’elles n’ont juste pas trouvé la bonne personne pour les guider et les soutenir dans ce moment. Car oui, la lactation ne se tarie totalement que 40 jours après la dernière tétée ou dernier tirage de lait. Certes il faut non seulement être au courant mais aussi avoir une sacré volonté et du temps à consacrer à ça. Je comprends les mamans qui pour n’importe quelle raison, et qui sera toujours valable, arrêtent l’allaitement devant ce genre de situation. Tout le monde n’en n’a pas l’envie, le courage, le temps ou les moyens. Par contre, si mon témoignage ne servait à donner un peu d’espoir et de courage qu’à une seule maman qui vivrait la même chose avec son bébé, avec les mêmes envies et possibilités d’y arriver, j’en serais ravie !

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L’allaitement, source de réseau social https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/#respond Thu, 07 May 2020 17:07:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2049 J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient … Continuer la lecture de L’allaitement, source de réseau social

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J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient sauvé les femmes au nom d’un certain féminisme.

La sage-femme qui m’avait suivie pendant ma grossesse et durant mon accouchement ne m’avait pas bien préparée à cette activité quotidienne qui m’attendait. Dès le début, sans rien savoir, je mettais simplement mon fils, au sein, quasiment toute la journée. Et c’est seule que j’ai vécu la montée de lait, trois jours après. Je me suis également débrouillée sans aide avec le tire-lait. Le modèle que l’on m’avait loué n’était pas le plus adapté pour moi mais je l’ignorais à ce moment-là. Que d’expériences déstabilisantes, de moments de solitude, de sentiments d’être novice !

Heureusement, mon entourage m’a conseillé de rentrer en relation avec la LLL (La Leche League). Ce fut une merveilleuse opportunité. Grâce à internet, j’ai pu rencontrer d’autres femmes, lire leurs témoignages, demander des conseils, les appeler, et même leur demander des services ou en rendre moi-même par ce biais… Oser aller vers des inconnues qui partageaient avec moi les joies et les inquiétudes légitimes de la maternité, quel cadeau ! Enfin, je ne me sentais plus seule. J’apprenais qu’il existe plusieurs groupes de soutien de mamans. J’avais la possibilité d’échanger par messagerie privée par internet et nous pouvions nous rencontrer physiquement de façon régulière selon les besoins de chacune. Ce principe très chaleureux m’a tout de suite plu. Et quand bien même il n’existait pas de groupe physique à côté de chez moi, j’ai pu rejoindre un groupe de mamans allaitantes.

La qualité des échanges, la disponibilité de chacune m’ont fait le plus grand bien. Quand on materne un nourrisson, on se pose une multitude de questions et pouvoir lire les messages la nuit, lors des insomnies, échanger en allaitant, savoir que l’on n’est pas seule, est vraiment précieux. Et si on a la chance de pouvoir se déplacer à des réunions et rencontrer d’autres mamans en sachant qu’on y sera reçue avec son bébé, ses autres enfants le cas échéant et son conjoint, c’est encore mieux. Que de ressources alors à ma portée ! Je me suis tout de suite sentie moins seule.
En outre, se sentir accueillie comme on est, sans jugement, avec bienveillance et être écoutée, c’est si rare. D’autres mamans avaient des vécus et des questionnements proches des miens ; je pouvais m’identifier, et être soutenue et épaulée aussi. C’est inégalable !

Ce réseau m’a permis de continuer mon allaitement, de conjurer certaines peurs. Ça m’a rendu plus forte. L’échange s’est même étendu bien au-delà de messages cordiaux. Il est devenu une source de bien-être et de confiance en moi !

J’ajoute que j’ai fait rayonner ce que mon réseau de mamans m’apportait. C’est ainsi que je me suis sentie en confiance pour allaiter au parc, au restaurant. Et cela s’est traduit par des regards émerveillés, admirateurs. Certaines femmes exprimaient même leur gratitude de pouvoir être témoin d’un tel spectacle simple et naturel d’amour et de lien.

Il se trouve aussi que nous venions tout juste d’emménager dans une nouvelle résidence. Mon allaitement a été le moyen de tisser un lien rapide et même intime avec les jeunes mères résidentes qui allaitaient elles aussi. Quel bonheur de partager ensemble nos astuces, nos lectures, en plus des habits d’enfants. De ce fait, je suis même devenue une référente auprès de mes amies, qui n’ont pas hésité ensuite à venir me demander conseil. Cela a créé une proximité incroyable.

Et ce sujet se déploie au-delà de notre sphère intime puisque je me suis sentie libre de l’évoquer auprès de praticiens soignants (ostéopathe, dentiste…). L’allaitement ne laisse certainement pas indifférent. Il peut même créer des connexions inattendues.

[Biographie] :


Juliette, maman de Tim 5,5 ans et 3,5 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités . Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

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Allaitement, ocytocine et accouchement https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/#comments Thu, 14 Nov 2019 13:44:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1997 [Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®. Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de … Continuer la lecture de Allaitement, ocytocine et accouchement

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[Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®.

Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de stage, on m’avait reproché de ne pas avoir fait assez de “mise au sein“: cette technique qui consiste à plaquer la tête du bébé sur la poitrine de sa mère, voire à saisir le sein de celle-ci pour l’enfourner dans la bouche du bébé. Cette technique m’a toujours mise extrêmement mal à l’aise.

Beaucoup de femmes me relatent que lors du séjour à la maternité elles ont entendu des discours contradictoires concernant leur allaitement, qui souvent les ont déstabilisées. Parfois même, elles ont subi des reproches de certaines professionnelles car elles suivaient le conseil d’une autre et pas le leur. Cela pouvait prendre la forme de moqueries, voire elles se faisaient disputer comme si elles étaient une enfant, comme si elles étaient incapables de savoir elles-mêmes ce qui était bon pour leur bébé. Bien souvent, ces mères se sont senties jugées, voire culpabilisées. La plupart du temps, ces discours contradictoires sur l’allaitement ou ces mises au sein musclées viennent de la part de personnes pensant bien faire. Mais qu’inculque t-on à ces mères dès leurs premières heures en tant que mère ? Qu’elles ne sont pas aptes à savoir ce qui est bon ou non pour leur enfant ?

Ce que je relate ici n’est pas une généralité et fort heureusement j’entends aussi souvent de beaux témoignages sur des soignants merveilleux.

Le Dr Michel Odent explique que pour qu’un accouchement se déroule au mieux, le praticien doit intervenir le moins possible car il risque de solliciter le cerveau non reptilien de la mère et d’empêcher la bonne sécrétion de l’ocytocine. Ce médecin explique que l’activité du néocortex (l’intellect) peut inhiber d’autres fonctions. Par exemple il est difficile pour certaines personnes d’uriner si elles pensent que quelqu’un peut les entendre. Le néocortex doit donc être au repos pour que la femme puisse accoucher facilement.

