succion | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 27 Apr 2021 13:51:05 +0000 fr-FR hourly 1 La compression mammaire, un geste à adopter ? https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/ https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/#respond Tue, 27 Apr 2021 13:50:56 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2165 Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste. Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire. Bien qu’on ne dispose pas d’études … Continuer la lecture de La compression mammaire, un geste à adopter ?

The post La compression mammaire, un geste à adopter ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste.

Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire.

Bien qu’on ne dispose pas d’études spécifiques sur l’efficacité de cette pratique, beaucoup la recommandent pour augmenter la quantité bue par le bébé lors de la tétée, ou la quantité exprimée au tire-lait. A ce titre, les travaux de Jane Morton constituent une référence scientifique. Elle a démontré que combinée à l’utilisation d’un tire-lait de bonne qualité, la compression mammaire accroît la quantité de lait recueillie au tire-lait et facilite considérablement l’établissement de la production lactée.

Quel effet recherche-t-on quand on fait une compression mammaire ?

En des termes simples, on cherche à soutenir le transfert de lait, autrement dit à augmenter le volume de lait bu par votre enfant au sein en un temps donné.

Dans quelles situations y a-t-on recours ?

Dès les premières heures après la naissance et pendant le séjour en maternité,

Apporter une plus grande quantité de colostrum et/ou de lait contribuera à :

  • éviter une perte de poids excessive chez les bébés de petit poids, chez ceux ayant des difficultés de succion, car cela les aidera à apprendre à mener une tétée efficace
  • éviter d’aggraver un ictère par manque de lait,
  • activer encore plus la lactation lorsque votre santé ou le déroulement de l’accouchement peuvent amener des débuts difficiles
  • permettre une reprise de poids optimale

Au retour à la maison et plus tard dans l’allaitement

  • Lorsque la prise de poids est lente ou insuffisante
  • Lorsque votre bébé paraît peu efficace au sein
  • Lorsque votre bébé de quelques mois s’agite au sein en cours de tétée et qu’il semble peu déglutir

Quels résultats peut-on en espérer ?

Pronostiquer le résultat espéré relève bien sûr d’une évaluation complète par un professionnel car de nombreux facteurs entrent en jeu. Cependant, de nombreuses situations de perte de poids excessive, de prise de poids lente ou nettement insuffisantes, de succions inadéquates peuvent être considérablement et immédiatement aidées ou rétablies par la pratique d’une compression mammaire lorsqu’elle est accompagnée des autres fondamentaux de l’allaitement : des tétées d’une fréquence suffisante basée sur la compréhension du sommeil léger comme meilleure opportunité pour téter et d’un bébé placé sur sa mère en position ventrale pour faciliter la tétée, un ajustement optimal de la prise du sein et parfois une alternance des seins si besoin. Il n’est pas rare d’éviter le recours à des compléments (de préparation pour nourrissons ou de lait maternel exprimé) grâce à une pratique systématique de la compression.

Alors, comment fait-on cette compression ?

Le geste repose sur le principe d’une pression exercée en continu grâce à votre main placée en arrière de la glande mammaire ou sur la partie principale de celle-ci pour faciliter l’éjection du lait. La compréhension de la méthode est souvent déformée par la pratique courante et encore trop répandue d’un pincement proche de l’aréole. Il s’agit vraiment de placer la main en arrière donc assez haut sur le sein, loin très loin du mamelon.

La description exacte repose sur les connaissances le plus récentes de l’anatomie qui ont montré que 70% de la glande environ se trouvent dans les 3cm situés en arrière du mamelon, il faudrait donc placer la main en arrière de cette zone ; pour certaines d’entre vous, il faudra aller plus loin en arrière. Votre main forme un C autour du sein, votre pouce se trouve au-dessus et les autres doigts en dessous pour ne pas gêner votre bébé dans sa prise du sein. Vos doigts peuvent être collés à votre cage thoracique. Vous exercez une pression continue sur place sans faire glisser le pouce vers l’avant : le pouce appuie comme s’il voulait aller rejoindre l’index en traversant la masse du sein. La pression est la plus forte possible sans provoquer de douleur ni de gène.

La position de madone inversée et en ballon de rugby facilitent la pratique de la compression si votre situation nécessite une prise en charge et qu’allaiter selon votre instinct ne suffit plus, du moins temporairement.

À quel moment faire la compression ?

Dès que le débit de lait ralentit et donc que les déglutitions tendent à s’espacer, que votre bébé fait une pause longue, ou qu’il adopte de nouveau des succions rapides et peu amples sans déglutir ou lorsqu’il semble devenir somnolent, vous devriez débuter la compression.

Dans des situations très difficiles il sera utile de débuter la compression dès le début de la tétée.

Comment savoir si c’est efficace ?

La reprise des déglutitions attestera de son efficacité : des déglutitions audibles avec des mouvements de succions amples sont le signe que le transfert de lait est augmenté et qu’un réflexe d’éjection se produit à nouveau. La plupart du temps, on commence à entendre une déglutition, puis quelques instants après une autre, et une autre encore (alors que plus rien ne se produisait depuis un moment) et puis une salve de déglutitions bien suivies se produit, et ainsi de suite.

Pour évaluer l’efficacité exacte, compte tenu de l’objectif visé, vous pourrez vous référer aux professionnels qui vous accompagnent.

Le petit plus de la compression

Maintenir une main qui englobe ainsi le sein favorise l’assouplissement des tissus du sein et les rend plus disponibles pour votre bébé, vous pouvez aussi guider votre sein et éviter d’être blessée par les mouvements réflexes de votre bébé. La prise du sein en bouche et la bonne position du mamelon seront ainsi facilitées ce qui aidera à supprimer des douleurs résiduelles à la prise du sein. Et l’effet sera accru ensuite en cours de tétée car un meilleur débit amène une prise du sein plus optimale ce qui contribue généralement aussitôt à la diminution ou à la disparition des douleurs.

Pour en savoir plus :

J Newman T Pitman : L’allaitement comprendre et réussir

Daly SE, Kent JC, Owens RA, Hartmann PE Frequency and degree of milk removal and the short-term control of human lit synthesis Expo Physiol, 1996 ; 81 ; 861-75

Statégies développée par Jane Morton Vidéo explicative : Maximizing Milk Production with Hands On Pumping http://newborns.stanford.edu/Breastfeeding/MaxProduction.html

Vidéos du Dr Newman :

The post La compression mammaire, un geste à adopter ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/feed/ 0
Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

The post Mon bébé souffre de dysoralité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

The post Mon bébé souffre de dysoralité first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/1725-2/feed/ 4
Allaitement et développement de la mâchoire https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/#respond Tue, 30 Jan 2018 20:47:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1682 L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et … Continuer la lecture de Allaitement et développement de la mâchoire

The post Allaitement et développement de la mâchoire first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
L’allaitement aide au bon développement maxillaire et dentaire de l’enfant

Le développement de la cavité buccale repose à la fois sur des facteurs génétiques et des facteurs fonctionnels (permettant une bonne adaptation à l’environnement). Il est donc à priori cohérent de s’interroger sur l’impact de l’allaitement et des succions non nutritives sur le développement maxillaire et sur les risques de malocclusion dentaire. Un petit tour du côté de la littérature scientifique nous permet de faire le point.

 

La malocclusion

L’idéal pour le fonctionnement buccal est une parfaite adéquation entre les dents maxillaires (supérieures) et les dents mandibulaires (inférieures) :

  • les molaires supérieures s’encastrent parfaitement (les cuspides – ou crêtes – des unes sont imbriquées dans les sillons opposés),
  • les dents de la mâchoire supérieure dépassent légèrement les dents mandibulaires,
  • il n’y a pas d’espace visible entre les deux rangées de dents lorsque la mâchoire est serrée.

