tétées | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 16 Nov 2021 10:24:26 +0000 fr-FR hourly 1 Allaitement et fratrie https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/#respond Tue, 16 Nov 2021 10:24:25 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2239 Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées. Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits…  Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous … Continuer la lecture de Allaitement et fratrie

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Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées.

Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits… 


Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous exaspèrent. Prenons un exemple : tu es avec ton aîné, tranquille, qui joue seul, autonome. Ton nouveau-né se réveille et réclame la tétée. Tu t’installes confortablement pour la mise au sein et là, ton grand loulou te saute dessus : il a besoin de ton aide, là, maintenant, tout de suite. Mais que se passe-t-il ? Le fait-il exprès ? Essaie-t-il d’attirer l’attention pour lui ? Est-ce de la jalousie ? 

Nous avons vite fait, dans ce genre de circonstances, de tirer des conclusions hâtives sur les causes d’un tel comportement. Les croyances populaires vont bon train : “Il le fait exprès.” “Elle te teste.” “Il est jaloux.” “Elle régresse”… 

Les conseils de notre entourage peuvent vite nous mettre en déroute : « Tu devrais donner le biberon, tu pourras passer le relais et t’occuper du grand. » Nous doutons alors de nos choix. Allaiter mon petit est-il une barrière à ma relation avec mon grand ?

Et si la réponse était toute autre ? Et si on considérait la nature profonde de nos petits êtres tendres ? Que se passe-t-il pour notre grand lorsque nous nous occupons du plus jeune ? Nous ne sommes plus disponibles pour lui. Son système d’alarme s’active. 

Regardons cela sous l’angle de la théorie de l’attachement

Lorsque le petit être humain vient au monde, il n’est pas autonome et ne peut répondre seul à ses besoins. Il a besoin de l’adulte pour sa survie. Il crée donc un lien fort avec la personne qui s’occupe de lui et qui répond à ses besoins : ce sera sa figure d’attachement principale. Du fait de sa présence lors des premiers mois de vie de l’enfant, il s’agit souvent de la maman. Il n’est pas ici question de préférence pour la mère ou pour le père mais d’un lien instinctif qui se créé avec la personne qui s’occupe le plus du nourrisson. 

Le tout petit a besoin de la proximité immédiate de sa figure d’attachement. En grandissant, l’enfant pourra s’éloigner de plus en plus et de plus en plus longtemps. Plus il se sent en sécurité grâce à ce lien fort et solide et plus il se sentira à l’aise pour aller à la découverte du monde. 

Contrairement à certaines pensées populaires, le maternage proximal ne fait pas des enfants dépendants mais au contraire des enfants avec une sécurité intérieure et une confiance de base solides. L’allaitement maternel est d’ailleurs une magnifique façon de renforcer ce lien sécurisant. 

Peut-être que tu te demandes quel est le lien avec ton aîné qui réclame dès que tu mets ton petit au sein ? J’y viens. 

Lorsque l’enfant sent que sa figure d’attachement est indisponible, son système d’alarme s’active, comme s’il y avait un danger. Ce mécanisme n’est ni conscient ni volontaire. Il s’agit d’une sorte de réflexe. Seulement voilà, cela ne se manifeste pas toujours d’une façon agréable : il insiste, trépigne, pleure, crie, fait des bêtises… Oui, en quelque sorte, il réclame ton attention. Ce n’est ni un caprice ni un test. C’est juste biologique. Il a besoin de toi, tout comme ton petit a besoin de téter sans restriction de fréquence ni de durée. 

Alors que faire ? Comment répondre aux besoins de chacun ?
Lorsque tu prends conscience que ton enfant ne fait pas cela contre toi, il est déjà plus facile de prendre du recul et de rester calme. 

Ensuite, selon tes possibilités, tu peux soit 

  • Répondre à son besoin de proximité : lire une histoire, faire un jeu, répondre à sa question…
  • Différer son besoin tout en développant ses propres ressources : “Mon chéri, je vois que tu as envie de passer du temps avec moi. Je serais disponible dans 10 minutes (15, 20…). Trouvons ensemble 10 idées pour patienter.” Toutes les suggestions sont bonnes à prendre, de la plus sérieuse à la plus loufoque. La liberté libère l’imagination. Toutes les solutions évoquées ne seront pas acceptables et c’est ok. Le but est de passer un bon moment ensemble et de trouver des alternatives. 

Cette dernière méthode permet à l’enfant de patienter tout en exerçant son pouvoir personnel et sa créativité. Cette astuce peut s’avérer précieuse dans toutes les situations où sa patience est mise à rude épreuve. 

Les comportements de nos enfants sont leur façon d’exprimer leurs besoins. Le comprendre nous aide à rester serein et à trouver la réponse appropriée. C’est ainsi que nous les accompagnerons au mieux et leur permettrons de grandir en confiance. 

