douleur | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 fr-FR hourly 1 les debuts difficiles, une victoire meritee https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/ https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/#respond Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2257 Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue. Voici mon histoire J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme … Continuer la lecture de les debuts difficiles, une victoire meritee

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Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

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astuces pour allaiter en Pleine Conscience https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/ https://www.leblogallaitement.com/astuces-pour-allaiter-en-pleine-conscience/#respond Tue, 28 Sep 2021 10:35:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2232  Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School. Agathe Feoux propose de nous aider à … Continuer la lecture de astuces pour allaiter en Pleine Conscience

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 Sophrologue, formée et certifiée à l’Académie de Sophrologie de Paris, Agathe Feoux est aussi instructrice en méditation de pleine conscience et sur les programmes de réduction du stress MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), formée par le CFM (Center for Mindfulness in Medicine) de l’University of Massachusetts Medical School.

Agathe Feoux propose de nous aider à intégrer la mindfulness dans notre vie quotidienne. Cette discipline méditative, nous apprend-elle, consiste à cultiver l’attention et nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent. L’équipe de rédaction du blog allaitement lui a demandé comment allaiter en pleine conscience. Elle décline pour nous cette approche en six points.

1) Être bienveillant

Nous sommes des êtres sensibles qui avons besoin d’amour et de gentillesse.

Cultiver la bienveillance nous aide à mettre de côté nos jugements intérieurs et nous permet de nous voir d’une façon plus juste. 

Quelles que soient les difficultés rencontrées lors de votre allaitement, posez-vous ces questions :

« Quelle est la meilleure attitude bienveillante, à adopter pour mon bébé et moi maintenant ?»

« Est-ce que le fait de m’inquiéter m’aide à mieux gérer cette situation ou cela me rend juste plus anxieuse ? »

« Comment puis-je être avec cette situation* ?

2) Créer le lien et laisser être

Allaiter en pleine conscience, signifie simplement que vous êtes en train de nourrir votre enfant du mieux que vous le pouvez maintenant. Cela peut être une merveilleuse occasion de revenir au moment présent et de vous connecter à votre bébé.

La pleine conscience vous invite à mettre délibérément de côté vos tendances à valoriser certains aspects de votre expérience et à en rejeter d’autres.

Cela rejoint le laisser-être et le fait de cultiver en Pleine Conscience un état d’esprit sans préférence, en effet si la situation présente est perçue comme insatisfaisante en comparaison à un état de référence, (disons « le bien-être » une situation de calme ou sans douleur) il y a une évaluation de la situation, un jugement. Avec la Pleine Conscience, nous allons du mieux que nous pouvons l’être. Nous sommes authentiquement présents avec ce qui est là, sans projet. 

Dès qu’il y a un objectif de résultat (bien légitime) cela crée un décalage imperceptible qui nous met en retrait de la situation. Et cette envie que les choses soient différentes va nous empêcher d’être complètement présents à la douleur pour ce qu’elle est, à la peur pour ce qu’elle est, au bruit pour ce qu’il est…

Vous laissez plutôt votre expérience être ce qu’elle est, et vous vous entraînez à l’observer d’instant en instant. 

Le « laisser être » est une façon de laisser les choses être, de les accepter telles qu’elles sont. 

3) Cultiver un esprit paisible

Saviez-vous qu’il y a une relation entre l’éjection du lait et votre cerveau ?

Vos seins contiennent des milliers de petites alvéoles dans lesquelles le lait est fabriqué. Les alvéoles sont entourées de cellules qui éjectent le lait grâce à l’action de l’ocytocine. L’ocytocine, c’est aussi l’hormone de l’amour qui vous donne un sentiment de confiance.

Alors qu’en est -il de la pleine conscience à ce moment-là ?

Lorsque vous nourrissez des pensées stressantes ou que vous êtes préoccupée par votre allaitement, le système automatique « de combat ou de fuite » au niveau de votre système nerveux s’active.

Vous rentrez alors dans une forme de réactivité physique ou psychique qui alimente le stress et qui a un impact direct sur le déroulement de votre allaitement. De ce fait, l’éjection du lait s’en trouve perturbée et affaiblie.

Quand vous arrivez à être présente et connectée, vous favorisez la libération d’ocytocine et vous pouvez observer tout un éventail d’émotions agréables et votre lait coule plus facilement.

4) Être ancrée dans le présent

Il n’y a pas de meilleur moment que celui de la tétée pour être présente à soi.

Prenez un instant pour faire une pause debout, assise ou allongée avec votre bébé, et laissez-vous atterrir dans votre propre corps.

Observez comment vous vous sentez maintenant. Concentrez-vous sur vos sensations, vos pensées, vos émotions…

Puis portez votre attention sur votre respiration, son mouvement, sans tenter de modifier quoi que ce soit ou sur les sons si cela est plus confortable pour vous.

A chaque fois que vous portez votre attention sur votre respiration ou sur les sons, vous revenez automatiquement au moment présent car vous ne respirez pas pour hier ni pour demain mais bien pour maintenant.

5) Résolution de problèmes

Il se peut que vous ressentiez des sensations inconfortables pendant la tétée pour diverses raisons, que vous ayez l’impression de manquer de lait, que votre bébé ne tète pas correctement, qu’il ne prenne pas assez de poids, bref que tout cela vous submerge et devienne un mélange explosif de pensées et d’émotions difficiles.

Alors à ce moment-là, 2 possibilités s’offrent à vous :

–       contacter une personne ressource, une bénévole d’un groupe de soutien (ex. : La Leche League, …), une professionnelle spécialisée (consultante en lactation IBCLC) pour identifier la cause du problème et envisager des solutions

–       apprendre à gérer vos émotions pour vous sentir moins enlisée dans vos difficultés du moment

Vous pouvez respirer et accompagner les douleurs physiques et/ou émotionnelles, observer les pensées et les émotions qui créent cette souffrance et puis doucement revenir à l’instant présent comme vous le pouvez.

