Actualités | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:46:27 +0000 fr-FR hourly 1 Les fêtes de fin d’année et l ‘allaitement https://www.leblogallaitement.com/allaiter-pendant-les-fetes/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-pendant-les-fetes/#respond Mon, 18 Dec 2023 07:44:39 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2128 Allaiter pendant les fêtes c'est possible, un verre d'alcool mettra environ 2h30 pour être éliminé. Mangez ce que vous voulez , vous initierez bébé à tous les goûts.

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A l’approche des fêtes, les mamans nous posent régulièrement ces questions :

« Est ce que j’ai le droit de boire une coupe de champagne et allaiter ? »

« Est ce que je peux manger ce que je veux à Noël ? »

Alimentation et allaitement

Je vous rassure, concernant les festivités vous pouvez vous faire plaisir et faire découvrir à votre bébé de nouveaux goûts. En résumé, mangez ce que vous souhaitez pendant votre allaitement ! 🙂

Alcool et allaitement

Concernant les bulles, toujours avec modération : un verre d’alcool prend environ deux heures trente pour être éliminé du lait maternel. Le pic de concentration d’alcool se retrouve au bout d’une heure dans votre lait comme dans le sang. Vous pourrez ressentir un effet de « sein plein » mais le réflexe d’éjection est diminué.

Si vous souhaitez boire plus d’un verre, le temps s’additionne : pour 2 verres = 5h d’attente et ainsi de suite. Prévoyez un petit stock de votre lait avant, au cas où bébé souhaiterait téter.

Entourage bienveillant pendant les fêtes

Cette période de retrouvailles familiales peut parfois être le théâtre de remarques plus ou moins positives sur votre allaitement ou votre façon d’être avec votre enfant. La bienveillance ne sera pas toujours au rendez-vous.

Armez-vous de courage, assumez vos opinions, demandez de l’aide à votre conjoint si besoin ou changez de sujet 😉

Tétées à volonté pour bébé !

Enfin, votre bébé peut être un peu perturbé par ce rythme inhabituel, n’hésitez pas à proposer le sein régulièrement. Votre conjoint(e) pourra également le porter et le bercer pour le rassurer.

Passez de bonnes fêtes !!!

L’équipe de Grandir Nature

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Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ? https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/ https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/#respond Wed, 15 Mar 2023 13:50:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2299 Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances. Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse. La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande … Continuer la lecture de Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ?

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Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances.

Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse.

La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande avec un maternage de proximité, son cerveau produit des hormones empêchant un retour à la fertilité. C’est ce qu’on observe dans les pays en voie de développement où les tétées sans restriction permettent d’espacer naturellement les naissances ; dans le cas où l’allaitement artificiel n’est pas mis en compétition avec l’allaitement maternel. Est-ce possible aussi chez nous ? Voyons de plus près comment cela se produit.

Comment ça marche ?

La prolactine, comme son nom l’indique, a pour fonction de faire sécréter du lait. Grâce à la succion régulière du bébé, le retour de l’ovulation est bloqué. La MAMA (Méthode d’Allaitement Maternel et d’Aménorrhée) fonctionne alors si les critères suivants sont respectés :

  • un allaitement exclusif, sans complément de préparation pour nourrissons ;
  • pas de retour de couches (les saignements avant 8 semaines – 56ème jour du post partum – ne sont pas pris en compte)
  • l’âge du bébé est de moins de 6 mois révolus

Dans nos pays, où l’allaitement est souvent limité aux besoins de nutrition de l’enfant, les tétées sont souvent peu nombreuses. On recommande alors parfois, en plus des critères ci-dessus :

  • pas d’intervalle de plus de 6 heures entre deux tétées la nuit et 4h le jour ;
  • un minimum de 6 longues tétées ou 10 tétées courtes chaque jour, de façon à obtenir une stimulation quotidienne du mamelon et de l’aréole de 60 à 90 minutes ;

Ces deux recommandations s’ajoutent à la MAMA sans en faire partie.

Des études scientifiques à l’appui des recommandations


En 1988, sous l’égide de l’OMS et de l’UNICEF, des scientifiques ont confronté leurs connaissances sur l’interaction entre allaitement et infertilité et ont rédigé le Consensus de Bellagio1 qui définit la MAMA. En respectant les critères précités, l’allaitement pourra amener une infertilité provisoire. Un professionnel de la fertilité (sage-femme ou gynécologue formé(e) à la MAMA, une monitrice /instructrice de Méthode d’Observation du Cycle, ou une consultante en lactation IBCLC) pourront réviser ces critères avec vous.

La MAMA est-elle fiable ?



On dénombre une grossesse chez 100 femmes sur une période de six mois d’allaitement qui remplissent les critères de la MAMA. A titre de comparaison, selon l’OMS, le nombre de grossesses sous pilule micro-progestative est de 7 %, de 0,1% sous implant contraceptif, 0,5 à 0,8 % avec le Dispositif Intra-Utérin au cuivre ou hormonal et 1 à 2 % avec les méthodes d’observation du cycle.

Pourquoi prescrit-on systématiquement une pilule micro-progestative à la sortie de la maternité ?

La pilule micro-progestative n’est absolument pas indispensable à toutes les femmes et, si elle est prescrite, devrait être réservée aux femmes pour qui l’allaitement ne remplit pas les critères définis dans la MAMA. Compte tenu de nos connaissances, on peut s’étonner qu’elle soit systématiquement prescrite à la sortie de la maternité. Est-ce par méconnaissance de la physiologie de la lactation et du retour à la fertilité après une naissance ?

On ne peut évidemment présager du devenir de l’allaitement des femmes qui sortent de la maternité. Pour que le blocage de l’ovulation soit assuré, il faut un allaitement efficace, répondant aux critères cités plus haut. S’ils ne sont pas remplis, la fertilité peut revenir plus tôt et c’est ainsi que certaines femmes découvrent une nouvelle grossesse alors qu’elles allaitent leurs nouveau-nés. Expliquer aux femmes ces critères et les soutenir pour que leur allaitement les remplisse à long terme, prend à l’évidence plus de temps que de délivrer une ordonnance systématique de contraception hormonale.

Quelle prudence devrait avoir tout professionnel de santé ?


On sait que le passage dans le sang des progestatifs de synthèse a une influence sur la mise en place de la production lactée ; il serait nécessaire que les professionnels de santé prescrivent la pilule aux femmes qui sortent de maternité avec plus de modération pour éviter des échecs d’allaitement par insuffisance de production lactée.

Selon l’ANAES2 (renommée HAS Haute Autorité de Santé), si ce choix se porte sur une contraception hormonale, celle-ci ne doit pas être débutée avant la sixième semaine du post-partum. Les œstroprogestatifs ne sont pas recommandés car ils pourraient réduire la production de lait. Les microprogestatifs, les progestatifs injectables et les implants progestatifs peuvent être utilisés sans inconvénient ni pour l’allaitement, ni pour le nouveau-né. Toutefois la contraception hormonale ne doit pas être débutée avant l’installation de la lactogenèse de stade II (montée laiteuse). Les progestatifs ne seront pas utilisés avant la sixième semaine du post-partum.

Kennedy et al 3rapportent que le démarrage de la lactation est stimulé par la chute brutale du taux de progestérone en post-partum précoce, qui pourra être contrecarrée par une pilule progesta­tive… Certains auteurs, ainsi que l’OMS, considèrent donc préférable d’attendre 6 semaines post-partum avant de commencer à les utiliser.

Enfin, par principe de précaution pour l’enfant allaité, qui ingère des quantités d’hormones via le lait maternel, il conviendrait d’éviter de le surexposer dès son plus jeune âge à des hormones de synthèse via le lait maternel qui ne sont pas naturellement présentes dans le lait de sa mère.

Dans son livre4, le professeur René Ecochard, docteur en médecine, professeur à l’université Claude-Bernard (Lyon I) biostatisticien et membre du Pôle Santé-Publique du CHU de Lyon livre une explication : « La mini-puberté et la puberté étant des périodes sensibles, il est de la plus haute importance de ne pas interférer avec le système hormonal à ces âges de la vie. On peut craindre, sans que cela ait été démontré à ce jour, que la prescription de pilule contraceptive à une mère allaitante soit néfaste pour l’enfant. En effet, le nourrisson est alors en mini puberté. Son cerveau est sensible aux hormones. Les pilules contraceptives données à la mère sont composées d’hormones de synthèse. La part de ces hormones qui passent dans le lait est peu documenté dans la littérature scientifique. Le principe de précaution invite à ne pas affirmer sans preuve l’absence de conséquence pour l’enfant […] Les pilules contraceptives, constituées notamment de progestatifs connus pour leur effet androgénique ou antiandrogénique ne devraient plus être utilisées avant d’avoir la certitude de leur inocuité »

En outre, le laboratoire commer­cialisant Implanon® (étonogestrel) déconseille son utilisation pendant l’allaitement. La mère devrait être informée de l’impact possible sur la lactation ; si l’enfant pleure davantage, semble beaucoup plus affamé, obtient visible­ment moins de lait, que sa prise de poids se ralentit, il faudra envisager la responsabilité de la contraception hormonale ; la mère pourra alors si elle le désire cesser de l’utiliser (notons qu’il est plus facile de cesser d’interrompre la prise de pilule que de retirer un implant).

En tout état de cause, l’accompagnement par une personne spécialisée s’impose pour un choix éclairé d’une méthode de contraception adaptée.

En conclusion


L’allaitement maternel exclusif entraîne un blocage ovarien par la succion du sein. De fait, il n’est pas utile de prendre une contraception hormonale, mais indispensable de valider les critères de l’allaitement pour connaître son impact sur la fertilité, avec un professionnel formé à la MAMA.

La prise de progestatifs peut influencer la mise en place de la lactation et ne devrait pas être débutée avant la 6° semaine du post partum, pour ne pas mettre en péril l’allaitement par insuffisance lactée.

Enfin il n’a pas été clairement démontré que les progestatifs soient réellement sans effet sur le développement neurologique et hormonal de l’enfant allaité. Par principe de précaution, on ne devrait pas proposer systématiquement de contraception hormonale chez une femme allaitante.

Références :

1 Greiner T. Breastfeeding and LAM: beyond conventional approaches. Bellagio Conference. Washington, 15-16/05/1997.

2 Extrait de la page 16, recommandations 12 de l’ANAES sur l‘allaitement en 2002 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/Allaitement_recos.pdf

3 Kennedy KI, M Kotelchuck. Policy considerations for the intro­duction and promotion of the lactational amenorrhea method: advantages and disadvantages of LAM. J Hum Lact 1998; 14(3): 191-203.

4 Professeur René Ecochard « Hommes Femmes ce que nous disent les neurosciences » Editions Artège, Février 2022

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Un petit verre a noel ? oui c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/#comments Thu, 22 Dec 2022 17:08:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2292 Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel.  L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ? Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles.  Pour information, 1 bière classique ( ½) ou … Continuer la lecture de Un petit verre a noel ? oui c’est possible !

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Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel. 

L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ?

Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles. 

Pour information, 1 bière classique ( ½) ou un verre de vin est égal à 10g d’alcool. Ici, c’est cette quantité d’alcool que je nommerai “verre standard” dans l’ensemble des études citées.

  • Le taux d’alcool qui passe dans le lait maternel 

Pour une consommation légère, le taux d’éthanol présent dans le lait maternel sera égal à celui qui passe dans le sang. Par contre, pour une consommation modérée à élevée, son taux sera un peu plus élevé dans le lait maternel que dans le sang. 

La consommation d’alcool occasionnelle et très modérée est à ce jour considérée comme à faible risque pour le bébé, sans attente de temps pour allaiter le bébé.

Pourtant les recommandations de l’American Academy of Breastfeeding sont de limiter l’allaitement dans les 2h suivant le dernier verre car les effets de l’alcool à long terme sur le bébé ne sont pas connus.  

On ne peut pas savoir si une consommation légère et occasionnelle peut avoir une incidence sur le développement du bébé.

Cependant on peut extrapoler qu’une consommation modérée à excessive, peut avoir un impact sur le bébé au vu du temps plus long d’élimination de l’alcool par le bébé.

  • Durée d’élimination de l’alcool dans le lait maternel 

L’alcool met environ 30 à 60 minutes pour atteindre son point culminant et diminue progressivement dans le lait maternel tout comme il diminue dans le sang. 

  • Impact sur l’ocytocine et la prolactine 

Une consommation de 3 à 12 verres standard peut considérablement réduire le réflexe d’éjection et réduire la quantité de lait disponible pour le bébé.L’éthanol, principal composant des boissons alcoolisées, bloque la délivrance d’ocytocine, qui permet l’éjection du lait. 

Il agit aussi sur la prolactine, hormone responsable de la synthèse du lait maternel. 

Il faut donc veiller, lors de la consommation d’alcool, à bien vidanger le sein afin d’éviter un risque d’engorgement.

La métabolisation de l’alcool chez la femme allaitante 

Il est possible de diminuer la concentration d’alcool en tirant son lait (ou donner une tétée) 1h avant de boire. Il est conseillé de manger en même temps que l’alcool est ingéré.

  • Saveur du lait maternel 

Deux études ont montré que les bébés avaient tendance à téter plus fréquemment les premières minutes suivant l’exposition à l’alcool mais ils prélevaient 20% de lait en moins. 

  • Schéma veille-sommeil 

La consommation d’alcool peut, peut-être, interférer dans le sommeil du bébé avec des temps de sommeil plus court, et nuire potentiellement à long terme sur son développement, si la consommation d’alcool est régulière. 

