Articles | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 19 Dec 2023 06:53:21 +0000 fr-FR hourly 1 Les fêtes de fin d’année et l ‘allaitement https://www.leblogallaitement.com/allaiter-pendant-les-fetes/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-pendant-les-fetes/#respond Mon, 18 Dec 2023 07:44:39 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2128 Allaiter pendant les fêtes c'est possible, un verre d'alcool mettra environ 2h30 pour être éliminé. Mangez ce que vous voulez , vous initierez bébé à tous les goûts.

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A l’approche des fêtes, les mamans nous posent régulièrement ces questions :

« Est ce que j’ai le droit de boire une coupe de champagne et allaiter ? »

« Est ce que je peux manger ce que je veux à Noël ? »

Alimentation et allaitement

Je vous rassure, concernant les festivités vous pouvez vous faire plaisir et faire découvrir à votre bébé de nouveaux goûts. En résumé, mangez ce que vous souhaitez pendant votre allaitement ! 🙂

Alcool et allaitement

Concernant les bulles, toujours avec modération : un verre d’alcool prend environ deux heures trente pour être éliminé du lait maternel. Le pic de concentration d’alcool se retrouve au bout d’une heure dans votre lait comme dans le sang. Vous pourrez ressentir un effet de « sein plein » mais le réflexe d’éjection est diminué.

Si vous souhaitez boire plus d’un verre, le temps s’additionne : pour 2 verres = 5h d’attente et ainsi de suite. Prévoyez un petit stock de votre lait avant, au cas où bébé souhaiterait téter.

Entourage bienveillant pendant les fêtes

Cette période de retrouvailles familiales peut parfois être le théâtre de remarques plus ou moins positives sur votre allaitement ou votre façon d’être avec votre enfant. La bienveillance ne sera pas toujours au rendez-vous.

Armez-vous de courage, assumez vos opinions, demandez de l’aide à votre conjoint si besoin ou changez de sujet 😉

Tétées à volonté pour bébé !

Enfin, votre bébé peut être un peu perturbé par ce rythme inhabituel, n’hésitez pas à proposer le sein régulièrement. Votre conjoint(e) pourra également le porter et le bercer pour le rassurer.

Passez de bonnes fêtes !!!

L’équipe de Grandir Nature

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Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

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Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire-2/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire-2/#respond Wed, 10 May 2023 14:46:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2306 Voici un article écrit par Elise Dufour, sage-femme. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. L’engorgement n’est … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Voici un article écrit par Elise Dufour, sage-femme.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

EXPRESSION MANUELLE

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire environ 2 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques : pour en savoir plus sur l’engorgement

La Leche League : engorgement
La Leche League : revue de littérature concernant le recours au chou
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ? https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/ https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/#respond Wed, 15 Mar 2023 13:50:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2299 Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances. Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse. La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande … Continuer la lecture de Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ?

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Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances.

Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse.

La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande avec un maternage de proximité, son cerveau produit des hormones empêchant un retour à la fertilité. C’est ce qu’on observe dans les pays en voie de développement où les tétées sans restriction permettent d’espacer naturellement les naissances ; dans le cas où l’allaitement artificiel n’est pas mis en compétition avec l’allaitement maternel. Est-ce possible aussi chez nous ? Voyons de plus près comment cela se produit.

Comment ça marche ?

La prolactine, comme son nom l’indique, a pour fonction de faire sécréter du lait. Grâce à la succion régulière du bébé, le retour de l’ovulation est bloqué. La MAMA (Méthode d’Allaitement Maternel et d’Aménorrhée) fonctionne alors si les critères suivants sont respectés :

  • un allaitement exclusif, sans complément de préparation pour nourrissons ;
  • pas de retour de couches (les saignements avant 8 semaines – 56ème jour du post partum – ne sont pas pris en compte)
  • l’âge du bébé est de moins de 6 mois révolus

Dans nos pays, où l’allaitement est souvent limité aux besoins de nutrition de l’enfant, les tétées sont souvent peu nombreuses. On recommande alors parfois, en plus des critères ci-dessus :

  • pas d’intervalle de plus de 6 heures entre deux tétées la nuit et 4h le jour ;
  • un minimum de 6 longues tétées ou 10 tétées courtes chaque jour, de façon à obtenir une stimulation quotidienne du mamelon et de l’aréole de 60 à 90 minutes ;

Ces deux recommandations s’ajoutent à la MAMA sans en faire partie.

Des études scientifiques à l’appui des recommandations


En 1988, sous l’égide de l’OMS et de l’UNICEF, des scientifiques ont confronté leurs connaissances sur l’interaction entre allaitement et infertilité et ont rédigé le Consensus de Bellagio1 qui définit la MAMA. En respectant les critères précités, l’allaitement pourra amener une infertilité provisoire. Un professionnel de la fertilité (sage-femme ou gynécologue formé(e) à la MAMA, une monitrice /instructrice de Méthode d’Observation du Cycle, ou une consultante en lactation IBCLC) pourront réviser ces critères avec vous.

La MAMA est-elle fiable ?



On dénombre une grossesse chez 100 femmes sur une période de six mois d’allaitement qui remplissent les critères de la MAMA. A titre de comparaison, selon l’OMS, le nombre de grossesses sous pilule micro-progestative est de 7 %, de 0,1% sous implant contraceptif, 0,5 à 0,8 % avec le Dispositif Intra-Utérin au cuivre ou hormonal et 1 à 2 % avec les méthodes d’observation du cycle.

Pourquoi prescrit-on systématiquement une pilule micro-progestative à la sortie de la maternité ?

La pilule micro-progestative n’est absolument pas indispensable à toutes les femmes et, si elle est prescrite, devrait être réservée aux femmes pour qui l’allaitement ne remplit pas les critères définis dans la MAMA. Compte tenu de nos connaissances, on peut s’étonner qu’elle soit systématiquement prescrite à la sortie de la maternité. Est-ce par méconnaissance de la physiologie de la lactation et du retour à la fertilité après une naissance ?

On ne peut évidemment présager du devenir de l’allaitement des femmes qui sortent de la maternité. Pour que le blocage de l’ovulation soit assuré, il faut un allaitement efficace, répondant aux critères cités plus haut. S’ils ne sont pas remplis, la fertilité peut revenir plus tôt et c’est ainsi que certaines femmes découvrent une nouvelle grossesse alors qu’elles allaitent leurs nouveau-nés. Expliquer aux femmes ces critères et les soutenir pour que leur allaitement les remplisse à long terme, prend à l’évidence plus de temps que de délivrer une ordonnance systématique de contraception hormonale.

Quelle prudence devrait avoir tout professionnel de santé ?


On sait que le passage dans le sang des progestatifs de synthèse a une influence sur la mise en place de la production lactée ; il serait nécessaire que les professionnels de santé prescrivent la pilule aux femmes qui sortent de maternité avec plus de modération pour éviter des échecs d’allaitement par insuffisance de production lactée.

Selon l’ANAES2 (renommée HAS Haute Autorité de Santé), si ce choix se porte sur une contraception hormonale, celle-ci ne doit pas être débutée avant la sixième semaine du post-partum. Les œstroprogestatifs ne sont pas recommandés car ils pourraient réduire la production de lait. Les microprogestatifs, les progestatifs injectables et les implants progestatifs peuvent être utilisés sans inconvénient ni pour l’allaitement, ni pour le nouveau-né. Toutefois la contraception hormonale ne doit pas être débutée avant l’installation de la lactogenèse de stade II (montée laiteuse). Les progestatifs ne seront pas utilisés avant la sixième semaine du post-partum.

Kennedy et al 3rapportent que le démarrage de la lactation est stimulé par la chute brutale du taux de progestérone en post-partum précoce, qui pourra être contrecarrée par une pilule progesta­tive… Certains auteurs, ainsi que l’OMS, considèrent donc préférable d’attendre 6 semaines post-partum avant de commencer à les utiliser.

Enfin, par principe de précaution pour l’enfant allaité, qui ingère des quantités d’hormones via le lait maternel, il conviendrait d’éviter de le surexposer dès son plus jeune âge à des hormones de synthèse via le lait maternel qui ne sont pas naturellement présentes dans le lait de sa mère.

Dans son livre4, le professeur René Ecochard, docteur en médecine, professeur à l’université Claude-Bernard (Lyon I) biostatisticien et membre du Pôle Santé-Publique du CHU de Lyon livre une explication : « La mini-puberté et la puberté étant des périodes sensibles, il est de la plus haute importance de ne pas interférer avec le système hormonal à ces âges de la vie. On peut craindre, sans que cela ait été démontré à ce jour, que la prescription de pilule contraceptive à une mère allaitante soit néfaste pour l’enfant. En effet, le nourrisson est alors en mini puberté. Son cerveau est sensible aux hormones. Les pilules contraceptives données à la mère sont composées d’hormones de synthèse. La part de ces hormones qui passent dans le lait est peu documenté dans la littérature scientifique. Le principe de précaution invite à ne pas affirmer sans preuve l’absence de conséquence pour l’enfant […] Les pilules contraceptives, constituées notamment de progestatifs connus pour leur effet androgénique ou antiandrogénique ne devraient plus être utilisées avant d’avoir la certitude de leur inocuité »

En outre, le laboratoire commer­cialisant Implanon® (étonogestrel) déconseille son utilisation pendant l’allaitement. La mère devrait être informée de l’impact possible sur la lactation ; si l’enfant pleure davantage, semble beaucoup plus affamé, obtient visible­ment moins de lait, que sa prise de poids se ralentit, il faudra envisager la responsabilité de la contraception hormonale ; la mère pourra alors si elle le désire cesser de l’utiliser (notons qu’il est plus facile de cesser d’interrompre la prise de pilule que de retirer un implant).

En tout état de cause, l’accompagnement par une personne spécialisée s’impose pour un choix éclairé d’une méthode de contraception adaptée.

En conclusion


L’allaitement maternel exclusif entraîne un blocage ovarien par la succion du sein. De fait, il n’est pas utile de prendre une contraception hormonale, mais indispensable de valider les critères de l’allaitement pour connaître son impact sur la fertilité, avec un professionnel formé à la MAMA.

La prise de progestatifs peut influencer la mise en place de la lactation et ne devrait pas être débutée avant la 6° semaine du post partum, pour ne pas mettre en péril l’allaitement par insuffisance lactée.