Ce moment est sûrement difficile, mais ça ne durera pas, tout comme les douleurs de l’accouchement qui sont maintenant derrière vous.

Vous pouvez essayer de gérer cela, une respiration après l’autre, une tétée après l’autre.

La clé est la bienveillance envers vous-même.

Vous êtes en train d’apprendre. Vous faites de votre mieux, et votre bébé aussi.
En cas de crise, les pratiques de pleine conscience vont vous aider, c’est à dire approcher et observer vos émotions.

6) Faire confiance au processus

Être pleinement consciente et faire confiance c’est reconnaître parfois vos propres frustrations, vos insécurités, vos limites, et même vos sentiments les plus négatifs, tout ce qui est susceptible de vous accabler ou vous blesser. 
Il convient alors d’essayer d’être et de travailler avec plutôt que d’aller contre.

Faire confiance au processus vous permet d’aller au-delà des apparences et des comportements de surface pour voir plus clairement vos enfants tels qu’ils sont réellement, pour voir l’intérieur aussi bien que l’extérieur, et pour agir avec sagesse et compassion sur la base de ce que vous voyez.

Plus vous cultivez la confiance, plus il vous est facile d’avoir confiance en l’autre, en la vie et autour de vous.

La pleine conscience est un moyen simple et efficace pour débloquer une situation stressante, pour prendre contact avec vos propres ressources vitales, 

Méditer n’est pas une chose facile, c’est pourquoi nous vous offrons cet audio pour tester à votre tour.

* « Être avec cette situation » signifie l’espace, l’attention et l’acceptation que nous pouvons offrir à celle-ci qu’elle soit agréable/désagréable ou neutre en comparaison aux situations que nous ne laissons pas être et où nous essayons d’arranger, contrôler ou rejeter ce qui nous semblerait donc non-désirées.

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Allaiter comme une évidence https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/#comments Thu, 19 Nov 2020 13:08:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2115 Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois. Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma … Continuer la lecture de Allaiter comme une évidence

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Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois.

Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma culture, ma mère m’a allaité, ainsi que mon frère. Je viens de Pologne où l’allaitement est ancré dans notre tradition. Ainsi, c’était pour moi naturel, logique, biologique, une évidence : mes seins sont faits pour ça.

Je compris, en discutant avec une amie, que tout le monde ne l’entend pas comme ça. Elle m’avouait avoir arrêté d’allaiter après quelques essais, tant sa fille, qu’elle surnommait son piranha, lui faisait mal en tétant. Je m’imaginais alors que ce cas de figure devait être exceptionnel. Avec le temps, j’ai croisé de nombreuses femmes qui n’avaient pas allaité pour d’autres raisons : « parce que ça déforme les seins », « parce c’est ennuyeux », parce qu’elles ne voulaient pas devenir « une vache laitière 

Curieusement, les informations négatives que j’ai accumulé avec le temps ne m’ont jamais fait douter. Quand Theo est né, l’infirmière me l’a mis au sein. Et, en le voyant s’accrocher si confiant, j’ai su que je n’avais pas à avoir peur. Nous allions naturellement nous découvrir, et apprendre au fur et à mesure. J’en ai les larmes aux yeux quand je repense à cette fusion, ce moment magique et unique au monde, cet instant que j’aimerais tant revivre une fois encore.

Les points de suture de ma césarienne me gênaient et m’empêchaient de me lever pour prendre mon bébé quand il avait besoin de moi. L’infirmière m’a alors montré comment allaiter allongée. Durant les trois premiers jours du séjour à la maternité, je n’ai pas pu fermer l’œil. Et quand est arrivée la montée de lait, mon bébé réclamant à corps et à cri, des crevasses sont apparues qui saignaient. J’étais extenuée par le manque de sommeil, fragile, vulnérable. C’est alors que la sage-femme m’a pressée de mettre des bouts de seins en silicone afin de soulager et soigner mes tétons. Je ne voulais pas les mettre ; je trouvais que ça créait une barrière entre mon fils et moi. Mais elle a tellement insisté que j’ai finalement cédé. Cela ne semblait pas déranger Theo qui s’accrochait au sein aussi facilement qu’avant. Rassurée, j’ai continué à les utiliser.

Et c’est là que la sage-femme a, selon moi, commis une erreur impardonnable. Je lui en veux encore énormément. Je croyais qu’elle était expérimentée et je suivais son conseil sans écouter mon instinct. Elle ne m’a pas expliqué comment ni combien de temps les utiliser. Mon bébé s’est alors habitué au silicone au point de refuser de prendre le sein sans cet accessoire. J’ignorais les conséquences plus sérieuses que cela pouvait entraîner. Au cours de ses premiers mois de vie, Theo a ainsi été un bébé en demande quasi constante du sein. Il était constamment collé à moi. Ma mère, qui était venue m’aider pendant les premières semaines après l’accouchement, ne comprenait pas. Dans son souvenir, un nourrisson peut dormir 2 ou 3 heures entre chaque tétée alors que Theo ne dormait que quelques minutes avant de se réveiller en pleurant et de réclamer le sein à nouveau. Finalement j’ai abandonné l’idée de le poser pour la sieste. Je le portais constamment en écharpe de portage, je dormais avec lui la nuit ; si on peut appeler ça « dormir » !

Vers 5 mois, les tétées sont devenues difficiles. Il devenait rouge et se tortillait dans tous les sens. Il pleurait beaucoup, longtemps et très fort. Je pensais qu’il a commençait à avoir les fameuses coliques. Je me souviens d’une fois où il a pleuré 5 heures non stop avec 2 petites pauses d’épuisement. C’était très dur pour moi de le voir comme ça tant psychologiquement que physiquement. J’essayais tout ce que je pouvais pour l’apaiser. En désespoir de cause, j’appelais mon mari, l’implorant de rentrer plus tôt du travail. Je commençais à craquer. Nous avons bercé notre bébé encore davantage notre bébé et les « coliques » se sont un peu apaisées au bout d’un temps.