  • Risques pour le bébé 

La consommation d’alcool modérée à excessive et/ou régulière peut potentiellement être associée à des difficultés de développement chez le bébé.

L’éthanol est évacué plus lentement chez le bébé que chez l’adulte. 

Et peut avoir un impact négatif sur l’état général du bébé et sur son développement cognitif et comportemental de façon significative, et des retards évidents des indices de croissance globaux.

  • Conclusion : est-il possible de boire de l’alcool durant l’allaitement ?

La consommation occasionnelle et légère d’alcool peut être envisagée. Au vu des données actuelles,  il vous appartient de l’allaiter sans attendre un laps de temps, ou de préférer allaiter en même temps que le verre est bu, puis de redonner le sein 2h à 3h plus tard au minimum.

La lait maternel sera toujours supérieur et adapté à votre bébé avec une consommation de 1 ou 2 verres standard.

La consommation d’alcool régulière et/ ou modérée à excessive peut avoir des effets indésirables sur la lactation et potentiellement sur le développement bébé. Donc si une consommation excessive d’alcool est envisagée il peut être nécessaire de prévoir du lait. 

  • Bon à savoir :
  • Si vous prévoyez une soirée alcoolisée, pensez à contacter une personne qui restera sobre pour s’occuper de bébé durant la soirée mais aussi à votre retour. L’alcool réduit le niveau de vigilance.
  • Si vous pratiquez habituellement le cododo et que vous avez consommé de l’alcool, ne dormez pas avec votre enfant afin d’éviter les risques d’écrasement ou d’étouffement du bébé.
  • Si vous pensez qu’il est nécessaire de discuter de votre consommation d’alcool, il est toujours possible de prendre de simples renseignements ici :

https://www.alcool-info-service.fr/

Sources :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/bcpt.12149

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4987236/

https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/88/4/737/57171/Maternal-Diet-Alters-the-Sensory-Qualities-of

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16713502/

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1747-0080.2006.00056.x

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2831123/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2720548/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2588480/#__ffn_sectitle

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utilisation du lait maternel pour les soins https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/ https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/#respond Tue, 10 May 2022 11:32:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2273 Article écrit par Pascale Baugé, scientifique . Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long … Continuer la lecture de utilisation du lait maternel pour les soins

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Article écrit par Pascale Baugé, scientifique .

Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long terme sont également de mieux en mieux révélés et la médecine s’intéresse de près à ses nombreux composants actifs tels que HAMLET (acronyme de Human Alpha-lactalbumine Made lethal to Tumor cell), une protéine complexe qui déclenche la mort des cellules tumorales.
Ce qui est moins documenté, ce sont les usages non nutritifs du lait humain qui se sont parfois ancrés dans les habitudes populaires comme utiliser le lait localement pour traiter la conjonctivite, les rhinites ou les infections de la peau.

Certains chercheurs se sont penchés sur la question : a-t-on des bases scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour confirmer l’efficacité de tels usages ?

Le lait humain étant facilement disponible, de faible coût et sans effet indésirable, il est effectivement important de connaître réellement les effets car ce serait une solution idéale pour les pays où l’accès aux soins est difficile !
Une équipe de chercheurs de l’Université de Varsovie s’est alors mis en quête des études publiées sur la question pour en tirer un bilan : sur plus d’un millier d’études parues entre 2010 et 2019, seules 15 d’entre elles, publiées dans des journaux à comité de lecture ont été jugées de qualité suffisante et ont pu être intégrées dans cette méta-analyse publiée en 2019 [1].

Quelles sont ces usages non nutritifs ?

Le lait maternel est fréquemment utilisé pour traiter des problèmes de peau du bébé (eczéma, dermatite, érythème), des crevasses aux mamelons, des problèmes de conjonctivite ou encore pour les soins du cordon.
Il est vrai que le lait maternel contient un grand nombre de composés bioactifs et stimulants pour l’immunité. Il est en effet riche en diverses bactéries, micro-ARN, facteurs de croissance et autres molécules complexes possédant un potentiel anti-inflammatoire ou réparateurs des lésions mineures de la peau.

Que disent les études ?


Par rapport aux problèmes cutanés des bébés,

l’évaluation de l’utilisation de lait maternel sur les zones touchées (eczéma ou érythème) présente des résultats hétérogènes. Sur les 5 études d’essais cliniques randomisés pris en compte dans cette méta-analyse, l’une d’elle correspondant à une petite taille d’échantillons (6 enfants) ne montre pas d’effet du tout. 3 autres études de plus grande envergure (respectivement 100, 141 et 63 enfants dans les groupes d’observation) affichent les mêmes niveaux d’efficacité que ceux obtenus par un traitement classique (généralement à l’hydrocortisone). Une seule publication rend compte d’un net avantage du lait maternel et repose sur un échantillon de 30 bébés (âgés de 0 à 12 mois) divisés en 2 groupes traités pour des problèmes d’érythème. 80 % des enfants recevant 3 fois par jour avec du lait maternel montraient des signes positifs après 5 jours d’application contre 26% dans le groupe non traité.

Du côté des mamans,

l’application de quelques gouttes de lait pour endiguer les douleurs aux mamelons les premiers jours d’allaitement est une technique assez répandue. L’étude prise en compte dans la méta-analyse fait le suivi de 84 mères allaitantes qui ont développé des douleurs dans les 72h après leur accouchement. En comparant le résultat de cette application avec celle de lanoline, il s’avère que c’est le lait maternel qui était le plus efficace, avec un temps de cicatrisation plus court. Sur une cicatrice périnéale, le lait maternel réduit également le temps de cicatrisation.

En ce qui concerne les problèmes oculaires,

l’efficacité des soins préventifs apportés à plus de 250 nouveaux nés a été estimée dans une étude comparant 3 groupes : un premier groupe recevant 2 gouttes de colostrum dans chaque œil, un second groupe traité à l’aide d’un antibiotique classique et un groupe de contrôle ne recevant aucun traitement. La survenue de conjonctivite a alors été analysée dans chacun des 3 groupes. L’effet positif du lait maternel sur la prévention de la conjonctivite a pu être mis en évidence de façon claire. Une autre étude chez la souris a de plus montré que le lait maternel était capable de soigner les blessures de l’épithélium cornéen. Une guérison plus rapide et plus efficace comparativement au sérum ou aux larmes artificielles.

Utiliser du lait maternel pour assurer les soins du cordon

C’ est une pratique assez répandue dans certains pays et l’OMS bien que plébiscitant les soins à sec, encourage les recherches dans cette voie. La méta-analyse de 2019 a fait le point sur la question : 3 études de contrôle publiées entre 2010 et 2018 ont montré que l’application de quelques gouttes de lait maternel sur le cordon de nouveau-nés permettait une chute plus rapide du cordon (entre 1 à 3 jours plus tôt) par rapport aux soins à sec ou avec un produit antiseptique.
Une autre méta-analyse plus récente [2] confirme d’ailleurs ces résultats et précise que le colostrum est plus efficace que le lait mature. Un cordon qui se détache plus vite permet de diminuer les risques d’infection.

Qu’en retirer ?


De cette analyse, les auteurs concluent que le lait humain, grâce à ses multiples composants, est susceptible d’offrir des solutions efficaces, bon marché, sécures et sans risques d’allergie pour prévenir voire traiter des problèmes d’épiderme sans gravité. La tendance est là mais des évaluations complémentaires de qualité restent nécessaires pour lever l’hétérogénéité des résultats attribuée à la composition du lait humain variable dans le temps, et d’une femme à l’autre.
En ce qui concerne les problèmes d’yeux inflammatoires, les auteurs soulignent que le lait humain ne doit pas être utilisé dans tous les cas de figures : il doit plutôt être vu comme un complément et non comme seul traitement.
Sur la base de ces résultats encourageants, les auteurs confirment que le lait humain est une solution déterminante dans les zones du monde où les femmes n’ont pas la possibilité ou les moyens d’avoir accès aux soins médicaux.
Enfin, les auteurs voient dans le lait maternel de nouvelles perspectives pour la prévention et les traitements des lésions de la peau. Un gros travail reste à accomplir afin de comprendre les composants et molécules impliquées dans les effets produits.
Les auteurs concluent en disant que le lait maternel possède des propriétés extraordinaires et peut être considéré comme une sorte de médecine personnalisée ! A ce titre, les mères doivent être encouragées et soutenues dans leur projet d’allaitement.

Références:

  1. Witkowska-Zimmy M. et al., « Milk Therapy: Unexpected uses of Human Breast Milk », Nutrients, 11:944, 2019
  2. Leila Amiri-Farahani et al., «The Anti-Inflammatory Properties of the Topical Application of Human Milk in Dermal and Optical Diseases », Complementary and Alternative Therapies for Inflammatory Diseases 2020,
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UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/#respond Tue, 15 Feb 2022 15:53:32 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2261 Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs… Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses … Continuer la lecture de UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES

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Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs…

Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses constituants que dans les rôles que ces derniers peuvent jouer chez le bébé voire chez l’adulte qu’il deviendra.

Le lait maternel n’est pas seulement une ressource de nutriments, il contient aussi des composés bioactifs précieux. Ainsi, une des particularités du lait maternel dont on parle peut-être moins est son contenu en cellules, celles-ci jouant un rôle majeur :

– les cellules typiques de la glande mammaire (des lactocytes et des cellules myoépithéliales)

– les cellules de type « globules blancs » dont le rôle dans le développement de l’immunité chez l’enfant a été démontré.

Mais plus incroyable, grâce aux nouvelles méthodes d’identification, on s’est rendu compte que le lait maternel était également riche en cellules très jeunes, immatures, qu’on dit « indifférenciées » et qui portent le nom de « cellules souches ». Elles sont comme des cellules mères pouvant se renouveler et évoluer en prenant un caractère bien précis, celui de cellules fonctionnelles.

Que sont les cellules souches et où les trouve-t-on ?

Dès les premiers jours après la fécondation, on trouve des cellules souches, celles au plus haut potentiel. On les dit « totipotentes » car elles sont capables d’évoluer en toutes cellules possibles d’un organisme y compris celles qui forment le placenta.


Chez l’embryon âgé de quelques jours, les cellules souches présentes sont dites pluripotentes, avec un potentiel d’évolution encore bien diversifié vers tous types de cellules (sauf des cellules placentaires).


Chez l’adulte, les cellules souches se font plus rares. De plus, celles-ci sont multipotentes c’est-à-dire qu’elles se transforment en un nombre plus réduit de types de cellules et elles ne sont présentes que dans des niches au sein des organes : elles permettent le renouvellement des cellules qui vieillissent vite ou qui sont lésées.


Enfin les cellules souches unipotentes ne donnent naissance qu’à des cellules bien spécifiques comme celles de la peau.

Quelles cellules souches dans le lait maternel ?


Dans la mesure où la glande mammaire possède cette incroyable faculté d’adaptation et de modification durant la grossesse et la période du post-partum, c’est qu’elle a recours à une machinerie sophistiquée permettant de passer rapidement de l’état de repos à l’état d’organe qui secrète du lait ! Cela nécessite bien sûr une modification des cellules qui y siègent, une phase de maturation vers un état de cellules actives. Pas de secret, il y a bien des cellules souches là-dessous. Ainsi, pendant longtemps leur présence dans le lait maternel a été suspectée par les scientifiques.

C’est en 2007 que pour la première fois, une équipe de chercheurs australiens a mis en évidence des cellules souches dans le lait maternel.

Quelles sont leurs propriétés ?


Les cellules souches présentes dans le lait maternel sont capables de se différencier et d’exprimer des caractéristiques de lactocytes ou cellules myoépithéaliales, ces cellules spécifiques présentes dans un sein pour fabriquer et expulser le lait.

Ce sont les cellules souches qui permettent effectivement à la glande mammaire d’évoluer.

Mais ce que les recherches ont révélé a de quoi surprendre : des cellules souches identifiées dans le lait maternel sont capables d’évoluer et de maturer vers des cellules différentes, comme par exemple des cellules neuronales !
En effet, in vitro, la culture de ces cellules souches, dans un milieu qui convient, a conduit à la formation :
– de cellules neuronales  avec leur marqueur caractéristique,
– d’oligodendrocytes (des cellules du système nerveux),
– d’astrocytes (d’autres cellules du système nerveux).

D’autres essais in vitro ont montré aussi que ces cellules souches du lait humain, donnaient des cellules adipeuses, des cellules pancréatiques, hépatiques ou des cellules cardiaques ! Bref, une belle panoplie de cellules différenciées.

Il existe ainsi pas mal de travaux (depuis 2012) qui indiquent de façon claire l’existence de cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire de cellules souches capables de devenir n’importe quel type de cellules de l’organisme adulte.

A quoi servent-elles ?

Alors, le premier challenge est de savoir si ces cellules peuvent survivre dans les conditions difficiles du tractus digestif et passer le cap de la digestion. Il s’avère que oui, chez le nouveau-né le milieu n’est pas si insurmontable et la diffusion via la paroi intestinale est possible. Elles se retrouvent donc dans la circulation sanguine et peuvent migrer vers différents organes. Quel peut bien être le rôle de ces cellules souches capables de se différencier en cellules nerveuses ? ou cellules graisseuses ? Participent-elles à la maturation de certains tissus ou organes chez l’enfant ?