Enfin il n’a pas été clairement démontré que les progestatifs soient réellement sans effet sur le développement neurologique et hormonal de l’enfant allaité. Par principe de précaution, on ne devrait pas proposer systématiquement de contraception hormonale chez une femme allaitante.

Références :

1 Greiner T. Breastfeeding and LAM: beyond conventional approaches. Bellagio Conference. Washington, 15-16/05/1997.

2 Extrait de la page 16, recommandations 12 de l’ANAES sur l‘allaitement en 2002 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/Allaitement_recos.pdf

3 Kennedy KI, M Kotelchuck. Policy considerations for the intro­duction and promotion of the lactational amenorrhea method: advantages and disadvantages of LAM. J Hum Lact 1998; 14(3): 191-203.

4 Professeur René Ecochard « Hommes Femmes ce que nous disent les neurosciences » Editions Artège, Février 2022

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Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ? https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/ https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/#respond Sat, 28 Jan 2023 16:25:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2295 Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂 Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court. Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. … Continuer la lecture de Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ?

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Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂

Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court.

Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. Quelles sont ces difficultés les plus fréquemment rapportées ? Mis à part les questions de positionnement ou de gestes à apprendre, certains défis se posent en lien avec le nourrisson : on parle souvent des freins de langue ou du faible poids à la naissance comme facteurs de risques pouvant empêcher un démarrage d’allaitement serein.

S’est-on jamais penché sur l’anatomie des mamans ? Des tendances se dégagent-elles ? Autrement dit, certaines morphologies de mamelons pourraient-elles poser plus de contraintes ? Peu d’études ont fait le tour de la question. En 2017, toutefois, une approche reposant sur de l’observation avait suggéré que la taille des mamelons et la densité de la peau au niveau de l’aréole pouvaient jouer un rôle. Qu’en est-il exactement ?

Un premier bilan

Une étude observationnelle assez poussée, publiée en 2021 a été réalisée dans un hôpital français de St Lus Obipo en Californie. Les auteurs se sont intéressés aux difficultés des mamans de diverses origines ethniques (latins hispaniques et non hispaniques) ayant pu bénéficier d’un soutien à l’allaitement (conseils préalables, aides lors du démarrage de l’allaitement).

L’étude s’est focalisée sur 115 mères d’enfants de 6 semaines ou moins ayant pris contact avec le centre d’allaitement de l’hôpital, quelle qu’en soit la raison. Les mamans étaient toutes majeures avec un seul enfant. Dans l’étude, seules les mamans n’ayant pas eu recours à la chirurgie ont été incluses. La moyenne d’âge des mères était de 30 ans, celle des nourrissons de 2 semaines.

Données anatomiques prises en compte

Les auteurs ont pris en compte :
– la largeur à la base du mamelon,
– la longueur du mamelon,
– la densité de peau au niveau de l’aréole.
Ce dernier paramètre a été évalué par un protocole mis au point pour l’étude, par le biais d’un pressage manuel pour évaluer la facilité de compression. Toutes les mesures ont été réalisées par une consultante en lactation IBCLC juste avant une tétée ou l’usage d’un tire-lait.

Difficultés à l’allaitement prises en compte

Les auteurs se sont intéressés aux problèmes liés à :
– des mamelons douloureux,
– la présence de crevasses,
– la survenue d’une mastite,
– des difficultés d’attachement en prise de sein,
– une faible prise de poids du bébé,
– une faible production de lait.

Les mamans ont également été interrogées sur la prise de suppléments, l’indice de masse corporelle avant la grossesse, le poids et la taille du bébé à la naissance.Un maximum de facteurs confondants a été pris en compte.



Plusieurs tendances observées

Les auteurs de l’étude ont relevé une plus forte proportion de problèmes d’attachement au sein parmi les mamans dont les mamelons sont plutôt longs et de plus grande largeur à la base.

Les auteurs ont aussi noté que la situation « mamelons douloureux » à la tétée était plus fréquemment rencontrée lorsqu’à la fois, la densité de l’aréole était plus élevée et les mamelons plus larges.

Pour les situations de faible prise de poids, ils ont également noté une interaction marquée entre la largeur du mamelon, sa longueur et une forte densité aréolaire.
En ce qui concerne les crevasses, les auteurs n’ont pas relevé de lien particulier entre la morphologie et leur fréquence d’apparition.

Analyse des résultats

Cette étude est l’une des premières à montrer que des variations anatomiques existent bien parmi les mamans allaitantes et que certaines peuvent influencer le bon démarrage de l’allaitement. Les auteurs soulignent que ce sont des paramètres combinés qui jouent sur les difficultés.

Des explications probables

Les auteurs ont cherché à expliquer leurs observations. Ainsi, ils suggèrent que certaines caractéristiques de la taille des mamelons couplées à une faible souplesse aréolaire pourraient représenter un challenge pour les bébés avec une petite bouche notamment dans les premiers jours de l’allaitement. Certaines configurations (taille relative du mamelon couplée à une moindre malléabilité du tissu mammaire) pourraient limiter la bonne prise en bouche du mamelon, empêcher l’enfant de s’attacher correctement et entraver la bonne coordination des mouvements lors de la tétée (mâchoire, langue). Lorsque la compression du mamelon est plus difficile, les risques de douleurs pour la maman allaitante sont alors plus grands et il est plus probable que le bébé tète mal, n’obtienne pas assez de lait et que sa prise de poids ne soit pas correcte. La conséquence est que malheureusement l’allaitement s’arrête vite : la mère est découragée et doute d’elle-même avant même qu’une solution soit trouvée.



Limitations de l’étude

C’est l’une des premières études à s’intéresser de façon précise aux liens entre morphologie du mamelon et difficultés de démarrage de l’allaitement. Les auteurs rappellent néanmoins que ces difficultés évoluent très souvent positivement au fur et à mesure que l’enfant grandit et que l’allaitement se poursuit.
Il serait souhaitable que les résultats de cette étude soient complétés avec un panel plus large de mamans d’autres horizons et origines ethniques en intégrant notamment d’autres traits anatomiques de la maman ainsi que ceux du bébé !

Que retenir ?

Les conclusions de cette étude pourraient servir de base pour mieux écouter les mamans qui souhaitent allaiter et pour lesquelles le démarrage pose souci. Ces connaissances, même si elles ont besoin d’être affinées, doivent être prises en compte pour mieux communiquer vers les mamans et apporter des réponses adéquates. Pour un allaitement ayant plus de mal à démarrer, comprendre les causes et les défis posés est un premier pas… Dans tous les cas, le conseil et le soutien sont précieux.

Références:

Ventura A. K. et al., “Associations Between Variations in Breast Anatomy and Early Breastfeeding Challenges”, Journal oh Human Lactation, 37(2):403-413, 2021

Wilson-Clay B., Hoover K., “The Breastfeeding Atlas”, 6th Edition, Lact News Press (2017)

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Un petit verre a noel ? oui c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/#comments Thu, 22 Dec 2022 17:08:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2292 Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel.  L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ? Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles.  Pour information, 1 bière classique ( ½) ou … Continuer la lecture de Un petit verre a noel ? oui c’est possible !

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Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel. 

L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ?

Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles. 

Pour information, 1 bière classique ( ½) ou un verre de vin est égal à 10g d’alcool. Ici, c’est cette quantité d’alcool que je nommerai “verre standard” dans l’ensemble des études citées.

  • Le taux d’alcool qui passe dans le lait maternel 

Pour une consommation légère, le taux d’éthanol présent dans le lait maternel sera égal à celui qui passe dans le sang. Par contre, pour une consommation modérée à élevée, son taux sera un peu plus élevé dans le lait maternel que dans le sang. 

La consommation d’alcool occasionnelle et très modérée est à ce jour considérée comme à faible risque pour le bébé, sans attente de temps pour allaiter le bébé.

Pourtant les recommandations de l’American Academy of Breastfeeding sont de limiter l’allaitement dans les 2h suivant le dernier verre car les effets de l’alcool à long terme sur le bébé ne sont pas connus.  

On ne peut pas savoir si une consommation légère et occasionnelle peut avoir une incidence sur le développement du bébé.

Cependant on peut extrapoler qu’une consommation modérée à excessive, peut avoir un impact sur le bébé au vu du temps plus long d’élimination de l’alcool par le bébé.

  • Durée d’élimination de l’alcool dans le lait maternel 

L’alcool met environ 30 à 60 minutes pour atteindre son point culminant et diminue progressivement dans le lait maternel tout comme il diminue dans le sang. 

  • Impact sur l’ocytocine et la prolactine 

Une consommation de 3 à 12 verres standard peut considérablement réduire le réflexe d’éjection et réduire la quantité de lait disponible pour le bébé.L’éthanol, principal composant des boissons alcoolisées, bloque la délivrance d’ocytocine, qui permet l’éjection du lait. 

Il agit aussi sur la prolactine, hormone responsable de la synthèse du lait maternel. 

Il faut donc veiller, lors de la consommation d’alcool, à bien vidanger le sein afin d’éviter un risque d’engorgement.

La métabolisation de l’alcool chez la femme allaitante 

Il est possible de diminuer la concentration d’alcool en tirant son lait (ou donner une tétée) 1h avant de boire. Il est conseillé de manger en même temps que l’alcool est ingéré.

  • Saveur du lait maternel 

Deux études ont montré que les bébés avaient tendance à téter plus fréquemment les premières minutes suivant l’exposition à l’alcool mais ils prélevaient 20% de lait en moins. 

  • Schéma veille-sommeil 

La consommation d’alcool peut, peut-être, interférer dans le sommeil du bébé avec des temps de sommeil plus court, et nuire potentiellement à long terme sur son développement, si la consommation d’alcool est régulière. 

  • Risques pour le bébé 

La consommation d’alcool modérée à excessive et/ou régulière peut potentiellement être associée à des difficultés de développement chez le bébé.

L’éthanol est évacué plus lentement chez le bébé que chez l’adulte. 

Et peut avoir un impact négatif sur l’état général du bébé et sur son développement cognitif et comportemental de façon significative, et des retards évidents des indices de croissance globaux.

  • Conclusion : est-il possible de boire de l’alcool durant l’allaitement ?

La consommation occasionnelle et légère d’alcool peut être envisagée. Au vu des données actuelles,  il vous appartient de l’allaiter sans attendre un laps de temps, ou de préférer allaiter en même temps que le verre est bu, puis de redonner le sein 2h à 3h plus tard au minimum.