* Julie Mathieu est coach parental, formée à l’école d’Isabelle Filliozat. Après 11 années d’exercice en tant que sage-femme, elle accompagne aujourd’hui les parents dans leur vie de famille. Elle leur permet de comprendre ce qui se passe pour leurs enfants mais aussi pour eux-mêmes afin qu’ils se sentent confiants et compétents dans leur rôle de parent. 

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Le sevrage « naturel » ? https://www.leblogallaitement.com/le-sevrage-naturel/ https://www.leblogallaitement.com/le-sevrage-naturel/#comments Thu, 04 Feb 2021 09:06:04 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2137 Claire, maman de Pia et de Lou. Autour des deux ans de ma fille aînée, il y a eu un moment crucial où j’ai pris la décision de la sevrer de nuit. J’avais dépassé mon seuil de disponibilité nocturne. Depuis plusieurs semaines les réveils s’étaient de nouveau multipliés, si bien que j’allaitais ma fille la … Continuer la lecture de Le sevrage « naturel » ?

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Claire, maman de Pia et de Lou.

Autour des deux ans de ma fille aînée, il y a eu un moment crucial où j’ai pris la décision de la sevrer de nuit. J’avais dépassé mon seuil de disponibilité nocturne. Depuis plusieurs semaines les réveils s’étaient de nouveau multipliés, si bien que j’allaitais ma fille la nuit à la même cadence que celle d’un nouveau-né. J’ai eu l’impression d’être ce hamster qui tourne indéfiniment dans sa roue, et j’ai réalisé que je n’y trouvais plus de joie. Du tout.

Pourquoi est-ce que je m’infligeais ça ? Pourquoi persévérais-je à partager mon corps épuisé alors que je souhaitais de tout mon cœur retrouver un peu d’intimité ?

Jour après jour, mois après mois, l’allaitement long avait nourri à la fois mon bébé et mon estime de moi. Je me sentais compétente, généreuse, nourricière et j’aimais vraiment cette relation de corps à corps avec mon enfant. Jusqu’à ce que j’ose regarder en face mon découragement. Comme un zombie, je soulevais automatiquement mon tee-shirt plusieurs fois par nuit pour donner le sein. J’étais devenue une machine. Subitement j’ai recontacté mes propres désirs, mes limites, et j’ai réalisé que je m’engluais dans une aventure qui ne me convenait plus. J’étais à la fois frustrée et triste de ce constat. J’ai aussi eu très peur de l’accoutumance. Peur de voler à ma fille sa belle autonomie. Peur de la rendre dépendante de sa maman-toute-puissante-au-sein-illimité.

Une fois cette résolution de sevrage partiel adoptée, je me suis sentie libérée et plus forte.

J’avais trouvé un moyen extérieur simple pour soutenir cette révolution : « quand la lumière est éteinte, on dort, quand il fait jour, tu peux téter ». Mais les habitudes ont la vie dure… la nuit où mon voisin a allumé sa lumière à 3 heures du matin, j’ai entendu, mi-amusée mi-dépitée, un victorieux « il fait jour, on peut téter ! ».

Les interruptions nocturnes n’ont pas diminué magiquement, au contraire : pendant une période j’ai encore moins dormi que lorsque j’allaitais. Je proposais à présent à chaque réveil de ma fille, au choix et à volonté, de l’eau, une caresse, une chanson, un câlin, ou simplement l’écoute de sa frustration gigantesque. Petit à petit, et à mon grand soulagement, ma fille a trouvé ses ressources pour se rendormir sans le sein, et moi les miennes, pour sortir de la culpabilité de sevrer mon enfant. J’ai même éprouvé une certaine fierté de m’être offert ce grand oui, celui de m’apporter un peu de répit. Et j’ai savouré la légèreté de mon corps aux contours retrouvés.

J’ai continué d’allaiter ma fille aînée la journée, pendant près d’un an, au rythme qui nous convenait, jusqu’au jour où au petit déjeuner, de but en blanc, elle m’a suggéré joyeusement « dis maman, si on arrêtait le sein ? ». Elle avait eu sa dose lactée, et elle était capable de s’en passer désormais. Elle prenait son envol, de son plein gré. Je l’avais sevrée de nuit, elle s’était sevrée de jour. De mon côté, j’avais eu ma dose aussi, depuis un bon moment d’ailleurs. De nouveau enceinte de quelques mois, mes seins sensibles rendaient chaque tétée inconfortable, voire douloureuse. Et pourtant je tenais à donner à ma fille la responsabilité de la fin de son allaitement. Sans doute un peu à mes dépens.

J’ai amorcé le sevrage de nuit de ma seconde fille il y a quelques mois, déterminée et flexible. Lors d’un de ses gros rhumes, j’ai préféré assouplir ma décision, dans un souci d’efficacité pour moi et de bien-être pour elle.

Est-ce que je patienterai jusqu’au sevrage naturel de jour, comme je l’ai fait pour mon aînée ? Je ne sais pas. En tous cas, je reste attentive à ses besoins et aux miens, et je fais le vœu que nous parviendrons à inventer, ensemble, le sevrage sur-mesure qui sera doux pour nous deux.

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