A l’âge de 6 mois j’ai pris rendez-vous avec une consultante en lactation IBCLC pour faire un point sur ce que j’avais mis en place et demander conseil pour que mon allaitement dure le plus longtemps possible. Et là, je suis tombée des nues. Après avoir examiné Theo, elle m’a annoncé qu’il ne prenait pas assez de poids, qu’il ne suivait pas bien sa courbe de croissance et que le problème venait vraisemblablement des bouts de seins en silicone. Ils ne permettaient pas une bonne stimulation de la lactation et ma production avait été considérablement affectée.

Tout est devenu clair pour moi. Theo avait simplement tout le temps faim. Il ne buvait pas assez de lait, c’est pour ça qu’il était constamment en demande. Etait-ce également possible qu’il n’ait jamais eu de coliques, mais que tous ses pleurs venaient de la faim ? J’ai très mal pris cette nouvelle, je me suis sentie coupable et j’étais très inquiète pour sa santé.

Elle m’a suggéré un programme pour stimuler ma lactation. C’était très intense, il fallait faire plusieurs cycles de pompage dans la journée avec un tire-lait. En tout, ça me prenait 3h, ce qui est très difficile lorsqu’il faut s’occuper d’un enfant simultanément. Theo a commencé en même temps la diversification alimentaire. Je l’ai revu au mois de Juin et j’ai passé tout l’été à « pomper ». J’ai décidé d‘annuler deux voyages pour m’y tenir. Finalement au bout de 2 mois, Theo as commencé à bien prendre du poids et de mon côté, je produisais plus du lait.

Cet épisode m’a longtemps traumatisé. Même si la consultante en lactation me disait que je pouvais cesser le pompage, je n’arrivais pas à arrêter. J’ai continué à le faire plusieurs mois. Ça me rassurait de voir la quantité de lait dans la bouteille tous les jours et puisque je continuais à utiliser les bouts de seins en silicone, j’avais peur de revenir en arrière.

L’étape suivante était d’abandonner enfin les bouts de seins. J’ai essayé plein de fois, mais Theo refusait de s’accrocher au sein « nu ». Cela me rendait triste. J’avais l’impression de ne pas vivre pleinement mon allaitement. Et accessoirement, l’organisation avec les bouts de seins me pesait beaucoup, il fallait constamment les avoir à portée de main, toujours propres, les chercher partout dans le lit la nuit, les mettre en place rapidement etc. J’appréhendais le moment où Theo serait assez grand pour se déplacer seul vers moi, soulever ma chemise et ne pas pouvoir » se servir » par lui-même. C’était pour moi une cause perdue. Encore une fois, elle m’a aidé. Elle était confiante. Elle m’a conseillé d’arrêter de me mettre la pression, que ça viendrait un jour mais dans la détente, en jouant peut-être. Et effectivement, c’est comme ça que ça s’est passé, naturellement. Un jour, alors que Theo était en train de téter, le bout de sein en silicone est tombé. Mon fils avait les yeux fermés et il ne l’a pas vu, il a tiré comme avant. Surpris, il a ouvert les yeux et a repris de plus belle. Il avait alors 13 mois. Il était suffisamment grand pour pouvoir mettre lui-même le bout de sein sur le téton et du coup il a testé les 2 versions, avec et sans. Rapidement, il a préféré la version « sans ». Les premières tétées ont cependant été un peu douloureuses. J’ai bien senti combien le silicone freinait le drainage. Autant c’était très délicat avant, désormais la succion était extrêmement forte. Quelle différence ! Finalement je me suis rapidement habituée, et, au bout de quelques semaines, les douleurs ont disparu.

Pour conclure, je crois profondément que la possibilité d’allaiter est un privilège extraordinaire, une expérience fusionnelle avec son enfant, une expérience de vie que personne ne peut comprendre à votre place. Chaque mère la vivra à sa manière, et nous ne devrions jamais laisser qui que ce soit nous dicter comment nous comporter avec nos enfants. Tout vient naturellement avec amour, confiance et patience. Malgré tous ces moments compliqués, je me sens extrêmement heureuse et épanouie de vivre pleinement mon rôle de mère et d’avoir tissé cette réelle connexion avec mon fils, qui sans l’allaitement, aurait pu être différente.

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Les coliques, fourre-tout ou réalité ? https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/ https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/#respond Thu, 01 Oct 2020 11:07:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2090 Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous … Continuer la lecture de Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

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Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

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Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/#respond Thu, 05 Dec 2019 11:40:44 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2000 Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille. Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand … Continuer la lecture de Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible !

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Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille.

Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand j’avais huit ans – une expérience qui m’a beaucoup marquée. J’avais tout préparé dans ce sens mais comme dit le dicton juif « l’Homme planifie, Dieu rit ». Suite à une pré-éclampsie*, j’ai accouché par césarienne en urgence à 38 semaines et même si je savais que j’avais tout fait pour préserver la santé de mon bébé et de moi-même, je me sentais profondément en échec. Pendant toute la grossesse, on m’avait dit « Fait confiance à ton corps. Ton corps saura quoi faire. » Mais mon corps n’avait pas assuré. Sans la médecine moderne, je n’aurais probablement pas survécu à l’accouchement !

Du coup, je ne faisais plus confiance à mon corps pour faire du lait pour mon enfant non plus. J’étais convaincue de ne pas être capable et le discours d’autres personnes ne m’a pas beaucoup aidé. Plusieurs infirmières à l’hôpital m’ont dit qu’à cause de la césarienne, le lait ne viendrait pas tout de suite, qu’il faudrait certainement compléter avec de la formule**. De l’autre côté, je lisais que plus je complétais avec la formule, moins je produirais. Puis on me disait que le stress réduisait la production aussi et j’étais dans une des situations le plus stressantes de toute ma vie ! Le pédiatre de l’hôpital m’a fortement déconseillé l’allaitement « le sein est traitre, madame, on ne peut pas mesurer combien boit l’enfant ! » Et pour couronner le tout, l’allaitement me faisait mal. J’avais des crevasses et c’était « pas normal ». C’était sûr. Je n’allais pas y arriver.

