signes d'éveil | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:34:25 +0000 fr-FR hourly 1 Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie) https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/ https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/#comments Tue, 02 May 2017 15:21:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1551 Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que … Continuer la lecture de Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie)

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Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que l’heure de la tétée arrive et la maman s’assoit droite. Et c’est là que démarrent les difficultés. Voyons comment la « stabilisation » et la « géolocalisation » vont pouvoir vous aider. Ces astuces sont valables pour toutes les positions où vous êtes assise droite : madone, madone inversée, ballon de rugby, à califourchon et où vous êtes allongée sur le côté.

L’assise peut être problématique

Etre assise droite nous empêche d’avoir notre enfant dans une position qui favorise le crawl. Nous devons alors l’allonger sur un de ses côtés, et le placer à l’horizontale, ou en oblique. Ce qui fait de nous les seuls mammifères à horizontaliser

leurs bébés, soit dit entre nous ! Cela peut s’avérer douloureux en cas de sutures (épisiotomie, déchirures) ou d’hémorroïdes. Notre corps est soumis à des contraintes : nous devons faire des efforts pour garder cette posture tout au long de la tétée, et tenir/retenir l’enfant. La gravité terrestre devient notre ennemi qui entraîne une fatigue musculaire dans notre dos, notre cou et nos bras.

Si vous vous relâchez, votre enfant peut vous envoyer des messages « tiens-moi mieux, je ne peux pas passer à table ». En outre, l’enfant peut se cambrer et partir en arrière avant de rebondir contre le sein et s’agiter à nouveau. Cela vous oblige à des efforts musculaires intenses pour le ramener contre vous. Il arrive parfois que dans ces moments d’agitation, le bébé ne parvienne à saisir que ce qui dépasse du sein, à savoir le mamelon ! Et il sert très fort pour ne pas tomber, ce qui occasionne souvent une mauvaise prise en bouche et des blessures.

Assise droite peut donc être très fatigant sur le plan musculaire ! C’est pour ça que certaines utilisent un polochon d’allaitement. Voyons quels repères vous permettent de l’utiliser à bon escient.

Stabilisation

Lorsque vous vous asseyez droite, vous devez tenir fermement votre bébé contre vous. Les points de maintien sont l’un au niveau de ses hanches/fessiers, l’autre au niveau des omoplates. Cette stabilisation ferme doit être également répartie à droite, à gauche à l’exemple des « pompes » du sportif. Cela procure un rapport de force équilibré et de la précision pour les mouvements du cou, de la tête, de la bouche qui vont suivre ! Et c’est très important pour un enfant dont on sait que même né en bonne santé et à terme, il lui manque du gainage musculaire !

Imaginez-vous que vous et votre enfant êtes deux pièces d’un puzzle qui s’imbriquent l’une dans l’autre. Dès lors que l’enfant est totalement à l’horizontale ou en oblique, vos corps, vos collines et vallées mutuelles s’épousent harmonieusement. On comprend mieux pourquoi un polochon d’allaitement est utile à condition que l’enfant ne soit pas « dans le trou » ou qu’il n’éloigne pas l’enfant de vous !

La tête chercheuse et la pelleteuse-chargeuse

L’enfant démarre sa séquence de recherche puis de prise du sein en bouche. Il va vouloir développer les mêmes schémas que ceux que nous pouvions voir avec le crawl ; simplement, parce que vous êtes assise droite, vous êtes obligée de maintenir assez fermement votre enfant contre vous. Les réflexes de l’enfant sont restreints, et moins nombreux. Leur manifestation est partiellement modifiée. Ne voyez-vous pas votre bébé « monter », se déplacer vers l’extérieur, « dépasser » votre sein ? Dès le moment où la plante de ses pieds sera en contact avec quelque chose, il s’en servira comme d’un tremplin pour grimper d’un ou deux centimètres. Il aura ainsi tendance à « grimper » trop haut.

Géolocalisation : l’enfant aborde le sein « par en bas »

Votre repère d’installation sera d’amener votre enfant contre vous et d’apporter un maintien. Si vous présentez le mamelon juste devant la bouche du bébé, par réflexe, il risque d’ouvrir la bouche en basculant la tête en arrière et s’énerve, stresse, pleure… Au moment de la prise en bouche, veillez plutôt à ce que son menton touche la partie inférieure de votre sein et que votre mamelon pointe et effleure le sillon sous-nasal (ou philtrum). Il bascule en arrière sans décoller de vous, bouche béante, il rabat alors le haut de son crâne, sa lèvre supérieure se pose sur l’aréole. Vos gestes n’entravent pas sa nuque. Cela n’a rien d’incompatible avec votre main qui, peut-être, soutient votre sein, ou bien qui l’aplatit pour lui donner une forme de « sandwich ».

