entourage | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 07 May 2020 17:07:07 +0000 fr-FR hourly 1 L’allaitement, source de réseau social https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/#respond Thu, 07 May 2020 17:07:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2049 J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient … Continuer la lecture de L’allaitement, source de réseau social

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J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient sauvé les femmes au nom d’un certain féminisme.

La sage-femme qui m’avait suivie pendant ma grossesse et durant mon accouchement ne m’avait pas bien préparée à cette activité quotidienne qui m’attendait. Dès le début, sans rien savoir, je mettais simplement mon fils, au sein, quasiment toute la journée. Et c’est seule que j’ai vécu la montée de lait, trois jours après. Je me suis également débrouillée sans aide avec le tire-lait. Le modèle que l’on m’avait loué n’était pas le plus adapté pour moi mais je l’ignorais à ce moment-là. Que d’expériences déstabilisantes, de moments de solitude, de sentiments d’être novice !

Heureusement, mon entourage m’a conseillé de rentrer en relation avec la LLL (La Leche League). Ce fut une merveilleuse opportunité. Grâce à internet, j’ai pu rencontrer d’autres femmes, lire leurs témoignages, demander des conseils, les appeler, et même leur demander des services ou en rendre moi-même par ce biais… Oser aller vers des inconnues qui partageaient avec moi les joies et les inquiétudes légitimes de la maternité, quel cadeau ! Enfin, je ne me sentais plus seule. J’apprenais qu’il existe plusieurs groupes de soutien de mamans. J’avais la possibilité d’échanger par messagerie privée par internet et nous pouvions nous rencontrer physiquement de façon régulière selon les besoins de chacune. Ce principe très chaleureux m’a tout de suite plu. Et quand bien même il n’existait pas de groupe physique à côté de chez moi, j’ai pu rejoindre un groupe de mamans allaitantes.

La qualité des échanges, la disponibilité de chacune m’ont fait le plus grand bien. Quand on materne un nourrisson, on se pose une multitude de questions et pouvoir lire les messages la nuit, lors des insomnies, échanger en allaitant, savoir que l’on n’est pas seule, est vraiment précieux. Et si on a la chance de pouvoir se déplacer à des réunions et rencontrer d’autres mamans en sachant qu’on y sera reçue avec son bébé, ses autres enfants le cas échéant et son conjoint, c’est encore mieux. Que de ressources alors à ma portée ! Je me suis tout de suite sentie moins seule.
En outre, se sentir accueillie comme on est, sans jugement, avec bienveillance et être écoutée, c’est si rare. D’autres mamans avaient des vécus et des questionnements proches des miens ; je pouvais m’identifier, et être soutenue et épaulée aussi. C’est inégalable !

Ce réseau m’a permis de continuer mon allaitement, de conjurer certaines peurs. Ça m’a rendu plus forte. L’échange s’est même étendu bien au-delà de messages cordiaux. Il est devenu une source de bien-être et de confiance en moi !

J’ajoute que j’ai fait rayonner ce que mon réseau de mamans m’apportait. C’est ainsi que je me suis sentie en confiance pour allaiter au parc, au restaurant. Et cela s’est traduit par des regards émerveillés, admirateurs. Certaines femmes exprimaient même leur gratitude de pouvoir être témoin d’un tel spectacle simple et naturel d’amour et de lien.

Il se trouve aussi que nous venions tout juste d’emménager dans une nouvelle résidence. Mon allaitement a été le moyen de tisser un lien rapide et même intime avec les jeunes mères résidentes qui allaitaient elles aussi. Quel bonheur de partager ensemble nos astuces, nos lectures, en plus des habits d’enfants. De ce fait, je suis même devenue une référente auprès de mes amies, qui n’ont pas hésité ensuite à venir me demander conseil. Cela a créé une proximité incroyable.

Et ce sujet se déploie au-delà de notre sphère intime puisque je me suis sentie libre de l’évoquer auprès de praticiens soignants (ostéopathe, dentiste…). L’allaitement ne laisse certainement pas indifférent. Il peut même créer des connexions inattendues.