Une malocclusion est un trouble du développement maxillo-facial qui peut toucher la mâchoire, la langue, les muscles du visage et les dents (poussée anormale qui impacte le positionnement des dents). Ce phénomène a une forte prévalence dans nos sociétés actuelles (30 à 40 % de la population concernée [2]). Elle n’est pas sans conséquence sur l’enfant qui peut en souffrir psychologiquement (voire physiquement). L’individu peut développer des troubles du langage, une mauvaise image de soi, des problèmes de relations sociales.
 

Le développement oral chez l’enfant

A la naissance, la cavité buccale du nourrisson se caractérise par une position « en retrait » de la mâchoire inférieure, des gencives qui se touchent, un larynx positionné très haut, une forme de palais adaptée : tout cela est parfaitement ajusté pour la succion et la tétée.

 

Impact de l’allaitement

Une étude de 2004 [3] a analysé la prévalence de la malocclusion dentaire sur une population de plus de 1000 enfants âgés de 3 à 5 ans. Le profil des enfants a été classé en plusieurs catégories selon leur mode de nourrissage et leur activité de succion non nutritive.

C’est parmi les enfants ayant des habitudes ancrées de succion non nutritive que le chiffre est le plus élevé : 42 %. Le chiffre le plus bas (22 %) concerne le groupe d’enfants n’ayant que peu sucé le pouce ou une tétine. La comparaison du mode de nourrissage a donné un avantage à l’allaitement maternel de plus de 3 mois (32 % concernés dans ce groupe, contre 41 % dans le groupe nourri par formulation)

Impact de la durée de l’allaitement

L’étude [3] souligne que l’allaitement maternel joue particulièrement fort sur les problèmes de malocclusion croisée c’est-à-dire lorsque les dents du fond de la mâchoire inférieure dépassent celles de la mâchoire supérieure.

Ce dysfonctionnement est environ 3 fois moins répandu chez les enfants allaités même en cas d’utilisation de tétines ou pouce.

Une équipe finlandaise [1] a montré que l’introduction trop précoce de biberons modifiait l’activité musculaire ce qui interférait avec le processus de maturation des crêtes alvéolaires (portions d’os qui soutiennent les dents) et la maturation du palais. Les durées d’allaitement les plus longues correspondent à des pourcentages plus bas de malocclusion croisée : il y a donc un effet dose-réponse qui confirme que l’allaitement a un effet protecteur.

Ce résultat a été confirmé plus récemment en 2015 et 2016 [8] [9].

 

Mécanismes mis en jeu lors de l’allaitement prolongé

Il semble que le développement de la musculature cranio-faciale soit différente lorsque l’enfant est allaité de manière exclusive [3] [9].

 

Impact sur le développement du palais

Pendant la tétée, le mouvement de bouche, des lèvres et de la langue du bébé s’apparente davantage à une compression qu’à une succion :

  • les lèvres pressent l’aréole,
  • la langue comprime le mamelon contre le palais
  • le lait est ingéré par des mouvements de compressions musculaires au niveau de la bouche.

Avec un biberon, le mouvement est de type piston/aspiration avec une force de poussée accrue sur le palais (ceci est aussi induit avec une tétine). Dans cette configuration, le palais se développe de façon différente ce qui conduit à l’occlusion croisée.

 

Impact sur le développement des mâchoires et du muscle masséter


Une étude de cohorte (2012) [4] relative à 144 enfants brésiliens (entre 3 et 5 ans) choisis aléatoirement dans la population a confirmé l’effet stimulant de l’allaitement maternel sur le développement musculaire facial. Des tests de mastication ont été réalisés avec ces enfants (capacité à couper de la nourriture, observations des mouvements des mâchoires, des lèvres, utilisation intensive ou non des muscles péri-oraux).
6.3 % de ces enfants ont été allaités exclusivement pendant 6 mois et 30 % ont été allaités pendant 2 ans ou plus (allaitement mixte). Les meilleurs capacités de mastication concernaient les enfants allaités pendant au moins 12 mois, qui ont utilisé le biberon moins d’un an, et qui ont eu recours à la tétine pendant moins de 6 mois.

Il a également été observé, parmi les enfants allaités, que les capacités de mastication viennent surtout d’une meilleure utilisation du muscle de la mastication (appelé muscle masséter) : les amples mouvements de mâchoires lors de la tétée favorisent le développement de ce muscle. Le recours au biberon diminue le travail de ce muscle [6].

 

Bilan et autres conséquences

La publication [5] explique que c’est bien le déficit de la fonction masticatrice et également des stimulations nécessaires au développement maxillaire et dento-alvéolaire qui explique la prévalence élevée des malocclusions constatée dans nos sociétés.

Une conséquence possible de ces anomalies dentaires concerne les troubles du langage. Une étude de 2009 [7] concentrée sur 128 enfants chiliens âgés de 3 à 5 ans fait écho à des études antérieures et met en évidence plus de troubles de langage en cas de forte utilisation de tétine. Elle montre aussi que l’introduction plus tardive du biberon (au-delà de 9 mois) est également bénéfique.

 

Conclusion


La pratique de succion non nutritive prolongée, beaucoup plus fréquente chez les enfants non allaités, a un impact assez marqué sur les risques de malocclusion.
L’allaitement maternel (surtout lorsqu’il est mené exclusivement pendant 6 mois) contribue à un développement oro-moteur idéal (bonne mise en place des crêtes alvéolaires, stimulation du muscle masséter, développement du palais optimal). De ce fait, il diminue les risques de malocclusions  et de troubles qui en découlent (esthétique, langage, relations sociales).

 

Références :
1- Karjalainen S, et al. « Association between early weaning, non-nutritive sucking habits and occlusal anomalies in 3-year-old Finnish children« , International Journal of Paediatric Dentsitry, Vol 9(3), 1999

2- Sood S., et al. « Malocclusion of teeth : role of pediatrician in early diagnosis »,  Indian Journal of Practical Pediatrics, Vol 13(4), 2011

3- Viggiano D., et al., « Breast feeding, bottle feeding, and non-nutritive sucking; effects on occlusion in deciduous dentition » Archive of Disease in Childhood, Vol 89(12), 2004

4- Pires SC., et al., « Influence of the duration of breastfeeding on quality of the muscle function during mastication in preschoolers : a cohort study  » BMC Public Health, Vol 12, 2012

5- Limme M., « The need of efficient chewing function in young children as prevention of dental malposition and malocclusion », Archives de Pédiatrie, Vol 17, Supplement 5, 2010

6- Inoue N.,et al., « Reduction of masseter muscle activity in bottle-fed babies », Early Human Development, Vol 42, Issue 3, 1995

7- Barbosa C.,et al., « The relationship of bottle feeding and other sucking behaviors with speech disorder in Patagonian preschoolers », BMC Pediatrics Vol 9 , 2009

8- Peres KG. et al., « Exclusive Breastfeeding and Risk of Dental Malocclusion », Pediatrics, Vol 136 (1), 2015

9- Miotto MH. et al., « Early Weaning as a Risk Factor for Deleterious Oral Habits in 3-5 YearOld Children », Brazilian Research in Pediatric Dentistry and Integrated Clinic,16(1), 2016

 

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

The post Allaitement et développement de la mâchoire first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-developpement-de-la-machoire/feed/ 0
Allaitement et risques de caries dentaires https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/#comments Tue, 24 Oct 2017 12:48:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1632 Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, … Continuer la lecture de Allaitement et risques de caries dentaires

The post Allaitement et risques de caries dentaires first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Les caries dentaires constituent un problème sanitaire touchant entre 60 et 90% des enfants en âge scolaire : elles peuvent entraîner des douleurs et infections potentiellement handicapantes. Or, on l’a évoqué dans un article précédent : le lait humain est particulièrement riche en sucres.  Beaucoup de dentistes et de mamans s’interrogent donc : les uns mettent en gardent, recommandent parfois d’éviter l’allaitement long (comprendre au-delà de 6 mois) et les autres ne savent plus quoi penser. Quid par exemple de la préconisation OMS de poursuivre l’allaitement jusqu’aux deux ans de l’enfant ? Fait-on prendre un risque à la santé dentaire de nos enfants ? Le sujet reste très controversé.
Que disent les études scientifiques sur le sujet ? A-t-on des arguments biologiques permettant d’évaluer un risque accru de caries dentaires lors d’un allaitement long ?