La lait maternel sera toujours supérieur et adapté à votre bébé avec une consommation de 1 ou 2 verres standard.

La consommation d’alcool régulière et/ ou modérée à excessive peut avoir des effets indésirables sur la lactation et potentiellement sur le développement bébé. Donc si une consommation excessive d’alcool est envisagée il peut être nécessaire de prévoir du lait. 

  • Bon à savoir :
  • Si vous prévoyez une soirée alcoolisée, pensez à contacter une personne qui restera sobre pour s’occuper de bébé durant la soirée mais aussi à votre retour. L’alcool réduit le niveau de vigilance.
  • Si vous pratiquez habituellement le cododo et que vous avez consommé de l’alcool, ne dormez pas avec votre enfant afin d’éviter les risques d’écrasement ou d’étouffement du bébé.
  • Si vous pensez qu’il est nécessaire de discuter de votre consommation d’alcool, il est toujours possible de prendre de simples renseignements ici :

https://www.alcool-info-service.fr/

Sources :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/bcpt.12149

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4987236/

https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/88/4/737/57171/Maternal-Diet-Alters-the-Sensory-Qualities-of

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16713502/

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1747-0080.2006.00056.x

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2831123/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2720548/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2588480/#__ffn_sectitle

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Une consultante IBCLC dans un lactarium https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/ https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/#respond Tue, 15 Nov 2022 12:36:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2288 Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3. Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France. Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation … Continuer la lecture de Une consultante IBCLC dans un lactarium

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Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3.

Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France.

Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés), dont l’une des conditions est de permettre l’allaitement en cas de séparation mère-bébé.

On imagine aisément le rôle que peut avoir une puéricultrice ou un autre soignant IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) dans un service de maternité ou de néonatalogie. Mais dans un lactarium, cela soulève toujours l’étonnement.

« Vous ne pasteurisez pas du lait ? » Notre mission consiste en effet à conserver le précieux or liquide de nos mamans pour garantir sa sécurité et le donner ensuite aux bébés vulnérables. Mais cela ne s’arrête pas là.

Prendre en compte l’humain, en prendre soin, respecter et accompagner les projets d’allaitement sont au cœur de nos préoccupations également.

De la maternité, en passant par la néonatalogie, le lactarium est un trait d’union pour le soutien de ces mères.

Dans cette optique, je me suis formée pour devenir consultante en lactation IBCLC en 2008, diplôme que j’ai renforcé par un DIU ( diplôme inter- universitaire) en lactation humaine et allaitement (DIULHAM), ainsi que le DU ( diplôme universitaire) de la théorie de l’Attachement.

A cette époque, de mon point de vue, tout était à construire et à organiser ; une très belle aventure humaine ! A plusieurs, nous avons décidé de revoir nos pratiques pour les faire évoluer, de former les équipes pour une cohérence dans les soins. On m’a confié la mission de former à la fois des étudiants et d’accompagner les mères allaitantes de bébés nés trop tôt ou devant subir une intervention chirurgicale dès la naissance.

Comment cela se passe-t-il concrètement au sein de l’établissement hospitalier ?

Un membre de l’équipe rencontre chaque maman ayant un projet d’allaitement et, dans le cadre du don de lait pour son bébé né prématurément et/ou qui va être opéré. Nous créons avec elle un dossier de don, suivant le cadre législatif.

Cet entretien permet également d’aborder en détails les bonnes pratiques de recueil du lait : utilisation du tire-lait, entretien, stockage et transport du lait. Moment idéal, pour expliquer comment la lactation va s’installer, avec quelques notions simples de physiologie, cette entrevue permet aux mamans de comprendre ce qu’est un lactarium, ce qu’elles vont vivre et ainsi de gagner en confiance ! Elles entendent toutes le même message : « Mon corps sait et saura produire du lait! »

Une importance toute particulière est accordée au lait maternel

Chaque jour, les parents viennent déposer les petits flacons de don de lait si précieux. C’est un autre moment qui permet l’échange et le soutien à court, moyen et long terme de leur projet d’allaitement.

J’aimerais souligner ici que les pères sont très impliqués et très investis dans cette partie. Ils comprennent leur rôle et deviennent ainsi les premiers soutiens de leurs compagnes en matière d’allaitement. Le développement des maternités IHAB et des soins centrés sur la famille a vraiment permis d’inclure les parents dans les soins; il en est de même dans le projet d’alimentation et donc l’allaitement.

Le projet d’allaitement d’un bébé hospitalisé est souvent tumultueux et complexe : entre stress, aller-retour domicile-hôpital, gestion de la fratrie… et utilisation du tire-lait. Il peut se passer des mois avant que le bébé commence à pouvoir téter de lui-même et la maman, en parrallèle, devra construire et maintenir sa lactation.

Une organisation qui facilite le don

De l’anténatal au postnatal immédiat, nous avons fait évoluer nos pratiques pour que les mères soient rencontrées le plus tôt possible. Le but est de leur permettre d’être autonomes dans la pratique du tire-allaitement mais surtout qu’elles se sentent en sécurité, l’une des bases de la réussite.

Nous leur permettons d’identifier les personnes ressources en allaitement, dont l’équipe du lactarium et moi-même faisons partie.

Soulignons également l’importance du travail en collaboration des IBCLC ou DIULHAM dans un hôpital autour des parents, du bébé et de l’allaitement : c’est le tissu du soutien à la parentalité et à l’allaitement.

Cet accompagnement tout au long de l’hospitalisation du bébé, apporte une assistance précieuse, qui se prolonge bien souvent après la sortie.

Grâce à une lactation bien lancée, les dons se prolongent

D’ailleurs, une fois qu’elles sont de retour à la maison, beaucoup de nos mamans ont la générosité de poursuivre le don, cette fois-ci pour d’autres bébés que le leur. Sensibilisées à l’importance du lait maternel pour le petit humain fragile, elles savent que recueillir une petite quantité de lait tous les jours permet de nourrir à terme beaucoup de bébés.

Les histoires d’allaitement de ces femmes sont uniques comme toutes les histoires d’allaitement bien sûr, mais je salue sincèrement leur courage.

En somme, l’IBCLC qui œuvre au sein d’un lactarium accompagne les allaitements. C’est un peu le pivot de tous ces soutiens indispensables. Et elle apprend aussi chaque jour et tellement auprès des mères allaitantes.

Alors, à toutes les mères qui donnent à un lactarium, un immense BRAVO et un immense MERCI ; avec une mention spéciale pour celle qui ont croisé mon chemin.

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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/#respond Wed, 05 Oct 2022 08:53:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2285 Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire 2 à 3 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas bander / comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques :

pour en savoir plus sur l’engorgement

Leche League : engorgement
Leche league : revue de littérature concernant le recours au chou Protocole de l’Academy of breastfeeding
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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Mon allaitement que rien ne pouvait freiner https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-que-rien-ne-pouvait-freiner/ https://www.leblogallaitement.com/mon-allaitement-que-rien-ne-pouvait-freiner/#comments Wed, 03 Aug 2022 07:50:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2281 Témoignage de Julie, auxiliaire de puériculture, monitrice de portage, instructrice massage bébé et  animatrice LSF ( langue des signes ) bébé. Quand ce petit être est venu se loger au creux de moi après de multiples fausses couches et évènements malheureux, je l’ai ressenti comme une ode à la vie, un nouveau départ. Une grossesse mal … Continuer la lecture de Mon allaitement que rien ne pouvait freiner

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Témoignage de Julie, auxiliaire de puériculture, monitrice de portage, instructrice massage bébé et  animatrice LSF ( langue des signes ) bébé.

Quand ce petit être est venu se loger au creux de moi après de multiples fausses couches et évènements malheureux, je l’ai ressenti comme une ode à la vie, un nouveau départ.

Une grossesse mal vécue avec ce stress de la mort qui planait au-dessus de ma tête ne m’a pas permise de me projeter sur la naissance et le après ; je ne parvenais pas à me visualiser repartant de la maternité avec un bébé. J’étais loin de m’imaginer que porter la vie après la mort sera un défi constant. Alors quand on me parlait d’allaitement, je disais juste : « je vais essayer ! ».

Très prévoyante et bien endoctrinée par la société de consommation, j’avais acheté tout l’attirail (bouts de seins en silicone, tire-lait manuel, coussin d’allaitement, du lait en poudre, des biberons).

De par mon métier d’auxiliaire de puériculture en maternité, j’étais informée et consciente des pratiques autour de l’allaitement, du risque des compléments, de la perte de poids, et malgré tout je comptais y faire face avec mon conjoint comme meilleur soutien mais en réalité je n’avais pas confiance en moi.

Le jour J arriva, perte des eaux, début du travail, je ne gère pas la douleur et accepte la péridurale trop rapidement. S’ensuit une suite tellement prévisible : stagnation du travail, ralentissement du rythme cardiaque de mon bébé, bébé en souffrance. Le gynécologue passe alors et il m’a suffi d’un regard de sa part pour que je comprenne que rien n’allait se passer comme je le voulais. J’entends encore ces mots « code rouge » que je ne connais que trop bien. On pratique une césarienne en urgence. Et soulagement, bébé va bien, moi aussi ! C’est le principal comme on dit ! Seulement, qui dit césarienne, dit séparation.

Quand je retrouve mon bébé, je ne ressens rien, je l’observe, le câline comme le bébé de quelqu’un, je tente une mise au sein mais il est complètement ailleurs.

Je le regarde et je le garde contre moi toute la nuit, je tente de le mettre à mon sein mais je ne sais pas faire, je n’y arrive pas, il ne tète pas, il pleure. Je me dis alors que je ne sais pas l’apaiser. Régulièrement des auxiliaires viennent essayer de m’aider à « brancher » ce bébé car je refuse les compléments.

Je masse mes seins et exprime seule mon colostrum, ce qui va aider à faire venir ma montée de lait. Mon bébé reprend enfin du poids à j5 et nous pouvons sortir. Je pensais avoir tout gagné. Et je me dis que tout sera maintenant un long fleuve tranquille.

Pourtant ce qui m’attend ce sont des douleurs, des crevasses, un réflexe d’éjection fort difficile à gérer par mon bébé, un allaitement acrobatique, un bébé jamais apaisé. Je passe alors des heures sur les réseaux sociaux et sur le site de La Leche League pour comprendre, apprendre, chercher du soutien. En vain. L’allaitement n’est plus alors une option pour moi mais un but ultime.