Des études sur la souris prouvent que ces cellules souches issues du lait maternel s’intègrent bien dans les tissus des petits. Les chercheurs pensent qu’elles pourraient être impliquées dans le développement du système nerveux entérique : le réseau nerveux du tube digestif où des neurones gouvernent le fonctionnement du système gastro-intestinal ! D’autres chercheurs avancent aussi qu’elles pourraient favoriser la prolifération, le développement ou la régulation de gènes de certains tissus chez l’enfant. C’est cohérent avec le fait que le lait maternel de mamans de prématurés est enrichi en ce type de cellules souches. Mais tout cela demande encore études, conclusions et confirmations.

Qu’en retirer ?


Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que ,plus que jamais , le lait maternel prouve sa grande spécificité : il est inimitable tant pour les nutriments qu’il fournit, que les ressources biologiques qu’il contient.

Les cellules souches dans le lait maternel, ce n’est que le début des connaissances !

Présentes dans le lait maternel, elles jouent un rôle certain dans le développement de l’enfant. Mais encore beaucoup de questions demeurent irrésolues. Par quels processus se différencient-elles au sein de l’organisme ? Quelles conditions chez la mère et l’enfant modifient la teneur et la qualité des cellules souches présentes dans le lait ? A suivre donc.

Références:

Mehmet Şerif Aydın et al., « Transfer and Integration of Breast Milk Stem Cells to the Brain of Suckling Pups », Scientific Reports, 8:14289, 2018

Witkowska-Zimny M., et al.  « Cells of human breast milk », Cellular  Molecular Biology Letters, 22:11, 2017

Reali A. et al., « Multipotent stem cells of mother’s milk », Journal of Pediatric and Neonatal Individualized Medicin, 5(1), 2016

Ninkina N. et al., “Stem cells in human breast milk”, Human Cell, 32, 2019

Briere, C-E et al., “Breast Milk Stem Cells: Current Science and Implications for Preterm Infants”, Clinical Issues in Neonatal Care. 223., 2016

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Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/ https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/#respond Tue, 02 Mar 2021 14:48:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2144 Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” . Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité … Continuer la lecture de Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité

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Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” .

Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité de sucres complexes, ou oligosaccharides qui jouent un rôle majeur dans la mise en place de l’immunité et la maturation du microbiote.

Qu’est-ce qu’un oligosaccharide ?
C’est un sucre « complexe », une chaîne formée de sucres simples associés tels que le galactose, des « bouts » de lactose, et d’autres molécules.
Le contenu en oligosaccharides du lait humain est particulier par rapport à celui de tout autre mammifère : il présente une diversité énorme avec de grandes variations dans le sucre de base, la structure spatiale, le nombre de sucres simples dans la chaîne (entre 3 et 6) et les liens qui peuvent être faits avec d’autres molécules. Cela leur confère toute une gamme de propriétés chimiques. Plus de 160 composés oligosaccharides ont été identifiés à l’heure actuelle.
Cette complexité explique en partie le rôle protecteur du lait maternel contre les infections.

Un contenu en oligosaccharides variable selon plusieurs paramètres
Les études qui se sont penchées sur l’analyse quantitative et qualitative de ces sucres complexes du lait humain sont formelles : le lait n’est pas identique d’une maman à l’autre, il existe même une grande variabilité selon chaque individu. Cela parait assez normal, il y a une base génétique. Des gènes particuliers, spécifiques de chaque individu codent des enzymes permettant l’assemblage de certains sucres simples… Donc à chacun sa petite recette.

Mais cela n’explique pas tout. Savez-vous que pour un même profil génétique, il existe aussi une influence de l’endroit où vit la mère ? Quelques études ont même montré une variation selon la saison. On n’a ainsi pas affaire aux mêmes sucres complexes qu’on allaite en printemps ou en automne (toutes choses étant égales par ailleurs). Incroyable, non ?
Les scientifiques n’expliquent pas encore très bien ces résultats mais évoquent l’influence du climat, de l’ensoleillement, de l’exposition à des allergènes qui influencerait la synthèse des oligosaccharides.

Pour une maman allaitante, il y a également une évolution dans le temps… Au fur et à mesure que le bébé grandit, la concentration de ces sucres complexes tend à diminuer dans leur globalité mais des études ont montré que certains oligosaccharides particuliers étaient produits en plus grande quantité à une période bien précise (2 à 3 semaines postpartum par exemple).

Allaiter un bébé prématuré et né à terme, quelle différence ?

Il est légitime de s’interroger sur la bonne adéquation du lait produit par les mamans de bébés prématurés (notamment leur teneur en oligosaccharides) aux besoins intenses de leur enfant particulièrement vulnérable.
Une étude de 2019, a fait le point sur cette question. Quelques études préalables avaient montré que la composition en sucres complexes était comparable dans le lait d’une mère d’enfant né à terme et celui d’un bébé prématuré. Mais il n’y avait pas consensus pour autant.

En y regardant de plus près, il s’avère qu’il y a bien quelques subtiles différences. Certains oligosaccharides particuliers sont plus présents dans le lait destiné aux enfants prématurés tandis que d’autres sont au contraire en moindre quantité (comparatif fait en comparant des laits produits au même âge postpartum). A ce stade, les chercheurs ne peuvent qu’apporter des hypothèses pour expliquer ces résultats.
Ils avancent donc, avec les précautions qui s’imposent, que les oligosaccharides présents en plus grande quantité dans le lait d’enfant prématuré sont ceux qui agissent le plus dans l’élaboration du cerveau en apportant de la « matière première ». Ils poursuivent leurs hypothèses en indiquant que dans les derniers mois de la grossesse, lors du développement final des composants du cerveau, le corps de la mère produit les ingrédients nécessaires. Si la naissance a lieu prématurément, ces ingrédients peuvent jouer un rôle clé en entrant dans un processus permettant la synthèse de sucres complexes qui viennent compenser les manques in utero. En un mot, les auteurs concluent en soulignant l’effet particulièrement bénéfique pour le petit prématuré de consommer le lait de sa propre mère ! C’est bien celui qui est le plus adapté !

Ces travaux bien qu’intéressants doivent être pris avec précautions et nécessitent des études complémentaires afin de les confirmer ! On peut néanmoins affirmer que les sucres complexes du lait maternel sont particulièrement spécifiques et adaptés pour le bon développement de l’enfant !

Références

Austin S. et al., “Human Milk Oligosaccharides in the Milk of Mothers Delivering Term versus Preterm Infants”, Nutrients, 2019

Veronica Ayechu-Muruzabal et al., “Diversity of Human Milk Oligosaccharides and Effects on Early Life Immune Development”, Front. Pediatr., 2018

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Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19 https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/ https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/#comments Wed, 20 Jan 2021 09:26:42 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2132 Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19. En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le … Continuer la lecture de Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19

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Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19.

En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le lait de mamans qui ont été touchées par la maladie ? Même si on n’a que bien peu de recul, des études se sont penchées sur la question et quelques conclusions se dessinent.


La maladie qui sévit dans le monde entier est provoquée par le virus SARS-CoV-2. Les pathologies qui y sont liées sont assez variables mais se manifestent souvent par des infections respiratoires. Les enfants semblent moins sévèrement touchés néanmoins un petit pourcentage de moins d’un an présente quand même des symptômes assez marqués pouvant nécessiter une prise en charge plus lourde voire entraîner des séquelles plus invalidantes. Il est aussi à noter que certains enfants déclarent, même sans forme grave de Covid-19, un syndrome inflammatoire multi-systémique. Donc la protection de l’enfant n’est pas superflue ! Alors, s’il l’était grâce au lait maternel de sa propre mère ou d’une donneuse ayant été touchée ?

Avant de voir quelles entités biologiques pourraient aider à lutter contre le virus, dressons quelques grandes lignes de son portrait.

Petite particularité du virus SARS-CoV-2

Le virus en question est un coronavirus c’est-à-dire un virus qui présente à sa surface des petits bulbes espacés lui donnant une apparence de particule couronnée. Il s’appelle SARS-CoV-2 pour « Severe Acute Respiratory Syndrome – Coronavirus » ou en français, Syndrome Respiratoire Aigu Severe, il est donc spécialisé pour toucher les cellules pulmonaires.

Le virus SARS-CoV-2 est un virus dit « enveloppé » : cette enveloppe est un « plus » pour le virus car elle permet de mieux s’accrocher à la cellule-hôte, de s’y adapter et s’y stabiliser. Une des protéines de cette enveloppe est la protéine S (« S » pour Spike autrement dit « pointe ») qui forme des spicules à la surface du virus et se trouve être responsable de l’attachement à l’hôte par une de ses extrémités. Si ce virus SARS-CoV-2 est si problématique, c’est parce qu’il s’accroche facilement en raison d’une grande affinité de certaines parties de la protéine de pointe avec un type de récepteurs humains. Ces récepteurs-cibles sont fortement présents à la surface des cellules des poumons mais pas uniquement.

La protéine de pointe joue aussi un rôle primordial dans la propagation virale car elle parvient à s’introduire dans la membrane cytoplasmique des cellules touchées et fusionner avec elle. C’est ainsi que le virus parvient à s’insérer dans les cellules hôtes : un moyen d’accéder à leur machinerie pour se développer.

Bref, vous l’aurez compris, cette protéine S joue un rôle clé dans l’affaire ! Mais revenons au lait maternel et ses spécificités. Contient-il des anticorps spécifiques du virus lorsque la mère a été contaminée et si oui lesquels ? Y a-t-il aussi des risques de contamination verticale via le lait maternel ?

A quoi peut-on s’attendre dans le lait maternel ?

On le sait, le lait maternel contient des immunoglobulines (Ig) sécrétoires, fabriquées par l’organisme maternel au contact d’un environnement où des pathogènes sont présents : il s’agit de super protéines, bras armés des lymphocytes B, très impliquées dans l’immunité et qui ont une activité d’anticorps en reconnaissant et se liant à des antigènes. Le lait maternel en est riche ce qui aide à la protection du nourrisson qui n’en produira pas lui-même au tout début de sa vie. Le mode d’action de ces entités biologiques est qu’elles se lient aux microbes pathogènes et les empêchent ainsi d’atteindre leur cible. De plus, ces Ig sont sous une forme (dite sécrétoire) qui leur permet de résister à l’environnement destructeur de la bouche et du tractus digestif de l’enfant. Une parfaite adéquation !

Alors des immunoglobulines, il y en a de plusieurs sortes : environ 90 % des anticorps présents dans le lait maternel sont des IgA ; ils font barrière et empêchent les pathogènes de se lier aux muqueuses.


Mais on peut aussi trouver des IgM et des IgG dans le lait maternel. Cette classification en sous-familles est liée à une structure différente de certaines parties de la molécule. Toutes sont impliquées dans l’immunité.

Une étude parue récemment dans Cell Press fait le point sur la question des immunoglobulines spécifiques, celles qui sont capables de neutraliser le virus du SARS-CoV2. C’est quand même bien cela qui nous intéresse. Une dizaine d’échantillons de lait maternel de mamans testées positives ont été analysés (4 à 6 semaines après l’infection) et leur contenu a été comparé à celui d’«échantillons témoins » de lait maternel avant la pandémie.

Quels résultats ?



Tous les échantillons issus des donneuses (guéries du Covid19) contiennent des niveaux en IgA significativement plus élevés que ceux des échantillons témoins et ce sont des IgA spécifiques du SARS-CoV-2.


L’étude a testé leur affinité avec le virus. 80 % des échantillons ont montré une activité des IgA en lien avec les récepteurs de la protéine de pointe du coronavirus.


Les auteurs ont également montré que cette réponse était liée non seulement aux IgA mais que certains échantillons contenaient des quantités IgG et IgM suffisantes pour accroitre le pouvoir neutralisant et immunisant du lait maternel.

Qu’en conclure ?



Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que plus que jamais nos connaissances sur le lait maternel prouvent sa grande spécificité. Ces résultats sont très encourageants. Néanmoins, cette étude ayant été réalisée sur un faible nombre d’échantillons, il faut poursuivre les études afin d’intégrer un plus grand nombre d’analyses et observer sur le plus long terme.

Les mamans peuvent légitimement se demander s’il est prudent d’allaiter alors qu’elles sont porteuses du virus. A l’heure qu’il est, plusieurs institutions ont une position claire : il n’est pas recommandé de séparer la mère de son enfant et l’allaitement est encouragé lorsque la mère présente peu de symptômes (sans négliger les autres précautions d’usage). Ces officiels avancent que les bénéfices de l’allaitement maternel dépassent largement les risques de contamination de l’enfant. Certains conseils divergents ont pourtant été de mise en début de pandémie. Les données actuelles sont rassurantes et suggèrent en effet que le risque de transmission de la mère à l’enfant reste faible par la voie de l’allaitement.

Références :

Fox A. et al., « Robust and Specific Secretory IgA against SARS-CoV-2 detected in Human milk », Cell Press, Novembre 2020

Barreo-Castillero A. et al., « COVID-19 : neonatal-perinatal perspectives », Journal of Perinatalogy, Décembre 2020

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Les besoins nutritionnels de la maman allaitante https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/ https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/#respond Thu, 12 Nov 2020 14:14:05 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2109 Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent … Continuer la lecture de Les besoins nutritionnels de la maman allaitante

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Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent des snacks délicieux avec des super aliments. Leurs créations savoureuses sont de véritables recharges pour les mères fatiguées : à la fois goûteuses et nutritives, elles sont un complément parfait pour qui manque de temps pour se régaler ou a besoin d’un coup de pouce santé.

