travail | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:11:02 +0000 fr-FR hourly 1 Les secrets du tire-lait révélés #1 https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-1/ https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-1/#comments Fri, 16 Oct 2015 21:22:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1199 Il existe différentes raisons d’utiliser un tire-lait, notamment: Démarrer et/ou maintenir une production de lait lorsque l’enfant ne peut pas téter au sein ou bien qu’il ne parvient pas à téter efficacement au sein (lorsqu’il est prématuré, hospitalisé, affaibli, et plus généralement  séparé de sa mère), Augmenter une production de lait insuffisante ou devenue insuffisante … Continuer la lecture de Les secrets du tire-lait révélés #1

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Il existe différentes raisons d’utiliser un tire-lait, notamment:

  • Démarrer et/ou maintenir une production de lait lorsque l’enfant ne peut pas téter au sein ou bien qu’il ne parvient pas à téter efficacement au sein (lorsqu’il est prématuré, hospitalisé, affaibli, et plus généralement  séparé de sa mère),
  • Augmenter une production de lait insuffisante ou devenue insuffisante par rapport aux besoins du bébé, relancer une production après un sevrage,
  • Créer une banque de lait pour la reprise du travail ou des études, voire pour donner du lait à un lactarium
  • Prévoir du lait pour des absences occasionnelles ou bien en prévision d’une chirurgie programmée
  • Exprimer du lait lorsque l’on doit prendre un traitement médical réellement incompatible avec l’allaitement pour maintenir la lactation le temps nécessaire.

Le choix du modèle de tire-lait dépend ainsi de l’objectif maternel. C’est un sujet d’appels récurrents qui mérite un article à lui tout seul. Ce sujet expose au grand jour l’une des plus grandes inquiétudes des mamans à savoir : comment avoir plus de lait.

Le matériel a son importance 

Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte avant de choisir un type de tire-lait. Mais ce sont notamment les besoins en volumes de lait sur 24 heures qui conditionnent ce choix. Lorsque les besoins sont élevés, on se dirigera d’emblée vers un véritable générateur automatique de type hospitalier. Pour une reprise du travail à temps partiel, un tire-lait automatique électrique pourra être préféré ; et des expressions plus occasionnelles pourront se faire avec un tire-lait électrique, ou bien à pile et électrique, ou encore un tire-lait manuel.

Dans la majorité des cas (sauf expressions occasionnelles et/ou besoins en volume relativement faibles) on préfèrera un modèle double pompage, ce qui permet de gagner du temps et de l’énergie, mais aussi d’augmenter la production de lait.

Et on optera pour un appareil récent qui devrait garantir une technologie et une fabrication optimales.

Ceci explique qu’il faut parfois que les mamans changent de modèle de tire-lait (pas forcément de marque de tire-lait) et/ou passent au double pompage, pour pouvoir augmenter leur production.

Certaines mamans éprouvent des difficultés à maintenir les téterelles en place pendant le tirage. Afin d’éviter que la téterelle ne glisse, il leur est possible d’acheter un bustier « main libre », ou d’en fabriquer un avec un « vieux » soutien-gorge ou un « vieux » tee-shirt bustier auquel on fera deux [petites] entailles pour y passer les téterelles.

La bonne taille des téterelles est primordiale.

Les téterelles, à savoir la partie de forme conique en contact direct avec le sein reliées au récipient de recueil du lait, sont fournies avec le bloc moteur. Il est bon de savoir qu’elles sont souvent de taille standard. Or, les standards varient d’une marque à l’autre, sans oublier que les mamelons ne rentrent pas forcément dans ces standards.

Pour choisir la bonne taille, il faut mesurer le diamètre du mamelon APRES une tétée ou une expression, et choisir la taille au-dessus, parmi les tailles de téterelles offertes. Lorsque l’on a ni la possibilité de donner le sein, ni de tirer son lait directement, on peut se baser sur le diamètre du mamelon au repos auquel on ajoute deux millimètres. Mais cette méthode est moins précise, certains mamelons peuvent parfaitement gonfler de plus de deux millimètres en cours d’expression ou de tétée.

Des études réalisées sur les mamans de prématurés ont démontré qu’elles étaient plus à l’aise et avaient plus de lait avec une téterelle plus grande que celle leur allant anatomiquement, et notamment qu’elles avaient recours à des téterelles supérieures à 24 mm de diamètre (Meier, 2004).

Enfin, il convient souvent d’augmenter la taille de la téterelle notamment au cours de la première semaine après la naissance, car le mamelon gonfle sous le seul effet de la prolactine.