Le crawl est-il à faire tout au long de l’allaitement ?

Démarrer vos premières tétées, les premiers jours, en position inclinée en arrière, dans l’optique d’un « crawl », c’est ne pas trop se compliquer la vie, éviter une trop grande fatigue, et diminuer les risques de douleur et lésions. Quand vous aurez fait votre apprentissage, vous pourrez tricher en vous asseyant droite sur votre sacrum plutôt que sur vos ischions. Décalez un peu vos fesses, par rapport à l’assise du canapé. Moins inclinée qu’avant peut-être, vous ne serez pas non plus droite comme un « i ». Votre bébé et vous-mêmes serez devenus plus experts dans votre installation personnelle et mutuelle. Une large partie des étapes d’installation initiale aura disparu, vos tâtonnements respectifs également.

Pour vous faciliter la vie, un conseil : n’attendez jamais que votre enfant ait faim pour vous installer. Essayez de privilégier des périodes de peau à peau avec votre enfant qui offre un dialogue accru et touche au mental, au physiologique, au biochimique.

Je conclurai sur une anecdote : la position inclinée en arrière consiste à vous mettre dans une position mi-assise droite, mi allongée à plat dos (ex. : en salle de naissance).  Il y a 18 ans j’avais inventé la position « avachie cool sur le canapé », et on peut trouver cette expression sur des pages web que j’ai rédigées. Mon motif à l’époque, était surtout le confort et la relaxation qui allaient de pair. Il y a une petite dizaine d’année, une sage-femme, Susanne Colson, a réalisé de nombreux travaux sur une position qu’elle a nommé Biological Nurturing®, où l’enfant exprime plus de 20 réflexes de séquence de recherche et de prise en bouche du sein. La mère est inclinée en arrière. Je vous encourage à visiter son site, pour découvrir des photos qui ouvriront le champ de possibles adaptations.

Références :

  • Amiel-Tison, qui a fait des découvertes intéressantes en neurologie pédiatrique, on la retrouve aussi dans les impacts des pratiques autour du travail et de l’accouchement, qui n’a cependant absolument pas vu les implications qu’elles pouvaient avoir en rapport avec l’allaitement au sein, et qui ont partiellement servi de base pour d’autres chercheurs, par rapport à l’allaitement:-)
  • Colson, Suzanne ; Gangal & Baghat (Gold14) ; Genna-Watson, Catherine ; Glover ; Morris & Klein ; Odent,Michel ; Righard & Alade ; Schore, Alan ; Smillie, Christina ; üvnas-Möberg ; Widström

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/ https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/#comments Thu, 13 Apr 2017 20:13:37 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1547 Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la … Continuer la lecture de Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse

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Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

Vous êtes en salle de naissance, allongée inclinée en arrière, votre enfant naît. Le personnel vous le présente, le sèche, et le dépose sur votre poitrine. Tandis que le personnel vous surveille, vous liez connaissance avec votre enfant. Vous le caressez, vous souriez, vous riez, vous pleurez peut-être. Parfois, il a fallu donner un soin à votre bébé, et voici qu’il est contre vous. Vous êtes assez confortable si l’on fait abstraction des tensions physiques du travail et de l’accouchement. Vos mains caressent votre enfant, elles le contiennent, il repose totalement sur vous. Après une période de repos normale et physiologique, votre bébé entame le crawl (ramper en anglais). Vous remarquez qu’il « grimpe » le long de votre corps, à l’aide de ses bras, de ses jambes. Il tape de la plante des pieds contre votre cuisse, et se hisse de peut-être deux centimètres vers votre poitrine. Ou encore, il glisse le long de votre corps, le menton en appui contre votre peau, le nez vers le haut ; il renifle vos seins et cette odeur le guide. Votre enfant vous fait la démonstration d’une véritable tête chercheuse. Et si votre voix le dirige, c’est le parfum de vos seins qui fait office de guide suprême. Notons qu’il est recommandé d’éviter de se « récurer » le torse avant l’accouchement. C’est aussi pourquoi l’on recommande de plus en plus de sécher l’enfant à l’exception de ses mains et avant-bras. Laissez les bras et mains de votre bébé tranquilles. Avez-vous remarqué que si votre enfant place sa main à un endroit, et que vous la retirez « par exemple parce que cette main vous bouche la vue » alors votre enfant s’agite, stresse, voire pleure ? C’est tout simplement parce que votre enfant a besoin de ses mains et de ses bras pour entamer la séquence naturelle de sa tétée.