 

Les sucres dans le lait maternel, lien suspecté avec le risque de carie

Dans la famille des sucres, la molécule la plus abondante est le lactose (globalement deux molécules de glucose assemblées). Parmi toutes les espèces de mammifères, le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulièrement utile pour le développement du tissu cérébral.
Une autre spécificité du lait humain (notamment le colostrum) est la présence élevée d’oligosaccharides (plusieurs sucres « simples » reliés entre eux).

Bref  particulièrement riche en divers sucres, le lait humain peut donc constituer un facteur de risque pour la formation des caries puisque que les bactéries qui creusent les dents, ont besoin de sucre pour se multiplier et adhérer aux dents.

Il faut cependant préciser que tous les sucres ne sont pas équivalents et que le lait maternel a de sacrées particularités.

 

Les causes des caries dans la petite enfance

 Les bactéries cariogènes (particulièrement les Streptrococcus mutans) qui peuvent contaminer la bouche utilisent les sucres consommés pour se développer, s’attacher les unes aux autres en formant un biofilm : elles produisent alors des acides qui peuvent conduire à la décalcification de la dent.

La carie est un problème délicat à évaluer car il est multifactoriel. Pour un enfant, cela dépend de son état de santé, de son poids de naissance (prématurité), du type de bactéries buccales (cariogènes ou pas), de la présence de sucres et lesquels, des caractéristiques des dents (défauts d’émail, morphologie et caractéristiques génétiques) et de son mode de vie : hygiène dentaire, attitude des parents, recours plus ou moins fréquent à des médicaments, et habitudes alimentaires. On évoque aussi [2]  une association entre le niveau de vitamine D de la mère pendant sa grossesse et les risques de caries chez l’enfant. Un manque de vitamine D peut avoir un effet sur la calcification des premières dents, prédisposant à une moindre qualité de l’émail qui peut plus facilement se déminéraliser.

En ce qui concerne le facteur lié aux sucres, puisque c’est sur ce point que l’allaitement est mis en cause, ce qui compte c’est :

– la fréquence d’exposition,
– la période pendant laquelle ils sont consommés (pendant les repas ou entre les repas),
– la nature même des sucres.

La consommation de sucres en dehors des repas et durant la nuit semble être le facteur le plus impactant : la sécrétion de salive est alors moins importante ce qui ne facilite pas le drainage des sucres qui peuvent plus facilement stagner autour des dents.

 

Quid du lait maternel ?

 Une grande majorité d’études [7] [8] montre que dans la période       0 – 12 mois, l’allaitement non seulement, ne favorise pas les caries dentaires mais permettrait même de s’en protéger.

Comment ? La présence dans le lait maternel de substances telles que la caséine et des anticorps semblent empêcher l’adhésion des bactéries cariogènes (« Streptococcus mutans ») au biofilm présent sur les dents et à la salive [9]. La lactoferrine du lait maternel, quant à elle, détruit les « mutans ».

La nature des sucres est également un point important dans la mesure, où les bactéries cariogènes ne consomment pas tous les sucres de façon équivalente. Selon des études récentes, le lactose présent en grande quantité n’intéresse pas vraiment ces bactéries qui préfèrent dégrader les sucres classiques tels que le saccharose (ou sucrose), le fructose, le glucose.

Enfin, un mécanisme complémentaire de protection est lié au fait que le lait maternel favorise l’acquisition de micro-organismes oraux qui font rempart : les lactobacillus par exemple empêche l’implantation des « mutans ».

Il faut également préciser [1] que la technique utilisée par un enfant allaité pour se nourrir est bien différente de celle d’un enfant au biberon. Dans le premier cas, l’arrivée de lait dans la bouche se fait plus dans la partie arrière tandis qu’avec le biberon, le lait peut plus facilement circuler autour des dents.
Allaitement long et caries : revue des études

 Pour la période au-delà de 1 an, les publications ne conduisent pas toutes aux mêmes résultats. La difficulté de trancher vient du fait qu’il est assez difficile de comparer des groupes (enfant allaités sur le long terme et enfants non allaités) et de s’affranchir des biais (notamment l’effet du régime alimentaire lié à la diversification, à l’exposition aux sucres raffinés dans les régimes modernes)

L’effet cariogène du lait maternel seul, a été étudié [3]. Il n’a pas été montré d’augmentation d’acidité, ni de décalcification de l’émail sur un petit nombre d’enfants âgés de 12 à 24 mois après consommation de lait maternel.

L’étude [4] a consisté à examiner l’état dentaire d’enfants de 6 ans (certains étaient nés dans un établissement encourageant l’allaitement, d’autres dans un établissement classique (groupe de contrôle). Les taux d’allaitement dans le groupe test étaient effectivement 7 fois plus élevés que dans le groupe de contrôle. Or, aucune différence de l’état dentaire n’a été notée.

Quelques études de cohortes [5] [6] ont également été menées sur ce sujet (respectivement 206 et 504 enfants observés).  Les résultats montrent que l’allaitement prolongé n’était pas un facteur de risque et que l’allaitement maternel de nuit ne provoquait pas de caries.

Mais, toutes les études ne sont pas si catégoriques notamment à cause des nombreux facteurs entrant en jeu [7] ce qui entretient une sorte de mythe (au sein même des professionnels de santé) où allaitement et caries dentaires sont associés : la plupart des partisans de cette thèse avance comme facteur de risque les tétées de nuit sur le long terme (au-delà de 12 mois) pour faciliter l’endormissement. Ils évoquent alors un flux de salive moindre et une hygiène dentaire limitée. Mais aucune base scientifique fiable ne corrobore ces hypothèses et les arguments précédents (substances protectrices dans le lait maternel) restent valables, même la nuit, sous réserve que le lait maternel reste le seul aliment consommé (tétine sucrée à éviter par exemple) et sans autre faiblesse particulière brouillant les cartes (telle qu’une moindre qualité d’émail).

 

Conclusion

Bref, sur la base d’études fiables correctement menées, il apparaît que le lait maternel soit riche en substances capables de contrer le travail des bactéries dévoreuses d’émail. Quant à l’allaitement long, aucune preuve scientifique consensuelle n’indique qu’il favorise la recrudescence des caries chez l’enfant sous réserve d’appliquer une hygiène dentaire suffisante et d’avoir une consommation de sucres modérée.