[Biographie] :


Juliette, maman de Tim 5,5 ans et 3,5 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités . Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

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« Confinement et allaitement » https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/#comments Mon, 27 Apr 2020 06:50:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2043 #restezàlamaison . Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le … Continuer la lecture de « Confinement et allaitement »

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#restezàlamaison .

Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le début du confinement.

Isaline nous raconte son quotidien de maman de 4 enfants, de 12 ans, 10 ans, 2 ans et demi et 3 mois. Confinés en famille dans son appartement, elle nous dit se sentir avec son compagnon « en gestion de crise permanente ».

Ses ainés de 12 et 10 sont vraiment indépendants, mais son petit garçon de 2 ans et demi est très demandeur depuis la naissance de sa petite sœur il y a 3 mois, encore davantage depuis le début du confinement.

Lui qui avait été sevré durant la grossesse, redemande le sein quotidiennement depuis l’arrivée dans la famille de sa sœur. Isaline sent « qu’il est dans une phase de régression, qu’il a besoin de réassurance bien légitime, ce que je veux lui offrir bien sûr, mais ses demandes permanentes ne sont pas simples à gérer ». Pour elle, la priorité dans son allaitement reste son bébé, qui est en allaitement exclusif, « c’est elle qui a le plus besoin de mon lait bien sûr » et « avec la reprise des tétées très fréquentes pour Éthan, je sens que je suis à la limite de l’engorgement très régulièrement, ce qui contribue à ma fatigue générale ».

Dans cet immense challenge de maman, il y a aussi ses parenthèses de douceur. « Quand je m’isole avec Ninon, je prends le temps d’une tétée en m’installant dans un endroit calme de la maison, c’est un vrai moment pour moi, pour souffler. Je la regarde, elle est vraiment parfaite ».

Moment suspendu.

Certaines n’osent pas le dire, ou alors à demi-mot, car elles ont peur que cela soit mal perçu, elles ne veulent pas paraître maladroites, mais « ce confinement a un air de liberté ».

C’est ce que nous explique Céline, cadre supérieure. Pour elle, la reprise était prévue pour avril, sa petite Victoire allant avoir 4 mois. Les dernières semaines avant la reprise sont difficiles, elle « a le cœur brisé » de devoir reprendre le chemin du travail alors qu’elle commence à peine à installer son allaitement, à connaître sa fille et à tisser ce lien précieux avec elle.

« Pour moi, ce confinement est arrivé comme une aubaine, je devais reprendre, mais compte tenu de mon emploi, j’ai pu obtenir une autorisation spéciale d’absence afin de garder ma fille à la maison. Cela nous a permis avec mon compagnon d’arrêter la transition vers le biberon que nous avions difficilement amorcée. Ma fille n’en voulait pas du tout ! Donc aujourd’hui on continue de lui proposer de temps en temps le biberon, mais nous n’y mettons plus autant d’énergie, on en profite pour faire durer l’allaitement au maximum jusqu’au bout du confinement. » 

Des mamans décrivent aussi la sensation de pouvoir se « focaliser davantage sur les besoins de leur bébé ». Céline nous dit ainsi « j’offrais déjà un allaitement à la demande, mais là je sens qu’en étant tout le temps toutes les deux à la maison, c’est encore plus doux, plus tranquille qu’avant au niveau de l’allaitement, nous sommes complètement dans un même rythme, je n’ai plus de rendez-vous à honorer, de choses à organiser à l’extérieur au quotidien. »

Nathalie ajoute : « Pour moi qui élève en ce moment ma fille de 22 mois et sa petite sœur de 5 mois, ce confinement a une drôle de saveur. Dans ce confinement j’ai trouvé un village que je n’ai pas habituellement, je me suis installée chez mes parents pour ne pas être seule pendant que mon compagnon continue d’aller travailler chaque jour. Mes filles construisent ainsi un lien particulier avec leur grand-mère, chacune en profite avec douceur, je me sens soutenue. »