Puis votre bébé avance une main, pétrit votre sein. Il balaye votre poitrine avec ses joues, et c’est étonnant car de votre point de vue, on dirait qu’il dit « non ! ». En réalité, il recherche le sein. Votre bébé semble en repos, quand soudain il se propulse sur le sein qu’il a choisi. Le mouvement, d’une grande amplitude, peut sembler violent. Il fait le pivert, lève la tête haut, puis la laisse retomber sur votre sein, relève la tête, la relaisse tomber, se redresse, plante le menton dans le sein, et son menton faisant office de chargeur du BTP, « ham ! » le saisit en bouche, d’un coup, alors que ne vous y attendiez pas.

A moins que votre enfant n’ait un défaut anatomique, ou bien un blocage au niveau des structures orales ou de ce qui les alimente, cette prise en bouche est profonde. Ses mâchoires forment un grand angle (>120°). Ses lèvres sont ourlées souplement et solidement sur l’aréole. Il prend une grande partie d’aréole en bouche, davantage en bas qu’en haut. Son menton est enfoncé dans le sein, et son nez est légèrement décollé.

Cet ensemble de séquences a demandé plus d’une heure. En effet, les enfants prennent le sein environ 50 mn après leur naissance, en supposant qu’ils n’aient pas été séparés de leur mère, qu’ils aient été posés sur le torse maternel et séchés. Certains enfants auront besoin d’une vingtaine de minutes de plus.

Instant magique, suspendu dans le temps. Voilà un moment merveilleux que la plupart des jeunes mères peuvent avoir la chance de vivre, pour peu qu’on laisse le bébé dérouler son enchaînement naturel sans le brusquer ni l’en détourner.

Parfois, cette première tétée n’a pas pu avoir lieu, pour diverses raisons. J’encourage alors les mamans à réaliser un véritable peau à peau : pas de soutien-gorge, pas de vêtement sur le devant du torse, enfant en couche et éventuellement avec un bonnet, une couverture ou un linge adapté sur le dos de l’enfant, et se donner du temps ! Lorsqu’on démarre un allaitement, maman et enfant ont des compétences, mais ils sont novices. Ils peuvent tâtonner, et c’est normal.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus).
En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel.

 

 

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Un démarrage d’allaitement réussi https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/ https://www.leblogallaitement.com/un-demarrage-dallaitement-reussi/#comments Wed, 16 Nov 2016 12:14:17 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1463 Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps. J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs … Continuer la lecture de Un démarrage d’allaitement réussi

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Cette semaine, j’avais envie de revenir à nos origines en vous relatant la belle histoire d’allaitement d’une maman que j’ai suivi il y a peu de temps.

J’ ai connu Amandine* lors de son premier allaitement, il y a deux ans déjà. Son bébé, Flore*, avait trois mois et prenait peu de poids. Après plusieurs ajustements, elle a pu poursuivre  son allaitement jusqu’il y a quelques mois.

C’est en avril dernier qu’ elle me recontacte lors de sa deuxième grossesse. Elle allaite toujours Flore une fois par jour et sent qu’elle se sèvre doucement. Ses questions ne concernaient donc pas le co-allaitement.

Non, elle souhaite revoir les bases du bon démarrage de l’allaitement car le premier avait été très difficile. Flore dormait beaucoup et tétait peu.

La maternité où elle a décidé d’accoucher n’étant pas très à l’écoute par rapport à l’allaitement, je lui conseille de faire un maximum de peau à peau et d’observer son bébé pour le mettre au sein au moindre signe d’éveil.

Après un accouchement un peu difficile, son bébé (Aude*) , endormie met du temps à être efficace : enfin c’est ce que pense Amandine parce qu’elle tète que trois à cinq minutes…

Je les vois toutes les deux en sortant de la maternité au quatrième jour. Nous faisons le point : bonne nouvelle !!

Aude n’a perdu que 90g et a déjà repris son poids de naissance !

Mais Amandine est fatiguée, Aude tète très souvent entre 20 et 25 fois par 24h quelques minutes uniquement.

De plus, lors de l’observation d’une tétée  je remarque que  Aude claque la langue, ce qui est signe d’une mauvaise prise du sein. On revoit ensemble la prise du sein asymétrique et la position BN (Biological Nurturing ) pour une prise du sein plus profonde,  la langue claque moins souvent.

Je lui propose également de voir l’ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de tension dans la mâchoire ou un frein de langue qui gênerait la prise.

Je repasse les voir quelques jours après et constate déjà une amélioration : Aude semble mieux téter, elle est surtout gênée au début de la tétée par le réflexe d’éjection fort  (REF ) de sa maman.

L’ostéopathe a effectivement trouvé une tension à l’arrière de la langue d’Aude qui l’empêchait de bien la dérouler et de faire l’étanchéité.

Aude tète moins souvent mais plus longtemps, sa prise de poids est toujours bonne.