Il m’aura fallu de multiples rencontres et échanges avec de nombreuses mamans, des professionnels pour mettre un mot sur la cause qui a gâché tous nos moments d’allaitement : les freins restrictifs. J’ai vécu une course effrénée d’ostéopathes en chiropracteurs, de pédiatres en sages-femmes, pour finir avec une consultante en lactation, et enfin, après ce périple, trouver une personne qui, au détour d’une conversation, avance simplement : « Tu as du terriblement souffrir ! » alors qu’elle regarde mon fils. Je suis ébranlée. Enfin quelqu’un a compris et a su me guider vers la suite de ce long voyage qui n‘est pas fini.

Inconsciemment, tout ce parcours m’a révélé en tant que mère. Il a changé ma vision professionnelle et de l’accompagnement. Aujourd’hui je me forme pour devenir consultante en lactation IBCLC. Et je n’ai mis aucune limite à la fin de mon allaitement. Je vis celui-ci en conscience avec mon petit bonhomme de presque 3 ans et nos moments lactés rechargent nos batteries mutuelles.

Cette histoire était écrite et prédestinée à changer mon destin.

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utilisation du lait maternel pour les soins https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/ https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/#respond Tue, 10 May 2022 11:32:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2273 Article écrit par Pascale Baugé, scientifique . Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long … Continuer la lecture de utilisation du lait maternel pour les soins

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Article écrit par Pascale Baugé, scientifique .

Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long terme sont également de mieux en mieux révélés et la médecine s’intéresse de près à ses nombreux composants actifs tels que HAMLET (acronyme de Human Alpha-lactalbumine Made lethal to Tumor cell), une protéine complexe qui déclenche la mort des cellules tumorales.
Ce qui est moins documenté, ce sont les usages non nutritifs du lait humain qui se sont parfois ancrés dans les habitudes populaires comme utiliser le lait localement pour traiter la conjonctivite, les rhinites ou les infections de la peau.

Certains chercheurs se sont penchés sur la question : a-t-on des bases scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour confirmer l’efficacité de tels usages ?

Le lait humain étant facilement disponible, de faible coût et sans effet indésirable, il est effectivement important de connaître réellement les effets car ce serait une solution idéale pour les pays où l’accès aux soins est difficile !
Une équipe de chercheurs de l’Université de Varsovie s’est alors mis en quête des études publiées sur la question pour en tirer un bilan : sur plus d’un millier d’études parues entre 2010 et 2019, seules 15 d’entre elles, publiées dans des journaux à comité de lecture ont été jugées de qualité suffisante et ont pu être intégrées dans cette méta-analyse publiée en 2019 [1].

Quelles sont ces usages non nutritifs ?

Le lait maternel est fréquemment utilisé pour traiter des problèmes de peau du bébé (eczéma, dermatite, érythème), des crevasses aux mamelons, des problèmes de conjonctivite ou encore pour les soins du cordon.
Il est vrai que le lait maternel contient un grand nombre de composés bioactifs et stimulants pour l’immunité. Il est en effet riche en diverses bactéries, micro-ARN, facteurs de croissance et autres molécules complexes possédant un potentiel anti-inflammatoire ou réparateurs des lésions mineures de la peau.

Que disent les études ?


Par rapport aux problèmes cutanés des bébés,

l’évaluation de l’utilisation de lait maternel sur les zones touchées (eczéma ou érythème) présente des résultats hétérogènes. Sur les 5 études d’essais cliniques randomisés pris en compte dans cette méta-analyse, l’une d’elle correspondant à une petite taille d’échantillons (6 enfants) ne montre pas d’effet du tout. 3 autres études de plus grande envergure (respectivement 100, 141 et 63 enfants dans les groupes d’observation) affichent les mêmes niveaux d’efficacité que ceux obtenus par un traitement classique (généralement à l’hydrocortisone). Une seule publication rend compte d’un net avantage du lait maternel et repose sur un échantillon de 30 bébés (âgés de 0 à 12 mois) divisés en 2 groupes traités pour des problèmes d’érythème. 80 % des enfants recevant 3 fois par jour avec du lait maternel montraient des signes positifs après 5 jours d’application contre 26% dans le groupe non traité.

Du côté des mamans,

l’application de quelques gouttes de lait pour endiguer les douleurs aux mamelons les premiers jours d’allaitement est une technique assez répandue. L’étude prise en compte dans la méta-analyse fait le suivi de 84 mères allaitantes qui ont développé des douleurs dans les 72h après leur accouchement. En comparant le résultat de cette application avec celle de lanoline, il s’avère que c’est le lait maternel qui était le plus efficace, avec un temps de cicatrisation plus court. Sur une cicatrice périnéale, le lait maternel réduit également le temps de cicatrisation.

En ce qui concerne les problèmes oculaires,

l’efficacité des soins préventifs apportés à plus de 250 nouveaux nés a été estimée dans une étude comparant 3 groupes : un premier groupe recevant 2 gouttes de colostrum dans chaque œil, un second groupe traité à l’aide d’un antibiotique classique et un groupe de contrôle ne recevant aucun traitement. La survenue de conjonctivite a alors été analysée dans chacun des 3 groupes. L’effet positif du lait maternel sur la prévention de la conjonctivite a pu être mis en évidence de façon claire. Une autre étude chez la souris a de plus montré que le lait maternel était capable de soigner les blessures de l’épithélium cornéen. Une guérison plus rapide et plus efficace comparativement au sérum ou aux larmes artificielles.

Utiliser du lait maternel pour assurer les soins du cordon

C’ est une pratique assez répandue dans certains pays et l’OMS bien que plébiscitant les soins à sec, encourage les recherches dans cette voie. La méta-analyse de 2019 a fait le point sur la question : 3 études de contrôle publiées entre 2010 et 2018 ont montré que l’application de quelques gouttes de lait maternel sur le cordon de nouveau-nés permettait une chute plus rapide du cordon (entre 1 à 3 jours plus tôt) par rapport aux soins à sec ou avec un produit antiseptique.
Une autre méta-analyse plus récente [2] confirme d’ailleurs ces résultats et précise que le colostrum est plus efficace que le lait mature. Un cordon qui se détache plus vite permet de diminuer les risques d’infection.

Qu’en retirer ?


De cette analyse, les auteurs concluent que le lait humain, grâce à ses multiples composants, est susceptible d’offrir des solutions efficaces, bon marché, sécures et sans risques d’allergie pour prévenir voire traiter des problèmes d’épiderme sans gravité. La tendance est là mais des évaluations complémentaires de qualité restent nécessaires pour lever l’hétérogénéité des résultats attribuée à la composition du lait humain variable dans le temps, et d’une femme à l’autre.
En ce qui concerne les problèmes d’yeux inflammatoires, les auteurs soulignent que le lait humain ne doit pas être utilisé dans tous les cas de figures : il doit plutôt être vu comme un complément et non comme seul traitement.
Sur la base de ces résultats encourageants, les auteurs confirment que le lait humain est une solution déterminante dans les zones du monde où les femmes n’ont pas la possibilité ou les moyens d’avoir accès aux soins médicaux.
Enfin, les auteurs voient dans le lait maternel de nouvelles perspectives pour la prévention et les traitements des lésions de la peau. Un gros travail reste à accomplir afin de comprendre les composants et molécules impliquées dans les effets produits.
Les auteurs concluent en disant que le lait maternel possède des propriétés extraordinaires et peut être considéré comme une sorte de médecine personnalisée ! A ce titre, les mères doivent être encouragées et soutenues dans leur projet d’allaitement.

Références:

  1. Witkowska-Zimmy M. et al., « Milk Therapy: Unexpected uses of Human Breast Milk », Nutrients, 11:944, 2019
  2. Leila Amiri-Farahani et al., «The Anti-Inflammatory Properties of the Topical Application of Human Milk in Dermal and Optical Diseases », Complementary and Alternative Therapies for Inflammatory Diseases 2020,
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les difficultes d’allaitement d’un bebe différent https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/ https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/#respond Tue, 12 Apr 2022 08:06:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2269 Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire. Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou. Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que … Continuer la lecture de les difficultes d’allaitement d’un bebe différent

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Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire.

Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou.

Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que je partage chaque jour avec Jude depuis plus de 4 mois maintenant.

Il faut savoir qu’on pense que l’allaitement est inné, intuitif mais c’est surtout un sacré défi !

Je suis une femme confiante, battante et plutôt sûre de moi, surtout après l’allaitement de Lou.

Avant l’arrivée de numéro 2, j’ai voulu encore plus m’informer pour être incollable et mener mon second allaitement le plus loin possible. J’ai consulté avant sa naissance, une consultante en lactation IBCLC pour être prête à ma reprise du travail, avoir des conseils sur le tire-lait qui me conviendrait etc.

Mais à la naissance de Jude, je me rends très vite compte que son allaitement ne se déroule pas comme celui de mon aîné. Il se fatigue très vite, il a du mal à activer l’éjection du lait et s’endort sur le premier sein sans se réveiller quand je le stimule et lui propose le second. Il pleure beaucoup après chaque tétée. Pourtant, on vient de faire le rendez-vous pédiatre du premier mois et « tout va bien ». On nous a parlé d’un larynx mou mais il va bien et puis « ça passera tout seul ».

Très vite, depuis nos vacances en Corse, le papa et mois décidons d’appeler notre consultante IBCLC et lui racontons un peu le comportement de Jude. Cette dernière nous parle immédiatement d’un comportement typique d’un bébé avec une laryngomalacie. Bingo, dans le mille ! Les mots de « larynx mou » nous reviennent en boomerang.

Jude est né avec une laryngomalacie. En gros, les tissus des voies aériennes, situés au-dessus des cordes vocales sont trop souples et les muqueuses peuvent obstruer les voies respiratoires et ce cartilage immature peut amener à des difficultés respiratoires bien sûr mais aussi des difficultés pour s’alimenter.

Avec la consultante, nous avons mis en place des petites astuces pour booster ma lactation. Comme pour un bébé prématuré, il doit avoir tout le lait nécessaire dès qu’il attaque la tétée.

S’ il ne se nourrit pas assez, nous devons l’aider et nous devons le surveiller pour qu’il ne perde pas de poids et surtout, pour qu’il en prenne suffisamment.

Dans l’idée de mon allaitement parfait, j’avais omis que des difficultés qui ne nous étaient pas propres pourraient venir entraver ce parcours qui pour moi était si évident, si facile !