Dans ce confinement c’est l’absence de possibilité de consulter certains professionnels de la périnatalité qui chagrine cette jeune maman. « Marie, 5 mois, a quelques blocages qui l’empêchent de téter tout à fait correctement, je sens qu’une consultation en ostéopathie lui serait bénéfique. Ne pouvant y accéder, je prends mon mal en patience et elle aussi, je sais que cela va se débloquer après une consultation. En début d’allaitement, j’avais déjà expérimenté le même problème donc je relativise, je me sens sereine et calme pour traverser ce challenge d’allaitement. » Elle ajoute avec un sourire : « Pour moi qui n’avais pas allaité mon ainée, je sens à quel point mon allaitement m’enlève une crainte durant cette période de pandémie. Je n’ai pas peur de ne pas pouvoir trouver le bon lait pour ma fille comme j’aurais pu l’avoir pour mon ainée. Je sais que pour Marie tout est là dans mon sein ! »

C’est aussi ce que partage Julia, maman de Mattis 2 ans et demi, qui n’est plus allaité, et de Zorah, 4 mois, en allaitement exclusif.

« En allaitant, face à ce virus et cette période d’instabilité, je suis certaine de ne pas avoir de pénurie de lait pour mon bébé, c’est un énorme réconfort. J’ai la sensation, encore plus que d’habitude, de lui donner le meilleur, de la protéger, et cela me donne aussi la sensation de me sentir protégée en retour. »

Julia nous partage aussi le plaisir qu’elle a à avoir son compagnon, le père de ses enfants auprès d’elle, toute la journée. « Je me réjouis de donner une tétée à ma fille et de voir ensuite son père la prendre dans ses bras, et l’endormir ainsi en sécurité tout contre lui, il trouve sa place auprès d’elle ».

Ce confinement est pour toutes ces femmes, ces familles, un challenge humain, mais aussi un temps pour ralentir, regarder leurs bébés grandir et prendre le temps de vivre leur allaitement à mille pour cent.

Propos recueillis par Leslie Lucien , auxiliaire de puériculture et doula

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QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/ https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/#respond Wed, 12 Feb 2020 14:19:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2015 Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons. Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi. Un an après, j’étais enceinte. … Continuer la lecture de QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT

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Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons.

Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi.

Un an après, j’étais enceinte. J’ai malheureusement fait une fausse couche au bout de 2 mois et ça a été un gros choc émotionnel pour nous deux. Après beaucoup de pleurs et quelques mois de patience, je suis retombée enceinte. Nous étions fous de joie et je me sentais bien, j’avais une confiance absolue en mon gynéco et je laissais venir les choses naturellement, sans peurs ni appréhensions.

Concernant l’allaitement, je n’avais rien prévu. J’avais des retours divers : ma sœur, pour qui ça n’avait pas marché ; ma belle-sœur qui avait allaité ses 2 enfants et qui avait adoré ce moment. Je verrais bien le moment venu.

Vers le 5ème mois de grossesse, mon gynéco m’a dirigé vers une sage-femme avec qui il avait l’habitude de travailler. Les 1ers rendez-vous se sont très bien passés, elle était douce, rassurante. Mais quelques semaines plus tard quand elle a su que le bébé avait une grosse tête et qu’il était toujours en siège (et donc que j’accoucherai a priori par césarienne), elle s’est complètement désinvestie de l’accompagnement. Elle ne m’expliquait plus rien, était vague dans ses réponses… Résultat, je suis arrivée à l’hôpital sans être vraiment préparée à ce qui allait se passer. Mais le matin de l’accouchement, en arrivant à la clinique, je me sentais quand même confiante et sereine car je me savais entourée de mon gynéco et de cette sage-femme.

