comportement de l'enfant | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Fri, 23 Jun 2023 10:05:41 +0000 fr-FR hourly 1 DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

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Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

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les difficultes d’allaitement d’un bebe différent https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/ https://www.leblogallaitement.com/les-difficultes-dallaitement-dun-bebe-different/#respond Tue, 12 Apr 2022 08:06:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2269 Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire. Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou. Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que … Continuer la lecture de les difficultes d’allaitement d’un bebe différent

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Le bébé de Marion est né avec une laryngomalacie. Voici son histoire.

Je pourrais vous parler de mon premier allaitement, intuitif, loin d’être parfait mais dont je suis fière, cet allaitement qui a pris fin le jour symbolique du 1an de mon petit Lou.

Mais je vais plutôt vous raconter ma nouvelle aventure, celle que je partage chaque jour avec Jude depuis plus de 4 mois maintenant.

Il faut savoir qu’on pense que l’allaitement est inné, intuitif mais c’est surtout un sacré défi !

Je suis une femme confiante, battante et plutôt sûre de moi, surtout après l’allaitement de Lou.

Avant l’arrivée de numéro 2, j’ai voulu encore plus m’informer pour être incollable et mener mon second allaitement le plus loin possible. J’ai consulté avant sa naissance, une consultante en lactation IBCLC pour être prête à ma reprise du travail, avoir des conseils sur le tire-lait qui me conviendrait etc.

Mais à la naissance de Jude, je me rends très vite compte que son allaitement ne se déroule pas comme celui de mon aîné. Il se fatigue très vite, il a du mal à activer l’éjection du lait et s’endort sur le premier sein sans se réveiller quand je le stimule et lui propose le second. Il pleure beaucoup après chaque tétée. Pourtant, on vient de faire le rendez-vous pédiatre du premier mois et « tout va bien ». On nous a parlé d’un larynx mou mais il va bien et puis « ça passera tout seul ».

Très vite, depuis nos vacances en Corse, le papa et mois décidons d’appeler notre consultante IBCLC et lui racontons un peu le comportement de Jude. Cette dernière nous parle immédiatement d’un comportement typique d’un bébé avec une laryngomalacie. Bingo, dans le mille ! Les mots de « larynx mou » nous reviennent en boomerang.

Jude est né avec une laryngomalacie. En gros, les tissus des voies aériennes, situés au-dessus des cordes vocales sont trop souples et les muqueuses peuvent obstruer les voies respiratoires et ce cartilage immature peut amener à des difficultés respiratoires bien sûr mais aussi des difficultés pour s’alimenter.

Avec la consultante, nous avons mis en place des petites astuces pour booster ma lactation. Comme pour un bébé prématuré, il doit avoir tout le lait nécessaire dès qu’il attaque la tétée.

S’ il ne se nourrit pas assez, nous devons l’aider et nous devons le surveiller pour qu’il ne perde pas de poids et surtout, pour qu’il en prenne suffisamment.

Dans l’idée de mon allaitement parfait, j’avais omis que des difficultés qui ne nous étaient pas propres pourraient venir entraver ce parcours qui pour moi était si évident, si facile !

Dès notre retour de vacances, j’appelle un prestataire de services pour louer mon tire-lait qui allait devenir mon meilleur ami pour les mois à venir. A partir de ce jour, je me lance dans un sacré défi : nourrir suffisamment mon bébé et tirer du lait supplémentaire pour essayer de lui proposer des biberons en plus du sein. Jude les refusera dans un premier temps, alors je remplis le congélateur en prévision de mon retour à une activité professionnelle et à l’entrée de mon tout petit en crèche pour ses 3 mois.

Arrive la séparation, et là, c’est un nouveau marathon qui s’impose à moi : allaitement à la demande (évidemment !) à la maison et tirer mon lait dès qu’il n’est pas là, que je sois en déplacement ou en télétravail. Je suis freelance dans la publicité alors je suis plutôt flexible dans mon planning mais du coup, mes différents employeurs ne sont pas nécessairement informés de ma nécessité de tirer mon lait.