Dès notre retour de vacances, j’appelle un prestataire de services pour louer mon tire-lait qui allait devenir mon meilleur ami pour les mois à venir. A partir de ce jour, je me lance dans un sacré défi : nourrir suffisamment mon bébé et tirer du lait supplémentaire pour essayer de lui proposer des biberons en plus du sein. Jude les refusera dans un premier temps, alors je remplis le congélateur en prévision de mon retour à une activité professionnelle et à l’entrée de mon tout petit en crèche pour ses 3 mois.

Arrive la séparation, et là, c’est un nouveau marathon qui s’impose à moi : allaitement à la demande (évidemment !) à la maison et tirer mon lait dès qu’il n’est pas là, que je sois en déplacement ou en télétravail. Je suis freelance dans la publicité alors je suis plutôt flexible dans mon planning mais du coup, mes différents employeurs ne sont pas nécessairement informés de ma nécessité de tirer mon lait.

Et enfin, dernier challenge, et pas des moindres : la crèche. Si vous avez déjà décidé d’allaiter votre bébé et l’avez placé en crèche, alors vous savez sans doute de quoi je parle.

Il nous a fallu trouver notre rythme avec les biberons : donner assez de lait pour la journée, sans trop en donner sinon, direction l’évier (et là, chaque maman a déjà eu envie de pleurer toutes les larmes de son corps !), préparer en avance les biberons avec les « bonnes » quantités (car le personnel ne « manipule pas le lait maternel ») quand on ne sait pas vraiment ce que prend notre bébé puisqu’il est au sein.

Et c’est parti pour les pains de glace, les sacs de congélation, les petites étiquettes, les « On a dû jeter 4 biberons », « Il n’a pris que 50ml aujourd’hui », le médecin de la crèche qui insiste pour essayer du lait artificiel « au cas où », les chiffres sur la balance qui se répètent et ne bougent pas au fil des semaines alors qu’on fait tout pour.

Et puis, on ne lâche rien, ni le papa, ni moi. Mon homme me soutient, chaque jour. C’est mon pilier, mon « pap’assistant » comme on aime à l’appeler.

Et puis le temps passe, les puéricultrices sont un peu plus souples à la crèche, ils apprennent à se connaître et Jude prend un petit peu plus chaque jour.

Moi je cours, entre les studios, la maison, la crèche. Mon tire-lait souvent à la main, je cuisine, je me maquille pendant que je suis « branchée ».

Mais finalement, on trouve notre rythme et surtout on s’adapte !

Et hop ! un deuxième confinement, on décide de garder les enfants à la maison, alors mon corps et mes seins sont à nouveau sollicités dans un nouveau rythme. C’est le retour de Jude à la maison à temps complet. Ceci dit, parfois je peux télé-travailler un peu et papa est là ; il propose des biberons de mon lait, il m’amène mon tire-lait, une infusion, veille à ce que j’ai toujours une bouteille d’eau à portée de main.

Certains jours, je sens que ma production faiblit ; ça arrive mais on sait quoi mettre en place, on sait y remédier et nous avons confiance. On materne, on materne, on se noie d’amour et on se dit que cette période étrange nous apporte quelque chose de précieux : du temps tous les quatre.

Finalement j’ai appris encore un peu plus à écouter mon instinct, à écouter mon corps et l’accompagner dans chaque étape de ma vie, de nos vies, pour moi, pour mes enfants.

L’allaitement, c’est décidément bien plus qu’une simple histoire nourricière.

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UNIES JUSQUE DANS NOTRE ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/unies-jusque-dans-notre-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/unies-jusque-dans-notre-allaitement/#respond Wed, 02 Mar 2022 10:32:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2264 Sophie et Justine sont en couple et toutes deux auxiliaires de puériculture. Elles ont accepté de partager leur histoire pour banaliser le sujet de la lactation induite et du co-allaitement. Bien que travaillant toutes deux en maternité, lorsqu’elles ont entamé une réflexion sur leur projet de lactation induite, elles ont très vite été confrontées à … Continuer la lecture de UNIES JUSQUE DANS NOTRE ALLAITEMENT

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Sophie et Justine sont en couple et toutes deux auxiliaires de puériculture. Elles ont accepté de partager leur histoire pour banaliser le sujet de la lactation induite et du co-allaitement.


Bien que travaillant toutes deux en maternité, lorsqu’elles ont entamé une réflexion sur leur projet de lactation induite, elles ont très vite été confrontées à l’étonnement. « Mes collègues ne croyaient pas que c’était possible » souligne Sophie.

Elles ont alors recherché des ressources auprès d’associations, des témoignages et constaté que les rares retours d’expériences évoquaient un échec.

A la recherche d’une consultante en lactation

Elles avaient le sentiment de manquer de concret, c’est pourquoi elles ont recherché un conseil spécialisé. Aucune des deux spécialistes consultées n’avait d’expérience en la matière. Sophie et Justine se sont même entendu dire : « Oh là, ça, c’est compliqué !».

La deuxième professionnelle n’était pas plus renseignée qu’elles ne l’étaient déjà. Les informations obtenues ne se sont d’ailleurs pas avérées appropriées. Il était recommandé de démarrer une stimulation des seins à partir de la 35e ou 37e semaine d’aménorrhée. « On a commencé à 29 SA, car j’en avais trop envie ! » se rappelle Sophie « et on pense que c’était déjà un peu tard ».

Enfin une consultante en lactation qui s’y connait !

C’est au cours d’une conférence virtuelle sur l’allaitement maternel que Justine et Sophie découvrent une consultante en lactation IBCLC spécialisée dans les situations complexes puisqu’elle travaille en néonatalogie. Au cours de la téléconsultation, l’IBCLC a affirmé que la lactation induite n’a rien de bien différent à une situation de relactation1 puisque le principe consiste à mettre toutes les chances de son côté pour que le corps produise un maximum de lait. Elle a évoqué le protocole de Newman et réfléchit à une adaptation car Sophie ne peut pas prendre d’hormones pour raison médicale.

« Le protocole d’induction de lactation est véritablement lourd au quotidien, surtout quand on travaille » évoque Sophie. La consultante m’a conseillé de tirer mon lait 6/8 fois par 24h, de faire des massages du sein au milieu du tirage, ainsi que de prendre du fenugrec et consulter mon médecin pour me faire prescrire un médicament aux propriétés galactogogues. Son enthousiasme, sa bienveillance et ses conseils nous ont boostées ! Le lait s’est même mis à couler très vite en plus grande quantité.

Sophie avait eu deux enfants naturellement avant Marius et elle les avait allaités 6 mois chacun. Elle reconnaît avoir eu son lot de galères à ce moment-là et qu’en même temps cette expérience était un plus : « Mon corps avait clairement la mémoire de ces allaitements » précise-t-elle. J’ai décidé d’allaiter Marius car je voulais donner la même chose à mes trois enfants et créer un lien de sang avec mon fils. Cette expérience a permis à ma grande fille de poser des questions sur son propre allaitement. Mon fils aîné qui est hyper pudique était un peu gêné la première fois qu’il m’a vu tirer mon lait et puis il a trouvé ça banal.

Motivation et courage

Sophie reconnaît que savoir que c’est possible est un premier pas mais qu’il faut énormément de ténacité et de motivation pour tenir le coup. « Je savais aussi que si je lâchais, Justine aurait lâché également » précise-t-elle.

« Le parcours n’est pas linéaire » témoigne  Justine qui avait subi une chirurgie de réduction mammaire 8 ans plus tôt. Être à deux compte beaucoup, notamment quand la motivation baisse. « D’ailleurs nos premières gouttes ont été synchrones. Comme on faisait tout ensemble, on a commencé à stimuler notre lactation en même temps. Et nous avons obtenu toutes deux du colostrum dès la première tentative. Ce fut un moment mémorable même si l’apparence du colostrum nous a surprises à ce moment-là. 

Il faut être armée et motivée, mais ça vaut le coup. “Je tirais mon lait pendant les transmissions » au travail se souvient Sophie, avec le sentiment de ne pas être légitime car je n’étais pas enceinte ni nouvelle maman. Cela n’a pas entaché ma motivation.

Marius arrive enfin !

Puis est arrivé Marius, qui a pris instantanément les 4 seins dès la première nuit. « Je pense que je n’oublierai jamais la première mise au sein » se rappelle Sophie. « A sa naissance, j’ai même ressenti tous les effets d’une maman qui accouche ».

Avec du recul, Sophie et Justine sont heureuses de souligner qu’elles ont pu bénéficier d’une prescription de tire-lait intégralement prise en charge. Certains facteurs ont été porteurs également comme les réunions de soutien virtuelles organisées par La Leche League. Notons qu’une professionnelle de la maternité a autorisé Sophie à rester 24h/24 avec maman et bébé.

Ses anciens réflexes sont aussi rapidement revenus. Une de ses cousines a même rétorqué : « On voit bien que c’est un troisième pour toi. Bim bam pouf, au sein ! ». De son côté, Marius prenait tantôt le sein de Justine avec les bouts de sein, tantôt ceux de Sophie nus.

Des soucis viennent entacher notre bonheur

Quelques bémols cependant sont à déplorer dans le parcours : « On a accouché au moment où les visites en maternité ont été autorisées à nouveau ; dommage ! Cela nous a moins laissé l’occasion de faire du peau à peau. » Et outre le besoin d’organisation spécifique, la logistique des tirages n’a pas toujours été commode.

Notons que nous avons vécu les difficultés classiques du démarrage avec un bébé de petit poids de naissance et quelques aléas médicaux. Devant ces difficultés, nous avons souhaité consulter un ostéopathe qui a mis ça sur le compte du frein de langue sans même regarder sa bouche, là aussi nous avons dû chercher une personne plus compétente.

En outre, Sophie évoque que le regard de gens est essentiellement tourné sur le bébé et la maman qui a accouché. Elle s’est souvent demandé : « Et moi dans tout ça ? ». Ce sentiment entrait en ambivalence avec la peur de prendre la place de Justine si elle venait à produire plus de lait que sa compagne. Elle mentionne la peur du jugement aussi quand on la surprenait en train d’allaiter à la maternité. Elle aurait du patienter 6 semaines après la naissance de Marius pour envisager des mises au sein plus nombreuses et permettre à la lactation de Justine de s’installer pour le mieux mais dans les faits elles ont suivi leur instinct et les envies de bébé. Elle évoque son coup de blues : « Je me disais que j’allais vraiment pouvoir le mettre au sein seulement au moment de la reprise du travail. Ceci étant, le dialogue franc, sincère et toujours harmonieux dans notre couple a été un atout majeur. »

« Notre contexte médical spécifique a fait que l’on produisait peu à nous deux mais ça valait le coup. Dans notre histoire, Justine a dû subir une hospitalisation pendant 10 jours alors qu’elle allaitait Marius. J’ai alors pris le relais. » précise Sophie. Cet épisode a eu pour conséquence une baisse majeure de la lactation, d’autant que Justine ne pouvait pratiquement plus tirer son lait et que les visites de Marius étaient peu fréquentes.