Une femme qui accouche a besoin d’être protégée contre tout ce qui peut solliciter son néocortex :

  • le langage, les questions
  • une lumière trop forte
  • une température non adaptée
  • toute situation qui stimule l’attention
  • être ou se sentir observée

Il est en de même pour la délivrance du placenta et pour la mise en place de l’allaitement.

La sage-femme Diane Bolduc-Boutin définit l’ocytocine comme “l’hormone qui déclenche l’accouchement, qui stimule les contractions et pousse progressivement le bébé et le placenta hors de l’utérus. Associée à la prolactine, elle favorise le réflexe d’éjection du lait ; un combo en faveur du sentiment d’amour qui favorisera le comportement maternel et l’attachement au bébé (…) C’est la sœur de l’œstrogène et l’amie de la dopamine, génératrice de bien-être. Par contre elle est très timide et se cache volontiers lorsqu’elle a peur.” On l’appelle hormone de l’amour.

On peut se demander si ce qui est valable pour l’accouchement ne le serait-il pas aussi pour l’allaitement ?

Diriger la maman, lui expliquer comment elle doit faire, voire lui imposer ce qu’elle doit faire, lui demander de faire appel à son mental et non à son instinct, inhibe la production d’ocytocine. Bien souvent cela entraîne une difficulté dans la mise en place de l’allaitement et un sentiment d’échec pour la mère, qui peut contribuer à une diminution de sa confiance en soi et de sa capacité parentale. La mère a besoin de se sentir en sécurité, entourée d’une présence protectrice, et non d’un coach qui dirigerait ce qu’elle doit ou ne doit pas faire.

Être observé pendant qu’on fait quelque chose nous empêche bien souvent de la faire correctement. Combien d’entre nous se débrouillent très bien pour faire les créneaux quand nous sommes seuls mais doivent manœuvrer au moins 4 fois si on nous observe?

Lorsqu’un individu est observé, ou qu’il se sent observé, il perd bien souvent confiance en ses propres capacités et ressources. Il est donc primordial que la personne qui accompagne les débuts de l’allaitement soit la plus discrète, bienveillante et non jugeante possible.

Selon la sage-femme Suzanne Colson, docteur en lactation, les mères ont des instincts et le rôle des professionnels est de donner l’environnement favorable à l’expression de ses instincts au lieu de chercher à enseigner. Comme pour l’accouchement, en agissant sur l’environnement on aide la mère à trouver ses propres compétences. En dictant à la mère ce qu’il faut faire, on étouffe bien souvent son instinct et son savoir, ne lui laissant pas l’occasion de chercher et de découvrir par elle-même. En laissant les mères faire, elles positionnent mieux leur bébé, la tétée est plus efficace et non douloureuse, et bien souvent l’allaitement se poursuit plus longtemps.

Cette notion d’instinct est bien souvent controversée. A ce propos Michel Odent écrit : “Non seulement le bébé sait trouver le sein, mais la mère encore imprégnée des hormones qui lui ont permis d’accoucher, encore dans un état de conscience particulier qui tend à la couper du reste du monde, sait tenir son bébé, sait instinctivement coordonner son comportement avec celui de son nouveau-né. À tel point que j’ai vu des femmes qui n’avaient pas l’intention d’allaiter donner le sein une demi-heure après la naissance“.

Il poursuit : “Je ne puis m’empêcher de penser à de telles scènes lorsque des intellectuels prétendent que les êtres humains n’ont pas d’instinct. Ceux là n’ont jamais vu une mère et son nouveau né dans une atmosphère de parfaite intimité, de complète spontanéité. […] L’expression « mettre le bébé au sein», parfois utilisée à propos de la première tétée traduit une méconnaissance des potentialités instinctives dont l’être humain dispose en de telles circonstances. Dans mon expérience de la naissance à la maison, la tétée dans l’heure qui suit la naissance est la règle presque absolue. Mais personne ne « met le bébé au sein». La mère et le bébé coordonnent leurs actions. Il suffit de ne pas les gêner.”

Pour conclure, je citerai donc une dernière fois Michel Odent qui écrit dans “le bébé est un mammifère”: “Ne faudrait-il pas, tout simplement, trouver une nouvelle façon de faire?” 

Références:
« Et Dieu créa la femme … Mais …. » de Diane Bolduc-Boutin
« Introduction au Biological Nurturing » de Suzanne Colson
« Le bébé est un mammifère » de Michel Odent
Colson S. Biological suckling facilitates exclusive breastfeeding from birth : a pilot study of twelve vulnerable infants. 2000 ; London, UK : London South Bank University MSc Dissertation.
Colson S, DeRooy L, Hawdon J. Biological Nurturing increases duration of breastfeeding for a vulnerable cohort. MIDIRS Midwifery Digest 2003 ; 13(1) : 92-7.

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Reprise du travail et émotions https://www.leblogallaitement.com/reprise-du-travail-et-emotions/ https://www.leblogallaitement.com/reprise-du-travail-et-emotions/#comments Thu, 05 Sep 2019 14:38:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1983 C’est l’heure de la rentrée pour les enfants mais de nombreuses mamans reprennent le travail également. Leslie Lucien nous partage le vécu d’une maman qu ‘ elle a accompagné La reprise du travail après la naissance d’un enfant peut être une évidence pour certaines femmes, mais parfois elle ne l’est pas. Pas toujours simple en effet … Continuer la lecture de Reprise du travail et émotions

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C’est l’heure de la rentrée pour les enfants mais de nombreuses mamans reprennent le travail également. Leslie Lucien nous partage le vécu d’une maman qu ‘ elle a accompagné

La reprise du travail après la naissance d’un enfant peut être une évidence pour certaines femmes, mais parfois elle ne l’est pas. Pas toujours simple en effet pour une femme, nouvellement maman, de laisser son bébé en garde, de trouver un nouveau rythme quand elle a passé plusieurs semaines ou plusieurs mois dans le cocon douillet de sa relation avec son bébé.

Ce témoignage est le récit d’une expérience vécue à la PMI où je travaille en tant qu’auxiliaire de puériculture. Je comprends encore une fois à travers la mission qui m’est confiée combien être accompagnée est nécessaire et à quel point l’expression de nos émotions et l’écoute sont précieuses pour avancer sur le chemin de parents.

Sophie* est entrée dans la PMI, elle avait les yeux humides, elle était seule, sans son bébé. Elle m’a regardée et m’a demandé avec une petite voix douce : « Est-ce que je peux quand même participer à l’accueil parents-bébé** même si ma fille est à la crèche ? »

Bien sûr elle était la bienvenue. Bien sûr nous lui avons proposé de s’asseoir avec nous sur les grands tapis colorés où gigotaient déjà deux bébés sous la surveillance de leurs mamans. Nous nous sommes regardées toutes les deux, j’ai senti l’émotion et les larmes monter un peu plus dans ses yeux prêts à déborder, sa voix hésitante. Je lui ai proposé de prendre un peu de temps juste elle et moi, toutes les deux. Elle m’a donc suivie, tandis que ma collègue prenait le relais auprès des autres mamans.

