vitamines | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 02 Sep 2020 15:37:46 +0000 fr-FR hourly 1 Le lait maternel peut-il être carencé ? https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/#comments Wed, 02 Sep 2020 15:37:45 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2083 Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel. Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère … Continuer la lecture de Le lait maternel peut-il être carencé ?

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Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel.

Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère de celle de tous les autres laits. Le lait maternel contient des centaines de composants, dont certains continuent d’être découverts. Ces composants varient-ils selon l’alimentation de la mère ? Une carence chez la mère peut-elle provoquer une carence dans son lait ?

L’alimentation de la mère n’a guère d’impact sur les taux des principaux constituants de son lait : protéines, lactose, cholestérol, minéraux. Une étude a montré qu’une baisse de 32% des apports caloriques maternels pendant une semaine n’avait aucun impact sur la production lactée de mères bien nourries. Seul un apport inférieur à 1500 calories par jour peut provoquer une baisse de la production lactée (1).

Lorsque les apports en minéraux de la mère (ou l’assimilation de ces apports, qui diminue avec l’inflammation de la muqueuse intestinale) sont insuffisants, la mère aggrave ses propres carences en puisant dans ses réserves pour maintenir un taux lacté satisfaisant.

Le taux de protéines du lait maternel est de 8 à 9 g/l (16 grammes pour le colostrum). Ce taux semble pouvoir varier légèrement en fonction de nombreux paramètres (prématurité, âge du bébé, alimentation). Ces protéines ne servent pas seulement à la nutrition du bébé mais incluent des facteurs protecteurs, des hormones, des enzymes, des transporteurs de vitamines,…

Le taux de glucides est constant dans le lait maternel, quelle que soit l’alimentation maternelle (70 g/l, 20 à 30 g/l dans le colostrum). Le lait maternel se distingue par son taux particulièrement élevé d’oligosaccharides complexes et leur grande variété, dont le rôle est clé dans le développement et la protection immunitaire de l’enfant allaité.

En revanche, le taux lacté de certaines graisses, ainsi que des vitamines A, B et D, dépend de l’alimentation de la mère. Le taux lacté de vitamine D est déterminé par le statut maternel (c’est à dire les réserves de la mère), il peut varier de 1 à 10. Les taux de vitamines E et K sont plus stables, probablement parce que les insuffisances ou carences sont plus rares dans la population. De même les teneurs du lait en vitamines E et C semblent peu affectées par l’alimentation de la mère. Les lipides, eux, représentent la moitié des apports caloriques du lait humain. Leur proportion dans le lait maternel augmente légèrement avec les réserves grasses de la mère. Les taux lactés d’acides gras à chaînes courtes et moyennes sont stables quelle que soit l’alimentation maternelle mais le taux lacté d’acides gras à très longue chaîne (omégas 3) dépend des apports de la mère, voire de ses réserves. Ainsi, plusieurs études ont montré un lien direct entre le taux lacté d’omégas 3 et la prise d’un complément de DHA par la mère, ainsi qu’un taux lacté d’omégas 3 plus élevé si la supplémentation de la mère a débuté avant sa grossesse. Rappelons que les omégas 3 ont un rôle déterminant dans la santé globale, en diminuant l’inflammation et en protégeant toutes les membranes cellulaires du corps, notamment celles des muqueuses et des neurones. Il a aussi été constaté que le stock de DHA de la mère diminue pendant l’allaitement (2) et ceci a été confirmé par les études menées par Michel Odent (3). L’alimentation moderne étant très appauvrie en omégas 3 (à cause de l’élevage en batterie, du raffinage des huiles et d’une consommation risquée de poissons gras pollué au mercure), il est fortement recommandé de supplémenter la mère avec des omégas 3 DHA/EPA garantis sans métaux lourds, dès le projet d’enfant.

Un autre problème est la présence d’acides gras “trans” dans l’alimentation de la mère. Ces acides gras sont ceux que l’on trouve dans tous les aliments industriels (plats préparés, biscuits, viennoiseries industrielles, huiles raffinées). Ils provoquent un terrain inflammatoire propice à toutes les maladies. Par exemple une étude a montré que la proportion d’acides gras “trans” était de 6 à 7% des lipides du lait des mères américaines, contre 0,5 % chez les mères chinoises (1).

Mais le lait maternel est surtout bourré de facteurs immuno-compétents, spécifiques (IgA, lactoferrine, lysozyme, macrophages, polynucléaires neutrophiles, lymphocytes, etc) et non spécifiques (oligosaccharides, facteurs de croissance, acides gras régulateurs de l’inflammation, etc). Le lait maternel permet la colonisation du bébé par la flore* inoffensive de la mère (donc un bon microbiote* du bébé) ainsi qu’une maturation optimale du système digestif, du système nerveux et du système immunitaire. Les enfants allaités ont des taux de protéines immunitaires plus élevés que les enfants non-allaités (4). Une étude a observé un taux plus bas de protéines et d’immunoglobulines dans le lait de mère colombiennes malnutries (3) mais une autre étude a montré que le lait de mère gambiennes souffrant de malnutrition chronique était plus riche en protéines immunocompétentes (immunoglobulines, lactoferrine,…) que le lait de mère anglaises suffisamment nourries (1). D’autres études seraient nécessaires pour préciser les variations des taux lactés de facteurs immunitaires selon l’alimentation maternelle mais l’ensemble des études disponibles font apparaître l’impact positif généralisé de l’allaitement sur l’immunité de l’enfant.