L’obstétricien qui a fait la césarienne est venu vérifier la cicatrice et m’a trouvé en larmes. Quand je lui ai dit que j’avais peur de ne pas pouvoir allaiter car le lait ne viendrait pas, il m’a gentiment pris la main et il m’a dit « ne le prenez pas mal, mais vous n’êtes pas si exceptionnelle ! Le lait viendra, comme pour tout le monde. » Ma sage-femme m’a rassuré aussi. Elle a donné des instructions aux infirmières pour qu’elles n’insistent pas pour donner des biberons et nous avons mis en place un plan car ma petite perdait du poids et il fallait la nourrir.

J’ai fait beaucoup de peau à peau. Je ne pouvais pas encore me déplacer à cause de l’opération, mais je pouvais avoir mon bébé dans mes bras et je la gardais le plus possible contre moi. La sage-femme m’a montré comment exprimer mon lait avec mes mains et m’a aidé à louer un tire-lait aussi. Après chaque tétée, je tirais ce qui restait et je le donnais à ma fille avec une pipette, puis si elle mangeait tout je lui proposais un peu de lait industriel (toujours à la pipette) pour rassurer les infirmières sur son poids. Après une journée comme ça, ma fille a bien pris du poids et a refusé la formule car elle était bien rassasiée.

Deux semaines après, j’ai vu une consultante en lactation qui m’a beaucoup aidé à avoir confiance et m’a conseillé de voir une ostéopathe car ma fille avait la mâchoire serrée quand elle tétait. Effectivement, cela a soulagé la douleur. En vrai, je n’avais pas du tout de problème de production de lait mais j’ai mis du temps à y croire ! Je n’avais pas particulièrement prévu d’allaiter longtemps mais c’était de plus en plus agréable ; et puis j’étais moins angoissée et cela ne faisait plus mal. J’ai trouvé le réseau de La Leche League et j’allais à des réunions avec d’autres mamans qui allaitaient et qui donnaient toujours de bons conseils, du soutien et de l’empathie. Mon bébé était toute ronde et heureuse – et je me sentais bien aussi ! Nous avons pas mal voyagé quand ma fille était bébé, allant même jusqu’en Australie quand elle avait 6 mois, et avec l’allaitement, c’était tellement simple. Je me souviendrai toujours du regard horrifié de l’agent de sécurité à l’aéroport quand il m’a dit « Allez-y sortez tous les biberons, les compotes, etc. » et je lui ai dit, « Non, j’ai rien », « Rien ?? » « Enfin j’ai tout ce qu’il faut ici », en désignant mes seins. Le pauvre a eu du mal à s’en remettre.

Notre aventure d’allaitement s’est terminée quand ma fille a eu 2,5 ans. 8 mois plus tard, je produis toujours quelques gouttes de lait. Pas trop mal pour un corps qui ne savait pas comment faire !

* La pré-éclampsie est une maladie caractérisée par l’association d’une hypertension artérielle accompagnée d’une apparition exagérée de protéines dans les urines et d’oedèmes.

** NDLR : ce qu’Hope nomme « formule » correspond à ce que l’on entend par les substituts du lait maternel, « formula » en anglais, autrement dit les laits de préparation pour nourrissons.

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Allaitement et dépression du post-partum https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/#respond Thu, 31 Jan 2019 14:29:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1910 Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, … Continuer la lecture de Allaitement et dépression du post-partum

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Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, des différences entre mères sont observées. Tout cela mérite que le sujet soit creusé. Alors si on faisait le point ?

Que disent les études en général ?

Plusieurs chercheurs ont montré que les mamans qui souffrent des troubles de la dépression du post-partum ont plutôt tendance à sevrer précocement. Parallèlement à ce constat, d’autres études suggèrent que des mamans qui ont des difficultés dans la mise en place de leur allaitement, dans les premiers jours après la naissance, sont plus susceptibles d’être victimes du syndrome dépressif jusque dans les deux mois après leur accouchement.
Enfin, d’autres travaux laissent penser que l’allaitement pourrait être un facteur protecteur ou du moins une façon de rendre les troubles moins intenses.

Bref, cela interroge et il est légitime de vouloir mieux comprendre. Dans quel sens cela fonctionne-t-il ? Y a-t-il un lien de causalité entre allaitement et syndrome dépressif, et si oui, dans quel sens l’enchaînement s’effectue-t-il ?

Bilan d’une observation sur un grand nombre de mamans

Une étude de 2016 * s’est intéressée aux principales causes de l’arrêt de l’allaitement chez les mamans qui souffrent du syndrome dépressif en les comparant aux raisons invoquées par les mamans non déprimées. Dans le cadre de cette étude, 1271 femmes âgées de plus de 18 ans, en bonne santé, ont été interrogées. 42,5 % ont allaité pendant au moins 6 mois et 1,6 % en allaitement exclusif pendant ces premiers 6 mois (sur les 4 premiers mois, ces chiffres sont respectivement de 53,6 % et 20 %).

Le profil et statut social des mamans déprimées et non déprimées ne présentent pas de différences marquantes et n’entrent à priori pas en jeu dans les résultats observés (état dépressif et arrêt de l’allaitement).

Pratiquement un tiers (30,9 %) des mamans de l’échantillon étudié a connu la dépression du post-partum : un chiffre supérieur à la prévalence dans la population globale. En accord avec des études précédentes, parmi les mamans déprimées, la durée totale de l’allaitement (18,4 semaines en moyenne) et d’allaitement exclusif (3,6 semaines en moyenne) étaient plus courtes que pour les mamans non concernées par la dépression (respectivement 21,8 semaines et 4,7 semaines pour la durée totale et celle de l’allaitement exclusif).