Trois semaines après la naissance d’Aude,  je les revois toutes les deux en pleine forme. Aude a encore la langue qui claque par moments probablement dû au REF mais Amandine sait gérer ce problème. Elle tète 10 à 12 fois par 24h.

Amandine est vraiment soulagée malgré un accouchement difficile, le démarrage de son allaitement est un succès ! Elle est prête à vivre de beaux mois ( années ? ) remplis de tétées et de câlins avec Aude.

  • par souci d ‘anonymat les prénoms ont été modifiés
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La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/ https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/#respond Tue, 28 Jun 2016 13:40:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1389 Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ». Qu’en est-il au juste ? Souhaitez-vous pouvoir … Continuer la lecture de La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande

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Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ».

Qu’en est-il au juste ?

Souhaitez-vous pouvoir dire « Je suis émerveillée de constater que je produis exactement le lait qu’il faut pour mon bébé » ?

À partir de la naissance, dès que le placenta est expulsé et dans les 48h qui suivent, la chute de la progestérone, une des hormones de la grossesse, va permettre à la prolactine, hormone qui entraîne la production du lait, d’être pleinement fonctionnelle amenant ainsi le sein à produire du lait en volume suffisant après avoir produit le colostrum ; c’est ce que l’on a coutume d’appeler la « montée laiteuse ». Dès le 4ème mois de grossesse, la prolactine agit sur les cellules capables de produire le lait et leur fait débuter la production mais en toute petite quantité, tout comme les deux premiers jours après votre accouchement. Votre prolactine est comme un moteur très puissant qui serait très très bridé. Ici c’est la progestérone qui la bride. Dès ce moment de bascule hormonale que constitue la montée laiteuse, la production de lait va être régulée au niveau de chaque glande mammaire bien qu’elle reste sous dépendance du taux basal de prolactine durant les six premières semaines environ.

Comment se joue alors cette régulation ?

La glande mammaire va fonctionner vraiment selon la loi de l’offre et de la demande dans le commerce et les sites de fabrication des produits : c’est la quantité de lait prélevée de votre sein (ce qui serait la demande d’un client) qui va induire une commande plus ou moins importante de la fabrication (ce qui est la réponse ajustée des unités de production à ce qui se vend).

Au départ, vos hormones lancent votre production à bonne allure, une allure qui vous est propre et individuelle. Si vous prélevez peu de lait, votre allure va baisser pour s’ajuster et éviter de stocker du lait pour rien. Si vous prélevez ce qui est disponible, vous maintiendrez votre allure. Enfin, si vous prélevez ce qui est disponible plus fréquemment qu’à l’habitude, vous augmenterez alors votre allure.

Lors d’une tétée, la succion de votre bébé stimule des fibres nerveuses situées principalement sous et sur le côté de l’aréole, ce stimulus est reçu par l’hypothalamus qui va induire de ce fait deux réponses effectuées par la glande hypophysaire :

  • la sécrétion de l’hormone ocytocine, permettant l’éjection du lait contenu dans votre sein en faisant se contracter de petites fibres musculaires qui entourent les unités de production du lait et,
  • la sécrétion de l’hormone prolactine qui induira une continuité dans la production.

En pratique : si votre bébé tète quasiment tout le lait présent dans votre sein, il induit une commande de lait plus élevée que s’il ne tète que la moitié ou 1/3 ou moins encore de ce que vous aviez produit, et plus il le fait fréquemment plus c’est vrai.  C’est-à-dire qu’en tétant fréquemment quasiment tout le lait disponible, il amène votre sein à augmenter la vitesse à laquelle il produit. Donc, en quelques jours votre sein aura produit plus sur 24h, même si votre sensation de seins toujours souples vous fait penser le contraire. À l’inverse s’il tète peu, après la tétée votre sein n’est pas pleinement drainé et pas totalement souple, cela induira une production plus faible après cette tétée que s’il avait pris plus de lait, et si, de plus, votre bébé revient sur ce sein longtemps après : eh bien ce sein aura eu le temps de stocker du lait ce qui induit le message vers votre cerveau :  « produis moins car on n’ a plus besoin d’autant » et la vitesse ralentit, ce qui en quelques jours aboutit à une production moindre sur 24h .

Beaucoup de situations de lactation jugée insuffisante sont des situations où la lactation n’a pas atteint un niveau optimal faute d’un drainage optimal et fréquent.

Le nouveau-né allaité exclusivement tète en moyenne 8 à 12 fois par 24h à un rythme irrégulier. En suivant ses signes d’éveil  vous devriez vous assurer une production adéquate. Si ce n’est pas le cas c’est le moment de se tourner vers votre sage-femme ou une consultante en lactation diplômée.