Une fois le bébé sorti, on me l’a posé sur la joue, je l’ai embrassé, il était magnifique et j’étais tellement heureuse. Mais quand, après nos soins réciproques, on m’a ramené le bébé pour que je lui donne le sein, j’étais allongée (complètement à plat je me rappelle, sans doute à cause de la césarienne), et impossible de le tenir dans mes bras, et d’un coup j’ai eu très peur. C’était comme si, à cet instant précis, je réalisais que ça allait être difficile, moi qui jusque-là pensais que tout allait se faire naturellement, instinctivement… quelle déconvenue !

Une fois remontée dans ma chambre, j’ai regardé mon bébé dans son petit berceau et j’ai eu très peur, peur de cette responsabilité qui était maintenant la mienne. Une sage-femme est venue pour la mise au sein et je la revois, sur le pas de la porte de ma chambre, elle me disait de loin et sans aucune empathie comment mettre le bébé, de le replacer, mais ça ne marchait pas, et c’était très douloureux. Le bébé pleurait beaucoup, et moi aussi…

Le lendemain, la même sage-femme, voyant ma détresse m’a dit : « Vous pouvez lui donner un biberon, mais si vous le faites, c’est fini pour votre allaitement ! ». Sentir son jugement me faisait me sentir encore plus incapable de satisfaire et de rassurer mon bébé. Mon gynécologue, lors de sa visite de contrôle, m’a alors parlé de la seringue comme alternative.

Mais quand je l’ai demandée à la sage-femme (toujours la-même) elle m’a répondu « OK, je vous amène ça, mais nous on ne gère pas ! Ça nous prend trop de temps à expliquer et on ne prend pas la responsabilité d’une fausse route ». J’étais abasourdie, perdue. J’avais le choix entre continuer à donner le sein en pleurant de douleur ou le nourrir à la seringue et risquer de le tuer ? J’ai serré les dents et continué le sein. On m’a alors proposé de voir la psychologue de la clinique, comme pour me rappeler que j’étais coupable, incapable de prendre soin de mon bébé.

Puis est arrivée une autre sage-femme, qui elle était plus douce, plus à l’écoute. C’est la seule personne qui a pris le temps de me remontrer les positions, de m’expliquer comment et pourquoi le bébé devait mettre tout le téton dans sa bouche… je la remercie car, à ce moment là, elle m’a fait beaucoup de bien.

Au bout de 5 jours, je suis rentrée chez moi. Je me sentais mieux, j’avais regagné un peu de confiance en moi grâce à cette sage femme. Du coup, je n’avais pas prévu de lait pour le cas où l’allaitement se passerait mal. Les tétées sont redevenues très vite très douloureuses, et je me rappelle encore de la nuit où j’ai craqué et dit à mon ami « Va acheter du lait ! ». Le pauvre a dû faire 3 pharmacies en pleine nuit pour trouver le lait que l’on m’avait recommandé à la clinique (alors que n’importe quel lait aurait sûrement fait l’affaire).

Le lendemain matin, nous avons loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait pour le donner au bébé au biberon (en réessayant le sein de temps en temps, quand il était détendu). Mais assez vite, j’ai rencontré des difficultés. Parfois, je produisais bien et parfois, ça ne sortait pas. Je passais parfois 3h la nuit à tirer mon lait en espérant que le bébé ne se réveille pas. J’étais épuisée et perdue encore une fois. Bien souvent il se réveillait, buvait un peu, puis je jetais le reste de ma collecte de peur qu’elle ne soit plus consommable. Et puis une nuit, à 5h, ça a été comme une évidence, comme une dissociation, je me suis vue telle une zombie, les yeux tirés, le sein aussi – j’entends encore ce bruit de pompage – et je crois que j’ai lâché prise. Je me suis souvenue que finalement le fait d’allaiter ne comptait pas tant que ça pour moi .

J’ai arrêté de m’acharner et tout est allé mieux. Mon ami était rassuré de me voir aller mieux. Cette expérience m’a fait réaliser que la grossesse, la naissance, l’allaitement… c’est un vrai cataclysme émotionnel.