En fait, les auteurs notent qu’un écart s’observe dès la période néonatale (premier mois de l’enfant) dans les taux d’allaitement entre les mamans déprimées et non déprimées (A un mois de post-partum, 29,3% des mamans déprimées sont en allaitement exclusif tandis que ce chiffre monte à 38,9 % chez les mamans sans troubles dépressifs). L’écart se creuse d’ailleurs au fil du temps.


Quelles motivations pour l’arrêt de l’allaitement ?

Les auteurs ont relevé et comparé les motivations qui poussent les mères à stopper leur allaitement avant 6 mois dans les deux catégories (mamans touchées par le syndrome de la dépression du post-partum et mamans non touchées).

32 raisons distinctes ont été avancées. Les 3 principales motivations conduisant à l’arrêt de l’allaitement étaient la sensation de ne pas avoir assez de lait, le fait que le bébé ne paraissait pas suffisamment « rempli » et les difficultés du bébé à pendre le sein.

Pour ces 3 raisons-là, les chiffres sont proches pour les deux catégories quoique ces raisons soient légèrement plus souvent évoquées chez les mamans déprimées :

58 % de mamans déprimées évoquent le manque de lait comme cause première de leur arrêt contre 51,6 % chez les autres.

Une différence un peu plus marquée concerne les douleurs ressenties, évoquées de façon plus fréquente chez les mamans déprimées comme motivation au sevrage. 24,8% de mamans déprimées les citent comme cause première de leur arrêt contre 16,3 % chez les autres.

La différence la plus notable concerne la fatigue et les tâches ménagères perçues comme très pesantes chez les mamans en dépression du post-partum. Pour 22,6 % de ces dernières, l’allaitement est jugé trop fatiguant ce qui pousse à l’arrêt contre seulement 14 % chez les mamans non déprimées.

Discussion

Selon les auteurs, le fait que l’écart de prévalence de l’allaitement entre les deux groupes (déprimées et non déprimées) se manifeste dès le premier mois et ne fait que s’accentuer au fil du temps pourrait indiquer que les difficultés à la mise en place de l’allaitement ou une perception d’incapacité à réussir à nourrir son enfant contribuent à augmenter le risque de survenue des symptômes dépressifs. Ils suggèrent de plus que leur persistance des troubles dans le temps diminue la capacité et la motivation des mères à poursuivre leur allaitement. Mais les auteurs n’excluent pas qu’un facteur sous-jacent puisse être présent dès la période prénatale ou néonatale qui jouerait sur les deux tableaux (manque de soutien par exemple de la part de l’entourage).

Conclusion

Le sujet est délicat et complexe. Néanmoins, il ressort de cette étude que bon nombre de problèmes qui motivent l’arrêt de l’allaitement pourraient être réglés par un meilleur accompagnement des mamans : c’est le cas de la perception erronée du manque de lait et du sentiment souvent ressenti qui en découle de l’incapacité à nourrir l’enfant. C’est le cas aussi des douleurs liées à l’allaitement qui peuvent être soulagées par un bon accompagnement.
En ce qui concerne la fatigue plus souvent mal gérée par les mamans en état dépressif, les auteurs rappellent que le soutien social pourrait limiter le sentiment d’être submergées par les tâches quotidiennes.

Dans tous les cas, il s’agit surtout de dynamiser le sentiment de confiance en soi souvent mis à mal chez les mamans ce qui permettrait de limiter l’apparition ou soulager des symptômes dépressifs, avec très vraisemblablement un allaitement mené de façon plus confortable et donc plus long.

Référence

*Bascom E. M. et al., « Breastfeeding Duration and Primary Reasons for Breastfeeding Cessation among Women with Postpartum Depressive Symptoms », Journal of Human Lactation 2016, Vol 32(2), 282-291

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.
Elle lit et fouille la littérature scientifique, synthétise et diffuse l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.


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Histoire de ᶦᶦbouts de seinᶦᶦ et allaitement long… si si : c’est possible ! [la suite] https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-%e1%b6%a6%e1%b6%a6bouts-de-sein%e1%b6%a6%e1%b6%a6-et-allaitement-long-si-si-cest-possible-la-suite/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-%e1%b6%a6%e1%b6%a6bouts-de-sein%e1%b6%a6%e1%b6%a6-et-allaitement-long-si-si-cest-possible-la-suite/#comments Thu, 22 Feb 2018 13:28:21 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1708 Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais … Continuer la lecture de Histoire de ᶦᶦbouts de seinᶦᶦ et allaitement long… si si : c’est possible ! [la suite]

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Vous qui lisez régulièrement le blog allaitement, peut-être vous souvenez-vous de l’histoire de Cathy *et de sa fille Manon* ? Pour résumer, après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy a rencontré des problèmes au démarrage de son allaitement. Le personnel de la maternité lui a conseillé d’utiliser un « bout de sein », qu’elle n’a jamais pu supprimer, Manon s’étant habituée à téter avec. Cathy a loué un tire-lait. Le modèle qui lui avait été proposé date de plus de 30 ans et elle n’extrayait que quelques gouttes de lait au départ. Grâce à une consultante en lactation, elle a changé de tire-lait et a réussi une relactation. Au final, elle a tout de même allaité 5 ans !

Elle a souhaité nous raconter quelques détails supplémentaires de son histoire et notamment les obstacles qu’elle a surmontés parce qu’elle estime que cela peut sans doute aider certaines d’entre vous à dépasser ces mêmes difficultés.

Lorsqu’elle a accouché, elle a subi une épisiotomie et un hématome qui l’ont fait souffrir au point qu’elle n’a pas dormi la première nuit à l’hôpital. En raison du manque de formation dans le domaine de l’allaitement, les soignants n’ont alors pas osé lui donner d’antalgique. Ce n’est que le lendemain qu’elle a pu bénéficier d’un traitement médicamenteux et d’une poche de glace qui l’ont un peu soulagée. A présent, elle sait trouver des renseignements concernant les médicaments compatibles avec l’allaitement sur le site du CRAT (Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes ) et peut le conseiller aux autres mamans qui allaitent autour d’elle.