Soigner son alimentation au quotidien est une évidence qui prend encore plus son sens pendant la grossesse et l’allaitement. Non seulement vous cherchez à rester en bonne santé mais vous tentez d’aider votre corps à offrir à votre bébé tout ce dont il a besoin : oméga 3, vitamines et minéraux. Prévenir certaines carences est également un moyen d’éviter un surcroît de fatigue, d’anxiété voire un baby blues …

Des besoins énergétiques accrus

Pendant l’allaitement, vos besoins énergétiques sont augmentés. Une partie de ces besoins est assurée par les réserves de la grossesse, le reste par l’alimentation. C’est pour cette raison qu’il est déconseillé de suivre un régime amaigrissant restrictif et drastique lorsque l’on allaite. Plutôt que de compter les calories, une alimentation équilibrée et variée en respectant vos signaux physiologiques (faim et satiété) reste la ligne de conduite idéale. Ne soyez d’ailleurs pas surprise d’avoir plus d’appétit que d’habitude (l’allaitement consomme près de 500 calories par jour !).

L’alimentation, comme atout anti-fatigue

Beaucoup considère qu’un paramètre essentiel pour un allaitement et une maternité épanouis est de ne pas être (trop) fatiguée… Plus difficile à dire qu’à faire, vous nous direz…
Un conseil alors : essayez de vous reposer dès que possible et ne négligez pas votre alimentation et votre hydratation, qui peuvent vous aider à récupérer et garder la forme.

Les jeunes mères sont souvent carencées après l’accouchement, et ces carences peuvent entraîner une fatigue accrue. Essayez de prendre le temps de manger, de manger équilibrer, en évitant tous les produits transformés et industriels riches en sucres et acides gras saturés. Si la fatigue persiste, il est bon d’en parler à son médecin ou sa sage-femme qui vous prescrira une prise de sang susceptible d’identifier en quoi vous êtes carencée. Des compléments vous seront alors peut-être prescrits.

Y a-t-il des aliments interdits pendant l’allaitement ?

Plus que des aliments interdits, il y a surtout des aliments déconseillés ou à éviter pendant la période de l’allaitement. Boire plus de 3 tasses de café quotidiennes, ou de l’alcool déraisonnablement sont bien sûr déconseillés. Idéalement, on freine aussi sa consommation de produits industriels transformés qui sont souvent trop riches en acides gras saturés, en sel et en sucre. Il est recommandé de faire attention aux gros poissons (thon, espadon…), qui contiennent une dose importante de mercure. En outre certains bébés se révèlent sensibles (voire intolérants) aux laitages que vous consommez. Si votre bébé semble souffrir de douleurs intestinales par exemple, peut-être que vous voudrez tenter l’exclusion des laitages quelques semaines pour voir si cela a un effet sur lui !

Enfin, évitez les aliments anti-galactogènes comme la sauge, le persil, l’oseille, la menthe ou l’artichaut pour ne pas freiner votre lactation si vous n’êtes pas en période de sevrage !

Quels aliments pour booster votre lactation ?

La plupart des mamans ne rencontre pas de souci de production de lait à partir du moment où elles allaitent à la demande, que les tétées sont fréquentes et suffisamment efficaces.

En cas de ressenti de baisse de lactation, vous pouvez commencer par augmenter la fréquence des tétées. Parfois aussi, vous trouverez utile de vous faire accompagner d’une personne spécialisée comme une consultante en lactation IBCLC.


Dans ces périodes de doutes, de nombreuses mères mettent toutes les chances de leur côté en consommant des aliments connus pour donner un coup de pouce à leur lactation. Certaines mères augmentent ainsi leur consommation de fenouil, d’anis, de carvi ou de fénugrec.

Vous les apprécierez notamment sous forme de tisanes ou de de boissons froides. Vous pouvez tester la bière sans alcool également, ou bien consommer du fenouil en salade ou saupoudrer vos plats de fénugrec.

Certaines mères aussi se préparent des petites barres énergétiques à base de purée d’amandes, de dattes, de flocons d’avoine, de noisettes entre autres. D’autres se procurent directement des carrés tout faits dont la composition a été soigneusement élaborée avec des médecins nutritionnistes pour un produit sain et équilibré.

Ainsi bien des solutions existent pour à la fois vous apporter un peu de douceur, un regain d’énergie ou soutenir votre alimentation. Ecoutez votre corps, écoutez-vous et sélectionnez les aliments qui vous feront du bien physiquement et donneront un coup de pouce à votre moral par la même occasion.

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Le lait maternel peut-il être carencé ? https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/#comments Wed, 02 Sep 2020 15:37:45 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2083 Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel. Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère … Continuer la lecture de Le lait maternel peut-il être carencé ?

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Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel.

Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère de celle de tous les autres laits. Le lait maternel contient des centaines de composants, dont certains continuent d’être découverts. Ces composants varient-ils selon l’alimentation de la mère ? Une carence chez la mère peut-elle provoquer une carence dans son lait ?

L’alimentation de la mère n’a guère d’impact sur les taux des principaux constituants de son lait : protéines, lactose, cholestérol, minéraux. Une étude a montré qu’une baisse de 32% des apports caloriques maternels pendant une semaine n’avait aucun impact sur la production lactée de mères bien nourries. Seul un apport inférieur à 1500 calories par jour peut provoquer une baisse de la production lactée (1).

Lorsque les apports en minéraux de la mère (ou l’assimilation de ces apports, qui diminue avec l’inflammation de la muqueuse intestinale) sont insuffisants, la mère aggrave ses propres carences en puisant dans ses réserves pour maintenir un taux lacté satisfaisant.

Le taux de protéines du lait maternel est de 8 à 9 g/l (16 grammes pour le colostrum). Ce taux semble pouvoir varier légèrement en fonction de nombreux paramètres (prématurité, âge du bébé, alimentation). Ces protéines ne servent pas seulement à la nutrition du bébé mais incluent des facteurs protecteurs, des hormones, des enzymes, des transporteurs de vitamines,…

Le taux de glucides est constant dans le lait maternel, quelle que soit l’alimentation maternelle (70 g/l, 20 à 30 g/l dans le colostrum). Le lait maternel se distingue par son taux particulièrement élevé d’oligosaccharides complexes et leur grande variété, dont le rôle est clé dans le développement et la protection immunitaire de l’enfant allaité.

En revanche, le taux lacté de certaines graisses, ainsi que des vitamines A, B et D, dépend de l’alimentation de la mère. Le taux lacté de vitamine D est déterminé par le statut maternel (c’est à dire les réserves de la mère), il peut varier de 1 à 10. Les taux de vitamines E et K sont plus stables, probablement parce que les insuffisances ou carences sont plus rares dans la population. De même les teneurs du lait en vitamines E et C semblent peu affectées par l’alimentation de la mère. Les lipides, eux, représentent la moitié des apports caloriques du lait humain. Leur proportion dans le lait maternel augmente légèrement avec les réserves grasses de la mère. Les taux lactés d’acides gras à chaînes courtes et moyennes sont stables quelle que soit l’alimentation maternelle mais le taux lacté d’acides gras à très longue chaîne (omégas 3) dépend des apports de la mère, voire de ses réserves. Ainsi, plusieurs études ont montré un lien direct entre le taux lacté d’omégas 3 et la prise d’un complément de DHA par la mère, ainsi qu’un taux lacté d’omégas 3 plus élevé si la supplémentation de la mère a débuté avant sa grossesse. Rappelons que les omégas 3 ont un rôle déterminant dans la santé globale, en diminuant l’inflammation et en protégeant toutes les membranes cellulaires du corps, notamment celles des muqueuses et des neurones. Il a aussi été constaté que le stock de DHA de la mère diminue pendant l’allaitement (2) et ceci a été confirmé par les études menées par Michel Odent (3). L’alimentation moderne étant très appauvrie en omégas 3 (à cause de l’élevage en batterie, du raffinage des huiles et d’une consommation risquée de poissons gras pollué au mercure), il est fortement recommandé de supplémenter la mère avec des omégas 3 DHA/EPA garantis sans métaux lourds, dès le projet d’enfant.

Un autre problème est la présence d’acides gras “trans” dans l’alimentation de la mère. Ces acides gras sont ceux que l’on trouve dans tous les aliments industriels (plats préparés, biscuits, viennoiseries industrielles, huiles raffinées). Ils provoquent un terrain inflammatoire propice à toutes les maladies. Par exemple une étude a montré que la proportion d’acides gras “trans” était de 6 à 7% des lipides du lait des mères américaines, contre 0,5 % chez les mères chinoises (1).

Mais le lait maternel est surtout bourré de facteurs immuno-compétents, spécifiques (IgA, lactoferrine, lysozyme, macrophages, polynucléaires neutrophiles, lymphocytes, etc) et non spécifiques (oligosaccharides, facteurs de croissance, acides gras régulateurs de l’inflammation, etc). Le lait maternel permet la colonisation du bébé par la flore* inoffensive de la mère (donc un bon microbiote* du bébé) ainsi qu’une maturation optimale du système digestif, du système nerveux et du système immunitaire. Les enfants allaités ont des taux de protéines immunitaires plus élevés que les enfants non-allaités (4). Une étude a observé un taux plus bas de protéines et d’immunoglobulines dans le lait de mère colombiennes malnutries (3) mais une autre étude a montré que le lait de mère gambiennes souffrant de malnutrition chronique était plus riche en protéines immunocompétentes (immunoglobulines, lactoferrine,…) que le lait de mère anglaises suffisamment nourries (1). D’autres études seraient nécessaires pour préciser les variations des taux lactés de facteurs immunitaires selon l’alimentation maternelle mais l’ensemble des études disponibles font apparaître l’impact positif généralisé de l’allaitement sur l’immunité de l’enfant.

Enfin, comme tout notre environnement et tous nos tissus, le lait humain contient des polluants. Cependant, plusieurs études ont montré que l’allaitement demeure, de loin, le meilleur aliment pour les bébés, même lorsque les taux lactés de polluants sont particulièrement élevés (5).

En conclusion, on retiendra que le lait maternel est le seul aliment qui couvre un si large éventail des besoins du bébé. Ayons cependant à l’esprit que les taux lactés d’omégas 3 et de vitamines A, B et D dépendent de l’alimentation de la mère ou de ses réserves. Une alimentation qualitative permettra aussi à la mère de ne pas diminuer ses réserves de minéraux.

(1) DA : Dossiers de l’Allaitement de La Leche League n°52

(2) DA n°67

(3) www.birthworks.org

(4) DA HS JIA 2003

(5) AA : Allaiter Aujourd’hui magazine de La Leche League n°32

* Le microbiote ou “flore intestinale” joue un rôle clé pour notre santé. Il est composé de bactéries, levures et même virus, qui finissent de dégrader nos aliments, synthétisent des vitamines (K, B12, B1 et B2), protègent notre tube digestif de la colonisation par des bactéries nocives et assurent l’équilibre de notre système immunitaire.

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« Confinement et allaitement » https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/#comments Mon, 27 Apr 2020 06:50:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2043 #restezàlamaison . Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le … Continuer la lecture de « Confinement et allaitement »

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#restezàlamaison .

Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le début du confinement.

Isaline nous raconte son quotidien de maman de 4 enfants, de 12 ans, 10 ans, 2 ans et demi et 3 mois. Confinés en famille dans son appartement, elle nous dit se sentir avec son compagnon « en gestion de crise permanente ».

Ses ainés de 12 et 10 sont vraiment indépendants, mais son petit garçon de 2 ans et demi est très demandeur depuis la naissance de sa petite sœur il y a 3 mois, encore davantage depuis le début du confinement.

Lui qui avait été sevré durant la grossesse, redemande le sein quotidiennement depuis l’arrivée dans la famille de sa sœur. Isaline sent « qu’il est dans une phase de régression, qu’il a besoin de réassurance bien légitime, ce que je veux lui offrir bien sûr, mais ses demandes permanentes ne sont pas simples à gérer ». Pour elle, la priorité dans son allaitement reste son bébé, qui est en allaitement exclusif, « c’est elle qui a le plus besoin de mon lait bien sûr » et « avec la reprise des tétées très fréquentes pour Éthan, je sens que je suis à la limite de l’engorgement très régulièrement, ce qui contribue à ma fatigue générale ».

Dans cet immense challenge de maman, il y a aussi ses parenthèses de douceur. « Quand je m’isole avec Ninon, je prends le temps d’une tétée en m’installant dans un endroit calme de la maison, c’est un vrai moment pour moi, pour souffler. Je la regarde, elle est vraiment parfaite ».

Moment suspendu.

Certaines n’osent pas le dire, ou alors à demi-mot, car elles ont peur que cela soit mal perçu, elles ne veulent pas paraître maladroites, mais « ce confinement a un air de liberté ».

C’est ce que nous explique Céline, cadre supérieure. Pour elle, la reprise était prévue pour avril, sa petite Victoire allant avoir 4 mois. Les dernières semaines avant la reprise sont difficiles, elle « a le cœur brisé » de devoir reprendre le chemin du travail alors qu’elle commence à peine à installer son allaitement, à connaître sa fille et à tisser ce lien précieux avec elle.