Enfin, comme tout notre environnement et tous nos tissus, le lait humain contient des polluants. Cependant, plusieurs études ont montré que l’allaitement demeure, de loin, le meilleur aliment pour les bébés, même lorsque les taux lactés de polluants sont particulièrement élevés (5).

En conclusion, on retiendra que le lait maternel est le seul aliment qui couvre un si large éventail des besoins du bébé. Ayons cependant à l’esprit que les taux lactés d’omégas 3 et de vitamines A, B et D dépendent de l’alimentation de la mère ou de ses réserves. Une alimentation qualitative permettra aussi à la mère de ne pas diminuer ses réserves de minéraux.

(1) DA : Dossiers de l’Allaitement de La Leche League n°52

(2) DA n°67

(3) www.birthworks.org

(4) DA HS JIA 2003

(5) AA : Allaiter Aujourd’hui magazine de La Leche League n°32

* Le microbiote ou “flore intestinale” joue un rôle clé pour notre santé. Il est composé de bactéries, levures et même virus, qui finissent de dégrader nos aliments, synthétisent des vitamines (K, B12, B1 et B2), protègent notre tube digestif de la colonisation par des bactéries nocives et assurent l’équilibre de notre système immunitaire.

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Vous allaitez votre enfant et vous vous demandez ce que vous pouvez manger et boire. Eh bien, la réponse pourrait être très simple : de tout en quantité raisonnable ! En effet, contrairement à la grossesse durant laquelle vous devez vous montrer prudente vis à vis de certains aliments (viande crue, crustacés, produits laitiers au lait cru, sushi, charcuteries artisanales, viandes et poissons fumés) pour éviter de contracter la toxoplasmose ou la listériose, l’allaitement n’est pas restrictif. L’alcool banni durant la grossesse peut même être consommé, en très faible quantité certes et sous certaines conditions, une fois que l’allaitement est bien établi. Toutefois, pour rester en forme et avoir l’énergie nécessaire pour vous occuper de votre bébé, il est recommandé d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Voyons en détail l’intérêt pour vous et votre bébé de veiller au contenu de votre assiette !

Pour votre santé

Il est important que vos besoins énergétiques soient bien couverts. Pour produire les quantités de lait nécessaires à votre bébé, vous allez dépenser environ 500 calories quotidiennement ; cela ne veut pas dire que vous devrez consommer 500 calories de plus par jour. Tout dépend en effet de votre prise de poids durant votre grossesse, de vos kilos superflus d’avant la conception de votre enfant et aussi de votre métabolisme. En fait, les apports énergétiques supplémentaires pour établir une lactation se situeraient entre 70 et 380 Kcals par jour en fonction du statut de la femme allaitante (forme physique, poids, antécédents médicaux). Si vous allaitez des jumeaux, vous dépenserez encore plus de calories car vous devrez produire le double de lait ! L’allaitement est en général un très bon moyen de perdre du poids si on s’alimente sainement.

Il faut savoir que votre lait sera toujours de très grande qualité nutritionnelle pour votre bébé même si vous ne vous nourrissez pas bien. Votre corps priorise les besoins de votre bébé au détriment des vôtres, c’est ainsi que de nombreuses femmes se retrouvent carencées car la lactation oblige leur organisme à puiser dans ses réserves. Elles se plaignent alors de fatigue, de manque d’énergie, d’où l’importance d’avoir une alimentation variée, équilibrée, naturelle plutôt qu’industrielle, riche en micronutriments (fer, zinc, calcium, magnésium, vitamines A, B, C, E..) avec un bon apport en diverses huiles de cuisine de préférence biologiques (colza, tournesol, olive, sésame, noix..). Si toutefois il n’est pas possible pour vous d’avoir une alimentation adéquate, des compléments alimentaires sous forme de gélules peuvent s’avérer très utiles (complexe de vitamines et minéraux, oméga 3) et si vous êtes végétalienne, la vitamine B12 devra vous être prescrite car on ne la trouve que dans les aliments d’origine animale.

Pour renforcer votre système immunitaire qui peut être confronté à des attaques de germes virulents contractés souvent durant votre séjour à la maternité, votre alimentation joue un rôle déterminant. En effet, 80% de votre immunité provient de vos intestins avec les milliards de micro-organismes qui le peuplent et qui constituent en grande partie votre microbiote (l’ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes qui constituent notre flore intestinale.) Ce microbiote il faut l’entretenir, le nourrir avec principalement des aliments d’origine végétale : fruits, légumes frais (crus, cuits, en jus, en smoothie), céréales complètes (quinoa, riz, sarrasin, avoine, millet, orge), légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots en grain), oléagineux (amandes, noix, pistaches, noisettes, pignons de pin, graines de tournesol, de lin, de sésame, de courge), aliments lacto-fermentés comme la choucroute ou le kéfir. Le pollen frais constitue également un formidable rééquilibrant de votre flore intestinale.