En tout cas : si avoir un tout petit mamelon complètement perdu dans le « tunnel » de la téterelle n’est pas « bon », avoir le mamelon qui frotte, au début, en cours ou à la fin du pompage est totalement contre-productif. Le papa (ou une bonne amie) peut se révéler être une aide précieuse, à guetter toute trace de frottement pendant le pompage: rougeur, anneau blanc, sur le mamelon. Enfin, si vous constatez des lésions, des abrasions, ou avez mal pendant le pompage et les minutes qui suivent : voyez à prendre une taille supérieure de téterelle.

Certaines marques fournissent un kit unique de pompage contenant plusieurs tailles de téterelles avec des embouts réducteurs. Mais d’autres marques ne fournissent d’emblée que leur seule taille standard avec le tire-lait et il faut en conséquence penser à commander des téterelles de la bonne taille. 

Demandez conseil à votre consultante en lactation ou à votre sage-femme pour déterminer la bonne taille.

Conclusion

Au-delà de cet article, il est bien entendu que les différentes situations qui occasionnent l’usage d’un tire-lait doivent être, et seront, traitées à part. J’aimerais vous encourager à contacter des ressources en lactation, si possible dès le départ; car la consultante en lactation, la conseillère en allaitement sont là pour vous aider à évaluer votre situation, sélectionner votre tire-lait, discuter et choisir les méthodes connexes, et les stratégies efficaces en plus des éléments qui sont présents dans cet article et qui pourront déjà vous éclairer.

Dans le prochain article , nous étudierons les petits «  trucs » qui permettent de tirer votre lait plus aisément.

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] :

A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus)
Depuis 2000, elle intervient auprès de professionnels de santé pour les former, les informer en matière d’allaitement maternel en général, tout en donnant des conférences dédiées à l’allaitement et en continuant son activité bénévole auprès des mères de jumeaux. En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devient alors un organisme de formation professionnel. Depuis 15 ans, elle prend en charge toutes les (futures) mamans qu’elles aient des jumeaux ou pas.

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Je suis chef d’entreprise et j’allaite https://www.leblogallaitement.com/je-suis-chef-dentreprise-et-jallaite/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-chef-dentreprise-et-jallaite/#comments Tue, 23 Jun 2015 07:10:03 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1130 Angèle a créé son entreprise deux ans avant la naissance de sa fille. Quand le terme de la grossesse arrive, l’entreprise a bien démarré et Angèle commence à avoir beaucoup de travail, sans pour autant avoir encore les moyens d’embaucher du personnel. La grossesse s’est très bien passée et Angèle a pu travailler, à son … Continuer la lecture de Je suis chef d’entreprise et j’allaite

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Angèle a créé son entreprise deux ans avant la naissance de sa fille. Quand le terme de la grossesse arrive, l’entreprise a bien démarré et Angèle commence à avoir beaucoup de travail, sans pour autant avoir encore les moyens d’embaucher du personnel. La grossesse s’est très bien passée et Angèle a pu travailler, à son rythme, jusqu’au bout. Le témoignage de son allaitement est intéressant parce que pour une fois, l’allaitement n’est pas la cause de tous les problèmes, mais est la solution!

Je travaillais encore le midi du jour de l’accouchement quand les contractions ont commencé à se faire insistantes. Ma fille est née en fin de journée… L’allaitement s’est très bien mis en place car c’était un bébé hyper goulu et motivé. Je ne pouvais pas cesser mon travail. L’essor de mon entreprise en dépendait et je ne voulais pas mettre tout par terre. Alors j’ai repris mon activité 48 heures après la naissance. J’avais bien sûr mon bébé en permanence avec moi dans l’écharpe porte-bébé. Lorsque l’heure de la tétée arrivait, je mettais ma fille au sein sur un coussin d’allaitement, et je poursuivais mon travail à l’ordinateur. Le fait que ce soit mon deuxième enfant m’a aidée, car je savais m’y prendre et j’étais confiante. J’avais parfois des commentaires de l’entourage, qui trouvaient que ce n’était pas la place d’un bébé, mais ma fille avait l’air plutôt heureuse d’être en permanence avec sa maman, plutôt que dans un lit seule dans sa chambre. Mes seins étaient très bien stimulés : au bout de deux mois, ma fille avait pris deux kilos.

Vers trois mois, ma fille s’est faite plus remuante, et je l’ai confiée quelques jours par semaine à une assistante maternelle, tandis que je tirais mon lait. Nous avons poursuivi l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, puis elle a fait fête aux premières compotes et purée. L’allaitement restait tout de même sa principale nourriture. A ce moment-là, j’avais énormément de travail, et la tétée était tellement pratique pour combler un creux dans un moment où je n’avais absolument pas le temps de préparer autre chose.