 

Références :
1- V. Lavigne, « Breastfeeding and dental caries », Clinical Lactation, 2013

2- R. Schroth « Prenatal Vitamin D and Dental Caries in Infants », Pediatrics, 2014

3- P.R. Erickson, « Investigation of the role of human breast milk in caries development », American Academy of Pediatric Dentistry, 1999

4- Kramer et al., « The effect of prolonged and exclusive breast-feeding on dental caries in early school-age children. New evidence from a large randomized trial. » Caries Research, 2007

5- Nunes, « Association between prolonged breast-feeding and early childhood caries: a hierarchical approach. » Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2012

6- Mohebbi, “Feeding habits as determinants of early childhood caries in a population where prolonged breastfeeding is the norm », Community Dentistry and Oral Epidemiology, 2008

7- R. Tham, « Breastfeeding and the risk of dental caries : a systematic review and meta-analysis », Acta Peadiatrica, 2015

8- Avila, « Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis », PlosOne, 2015

9- Niemi L., « Human Milk Compounds Inhinbiting Adhesion of Mutans Streptococci to Host Ligand-Coated Hydroxyapatite invitro », Caries Research, 2009

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. Tous les sujets l’intéressent, d’ailleurs elle ne se pose pas de limite car elle aime vulgariser des notions complexes et rendre les résultats des travaux des chercheurs accessibles au plus grand nombre (ses articles sont à retrouver sur son blog Le Monde et Nous.)

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés.  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison

 

 

 

The post Allaitement et risques de caries dentaires first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-risques-de-caries-dentaires/feed/ 4
Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/#comments Wed, 24 May 2017 09:39:42 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1559 La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite. Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ? Je me … Continuer la lecture de Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ?

The post Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite.
Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ?
Je me rappelle de voisines âgées de 80 ans, heureuses de me parler de leur allaitement et qui évoquaient leurs “gerçures”. Ce problème n’est donc pas si récent en France ! Et il continue ! Soyons clairs, la douleur en allaitement voire, la douleur « tout court » n’est pas normale.

Un signal émis par votre corps

La douleur est un symptôme. Elle vous signale qu’il y a un problème. De la même manière que vous ressentez une douleur fulgurante en posant votre main sur une plaque de cuisson brûlante, la douleur aux mamelons suggère que ce qui se passe n’est pas normal. Bien entendu, la maman ne retirera pas son bébé du sein aussi spontanément, et pourtant, combien sont tentées de le faire ? Et on les comprend.

Un cadre pour vous aider à distinguer la normale de l’anormale

Une sensibilité plus ou moins vive durant les 20 à 30 premières secondes de la tétée, au cours des tous premiers jours, est acceptable si et seulement si le mamelon ressort de la bouche de bébé aussi intact qu’il l’était avant la toute première tétée, c’est à dire sans changement de couleur, de forme, que son aspect n’est ni pincé, ni replié, ni aplati, et sans lésion d’aucune sorte.

Les causes de cette sensibilité sont connues : nous sommes alors en plein pic de prolactine, qui sensibilise nos seins et nos mamelons, la vascularité est accrue. Il faut des seins qui répondent très vite aux stimulations de l’enfant, et qui reçoivent très vite hormones, nutriments et autres  composants du lait. Les fibres collagènes sont étirées, la kératine peut manquer encore un peu, et les muscles du mamelon se font étirer. On parle même d’une espèce d’élongation musculaire.

Le fait qu’en début de tétée, il n’y ait pas un grand volume de colostrum/lait participe aussi à cette sensibilité ; et le soulagement apparaît très vite avec notamment le flot de lait.

Ce cadre vous permet de comprendre que :

  • Si l’on a mal au-delà des 30 premières secondes de la tétée ou bien entre les tétées,
  • Si le mamelon a changé de couleur (ex. : il a blanchi, soit toute la face du mamelon, soit une ligne diagonale au bout du mamelon),
  • Si le mamelon est pincé, aplati, qu’il prend la forme d’un tube de rouge à lèvre neuf,
  • Si le mamelon comporte une lésion, une fissure, une ampoule (même petite), une sorte de « suçon »

ce n’est pas normal, même si on n’a pas mal !

L’aspect de votre mamelon est le signe visuel avant la crevasse

La cause courante des crevasses est une mauvaise prise du sein en bouche. Au lieu d’attraper une grosse bouchée de mamelon et d’aréole, le bébé prend le sein de façon « superficielle ». L’angle que forment ses deux mâchoires est plutôt petit (inférieur à 120°) et surtout, ses lèvres sont refermées sur le mamelon, alors qu’elles devraient être apposées souplement (et ourlées vers l’extérieur) loin sur l’aréole, surtout la lèvre inférieure.

Le mamelon ressort de la bouche aplati, pincé, parfois légèrement, parfois plus fortement.  L’on va constater également qu’il y a une petite bande blanche en travers de la face du mamelon.

La couche superficielle de la peau du mamelon se déchire. La crevasse est là. De tétées en tétées, la dégradation continue, la fissure s’agrandit en profondeur, en longueur et en largeur.

Quelques pistes

Certaines crevasses apparaissent plus précocement, et il y a un risque qu’outre la mauvaise prise en bouche, il y ait un problème au niveau des structures orales de l’enfant, comme un problème de freins (de langue, de lèvre). Vous pouvez profiter de votre séjour en maternité pour solliciter l’avis du pédiatre ou de l’ORL à ce propos.

Il arrive également qu’un blocage empêche votre enfant d’ouvrir pleinement la bouche, de basculer la tête en arrière, d’utiliser librement tous les muscles au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres. Là, c’est peut-être un ostéopathe qui pourra vous aider.

Certains enfants encore serrent très fort, et pincent le mamelon parce qu’ils ne sont pas suffisamment maintenus contre leur mère et qu’ils ont peur de tomber. Un soin sera alors apporté à la position du bébé au sein.

Un soin souvent oublié

Toute plaie, y compris une plaie au mamelon, mérite, dès son apparition, un nettoyage soigneux à l’eau chaude savonneuse puis un traitement qui va l’aider à cicatriser. Un peu d’eau courante ou de sérum physiologique puis un onguent adapté, ou du lait maternel, voire un pansement Hydrogel spécifique (s’il n’y a pas d’infection) pourront aider à cicatriser et surtout, à maintenir en bon état d’hydratation.

Gardons à l’esprit que se « tartiner » de crème sans douleur ni lésion est inutile, de même qu’appliquer une grande quantité de crème sans rien changer dans la prise du sein en bouche, ni rechercher les causes, ne fait que ralentir les dégradations.

Enfin, certains protocoles prévoient qu’on utilise une crème médicamenteuse antibiotique et antifongique lorsque la plaie peine à se refermer. Un avis médical est alors nécessaire. Il s’agit de prévenir une infection, de protéger le mamelon et le sein. Il convient là encore de rechercher soigneusement la cause des lésions afin de résoudre le problème, et de limiter les risques d’infection ou de développer une pathologie mammaire.

Conclusion

Ce qui importe, c’est de toujours réagir au plus tôt quand une lésion quelle qu’elle soit, et/ou une douleur se présentent. Mon meilleur conseil est de ne jamais trop tarder à résoudre le problème. Je ne vous ai cité dans ce billet que quelques-unes de causes courantes de survenue de lésions des mamelons. La check-list est bien plus importante. Si vous souffrez, je vous encourage à solliciter une consultation avec une véritable professionnelle de l’allaitement, qui observera une tétée, et aussi vos seins, votre enfant, et qui, par ses connaissances, saura identifier ce qui ne va pas, et vous aidera à aborder la suite de votre allaitement en toute harmonie !

 

[Références] : Cox ; Dodd ; Ingle (gold08) ; McClellan ; Potter ; Prime ; Walker ; Wilson-Clay & Hoover ; Woolridge; Ziemer;

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

The post Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/feed/ 2
Jamais sans mon tire-lait ! https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/ https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/#respond Tue, 31 Jan 2017 14:03:10 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1506 Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids … Continuer la lecture de Jamais sans mon tire-lait !

The post Jamais sans mon tire-lait ! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids de 690g et une grande fragilité pulmonaire, ce qui impose beaucoup de soins pour un tout petit être en réanimation.