Pour la croissance et le confort digestif de votre bébé

La composition de votre lait reflète en partie ce que vous mangez, notamment sa teneur en vitamines A, B, E et en acides gras. Ces derniers qui apportent le plus de calories à votre lait varient en fonction de l’âge de votre bébé, du degré de remplissage et de vidange du sein et aussi de votre alimentation. Il est donc important que vous ayez de bons apports en huiles végétales vierges de qualité utilisées principalement crues et que vous consommiez régulièrement ( deux fois par semaine par ex) des petits poissons gras riches en oméga 3 (sardines, maquereaux, anchois en conserve, congelés ou frais). Un des grands avantages du lait maternel est de développer les papilles gustatives de votre bébé puisqu’en fonction de votre alimentation votre lait prend des saveurs différentes avec la plupart du temps des notes sucrées dominantes.

On parle souvent des « coliques » du bébé de moins de trois mois souvent liées à l’immaturité de son système digestif, à l’absorption d’air lors des tétées et aussi à sa plus ou moins grande sensibilité à certains aliments consommés par sa mère. Il n’y a en fait pas d’aliment interdit lorsqu’on allaite mais si vous remarquez certains comportements inhabituels chez votre bébé comme des régurgitations plus importantes, des éruptions cutanées, une plus grande irritation, des ballonnements, des flatulences, essayez de noter ce que vous mangez afin de découvrir ce qui peut le déranger. On estime qu’en général, il faut environ 6 heures pour que les agents responsables passent dans votre lait. Il est fréquent que les nourrissons réagissent aux protéines de lait de vache présentes dans le lait maternel et leur éviction totale leur procure souvent un soulagement. Il faut compter selon les bébés une dizaine de jours pour noter les effets positifs quelquefois l’effet sera visible au bout de trois semaines.

Votre lait, contrairement à ce qu’on a longtemps cru savoir, n’est pas stérile. Il contient une grande quantité de bactéries et c’est une bonne nouvelle car cela contribue à protéger votre bébé des infections et à favoriser le développement de son système immunitaire. Des études récentes ont démontré qu’il existait une voie reliant les intestins de la mère à la glande mammaire pendant la période de lactation et qu’ainsi des bactéries intestinales vivantes pouvaient coloniser le sein lactant ; d’où l’intérêt de bien entretenir et nourrir votre microbiote pour que votre bébé puisse aussi en profiter ! Évitez par exemple de consommer trop de sucre, de produits industriels et raffinés car ils affaiblissent votre microbiote, de même une trop grande consommation de produits laitiers et de viande acidifient votre organisme. N’oubliez pas de faire une cure de probiotiques (des micro-organismes vivants qui aident à la digestion et à maintenir un bon système immunitaire) si vous avez dû suivre un traitement antibiotique car vos bonnes bactéries intestinales ont besoin de renfort.

En ce qui concerne les boissons, vous avez dû vous rendre compte que la lactation donne soif, surtout les premiers temps. Il est donc recommandé de boire suffisamment pour étancher sa soif, il n’est pas nécessaire en revanche de se forcer à boire encore plus car votre lactation ne dépend pas des quantités de liquide ingéré. Elle est surtout liée à des tétées efficaces et suffisamment fréquentes. Rappelons ici l’un des grands principes de la lactation : plus le sein est vidé, plus il produit de lait. L’eau reste la boisson à privilégier. Les jus de fruits et légumes frais sont également intéressants pour leur teneur en vitamines et minéraux, les boissons végétales à base de soja, d’amande, d’avoine, de riz sont moins nocives que le lait de vache. Quant aux tisanes aux effets galactogogues (stimulant de la lactation), elles peuvent aussi être recommandées sauf si vous avez tendance à produire trop de lait. Si vous aimez le café ou le thé, vous pouvez vous autoriser à en boire une ou deux tasses par jour. Faites-vous plaisir ! Et lorsque votre lactation est bien établie et que vous pouvez plus ou moins prévoir le moment de tétées, un petit verre d’alcool occasionnel après une tétée est tout à fait acceptable puisque la teneur en alcool de votre lait sera éliminée à la tétée suivante à condition que celle-ci survienne environ 2h30 à 3h après.

En conclusion, allaiter ne devrait pas être source de frustration alimentaire. Mangez ce que vous aimez tout en vous montrant attentive aux réactions de votre bébé et si vous n’êtes pas sûre de vos choix en terme de qualité nutritionnelle et de quantités, faites-vous aider par un professionnel de santé ou un(e) spécialiste de l’allaitement et de la lactation.

Bon appétit !

Définition : Le microbiote humain, anciennement nommé flore microbienne de l’organisme humain, est l’ensemble des bactéries, champignons et autres micro-organismes présents en surface et à l’intérieur du corps humain (peau, muqueuses et surtout intestins)

Pour aller plus loin : Le charme discret de l’intestin, Giulia Enders 2015

[Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Myriam Panard exerce la profession de consultante en lactation depuis presque 10 ans dans la région parisienne .

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