Le temps passe, votre bébé va avoir quatre mois et déjà, on vous dit: «quand vas-tu donner autre chose que ton lait, tu es sûre qu'il est encore assez nourrissant? » et chaque personne de votre entourage (familial, amical ou les professionnels) commence à donner sa recette. Mais quelle est la bonne?
Une première expérience difficile
Voici le témoignage de Carole (°).
Peu de temps avant la reprise du travail, Carole a voulu commencer à diversifier son bébé pour éviter d'avoir à tirer un biberon de lait en plus, durant sa journée. Sa fille Marie (°) avait alors presque six mois et regardait avec une envie grandissante son assiette depuis plusieurs jours.
Pour son aîné, elle s'était laissée guider par son médecin pour savoir quand débuter, quelle quantité donner, quel aliment donner…
Lors de l'introduction de la petite cuillère et des aliments en purée avec son « grand », Carole avait davantage l'impression de « gaver » son enfant que de lui apprendre le plaisir de manger. De plus pour elle, c'était une véritable corvée et une perte de temps: « fourrer » la cuillère dans la bouche, ramasser ce qui tombe, attendre patiemment que Bébé ait avalé sa bouchée… A l'époque, elle n'avait qu'une hâte: c'était qu'il mange seul!
Elle s'est donc dit qu'elle ferait différemment pour son deuxième enfant, Marie. Elle avait davantage envie de la laisser faire, de continuer à la laisser gérer ses besoins comme pour l'allaitement. Après tout, depuis 5 mois, elle se régulait toute seule. Pourquoi tout à coup, ne saurait-elle plus le faire? Par chance, Carole a lu au bon moment un article qui parlait de la DME : la Diversification Menée par l'Enfant.
Qu'est ce que la DME?
C'est le fait d'observer son bébé pour savoir quand il est prêt pour débuter l'introduction des aliments autre que le lait. On le laisse aller vers les aliments dont il a envie, à son rythme, sans imposer de quantité, ni d'aliments spécifiques.
Une belle aventure commence…
Marie était prête. Son regard insistant sur l'assiette, ainsi que la façon dont elle observait la bouche de papa et maman durant le repas le prouvait.
Carole a donc commencé à allaiter juste avant le repas de midi. Puis lors du passage à table avec toute la famille, elle a donné à Marie un grand morceau de carotte ( cuit ou cru ) pour qu'elle puisse bien le tenir en main.
Ainsi, elle était dans sa chaise haute, attablée, et mangeait « comme les grands». Marie était vraiment fière!
Ce morceau malgré l'absence de dents, elle pouvait le sucer. Et si quelquefois un morceau se détachait, elle savait très bien le mâcher.
En effet, la musculature de sa mâchoire était prête pour la mastication, elle s’était bien développée grâce à la succion du sein.
Un plaisir pour tous!
Carole a donc commencé à diversifier Marie vers cinq mois et demi. Mais chaque bébé est différent, certains peuvent s'intéresser à la nourriture à partir de quatre mois, pour d'autres, ce sera sept mois.
Son lait restait la principale source d'alimentation au départ mais Marie goûtait à tout et commençait peu à peu à augmenter ses apports solides. Il n'y avait pas d'aliments imposés, pas de quantité minimum ou maximum, elle se régulait seule, la plupart du temps en plusieurs petits repas comme elle le faisait au sein.
Quelquefois, Marie refusait les solides quand sa maman était là et souhaitait seulement téter pour bien faire le plein de « maman » avant qu'elle ne reparte travailler. Et Carole, rassurée et confiante dans les capacités de son bébé, la laissait faire à son rythme.
Plus de purées à préparer! Plus de batailles pour enfourner la cuillère dans la bouche du bébé comme cela avait été le cas pour l'aîné!
Pour Carole, c'était un plaisir de voir Marie goûter à tout, et un gain de temps: toute la famille mangeait en même temps et la même chose!
Ainsi, la diversification s'est faite en douceur pour Marie.
Les témoignages de parents ayant adopté cette technique de diversification sont nombreux et montrent que la prise de poids et le développement de l'enfant sont normaux.
Chaque famille doit donc trouver la façon de faire qui convient à tous. Ce qui compte, c'est de rester à l'écoute des besoins du bébé et à l'écoute de son propre ressenti. Le suivi médical régulier de votre enfant viendra rassurer tout le monde sur son développement harmonieux!
La semaine prochaine, nous poursuivrons sur cette thématique de l'allaitement prolongé en abordant la question délicate des relations avec l'entourage …
(°) Pour des raisons de respect de la vie privée, les prénoms ont été modifiés. La maman en question a donné son accord pour la publication du témoignage.