J’étais vulnérable, j’avais perdu tout libre arbitre, je ne me faisais plus du tout confiance. Je m’en remettais complètement au corps médical et j’attendais d’eux qu’ils m’expliquent tout, qu’ils me guident. C’est sans doute mon côté bonne élève, qui aime bien faire les choses. Mais au lieu d’attendre d’être rassurée par les autres, j’aurais dû m’écouter, me faire confiance car j’avais en moi les ressources pour m’occuper de mon bébé et décider de ce qui était le mieux pour lui.

Aujourd’hui encore, quand je croise une femme enceinte, j’ai envie d’aller lui glisser à l’oreille « Fais-toi confiance, toi seule sait », mais je me retiens de peur qu’on me prenne pour une folle !

4 mois après la naissance de mon fils, je suis retombée enceinte. Très vite j’ai décidé que je ne retenterai pas l’allaitement, car je voulais rester disponible pour mon aîné qui n’était encore qu’un bébé.

Le jour de sa naissance j’ai tout de même voulu lui donner la tétée d’accueil et continuer 1 ou 2 jours (temps du colostrum) mais on me l’a refusé en me disant : « C’est soit le sein, soit le biberon ». Quand on m’a apporté les médicaments qui empêchent la montée de lait, j’ai dit que j’allais les prendre mais j’ai attendu, et en cachette, bien installée dans ma chambre, j’ai donné le sein à mon bébé et c’était un moment superbe. Je suis heureuse d’avoir offert à mon fils cette tétée, comme une petite revanche sur le passé.

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Un allaitement qui représentait tant pour moi https://www.leblogallaitement.com/un-allaitement-qui-representait-tant-pour-moi/ https://www.leblogallaitement.com/un-allaitement-qui-representait-tant-pour-moi/#respond Tue, 18 Jun 2019 06:40:42 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1961 Voici le témoignage d’Aurélia sur son premier allaitement, elle nous parlera prochainement de son deuxième enfant également. Avant de vous parler de mon premier allaitement, il me faut remonter quelques années en arrière … Car ce bébé, mon petit Tom à qui j’ai donné la première tétée cette nuit de 2012, je l’ai attendu près … Continuer la lecture de Un allaitement qui représentait tant pour moi

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Voici le témoignage d’Aurélia sur son premier allaitement, elle nous parlera prochainement de son deuxième enfant également.

Avant de vous parler de mon premier allaitement, il me faut remonter quelques années en arrière … Car ce bébé, mon petit Tom à qui j’ai donné la première tétée cette nuit de 2012, je l’ai attendu près de cinq ans. Cinq années pendant lesquelles mon mari et moi sommes passés par de vraies montagnes russes émotionnelles, des périodes de motivation, de déception, de découragement, mais toujours avec cette envie inépuisable de fonder une famille.

Ce 31 janvier, quand Tom nous a offert son premier cri et que, posé sur mon ventre, il a rampé jusqu’à mon sein, ce fut une telle explosion de joie en moi que j’en ai encore les larmes aux yeux en y repensant. Car ce moment je l’avais rêvé si souvent, attendu si longtemps,… j’avais été tellement dépossédée de mon corps pendant ces longues années de PMA* que la question d’allaiter ne s’était même pas posée.

Je voulais, je devais reprendre possession de mon corps, me sentir “ capable “ de retrouver une fonction naturelle (nourrir de mon lait mon bébé), moi qui n’avait“pas  été capable” de faire un enfant naturellement (car oui le passage par la PMA peut être culpabilisant, peut être encore plus quand l’infertilité est inexpliquée, mais cela fera peut-être l’objet d’un autre témoignage !).

Bref cette première tétée m’a semblé l’acte le plus naturel, le plus instinctif, le plus magique jamais vécu. Pourtant les premières tétées sont assez « spéciales » puisque la montée de lait n’a pas encore eu lieu, le bébé ne tétant que du colostrum. Et cette montée de lait, parlons-en.