Nous nous sommes installées dans notre salle d’allaitement, petite pièce lumineuse, deux grands fauteuils confortables, des belles affiches de bébés ou de bambins plus grands allaités, de l’eau à disposition et des lectures autour des premiers mois de vie de bébé….

Tandis que je lui tendais un mouchoir, Sophie s’est assise et s’est mise à sangloter plus franchement. Nous sommes restées quelques secondes dans le silence de ses larmes, elle débordée d’émotions, moi prête à accueillir ses mots. Et puis, elle a pris une grande respiration et tout est sorti en une phrase. Elle m’a expliqué le vide qu’elle ressentait en n’étant plus 24 heures sur 24 avec son bébé, la tristesse dans les yeux de son bébé au moment où elle le laisse à la crèche, les professionnels de la crèche pour qui tout semble « normal », les échanges pas toujours simples avec le papa, le doute à l’idée de reprendre le chemin du travail dans quelques semaines seulement, la crainte que son lait se tarisse, les questions logistiques sur la conservation du lait, quand le tirer, comment, avec quel tire-lait, manuel, électrique ou encore à la main ?

Elle a fini de déposer ses émotions, de poser ses questions, toutes ces choses qui prenaient tant de place dans son cœur de maman et dans son esprit de femme. Les larmes ont continué de couler sur ses joues, je l’ai invitée à accueillir sa peine, à la vivre plutôt que la refouler, à ne pas faire comme si elle n’existait pas. Elle m’a dit à ce moment-là qu’elle s’autorisait rarement à pleurer, qu’elle se sentait coupable car elle avait peur que sa fille ne ressente sa peine ; comme si ne pas en parler pouvait faire disparaître sa tristesse, comme si l’enfouir pouvait tout arranger. « On dit souvent que les bébés sont des éponges alors est ce que mon bébé éponge mon inquiétude ? » s’est-elle autorisée enfin à me dire au bout d’un moment. Un condensé d’amour et de culpabilité maternels. 

Bien sûr, je l’ai invitée à parler à son bébé, à dire, à pleurer, à ne pas masquer. J’ai écouté, j’ai accueilli toutes ses émotions et puis je l’ai informée aussi au sujet de l’allaitement, des rythmes du bébé, de cette adaptation en crèche qui nécessite bien plus de temps que les quelques jours que l’on se donne la plupart du temps. J’ai ouvert la porte aussi à l’éventualité de repousser la reprise, de parler aussi à l’équipe de la crèche, à son compagnon… Et puis j’ai surtout laissé les points de suspension. Jamais je ne donne de réponse toute faite, je donne des pistes de réflexion, car j’ai davantage envie de laisser l’espace pour que les femmes, les couples, trouvent eux-mêmes leurs propres réponses.

Les jours ont passé, la maman est revenue vers moi pour me dire que l’adaptation se faisait très progressivement à la crèche. Elle a trouvé des solutions par elle-même. Elle a pu parler à l’équipe de professionnels de la crèche qui a été très à l’écoute, ce qui l’a beaucoup rassurée. Elle a aussi parlé au papa qui a été un soutien primordial pour elle. Et surtout elle m’a dit avec douceur : « j’ai décidé de prendre les choses comme elles viennent et d’arrêter de vouloir tout anticiper » … peut être sa clé à elle vers une reprise du travail en confiance ?

Dans certains centres de Protection Maternelle et Infantile, l’équipe est composée d’une infirmière puéricultrice, d’auxiliaires de puériculture, d’une psychologue et de médecins. Nous pouvons accueillir les familles en post-natal notamment pour du soutien, de l’accompagnement autour de l’allaitement, du maternage. Nous offrons des moments d’écoute après la naissance du bébé et pour leurs premières semaines / premiers mois de vie ensemble.

* pour le besoin du récit, le prénom a été modifié
** Accueil parents-bébé : Espace d’écoute, de soutien et de partage destiné aux  parents et à leurs enfants de la naissance à la marche, animé par une professionnel de la structure.

[Biographie] : auxiliaire de puériculture. Elle travaille dans un centre de protection maternel et infantile (PMI) parisien pour y soutenir les jeunes parents. En parallèle, elle accompagne des futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.

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Allaitement et portage en écharpe https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-portage-en-echarpe/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-portage-en-echarpe/#respond Thu, 06 Jun 2019 16:32:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1955 [Auteure] : Audrey Marin, conseillère en portage certifiée AFPB et consultante en lactation certifiée IBCLC En plus de votre envie d’allaiter, lorsque vous avez entamé la grande aventure du devenir parent, l’option portage s’est imposée à vous tout naturellement. Savez-vous qu’allaitement et portage vont parfaitement ensemble et que l’un nourrit l’autre et vice et versa ? Parlons … Continuer la lecture de Allaitement et portage en écharpe

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[Auteure] : Audrey Marin, conseillère en portage certifiée AFPB et consultante en lactation certifiée IBCLC

En plus de votre envie d’allaiter, lorsque vous avez entamé la grande aventure du devenir parent, l’option portage s’est imposée à vous tout naturellement. Savez-vous qu’allaitement et portage vont parfaitement ensemble et que l’un nourrit l’autre et vice et versa ?

Parlons d’abord un peu portage… Le portage, qu’est-ce que c’est ?

Pour le citadin : un moyen pratique de se déplacer avec bébé dans les transports en communs, sans avoir à utiliser une poussette volumineuse et faire face aux remarques dans les métros bondés.
Pour le campagnard : l’outil indispensable pour partir en promenade dans des chemins inaccessibles en poussette.

Mais ces deux visions se retrouvent aussi et surtout autour du plaisir de porter leur bébé tout contre eux, tout en vacant à leurs occupations du quotidien.

Pour l’archéologue britannique Timothy Taylor l’invention du porte-bébé daterait de 1 800 000 ans. Il serait le « premier outil » inventé par l’homme. Le portage est par essence une composante indissociable du maternage proximal. Venant au monde plus tôt que les autres mammifères, le bébé humain a besoin d’avoir un accès rapide à sa nourriture. La nature étant bien faite, nos seins sont à la bonne hauteur quand vous portez votre bébé dans vos bras.

Nous savons qu’il est parfois difficile pour les jeunes mamans de trouver LA bonne position pour allaiter son bébé. Quand je dis la bonne, je veux bien évidement dire celle qui convient avant tout à la maman et au bébé et qui permet un transfert de lait optimal. Avec un outil de portage correctement installé, vous permettez déjà à votre bébé de trouver une position sécure l’aidant à mettre en place ses compétences archaïques comme le réflexe d’agrippement, de fouissement, de succion.

Alors oui, il est préférable de se rendre dans un atelier pour profiter des enseignements d’une animatrice de portage certifiée et compétente en allaitement pour vous aider à prendre vos marques rapidement. Le choix de l’outil est aussi un choix important ! Tout d’abord, il doit vous permettre de bien soutenir votre bébé dans sa base. J’entends par là que votre bébé ne doit pas subir le portage. On insistera sur la position en petite grenouille (talons de bébé au niveau de ses fesses, ou position accroupie) qui mène à l’enroulement de la posture de bébé permettant un bon maintien de sa tête et qui favorise ainsi l’expression de ses nombreuses compétences.