En hiver, elle s’est aperçue qu’elle avait les mamelons tout blancs. Elle ressentait des douleurs aiguës, intenses, à type de brûlure. Elle a alors demandé conseils à la consultante en lactation qui a identifié un vasospasme des mamelons. Dans ses antécédents, la consultante note un syndrome de Raynaud au niveau des orteils et des doigts depuis ses 13 ans, ainsi que des migraines. Elle lui a conseillé d’éviter l’exposition au froid, de favoriser la circulation sanguine au niveau de la partie supérieur du corps en faisant de grands mouvements de rotation avec les bras, d’appliquer de la chaleur juste après la tétée.

L’autre difficulté a été son sein droit… ah celui-là ! Cathy a eu un engorgement au sein droit à la maternité. Celui-ci n’a pas été drainé car Manon dormait et ne tétait pas. Le tire-lait de la maternité était trop ancien, inefficace et entraînait des douleurs. L’engorgement a probablement conduit à une destruction de certaines cellules sécrétrices avec une diminution de la production de lait. Manon s’agitait au sein et pleurait. Cathy n’allaitait pratiquement qu’avec le sein gauche.

Quand elle a repris le travail, elle tirait son lait à la pause de midi. Un jour, alors qu’elle recueillait son lait, elle a ressenti une douleur insupportable au mamelon droit. Elle s’aperçoit alors qu’il est décollé et saigne. Elle téléphone aussitôt à sa consultante en lactation qui lui conseille de mettre de la lanoline recouverte d’une compresse. Le mamelon cicatrise au bout de plusieurs jours mais Cathy n’a pas le courage de refaire téter Manon à ce sein ni de tirer son lait de ce côté. Elle décide donc de n’allaiter qu’avec le sein gauche qui est d’ailleurs celui qui produit le plus.

Aujourd’hui, Manon a 10 ans, elle a eu sa première gastro-entérite cette année… preuve pour Cathy des bénéfices de l’allaitement. Il arrive à sa fille de dire « maman, tu te souviens quand je tétais ? C’était tellement bon ton lait. Moi aussi, je commence à avoir des nénés, bientôt je pourrai allaiter ». Cathy lui répond alors « mais il faut avoir un bébé pour allaiter ». Manon : « Ah oui, c’est vrai ». Et toutes deux rient aux éclats.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice à l’unité territoriale de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Les positions d’allaitement : la madone inversée https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/ https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/#respond Tue, 22 Aug 2017 09:05:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1604 Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon … Continuer la lecture de Les positions d’allaitement : la madone inversée

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Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon démarrage de l’allaitement, mais vous ne parvenez pas à vous installer autrement pour trouver une solution. Nous vous proposons de découvrir la position de la « madone inversée » qui est un peu la petite soeur de la madone, sans les inconvénients majeurs de celle-ci sur la prise du sein !

Vous allez vous asseoir, idéalement, les lombaires calées, les genoux légèrement relevés (grâce à un petit marche pied par exemple), avec les coussins nécessaires pour que votre bébé soit à hauteur du sein ; vos coudes bien soutenus et les épaules détendues.

Lorsque vous mettez votre bébé au sein gauche, c’est votre bras droit qui va le soutenir. Pour arriver à amener votre bébé à hauteur du sein, vous allez d’abord placer votre bébé sur le coussin d’allaitement, et le caler tout près de vous, en plaquant d’abord son bassin par un appui bien ferme de votre avant-bras sur ses fesses.

Vous pouvez faire des essais lorsqu’il est calme ou même avec un poupon. Vous constaterez que cette position favorise l’inclinaison naturelle de la tête du bébé qui va se retrouver en légère extension, son menton pointe vers le sein. Votre bébé est alors dans la position idéale pour prendre le sein de manière asymétrique. Ensuite, vous allez le soutenir par la nuque avec la main droite.

Pour vous y aider, placez votre pouce et votre index sous chaque oreille de part et d’autre de la nuque. Vous sentez une petite partie osseuse un peu arrondie : « le processus mastoïde ». C’est là que vous allez appliquer votre maintien. N’ayez crainte, vous ne risquez pas de faire mal à cet endroit. Vous donnez au contraire à la nuque de votre bébé toute la tonicité qui lui manque pour l’instant. De cette façon, la paume de votre main se trouve vers la nuque de votre bébé et rien n’exerce de pression derrière son crâne. Votre bébé peut donc placer sa tête légèrement en extension par rapport à la nuque plutôt que de la fléchir. Il est alors aisément encouragé à ouvrir TRÈS grand la bouche et à avancer la langue en avant dans les meilleures conditions.
Vous voyez ainsi très bien sa bouche et la façon dont il aborde le sein. Vous avez toute latitude pour guider fermement et avec tendresse sa rencontre avec votre sein. De plus, votre main gauche est libre. Vous pouvez ainsi soutenir votre sein, l’orienter à volonté, le rendre plus préhensible pour votre bébé et pratiquer également la compression du sein si vous en avez besoin.

Dans cette position, la prise du sein asymétrique et profonde est simple à réaliser et le transfert de lait en est facilité. Pour débuter l’allaitement, c’est vraiment une position très intéressante !

Tout comme pour la madone classique, vous pouvez vous installer en tailleur, avec un coussin sous les fesses si nécessaire selon votre ouverture de hanches. Ainsi, votre dos est bien protégé et le positionnement du coussin d’allaitement est aisé.