« Pour moi, ce confinement est arrivé comme une aubaine, je devais reprendre, mais compte tenu de mon emploi, j’ai pu obtenir une autorisation spéciale d’absence afin de garder ma fille à la maison. Cela nous a permis avec mon compagnon d’arrêter la transition vers le biberon que nous avions difficilement amorcée. Ma fille n’en voulait pas du tout ! Donc aujourd’hui on continue de lui proposer de temps en temps le biberon, mais nous n’y mettons plus autant d’énergie, on en profite pour faire durer l’allaitement au maximum jusqu’au bout du confinement. » 

Des mamans décrivent aussi la sensation de pouvoir se « focaliser davantage sur les besoins de leur bébé ». Céline nous dit ainsi « j’offrais déjà un allaitement à la demande, mais là je sens qu’en étant tout le temps toutes les deux à la maison, c’est encore plus doux, plus tranquille qu’avant au niveau de l’allaitement, nous sommes complètement dans un même rythme, je n’ai plus de rendez-vous à honorer, de choses à organiser à l’extérieur au quotidien. »

Nathalie ajoute : « Pour moi qui élève en ce moment ma fille de 22 mois et sa petite sœur de 5 mois, ce confinement a une drôle de saveur. Dans ce confinement j’ai trouvé un village que je n’ai pas habituellement, je me suis installée chez mes parents pour ne pas être seule pendant que mon compagnon continue d’aller travailler chaque jour. Mes filles construisent ainsi un lien particulier avec leur grand-mère, chacune en profite avec douceur, je me sens soutenue. »

Dans ce confinement c’est l’absence de possibilité de consulter certains professionnels de la périnatalité qui chagrine cette jeune maman. « Marie, 5 mois, a quelques blocages qui l’empêchent de téter tout à fait correctement, je sens qu’une consultation en ostéopathie lui serait bénéfique. Ne pouvant y accéder, je prends mon mal en patience et elle aussi, je sais que cela va se débloquer après une consultation. En début d’allaitement, j’avais déjà expérimenté le même problème donc je relativise, je me sens sereine et calme pour traverser ce challenge d’allaitement. » Elle ajoute avec un sourire : « Pour moi qui n’avais pas allaité mon ainée, je sens à quel point mon allaitement m’enlève une crainte durant cette période de pandémie. Je n’ai pas peur de ne pas pouvoir trouver le bon lait pour ma fille comme j’aurais pu l’avoir pour mon ainée. Je sais que pour Marie tout est là dans mon sein ! »

C’est aussi ce que partage Julia, maman de Mattis 2 ans et demi, qui n’est plus allaité, et de Zorah, 4 mois, en allaitement exclusif.

« En allaitant, face à ce virus et cette période d’instabilité, je suis certaine de ne pas avoir de pénurie de lait pour mon bébé, c’est un énorme réconfort. J’ai la sensation, encore plus que d’habitude, de lui donner le meilleur, de la protéger, et cela me donne aussi la sensation de me sentir protégée en retour. »

Julia nous partage aussi le plaisir qu’elle a à avoir son compagnon, le père de ses enfants auprès d’elle, toute la journée. « Je me réjouis de donner une tétée à ma fille et de voir ensuite son père la prendre dans ses bras, et l’endormir ainsi en sécurité tout contre lui, il trouve sa place auprès d’elle ».

Ce confinement est pour toutes ces femmes, ces familles, un challenge humain, mais aussi un temps pour ralentir, regarder leurs bébés grandir et prendre le temps de vivre leur allaitement à mille pour cent.

Propos recueillis par Leslie Lucien , auxiliaire de puériculture et doula

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ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/ https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/#respond Tue, 21 Apr 2020 09:51:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2037 Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques. Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes . C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » . De nombreuses études … Continuer la lecture de ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ?

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Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques.

Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes .

C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » .

De nombreuses études ont montré les effets positifs de l’allaitement.

Une méta-analyse (1) de 2012 les regroupe, nous nous sommes appuyés ( entre autres) sur cette publication.

Le lait humain fournit des éléments nutritionnels et protecteurs du fait de sa composition unique en facteurs nutritionnels et immunobiologiques. Il contient des facteurs bioactifs qui permettent d’apporter à l’enfant une quantité importante ( on ne sait pas tout encore) d’effets bénéfiques pour sa santé.

Que contient le lait humain ? (2)

– De l’eau à 88%

-Des protéines petites et liposolubles ce qui expliquent que le lait maternel soit plus digeste. Les acides aminés sont en adéquation avec les besoins du nouveau-né pour son développement cérébral.

– Des lipides qui fournissent 50% des calories du lait maternel. Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés qui sont des constituants majeurs des membranes des cellules neuronales. La teneur en lipides varie avec l’alimentation de la mère.

– Des carbohydrates comme le lactose qui fournit 40% des calories du lait maternel et des oligosaccharides qui vont faciliter la croissance des bifidobactéries.

-Des minéraux ( fer, zinc, calcium, phosphore,…) en quantité adaptée pour les possibilités d’élimination du rein.

– Des vitamines qui dépendent des apports alimentaires et du statut de la mère en vitamines.

– Des prébiotiques comme les oligosaccharides qui stimulent la croissance et l’activité des «  bonnes bactéries » ce qui a des effets positifs sur la santé de l’enfant.

– Des probiotiques comme les bifidobactéries et les lactobacilles : ce sont les « bonnes bactéries » qui assurent une protection contre les germes pathogènes.

– Des anti-infectieux comme les immunoglobulines, la lactoferrine, les acides gras libres jouent un rôle vital en aidant le système immunitaire du nouveau- né, ils aident notamment actuellement à protéger votre bébé contre le coronavirus.

Une attention toute particulière pour les Ig A sécrétoires (immunoglobulines A) qui empêchent les bactéries ou virus de s’attacher aux membranes des cellules des muqueuses. Elles neutralisent les toxines microbiennes et augmentent l’excrétion des virus. Ces IgA sont fabriqués et stockés dans le sein maternel.

– Des anti-inflammatoires  comme les anti-oxydants, enzymes, inhibiteurs de protéase, facteurs de croissance, cytokines qui vont parer au processus inflammatoire lors d’une pathologie pour protéger le nourrisson de lésions tissulaires aggravées ( comme c’est le cas par exemple dans l’entérocolite ulcero-nécrosante ).

Les études montrent que les enfants allaités présentent une morbidité et une mortalité moindres que les enfants recevant un autre type de lait.

Les effets se prolongent même au delà de la petite enfance puisque le lait maternel diminue les risques d’obésité, de maladie intestinale inflammatoire, de cancer et d’autres manifestations de dysfonction auto -immune dans l’adolescence.(1)

Le lait maternel a des propriétés uniques et inimitables et constitue donc l’aliment de référence pour le nouveau-né.

L’allaitement a des effets protecteurs également chez la mère pour plusieurs pathologies que nous verrons bientôt ensemble avec la publication d ‘une nouvelle affiche . 🙂

Références :

1. Breastfeeding and the use of Human Milk : https://pediatrics.aappublications.org/content/129/3/e827

2.Le lait maternel : composition nutritionnelle et propriétés fonctionnelles. M.Tackoen . Centre néonatal CHU Saint Pierre

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ALLAITEMENT ET INFECTIONS https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-periode-depidemie-covid-19-recommandations/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-periode-depidemie-covid-19-recommandations/#respond Mon, 16 Mar 2020 21:52:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2027 Dans ce contexte d'épidémie,il est important de rappeler les vertus anti-infectieuses du lait maternel. Il est antimicrobien et antiviral. Il diminue le risque d'infections grâce à la présence d'anticorps. Si la mère est malade, il est recommandé de continuer à allaiter et même d'augmenter les tétées. En effet, dès le début de l'infection avant même … Continuer la lecture de ALLAITEMENT ET INFECTIONS

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Dans ce contexte d'épidémie,il est important de rappeler les vertus anti-infectieuses du lait maternel.
Il est antimicrobien et antiviral. Il diminue le risque d'infections grâce à la présence d'anticorps. 

Si la mère est malade, il est recommandé de continuer à allaiter et même d'augmenter les tétées.
En effet,  dès le début de l'infection avant même les premiers signes, le corps de la mère fabrique des anticorps spécifiques contre cette infection.Ainsi votre bébé est protégé même si ce n'est pas à 100%, les symptômes de la maladie peuvent être diminués pour lui .

Dans le cadre du Covid -19, les instances (OMS, UNICEF, Société française de Pédiatrie..) recommandent de continuer à allaiter pour les mamans allaitantes . 
Pour les jeunes mamans qui viennent d'accoucher, l'allaitement est encouragé. La proximité dans ce cas est même recommandée tout en respectant les règles d'hygiène : 
port du masque, lavage des mains à chaque tétée et très fréquemment dans la journée.

Par contre, en cas de fièvre élevée le partage du lit sera contre indiquée. Si la maman le souhaite elle pourra soit allaiter directement soit tirer son lait pour qu' une tierce personne le donne à son bébé.

Enfin, comme le reprécise le Docteur Marc Pilliot : toute fièvre et syndrome grippal sans toux pendant un allaitement doit d'abord faire suspecter une mastite avant une grippe. 
Dans ce  cas, n'hésitez pas à vous rapprocher des consultantes en lactation IBCLC qui continuent de consulter par téléphone, mail ou Skype.

Références : 
Article du Dr Pilliot : https://www.santelog.com/actualites/covid-19-epidemie-maternite-et-allaitement 
Sites des consultantes en lactation : 
 https://www.consultants-lactation.org/ 
 https://www.consultants-lactation.com/ 




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La prise d’aspirine modérée pendant un allaitement pose-t-elle un problème ? https://www.leblogallaitement.com/la-prise-daspirine-moderee-pendant-un-allaitement-pose-t-elle-un-probleme/ https://www.leblogallaitement.com/la-prise-daspirine-moderee-pendant-un-allaitement-pose-t-elle-un-probleme/#respond Fri, 28 Feb 2020 12:00:23 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2021 Pascale Baugé nous aide à comprendre les mécanismes de diffusion de ce traitement dans le lait maternel. Les mamans allaitantes se posent toujours, à juste titre, beaucoup de questions lorsqu’elles sont obligées de prendre des médicaments : elles s’inquiètent des conséquences potentielles de l’absorption via le lait maternel des molécules actives du médicament sur leur bébé.Le … Continuer la lecture de La prise d’aspirine modérée pendant un allaitement pose-t-elle un problème ?

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Pascale Baugé nous aide à comprendre les mécanismes de diffusion de ce traitement dans le lait maternel.

Les mamans allaitantes se posent toujours, à juste titre, beaucoup de questions lorsqu’elles sont obligées de prendre des médicaments : elles s’inquiètent des conséquences potentielles de l’absorption via le lait maternel des molécules actives du médicament sur leur bébé.
Le risque dépend de plusieurs facteurs : de la biodisponibilité du traitement (s’il passe vite dans le sang, et en quelle quantité), de la concentration dans le plasma maternel, et de la capacité de passage de la molécule dans le lait maternel.

Pour savoir ce qu’il en est, on étudie la pharmacocinétique du médicament, c’est-à-dire ce qu’il devient dans l’organisme et on cherche la quantité ingérée par l’enfant en l’exprimant par un pourcentage de la dose maternelle rapportée au poids (mg/kg). La quantité reçue par l’enfant est jugée faible lorsque le chiffre est inférieur à 10 % et très faible lorsqu’elle est inférieure à 3 %.

L’aspirine est un traitement classique et banal (sous réserve du respect des posologies), utilisée comme anti-douleur, anti-inflammatoire, antipyrétique. Mais ce médicament est aussi employé de façon chronique, en prise quotidienne, chez les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires car il permet de prévenir les attaques cardiaques, ou les AVC. Ainsi, l’aspirine est fréquemment employée comme fluidifiant en traitement continu pour éviter la formation de caillots sanguins (ou thromboses). Ses effets sont très bien documentés, l’aspirine agissant contre l’agrégation des plaquettes. Par contre, on sait assez peu de chose sur son passage dans le lait maternel, notamment lorsque le traitement est pris de façon régulière pour protéger la maman allaitante des risques cardio-vasculaires.

Faisons le point sur la base d’une étude publiée en 2017 dans « Journal of Human Lactation » qui, sur la base d’un petit échantillon de mamans allaitantes, aborde la question du transfert du médicament et de son métabolite dans le lait lors la prise en quantité modérée mais continue d’aspirine.

Le cadre de l’étude

Les auteurs de l’étude ont mené une enquête auprès de 7 mamans allaitantes âgées entre 31 et 45 ans, de poids moyen 68 kg. Parmi ces participantes, 6 d’entre elles suivaient un traitement à base de comprimés d’aspirine à enrobage entérique au dosage quotidien de 80 mg.
La 7e maman prenait une dose plus élevée (325 mg). Pour toutes, l’allaitement était exclusif et elles étaient entre 1 et 8 mois de post partum.

Pour les besoins de l’étude, les mamans ont tiré leur lait avant la prise d’aspirine (médicament encapsulé, dosage 80mg) puis des échantillons de lait de 30 ml ont été recueillis 1, 2, 4, 8 et 12 h après la prise. Lors de ce protocole expérimental, après l’utilisation du tire-lait, elles ont été autorisées à allaiter leur enfant.
Les échantillons ont ensuite été analysés afin de rechercher et quantifier la molécule active de l’aspirine (acide acétylsalicylique) ainsi que la molécule produite par sa dégradation (acide salicylique.