Je m’attarderai sur le Sling. Cette écharpe sur laquelle sont montés deux anneaux en aluminium est ultra rapide à mettre en place après un atelier et permet à la fois d’allaiter et de tirer son lait en même temps !

Cette pratique à plusieurs avantages :

  1. Une meilleure stimulation de votre lactation : l’ocytocine est une hormone indispensable dans l’allaitement. Elle permet entre autres, l’éjection du lait hors des cellules sécrétrices contenues dans votre glande mammaire. Elle se secrète notamment lors du frottement sur la poitrine ou vos mamelons. Tout contre vous, en portage, votre bébé va commencer à manifester son envie de manger en frottant son nez, sa bouche, ses mains sur votre poitrine et déclenchera le largage de cette hormone dans votre sang. L’ocytocine permet alors le réflexe d’éjection du lait aidant ainsi au drainage du sein. Tirer votre lait en même temps que votre bébé tète vous permet de tirer davantage en quantité !
  2. Un bébé peu efficace au sein pourra profiter du réflexe d’éjection optimisé par le tire-lait pour recevoir plus facilement son lait durant la tétée. Il est aussi plus aisé de pratiquer la technique de la compression mammaire.
  3. Les effets bénéfiques du peau à peau se font aussi sentir dans le portage en écharpe ! Votre bébé régule mieux sa température et digère mieux. Tout comme le fait de donner le sein pour calmer les pleurs de bébés, une étude ayant suivi 700 bébés a montré que la pratique la plus efficace en cas de pleurs était le portage pour 87% , marcher en le tenant dans les bras à 67% et lui donner le sein pour 82% (1)
  4. La position la plus courante avec cette écharpe est la madone glissée ou ballon de rugby. Ce qui permet de bien drainer les glandes se trouvant dans le quadrant extérieur du sein (vers votre aisselle). Cette zone est souvent le lieu d’engorgement. Il est nécessaire de positionner le menton de bébé vers la zone engorgée pour faire passer un engorgement. Avec la position ballon de rugby dans le sling, vous pourrez aisément installer votre nouveau-né sans avoir à soutenir son poids avec votre seul avant-bras sur plusieurs tétées d’affilée tout en tirant votre autre sein pour éviter qu’il ne s’engorge à son tour.

Pour trouver un atelier de portage près de chez vous, il existe plusieurs associations parmi lesquelles : l’Association Française de Portage des Bébés (AFPB), Porter en toute simplicité , Transmettre Ensemble Le Portage , et bien d’autres encore. Vérifiez que la conseillère ou monitrice se forme régulièrement auprès de son réseau.

Bon portage !

(1) C.R Howard et al, « variations in parental Comforting Practices and Breathfeeding Duration », AMB News and Views, 2004; 10(s)

(Parental responses to infant crying and colic: the effect on breastfeeding duration)

[Biographie] : C‘est à la naissance de son premier enfant qu’Audrey Marin décide de se former d’abord au massage bébé auprès de l’AFMB et aux techniques de portage auprès de l’AFPB. Elle quitte alors son travail pour devenir auxiliaire de puériculture et exerce dans une maternité de Paris, labellisée IHAB. En 2015, elle s’installe en libéral à Nantes et ouvre le premier cabinet de consultation en lactation . Désireuse d’informer et de soutenir les professionnels de santé autour de l’allaitement, elle co-fonde l’association R.I.S.A.M (réseau interprofessionnel de soutien à l’allaitement maternel).

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Maternage et transmission de mère à mère https://www.leblogallaitement.com/maternage-et-transmission-de-mere-a-mere/ https://www.leblogallaitement.com/maternage-et-transmission-de-mere-a-mere/#comments Tue, 07 May 2019 14:51:04 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1943 [Auteure] : Claire, maman de Pia et de Lou. Lorsque j’ai commencé à allaiter ma fille aînée, tout un monde nouveau s’est ouvert à moi, celui du maternage proximal. En bonne première de classe, je me suis plongée dans la littérature française et anglo-saxonne sur le sujet, j’ai cumulé les ateliers de formation à la parentalité, … Continuer la lecture de Maternage et transmission de mère à mère

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[Auteure] :
Claire, maman de Pia et de Lou.

Lorsque j’ai commencé à allaiter ma fille aînée, tout un monde nouveau s’est ouvert à moi, celui du maternage proximal. En bonne première de classe, je me suis plongée dans la littérature française et anglo-saxonne sur le sujet, j’ai cumulé les ateliers de formation à la parentalité, les réunions dans les groupes de soutien de mères allaitantes, et j’ai même rédigé une compilation de toutes ces données dans un écrit de plus de 100 pages. J’étais devenue une encyclopédie sur le sujet, je détenais LE mode d’emploi du devenir mère.

J’ai la grosse tête, je juge les autres


Je suis alors entrée dans une phase généreusement exécrable. Généreuse, parce qu’en ouvrant les yeux sur les merveilles de l’allaitement, j’avais l’élan de partager autour de moi. Exécrable, parce que je distribuais des conseils avisés à toutes les mères que je rencontrais, dans une posture très critique.

Lors d’un goûter avec une de mes amies – nous étions chacune fraîchement devenues mères – je me suis transformée en donneuse de leçons. Je l’inondais d’informations qu’elle n’avait pas demandées et auxquelles elle était visiblement hermétique. Je voulais l’aider à tout prix alors qu’elle n’avait pas besoin de soutien. Je voulais la convaincre de faire comme moi, qui avais réponse à tout. Le soir même j’ai réalisé avec beaucoup d’inconfort combien j’avais été autoritaire. Je m’étais crue bienveillante et soutenante, j’avais été très violente.

Pendant de longs mois, je me suis enfermée dans ce dysfonctionnement relationnel : la façon dont je diffusais les messages était exactement inverse à mon intention. Je voulais transmettre la délicatesse, la douceur, le respect des besoins de l’enfant, je transpirais l’agressivité, le rentre-dedans, la négation de l’autre. Je prônais la paix dans les familles, je menais un combat.

Je défendais des concepts avec arrogance au lieu de composer avec la réalité de la mère et de l’enfant auxquels je m’adressais.

Je me prends la tête, je me juge

Quand j’ai réalisé que ma transmission bringuebalante faisait fuir au lieu de rassembler, j’ai arrêté de juger les mères et je me suis jugée moi-même. J’ai eu honte de moi, honte de cette part très agressive à l’intérieur de moi qui voulait forcer l’autre à adhérer à mon point de vue. Peur de mon dragon intérieur destructeur, moi qui m’engageais dans l’éducation non-violente. Je continuais à penser que j’avais découvert un trésor, et j’étais très frustrée de mon incapacité à évoquer le sujet sereinement autour de moi.