 

Confort maternel         ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel          ★ ★ ★ ☆☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé          ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ★ ★ ★☆

Tétée facile à l’extérieur ★ ★ ★ ★ ☆

Situations spécifiques :

Bébé « somnolent »    ★ ★ ★ ★ ★

Réflexe d’éjection fort            ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

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La douleur de l’épisiotomie et son impact sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/la-douleur-de-lepisiotomie-et-son-impact-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/la-douleur-de-lepisiotomie-et-son-impact-sur-lallaitement/#respond Thu, 02 Mar 2017 21:16:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1525 Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), “la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes” ». Nous avons évoqué dans un précédent billet que la réponse inflammatoire était susceptible de déclencher chez une mère un état … Continuer la lecture de La douleur de l’épisiotomie et son impact sur l’allaitement

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Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), “la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes” ». Nous avons évoqué dans un précédent billet que la réponse inflammatoire était susceptible de déclencher chez une mère un état dépressif. Nous allons, dans ce billet, nous concentrer sur la douleur associée à une lésion tissulaire, celle de l’épisiotomie.

L’épisiotomie est un geste chirurgical qui consiste à pratiquer une incision sur les muscles du périnée. Elle est réalisée lorsque le périnée est suffisamment distendu par la tête ou le siège du bébé lors de l’accouchement. Le médecin ou la sage-femme qui la pratique en évalue l’intérêt en temps réel. Classiquement, ses indications étaient : réduction du temps d’expulsion, protection du périnée de déchirures plus graves, suspicion de macrosomie (gros poids de naissance), prévention d’incontinence urinaire, en cas de manœuvres instrumentales (forceps par exemple), grossesse gémellaire, brièveté périnéale. De nombreuses études ont montré que ces indications étaient sujettes à caution et ont fait évoluer les pratiques, préconisant un recours plus restreint et une amélioration de l’apprentissage des praticiens. (1)

 

Quelques notions historiques :

« L’épisiotomie est devenue au cours du XXe siècle l’intervention la plus fréquemment pratiquée sans que ses indications et ses avantages ne soient clairement démontrés. (Source OMS (2)) »

Dans les années 1970, l’épisiotomie était considérée comme un geste préventif limitant la morbidité (3) maternelle et périnatale, et elle était largement diffusée dans les maternités. Cependant, les pratiques en France ont évolué depuis. Le taux d’épisiotomies a en effet beaucoup baissé, suivant ainsi les recommandations du CNGOF (4) ; recommandations relayées par les associations de patients. Depuis 1998, ce geste a été réduit d’un tiers chez les primipares (5) et n’est plus pratiqué de manière systématique. Lorsque ces recommandations ont été suivies, cela a permis une diminution notable de cette intervention sans majoration du risque de déchirures sévères ni conséquence néfaste pour le nouveau-né (6).

Ce geste n’en reste pas moins redouté, à fortiori lorsqu’il s’agit d’un premier  accouchement.

L’épisiotomie est-elle évitable ?

Des études ont été réalisées sur l’intérêt du massage du périnée en anténatal. Une étude canadienne notamment rapporte qu’un massage périnéal pendant le dernier mois de grossesse réduit la probabilité de traumatisme périnéal, notamment les épisiotomies. Une étude française de 2010(5) a montré l’intérêt de ce massage dans la prévention des déchirures et des épisiotomies, notamment pour un premier accouchement.

L’accouchement en position de décubitus latéral (sur le côté) semble être aussi protecteur pour le périnée (7). Et un périnée en bonne condition sous-entend une récupération plus rapide, une meilleure mobilité, des douleurs moindres et une meilleure présence auprès du bébé. De fait, il est plus facile d’allaiter quand on ne souffre pas.

Il semble intéressant d’aborder ce thème avec votre sage-femme, pendant la préparation à la naissance, afin d’apprendre à bien connaître son corps. Échanger lors des consultations du dernier trimestre, avec le ou la professionnelle qui vous suit sur les pratiques de la maternité dans ce domaine est également recommandé. Vous pouvez notifier que vous ne souhaitez pas d’épisiotomie dans un projet de naissance ou dans la synthèse de l’entretien prénatal.

Si vous avez  subi une épisiotomie :

Il est important, pendant le séjour à la maternité, d’obtenir un soutien des équipes afin d’être le plus à l’aise possible, de trouver la ou les positions d’allaitement qui vous conviennent le mieux. La position en décubitus latéral, sur le côté, peut être plus confortable. Avoir avec soi un coussin d’allaitement permet de s’installer au mieux. Certaines mères l’utilisent même pour s’asseoir dessus !

Faire part à la sage-femme de ses sensations est primordial : des anti-inflammatoires (associés au paracétamol) sont efficaces et prescrits sans difficulté (sauf contre-indication spécifique). L’homéopathie peut être également une aide précieuse. Bien entendu, ces médicaments sont compatibles avec l’allaitement.

Ces informations sont bien sûr valables si vous avez eu une déchirure spontanée, qui est souvent moins pénible en post-partum.

De retour à la maison, il est important d’être accompagnée par votre partenaire (un rappel de l’intérêt de prendre les jours de congé au retour de la maternité) pour être ensemble. Ce soutien mutuel est essentiel pour chacun. Lorsque cela n’est pas possible, et/ou que la famille est éloignée, il ne faut pas hésiter à faire appel aux professionnels du réseau de soin. Les sages-femmes libérales ou de PMI font partie du réseau de soin. Elles peuvent venir à domicile pour vous rassurer sur la cicatrisation. L’homéopathie, l’acupuncture, les cataplasmes d’argile verte (argile verte pure, sans adjuvants) peuvent être proposés.

Il est important aussi de réaliser la rééducation périnéale car, au-delà de son bénéfice à long terme, elle permet aussi de se rassurer sur la cicatrisation en profondeur du périnée.

A la lecture de différentes études sur ce thème, l’on sait que cette pratique ne doit plus être systématique. Signaler aux professionnels de santé votre réticence pour cet acte est important et aide sans aucun doute à faire évoluer nos pratiques dans le respect du corps des femmes. Sa restriction a permis d’augmenter le taux de périnées intacts, mais en majorant aussi le taux de déchirures périnéales « non graves ». L’épisiotomie peut être pratiquée dans certains cas précis qu’évalue le professionnel présent pour l’accouchement. Une bonne installation, rappelons-le, est toujours facilitante pour la bonne mise en place de l’allaitement. Si vous rencontrez des difficultés, n’hésitez pas à en parler autour de vous.