Depuis sa naissance, notre fille dormait dans notre lit, d’une part parce que mon entreprise prenait toutes les pièces disponibles de la maison, mais surtout parce qu’elle pouvait ainsi téter à volonté sans trop de fatigue. Au fur et à mesure des mois, j’avoue que je ne me réveillais même plus lorsqu’elle tétait. J’étais très fatiguée par mes deux enfants et mes 70 heures de travail hebdomadaire, et sans ces tétées nocturnes à mon insu, je n’aurais jamais tenu le coup. Vers un an, j’ai commencé à l’habituer à dormir à côté de nous dans un autre lit, et les tétées nocturnes se sont espacées. L’allaitement s’est poursuivi pendant plus d’un an, à notre grand bonheur à toutes les deux. Ces moments étaient nos bouffées d’oxygène au milieu des journées surchargées. L’allaitement m’a permis de faire vivre mon entreprise qui fonctionne bien aujourd’hui, tout en étant présente à ma fille. Je n’ai pas l’impression de l’avoir négligée. Au contraire, nous avons vraiment été ensemble. Je sais que si je n’avais pas allaité, si j’avais été obligée d’avoir recours aux biberons, si j’avais été obligée de me lever la nuit, ma vie aurait été plus difficile. C’est vrai aussi que j’ai eu la chance de ne pas avoir de problèmes, à part une petite mastite due à la fatigue et à un coup de froid, mais qui s’est résorbée rapidement grâce aux soins experts d’une sage-femme. Je souhaite cette chance à toutes les mamans qui feront le choix d’allaiter!

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Je suis infirmière et j’allaite https://www.leblogallaitement.com/je-suis-infirmiere-et-jallaite/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-infirmiere-et-jallaite/#comments Tue, 09 Jun 2015 09:23:10 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1125 Pas facile de tout gérer : un bébé, l’ allaitement, la reprise du travail, une formation diplômante et les temps de transports ! Voici le quotidien de Charlotte (°) qui vit à 100 à l’heure ! «  J’ai repris le travail quand Elliott avait un mois. Je n’avais pas le choix, je devais aller en cours : je … Continuer la lecture de Je suis infirmière et j’allaite

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Pas facile de tout gérer : un bébé, l’ allaitement, la reprise du travail, une formation diplômante et les temps de transports !

Voici le quotidien de Charlotte (°) qui vit à 100 à l’heure !

«  J’ai repris le travail quand Elliott avait un mois. Je n’avais pas le choix, je devais aller en cours : je suis infirmière en psychiatrie à 70% de mon temps mais en même temps, je suis étudiante en ostéopathie.

En plus, j’habite loin et j’ai environ une heure de trajet par jour dans les transports. Je suis donc séparée d’Elliott pendant douze à treize heures selon les jours.

Dès mon retour de la maternité, j’ai commencé à tirer pour pouvoir stocker. C’était toute une organisation de mettre au sein et tirer le plus souvent possible, heureusement que le papa était là dans les moments de doute pour me soutenir. J’exprimais mon lait au début toutes les heures.

Ma formation se déroulait sur une semaine par mois. Ces jours-là, je mettais Elliott au sein matin et soir, ainsi que la nuit et je tirais deux à trois fois par jour : pendant les cours ou lors des trajets en bus. J’avais un petit sac réfrigérant et mon tire-lait Calypso qui ne me quittait pas.

Au début, dans le bus, les gens me regardaient avec curiosité ou perplexité mais je n’ai jamais eu de remarques déplaisantes et même l’une ou l’autre fois, j’ai eu un compliment. J’en ressortais encore plus motivée.

Par contre, quand j’ai repris mon travail d’infirmière, j’ai eu plus de difficultés pour trouver le temps de tirer mon lait. Suivant les jours, la charge de travail était si importante que je n’avais même pas le temps de déjeuner. Mes seins étaient tendus et douloureux. Je me dépêchais, alors, de tirer mon lait dès la fin de poste lors des transmissions quand les collègues arrivaient et je m’organisais un deuxième tirage dans le bus peu de temps après.

Parfois, avec certaines collègues, et même si la charge de travail était correcte, elles se faisaient un malin plaisir de m’empêcher de tirer : « Tu devrais arrêter maintenant, ton bébé a 3 mois, le mien n’a jamais été malade alors que je ne l’ai pas allaité… ». Je n’avais pas envie de rentrer dans le débat, je m’éclipsais et allais exprimer mon lait dans les toilettes….

Avec d’autres collègues, c’était totalement le contraire. Elles me poussaient à effectuer plusieurs tirages par poste pour garder une bonne production et elles se chargeaient de gérer le service pendant dix à vingt minutes. Vraiment adorables…

Pendant ce temps, Elliott était avec son papa. Il gérait les quantités de lait maternel, le faisait patienter pour qu’il puisse téter dès mon retour. C’était très difficile pour lui aussi d’entendre Elliott pleurer, d’essayer de le calmer sachant que j’allais passer la porte d’une minute à l’autre et « dégainer » l’arme ultime : le sein. On se tenait au courant par téléphone. Et au final, c’était très efficace!