Au quotidien, j’étais à l’écoute des besoins de mon bébé mais je niais totalement les miens. Ce que je trouvais évident intellectuellement me demandait beaucoup d’énergie à mettre en place avec ma fille. Je voulais devenir cette mère idéale, tout de suite, comme dans les livres, et ne tolérais aucun écart de ma part.

J’étais bienveillante avec mon enfant, malveillante avec moi-même.

La voie du cœur 

Et puis un jour j’ai accepté que chaque parent faisait de son mieux, avec son histoire et son bébé. Moi y compris. Rien ne remplacerait jamais mon expérience avec chacune de mes filles. J’ai dû faire le deuil de la mère parfaite et accepter ma parfaite imperfection. J’ai tout simplement vécu l’allaitement avec mes enfants, et cheminé tant bien que mal sur la voie de la parentalité consciente.

Paradoxalement, c’est en cessant de vouloir convaincre que mes messages ont été entendus. Ma sœur venait souvent déjeuner avec moi à cette époque-là. Elle me voyait allaiter à la demande, porter mon bébé, poursuivre un allaitement long, accueillir les émotions, signer avec ma fille, faire des erreurs et les réparer… Quelques années plus tard, je l’ai vue materner à son tour ses propres enfants et j’ai compris que j’avais modélisé sans m’en rendre compte ce que je tenais tant à transmettre. Ma tête avait ouvert la voie à une autre dimension, celle du cœur, et le message rayonnait enfin à l’extérieur.

Au final, à travers ces différentes expériences, j’ai compris que les mots seuls ne valaient rien. C’est vraiment l’alignement entre l’intention du cœur et les actes concrets qui constitue la plus impactante des transmissions.

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Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter? https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/ https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/#respond Mon, 22 Apr 2019 08:09:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1936 [Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance … Continuer la lecture de Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter?

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[Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance à la maman. On entend souvent dire « Mon bébé était trop paresseux, il ne voulait pas téter, il préférait le biberon ! » ou bien «  Ne vous acharnez pas madame à vouloir allaiter votre bébé, vous voyez bien qu’il ne sait pas téter ! » Cette situation semble très déstabilisante pour les mamans qui sont souvent désemparées et culpabilisent de ne pas pouvoir allaiter leur bébé. Ce phénomène de plus en plus fréquent mérite que l’on s’interroge sur les conditions déclenchant un tel comportement du bébé et sur les solutions à apporter pour un retour à l’allaitement maternel.

Tout d’abord, revoyons notre vocabulaire : comme un bébé humain est programmé génétiquement pour téter, pourquoi ne pas dire simplement : « Ce bébé ne tète pas encore, voyons ce qui se passe ! » plutôt que de parler d’inaptitude « Ce bébé ne sait pas téter ! » ou de refus « Ce bébé ne veut pas téter ! » ?

Très fréquemment, il est vrai, certaines conditions d’ordre anatomique ou d’ordre fonctionnel peuvent entraver la prise du sein.

On peut mentionner notamment la présence d’un frein de langue trop serré et peu élastique qui empêche souvent le bébé de s’accrocher au sein et d’ y rester. Les dernières positions adoptées par le bébé in-utéro ainsi que le déroulement de sa naissance (long travail ou au contraire extrêmement rapide, ventouse, forceps…) peuvent aussi avoir un impact sur ses compétences immédiates à prendre le sein. Le bébé peut en effet présenter un torticolis, des mâchoires particulièrement serrées ou être très douloureux suite à un accouchement difficile. Toutes ces conditions, fort heureusement sont remédiables, peut-être pas en un clin d’œil mais la maman a besoin de le savoir et il est très important de la soutenir (positions adaptées à la situation, maintien de la lactation, visite chez un ostéopathe qualifié, consultation si besoin chez un ORL) et en la rassurant pour qu’elle n’abandonne pas.

La plupart du temps, certaines pratiques hospitalières sont responsables du stress du bébé au moment des tétées. En effet, à l’encontre d’un déroulement naturel guidé par les signes d’éveil et de sommeil du bébé et d’une réponse adaptée de la maman, les tétées sont parfois conditionnées par des contraintes de temps et des diktats non fondés. On s’empresse dès la naissance, alors que les parents et le bébé ont à peine fait connaissance, à procéder à la fameuse première mise au sein sans se préoccuper de la réceptivité du bébé. Ce premier « forcing » peut laisser des traces. De même, si la maman est séparée de son enfant pour des raisons médicales, un premier biberon donné peut être redoutable car il rompt la continuité biologique… De plus, une fois en chambre, les incursions fréquentes du personnel de jour comme de nuit pour réveiller le bébé sans ménagement et le faire téter nuisent à son bien-être et contribuent à augmenter son stress et par la même occasion celui de sa maman.

Pour couronner le tout, voici en quelques images le scénario cauchemar souvent vécu en maternité : la maman est dans une position d’allaitement inconfortable, le bébé s’agite, ses petites mains et ses pieds bougent dans tous les sens, il crie de plus en plus fort, s’arcboute, se détourne du sein et c’est à ce moment qu’une main étrangère s’évertue à lui appuyer sur la tête et le plaquer contre le corps de sa maman pour le faire prendre le sein comprimé par l’autre main étrangère… Ce genre de situation, hélas très courante, annihile la maman et rend l’expérience extrêmement négative pour le nouveau-né. Celui-ci n’est que dans le ressenti et donc par la suite à l’approche du sein il ne pourra que le rejeter… Il s’agira alors de le ré-apprivoiser en douceur mais cela peut prendre quelque temps ! Là encore le soutien accordé à la maman est crucial, il faudra notamment lui expliquer l’importance de tirer son lait pour mettre en place sa lactation, condition sine qua none pour un retour au sein lorsque l’enfant sera prêt.

Comment alors faire prendre le sein à un bébé qui s’en éloigne?

La première chose à bannir est d’insister, de faire monter la pression du bébé et celle de la maman par la même occasion, car les deux sont extrêmement connectés. Si l’un est calme, l’autre le sera et si l’un est tendu, l’autre le sera aussi. De ce fait, si les moments de stress se sont enchainés, il est préférable de faire une pause en arrêtant complètement toute nouvelle tentative : quelques jours voire une semaine maximum. Pendant ce temps, la maman tirera son lait pour bien entretenir sa lactation et nourrira son bébé idéalement au doigt via un dispositif d’aide à la lactation (DAL) composé d’une sonde de nutrition plongée dans un flacon contenant du lait.

Pour que la maman et son bébé se reconnectent et adoptent des comportements instinctifs, il sera important de privilégier les contacts corporels dans un environnement confortable et paisible qui sera plus propice à effacer les tensions communes. Les contacts en peau à peau répétés ont notamment des effets magiques dans de nombreux cas, grâce à la sécrétion d’ocytocine (l’hormone de l’amour, du bien-être, du lien) qu’ils déclenchent chez la maman et son bébé. De très belles vidéos montrent des bébés prenant pour la première fois le sein au cours d’un bain partagé avec leur maman.