1-L’épisiotomie, Recommandations pour la pratique clinique, texte court, C.N.G.O.F., 2005, page 5.

2- OMS : Organisation Mondiale de la Santé

3-La morbidité désigne l’incidence et la prévalence d’une maladie.

4-« Évaluation d’une politique restrictive d’épisiotomie avant et après les recommandations du Collège national des gynécologues obstétriciens français ». Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction/Volume 39, issue 1, Février 2010, pages 37-42

5-Enquête nationale périnatale 2010 – «  Impact maternel et néonatal des Recommandations pour la pratique clinique du CNGOF relatives à l’épisiotomie. Étude unicentrique à propos de 5409 accouchements par voie vaginale » Gynécologie Obstétrique & Fertilité Volume 37, Issue 9, September 2009, Pages 697–702

6-«  Accouchement en décubitus latéral. Essai clinique randomisé comparant les positions maternelles en décubitus latéral et en décubitus dorsal lors de la deuxième phase du travail » Gynécologie Obstétrique & FertilitéVolume 35, Issues 7–8, July–August 2007, Pages 637–644

7-Delivery in lateral position. Randomized clinical trial comparing the maternal positions in lateral position and dorsal position for the second stage of labour S. Brément, S. Mossan, A. Belery, C. Racinet

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme en PMI depuis 1982 et auteure d’ouvrages pour jeunes enfants. Elle s’est spécialisée en acupuncture et en réflexologie chinoise. Depuis plus de 30 ans, elle accompagne sans relâche les jeunes parents avec une passion intacte.

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Allaiter n’est pas souffrir! https://www.leblogallaitement.com/allaiter-nest-pas-souffrir/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-nest-pas-souffrir/#comments Wed, 03 Dec 2014 14:51:01 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1022 J’ai accompagné une maman qui allaitait son bébé depuis un an, et souhaitait arrêter l’allaitement pour pouvoir partir une semaine en formation. Alors que je lui donnais des conseils pour sevrer en douceur, elle me dit : « Au fait, combien de temps les crevasses vont mettre pour cicatriser? » – Ah? Vous avez des crevasses? » – … Continuer la lecture de Allaiter n’est pas souffrir!

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J’ai accompagné une maman qui allaitait son bébé depuis un an, et souhaitait arrêter l’allaitement pour pouvoir partir une semaine en formation. Alors que je lui donnais des conseils pour sevrer en douceur, elle me dit :

« Au fait, combien de temps les crevasses vont mettre pour cicatriser? »

– Ah? Vous avez des crevasses? »

– Oh oui, depuis longtemps!

– Longtemps, c’est à dire?

– Depuis la naissance, quoi!

– Vous avez des crevasses depuis un an??

– Oui, pourquoi?

– Et vous avez mal?

– Ah oui, j’ai mal!

Elle m’a précisé les zones abîmées, et il ne faisait aucun doute que le bébé avait pris dès le début de mauvaises habitudes de succion qui n’avaient jamais été rectifiées. Cette femme souffrait à chaque tétée depuis un an. Mais comme son entourage lui avait dit, dès avant la naissance, que l’allaitement était douloureux par nature, elle serrait les dents en attendant que ça passe. Elle voulait le meilleur pour son bébé, et tant pis pour la douleur.

Un tel don de soi force l’admiration. Mais avant tout, quel gâchis!

Cela aurait du se passer autrement

-si cette maman avait eu une information anté-natale correcte,

-si elle avait été suivie dans les premiers jours de l’allaitement,

-si elle avait eu un médecin capable d’écouter et solutionner le problème,

-si elle avait eu dans son entourage une autre maman allaitante pour comparer leurs vécus,

alors elle aurait pu vivre cet allaitement avec tellement plus de bonheur!

Cela fait douloureusement écho à l’article que j’écrivais la semaine dernière au sujet de la culpabilité ressentie des mères née de l’absence d’aide adéquate dans la société.

Car, NON, l’allaitement ne doit pas être douloureux. S’il est douloureux, c’est qu’il y a un problème. Et s’il y a un problème, c’est qu’il doit bien y avoir une solution. La douleur, où que ce soit dans le corps d’ailleurs, est là pour signaler un dysfonctionnement. C’est un signal d’alerte. C’est une chance!

Que faire quand on a des crevasses?

Lorsqu’on a une crevasse, la première chose à faire, ce n’est pas de se tartiner tout un tas de crèmes sur les seins. C’est de comprendre quelle est son origine, avec l’aide d’un professionnel de l’allaitement. Ensuite, on peut agir, et les choses rentrent dans l’ordre, souvent rapidement.

Pour mémoire, les crevasses viennent principalement :

  1. d’une mauvaise position de la mère : après l’accouchement on se fatigue vite, et les bras ont tendance à s’abaisser au cours de la tétée, entraînant le bébé, qui du coup tire sur le mamelon. Dans ce cas, il faut varier les positions et utiliser un ou des coussins.

  2. d’une prise en bouche inadaptée du mamelon : la bouche du bébé n’est pas assez ouverte, ou mal placée. Il faut alors veiller à une ouverture correcte et si besoin se faire aider. Parfois, le bébé a un frein de langue qui le gêne.

  3. des compléments donnés au biberon : ils perturbent la prise du sein. Il faut donc trouver une solution alternative pour alimenter le bébé si les compléments sont nécessaires.

Les crevasses sont là pour dire à la mère : “Attention danger! Ton bébé ne prend pas bien le sein. Il risque de ne pas avoir assez de nourriture”. C’est donc un message vital qui est envoyé. Pas une fatalité…

La douleur en allaitement n’est pas normale, coupons la route à cette idée reçue qui empêche certaines femmes de commencer un allaitement, et rend d’autres femmes inutilement héroïques.

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