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères

 

 

 

 

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Allaitement : et si on encourageait les mères en surpoids à tenter l’aventure ? (épisode #2) https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-si-on-encourageait-les-meres-en-surpoids-a-tenter-laventure-episode-2/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-si-on-encourageait-les-meres-en-surpoids-a-tenter-laventure-episode-2/#respond Thu, 02 Jun 2016 15:19:08 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1330 Dans un précédent article, nous avons passé en revue certaines des difficultés auxquelles les mères en surpoids peuvent être confrontées lorsqu’elles désirent allaiter. Voici un complément d’astuces pratiques qui leur permettront de savourer elles aussi cette aventure avec bonheur et délectation. Les défis liés aux aspects mécaniques Accoucher d’un bébé lorsqu’on est en surpoids ou … Continuer la lecture de Allaitement : et si on encourageait les mères en surpoids à tenter l’aventure ? (épisode #2)

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Dans un précédent article, nous avons passé en revue certaines des difficultés auxquelles les mères en surpoids peuvent être confrontées lorsqu’elles désirent allaiter. Voici un complément d’astuces pratiques qui leur permettront de savourer elles aussi cette aventure avec bonheur et délectation.


Les défis liés aux aspects mécaniques

Accoucher d’un bébé lorsqu’on est en surpoids ou obèse, signifie une plus large proportion de naissances difficiles, de césariennes, de recours à l’usage d’instruments tels que forceps ou ventouse. Et là se situe un autre souci, infantile celui-là : l’enfant risque de ne pas téter de façon efficace, des douleurs ou blocages au niveau de la mâchoire et / ou cervicales pouvant s’opérer lors du travail ou de la naissance.
L’enfant risque également d’être somnolent du fait de la péridurale.
Ces seuls deux points expriment un risque de ne pas pouvoir se nourrir correctement et par conséquent la possibilité de développer un ictère (jaunisse), et/ou subir une grosse perte de poids.
L’enfant risque également d’avoir une glycémie instable difficile à gérer avec un bébé dormeur et qui ne peut pas utiliser correctement ses lèvres, langue, et mâchoires pour vider efficacement le sein.
  1. Si l’enfant réclame le sein, vous pouvez compresser votre sein durant toute la tétée (tant qu’il y a du colostrum) puis quand les volumes commencent à augmenter : compresser le sein lors des phases où le bébé tète mais ne boit pas afin que plus de lait s’écoule dans sa bouche.
  2. Si l’enfant ne réclame pas le sein, ou que les tétées ne semblent pas efficaces :
    • Extrayez du colostrum dans une coupelle toutes les 2h, et donnez ce colostrum à votre bébé toutes les 2h avec une cuillère à café, voire au doigt, en étant bien attentive à ses réponses.
    • Valeurs indicatives :
      • Les premières 24h de vie: 1 cuillère à café de colostrum toutes les 2 h ( de quelques gouttes à 10ml selon les auteurs ) (1,2) ,
      • Entre 25 et 48h : 1 cuillère à soupe de colostrum toutes les 2h ( de 5 à 15 ml) (1,2)
      • Entre 48 et 72h : 35-40 ml par tétée (entre 3 et 4 cuillères à soupe par tétée) (1,2)
Petits trucs avant une naissance par césarienne :
Prévoyez avant de partir à la maternité un petit récipient hermétique (vous en aurez discuté avec l’équipe de votre maternité) et que vous aurez rempli de votre colostrum. Il pourra être donné (je suggère toujours par le papa!) à votre bébé si vous êtes indisponible pour la première tétée. Vous pourrez éventuellement charger votre compagnon d’extraire le colostrum durant les premières heures si vous même « vous ne le sentez pas ».
Vous pouvez envisager de commencer ces extractions à mettre au réfrigérateur, les tous derniers jours avant la naissance ; tandis que vous stimulerez vos seins et mettrez votre bébé au sein, ce colostrum « prénatal » pourra être donné au bébé à la cuillère en « complément » de sécurité.
L’image de soi, un empêcheur d’allaiter
Certaines mamans ne se sentent ni confortables ni en confiance pour allaiter en public y compris devant du personnel soignant. Allaiter quand la famille et les amis rendent visite peut devenir un challenge insurmontable.
  • Les soignants peuvent cependant dispenser des astuces d’installation et se cantonner à soutenir sans jugement ;
  • Leur primordialité sera d’apporter un maximum d’intimité quand un des seins est découvert et de respecter la pudeur de la maman (vis-à-vis des autres soignants, de la maman partageant la même chambre etc.) ;
  • Un châle large et léger peut envelopper maman et enfant pendant une tétée, un peu à l’écart du groupe et ainsi préserver leur intimité à tous les deux !