Aujourd’hui, Elliott a sept mois, il pèse presque 9kg. Je commence à être fatiguée de tirer mais j’ai la joie de voir que ma production est lancée maintenant. Elliott commence à manger autre chose que mon lait, donc je peux diminuer le nombre de tirages.

Pendant tout ce temps, j’ai trouvé cette organisation très contraignante mais quel plaisir en rentrant de pouvoir mettre son enfant au sein ! J’aurai pu accepter bien d’autres contraintes encore pour pouvoir partager ce moment le plus longtemps possible . »

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Je suis prof et j’allaite! https://www.leblogallaitement.com/je-suis-prof-et-jallaite/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-prof-et-jallaite/#comments Thu, 28 May 2015 20:46:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1122 Pour inaugurer la série, voici le témoignage d’une jeune femme professeur de mathématiques en collège. Au cours des années passées à accompagner les mères, j’ai croisé de très nombreuses enseignantes qui n’envisageaient même pas de poursuivre l’allaitement à la reprise des cours. Elles jugeaient cela tout simplement impossible. Je souhaite que le texte ci-dessous puisse … Continuer la lecture de Je suis prof et j’allaite!

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Pour inaugurer la série, voici le témoignage d’une jeune femme professeur de mathématiques en collège. Au cours des années passées à accompagner les mères, j’ai croisé de très nombreuses enseignantes qui n’envisageaient même pas de poursuivre l’allaitement à la reprise des cours. Elles jugeaient cela tout simplement impossible. Je souhaite que le texte ci-dessous puisse aider les nouvelles mamans enseignantes à réfléchir à la question avant de poser un “non” ferme et définitif.

“J’ai repris le travail à la rentrée de septembre, Nathan avait bientôt trois mois. les débuts de l’allaitement avaient été tellement difficles pour moi que, maintenant que cela marchait bien, je ne voulais vraiment pas arrêter. Je n’étais pas très soutenue par la famille dans mon projet, à part par mon mari, heureusement. Alors, j’ai cessé d’en parler autour de moi, parce que cela me fatiguait d’avoir toujours à me justifier. Et du coup, j’ai décidé de ne pas en parler à mes collègues, hormis les plus proches. Et cela a considérablement simplifié les choses pour moi. Peut être que si j’ai un deuxième enfant, je choisirai de tirer mon lait ouvertement, mais pour le premier, je ne m’en sentais pas la force!


J’ai choisi de poursuivre l’allaitement exclusif, et donc de tirer mon lait trois fois dans la journée. Mon bébé était gardé par une assistante maternelle qui n’a pas émis d’objection au fait de donner mon lait. C’était la première fois pour elle, et nous avons appris ensemble. J’ai eu de la chance, parce qu’elle y a mis beaucoup de bonne volonté. Je me souviens d’un jour où j’étais rentrée toute fatiguée. Elle m’a préparé un “petit goûter” pour me redonner de la vigueur, cela m’a beaucoup touchée qu’elle se préoccupe de me nourrir pour qu’à mon tour, je puisse nourrir mon enfant.

Concrètement, je tirais mon lait à chacune des récréations de 10 heures et de 15 heures. J’avais donc dix minutes montre en main pour tirer entre 150 et 180 mL. La seule façon d’y arriver, c’était que le matériel soit déjà en place. J’ai la chance d’être très amie avec une enseignante en Physique Chimie, et elle m’a arrangé une petite place dans son laboratoire, à l’écart des produits chimiques bien sûr! Un endroit petit mais propre où je mettais en place mon tire-lait électrique en arrivant le matin. Le laboratoire était parfois loin de la salle où je donnais le cours, alors cela m’arrivait de trottiner dans les couloirs, et cela a fait rire plus d’une fois les élèves, mais je n’ai pas eu de remarques particulières.


Dès que la récréation de 10 heures sonnait, je lâchais rapidement mes élèves (de ce côté-là, je n’ai jamais rencontré de difficulté!). Je m’organisais pour que tout soit bien terminé avant la sonnerie. Je me dépêchais d’aller au laboratoire et là, je plaçais sur mes seins les deux téterelles déjà en place, je mettais un casque sur mes oreilles avec de la musique, je me créais ma bulle et je tirais pendant neuf minutes chrono. De quoi stresser au début, mais en fait, le lait venait très rapidement, parce que j’étais conditionnée. Je savais que quand je marchais dans le couloir pour aller au labo, c’est que j’allais tirer mon lait. Cela s’est mis en place assez vite, et j’en ai été très surprise, je ne l’avais pas imaginé. Cela a été une bonne surprise. Le lait jaillissait littéralement dès que je plaçais les téterelles! Au bout des neuf minutes, je fermais les deux biberons et je les plaçais dans une glacière. Je rinçais les téterelles et je les mettais à sécher à l’air libre. Et hop, je repartais vers mes élèves!