Résultats

Dans tous les échantillons de lait exprimé étudiés (y compris pour la dose la plus élevée), la molécule d’aspirine était indétectable (en tous cas, elle s’y trouve à une concentration en dessous des seuils de détection des appareils de mesure). Les auteurs l’expliquent par le fait que l’aspirine est très rapidement éliminée du plasma maternel. Donc, de ce côté-là, nous pouvons être rassurés, l’enfant allaité n’ingère pas d’aspirine lorsque la mère prend une dose chronique modérée (et même lorsque le dosage est plus élevé autour de 325 mg).

Mais qu’en est-il de la molécule issue de sa transformation ?

En ce qui concerne la molécule métabolite de l’aspirine, elle a bien été retrouvée dans le lait exprimé mais à une dose très faible : la valeur maximale mesurée était de 115 ng /ml (rappelons qu’1 ng correspond à un milliardième de gramme) et ce, 4h après la prise. La concentration redescend très vite au-delà de 4h à moins de 50 ng/ml au bout de 8h.

Pour la prise de dosage plus élevé, la concentration maximale relevée était de 745ng/ml au bout d’une heure. Faut-il s’en inquiéter ?

A partir de ces résultats, les chercheurs ont donc calculé le pourcentage de la dose maternelle absorbée par l’enfant :
– le chiffre est de 0,4 % pour la prise quotidienne modérée,
– il s’élève à 0,45 % pour le dosage plus élevé.
On est donc pratiquement à un chiffre 10 fois en dessous de la valeur de 3% considérée comme étant une très faible ingestion par l’enfant.

Les chercheurs de l’étude considèrent donc, qu’il est improbable que l’aspirine pris quotidiennement à une dose modérée (80 mg/jour) puisse avoir un quelconque effet sur l’enfant allaité.



Que retenir ?



La petite taille de l’échantillon est bien sûr à souligner. Mais l’étude fait quand même écho à des travaux antérieurs sur la question avec des résultats qui vont dans le même sens.

Ainsi, il est rassurant de savoir que l’aspirine, prise quotidiennement à faible dose pour améliorer les chances de survie après un infarctus du myocarde et un accident vasculaire (comme de nombreuses études le prouvent), ne remet pas en cause l’allaitement d’une maman, si elle le désire.

Pour toute autre question, notamment des prises d’aspirine à des dosages plus élevés, un avis médical est obligatoire.

Les résultats mis en avant ici concernant l’aspirine montrent combien les mamans peuvent parfois se tromper en estimant que la prise de leur traitement est incompatible avec leur allaitement. Il peut effectivement l’être mais il ne faut pas condamner d’emblée un allaitement sans a minima demander conseil auprès d’un centre de pharmacovigilance ou consulter le site du CRAT (un service d’informations sur les médicaments, vaccins, radiations, dépendances pendant la grossesse et l’allaitement).

Référence :
Datta P. et al., “Transfer of Low Dose Aspirin Into Human Milk”, Journal of Human Lactation 33(2), pp 296-299, 2017

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences, elle n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.

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Allaitement, ocytocine et accouchement https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/#comments Thu, 14 Nov 2019 13:44:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1997 [Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®. Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de … Continuer la lecture de Allaitement, ocytocine et accouchement

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[Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®.

Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de stage, on m’avait reproché de ne pas avoir fait assez de “mise au sein“: cette technique qui consiste à plaquer la tête du bébé sur la poitrine de sa mère, voire à saisir le sein de celle-ci pour l’enfourner dans la bouche du bébé. Cette technique m’a toujours mise extrêmement mal à l’aise.

Beaucoup de femmes me relatent que lors du séjour à la maternité elles ont entendu des discours contradictoires concernant leur allaitement, qui souvent les ont déstabilisées. Parfois même, elles ont subi des reproches de certaines professionnelles car elles suivaient le conseil d’une autre et pas le leur. Cela pouvait prendre la forme de moqueries, voire elles se faisaient disputer comme si elles étaient une enfant, comme si elles étaient incapables de savoir elles-mêmes ce qui était bon pour leur bébé. Bien souvent, ces mères se sont senties jugées, voire culpabilisées. La plupart du temps, ces discours contradictoires sur l’allaitement ou ces mises au sein musclées viennent de la part de personnes pensant bien faire. Mais qu’inculque t-on à ces mères dès leurs premières heures en tant que mère ? Qu’elles ne sont pas aptes à savoir ce qui est bon ou non pour leur enfant ?

Ce que je relate ici n’est pas une généralité et fort heureusement j’entends aussi souvent de beaux témoignages sur des soignants merveilleux.

Le Dr Michel Odent explique que pour qu’un accouchement se déroule au mieux, le praticien doit intervenir le moins possible car il risque de solliciter le cerveau non reptilien de la mère et d’empêcher la bonne sécrétion de l’ocytocine. Ce médecin explique que l’activité du néocortex (l’intellect) peut inhiber d’autres fonctions. Par exemple il est difficile pour certaines personnes d’uriner si elles pensent que quelqu’un peut les entendre. Le néocortex doit donc être au repos pour que la femme puisse accoucher facilement.

Une femme qui accouche a besoin d’être protégée contre tout ce qui peut solliciter son néocortex :

  • le langage, les questions
  • une lumière trop forte
  • une température non adaptée
  • toute situation qui stimule l’attention
  • être ou se sentir observée

Il est en de même pour la délivrance du placenta et pour la mise en place de l’allaitement.

La sage-femme Diane Bolduc-Boutin définit l’ocytocine comme “l’hormone qui déclenche l’accouchement, qui stimule les contractions et pousse progressivement le bébé et le placenta hors de l’utérus. Associée à la prolactine, elle favorise le réflexe d’éjection du lait ; un combo en faveur du sentiment d’amour qui favorisera le comportement maternel et l’attachement au bébé (…) C’est la sœur de l’œstrogène et l’amie de la dopamine, génératrice de bien-être. Par contre elle est très timide et se cache volontiers lorsqu’elle a peur.” On l’appelle hormone de l’amour.

On peut se demander si ce qui est valable pour l’accouchement ne le serait-il pas aussi pour l’allaitement ?

Diriger la maman, lui expliquer comment elle doit faire, voire lui imposer ce qu’elle doit faire, lui demander de faire appel à son mental et non à son instinct, inhibe la production d’ocytocine. Bien souvent cela entraîne une difficulté dans la mise en place de l’allaitement et un sentiment d’échec pour la mère, qui peut contribuer à une diminution de sa confiance en soi et de sa capacité parentale. La mère a besoin de se sentir en sécurité, entourée d’une présence protectrice, et non d’un coach qui dirigerait ce qu’elle doit ou ne doit pas faire.

Être observé pendant qu’on fait quelque chose nous empêche bien souvent de la faire correctement. Combien d’entre nous se débrouillent très bien pour faire les créneaux quand nous sommes seuls mais doivent manœuvrer au moins 4 fois si on nous observe?

Lorsqu’un individu est observé, ou qu’il se sent observé, il perd bien souvent confiance en ses propres capacités et ressources. Il est donc primordial que la personne qui accompagne les débuts de l’allaitement soit la plus discrète, bienveillante et non jugeante possible.

Selon la sage-femme Suzanne Colson, docteur en lactation, les mères ont des instincts et le rôle des professionnels est de donner l’environnement favorable à l’expression de ses instincts au lieu de chercher à enseigner. Comme pour l’accouchement, en agissant sur l’environnement on aide la mère à trouver ses propres compétences. En dictant à la mère ce qu’il faut faire, on étouffe bien souvent son instinct et son savoir, ne lui laissant pas l’occasion de chercher et de découvrir par elle-même. En laissant les mères faire, elles positionnent mieux leur bébé, la tétée est plus efficace et non douloureuse, et bien souvent l’allaitement se poursuit plus longtemps.

Cette notion d’instinct est bien souvent controversée. A ce propos Michel Odent écrit : “Non seulement le bébé sait trouver le sein, mais la mère encore imprégnée des hormones qui lui ont permis d’accoucher, encore dans un état de conscience particulier qui tend à la couper du reste du monde, sait tenir son bébé, sait instinctivement coordonner son comportement avec celui de son nouveau-né. À tel point que j’ai vu des femmes qui n’avaient pas l’intention d’allaiter donner le sein une demi-heure après la naissance“.

Il poursuit : “Je ne puis m’empêcher de penser à de telles scènes lorsque des intellectuels prétendent que les êtres humains n’ont pas d’instinct. Ceux là n’ont jamais vu une mère et son nouveau né dans une atmosphère de parfaite intimité, de complète spontanéité. […] L’expression « mettre le bébé au sein», parfois utilisée à propos de la première tétée traduit une méconnaissance des potentialités instinctives dont l’être humain dispose en de telles circonstances. Dans mon expérience de la naissance à la maison, la tétée dans l’heure qui suit la naissance est la règle presque absolue. Mais personne ne « met le bébé au sein». La mère et le bébé coordonnent leurs actions. Il suffit de ne pas les gêner.”

Pour conclure, je citerai donc une dernière fois Michel Odent qui écrit dans “le bébé est un mammifère”: “Ne faudrait-il pas, tout simplement, trouver une nouvelle façon de faire?” 

Références:
« Et Dieu créa la femme … Mais …. » de Diane Bolduc-Boutin
« Introduction au Biological Nurturing » de Suzanne Colson
« Le bébé est un mammifère » de Michel Odent
Colson S. Biological suckling facilitates exclusive breastfeeding from birth : a pilot study of twelve vulnerable infants. 2000 ; London, UK : London South Bank University MSc Dissertation.
Colson S, DeRooy L, Hawdon J. Biological Nurturing increases duration of breastfeeding for a vulnerable cohort. MIDIRS Midwifery Digest 2003 ; 13(1) : 92-7.

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Reprise du travail et émotions https://www.leblogallaitement.com/reprise-du-travail-et-emotions/ https://www.leblogallaitement.com/reprise-du-travail-et-emotions/#comments Thu, 05 Sep 2019 14:38:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1983 C’est l’heure de la rentrée pour les enfants mais de nombreuses mamans reprennent le travail également. Leslie Lucien nous partage le vécu d’une maman qu ‘ elle a accompagné La reprise du travail après la naissance d’un enfant peut être une évidence pour certaines femmes, mais parfois elle ne l’est pas. Pas toujours simple en effet … Continuer la lecture de Reprise du travail et émotions

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C’est l’heure de la rentrée pour les enfants mais de nombreuses mamans reprennent le travail également. Leslie Lucien nous partage le vécu d’une maman qu ‘ elle a accompagné

La reprise du travail après la naissance d’un enfant peut être une évidence pour certaines femmes, mais parfois elle ne l’est pas. Pas toujours simple en effet pour une femme, nouvellement maman, de laisser son bébé en garde, de trouver un nouveau rythme quand elle a passé plusieurs semaines ou plusieurs mois dans le cocon douillet de sa relation avec son bébé.

Ce témoignage est le récit d’une expérience vécue à la PMI où je travaille en tant qu’auxiliaire de puériculture. Je comprends encore une fois à travers la mission qui m’est confiée combien être accompagnée est nécessaire et à quel point l’expression de nos émotions et l’écoute sont précieuses pour avancer sur le chemin de parents.

Sophie* est entrée dans la PMI, elle avait les yeux humides, elle était seule, sans son bébé. Elle m’a regardée et m’a demandé avec une petite voix douce : « Est-ce que je peux quand même participer à l’accueil parents-bébé** même si ma fille est à la crèche ? »

Bien sûr elle était la bienvenue. Bien sûr nous lui avons proposé de s’asseoir avec nous sur les grands tapis colorés où gigotaient déjà deux bébés sous la surveillance de leurs mamans. Nous nous sommes regardées toutes les deux, j’ai senti l’émotion et les larmes monter un peu plus dans ses yeux prêts à déborder, sa voix hésitante. Je lui ai proposé de prendre un peu de temps juste elle et moi, toutes les deux. Elle m’a donc suivie, tandis que ma collègue prenait le relais auprès des autres mamans.

Nous nous sommes installées dans notre salle d’allaitement, petite pièce lumineuse, deux grands fauteuils confortables, des belles affiches de bébés ou de bambins plus grands allaités, de l’eau à disposition et des lectures autour des premiers mois de vie de bébé….

Tandis que je lui tendais un mouchoir, Sophie s’est assise et s’est mise à sangloter plus franchement. Nous sommes restées quelques secondes dans le silence de ses larmes, elle débordée d’émotions, moi prête à accueillir ses mots. Et puis, elle a pris une grande respiration et tout est sorti en une phrase. Elle m’a expliqué le vide qu’elle ressentait en n’étant plus 24 heures sur 24 avec son bébé, la tristesse dans les yeux de son bébé au moment où elle le laisse à la crèche, les professionnels de la crèche pour qui tout semble « normal », les échanges pas toujours simples avec le papa, le doute à l’idée de reprendre le chemin du travail dans quelques semaines seulement, la crainte que son lait se tarisse, les questions logistiques sur la conservation du lait, quand le tirer, comment, avec quel tire-lait, manuel, électrique ou encore à la main ?

Elle a fini de déposer ses émotions, de poser ses questions, toutes ces choses qui prenaient tant de place dans son cœur de maman et dans son esprit de femme. Les larmes ont continué de couler sur ses joues, je l’ai invitée à accueillir sa peine, à la vivre plutôt que la refouler, à ne pas faire comme si elle n’existait pas. Elle m’a dit à ce moment-là qu’elle s’autorisait rarement à pleurer, qu’elle se sentait coupable car elle avait peur que sa fille ne ressente sa peine ; comme si ne pas en parler pouvait faire disparaître sa tristesse, comme si l’enfouir pouvait tout arranger. « On dit souvent que les bébés sont des éponges alors est ce que mon bébé éponge mon inquiétude ? » s’est-elle autorisée enfin à me dire au bout d’un moment. Un condensé d’amour et de culpabilité maternels. 