Au final

Au final, Marius a tété 4 magnifiques mois et puis s’est détourné du sein, notre lactation était trop faible.

Pour symboliser notre parcours, nous allons nous offrir un collier avec une perle constituée de nos deux laits, ce lait qui renforce encore notre lien.

Références

1 La relactation est le processus selon lequel une mère relance sa production de lait après avoir interrompu son allaitement

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UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/#respond Tue, 15 Feb 2022 15:53:32 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2261 Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs… Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses … Continuer la lecture de UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES

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Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs…

Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses constituants que dans les rôles que ces derniers peuvent jouer chez le bébé voire chez l’adulte qu’il deviendra.

Le lait maternel n’est pas seulement une ressource de nutriments, il contient aussi des composés bioactifs précieux. Ainsi, une des particularités du lait maternel dont on parle peut-être moins est son contenu en cellules, celles-ci jouant un rôle majeur :

– les cellules typiques de la glande mammaire (des lactocytes et des cellules myoépithéliales)

– les cellules de type « globules blancs » dont le rôle dans le développement de l’immunité chez l’enfant a été démontré.

Mais plus incroyable, grâce aux nouvelles méthodes d’identification, on s’est rendu compte que le lait maternel était également riche en cellules très jeunes, immatures, qu’on dit « indifférenciées » et qui portent le nom de « cellules souches ». Elles sont comme des cellules mères pouvant se renouveler et évoluer en prenant un caractère bien précis, celui de cellules fonctionnelles.

Que sont les cellules souches et où les trouve-t-on ?

Dès les premiers jours après la fécondation, on trouve des cellules souches, celles au plus haut potentiel. On les dit « totipotentes » car elles sont capables d’évoluer en toutes cellules possibles d’un organisme y compris celles qui forment le placenta.


Chez l’embryon âgé de quelques jours, les cellules souches présentes sont dites pluripotentes, avec un potentiel d’évolution encore bien diversifié vers tous types de cellules (sauf des cellules placentaires).


Chez l’adulte, les cellules souches se font plus rares. De plus, celles-ci sont multipotentes c’est-à-dire qu’elles se transforment en un nombre plus réduit de types de cellules et elles ne sont présentes que dans des niches au sein des organes : elles permettent le renouvellement des cellules qui vieillissent vite ou qui sont lésées.


Enfin les cellules souches unipotentes ne donnent naissance qu’à des cellules bien spécifiques comme celles de la peau.

Quelles cellules souches dans le lait maternel ?


Dans la mesure où la glande mammaire possède cette incroyable faculté d’adaptation et de modification durant la grossesse et la période du post-partum, c’est qu’elle a recours à une machinerie sophistiquée permettant de passer rapidement de l’état de repos à l’état d’organe qui secrète du lait ! Cela nécessite bien sûr une modification des cellules qui y siègent, une phase de maturation vers un état de cellules actives. Pas de secret, il y a bien des cellules souches là-dessous. Ainsi, pendant longtemps leur présence dans le lait maternel a été suspectée par les scientifiques.

C’est en 2007 que pour la première fois, une équipe de chercheurs australiens a mis en évidence des cellules souches dans le lait maternel.

Quelles sont leurs propriétés ?


Les cellules souches présentes dans le lait maternel sont capables de se différencier et d’exprimer des caractéristiques de lactocytes ou cellules myoépithéaliales, ces cellules spécifiques présentes dans un sein pour fabriquer et expulser le lait.

Ce sont les cellules souches qui permettent effectivement à la glande mammaire d’évoluer.

Mais ce que les recherches ont révélé a de quoi surprendre : des cellules souches identifiées dans le lait maternel sont capables d’évoluer et de maturer vers des cellules différentes, comme par exemple des cellules neuronales !
En effet, in vitro, la culture de ces cellules souches, dans un milieu qui convient, a conduit à la formation :
– de cellules neuronales  avec leur marqueur caractéristique,
– d’oligodendrocytes (des cellules du système nerveux),
– d’astrocytes (d’autres cellules du système nerveux).

D’autres essais in vitro ont montré aussi que ces cellules souches du lait humain, donnaient des cellules adipeuses, des cellules pancréatiques, hépatiques ou des cellules cardiaques ! Bref, une belle panoplie de cellules différenciées.

Il existe ainsi pas mal de travaux (depuis 2012) qui indiquent de façon claire l’existence de cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire de cellules souches capables de devenir n’importe quel type de cellules de l’organisme adulte.

A quoi servent-elles ?

Alors, le premier challenge est de savoir si ces cellules peuvent survivre dans les conditions difficiles du tractus digestif et passer le cap de la digestion. Il s’avère que oui, chez le nouveau-né le milieu n’est pas si insurmontable et la diffusion via la paroi intestinale est possible. Elles se retrouvent donc dans la circulation sanguine et peuvent migrer vers différents organes. Quel peut bien être le rôle de ces cellules souches capables de se différencier en cellules nerveuses ? ou cellules graisseuses ? Participent-elles à la maturation de certains tissus ou organes chez l’enfant ?

Des études sur la souris prouvent que ces cellules souches issues du lait maternel s’intègrent bien dans les tissus des petits. Les chercheurs pensent qu’elles pourraient être impliquées dans le développement du système nerveux entérique : le réseau nerveux du tube digestif où des neurones gouvernent le fonctionnement du système gastro-intestinal ! D’autres chercheurs avancent aussi qu’elles pourraient favoriser la prolifération, le développement ou la régulation de gènes de certains tissus chez l’enfant. C’est cohérent avec le fait que le lait maternel de mamans de prématurés est enrichi en ce type de cellules souches. Mais tout cela demande encore études, conclusions et confirmations.

Qu’en retirer ?


Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que ,plus que jamais , le lait maternel prouve sa grande spécificité : il est inimitable tant pour les nutriments qu’il fournit, que les ressources biologiques qu’il contient.

Les cellules souches dans le lait maternel, ce n’est que le début des connaissances !

Présentes dans le lait maternel, elles jouent un rôle certain dans le développement de l’enfant. Mais encore beaucoup de questions demeurent irrésolues. Par quels processus se différencient-elles au sein de l’organisme ? Quelles conditions chez la mère et l’enfant modifient la teneur et la qualité des cellules souches présentes dans le lait ? A suivre donc.

Références:

Mehmet Şerif Aydın et al., « Transfer and Integration of Breast Milk Stem Cells to the Brain of Suckling Pups », Scientific Reports, 8:14289, 2018

Witkowska-Zimny M., et al.  « Cells of human breast milk », Cellular  Molecular Biology Letters, 22:11, 2017

Reali A. et al., « Multipotent stem cells of mother’s milk », Journal of Pediatric and Neonatal Individualized Medicin, 5(1), 2016

Ninkina N. et al., “Stem cells in human breast milk”, Human Cell, 32, 2019

Briere, C-E et al., “Breast Milk Stem Cells: Current Science and Implications for Preterm Infants”, Clinical Issues in Neonatal Care. 223., 2016

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les debuts difficiles, une victoire meritee https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/ https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/#respond Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2257 Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue. Voici mon histoire J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme … Continuer la lecture de les debuts difficiles, une victoire meritee

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Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

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allaiter au rythme de la vie d’artiste https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-au-rythme-de-la-vie-dartiste/#respond Tue, 04 Jan 2022 14:50:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2251 Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier. … Continuer la lecture de allaiter au rythme de la vie d’artiste

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Je suis Malvina, comédienne et maman de 2 enfants de 5 ans et 10 mois. J’alterne des temps de chômage et des périodes de travail très intenses avec des journées de plus de 12h, parfois hors du domicile pendant plusieurs jours ou semaines. L’allaitement est donc rythmé par ce mode de vie un peu particulier.

Pour mon premier enfant né en mars 2015, l’allaitement s’est mis en place très facilement et j’ai adoré ça dès le début. Je n’avais fait aucun « plan » sur sa durée et autour de moi je ne connaissais personne qui avait nourri son enfant au sein plus de 6 mois. Une copine m’avait parlé de la Leche League et c’est en m’inscrivant sur un groupe de discussion que j’ai découvert que des mamans allaitaient au long cours. Chez nous, plus les mois passaient, moins je voyais l’intérêt d’arrêter ce qui était bon pour mon fils et sans contrainte pour moi. Je me suis donc lancée dans un allaitement à durée indéterminée en me disant qu’avec pas mal d’organisation et un peu de lâcher prise, ça devrait le faire !

A l’époque j’habitais et je travaillais sur une péniche spectacle. L’équipe artistique était composée d’amis compréhensifs et mon conjoint y travaillait également. Nous prenions donc Marcel en porte-bébé et le déposions dans sa cabine avec le baby phone lorsqu’il dormait. Il pouvait téter à la demande et mes camarades étaient ravis de le prendre avec eux quand ils n’étaient pas sur scène. J’ai loué un petit tire-lait à piles (très pratique quand on part en tournée en camion par exemple). Les soirs de spectacle nous prenions une baby-sitter et je tirais mon lait avant d’aller jouer.

Entre avril et juin 2016, il est allé chez une assistante maternelle car cela devenait difficile : il voulait tout explorer et je ne pouvais plus être à ce que je faisais tout en ayant un oeil sur lui.

La personne était super mais pas très à l’aise avec le lait maternel. Je lui ai donné un tableau de conservation mais comme je ne la sentais pas complètement sereine et que Marcel avait déjà 1 an on a trouvé un compromis. Je lui emmenais de temps en temps mon lait et sinon, elle pouvait lui proposer du yaourt. J’allais le chercher entre 16h30 et 18h et la tétée de retrouvailles était très appréciée par lui et moi. Je ne tirais pas mon lait à midi car ma lactation était bien en place et les mercredis, samedis et dimanches, il lui arrivait encore de téter avant ou après le déjeuner. A cette époque, il tétait entre 4 et 6 fois par jour environ.