Le midi, c’était souvent plus détendu, j’avais le plus souvent au moins une heure de pause. En général, je mangeais ma petite gamelle ou un sandwich, puis j’allais tirer mon lait en prenant plus de temps pour bien vider mes seins. Je mettais ensuite tout en place pour le tirage de 15 heures. A la fin de la journée, j’avais les trois repas du lendemain pour mon fils. Bien sûr, en fonction de la fatigue ou du stress, ce n’était pas aussi simple. Je me souviens d’une fois où un élève m’avait tellement énervée, que je n’ai pas pu tirer une goutte. Alors j’avais pris plus de temps à la pause de midi, et j’avais réussi à rattraper le coup. Ce qui me rassurait aussi, c’est que j’avais quelques biberons d’avance au congélateur pour pallier à des situations de ce genre. Mais ma règle absolue c’était de n’y toucher qu’en cas de problème, et non par “paresse”.

J’ai aussi eu des gros coups de stress comme par exemple l’oubli d’une pièce du tire-lait. Je me suis sentie très seule et aussi très nulle, j’ai pleuré un coup, et puis j’ai essayé d’exprimer manuellement. Je n’ai pas recueilli beaucoup de lait, mais au moins j’ai évité l’engorgement!

Il m’est bien sûr arrivé très souvent d’avoir de grosses montées de lait, alors je serrais les bras très fort sous les seins (les élèves devaient me trouver très sévère ou très coincée!), et cela marchait à peu près. J’avais de toute façon uniquement des TShirts noirs ou bleus foncés pendant cette période. Et évidemment un change dans mon sac!

J’ai réussi à tenir le coup jusqu’à Noël, grâce à mon mari qui me remontait toujours le moral quand cela n’allait pas, et grâce à la tétée de retrouvailles. En janvier, j’ai commencé à supprimer les tire-lait des récrés, parce que Nathan avait passé six mois et commençait à manger d’autres aliments. J’allais parfois me soulager les seins lorsque le besoin s’en faisait sentir. Le rythme est devenu vraiment plus cool, presque facile. Et en avril, j’ai totalement cessé de tirer mon lait au collège. Aujourd’hui Nathan tète encore au moins trois fois par jour. Je suis comblée, et, vraiment, je ne regrette rien de tous les efforts fournis. Je remercie les quelques personnes qui étaient dans le secret de mon projet, et sans lesquelles je ne serais pas allée jusqu’au bout. Et je remercie mon fils de m’avoir donné cette incroyable énergie d’amour.”

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Travailler et allaiter, impossible? https://www.leblogallaitement.com/travailler-et-allaiter-impossible/ https://www.leblogallaitement.com/travailler-et-allaiter-impossible/#comments Wed, 13 May 2015 20:44:46 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1118 A l’heure où il ne fait plus de doute qu’allaiter longtemps est bénéfique à tout point de vue pour la mère et l’enfant (°), il reste néanmoins des écueils de taille pour les jeunes mamans. Et l’un des plus fréquents s’appelle la reprise du travail. En France, elle a lieu habituellement vers les deux-trois mois … Continuer la lecture de Travailler et allaiter, impossible?

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A l’heure où il ne fait plus de doute qu’allaiter longtemps est bénéfique à tout point de vue pour la mère et l’enfant (°), il reste néanmoins des écueils de taille pour les jeunes mamans. Et l’un des plus fréquents s’appelle la reprise du travail. En France, elle a lieu habituellement vers les deux-trois mois de l’enfant, c’est à dire bien tôt pour un petit être aussi dépendant.

La grande majorité des jeunes mamans dans cette situation se résignent et, la mort dans l’âme, cessent d’allaiter leur bébé pour cette date fatidique de la reprise du travail. Je parle de date fatidique en pesant mes mots : elle stresse les femmes des semaines ou des mois à l’avance, parfois même avant la naissance!

La plupart des femmes sont persuadées qu’il est impossible de poursuivre l’allaitement, qu’il soit mixte ou exclusif, une fois qu’elles ont repris le chemin de leur travail. Or si, c’est possible, dans la grande majorité des situations.

L’organisation est le maître-mot de la réussite. Et pour être organisée, il faut d’abord savoir où l’on en est (une sorte d’état des lieux), et où l’on va (ce que l’on veut à terme). Puis on met en place les solutions pratiques qui s’imposent. Il faut donc commencer par le bilan de l’état actuel de votre allaitement : exclusif ou mixte, et s’il est mixte comment se répartit l’alimentation. Cela, c’est facile : c’est votre quotidien!

De quoi ai-je envie?

Ensuite, de quoi avez-vous envie pour la reprise du travail (je dis bien ENVIE, sans vous poser de question de faisabilité!) : continuer l’allaitement exclusif? Enlever une ou deux tétées? Garder seulement une tétée le matin et le soir?