  • Sinon s’éloigner, le temps qu’elle tire son lait pour que l’enfant soit nourri s’il ne l’est pas au sein.
Seins larges et mamelons aplatis éventuels
Il peut sembler compliqué de faire prendre un sein très large à un bébé ; un mamelon à tendance plate peut compliquer la prise en bouche ; ceci participe aux douleurs et lésions (crevasses). Si la mère avait perdu beaucoup de poids, il peut être difficile d’installer l’enfant à un sein devenu « penduleux » et dont on ne voit pas le mamelon.
  • Une serviette roulée, placée sous le sein, permet de « relever » le sein, l’aréole peut être plus visible ;
  • Des coussins fermes sous la partie externe du sein peuvent permettre de relever le sein, de le conformer plus ;
  • Un coussin d’allaitement fait maison ou prévu pour jumeaux, qui soit assez large pour accueillir sein et enfant ;
  • Une seringue dite modifiée, reprenant le principe de la « Niplette », utilisée avant les tétées, peut contribuer à faire ressortir un mamelon aplati ;
  • Présenter l’aréole en « tasse de thé » avec les doigts « derrière le mamelon » peut contribuer à faire ressortir ce dernier ;
  • Il existe d’autres astuces réservées aux seins larges ou penduleux.
  • Il convient d’éviter les positions où le poids du sein repose sur le bébé.
Lors de l’utilisation d’un tire-lait, on fera attention à choisir le bon diamètre de téterelle (la partie en contact avec le sein) afin que le mamelon ne frotte jamais contre la paroi du tunnel (voir article connexe « plus de lait au tire-lait »).
Pathologies liées, traitements divers dont vitamines
  • Il y a un risque de diabète gestationnel, qui doit être pris en compte quand on sait que l’insuline est notamment nécessaire à la « montée de lait ».
  • Il y a un risque d’hypertension, et le médecin prendra garde de ne pas prescrire de clonidine chlorhydrate car il abaisse la prolactine alors que la maman obèse a déjà des taux plus bas de prolactine que la moyenne.
  • En cas de chirurgie bariatrique (by-pass gastrique), bien prendre les vitamines, ne pas hésiter à demander au médecin s’il faut en augmenter les doses, s’il faut supplémenter l’enfant en vitamine B12.
NE PAS ATTENDRE – DE BONNES ALTERNATIVES :
L’on se rend compte finalement, que les mères obèses voire en surpoids seul, cumulent des difficultés, il faut reconnaître cependant qu’elles ne reçoivent pas les informations et astuces nécessaires pour les aider dans leur projet d’allaitement ; c’est peut-être ce qui participe à autant de problèmes de production de lait, de « transfert de lait », et donc de durées d’allaitement. Du fait du problème hormonal qui concerne une prolactine diminuée, une piste à explorer pourrait être la prise de prolactine humaine recombinante à défaut de remèdes homéopathiques ou phytothérapeutiques qui en élèveraient le taux. Il faut également s’appuyer sur des recommandations de première tétée précoce, de peau-à-peau, de stimulations très fréquentes des seins, plus fréquentes qu’en temps ou situation ordinaire. Le démarrage peut être très ardu, réclamer beaucoup d’attention et d’énergie chez la maman, mais le plus important est peut-être de donner le plus de chances possibles, pour que la maman, bien informée, fasse ses choix, sans se retrouver à « subir ».
Mon meilleur conseil sera de vous rapprocher, durant votre grossesse puis après la naissance de votre bébé, d’une personne bien formée en allaitement maternel. Il pourrait s’avérer important pour vous de maîtriser à l’avance certaines positions d’allaitement si vos seins sont très larges notamment, ou de partager des astuces pour allaiter discrètement mais également de discuter de des possibilités et de votre choix parmi les conseils possibles et proposés.
Mon autre meilleur conseil sera : en allaitement rien n’est jamais « fichu-foutu » ; mais plus on s’y prend tôt, plus on retrouve facilement l’harmonie lactée !
Surpoids: IMC de 26-29 kg/m2
Obésité: IMC supérieur à 29 kg/m2
[Références] :
(1) Riordan 2015 using: Memorial Hospital, Helping Babies Breasrfeed 2010, Colorado Springs, Colorado
(2) Walker 2015 Breastfeeding Management for the clinician Table 2-5
Césarienne : 50% + de risques césarienne (doublé pour les mères obèses) (Poobalan, Aucott, Gurung, Smith, & Bhattacharya, 2009).
Retard, insuffisance à 60h : Chapman & Perez Escamilla, 1999, 2000h Retard : Hilson, 2000; Rasmussen, Hilson, & Kjolhede, 2001 Nommsen-Rivers, Chantry, Peerson, Cohen, and Dewey (2010) Dewey, Nommsen-Rivers, Heinig, and Cohen (2003)
Arrêt avant sortie maternité : Hilson, Rasmussen, & Kjolhede, 1997). Durée : Donath & Amir, 2000 Prolactine diminuée : Rasmussen & Kjolhede, 2004
[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+
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Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