Dans le même temps, j’ai commencé à m’absenter pour de courtes tournées de 1 ou 2 nuits. J’avais un stock de lait au congélateur et nous donnions à Marcel , des yaourts au lait de brebis ou un morceau de fromage. De mon côté, je faisais 2 ou 3 tirages par jour, j’avais 2 sacs isothermes avec des pains de glace ce qui permettait à mon lait de rester bien frais avant de le mettre au réfrigérateur. Si le trajet retour était trop long et que les conditions n’étaient pas réunies pour une conservation optimale, je versais le lait dans le bain du bébé.

En juillet 2016, nous sommes partis 3 semaines à Avignon pour un festival de théâtre où les journées sont intenses et éprouvantes. Nous devions habiter avec l’équipe du spectacle mais mon conjoint et moi avons demandé à récupérer notre part du budget. Nous avons loué une maison pour permettre à nos parents de venir et se relayer pour garder notre fils. Cela nous a coûté un peu d’argent et pas mal d’énergie mais j’ai pu continuer à allaiter Marcel sans gêner personne.

A la rentrée 2016 il avait 18 mois et j’avais très envie de poursuivre l’allaitement. J’avais entendu pas mal d’anecdotes de mamans qui avaient laissé tomber parce que certaines structures d’accueil n’étaient pas favorables à prendre le lait maternel. Je me suis dit que pour continuer, le mieux était de choisir un lieu « tétée friendly » et pro maternage. C’est ainsi que Marcel a intégré une crèche parentale où le personnel est extrêmement bienveillant avec les enfants. Le lait maternel y est accepté simplement et avec plaisir. L’allaitement sur place ne pose aucun problème et les besoins des enfants sont au coeur du projet pédagogique. La crèche parentale prend du temps mais nous y avons appris beaucoup et passé de très beaux moments. J’ai pu continuer mon allaitement sans prise de tête et j’ai rencontré des mamans allaitant leur enfant (ou pas !) 1 an, 2 ans et plus.

Un nouveau séjour de 2 semaines à Avignon se profilait pour juillet 2017 et je devais y aller seule. Je ne voulais pas sevrer Marcel à ce moment-là, me disant que 2 semaines de séparation plus un sevrage ça faisait un peu beaucoup pour nous deux. J’ai profité d’une tournée de 5 jours en avril pour le sevrer. Marcel avait 2 ans et ne tétait plus que 2 ou 3 fois par jour. A mon retour et pendant 3 jours il a demandé à téter le matin, mais il est vite passé à autre chose fort de cette magnifique période que je revis maintenant avec mon 2ème enfant.

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J’ai suivi une consultante en lactation en stage https://www.leblogallaitement.com/jai-suivi-une-consultante-en-lactation-en-stage/ https://www.leblogallaitement.com/jai-suivi-une-consultante-en-lactation-en-stage/#respond Wed, 01 Dec 2021 10:45:26 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2243 Rūta , jeune maman d’origine lituanienne nous raconte son stage chez une consultante en lactation IBCLC. Diététicienne récemment diplômée, je découvre avec bonheur la richesse de mon métier. La diététique appréhende l’alimentation de tous les êtres humains, avec des possibilités de variation infinie suivant l’âge ou l’état de santé. C’est pourquoi, j’ai décidé durant mes … Continuer la lecture de J’ai suivi une consultante en lactation en stage

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Rūta , jeune maman d’origine lituanienne nous raconte son stage chez une consultante en lactation IBCLC.

Diététicienne récemment diplômée, je découvre avec bonheur la richesse de mon métier. La diététique appréhende l’alimentation de tous les êtres humains, avec des possibilités de variation infinie suivant l’âge ou l’état de santé. C’est pourquoi, j’ai décidé durant mes études de ne pas me limiter à l’alimentation des adultes et d’effectuer mon stage à thème optionnel dans un domaine qui m’a toujours intéressé : l’allaitement maternel. Cela m’a permis de me familiariser avec ce champ particulier de la diététique, et ce, d’autant plus que l’alimentation lactée est peu abordée par le cursus commun.

Mon premier défi fut de rechercher la structure qui pourrait m’accueillir. Le choix semblait vraiment large au premier abord. J’avais l’impression que l’allaitement relève de la compétence de plusieurs professionnels de santé : sage-femme, puéricultrice, pédiatre, gynécologue. Je me suis d’abord tournée vers les centres de PMI, mais on m’a rétorqué que son personnel n’est pas suffisamment formé aux questions d’allaitement. Ensuite, après quelques réponses négatives des maternités, j’ai découvert sur le net qu’il existe des consultantes en lactation IBCLC. C’est ainsi que mes démarches m’ont conduite vers une consultante libérale qui a accepté de m’accueillir dans son cabinet.

J’ai abordé mon stage en espérant approfondir des techniques d’allaitement. Dans mon esprit, la consultante en lactation était une professionnelle qui aide les mamans à résoudre des problèmes techniques pouvant empêcher d’allaiter. J’ai pourtant vite découvert qu’il ne s’agit que d’une partie de son métier.

La consultante en lactation travaille de manière flexible en s’adaptant le plus possible aux parents.

On distingue 2 types de consultations : prénatales et post-natales. Les premières sont destinées aux femmes en période de grossesse et ont comme objectif de leur donner des repères pour se préparer à l’allaitement. De ce fait, au moment de la consultation prénatale, si les questions sur le rythme des tétées et les positions d’allaitement sont traitées, la consultante aborde aussi l’aspect psychologique de l’allaitement, le lien maman-enfant, la satisfaction du besoin de sécurité, le rythme du sommeil du bébé, le quotidien de la femme allaitante ainsi que la conciliation allaitement et travail, et même parfois la diversification alimentaire. J’ai beaucoup apprécié découvrir ces aspects. De mon point de vue, les consultations prénatales sont le moyen idéal pour prévenir les problèmes que rencontrent la plupart des jeunes mamans.

Les consultations post-natales ont pour objectif de répondre à des questions précises. Et ces dernières sont beaucoup plus nombreuses que je ne l’avais imaginé. Les engorgements, les mastites, les mycoses, les crevasses, les freins de langue, les tensions cervicales, le manque de lait, la prise de poids faible, l’allaitement de bébés prématurés et de jumeaux ne sont qu’une partie des cas de figure que j’ai vu être abordés durant mon mois de stage.

Au début de l’entretien, la consultante pose de nombreuses questions concernant la maman et le bébé. Vient ensuite une période d’écoute active pendant laquelle elle invite les parents à parler afin de mieux cerner les raisons de la consultation – elle m’a notamment appris que le motif de la consultation cache parfois un problème insoupçonné ou non avoué. Elle propose alors différentes solutions adaptées à chaque famille.

A la fin, la consultante remet des documents qui peuvent servir de support après le retour au domicile. Elle les informe qu’elle reste disponible pour eux aussi longtemps qu’ils en auront besoin.

Elle communique aussi avec les professionnels qui lui ont adressé la famille ou peut orienter vers d’autres professionnels suivant les pathologies.

J’ai trouvé que la consultante a un rôle psychologique très important en soutien des parents. Cela se voit le mieux durant les consultations postnatales. Les parents arrivent dans le cabinet déjà fatigués, inquiets et les mamans pleurent souvent. Néanmoins, au bout de quelques instants, les sourires, les rires mêmes apparaissent. Les idées exposées durant les consultations permettent de casser certains stéréotypes concernant les bébés.

Quelques expressions m’ont marquées tout particulièrement : « Mettez votre bébé au sein chaque fois que vous voulez l’embrassez », « Attendre d’un bébé de faire ses nuits avant l’âge d’un an, c’est comme lui demander d’être capable d’écrire son prénom tout seul », « Un bébé allaité et obèse, ça n’existe pas », « Le sommeil partagé les premiers mois est un moyen de survivre ».

Durant les consultations les parents se détendent et partent plus confiants.

La consultante en lactation IBCLC doit se former en permanence pour être toujours à jour de ses connaissances. Pendant mon stage j’ai pu avoir un aperçu de la formation relative à l’allaitement instinctif, le Biological nurturing pour des sages-femmes. J’ai vu que le sujet était une nouveauté pour le public. Cela m’a permis de voir le caractère complémentaire mais bien distinct de ces deux professions.

Mon stage d’un mois chez la consultante en lactation IBLCL a été l’un des plus intéressants de mon programme d’études. Il m’a permis de découvrir ce métier formidable et comprendre la place de la consultante en lactation auprès des jeunes parents. Je pense qu’une consultante en lactation peut assurer un accompagnement de qualité qui manque souvent aux jeunes mamans en complément des autres professionnels de la petite enfance.

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Allaitement et fratrie https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/#respond Tue, 16 Nov 2021 10:24:25 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2239 Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées. Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits…  Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous … Continuer la lecture de Allaitement et fratrie

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Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées.

Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits… 


Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous exaspèrent. Prenons un exemple : tu es avec ton aîné, tranquille, qui joue seul, autonome. Ton nouveau-né se réveille et réclame la tétée. Tu t’installes confortablement pour la mise au sein et là, ton grand loulou te saute dessus : il a besoin de ton aide, là, maintenant, tout de suite. Mais que se passe-t-il ? Le fait-il exprès ? Essaie-t-il d’attirer l’attention pour lui ? Est-ce de la jalousie ? 

Nous avons vite fait, dans ce genre de circonstances, de tirer des conclusions hâtives sur les causes d’un tel comportement. Les croyances populaires vont bon train : “Il le fait exprès.” “Elle te teste.” “Il est jaloux.” “Elle régresse”… 

Les conseils de notre entourage peuvent vite nous mettre en déroute : « Tu devrais donner le biberon, tu pourras passer le relais et t’occuper du grand. » Nous doutons alors de nos choix. Allaiter mon petit est-il une barrière à ma relation avec mon grand ?

Et si la réponse était toute autre ? Et si on considérait la nature profonde de nos petits êtres tendres ? Que se passe-t-il pour notre grand lorsque nous nous occupons du plus jeune ? Nous ne sommes plus disponibles pour lui. Son système d’alarme s’active. 