Mon gynéco m’avait prévenue « oh quand ça viendra vous le sentirez », ah ça oui je l’ai senti. Ce matin là en me réveillant à la clinique j’ai cru qu’on m’avait greffé pendant la nuit des boules de bowling : jamais je n’avais vu mes seins si énormes, la peau si tirée, veinée, prête à exploser.

Le corps humain est décidément incroyable !

Les premiers temps se sont assez bien passés. Tom tétait bien, grossissait, et nous avions trouvé notre rythme. J’ai tant aimé ces moments ou lové dans mes bras, pelotonné comme un petit chaton, j’entendais Tom téter, ses petits bruits de succion, ses regards enamourés, son air repu. Mais vers ses 3 mois, Tom s’est mis à beaucoup gigoter lors des tétées, à se retirer, s’énerver, pleurer… et moi aussi j’ai pleuré. Car je ne comprenais rien à ce qui se passait. J’avais beau essayer de parler à Tom, de le calmer, de lui proposer d’autres positions… rien n’y faisait et ces tétées sont vite devenues un moment de stress intense.

Et là, merci l’entourage !

Au lieu des encouragements à m’accrocher que j’attendais, j’ai plutôt eu des encouragements à abandonner « tu as allaité 3 mois, c’est déjà bien », « ça ne sert à rien de s’acharner », et même « tu n’as pas de lait, il a faim ce bébé, donne-lui un biberon ». Mon mari était le seul à me soutenir car il savait ce que cet allaitement représentait pour moi.

Arrêter m’était impossible, j’avais traversé tellement d’échecs lors de mon désir de grossesse que je ne pouvais pas lâcher si vite ; c’était important pour Tom bien sûr car je voulais l’allaiter au minimum 6 mois (recommandation de l’OMS) mais aussi pour moi (pour les raisons évoquées précédemment).

C’est à ce moment là que je me suis tournée vers une professionnelle qui a su me rassurer, me conseiller, m’encourager, et qui a vraiment sauvé mon allaitement. En quelques jours j’ai intégré de nouvelles positions, et surtout j’ai repris confiance en moi (car Tom sentait mon stress quand la tétée se passait mal, et cela le rendait encore plus nerveux).

Donc, mon conseil en matière d’allaitement est : « N’écoutez les conseils de personne (surtout pas ceux de votre entourage et encore moins ceux de votre belle-mère), tournez-vous vers une professionnelle si vous avez besoin de conseils de qualité, et puis bien sûr écoutez-vous vous-même car vous êtes la personne la plus à même de savoir ce qui est bon pour votre bébé. »

La suite n’a été que bonheur. Ayant pris un congé parental, j’ai pu allaiter Tom jusqu’à ses 9 mois, avec un sevrage progressif bien vécu par nous 2, car choisi.

L’allaitement de Tom m’a redonné confiance en moi et en mon corps, en ma capacité à nourrir mon bébé de la façon la plus naturelle qui soit, et à effacer, ou du moins atténuer, les douleurs vécues dans ce tunnel de la PMA. J’ai été tellement heureuse de pouvoir nourrir Tom quand il le souhaitait, où il le souhaitait. Toujours en balade, je n’avais rien à prévoir, rien à organiser (hormis 1 ou 2 couches), pas de biberon, de dose de lait, d’eau pure… juste lui et moi.

Six ans après, je me rappelle encore de nombreuses tétées dans des lieux merveilleux : à la plage face à l’océan, au bord du lac de Hossegor, en forêt… d’ailleurs quand je repasse aujourd’hui dans certains de ces endroits, je ne peux m’empêcher de revoir ces moments, voire d’avoir des ressentis dans la poitrine, comme une empreinte.

PMA* = la procréation médicalement assistée ou assistance médicale à la procréation désigne l’ensemble des traitements ou techniques qui prennent en charge médicalement les infertilités (diminution de la fertilité) ou les stérilités (impossibilité d’avoir des enfants).

[Auteure] : Mme Aurélia Brand Deligne

[Biographie] : Aurelia, 42 ans, sophrologue à Paris, et maman de 2 garçons .