Pourquoi ne pas proposer à la maman de s’installer le plus souvent possible dans un endroit où tout son dos (de la nuque au sacrum) sera appuyé sur un plan plus ou moins incliné et confortable et de prendre son bébé qu’elle placera sur elle en position ventrale ? Créer en quelque sorte un petit « nid » pour elle et son enfant ! Elle n’aura ainsi pas besoin de soutenir son bébé, son corps s’en chargera sans effort et le bébé avec ses pieds en appui sera aussi plus libre d’exercer ses réflexes qui lui permettront de téter. C’est Suzanne Colson, sage-femme anglaise internationalement reconnue pour ses travaux sur les réflexes archaïques du nouveau-né et les instincts maternels qui a démontré l’efficacité de cette nouvelle approche de l’allaitement maternel. Elle l’a appelée « Biological Nurturing® » (allaitement « zen » en français ou « BN »), c’est une approche qui se base sur les principes de la continuité de la gestation et met en avant le confort de la maman.

De plus, il est bien connu que non seulement le stress mais aussi la faim interfère dans tout processus d’apprentissage. D’où l’idée de suggérer à la maman de nourrir d’abord son bébé au DAL puis de le garder sur elle pour une petite sieste tous deux légèrement vêtus ou en peau à peau, selon son envie du moment. A son réveil, encore en état de somnolence et toujours en BN, le bébé sera alors plus enclin à prendre le sein ou en tout cas à le sentir, le lécher, ce qui est déjà très positif compte-tenu des rejets précédents.

En conclusion, l’allaitement est avant tout une relation, qui peut être fragilisée par les conditions d’accouchement et certaines interventions extérieures. Le stress, ennemi numéro 1 est à réduire au maximum et à remplacer progressivement par du calme et de la douceur afin de créer un environnement favorable. Passé les premières semaines, lorsque les liens entre la maman et son bébé se sont resserrés, qu’ils se connaissent mieux, il est fréquent qu’un bébé n’ayant pratiquement jamais pris le sein auparavant s’y mette vraiment et pour de bon. Cela arrive souvent entre la 4ème et la 8ème semaine, d’où l’importance de soutenir les mamans, pour qu’elles gardent toujours espoir et qu’elles aient confiance en leur bébé. Comme le dit un proverbe allemand « La patience est une médecine de la vie ».

Références :

Introduction au Biological Nurturing, Suzanne Colson

DVD de Christina Smilie : Baby-led breastfeeding, the mother-baby dance

Impact of birthing practices on Breastfeeding, Mary Kroeger

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Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ? https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/#respond Thu, 14 Feb 2019 13:49:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1919 L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique. En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre … Continuer la lecture de Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ?

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L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique.

En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre de cas observés et sont très tributaires des conseils donnés à la maman lors des premières utilisations des bouts de seins. Une étude assez récente (2017) a cherché à en savoir plus en étudiant d’un peu plus près la question. C’est primordial car il est important de connaître exactement les risques et les bénéfices de cette utilisation de façon à informer correctement les professionnels de l’allaitement et de santé afin d’aider au mieux les mamans par des conseils justes. Alors si on faisait le point ?

Cadre de l’étude

Cette étude a cherché à comprendre les motivations des mères qui ressentent le besoin d’utiliser les bouts de sein et les effets observés sur la durée de l’allaitement. Ainsi, dans le cadre de cette étude, des mères danoises d’un enfant âgé de moins de 6 mois ont été interrogées. Elles ont toutes (à 99%) accouché au sein d’un hôpital soit certifié « Amis des Bébés » pour 75% d’entre eux soit appliquant intégralement les règles de ce label.

Les mamans étaient soit primipares (restées 4 jours en hôpital) soit multipares (sorties 24h après leur accouchement). Dans tous les cas, elles ont reçu la visite d’un professionnel de santé à domicile pendant 10 jours suivant leur sortie.

L’étude a porté sur 4815 mères invitées à remplir anonymement un questionnaire afin de connaître leur statut social, leur âge, leur niveau d’études, leur expérience de l’allaitement (actuelle et passée), les éventuels problèmes rencontrés au démarrage de leur allaitement, la durée d’allaitement exclusif, l’âge gestationnel et la prise de poids du bébé, l’utilisation ou non de bouts de sein et les raisons qui ont motivé la décision.

Le profil et les motivations des mères pour l’utilisation des bouts de sein en silicone

Sur la base de cette étude, il s’avère que 71% des mamans n’ont jamais utilisé de bouts de sein. 22 % y ont eu recours uniquement en tout début d’allaitement et 7 % pendant toute la durée de leur allaitement.

Il est intéressant de noter que les mères n’ayant jamais utilisé le dispositif étaient surtout des mamans multipares qui avaient déjà allaité un premier enfant sur une durée supérieure à 17 semaines : elles bénéficiaient donc d’une certaine expérience.

Parmi celles qui se sont servies des bouts de seins, on retrouve des mamans d’enfants nés un peu avant terme, ou des enfants de plus petit poids. Sont également plus représentées dans cette catégorie, les mamans ayant eu des problèmes au démarrage de l’allaitement (douleurs aux mamelons, difficultés de prise du sein par le nourrisson).

Par rapport au ressenti des mères, les avis sont partagés et les auteurs distinguent l’utilisation de bout de sein motivée par la douleur des mères de celle liée à une mauvaise prise du sein. En cas de douleur, on constate que les mères se sentent effectivement soulagées et déclarent que sans cela, leur allaitement aurait tourné court.

En cas d’utilisation pour cause de mauvaise prise du sein (soit à cause de la mère- mamelons ombiliqués par exemple- soit à cause de l’enfant – sa succion est entravée par un frein de langue ou parce qu’il est prématuré), les avis sont plus partagés.


Discussion et principales conclusions

L’étude actuelle, en écho à quelques études antérieures, note une tendance à l’augmentation de l’utilisation des bouts de sein chez les jeunes mamans.

La principale raison de l’initiation de cette mise en place est vraiment liée à des problèmes d’allaitement.

Lorsqu’il s’agit de douleurs ressenties par les mères, les bouts de sein sont, selon les dires des mamans, une véritable aide pour passer « un cap difficile » et aident à poursuivre l’allaitement. D’ailleurs, ces cas de figure sont associés à une utilisation limitée à la période du tout début de l’allaitement.

Lorsqu’ils sont utilisés pour régler un problème de mauvaise prise de sein, ou en réponse à une difficile production lactée, ou en cas de mastite, les bouts de sein deviennent alors des dispositifs sollicités pendant toute la durée de l’allaitement et précipitent le sevrage.
Les auteurs indiquent que dans ces cas de figure, les problèmes évoqués doivent faire l’objet d’une recherche de solution différente : l’utilisation du bout de sein ne doit pas être systématique.

Les auteurs soulignent également que les plus grandes utilisatrices de bouts de sein sont les mamans les moins expérimentées ce qui suggère que la mise en place du dispositif au sein d’un établissement hospitalier ou avec un professionnel doit s’accompagner préalablement par une étape d’explications et de formation. L’utilisation du bout de sein qui s’étendrait au-delà d’une courte période au moment du démarrage reste associée à une augmentation des risques de sevrage prématuré d’un facteur 3 chez les primipares. Il s’agit d’un risque, non d’une fatalité car tout cela dépend fortement de la capacité de succion du bébé, de la capacité de la mère à produire du lait (stimulation suffisante) et de sa forte motivation pour continuer à allaiter.