Bien sûr, je l’ai invitée à parler à son bébé, à dire, à pleurer, à ne pas masquer. J’ai écouté, j’ai accueilli toutes ses émotions et puis je l’ai informée aussi au sujet de l’allaitement, des rythmes du bébé, de cette adaptation en crèche qui nécessite bien plus de temps que les quelques jours que l’on se donne la plupart du temps. J’ai ouvert la porte aussi à l’éventualité de repousser la reprise, de parler aussi à l’équipe de la crèche, à son compagnon… Et puis j’ai surtout laissé les points de suspension. Jamais je ne donne de réponse toute faite, je donne des pistes de réflexion, car j’ai davantage envie de laisser l’espace pour que les femmes, les couples, trouvent eux-mêmes leurs propres réponses.

Les jours ont passé, la maman est revenue vers moi pour me dire que l’adaptation se faisait très progressivement à la crèche. Elle a trouvé des solutions par elle-même. Elle a pu parler à l’équipe de professionnels de la crèche qui a été très à l’écoute, ce qui l’a beaucoup rassurée. Elle a aussi parlé au papa qui a été un soutien primordial pour elle. Et surtout elle m’a dit avec douceur : « j’ai décidé de prendre les choses comme elles viennent et d’arrêter de vouloir tout anticiper » … peut être sa clé à elle vers une reprise du travail en confiance ?

Dans certains centres de Protection Maternelle et Infantile, l’équipe est composée d’une infirmière puéricultrice, d’auxiliaires de puériculture, d’une psychologue et de médecins. Nous pouvons accueillir les familles en post-natal notamment pour du soutien, de l’accompagnement autour de l’allaitement, du maternage. Nous offrons des moments d’écoute après la naissance du bébé et pour leurs premières semaines / premiers mois de vie ensemble.

* pour le besoin du récit, le prénom a été modifié
** Accueil parents-bébé : Espace d’écoute, de soutien et de partage destiné aux  parents et à leurs enfants de la naissance à la marche, animé par une professionnel de la structure.

[Biographie] : auxiliaire de puériculture. Elle travaille dans un centre de protection maternel et infantile (PMI) parisien pour y soutenir les jeunes parents. En parallèle, elle accompagne des futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.

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Comment s’organise la collecte au lactarium de BORDEAUX-Marmande ? https://www.leblogallaitement.com/comment-sorganise-la-collecte-au-lactarium-de-bordeaux-marmande/ https://www.leblogallaitement.com/comment-sorganise-la-collecte-au-lactarium-de-bordeaux-marmande/#respond Wed, 27 Mar 2019 08:34:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1926 L’ équipe du blog allaitement s’est intéressé au fonctionnement des lactariums, voici l’ interview Patrick Ducher, responsable de la collecte du lactarium de Marmande. Patrick Ducher, vous coordonnez une équipe de drôle de dames, voulez-vous nous en dire plus sur votre rôle au sein du lactarium ? En effet, je coordonne une équipe de 19 agents … Continuer la lecture de Comment s’organise la collecte au lactarium de BORDEAUX-Marmande ?

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L’ équipe du blog allaitement s’est intéressé au fonctionnement des lactariums, voici l’ interview Patrick Ducher, responsable de la collecte du lactarium de Marmande.

Patrick Ducher, vous coordonnez une équipe de drôle de dames, voulez-vous nous en dire plus sur votre rôle au sein du lactarium ?

En effet, je coordonne une équipe de 19 agents de collecte réparties sur 18 départements qui sont toutes des femmes. Mon rôle est également de faire connaître le don de lait, d’assurer la promotion de l’allaitement, de soutenir les mères dans leur projet d’allaitement, d’assurer une information sur les pratiques du lactarium aux professionnels de santé et d’assurer les différentes fonctions du contrôle de la collecte de lait maternel.

Toutes les mères peuvent-elles donner leur lait au lactarium ?

Toutes les mères peuvent être donneuses si elles le consentent, après avoir rempli un questionnaire médical et effectué une prise de sang. Certaines addictions ou pratiques peuvent être contre-indiquées au don de lait maternel. En dernier lieu, le médecin responsable du lactarium valide ou invalide chaque dossier de don. Précisons qu’un périmètre géographique est déterminé pour les lactariums du CHU de Bordeaux. Pour connaître le lactarium assigné à votre secteur, vous pouvez consulter le site de l’association des lactariums de France (association-des-lactariums-de-france.fr).



Les mères doivent-elles avoir leur propre matériel pour le recueillir et le conserver ?

Lorsqu’une une collectrice se déplace au domicile de la mère, elle est en mesure de fournir une ordonnance pour la location d’un tire-lait électrique.

Concernant la conservation, la collectrice fournit le matériel nécessaire au recueil (flacons stériles) ainsi que les conseils d’utilisation du matériel, de conservation et de transport du lait maternel.

Le don de lait maternel est-il rétribué ?


Le don de lait maternel est un don qui, par définition, ne peut être rétribué. Il s’agit d’un acte citoyen de soutien vers les prématurés de France.

Qui achète et qui reçoit le lait maternel ?


Nous fournissons les établissements de santé de France (DOM-TOM compris). Les receveurs sont les prématurés ainsi que des enfants présentant des pathologies nécessitant l’administration de lait maternel.

Combien de temps une mère peut-elle garder son lait au congélateur avant de le donner au lactarium ?

La législation octroie à la mère 4 mois de conservation au congélateur. Le lactarium lui demandera de ne pas stocker son lait plus de 3 mois afin de nous permettre de traiter son lait dans un délai de 4 mois.


Vous arrive-t-il de refuser du lait maternel ?

Oui cela arrive. Le refus de lait maternel au lactarium du CHU de Bordeaux est généralement lié à une raison médicale. De plus, si le domicile de la mère est trop distant par rapport à notre secteur de collecte, nous l’orienterons vers un autre établissement.

Pour quelle raison les lactariums pasteurisent-ils le lait maternel ?

La pasteurisation du lait maternel a pour objectif de réduire le risque bactériologique d’un don et de ce fait, de protéger le receveur.

Le fonctionnement du lactarium de Marmande est-il le même que celui des 32 autres lactariums français ?

Le fonctionnement des lactariums est défini par un texte de loi. Le processus de collecte est néanmoins un peu différent d’un lactarium à un autre.


Le lactarium de Marmande est le seul établissement mondial capable de lyophiliser le lait maternel, apprend-on, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit et ce qui a motivé un tel développement ?

Le lactarium de Marmande est effectivement le seul lactarium à produire du lait maternel en poudre. Ce choix a été initié en 1955 par le Dr Raymond Fourcade. Il rencontrait des difficultés d’acheminement et de conservation du lait dans les structures hospitalières. La lyophilisation lui a permis de répondre à ces deux problématiques. De plus le délai de conservation a pu être augmenté car la date limite de consommation d’un lait lyophilisé est de 18 mois contre 6 mois pour un lait pasteurisé congelé.

Verra-t-on un jour du lait maternel lyophilisé en vente en pharmacie?

Pour que cette possibilité voie le jour, il faudrait que nous soyons en capacité de fournir l’ensemble des besoins de santé des établissements ce qui implique une augmentation considérable des dons de lait et un dimensionnement de notre structure en conséquence. De plus, une libéralisation du marché du lait maternel pourrait entraîner un effet pervers qui serait une forme d’industrialisation des mères allaitantes. En somme, ce n’est ni pour demain ni véritablement souhaitable.

[Biographie] : Père de 6 enfants, Patrick Ducher a été technicien de laboratoire pendant plus de 25 ans. Il est responsable de la collecte au lactarium du CHU de Bordeaux site de Marmande depuis 2014. Il coordonne 19 agents de collecte, la communication du lactarium et le partenariat avec les différents prestataires de la petite enfance.

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Allaitement et dépression du post-partum https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/#respond Thu, 31 Jan 2019 14:29:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1910 Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, … Continuer la lecture de Allaitement et dépression du post-partum

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Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, des différences entre mères sont observées. Tout cela mérite que le sujet soit creusé. Alors si on faisait le point ?

Que disent les études en général ?

Plusieurs chercheurs ont montré que les mamans qui souffrent des troubles de la dépression du post-partum ont plutôt tendance à sevrer précocement. Parallèlement à ce constat, d’autres études suggèrent que des mamans qui ont des difficultés dans la mise en place de leur allaitement, dans les premiers jours après la naissance, sont plus susceptibles d’être victimes du syndrome dépressif jusque dans les deux mois après leur accouchement.
Enfin, d’autres travaux laissent penser que l’allaitement pourrait être un facteur protecteur ou du moins une façon de rendre les troubles moins intenses.

Bref, cela interroge et il est légitime de vouloir mieux comprendre. Dans quel sens cela fonctionne-t-il ? Y a-t-il un lien de causalité entre allaitement et syndrome dépressif, et si oui, dans quel sens l’enchaînement s’effectue-t-il ?

Bilan d’une observation sur un grand nombre de mamans

Une étude de 2016 * s’est intéressée aux principales causes de l’arrêt de l’allaitement chez les mamans qui souffrent du syndrome dépressif en les comparant aux raisons invoquées par les mamans non déprimées. Dans le cadre de cette étude, 1271 femmes âgées de plus de 18 ans, en bonne santé, ont été interrogées. 42,5 % ont allaité pendant au moins 6 mois et 1,6 % en allaitement exclusif pendant ces premiers 6 mois (sur les 4 premiers mois, ces chiffres sont respectivement de 53,6 % et 20 %).

Le profil et statut social des mamans déprimées et non déprimées ne présentent pas de différences marquantes et n’entrent à priori pas en jeu dans les résultats observés (état dépressif et arrêt de l’allaitement).

Pratiquement un tiers (30,9 %) des mamans de l’échantillon étudié a connu la dépression du post-partum : un chiffre supérieur à la prévalence dans la population globale. En accord avec des études précédentes, parmi les mamans déprimées, la durée totale de l’allaitement (18,4 semaines en moyenne) et d’allaitement exclusif (3,6 semaines en moyenne) étaient plus courtes que pour les mamans non concernées par la dépression (respectivement 21,8 semaines et 4,7 semaines pour la durée totale et celle de l’allaitement exclusif).

En fait, les auteurs notent qu’un écart s’observe dès la période néonatale (premier mois de l’enfant) dans les taux d’allaitement entre les mamans déprimées et non déprimées (A un mois de post-partum, 29,3% des mamans déprimées sont en allaitement exclusif tandis que ce chiffre monte à 38,9 % chez les mamans sans troubles dépressifs). L’écart se creuse d’ailleurs au fil du temps.


Quelles motivations pour l’arrêt de l’allaitement ?

Les auteurs ont relevé et comparé les motivations qui poussent les mères à stopper leur allaitement avant 6 mois dans les deux catégories (mamans touchées par le syndrome de la dépression du post-partum et mamans non touchées).

32 raisons distinctes ont été avancées. Les 3 principales motivations conduisant à l’arrêt de l’allaitement étaient la sensation de ne pas avoir assez de lait, le fait que le bébé ne paraissait pas suffisamment « rempli » et les difficultés du bébé à pendre le sein.

Pour ces 3 raisons-là, les chiffres sont proches pour les deux catégories quoique ces raisons soient légèrement plus souvent évoquées chez les mamans déprimées :

58 % de mamans déprimées évoquent le manque de lait comme cause première de leur arrêt contre 51,6 % chez les autres.

Une différence un peu plus marquée concerne les douleurs ressenties, évoquées de façon plus fréquente chez les mamans déprimées comme motivation au sevrage. 24,8% de mamans déprimées les citent comme cause première de leur arrêt contre 16,3 % chez les autres.

La différence la plus notable concerne la fatigue et les tâches ménagères perçues comme très pesantes chez les mamans en dépression du post-partum. Pour 22,6 % de ces dernières, l’allaitement est jugé trop fatiguant ce qui pousse à l’arrêt contre seulement 14 % chez les mamans non déprimées.

Discussion

Selon les auteurs, le fait que l’écart de prévalence de l’allaitement entre les deux groupes (déprimées et non déprimées) se manifeste dès le premier mois et ne fait que s’accentuer au fil du temps pourrait indiquer que les difficultés à la mise en place de l’allaitement ou une perception d’incapacité à réussir à nourrir son enfant contribuent à augmenter le risque de survenue des symptômes dépressifs. Ils suggèrent de plus que leur persistance des troubles dans le temps diminue la capacité et la motivation des mères à poursuivre leur allaitement. Mais les auteurs n’excluent pas qu’un facteur sous-jacent puisse être présent dès la période prénatale ou néonatale qui jouerait sur les deux tableaux (manque de soutien par exemple de la part de l’entourage).

Conclusion

Le sujet est délicat et complexe. Néanmoins, il ressort de cette étude que bon nombre de problèmes qui motivent l’arrêt de l’allaitement pourraient être réglés par un meilleur accompagnement des mamans : c’est le cas de la perception erronée du manque de lait et du sentiment souvent ressenti qui en découle de l’incapacité à nourrir l’enfant. C’est le cas aussi des douleurs liées à l’allaitement qui peuvent être soulagées par un bon accompagnement.
En ce qui concerne la fatigue plus souvent mal gérée par les mamans en état dépressif, les auteurs rappellent que le soutien social pourrait limiter le sentiment d’être submergées par les tâches quotidiennes.