Une fois l’envie posée, demandez-vous si cela sera possible par rapport à la physiologie de l’allaitement. Par exemple, une femme qui reprend le travail à un mois et demi risque de vivre une baisse féroce de sa lactation si elle passe à seulement deux tétées par jour! Ce n’est pas avant six mois environ que l’on peut être à peu près sûre que ce rythme sera sans risque (°°).

Je confronte mon vœu à la pratique

Enfin, la dernière question concerne ce qui est possible dans la pratique quotidienne. Gardez en tête votre souhait profond, par exemple poursuivre l’allaitement exclusif, et cherchez toutes les solutions possibles pour qu’il puisse être réalisé. Au pire, s’il ne l’est pas, vous aurez essayé. Mais la plupart du temps, les problèmes pratiques ne résistent pas à la motivation! Voici quelques questions que vous pouvez vous poser :

-est-ce-que je peux rentrer chez moi à midi tirer mon lait?

-est-ce-que je peux aller allaiter mon bébé parce qu’il est à proximité?

-quelle est la législation en vigueur dans mon entreprise ? Une heure d’allaitement? Rémunérée ou non? (cela dépend de la convention collective).

-est ce que je peux disposer d’un réfrigérateur dans de bonnes conditions d’hygiène, ou devrai-je prendre une glacière?

-quel est mon temps de transport pendant lequel le lait doit être réfrigéré?

-est-ce-que j’aurai une salle pour m’isoler et tirer mon lait (mon bureau, l’infirmerie, une salle spéciale parce que mon entreprise compte plus de cent femmes y travaillant)?

Cette liste de question peut faire peur au début, et c’est pourquoi il est important de vous faire aider pour la mise en place, par exemple par une amie qui a déjà vécu cette situation, ou bien par une consultante en lactation (surtout s’il y a des questions sur la physiologie de l’allaitement!)

Une fois que vous aurez répondu à toutes ces question pratiques, vous pourrez dessiner avec sérénité votre projet d’allaitement, en sachant où vous allez. Tout ne sera peut-être pas parfaitement décidé, et il y aura une ou deux semaines de test, mais vous aurez l’esprit plus tranquille.

Je réussis mon projet

Pour résumer, voici quels sont selon moi les principaux facteurs-clé de succès :

l’envie d’allaiter

-une bonne connaissance de ses objectifs (par exemple : je dois produire trois biberons de 100 ml quatre jours par semaine)

-une bonne organisation

-avoir discuté sereinement la question avec les personnes que vous côtoyez dans votre travail, chef, collègues, etc.

-une personne clé que vous pouvez appeler quand vous avez des questions

-une personne clé à qui vous pouvez parler quand vous avez le moral dans les chaussettes

-un bon tire lait ou une bonne technique d’expression manuelle du lait

 Et n’oubliez pas, en s’entourant bien, tout est possible!

(°) le doute n’a d’ailleurs duré que quelques décennies, habilement semé par quelques industriels malins. Si les femmes avaient douté avant, l’espèce humaine n’en serait pas là aujourd’hui!

(°°) il s’agit d’une moyenne, les femmes sont toutes différentes, notamment dans leur profil hormonal

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Relactation : suite de l’histoire! https://www.leblogallaitement.com/relactation-suite-de-lhistoire/ https://www.leblogallaitement.com/relactation-suite-de-lhistoire/#respond Thu, 05 Feb 2015 15:47:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1079 Voici deux mois et demi maintenant que j’accompagne Fanny(°) et Simon(°), dont je vous ai parlé dans l’article sur les inconvénients de la prise de pilule pendant l’allaitement . La lactation de cette maman avait énormément diminué suite à cette prise médicamenteuse et la production de lait recommençait tout doucement à se rétablir, il y a … Continuer la lecture de Relactation : suite de l’histoire!

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Voici deux mois et demi maintenant que j’accompagne Fanny(°) et Simon(°), dont je vous ai parlé dans l’article sur les inconvénients de la prise de pilule pendant l’allaitement . La lactation de cette maman avait énormément diminué suite à cette prise médicamenteuse et la production de lait recommençait tout doucement à se rétablir, il y a un mois. Mais la situation était bien précaire… Voyons ensemble comment elle a évolué.

Le DAL, ça ne fonctionne pas toujours…

Nous avions laissé Fanny prête à débuter la mise au sein avec le DAL (Dispositif d’aide à la lactation ). Malgré plusieurs essais à des moments différents et pendant des périodes d’éveil calme, Simon le refusait à chaque fois. Il arrêtait de téter à chaque fois que Fanny essayait de lui introduire la sonde dans la bouche. Le voir s’énerver lors de la tétée l’éprouvait beaucoup, elle souhaitait, comme toutes les mères, que les tétées soient calmes et détendues.