Et enfin, dernier challenge, et pas des moindres : la crèche. Si vous avez déjà décidé d’allaiter votre bébé et l’avez placé en crèche, alors vous savez sans doute de quoi je parle.

Il nous a fallu trouver notre rythme avec les biberons : donner assez de lait pour la journée, sans trop en donner sinon, direction l’évier (et là, chaque maman a déjà eu envie de pleurer toutes les larmes de son corps !), préparer en avance les biberons avec les « bonnes » quantités (car le personnel ne « manipule pas le lait maternel ») quand on ne sait pas vraiment ce que prend notre bébé puisqu’il est au sein.

Et c’est parti pour les pains de glace, les sacs de congélation, les petites étiquettes, les « On a dû jeter 4 biberons », « Il n’a pris que 50ml aujourd’hui », le médecin de la crèche qui insiste pour essayer du lait artificiel « au cas où », les chiffres sur la balance qui se répètent et ne bougent pas au fil des semaines alors qu’on fait tout pour.

Et puis, on ne lâche rien, ni le papa, ni moi. Mon homme me soutient, chaque jour. C’est mon pilier, mon « pap’assistant » comme on aime à l’appeler.

Et puis le temps passe, les puéricultrices sont un peu plus souples à la crèche, ils apprennent à se connaître et Jude prend un petit peu plus chaque jour.

Moi je cours, entre les studios, la maison, la crèche. Mon tire-lait souvent à la main, je cuisine, je me maquille pendant que je suis « branchée ».

Mais finalement, on trouve notre rythme et surtout on s’adapte !

Et hop ! un deuxième confinement, on décide de garder les enfants à la maison, alors mon corps et mes seins sont à nouveau sollicités dans un nouveau rythme. C’est le retour de Jude à la maison à temps complet. Ceci dit, parfois je peux télé-travailler un peu et papa est là ; il propose des biberons de mon lait, il m’amène mon tire-lait, une infusion, veille à ce que j’ai toujours une bouteille d’eau à portée de main.

Certains jours, je sens que ma production faiblit ; ça arrive mais on sait quoi mettre en place, on sait y remédier et nous avons confiance. On materne, on materne, on se noie d’amour et on se dit que cette période étrange nous apporte quelque chose de précieux : du temps tous les quatre.

Finalement j’ai appris encore un peu plus à écouter mon instinct, à écouter mon corps et l’accompagner dans chaque étape de ma vie, de nos vies, pour moi, pour mes enfants.

L’allaitement, c’est décidément bien plus qu’une simple histoire nourricière.

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Allaitement et fratrie https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/#respond Tue, 16 Nov 2021 10:24:25 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2239 Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées. Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits…  Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous … Continuer la lecture de Allaitement et fratrie

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Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées.

Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits… 


Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous exaspèrent. Prenons un exemple : tu es avec ton aîné, tranquille, qui joue seul, autonome. Ton nouveau-né se réveille et réclame la tétée. Tu t’installes confortablement pour la mise au sein et là, ton grand loulou te saute dessus : il a besoin de ton aide, là, maintenant, tout de suite. Mais que se passe-t-il ? Le fait-il exprès ? Essaie-t-il d’attirer l’attention pour lui ? Est-ce de la jalousie ? 

Nous avons vite fait, dans ce genre de circonstances, de tirer des conclusions hâtives sur les causes d’un tel comportement. Les croyances populaires vont bon train : “Il le fait exprès.” “Elle te teste.” “Il est jaloux.” “Elle régresse”… 

Les conseils de notre entourage peuvent vite nous mettre en déroute : « Tu devrais donner le biberon, tu pourras passer le relais et t’occuper du grand. » Nous doutons alors de nos choix. Allaiter mon petit est-il une barrière à ma relation avec mon grand ?