Qu’à cela ne tienne, je commence dès son premier jour de vie à tirer mon lait. J’extrais péniblement quelques gouttes de ce liquide jaune or aussi précieux que le métal. 4 heures plus tard, vite vite, je recommence et au bout de 10 minutes de tire-lait, seuls quelques millilitres stagnent au fond des biberons. Je me raisonne, je dois tirer plus souvent. Mais je ne tire que 4 heures plus tard encore, impossible de faire autrement. La séparation fait que Victoria dort à l’autre bout de la maternité régionale, les multiples soins d’hygiène des mains, du tire-lait, le questionnaire avant chaque tirage et l’attente des agents hospitaliers pour récupérer mon lait pour le lactarium m’imposent un rythme pour les tirages.

Je décide de me battre, rien ni personne ne m’empêchera de donner mon lait à ma fille. Ni la séparation avec Victoria, ni le stress de la savoir en réanimation avec de grosses difficultés de santé,  ni les protocoles de soin, d’hygiène, ni le manque de proximité ne m’interdiront de me donner et de donner tout ce que je peux lui apporter, à savoir mon lait, sa nourriture, les anticorps et tous les agents essentiels du lait maternel.

Pendant 3 longues semaines, j’ai porté des gants pour caresser et toucher ma fille, alors le défi était lancé, tirer régulièrement et aussi souvent que possible ces quelques gouttes de ce breuvage qui deviendront après la longue attente des premiers jours des centilitres et des décilitres pour un seul tirage.

Au bout de 2 semaines de tirages, je tirais 360 ml le matin. J’ai pris toutes les astuces que j’ai trouvées : bien dormir, bien manger et ne pas oublier de se faire plaisir (varier les chocolats, mmmmh), boire régulièrement des tisanes de fenouil, fenugrec et carvi (on s’échangeait les herbes avec les autres mamans, hi hi hi!), se prendre du bon temps dans la salle de tirage avec les copines-mamans de prémas,  fou-rires, sourires et petite musique d’ambiance nécessaires et indispensables !

Et puis quand le moral descend, et que la production de lait chute à vue d’œil, et que je ne peux toujours pas prendre ma princesse dans mes bras, je n’ai pas hésité, j’ai appelé les amies consultantes en lactation. Je me suis remise à tirer mon lait la nuit (très important!), dormir dès que possible, utiliser le tire-lait double-pompage, me frotter le dos à la manière de « Baloo » dans le Livre de la Jungle dès le début du tirage pour stimuler le système neuro-sensoriel (si si, ça marche).

Au bout de 3 semaines, enfin, j’ai pu enlever les gants et effleurer pour mieux sentir sa peau toute douce. Victoria a 4 semaines, enfin je savoure ¼ d’heure de peau-à-peau, du bonheur et rien que du bonheur.

A 33 semaines, Victoria fait le « pivert », elle a envie de téter visiblement, mais c’est encore trop juste, elle a de trop grands besoins en oxygène. Le tire-lait, c’est pratique, mais si je pouvais donner en vrai, ça me ferait très plaisir ! Chaque jour est un jour d’attente et de patience. La prématurité impose son lot de préparation, d’expectative et d’espérance.

A 34 semaines 1/2, ça y est : tétée ! La grande nouvelle cette semaine, c’est que Victoria a tété, vraiment tété, en direct, elle a bu quelques millilitres. Elle porte toujours les lunettes d’assistance respiratoire, mais la succion-déglutition se met en place, c’est très positif pour les enfants alimentés par sonde. Une merveilleuse aventure qui commence entre nous, « sa première expérience d’échange amical avec le monde» (“Enfance et Société”, 1982), mais aussi la fin des soins exclusivement hostiles et le début d’une acceptation de la tendresse et de la douceur par l’allaitement au sein. Victoria a choisi de se nourrir des bienfaits du lait maternel, nous avons lâché prise dans ce moment de grâce et d’apaisement des corps.

Cependant, une ombre vient pointer dans ces instants de réconciliation avec le monde, Victoria bradycarde, lorsque le lait arrive, son rythme cardiaque ralentit, elle devient toute molle et j’ai à chaque fois l’impression de la perdre. Je dois la stimuler et très rapidement je prends le réflexe de réveiller son pied ou une petite menotte. Je me fais violence pour me ressaisir et me calmer pour profiter de nos tétées.

Les tirages sont plus longs maintenant, le service manque de capsules, pièces indispensables pour les tire-lait double-pompage, je mets 20 minutes à recueillir la précieuse nourriture de ma fille, comme si j’utilisais un tire-lait simple pompage. Je profite d’une conversation avec un infirmier sympathique lorsque le pédiatre est juste derrière la couveuse. Bien décidée à ne pas me laisser prendre de précieuses minutes de mon temps que je partage dans deux maisons à 100 kilomètres de distance, je fais part de ma déception. Quelques temps plus tard, je pourrai à nouveau disposer de deux capsules.

Aux 2 mois ½ de ma fille, j’ai encore 12 litres de mon lait en réserve, en biberonnerie, on manque de place pour stocker mon lait. Tant pis, ce n’est pas mon problème. Victoria reçoit 36 mL 8 fois par jour, il y a du gâchis parce que ce sont des seringues de 40 mL. Alors je pompe, je pompe, comme les shadoks…

A 2 kg tout rond, Victoria quitte la réanimation et entre dans le service médecine néonatale. Quelle joie ! Je peux enfin nous projeter vers une sortie de l’hôpital. Je me réjouis de croiser des bébés portés, bercés par leur parent ou un professionnel de santé.

Depuis quelques jours, Victoria ne veut plus téter. Elle ferme la bouche. Je l’encourage et l’incite comme je peux mais en vain. Pour moi, c’est terrible. Ce n’est tout simplement pas possible, je vais solliciter la consultante en lactation, parce que je ne comprends pas. J’ai l’impression de sentir sa gencive inférieure quand je donne le petit doigt, elle a très peu de force d’aspiration. Avec les lunettes et l’oxygène, c’est compliqué.

Je pense que la tétine ne m’aide pas. Certaines soignantes sont sensibilisées au problème, mais pas toutes. Dès que Victoria a un soin un peu douloureux depuis quelques semaines, certaines soignantes lui mettent la tétine qu’elle tète. Mais le réflexe de succion peut être modifié, j’étudie la question. De plus, elle se fatigue très vite. J’arrive à négocier avec le personnel soignant la tétée plutôt que la tétine et également un bain un jour sur deux. Je préfère économiser ses calories pour les moments de tétée.

Victoria a 3 mois. 3 mois déjà que nous sommes à la maternité régionale de Nancy dans cette lutte pour la Vie. Victoria sature des systèmes de sonde qui la nourrissent, trop de soins, elle est à la limite de l’hospitalisme*. Elle fuit le regard des soignants. Après discussion avec mon mari, je retourne voir les pédiatres, nous cherchons une autre méthode pour que Victoria puisse se nourrir suffisamment par n’importe quel moyen pourvu qu’elle n’ait plus cette sonde. La balance nous joue des tours : la pesée avant et après la tétée ne donne pas des résultats fiables. Alors je fais agir mon instinct de mère, je la mets au sein dès que je sens le besoin. Pas de pesée, je n’avertis personne, je m’écoute, c’est un grand pas parce que j’ai longtemps été parasitée par les protocoles.

Heureusement, certaines équipes sont pleines d’humanité et leur bienveillance m’entoure de réconfort. Une consultante en lactation vient nous voir sur place, elle me confirme que Victoria sait téter, elle est juste limitée dans ses capacités respiratoires. En grandissant, elle va boire de mieux en mieux. Ouf !