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Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


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L’importance du peau à peau https://www.leblogallaitement.com/limportance-du-peau-a-peau/ https://www.leblogallaitement.com/limportance-du-peau-a-peau/#comments Thu, 07 Jan 2016 13:51:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1243 À la naissance, s’il va bien, votre bébé sera délicatement séché avec un lange chaud, coiffé d’un bonnet et placé nu en couche contre vous. On appelle cela le contact peau à peau. Vous serez alors tous deux couverts d’un tissu chaud. Ce moment privilégié, loin d’être anecdotique, est un véritable soin à la naissance. … Continuer la lecture de L’importance du peau à peau

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À la naissance, s’il va bien, votre bébé sera délicatement séché avec un lange chaud, coiffé d’un bonnet et placé nu en couche contre vous. On appelle cela le contact peau à peau. Vous serez alors tous deux couverts d’un tissu chaud. Ce moment privilégié, loin d’être anecdotique, est un véritable soin à la naissance. Découvrons-en les bienfaits.

Si votre bébé avait la capacité de parler, voici ce qu’il aimerait vous en dire :

– Maman, quand je suis en peau à peau avec toi :

  • Je suis plus détendu et je pleure moins. Depuis 9 mois que je suis en permanence et à 100% en contact avec toi, j’apprécie ce moment qui adoucit le changement soudain, alors je me remets plus vite de ma naissance.

  • Je suis maintenu bien au chaud.

  • Mon métabolisme est mieux régulé (oxygénation, glycémie)

  • Je ressens moins ce qui a éventuellement pu m’endolorir pendant l’accouchement.

  • Je me trouve placé exactement au bon endroit et dans la bonne posture pour chercher et trouver ton sein que je vais probablement téter dans les 2 heures qui suivent ma naissance. Je suis là où je m’attends à être à mon arrivée : tout contre toi, proche des battements de ton cœur, de ta voix, que je connais si bien. Nos regards pourront se croiser facilement. Et, dans cette danse, guidé par l’odeur de ton sein qui ressemble à celle du liquide amniotique dans lequel je baignais, je pourrai recevoir les précieuses défenses dont j’ai besoin en me délectant de ce lait si spécial, jaune comme l’or : le colostrum.

Et ce n’est pas tout ! Pour toi aussi maman c’est un moment formidable :

  • Tu as plus chaud aussi.

  • Tu sécrètes plus d’ocytocine, cette hormone qui va contracter ton utérus l’aidant à reprendre sa forme initiale, qui va m’aider à obtenir le colostrum quand je téterai, te détendre aussi.

  • Tu as plus confiance en toi et tu peux prendre le temps de me découvrir, toute disponible à moi. Cela renforce notre lien.

  • Ton mamelon sera plus facile à attraper.

Nous serons installés en sécurité :

  • Ma tête tournée sur le côté, mon nez bien dégagé.

  • Je serai placé sur la surface ferme de ton buste, ton dos restant quelque peu incliné.

  • La sage-femme expliquera à mon papa comment l’aider à veiller régulièrement à la coloration de ma peau et à maintenir mon nez bien dégagé.

Et dans la chambre nous pourrons poursuivre le peau contre peau si nous le souhaitons. Cela facilitera les tétées et mon endormissement.

Le sais-tu ?

  • Si je suis né(e) par césarienne, la plupart des équipes en France me placeront en peau à peau sur mon papa. Et quand tu seras suffisamment réveillée et disponible, je viendrai sur toi.

  • Le Dr Nils Bergman1 a montré que les nouveau-nés qui sont restés plus de 50 mn en peau à peau ininterrompu à la naissance sont 8 fois plus susceptibles de prendre le sein spontanément ensuite que ceux qui n’en ont pas bénéficié.

  • Ce soin est de plus en plus mis en place dans les services de néonatologie car il favorise mon développement et notre lien.

En somme, le peau à peau est un de ces outils pratiques, accessibles à la majorité d’entre nous, en tout temps disponible et une sacrée aide pour un bon démarrage de l’allaitement. Profitons-en !

Bibliographie

  • 1 Moore ER, Anderson GC, Bergman N. Early skin-to-skin contact for mothers and their healthy newborn infants. Cochrane Database of Systematic Reviews 2007, Issue 2.

  • Le regard du naissant, Dr Marc Pilliot, pédiatre (Les Cahiers de maternologie, 2005).

  • Accueil du nouveau-né en salle de naissance, Dr Gisèle Gremmo Feger (Les Dossiers de l’allaitement, n°51).