Dans tous les cas, il s’agit surtout de dynamiser le sentiment de confiance en soi souvent mis à mal chez les mamans ce qui permettrait de limiter l’apparition ou soulager des symptômes dépressifs, avec très vraisemblablement un allaitement mené de façon plus confortable et donc plus long.

Référence

*Bascom E. M. et al., « Breastfeeding Duration and Primary Reasons for Breastfeeding Cessation among Women with Postpartum Depressive Symptoms », Journal of Human Lactation 2016, Vol 32(2), 282-291

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.
Elle lit et fouille la littérature scientifique, synthétise et diffuse l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.


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Ocytocine, l’hormone géniale https://www.leblogallaitement.com/ocytocine-lhormone-geniale/ https://www.leblogallaitement.com/ocytocine-lhormone-geniale/#respond Tue, 15 Jan 2019 13:54:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1890 L’ocytocine est une hormone actuellement placée sous les feux de la rampe. Qualifiée d’hormone de l’affection, du bonheur, de l’attachement, de l’amour, du lien social, de l’empathie, on prête à l’ocytocine une influence sur la fidélité, chez les campagnols des prairies ! On estime que l’ocytocine est apparue il y a quelques 700 millions d’années. … Continuer la lecture de Ocytocine, l’hormone géniale

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L’ocytocine est une hormone actuellement placée sous les feux de la rampe. Qualifiée d’hormone de l’affection, du bonheur, de l’attachement, de l’amour, du lien social, de l’empathie, on prête à l’ocytocine une influence sur la fidélité, chez les campagnols des prairies !

On estime que l’ocytocine est apparue il y a quelques 700 millions d’années. C’est une hormone dont la synthèse est endogène : elle prend naissance à l’intérieur du corps. Elle existe sous la même forme chez tous les mammifères. On connaît son rôle dans le déclenchement du travail d’une femme qui accouche, on sait aussi qu’elle permet l’éjection du lait des seins. Des recherches récentes ont montré son effet relaxant, sédatif notamment lorsqu’elle est libérée au moment des rapports sexuels. Elle est impliquée dans les comportements d’attachement, de soin aussi, particulièrement lors de l’allaitement, et plus généralement quand des personnes célèbrent un évènement, dansent ou chantent ensemble, par exemple.

Son nom « ocytocine » lui a été donné en 1906 par Sir Henry Dale en référence à ses propriétés alors connues sur le déclenchement des contractions des muscles lisses de l’utérus.

En grec ancien « ocytocine » signifie en effet « naissance rapide ». Chez l’être humain elle a un double rôle d’hormone et de neurotransmetteur : on la qualifie donc de « neuro-hormone ». Elle est principalement synthétisée par l’hypothalamus et par l’hypophyse.

La sécrétion d’ocytocine augmente tout au long de la grossesse. Elle stimule la contraction utérine, contraction qui est involontaire, intermittente, totale (intéressant tout l’utérus) et douloureuse à partir d’un certain seuil d’intensité (avec les prostaglandines, autres hormones endogènes, qui ont un rôle fondamental dans le déclenchement du travail dont l’origine est par ailleurs multifactorielle). Elle aura ensuite un rôle au moment de la délivrance physiologique lorsque, après un temps de latence, elle déclenche à nouveau les contractions permettant la délivrance (expulsion du placenta) et limitant ensuite l’hémorragie.

On a recours à une ocytocine de synthèse dans certains modes de déclenchements artificiels du travail. Il arrive fréquemment aussi qu’elle soit perfusée en cours de travail pour améliorer la dynamique utérine.

Au moment de l’allaitement, la succion du mamelon et les stimulations sensorielles avec le nouveau-né créent une excitation neuro-hormonale qui déclenche la libération de l’ocytocine, libération rythmée, discontinue. L’ocytocine permet l’éjection du lait en agissant sur les récepteurs de la plus petite unité cellulaire du sein : l’acinus (du latin «acinus : grain de raisin»).

En bonne messagère, elle travaille conjointement avec ses consoeurs que sont la prolactine, les oestrogènes et la progestérone, dont les taux se régulent de manière subtile pour que la lactation s’installe de façon harmonieuse. Plus largement, il semble que l’ocytocine module les réponses au stress qui accompagnent souvent l’expérience de la naissance et du post-partum et de l’allaitement et confère un plus grand apaisement. Cette diminution du stress contribue à une meilleure confiance en soi maternelle.

Pourquoi l’appelle-t-on aussi « hormone de l’attachement » ?

L’attachement est décrit comme un lien affectif, durable, dont la spécificité serait l’expérience de la sécurité et de réconfort éprouvée en présence de l’autre. Selon le chercheur et psychologue Blaise Pierrehumbert, l’ocytocine « sécrétée lors de contacts proches semble en retour favoriser la relation. Il s’agit donc d’un système en boucle »[1]

Au moment de la naissance, il semble qu’elle facilite l’émergence du lien mère-enfant. Les mouvements du nouveau-né vers le sein maternel, la succion du mamelon, les sentiments maternels chaleureux à l’égard de son enfant, le toucher, l’échange de regards etc. sont autant de signaux déclencheurs de la libération de l’ocytocine. Ses effets de détente renforcent la « préoccupation maternelle » que B. Pierrehumbert décrit ainsi : «  comme une fonction adaptative essentielle, permettant à l’enfant de recevoir les soins adéquats. Et il ne fait pas de doute que cette « préoccupation » soit déclenchée par des facteurs provenant à la fois de la mère (hormones) et du bébé (appels) ; les « déclencheurs » impliqueraient du reste autant l’un que l’autre des partenaires »[2].

Les pères sont eux aussi concernés par l’action de l’ocytocine même s’ils n’ont pas reçu en les hormones à l’œuvre dans la parturition de la même manière. Le taux paternel d’ocytocine est associé aux contacts entre le père et son enfant, et ce taux augmente en réponse aux soins donnés.

Pour conclure, l’ocytocine est impliquée dans de nombreuses fonctions humaines. Elle est le maillon d’une chaîne complexe, qui est à l’origine des fondements biologiques des soins parentaux. Elle favorise l’émergence des liens filiaux. La recherche s’intéresse aussi à l’ocytocine en thérapeutique   (notamment par exemple dans les pathologies psychiques du post-partum).

Sources et lectures :

« Le rôle de l’ocytocine dans les comportements maternels de caregiving auprès de très jeunes enfants » AL. Saive/DEVENIR/2010-4-vol 22/Ed Médecine et Hygiène

« L’ocytocine et la dépression du post-partum «  C.Cardaillac.et al/Journal de gynécologie-obstétrique 2016 ; 45(8)

« L’implication des parents en néonatologie et le processus de caregiving » N.Guédeney et al/DEVENIR/2012/1(Vol.24)Ed Médecine et Hygiène.

« Découverte de l’hormone de l’altruisme et de l’empathie » P.Gravel/Le Devoir/16/08/17

« Ocytocine et stress de la mère au cours de la lactation en post-partum » C.Boutet et al/Ann.Endocrinol.2006 ; 67,3./Masson

« Ocytocine, psychopathologie et réponses de stress »/Journées annuelles de l’AFBPN-2012/www.sciencedirect.com


[1]B. Pierrehumbert. « Amour et attachement » SPIRALE/2016-4(n° 80) Ed ERES.

[2]B. Pierrehumbert « L’amour maternel… un amour impératif »SPIRALE/2001-2(n°18) Ed.ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Elle travaille en PMI.

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À la naissance de ma deuxième fille, mon aînée avait à peine deux ans. Je l’avais allaitée un peu plus de 6 mois avec beaucoup de facilité, tout m’avait semblé fluide, elle avait su téter tout de suite, pas de douleurs, très bonne prise de poids, un rythme assez rapidement trouvé avec un allaitement « toutes les trois heures environ ». C’était pour moi un allaitement idyllique!

Pour ma deuxième, tout était différent. J’étais désormais mère de deux enfants, je devais à la fois accompagner mon nouveau-né et prendre soin de ma fille aînée.

Rapidement après sa naissance, je me suis rendue compte que mon bébé prenait peu de poids. On a beau se dire « ne compare pas », « chaque bébé est différent », je voyais bien que j’avais des difficultés avec mon allaitement. Je me retrouvais seule face à mes doutes et à mon tout petit bébé qui ne grossissait pas. Ma fille n’était bien que dans mes bras ou en peau à peau, tétait parfois toutes les heures, j’avais la sensation de passer mes journées à l’allaiter, j’étais épuisée et surtout, je me demandais si tout ceci était « normal » !

J’avais bien sûr le soutien de mon compagnon qui était très présent pour notre aînée notamment, pour gérer la logistique familiale, mais j’étais perdue par ailleurs ne sachant pas vraiment à qui m’adresser pour avoir du soutien. J’ai alors repensé à l’existence des consultantes en lactation dont une amie m’avait parlé, j’ai eu la chance de pouvoir faire appel à l’une d’entres elles. Elle m’a donné des informations très précises et ainsi m’a guidée dans mon allaitement et cela a été très précieux et bénéfique.

Mais les jours passaient et je sentais qu’il me manquait toujours quelque chose. Une chose que je ne réussissais pas vraiment à verbaliser alors. J’avais « deux belles petites filles en bonne santé » comme me le disait souvent mon entourage (et je me culpabilisais d’autant plus de ressentir ce mal-être en les entendant me dire cela !), j’avais un allaitement qui démarrait de manière chaotique mais qui démarrait quand même finalement puisque mon bébé commençait à prendre du poids mais je me sentais en fait très très seule face à mes émotions et surtout je ne savais pas à qui partager mes difficultés.

Au cours d’une nuit entre deux tétées nocturnes, en pianotant sur mon téléphone, je suis tombée un peu par hasard sur un site de soutien à l’allaitement. Le site parlait de rencontres mensuelles dans ma ville entre futurs et jeunes parents pour parler notamment d’allaitement et de parentalité. Une réunion avait lieu quelques jours plus tard, je décidais d’envoyer un e-mail pour m’y inscrire.

Le jour J, je suis entrée dans le salon de l’appartement de Marie-Florence. Ça sentait le gâteau et le thé chaud, chaque participant avait apporté quelque chose à grignoter. Il y avait peu de meubles, un grand canapé et deux fauteuils très confortables. Au sol au centre de la pièce un grand tapis coloré sur lequel jouait déjà un bambin de 18 mois je pense, il empilait joyeusement des cubes et les transvasait dans des boîtes. Nous étions une dizaine de femmes présentes avec des bébés de la naissance à 3 ou 4 ans environ. La réunion démarrant, nous nous sommes présentées chacune à notre tour, abordant ce que nous souhaitions déposer ce jour là. Il y avait une future mère qui se questionnait sur le démarrage de son futur allaitement, des mamans qui allaient reprendre le travail et qui voulaient en savoir plus sur comment s’organiser pour tirer leur lait au travail, et puis il y avait moi. C’était mon tour. Je me suis mise à parler, j’étais en confiance dans ce cadre doux et chaleureux. C’est à Marie-Florence, l’animatrice bénévole chez qui nous nous trouvions, que je parlais, mais le regard des autres mères présentes était soutenant, je voyais certaines femmes acquiescer à certains de mes mots (ou maux ?).

Tout à coup j’ai senti que j’étais au bon endroit, que j’avais trouvé ce que j’étais venue chercher, une écoute vraie, bienveillante. J’ai senti que ce que je ressentais était légitime, normal, que j’avais le droit de ressentir toutes ces émotions, que mon bébé qui se réveillait souvent pour téter la nuit était « normal ».

J’ai pu déposer tout ce que j’avais sur mon petit cœur de maman de deux très jeunes enfants : ma solitude, ma peur de mal faire, mon sentiment de culpabilité de ne plus donner autant à mon aînée et à le fois de ne jamais pouvoir me donner à 100% pour ma deuxième et tant d’autres choses que j’ai dû oublier avec le temps.

J’ai compris bien plus tard à quel point pousser la porte de cette association de soutien à l’allaitement avait été un énorme cadeau que je me faisais à moi même. Oser dire « hey ho, je suis là j’ai besoin d’être entendue,  j’ai besoin que l’on écoute mes difficultés d’allaitement, mes difficultés de jeune maman», qu’on me dise « ce que tu ressens est normal ».

Je suis revenue chaque mois pendant plusieurs mois. Nos échanges m’ont permis de construire la mère que j’avais envie d’être à la fois douce et forte, à la fois faillible et pleine d’énergie.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire aux femmes :

Osez dire que vous avez besoin d’être entendues !

Osez pousser la porte de ces associations !

Ce soutien de « mère à mère » est tellement précieux.

**************

J’ai été soutenue par la Leche League, mais il existe plusieurs associations de soutien en France, entre autres :

https://www.lllfrance.org/1124-41-soutenir-les-meres-qui-allaitent-le-role-des-groupes-de-meres

http://www.solidarilaitidf.org/reunions

https://www.allaitement-toutunart.org/

[Auteure] : Leslie Lucien

[Biographie] :   Devenue auxiliaire de puériculture suite à la naissance de ses enfants, elle a participé à de nombreuses réunions de soutien de mère à mère.

Elle accompagne également les futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.

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