Regardons cela sous l’angle de la théorie de l’attachement

Lorsque le petit être humain vient au monde, il n’est pas autonome et ne peut répondre seul à ses besoins. Il a besoin de l’adulte pour sa survie. Il crée donc un lien fort avec la personne qui s’occupe de lui et qui répond à ses besoins : ce sera sa figure d’attachement principale. Du fait de sa présence lors des premiers mois de vie de l’enfant, il s’agit souvent de la maman. Il n’est pas ici question de préférence pour la mère ou pour le père mais d’un lien instinctif qui se créé avec la personne qui s’occupe le plus du nourrisson. 

Le tout petit a besoin de la proximité immédiate de sa figure d’attachement. En grandissant, l’enfant pourra s’éloigner de plus en plus et de plus en plus longtemps. Plus il se sent en sécurité grâce à ce lien fort et solide et plus il se sentira à l’aise pour aller à la découverte du monde. 

Contrairement à certaines pensées populaires, le maternage proximal ne fait pas des enfants dépendants mais au contraire des enfants avec une sécurité intérieure et une confiance de base solides. L’allaitement maternel est d’ailleurs une magnifique façon de renforcer ce lien sécurisant. 

Peut-être que tu te demandes quel est le lien avec ton aîné qui réclame dès que tu mets ton petit au sein ? J’y viens. 

Lorsque l’enfant sent que sa figure d’attachement est indisponible, son système d’alarme s’active, comme s’il y avait un danger. Ce mécanisme n’est ni conscient ni volontaire. Il s’agit d’une sorte de réflexe. Seulement voilà, cela ne se manifeste pas toujours d’une façon agréable : il insiste, trépigne, pleure, crie, fait des bêtises… Oui, en quelque sorte, il réclame ton attention. Ce n’est ni un caprice ni un test. C’est juste biologique. Il a besoin de toi, tout comme ton petit a besoin de téter sans restriction de fréquence ni de durée. 

Alors que faire ? Comment répondre aux besoins de chacun ?
Lorsque tu prends conscience que ton enfant ne fait pas cela contre toi, il est déjà plus facile de prendre du recul et de rester calme. 

Ensuite, selon tes possibilités, tu peux soit 

  • Répondre à son besoin de proximité : lire une histoire, faire un jeu, répondre à sa question…
  • Différer son besoin tout en développant ses propres ressources : “Mon chéri, je vois que tu as envie de passer du temps avec moi. Je serais disponible dans 10 minutes (15, 20…). Trouvons ensemble 10 idées pour patienter.” Toutes les suggestions sont bonnes à prendre, de la plus sérieuse à la plus loufoque. La liberté libère l’imagination. Toutes les solutions évoquées ne seront pas acceptables et c’est ok. Le but est de passer un bon moment ensemble et de trouver des alternatives. 

Cette dernière méthode permet à l’enfant de patienter tout en exerçant son pouvoir personnel et sa créativité. Cette astuce peut s’avérer précieuse dans toutes les situations où sa patience est mise à rude épreuve. 

Les comportements de nos enfants sont leur façon d’exprimer leurs besoins. Le comprendre nous aide à rester serein et à trouver la réponse appropriée. C’est ainsi que nous les accompagnerons au mieux et leur permettrons de grandir en confiance. 

* Julie Mathieu est coach parental, formée à l’école d’Isabelle Filliozat. Après 11 années d’exercice en tant que sage-femme, elle accompagne aujourd’hui les parents dans leur vie de famille. Elle leur permet de comprendre ce qui se passe pour leurs enfants mais aussi pour eux-mêmes afin qu’ils se sentent confiants et compétents dans leur rôle de parent. 

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astuces pour allaiter en Pleine Conscience https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/ https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/#respond Tue, 28 Sep 2021 10:35:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2232  Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School. Agathe Feoux propose de nous aider à … Continuer la lecture de astuces pour allaiter en Pleine Conscience

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 Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School.

Agathe Feoux propose de nous aider à intégrer la mindfulness dans notre vie quotidienne. Cette discipline méditative, nous apprend-elle, consiste à cultiver l’attention et nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent. L’équipe de rédaction du blog allaitement lui a demandé comment allaiter en pleine conscience. Elle décline pour nous cette approche en six points.

1) Être bienveillant

Nous sommes des êtres sensibles qui avons besoin d’amour et de gentillesse.

Cultiver la bienveillance nous aide à mettre de côté nos jugements intérieurs et nous permet de nous voir d’une façon plus juste. 

Quelles que soient les difficultés rencontrées lors de votre allaitement, posez-vous ces questions :

« Quelle est la meilleure attitude bienveillante, à adopter pour mon bébé et moi maintenant ?»

« Est-ce que le fait de m’inquiéter m’aide à mieux gérer cette situation ou cela me rend juste plus anxieuse ? »

« Comment puis-je être avec cette situation* ?

2) Créer le lien et laisser être

Allaiter en pleine conscience, signifie simplement que vous êtes en train de nourrir votre enfant du mieux que vous le pouvez maintenant. Cela peut être une merveilleuse occasion de revenir au moment présent et de vous connecter à votre bébé.

La pleine conscience vous invite à mettre délibérément de côté vos tendances à valoriser certains aspects de votre expérience et à en rejeter d’autres.

Cela rejoint le laisser-être et le fait de cultiver en Pleine Conscience un état d’esprit sans préférence, en effet si la situation présente est perçue comme insatisfaisante en comparaison à un état de référence, (disons « le bien-être » une situation de calme ou sans douleur) il y a une évaluation de la situation, un jugement. Avec la Pleine Conscience, nous allons du mieux que nous pouvons l’être. Nous sommes authentiquement présents avec ce qui est là, sans projet. 

Dès qu’il y a un objectif de résultat (bien légitime) cela crée un décalage imperceptible qui nous met en retrait de la situation. Et cette envie que les choses soient différentes va nous empêcher d’être complètement présents à la douleur pour ce qu’elle est, à la peur pour ce qu’elle est, au bruit pour ce qu’il est…

Vous laissez plutôt votre expérience être ce qu’elle est, et vous vous entraînez à l’observer d’instant en instant. 

Le « laisser être » est une façon de laisser les choses être, de les accepter telles qu’elles sont. 

3) Cultiver un esprit paisible

Saviez-vous qu’il y a une relation entre l’éjection du lait et votre cerveau ?

Vos seins contiennent des milliers de petites alvéoles dans lesquelles le lait est fabriqué. Les alvéoles sont entourées de cellules qui éjectent le lait grâce à l’action de l’ocytocine. L’ocytocine, c’est aussi l’hormone de l’amour qui vous donne un sentiment de confiance.

Alors qu’en est -il de la pleine conscience à ce moment-là ?

Lorsque vous nourrissez des pensées stressantes ou que vous êtes préoccupée par votre allaitement, le système automatique « de combat ou de fuite » au niveau de votre système nerveux s’active.

Vous rentrez alors dans une forme de réactivité physique ou psychique qui alimente le stress et qui a un impact direct sur le déroulement de votre allaitement. De ce fait, l’éjection du lait s’en trouve perturbée et affaiblie.

Quand vous arrivez à être présente et connectée, vous favorisez la libération d’ocytocine et vous pouvez observer tout un éventail d’émotions agréables et votre lait coule plus facilement.

4) Être ancrée dans le présent

Il n’y a pas de meilleur moment que celui de la tétée pour être présente à soi.

Prenez un instant pour faire une pause debout, assise ou allongée avec votre bébé, et laissez-vous atterrir dans votre propre corps.

Observez comment vous vous sentez maintenant. Concentrez-vous sur vos sensations, vos pensées, vos émotions…

Puis portez votre attention sur votre respiration, son mouvement, sans tenter de modifier quoi que ce soit ou sur les sons si cela est plus confortable pour vous.

A chaque fois que vous portez votre attention sur votre respiration ou sur les sons, vous revenez automatiquement au moment présent car vous ne respirez pas pour hier ni pour demain mais bien pour maintenant.

5) Résolution de problèmes

Il se peut que vous ressentiez des sensations inconfortables pendant la tétée pour diverses raisons, que vous ayez l’impression de manquer de lait, que votre bébé ne tète pas correctement, qu’il ne prenne pas assez de poids, bref que tout cela vous submerge et devienne un mélange explosif de pensées et d’émotions difficiles.

Alors à ce moment-là, 2 possibilités s’offrent à vous :

–       contacter une personne ressource, une bénévole d’un groupe de soutien (ex. : La Leche League, …), une professionnelle spécialisée (consultante en lactation IBCLC) pour identifier la cause du problème et envisager des solutions

–       apprendre à gérer vos émotions pour vous sentir moins enlisée dans vos difficultés du moment

Vous pouvez respirer et accompagner les douleurs physiques et/ou émotionnelles, observer les pensées et les émotions qui créent cette souffrance et puis doucement revenir à l’instant présent comme vous le pouvez.

Ce moment est sûrement difficile, mais ça ne durera pas, tout comme les douleurs de l’accouchement qui sont maintenant derrière vous.

Vous pouvez essayer de gérer cela, une respiration après l’autre, une tétée après l’autre.

La clé est la bienveillance envers vous-même.

Vous êtes en train d’apprendre. Vous faites de votre mieux, et votre bébé aussi.
En cas de crise, les pratiques de pleine conscience vont vous aider, c’est à dire approcher et observer vos émotions.

6) Faire confiance au processus

Être pleinement consciente et faire confiance c’est reconnaître parfois vos propres frustrations, vos insécurités, vos limites, et même vos sentiments les plus négatifs, tout ce qui est susceptible de vous accabler ou vous blesser. 
Il convient alors d’essayer d’être et de travailler avec plutôt que d’aller contre.

Faire confiance au processus vous permet d’aller au-delà des apparences et des comportements de surface pour voir plus clairement vos enfants tels qu’ils sont réellement, pour voir l’intérieur aussi bien que l’extérieur, et pour agir avec sagesse et compassion sur la base de ce que vous voyez.

Plus vous cultivez la confiance, plus il vous est facile d’avoir confiance en l’autre, en la vie et autour de vous.

La pleine conscience est un moyen simple et efficace pour débloquer une situation stressante, pour prendre contact avec vos propres ressources vitales, 

Méditer n’est pas une chose facile, c’est pourquoi nous vous offrons cet audio pour tester à votre tour.

* « Être avec cette situation » signifie l’espace, l’attention et l’acceptation que nous pouvons offrir à celle-ci qu’elle soit agréable/désagréable ou neutre en comparaison aux situations que nous ne laissons pas être et où nous essayons d’arranger, contrôler ou rejeter ce qui nous semblerait donc non-désirées.

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