A 4 mois et une semaine, elle s’est complètement sevrée de l’oxygène artificiel.

Victoria est enfin arrivée à la maison, chez nous. Nous avons envoyé les faire-part de naissance à tous nos proches.

Pour Viky, c’est tétées et portage à volonté désormais.

*NDLR : état dépressif qui se manifeste chez certains enfants séparés précocement de leur mère

[Auteure] : Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement

 

The post Jamais sans mon tire-lait ! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/feed/ 0
Un démarrage d’allaitement réussi https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/ https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/#comments Wed, 16 Nov 2016 12:14:17 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1463 Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps. J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs … Continuer la lecture de Un démarrage d’allaitement réussi

The post Un démarrage d’allaitement réussi first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps.

J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs ajustements, elle a pu poursuivre  son allaitement jusqu’il y a quelques mois.

C’est en avril dernier qu’ elle me recontacte lors de sa deuxième grossesse. Elle allaite toujours Flore une fois par jour et sent qu’elle se sèvre doucement. Ses questions ne concernaient donc pas le co-allaitement.

Non, elle souhaite revoir les bases du bon démarrage de l’allaitement car le premier avait été très difficile. Flore dormait beaucoup et tétait peu.

La maternité où elle a décidé d’accoucher n’étant pas très à l’écoute par rapport à l’allaitement, je lui conseille de faire un maximum de peau à peau et d’observer son bébé pour le mettre au sein au moindre signe d’éveil.

Après un accouchement un peu difficile, son bébé (Aude*) , endormie met du temps à être efficace : enfin c’est ce que pense Amandine parce qu’elle tète que trois à cinq minutes…

Je les vois toutes les deux en sortant de la maternité au quatrième jour. Nous faisons le point : bonne nouvelle !!

Aude n’a perdu que 90g et a déjà repris son poids de naissance !

Mais Amandine est fatiguée, Aude tète très souvent entre 20 et 25 fois par 24h quelques minutes uniquement.

De plus, lors de l’observation d’une tétée  je remarque que  Aude claque la langue, ce qui est signe d’une mauvaise prise du sein. On revoit ensemble la prise du sein asymétrique et la position BN (Biological Nurturing ) pour une prise du sein plus profonde,  la langue claque moins souvent.

Je lui propose également de voir l’ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de tension dans la mâchoire ou un frein de langue qui gênerait la prise.

Je repasse les voir quelques jours après et constate déjà une amélioration : Aude semble mieux téter, elle est surtout gênée au début de la tétée par le réflexe d’éjection fort  (REF ) de sa maman.

L’ostéopathe a effectivement trouvé une tension à l’arrière de la langue d’Aude qui l’empêchait de bien la dérouler et de faire l’étanchéité.

Aude tète moins souvent mais plus longtemps, sa prise de poids est toujours bonne.

Trois semaines après la naissance d’Aude,  je les revois toutes les deux en pleine forme. Aude a encore la langue qui claque par moments probablement dû au REF mais Amandine sait gérer ce problème. Elle tète 10 à 12 fois par 24h.

Amandine est vraiment soulagée malgré un accouchement difficile, le démarrage de son allaitement est un succès ! Elle est prête à vivre de beaux mois ( années ? ) remplis de tétées et de câlins avec Aude.

  • par souci d ‘anonymat les prénoms ont été modifiés
The post Un démarrage d’allaitement réussi first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/feed/ 7
Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/ https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/#comments Wed, 10 Aug 2016 12:48:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1414   Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes … Continuer la lecture de Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein

The post Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
 

Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes qui pourraient faire penser à une hyperlactation peuvent aussi révéler d’autres soucis et appellent donc à une vigilance accrue. Elle propose une grille de lecture, une sorte de « diagnostic différentiel » pour les aidants et professionnels du conseil en allaitement.

Hyperlactation et réflexe d’éjection fort, les manifestations les plus courantes:

UN ENFANT QUI :

  • S’étrangle, s’étouffe, tousse au sein,

  • Laisse fuir du lait de sa bouche,

  • Se cambre et s’éloigne/se dégage du sein, frappe le sein,

  • A des difficultés à rester au sein,

  • Régurgite,

  • A beaucoup de gaz

  • A des selles vertes, liquides, et explosives

  • A une prise de poids inconstante (poids faible après un bon départ)

UNE MERE QUI :

  • A des seins jamais confortables, jamais « vides », qui se re-remplissent très vite,

  • A des zones sensibles au toucher, fermes/durs, avec des « bosses », des « masses »

  • Qui souffre de canaux bouchés chroniques, ou de mastites chroniques,

  • Qui ressent une douleur intense lors du premier réflexe d’éjection,

  • Qui a un réflexe d’éjection très puissant,

  • Qui a les seins qui fuient constamment entre les tétées,

  • Qui a « fui » du lait en prénatal.

Françoise Coudray :

« J’aimerais partager avec vous deux exemples de situations que j’ai rencontrées plusieurs fois dans ma pratique, ce qui vous guidera vous-même.

Une de mes clientes est venue dès sa sortie de maternité, car elle avait toujours les seins trop pleins après une tétée et elle commençait à avoir mal aux mamelons ; « J’ai trop de lait, j’en ai encore plein dans le sein après la tétée ». Son enfant présentait des selles vertes et il avait des gaz malodorants. En observant une tétée, j’ai pu constater que l’enfant ne prenait pas correctement le sein en bouche et ne parvenait pas à vider pleinement le sein.  Dès le moment où la prise en bouche a été optimisée, le sein fut très bien drainé et bien souple en fin de tétée. Dans ce cas-ci, la maman a été également heureuse de constater une « belle » prise de poids, et un transit plus facile pour son bébé.

Une autre mère me contacte affolée car depuis la « montée de lait » son enfant s’étrangle, s’étouffe, laisse couler ou gicler du lait. Il prend peu de poids et les tétées sont douloureuses. Les mamelons étaient sensibles et abîmés. En observant une tétée et en examinant la mère et l’enfant dans leur globalité, j’ai pu observer que le bébé avait une succion dysfonctionnelle face à un flot de lait tout à fait normal. Le bébé parvenait difficilement à téter efficacement en respectant le cycle « succion-déglutition-respiration ». Ce bébé avait alors tendance à pincer le mamelon [cela cause des crevasses] pour réduire le flot qui l’incommodait – un flot par ailleurs tout à fait « normal ». Il a donc fallu orienter notre intervention sur une rééducation et / ou apprentissage d’une succion efficace en s’étant au préalable assuré qu’il n’avait pas de gêne successive à l’accouchement par une visite chez un ostéopathe, en vérifiant son palais, son frein de langue, si un problème ORL pouvait être en cause avec un professionnel averti.

Ces deux mamans et leurs nourrissons sont ainsi une illustration de la nécessité de bien réaliser un diagnostic différentiel pour rechercher éventuellement d’autres causes à ces comportements d’étranglement du bébé, à ces seins encore très pleins après une tétée qui au premier abord, peuvent faire effectivement penser à une surproduction et / ou un réflexe d’éjection fort.

Ainsi que le souligne Catherine Watson Genna (2008), une consultante en lactation IBCLC internationalement connue : les symptômes assimilés à la « surproduction » peuvent masquer un problème du nourrisson. Il faut s’assurer de bien rechercher la capacité du bébé à téter avant d’essayer de modifier la production de lait. » ; c’est un travail en réseau avec la consultante, l’ORL et l’ostéopathe notamment, qui se révèle très efficace, notamment quand malgré nos efforts, l’enfant ne parvient toujours pas à prendre correctement le sein en bouche.

S’il s’avère que votre bébé ne parvient pas à bien vider vos seins, il peut être intéressant de revoir votre mise au sein.