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Allaiter en public, trucs et astuces https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/#comments Thu, 02 Nov 2017 11:23:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1641 Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles. Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion … Continuer la lecture de Allaiter en public, trucs et astuces

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Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles.


Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion de mères qui vous expliqueront quel usage elles font de l’écharpe de portage, ou du

tee-shirt d’allaitement. C’est en commençant de la sorte que vous gagnerez en aisance et que vous vous sentirez plus détendue à l’idée de vous confronter à un comité plus large et que vous vous rendrez seule dans un parc municipal ou que vous prendrez le train avec votre bébé allaité.

Lorsque le sentiment de gêne l’emporte, on peut faire preuve de créativité. En effet, sans se priver de sortir de chez soi, on peut opter pour une cape d’allaitement, ou un tablier d’allaitement. Ces équipements se trouvent facilement sur internet. D’aucuns rétorquent qu’ils attirent fort le regard des autres plutôt que de préserver la pudeur de la mère.
Allaiter hors de chez soi ne signifie pas que l’on doive dévoiler sa poitrine ou l’exposer aux regards indiscrets. Certaines mamans préfèreront porter un vêtement d’allaitement qui offre un double-empiècement avec une fente intégrée. Ainsi, en plaçant leur enfant devant leur sein, sa tête cachera cette ouverture. D’autres mamans choisiront de soulever leur tee-shirt, tout aussi discrètement. Les châles et foulards tout comme les écharpes de portage sont également des accessoires vestimentaires qui se révèlent des aides bien utiles.

Gardons à l’esprit que la société française est empreinte d’une culture du biberon. Les icônes qui identifient les espaces de change du bébé en témoignent puisqu’ils sont souvent indiqués par un symbole de biberon ou de tétine.

Cette culture du biberon s’accompagne d’une idée érotique des seins qui est très forte notamment en France. Allaiter en public peut ainsi être difficile pour la mère. Voir une femme allaiter peut générer un regard désapprobateur et une agression verbale parfois virulente.

Rappelons que l’allaitement en public n’est absolument pas interdit en France ! Et que la première étape pour que les mamans soient à l’aise, passe par re-normaliser l’allaitement au sein !

Laissons libre court à des suggestions saugrenues … ou pas !

Doit-on opter pour des cabines d’allaitement comme celles installées récemment dans une ville américaine ?  Créer d’autres types de lieux pour allaiter en public ? Avec le risque de stigmatiser et enfermer la mère allaitante ?

Créer des centres commerciaux amis des bébés ? Ardennes Allaitement a créé les Chemins du Lait auprès de divers lieux de vente et autres entités, et les commerçants sollicités ont tous été d’accord.

Normaliser l’allaitement au sein, plus généralement, grâce à des événements à l’image de la Grande Tétée, grâce à plus d’émissions spécialisées.

Certains pays ont été créatifs : une sénatrice Australienne, allaitant son enfant en pleine séance de Parlement ! Autre initiative de protection de l’allaitement en public : des panneaux en carton représentant des femmes qui allaitent dans l’Ontario ! La congressiste américaine Maloney devient l’avocate des mères et des mères allaitantes.

J’aimerais conclure sur tous ces selfies de « people » qui se multiplient depuis quelques mois, Christian Serratos, Amanda Seyfried, Pink et tant d’autres. Leurs photos génèrent toute une gamme de sentiments parmi ceux qui les regardent. Ces jeunes femmes postent leurs breastfies pour normaliser leur situation, pour normaliser l’allaitement maternel, pour partager leurs joies de mères. N’y cherchez pas de mauvaise intention, quand leur notoriété pourrait justement faire pencher la balance vers une normalisation de l’allaitement!

 

L’on comprend facilement les réticences d’une mère à offrir le sein en public quand une grande proportion des mères de son entourage sort plus facilement un biberon de lait infantile. Et vous, quelles astuces aimeriez-vous partager avec d’autres mères sur l’allaitement en public ?

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : consultante en lactation IBCLC, formatrice

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