Cette étude est intéressante dans la mesure où elle indique les limites de l’utilisation des bouts de seins : plutôt bénéfiques pour gérer, sur une courte durée, les douleurs de tout début d’allaitement (qu’il convient également de régler par d’autres approches, dont la position), ils deviennent plus critiquables et risquées pour les autres motivations.

Dans tous les cas, les auteurs insistent sur le besoin d’un accompagnement rapproché avec des explications bien étayées à destination des mamans motivées pour réussir leur allaitement et qui souhaitent le recours aux bouts de sein.

Référence :

Kronborg H. et al., « Why do mothers use nipple shields and how does this influence duration of exclusive breastfeeding ? », Journal of Maternal & Child Nutrition 2017 Jan;13(1)

Pour en savoir plus sur l’Initiative Hôpital Ami des Bébés : https://amis-des-bebes.fr/tout-sur-ihab.php

[Auteure] : Pascale Baugé

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Allaitement et dépression du post-partum https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/#respond Thu, 31 Jan 2019 14:29:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1910 Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, … Continuer la lecture de Allaitement et dépression du post-partum

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Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, des différences entre mères sont observées. Tout cela mérite que le sujet soit creusé. Alors si on faisait le point ?

Que disent les études en général ?

Plusieurs chercheurs ont montré que les mamans qui souffrent des troubles de la dépression du post-partum ont plutôt tendance à sevrer précocement. Parallèlement à ce constat, d’autres études suggèrent que des mamans qui ont des difficultés dans la mise en place de leur allaitement, dans les premiers jours après la naissance, sont plus susceptibles d’être victimes du syndrome dépressif jusque dans les deux mois après leur accouchement.
Enfin, d’autres travaux laissent penser que l’allaitement pourrait être un facteur protecteur ou du moins une façon de rendre les troubles moins intenses.

Bref, cela interroge et il est légitime de vouloir mieux comprendre. Dans quel sens cela fonctionne-t-il ? Y a-t-il un lien de causalité entre allaitement et syndrome dépressif, et si oui, dans quel sens l’enchaînement s’effectue-t-il ?

Bilan d’une observation sur un grand nombre de mamans

Une étude de 2016 * s’est intéressée aux principales causes de l’arrêt de l’allaitement chez les mamans qui souffrent du syndrome dépressif en les comparant aux raisons invoquées par les mamans non déprimées. Dans le cadre de cette étude, 1271 femmes âgées de plus de 18 ans, en bonne santé, ont été interrogées. 42,5 % ont allaité pendant au moins 6 mois et 1,6 % en allaitement exclusif pendant ces premiers 6 mois (sur les 4 premiers mois, ces chiffres sont respectivement de 53,6 % et 20 %).

Le profil et statut social des mamans déprimées et non déprimées ne présentent pas de différences marquantes et n’entrent à priori pas en jeu dans les résultats observés (état dépressif et arrêt de l’allaitement).

Pratiquement un tiers (30,9 %) des mamans de l’échantillon étudié a connu la dépression du post-partum : un chiffre supérieur à la prévalence dans la population globale. En accord avec des études précédentes, parmi les mamans déprimées, la durée totale de l’allaitement (18,4 semaines en moyenne) et d’allaitement exclusif (3,6 semaines en moyenne) étaient plus courtes que pour les mamans non concernées par la dépression (respectivement 21,8 semaines et 4,7 semaines pour la durée totale et celle de l’allaitement exclusif).

En fait, les auteurs notent qu’un écart s’observe dès la période néonatale (premier mois de l’enfant) dans les taux d’allaitement entre les mamans déprimées et non déprimées (A un mois de post-partum, 29,3% des mamans déprimées sont en allaitement exclusif tandis que ce chiffre monte à 38,9 % chez les mamans sans troubles dépressifs). L’écart se creuse d’ailleurs au fil du temps.


Quelles motivations pour l’arrêt de l’allaitement ?

Les auteurs ont relevé et comparé les motivations qui poussent les mères à stopper leur allaitement avant 6 mois dans les deux catégories (mamans touchées par le syndrome de la dépression du post-partum et mamans non touchées).

32 raisons distinctes ont été avancées. Les 3 principales motivations conduisant à l’arrêt de l’allaitement étaient la sensation de ne pas avoir assez de lait, le fait que le bébé ne paraissait pas suffisamment « rempli » et les difficultés du bébé à pendre le sein.

Pour ces 3 raisons-là, les chiffres sont proches pour les deux catégories quoique ces raisons soient légèrement plus souvent évoquées chez les mamans déprimées :

58 % de mamans déprimées évoquent le manque de lait comme cause première de leur arrêt contre 51,6 % chez les autres.

Une différence un peu plus marquée concerne les douleurs ressenties, évoquées de façon plus fréquente chez les mamans déprimées comme motivation au sevrage. 24,8% de mamans déprimées les citent comme cause première de leur arrêt contre 16,3 % chez les autres.

La différence la plus notable concerne la fatigue et les tâches ménagères perçues comme très pesantes chez les mamans en dépression du post-partum. Pour 22,6 % de ces dernières, l’allaitement est jugé trop fatiguant ce qui pousse à l’arrêt contre seulement 14 % chez les mamans non déprimées.

Discussion

Selon les auteurs, le fait que l’écart de prévalence de l’allaitement entre les deux groupes (déprimées et non déprimées) se manifeste dès le premier mois et ne fait que s’accentuer au fil du temps pourrait indiquer que les difficultés à la mise en place de l’allaitement ou une perception d’incapacité à réussir à nourrir son enfant contribuent à augmenter le risque de survenue des symptômes dépressifs. Ils suggèrent de plus que leur persistance des troubles dans le temps diminue la capacité et la motivation des mères à poursuivre leur allaitement. Mais les auteurs n’excluent pas qu’un facteur sous-jacent puisse être présent dès la période prénatale ou néonatale qui jouerait sur les deux tableaux (manque de soutien par exemple de la part de l’entourage).

Conclusion

Le sujet est délicat et complexe. Néanmoins, il ressort de cette étude que bon nombre de problèmes qui motivent l’arrêt de l’allaitement pourraient être réglés par un meilleur accompagnement des mamans : c’est le cas de la perception erronée du manque de lait et du sentiment souvent ressenti qui en découle de l’incapacité à nourrir l’enfant. C’est le cas aussi des douleurs liées à l’allaitement qui peuvent être soulagées par un bon accompagnement.
En ce qui concerne la fatigue plus souvent mal gérée par les mamans en état dépressif, les auteurs rappellent que le soutien social pourrait limiter le sentiment d’être submergées par les tâches quotidiennes.