Cependant, la toute première des étapes est et reste, de s’assurer de la bonne prise du sein par le bébé qui sera fonction de la position que la mère et l’enfant trouveront la plus confortable pour eux et de savoir qu’ils pourront aussi changer de position régulièrement selon l’humeur, le moment. 

En 1989, dans le Journal of Human Lactation, Mary Renfrew écrivait : « Il est contre-productif d’insister pour que le bébé soit placé précisément dans la position qu’a apprise le soignant, sauf si une attention particulière est apportée quant à l’efficacité de cette position et au caractère individuel tant de la mère que du bébé. Cette articulation entre la mère et son bébé peut être considérée comme une sorte de danse. » Elle ajoutait : « Cette danse a juste besoin d’être encouragée, et non pas contrôlée ou limitée. Le concept de « gestion » de l’allaitement tel qu’il apparaît souvent dans les manuels implique un contrôle et n’est d’aucun secours. La mère et le bébé gèrent leur propre expérience d’allaitement à partir de leurs sensations, et avec une aide lorsque c’est nécessaire. Même si nous en savons plus en matière de techniques de positionnement, nous devons éviter d’insister trop sur l’aspect technique, car ce serait au détriment du caractère unique de chaque couple mère-bébé. »

Une incitation donc à vous documenter, vous informer par des lectures, en vous entourant de personnes formées ; mais aussi une incitation à vous faire confiance, vous écouter vous et votre bébé et vous faire votre opinion. Vous êtes l’experte et celle la plus à même de savoir comment vous vous sentez. N’hésitez plus à vous entourer pour discuter de vos difficultés et composez vos propres solutions en fonction de vos convictions. Bonne route sur le chemin de l’allaitement !

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

The post Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/feed/ 2
Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

The post Focus sur la prise du sein first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


The post Focus sur la prise du sein first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/feed/ 0
Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/ https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/#comments Tue, 28 Apr 2015 13:37:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1111 Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin. L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent? La mise en route demande … Continuer la lecture de Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez!

The post Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin.

L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent?

La mise en route demande toujours des ajustements

Tatiana revient à la maison quelques heures après son accouchement. Nolan a déjà tété plusieurs fois à la maternité, et tout semble correct.

Gabin est étonné de ce petit frère accroché au sein de sa maman mais il n’est pas jaloux et le laisse faire sans souci. Le premier jour, il ne demande pas à téter.

Comme après tous les accouchements, Nolan prend du colostrum au début. La «  montée de lait » s’opère très rapidement et en moins de 48heures, Tatiana a déjà les seins gorgés de lait.

Nolan est vite repu, s’endort rapidement. Tatiana commence à avoir des douleurs dues à la congestion. Elle appelle alors Gabin pour qu’il tète et la soulage. C’est un grand, il sait téter, il pourra l’aider.

Hélas, Gabin refuse, il préfère jouer. Le sein ne l’attire plus! Tatiana se demande si c’est la fin de son allaitement de son aîné.

Alors pour soulager ses seins, elle est obligée de prendre son tire-lait.

Le grand frère vient à l’aide!

Nolan continue de téter mais il est submergé par le flot de lait. Il fait de moins en moins d’efforts, le lait coule tout seul….Il dort beaucoup, et en ce troisième jour, il n’a pas encore repris de poids malgré les tétées répétées. Tatiana est toujours à la limite de l’engorgement.

Ce soir-là, Gabin a envie d’un gros câlin avec sa maman. Sans réfléchir, Tatiana sort son sein et Gabin tète spontanément. Lui aussi est submergé de lait, et il n’en avait plus l’habitude! Il lâche le sein, regarde sa mère et finalement lui dit : «  Mmm, trop bon le lait de Maman » puis il se remet à téter. Tatiana le laisse faire, heureuse d’avoir les seins bien vidés. Puis elle s’inquiéte pour Nolan : aura -t-il assez de lait ?

Les tétées à deux

Je la rassure. Son corps sait qu’elle allaite deux enfants : la montée de lait a été précoce, on les voit bien déglutir tous les deux. Nolan a juste besoin de s’adapter au flux et peut-être quelques tensions au niveau de sa mâchoire l’empêchent-elles de fermer correctement sa bouche. C’est d’ailleurs ce que retrouve l’ostéopathe après l’avoir examiné. Après ses petits ajustements, effectivement, Nolan commence à reprendre du poids et est plus efficace.

Pendant ce temps, Gabin continue de téter de temps en temps, surtout pour s’endormir à l’heure de la sieste ou du coucher.

C’est seulement au bout d’une semaine que Tatiana fait une première tétée en tandem. Elle se sent bien mais elle trouve ça étonnant. Elle est ravie, son vœu est exaucé : elle co-allaite.

Aujourd’hui, Nolan a onze mois, le co-allaitement se poursuit. Tout le monde y trouve son compte.

Les garçons tètent rarement ensemble mais chacun a sa ration de câlins et de lait, y compris la grande sœur qui préfère uniquement les câlins!

Co-allaiter, ce n’est pas plus compliqué qu’allaiter un seul enfant. Il faut simplement être attentif à ce que le plus petit soit prioritaire, et être vigilante sur sa prise de poids. Pour le reste, votre corps sait faire! Comme nous l’avons vu ci-dessus, le co-allaitement permet de passer les moments difficiles comme les engorgements, et également de montrer à l’aîné, de la manière la plus naturelle qui soit, que sa maman est toujours là pour lui…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

The post Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/feed/ 7
Relactation : suite de l’histoire! https://www.leblogallaitement.com/relactation-suite-de-lhistoire/ https://www.leblogallaitement.com/relactation-suite-de-lhistoire/#respond Thu, 05 Feb 2015 15:47:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1079 Voici deux mois et demi maintenant que j’accompagne Fanny(°) et Simon(°), dont je vous ai parlé dans l’article sur les inconvénients de la prise de pilule pendant l’allaitement . La lactation de cette maman avait énormément diminué suite à cette prise médicamenteuse et la production de lait recommençait tout doucement à se rétablir, il y a … Continuer la lecture de Relactation : suite de l’histoire!

The post Relactation : suite de l’histoire! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Voici deux mois et demi maintenant que j’accompagne Fanny(°) et Simon(°), dont je vous ai parlé dans l’article sur les inconvénients de la prise de pilule pendant l’allaitement . La lactation de cette maman avait énormément diminué suite à cette prise médicamenteuse et la production de lait recommençait tout doucement à se rétablir, il y a un mois. Mais la situation était bien précaire… Voyons ensemble comment elle a évolué.

Le DAL, ça ne fonctionne pas toujours…

Nous avions laissé Fanny prête à débuter la mise au sein avec le DAL (Dispositif d’aide à la lactation ). Malgré plusieurs essais à des moments différents et pendant des périodes d’éveil calme, Simon le refusait à chaque fois. Il arrêtait de téter à chaque fois que Fanny essayait de lui introduire la sonde dans la bouche. Le voir s’énerver lors de la tétée l’éprouvait beaucoup, elle souhaitait, comme toutes les mères, que les tétées soient calmes et détendues.

Une valeur sûre : le sein

Un beau jour, Fanny décide donc d’arrêter le DAL et d’essayer de mettre plus souvent son bébé au sein. Cela semble porter ses fruits: quelquefois les tétées sont bien franches, elle l’entend déglutir pendant dix bonnes minutes. D’autres fois, ce sont seulement des petites tétées câlins.

Parallèlement à ces tétées, Fanny exprime son lait une fois dans la journée. Les quantités augmentent bien mais Simon reste complété avec du lait de préparation pour nourrissons (PPN) plusieurs fois dans la journée. On peut dire que cela ne se passe pas si mal finalement. Vu d’où ils viennent, mieux vaut cet allaitement mixte que rien du tout!