Et si la réponse était toute autre ? Et si on considérait la nature profonde de nos petits êtres tendres ? Que se passe-t-il pour notre grand lorsque nous nous occupons du plus jeune ? Nous ne sommes plus disponibles pour lui. Son système d’alarme s’active. 

Regardons cela sous l’angle de la théorie de l’attachement

Lorsque le petit être humain vient au monde, il n’est pas autonome et ne peut répondre seul à ses besoins. Il a besoin de l’adulte pour sa survie. Il crée donc un lien fort avec la personne qui s’occupe de lui et qui répond à ses besoins : ce sera sa figure d’attachement principale. Du fait de sa présence lors des premiers mois de vie de l’enfant, il s’agit souvent de la maman. Il n’est pas ici question de préférence pour la mère ou pour le père mais d’un lien instinctif qui se créé avec la personne qui s’occupe le plus du nourrisson. 

Le tout petit a besoin de la proximité immédiate de sa figure d’attachement. En grandissant, l’enfant pourra s’éloigner de plus en plus et de plus en plus longtemps. Plus il se sent en sécurité grâce à ce lien fort et solide et plus il se sentira à l’aise pour aller à la découverte du monde. 

Contrairement à certaines pensées populaires, le maternage proximal ne fait pas des enfants dépendants mais au contraire des enfants avec une sécurité intérieure et une confiance de base solides. L’allaitement maternel est d’ailleurs une magnifique façon de renforcer ce lien sécurisant. 

Peut-être que tu te demandes quel est le lien avec ton aîné qui réclame dès que tu mets ton petit au sein ? J’y viens. 

Lorsque l’enfant sent que sa figure d’attachement est indisponible, son système d’alarme s’active, comme s’il y avait un danger. Ce mécanisme n’est ni conscient ni volontaire. Il s’agit d’une sorte de réflexe. Seulement voilà, cela ne se manifeste pas toujours d’une façon agréable : il insiste, trépigne, pleure, crie, fait des bêtises… Oui, en quelque sorte, il réclame ton attention. Ce n’est ni un caprice ni un test. C’est juste biologique. Il a besoin de toi, tout comme ton petit a besoin de téter sans restriction de fréquence ni de durée. 

Alors que faire ? Comment répondre aux besoins de chacun ?
Lorsque tu prends conscience que ton enfant ne fait pas cela contre toi, il est déjà plus facile de prendre du recul et de rester calme. 

Ensuite, selon tes possibilités, tu peux soit 

  • Répondre à son besoin de proximité : lire une histoire, faire un jeu, répondre à sa question…
  • Différer son besoin tout en développant ses propres ressources : “Mon chéri, je vois que tu as envie de passer du temps avec moi. Je serais disponible dans 10 minutes (15, 20…). Trouvons ensemble 10 idées pour patienter.” Toutes les suggestions sont bonnes à prendre, de la plus sérieuse à la plus loufoque. La liberté libère l’imagination. Toutes les solutions évoquées ne seront pas acceptables et c’est ok. Le but est de passer un bon moment ensemble et de trouver des alternatives. 

Cette dernière méthode permet à l’enfant de patienter tout en exerçant son pouvoir personnel et sa créativité. Cette astuce peut s’avérer précieuse dans toutes les situations où sa patience est mise à rude épreuve. 

Les comportements de nos enfants sont leur façon d’exprimer leurs besoins. Le comprendre nous aide à rester serein et à trouver la réponse appropriée. C’est ainsi que nous les accompagnerons au mieux et leur permettrons de grandir en confiance. 

* Julie Mathieu est coach parental, formée à l’école d’Isabelle Filliozat. Après 11 années d’exercice en tant que sage-femme, elle accompagne aujourd’hui les parents dans leur vie de famille. Elle leur permet de comprendre ce qui se passe pour leurs enfants mais aussi pour eux-mêmes afin qu’ils se sentent confiants et compétents dans leur rôle de parent. 

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