Dans tous les cas, il s’agit surtout de dynamiser le sentiment de confiance en soi souvent mis à mal chez les mamans ce qui permettrait de limiter l’apparition ou soulager des symptômes dépressifs, avec très vraisemblablement un allaitement mené de façon plus confortable et donc plus long.

Référence

*Bascom E. M. et al., « Breastfeeding Duration and Primary Reasons for Breastfeeding Cessation among Women with Postpartum Depressive Symptoms », Journal of Human Lactation 2016, Vol 32(2), 282-291

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.
Elle lit et fouille la littérature scientifique, synthétise et diffuse l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.


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Le soutien de mère à mère https://www.leblogallaitement.com/le-soutien-de-mere-a-mere/ https://www.leblogallaitement.com/le-soutien-de-mere-a-mere/#comments Thu, 03 Jan 2019 11:16:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1883 À la naissance de ma deuxième fille, mon aînée avait à peine deux ans. Je l’avais allaitée un peu plus de 6 mois avec beaucoup de facilité, tout m’avait semblé fluide, elle avait su téter tout de suite, pas de douleurs, très bonne prise de poids, un rythme assez rapidement trouvé avec un allaitement « toutes … Continuer la lecture de Le soutien de mère à mère

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À la naissance de ma deuxième fille, mon aînée avait à peine deux ans. Je l’avais allaitée un peu plus de 6 mois avec beaucoup de facilité, tout m’avait semblé fluide, elle avait su téter tout de suite, pas de douleurs, très bonne prise de poids, un rythme assez rapidement trouvé avec un allaitement « toutes les trois heures environ ». C’était pour moi un allaitement idyllique!

Pour ma deuxième, tout était différent. J’étais désormais mère de deux enfants, je devais à la fois accompagner mon nouveau-né et prendre soin de ma fille aînée.

Rapidement après sa naissance, je me suis rendue compte que mon bébé prenait peu de poids. On a beau se dire « ne compare pas », « chaque bébé est différent », je voyais bien que j’avais des difficultés avec mon allaitement. Je me retrouvais seule face à mes doutes et à mon tout petit bébé qui ne grossissait pas. Ma fille n’était bien que dans mes bras ou en peau à peau, tétait parfois toutes les heures, j’avais la sensation de passer mes journées à l’allaiter, j’étais épuisée et surtout, je me demandais si tout ceci était « normal » !

J’avais bien sûr le soutien de mon compagnon qui était très présent pour notre aînée notamment, pour gérer la logistique familiale, mais j’étais perdue par ailleurs ne sachant pas vraiment à qui m’adresser pour avoir du soutien. J’ai alors repensé à l’existence des consultantes en lactation dont une amie m’avait parlé, j’ai eu la chance de pouvoir faire appel à l’une d’entres elles. Elle m’a donné des informations très précises et ainsi m’a guidée dans mon allaitement et cela a été très précieux et bénéfique.

Mais les jours passaient et je sentais qu’il me manquait toujours quelque chose. Une chose que je ne réussissais pas vraiment à verbaliser alors. J’avais « deux belles petites filles en bonne santé » comme me le disait souvent mon entourage (et je me culpabilisais d’autant plus de ressentir ce mal-être en les entendant me dire cela !), j’avais un allaitement qui démarrait de manière chaotique mais qui démarrait quand même finalement puisque mon bébé commençait à prendre du poids mais je me sentais en fait très très seule face à mes émotions et surtout je ne savais pas à qui partager mes difficultés.

Au cours d’une nuit entre deux tétées nocturnes, en pianotant sur mon téléphone, je suis tombée un peu par hasard sur un site de soutien à l’allaitement. Le site parlait de rencontres mensuelles dans ma ville entre futurs et jeunes parents pour parler notamment d’allaitement et de parentalité. Une réunion avait lieu quelques jours plus tard, je décidais d’envoyer un e-mail pour m’y inscrire.

Le jour J, je suis entrée dans le salon de l’appartement de Marie-Florence. Ça sentait le gâteau et le thé chaud, chaque participant avait apporté quelque chose à grignoter. Il y avait peu de meubles, un grand canapé et deux fauteuils très confortables. Au sol au centre de la pièce un grand tapis coloré sur lequel jouait déjà un bambin de 18 mois je pense, il empilait joyeusement des cubes et les transvasait dans des boîtes. Nous étions une dizaine de femmes présentes avec des bébés de la naissance à 3 ou 4 ans environ. La réunion démarrant, nous nous sommes présentées chacune à notre tour, abordant ce que nous souhaitions déposer ce jour là. Il y avait une future mère qui se questionnait sur le démarrage de son futur allaitement, des mamans qui allaient reprendre le travail et qui voulaient en savoir plus sur comment s’organiser pour tirer leur lait au travail, et puis il y avait moi. C’était mon tour. Je me suis mise à parler, j’étais en confiance dans ce cadre doux et chaleureux. C’est à Marie-Florence, l’animatrice bénévole chez qui nous nous trouvions, que je parlais, mais le regard des autres mères présentes était soutenant, je voyais certaines femmes acquiescer à certains de mes mots (ou maux ?).

Tout à coup j’ai senti que j’étais au bon endroit, que j’avais trouvé ce que j’étais venue chercher, une écoute vraie, bienveillante. J’ai senti que ce que je ressentais était légitime, normal, que j’avais le droit de ressentir toutes ces émotions, que mon bébé qui se réveillait souvent pour téter la nuit était « normal ».

J’ai pu déposer tout ce que j’avais sur mon petit cœur de maman de deux très jeunes enfants : ma solitude, ma peur de mal faire, mon sentiment de culpabilité de ne plus donner autant à mon aînée et à le fois de ne jamais pouvoir me donner à 100% pour ma deuxième et tant d’autres choses que j’ai dû oublier avec le temps.

J’ai compris bien plus tard à quel point pousser la porte de cette association de soutien à l’allaitement avait été un énorme cadeau que je me faisais à moi même. Oser dire « hey ho, je suis là j’ai besoin d’être entendue,  j’ai besoin que l’on écoute mes difficultés d’allaitement, mes difficultés de jeune maman», qu’on me dise « ce que tu ressens est normal ».

Je suis revenue chaque mois pendant plusieurs mois. Nos échanges m’ont permis de construire la mère que j’avais envie d’être à la fois douce et forte, à la fois faillible et pleine d’énergie.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire aux femmes :

Osez dire que vous avez besoin d’être entendues !

Osez pousser la porte de ces associations !

Ce soutien de « mère à mère » est tellement précieux.

**************

J’ai été soutenue par la Leche League, mais il existe plusieurs associations de soutien en France, entre autres :

https://www.lllfrance.org/1124-41-soutenir-les-meres-qui-allaitent-le-role-des-groupes-de-meres

http://www.solidarilaitidf.org/reunions

https://www.allaitement-toutunart.org/

[Auteure] : Leslie Lucien

[Biographie] :   Devenue auxiliaire de puériculture suite à la naissance de ses enfants, elle a participé à de nombreuses réunions de soutien de mère à mère.

Elle accompagne également les futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.

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