Une valeur sûre : le sein

Un beau jour, Fanny décide donc d’arrêter le DAL et d’essayer de mettre plus souvent son bébé au sein. Cela semble porter ses fruits: quelquefois les tétées sont bien franches, elle l’entend déglutir pendant dix bonnes minutes. D’autres fois, ce sont seulement des petites tétées câlins.

Parallèlement à ces tétées, Fanny exprime son lait une fois dans la journée. Les quantités augmentent bien mais Simon reste complété avec du lait de préparation pour nourrissons (PPN) plusieurs fois dans la journée. On peut dire que cela ne se passe pas si mal finalement. Vu d’où ils viennent, mieux vaut cet allaitement mixte que rien du tout!

La reprise du travail complique souvent les choses

Un bon rythme s’installe mais ce répit est de courte durée, car la reprise du travail approche. Simon commence la période d’adaptation à la crèche.

Nous décidons ensemble qu’il va prendre les PPN en crèche pour qu’à son retour, il puisse bien téter.

Durant ces absences, Fanny tire son lait une à deux fois et les quantités augmentent régulièrement.

Et voici le jour J. Fanny bouleversée, se réveille ce matin-là pour reprendre le travail à contre-coeur. Mais, alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, Simon rajoute une tétée au petit matin, une tétée sans compléments… qui se prolonge pour leur plus grand plaisir à tous les deux.

Extraordinaires bébés, qui comprennent tout, absolument tout! Ces tétées du matin rajoutées au programme vont permettre à l’allaitement de se fortifier.

Mais on trouve toujours des solutions

Après quelques jours, Fanny, qui a repris le travail à temps partiel, trouve un petit rythme. Simon est allaité à la demande lors de ces jours de repos et en mixte lors des jours de travail.

La production reste insuffisante pour le satisfaire complètement mais Fanny est déjà très fière de son parcours.

Elle réfléchit toujours à un éventuel congé parental. Simon lui manque beaucoup lors de ses jours de travail et elle se laisse la possibilité de penser qu’avec le temps, elle pourra le satisfaire complètement. Tous nos vœux, Fanny, et bravo petit Simon, pour ta pugnacité!

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée.

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Conservation du lait maternel : qui croire ? https://www.leblogallaitement.com/conservation-du-lait-maternel-qui-croire/ https://www.leblogallaitement.com/conservation-du-lait-maternel-qui-croire/#comments Fri, 05 Sep 2014 12:09:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=909 A la question « Combien de temps puis-je conserver mon lait maternel ? », il existe tout un panel de réponses en fonction des organismes qui les donnent. Des chiffres tellement différents qu’on ne sait plus qui croire ni quoi faire. A tel point que cela perturbe les nouveaux parents dans les pratiques du quotidien. Essayons ensemble d’expliquer … Continuer la lecture de Conservation du lait maternel : qui croire ?

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A la question « Combien de temps puis-je conserver mon lait maternel ? », il existe tout un panel de réponses en fonction des organismes qui les donnent. Des chiffres tellement différents qu’on ne sait plus qui croire ni quoi faire. A tel point que cela perturbe les nouveaux parents dans les pratiques du quotidien. Essayons ensemble d’expliquer d’où viennent ces différences pour que vous puissiez y voir clair et évaluer votre réponse à vous.

 

 

De nombreux facteurs

 

Les facteurs qui entrent en ligne de compte pour estimer la durée de conservation sont très nombreux, et qui plus est, pas toujours mesurables voire tout à fait aléatoires. Par exemple :

-L’état de santé du bébé : il faut être d’autant plus prudent que le bébé est faible, prématuré ou immunodéprimé

-La propreté du récipient contenant le lait maternel : était-il stérile ou non avant utilisation ? (°)

-L’hygiène de la mère (seins, mains) : elle peut abriter sur sa peau des bactéries pathogènes en plus ou moins grand nombre. Un juste équilibre de la toilette est à trouver, il ne s’agit pas non plus de se frictionner à l’alcool plusieurs fois par jour ! On obtiendrait d’ailleurs l’effet inverse. Une toilette quotidienne au savon suffit.

-Lorsqu’on parle de conservation à température ambiante, il est clair qu’elle varie très nettement si c’est l’hiver ou la canicule, si on est en plein soleil ou dans une salle climatisée.

-L’état de fonctionnement du réfrigérateur ou du congélateur : si le thermostat fonctionne bien ou non.

L’endroit où le flacon de lait maternel est placé dans le frigo. Par exemple, dans la porte la température est plus élevée que dans le fond du frigo. Elle varie également suivant les étages (normalement ces informations sont données sur la fiche technique du réfrigérateur).

-La façon d’utiliser l’appareil : s’il est ouvert régulièrement ou non, et combien de temps il l’est.