La reprise du travail complique souvent les choses

Un bon rythme s’installe mais ce répit est de courte durée, car la reprise du travail approche. Simon commence la période d’adaptation à la crèche.

Nous décidons ensemble qu’il va prendre les PPN en crèche pour qu’à son retour, il puisse bien téter.

Durant ces absences, Fanny tire son lait une à deux fois et les quantités augmentent régulièrement.

Et voici le jour J. Fanny bouleversée, se réveille ce matin-là pour reprendre le travail à contre-coeur. Mais, alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, Simon rajoute une tétée au petit matin, une tétée sans compléments… qui se prolonge pour leur plus grand plaisir à tous les deux.

Extraordinaires bébés, qui comprennent tout, absolument tout! Ces tétées du matin rajoutées au programme vont permettre à l’allaitement de se fortifier.

Mais on trouve toujours des solutions

Après quelques jours, Fanny, qui a repris le travail à temps partiel, trouve un petit rythme. Simon est allaité à la demande lors de ces jours de repos et en mixte lors des jours de travail.

La production reste insuffisante pour le satisfaire complètement mais Fanny est déjà très fière de son parcours.

Elle réfléchit toujours à un éventuel congé parental. Simon lui manque beaucoup lors de ses jours de travail et elle se laisse la possibilité de penser qu’avec le temps, elle pourra le satisfaire complètement. Tous nos vœux, Fanny, et bravo petit Simon, pour ta pugnacité!

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée.

The post Relactation : suite de l’histoire! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/relactation-suite-de-lhistoire/feed/ 0
Un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL) pas cher : la preuve par le bébé! https://www.leblogallaitement.com/un-dispositif-daide-a-lallaitement-dal-pas-cher-la-preuve-par-le-bebe/ https://www.leblogallaitement.com/un-dispositif-daide-a-lallaitement-dal-pas-cher-la-preuve-par-le-bebe/#comments Thu, 18 Sep 2014 15:30:33 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=929 Fréquemment, Valérie et moi recevons des appels au secours de la part de mamans qui ont un souci pouvant être résolu par une supplémentation (au lait maternel ou aux préparations pour nourrissons). Par exemple la prise de poids faible d’un bébé de moins de 3 mois. Dans ce cas, pour stimuler la lactation et ne … Continuer la lecture de Un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL) pas cher : la preuve par le bébé!

The post Un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL) pas cher : la preuve par le bébé! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
Fréquemment, Valérie et moi recevons des appels au secours de la part de mamans qui ont un souci pouvant être résolu par une supplémentation (au lait maternel ou aux préparations pour nourrissons). Par exemple la prise de poids faible d’un bébé de moins de 3 mois. Dans ce cas, pour stimuler la lactation et ne pas avoir à introduire de biberon, il faut un dispositif d’aide à l’allaitement. Problème, nombre de mamans, déjà lasses d’avoir essayé plusieurs choses et pas forcément soutenues par l’entourage ne voudraient pas qu’on leur reproche un achat de plus au cas où ça rate. La solution est en fait toute simple.

Toi, maman qui te reconnais dans ce cas, ne te décourage pas face au prix ou la complexité de cet engin qui est tellement sympa pour allaiter qu’il pourrait presque être ton meilleur ami : passe à l’action et écoute l’histoire de Sandrine (°), maman des jumelles Marie (°) et Phébé (°) en version DAL bricolé 🙂

La naissance des jumelles

Moi, je n’étais qu’un simple récipient au fond d’un placard, vestige d’un ancien biberon. J’avais vu Sandrine allaiter un premier bébé 17 mois, donc l’allaitement elle connaissait bien mieux que moi. Enceinte de jumelles qu’elle voulait allaiter, elle s’était renseignée dès la grossesse sur les différentes difficultés qui peuvent survenir avec des jumeaux et notamment le petit poids de naissance. Elle s’était donc attendue à ce que les filles aient besoin d’être complétées.

Les filles de la maison sont nées à terme par césarienne avec un bon poids de naissance pour chacune. Marie pesait 2760g et Phébé 2940g. Elles ont toutes les deux bien tété à la naissance, mais après…

Sans moi, ça ne se passe pas très bien

Pour Phébé, l’allaitement roule parfaitement. Mais voilà que Marie commence à avoir des difficultés de prise en bouche du sein. Problème classique : elle n’ouvre pas assez grand la bouche, du coup, aspire le mamelon et le pince. Bonjour les douleurs pour Sandrine, ma bienfaitrice. Non seulement le bébé ne grossit pas mais son poids commence même à chuter.

Sandrine essaye bien de faire téter ses filles en même temps, pour que Phébé déclenche le réflexe d’éjection et que Marie ait moins d’efforts à faire mais sans succès. A la maternité, l’équipe commence à la compléter à la tasse . Enfin, cela, on me l’a raconté, je n’y étais pas moi à la maternité.

Les filles sont de retour à la maison

De retour à la maison, ma bienfaitrice est suivie par une sage-femme et une puéricultrice de PMI. Elles me semblent gentilles, formées et compétentes : figurez-vous qu’elles lui parlent de moi ! Donner la tasse épuise Sandrine qui est à bout, et c’est là qu’elle décide avec la puéricultrice de mettre en place un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL). Mes confrères DAL vendus neufs ont un certain coût et comme nous autres ne sommes utilisés que transitoirement, elle n’a pas trop envie d’investir. Cela m’arrange, je vais saisir ma chance !

Au bon moment, je lui tape dans l’œil et elle décide de me donner une deuxième jeunesse comme Dispositif d’aide à l’allaitement pas cher et fait maison. A l’aide d’un petit couteau, elle agrandit le trou de ma tétine, puis elle me glisse une sonde (un tuyau de faible diamètre) dedans. C’est tout. Je revis enfin !

Et Zorro arrive !

Sandrine s’installe confortablement, seule avec Marie, en position de Biological Nurturing . La petite commence à retrouver ses repères. Ma bienfaitrice me place dans son soutien-gorge entre ses seins et laisse Marie téter puis dès qu’elle voit que son rythme de succion diminue, elle insère cette sonde dans sa bouche. Et ça marche: sentant qu’il y a plus de débit, Marie reprend plus activement la succion !

Quand elle déglutit trop vite, Sandrine plie le tuyau et stoppe l’écoulement pour que Marie puisse avoir un maximum de lait maternel et ainsi bien stimuler la production. Trop facile avec moi !

Pas de bla-bla, des résultats

Sandrine et moi continuons ainsi pendant quelques jours avec Marie qui commence à reprendre du poids. Je suis tellement efficace que sous quelques jours seulement, ma bienfaitrice, bien qu’ayant pour le bout de plastique que je suis une considération immense, en est à diminuer progressivement le nombre de tétées où elle m’utilise. Et bientôt je ne travaille plus qu’une seule fois le soir quand Marie est trop agitée.

Aujourd’hui, les filles ont 2 mois et demi, elles continuent de téter. Mon second job n’aura duré que quinze jours environ, trop peu selon moi au vu de mes capacités énormes à parfaire la succion des bébés et pour l’aider à reprendre du poids. Mais ce qui compte, c’est que le sourire est revenu dans cette maison!

(°) Par souci de confidentialité, les prénoms ont été changés. La maman a donné son accord pour la publication de son témoignage.

The post Un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL) pas cher : la preuve par le bébé! first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]>
https://www.leblogallaitement.com/un-dispositif-daide-a-lallaitement-dal-pas-cher-la-preuve-par-le-bebe/feed/ 2