  • American academy of pediatrics. Caring for your baby and young child: birth to age 5, Bantam Books. 2004. 752 pages.

[Auteure] : Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, 
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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Débuter l’allaitement : Comment savoir quand mon bébé a besoin de téter ? https://www.leblogallaitement.com/debuter-lallaitement-comment-savoir-quand-mon-bebe-a-besoin-de-teter/ https://www.leblogallaitement.com/debuter-lallaitement-comment-savoir-quand-mon-bebe-a-besoin-de-teter/#respond Tue, 08 Dec 2015 11:29:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1223 De nombreuses mères le reconnaissent, elles sont inondées de conseils contradictoires. Faire le tri et s’y retrouver devient parfois un véritable défi au début de l’allaitement ! Voici quelques conseils pour y voir plus clair. Coup de projecteur sur les signes qui montrent que le nouveau-né est prêt à téter. Les premiers jours et les … Continuer la lecture de Débuter l’allaitement : Comment savoir quand mon bébé a besoin de téter ?

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De nombreuses mères le reconnaissent, elles sont inondées de conseils contradictoires. Faire le tri et s’y retrouver devient parfois un véritable défi au début de l’allaitement ! Voici quelques conseils pour y voir plus clair. Coup de projecteur sur les signes qui montrent que le nouveau-né est prêt à téter.

Les premiers jours et les première semaines représentent pour vous et votre bébé une période parfois déstabilisante d’apprentissage et d’adaptation. Grâce à une meilleure connaissance du processus de lactation, de la composition du lait maternel [1- 2] et des besoins et rythmes du nouveau-né, nous savons maintenant qu’il peut exister une grande diversité de rythmes alimentaires, presque autant que de couples mère-enfant ! [3] Il est salvateur d’observer votre bébé plutôt que la montre : cela s’appelle « allaiter aux signes d’éveil ».

Votre bébé a une façon toute particulière de vous indiquer qu’il est prêt à téter :

  • Les yeux encore fermés : il s’étire, tète légèrement sa langue, remue la bouche, fait de petits mouvements des yeux sous les paupières, de petites mimiques. Il est alors très proche de l’éveil, en sommeil léger et il est prêt à téter.

  • Il est éveillé et regarde calmement autour de lui, ne semblant pas chercher le sein, il est pourtant dans de bonnes conditions pour téter : en phase d’éveil calme.

  • Il est éveillé et s’agite, porte ses mains à sa bouche, tourne la tête pour chercher le sein : c’est une demande facilement perceptible que l’on appelle l’éveil agité.

Dans toutes ces situations il est important de lui proposer le sein. Cela favorisera un meilleur déroulement de la tétée, en outre cela lui offrira la possibilité de recevoir tout le lait dont il a besoin. Cela favorisera la mise en place de votre lactation et préviendra enfin la survenue d’un engorgement.

Un bébé qui pleure a déjà montré des signes d’éveil auparavant mais ils n’ont pas été perçus ou on n’y a pas répondu. Il est alors souvent plus difficile de le mettre au sein. Sur une période de vingt quatre heures, il peut ainsi rater quelques tétées pourtant si précieuses pour couvrir tous ses besoins. Ajoutons que la dépense énergétique provoquée par les pleurs n’est pas négligeable: si l’on n’ y prend garde, c’est ainsi que surviennent les difficultés.

Allaiter aux tous premiers signes d’éveil est une conduite d’allaitement recommandée pour tous les bébés nés à terme et s’avère particulièrement nécessaire lorsque :

  • votre bébé semble peu réclamer, qu’il dort beaucoup ou bien lorsqu’il est né avec une légère prématurité

  • lorsqu’il perd trop de poids les premiers jours

  • lorsqu’il est en difficulté pour trouver le sein ou téter efficacement

  • lorsqu’il mouille peu ses couches

  • lorsqu’il ne prend pas assez de poids

  • lorsque vous souffrez d’engorgement.

Nous venons de le voir, allaiter aux signes d’éveil est une des stratégies qui participent au démarrage optimal de l’allaitement. Si elle est préconisée pour éviter des désagréments, elle garantit aussi une mise au sein des plus harmonieuses.

Bibliographie

[1] Kent JC et Al, 2006, Volume and frequency of breastfeeding and fat content of breastmilk throughout the day

[2]. Hartmann PE., « Régulation de la synthèse du lait chez les femmes », Hors Série des Dossiers de l’Allaitement de la Journée Internationale de l’Allaitement à Paris, 2000.

[3] Gisèle Gremmo-Feger, Physiologie de la lactation, Les Dossiers de l’obstétrique, 424 Mars 2013

Le guide l’allaitement maternel de l’INPES
Allaitement à la demande, allaitement aux signes d’éveil – Feuillet de la Leche League France

[Auteure] : Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

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