Allaiter après 6 mois, épisode 2 : la galère des nuits

Nous parlions la semaine dernière de l’allaitement à la demande d’un grand bébé. Ce n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là! Et un des principaux questionnements de cette thématique concerne la nuit. Doit-on oui ou non continuer à allaiter à la demande la nuit?

Ce n’est pas une question simple, elle n’a donc pas de réponse simple.

La réponse, les réponses devrais-je d’ailleurs dire, dépendent de nombreux paramètres familiaux.

Une chose est sûre : les mamans qui allaitent encore à six mois la nuit ne sont généralement pas très bien vues, ou au mieux font pitié.

Et pourtant… le sommeil d’un enfant n’est pas mature avant deux ans.

Respecter la demande d’un bébé de six mois d’être encore allaité la nuit, c’est respecter sa physiologie.

Mais alors, à partir de quel âge faut-il cesser l’allaitement à la demande la nuit?

Réponse : à chaque maman de voir ce qu’elle est capable de donner.

Lorsqu’une maman épuisée m’appelle pour que je l’aide à stopper les tétées de la nuit, je lui dis toujours que je n’ai pas de solution miracle, mais que je peux l’aider à faire le ménage dans sa tête. Une fois que l’on a fait le tour de tous ses questionnements en rapport avec la physiologie, de ses peurs, et de ses douleurs, elle y voit enfin plus clair et peut mettre un plan d’action en place.

Les deux principales questions sont à se poser si possible en couple. Tiens, profitez d’une soirée en amoureux, dans un bon restaurant, quand bébé est gardé!

Ai-je envie d’arrêter totalement l’allaitement la nuit?

Si oui, en suis-je réellement sûre? Car si une partie de moi n’en a pas envie, mon bébé s’engouffrera dans cette brèche, et je n’arriverai pas à atteindre mon objectif. Une série de nuits de pleurs du bébé et de culpabilité s’ouvre à moi à coup sûr! Il est important de savoir que la plupart du temps ceci est inconscient. D’où cette introspection nécessaire, afin de mieux se connaître. Tout le monde en sortira gagnant : la maman, le bébé et le papa.

Si non, combien de tétées puis-je donner par nuit sans craquer physiquement? Si c’est à la deuxième tétée que rien ne va plus, donnez la première, et faites participer le papa qui ira voir bébé au deuxième appel, pour lui signifier que là, il faut se rendormir sans le sein.

Le cododo est-il possible sans que cela nuise à ma vie amoureuse?

Car le cododo  permet de donner par exemple la deuxième tétée sans trop de fatigue, en se rendormant en même temps que le bébé (et souvent avant qu’il n’ait fini!).

Vous pouvez opter pour une solution qui ménage le bébé et le papa : s’endormir en couple dans le lit conjugal, se lever à l’appel du bébé et aller l’allaiter couchée sur un matelas provisoire posé dans sa chambre. Si vous vous endormez, c’est bien. Si vous ne vous endormez pas, c’est bien auissi et vous rejoignez votre lit.

Je suis sûre de vouloir arrêter : comment faire?

Si 100% de vous-même a décidé qu’il n’y aura plus de tétée la nuit vous pouvez tester la recette que j’ai mise au point lorsque ma fille avait un an, le seuil qui a été pour moi celui de la dernière tétée nocturne acceptable. Elle a depuis été approuvée par de nombreuses mamans.

J’ai profité de ce que le reste de la famille était absent pour trois jours, j’ai expliqué à ma fille qu’elle était devenue grande, que j’avais besoin de dormir la nuit, et qu’il n’y aurait pas de tétée avant que le soleil ne soit revenu. La première nuit, elle a pleuré sa frustration dans mes bras pendant une bonne demi-heure. Comme j’étais vraiment épuisée, j’étais couchée avec elle, je l’embrassais, lui parlais doucement, et la berçais. La deuxième nuit, elle a pleuré moins fort, toujours dans mes bras. La troisième nuit, elle s’est réveillée, m’a regardée pour être sûre que je n’avais pas changé d’avis, et s’est rendormie. Il n’y a plus eu de tétée nocturne, et l’allaitement a pu poursuivre son cours paisible, avec encore plus de plaisir puisque moins de fatigue, jusqu’à ses trois ans.

Dans mon cas, le cododo a beaucoup aidé je pense.

Adaptez ce petit témoignage à votre situation, avec une seule constante : prenez le temps d’analyser votre situation à froid, et une fois votre décision prise, tenez vous-y comme à un mât en pleine tempête!

La semaine prochaine, nous aborderons la diversification, d’ici là, bonnes tétées à tous et toutes!

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