On comprend bien qu’il ne peut pas y avoir de solution absolue à cette question mais uniquement des informations et éléments de réponse.

 

 

Une durée maximale pour maîtriser un risque

 

Pourquoi faire attention à ne pas conserver trop longtemps le lait maternel ? Car c’est bien cette question qu’il faut se poser pour comprendre l’enjeu. Le risque, c’est la prolifération bactérienne. Les bactéries sont partout, et notamment sur notre peau. Certaines nous sont indispensables car elles prennent une part importante dans notre vie, par exemple pour notre digestion. Mais d’autres sont pathogènes : elles peuvent entraîner des maladies, et ce d’autant plus qu’elles sont nombreuses et que l’organisme est faible, comme peut l’être celui d’un bébé, qui n’a pas encore un système immunitaire mature.

 

Lorsqu’une femme tire son lait, des bactéries sont présentes dans le biberon de recueil. Le lait maternel est bourré d’agents protecteurs, comme les macrophages, qui vont éliminer une bonne partie des bactéries. Mais au fur et à mesure que le temps de conservation s'allonge, les macrophages seront de moins en moins actifs, et les bactéries risqueront de se multiplier de nouveau. Si ce sont des bactéries pathogènes, il y a un risque pour le bébé.

 

Il y a deux choses à savoir pour bien comprendre :

plus la température est élevée, tout en restant inférieure bien sûr à la température qui tue les bactéries, plus ces micro-organismes vont se multiplier. Voilà pourquoi la durée de conservation du lait maternel est plus courte à 20°C qu’à 4°C.

-lorsque le lait est congelé, il ne se passe plus rien ou presque : les bactéries ne peuvent plus se multiplier. Par contre, ces tueurs de bactéries que sont les macrophages contenus dans le lait maternel, éclatent à la congélation. Une fois le lait décongelé, ces précieuses cellules ne pourront donc plus assurer leur rôle protecteur. Le lait maternel congelé et non consommé devra par conséquent être jeté juste après la tentative de donner le biberon.

 

 

Alors ? Concrètement ?

 

Comme vous l’avez sûrement compris maintenant, il est difficile vu le nombre de facteurs de présumer du temps exact à partir duquel votre lait pourrait commencer à subir une prolifération bactérienne. La théorie voudrait que l’on fasse des analyses en permanence, ce qui est bien sûr impossible. Les durées de conservation sont donc toujours indicatives.

 

Pour les organismes sanitaires, il faut bien communiquer des données à la population, ils ne peuvent pas échapper à cette mission qui est la leur. Mais ces même autorités sanitaires ont également un autre souci en tête : se protéger pour qu’il ne puisse pas être dit qu’un bébé est mort par leur faute. Ce biais va naturellement les pousser à être assez drastiques, et si l'on peut dire, conservateurs… Ainsi, pour l’AFSSAPS, la durée de garde à 4°C est donc de 48 heures. Cela permet que, même si du lait maternel recueilli dans des conditions douteuses, placé dans un frigo qui refroidit plutôt à 10°C qu’à 4°C, avec un grand frère qui se sert en soda toutes les demi-heures et laisse la porte ouverte jusqu’à ce qu'un adulte le remarque, eh bien le bébé ne soit pas intoxiqué. Si le biberon était resté plus de 48 heures dans ces conditions, il y a fort à parier que le lait aurait été impropre à la consommation.

 

Les associations de mamans, comme La Leche League, sont davantage dans l’observation de la réalité, voire dans le cas par cas. Elles sont là pour aider les mamans et ne sont pas dans la crainte d’une responsabilité pouvant être engagée. Elles vont donc, en responsabilisant les mères aux méthodes de conservation, donner des recommandations allant jusqu’à 8 jours à 4°C. Mais cela suppose un réel accompagnement et des explications comme celles fournies ci-dessus.

 

La vérité, c'est donc la vôtre, c'est celle qui colle à votre façon de vivre en conscience de ce que vous faites. En tant que professionnelle de santé, je me dois de présenter par défaut les recommandations officielles françaises en vigueur aujourd’hui qui prévalent en cas de doute. En tant que maman allaitante, j'avais établi lors de mes allaitements de façon empirique une durée de conservation à 4°C qui se trouvait être au milieu des deux recommandations cités ci-dessus.

 

J'espère que ces quelques explications vous permettront de vous sentir moins désarmée face aux différents discours…

 

 

 

(°) Attention, cette phrase n’a pas pour but de pousser à la stérilisation systématique avant chaque utilisation. Nous rappelons juste que la stérilité du contenant est un facteur parmi d’autres. Actuellement, les recommandations officielles sont de ne pas stériliser les biberons si le bébé est en bonne santé et né à terme, et elles sont tout à fait légitimes à notre avis.

 

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