hyperlactation | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 10 Aug 2016 12:48:29 +0000 fr-FR hourly 1 Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/ https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/#comments Wed, 10 Aug 2016 12:48:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1414   Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes … Continuer la lecture de Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein

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Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes qui pourraient faire penser à une hyperlactation peuvent aussi révéler d’autres soucis et appellent donc à une vigilance accrue. Elle propose une grille de lecture, une sorte de « diagnostic différentiel » pour les aidants et professionnels du conseil en allaitement.

Hyperlactation et réflexe d’éjection fort, les manifestations les plus courantes:

UN ENFANT QUI :

  • S’étrangle, s’étouffe, tousse au sein,

  • Laisse fuir du lait de sa bouche,

  • Se cambre et s’éloigne/se dégage du sein, frappe le sein,

  • A des difficultés à rester au sein,

  • Régurgite,

  • A beaucoup de gaz

  • A des selles vertes, liquides, et explosives

  • A une prise de poids inconstante (poids faible après un bon départ)

UNE MERE QUI :

  • A des seins jamais confortables, jamais « vides », qui se re-remplissent très vite,

  • A des zones sensibles au toucher, fermes/durs, avec des « bosses », des « masses »

  • Qui souffre de canaux bouchés chroniques, ou de mastites chroniques,

  • Qui ressent une douleur intense lors du premier réflexe d’éjection,

  • Qui a un réflexe d’éjection très puissant,

  • Qui a les seins qui fuient constamment entre les tétées,

  • Qui a « fui » du lait en prénatal.

Françoise Coudray :

« J’aimerais partager avec vous deux exemples de situations que j’ai rencontrées plusieurs fois dans ma pratique, ce qui vous guidera vous-même.

Une de mes clientes est venue dès sa sortie de maternité, car elle avait toujours les seins trop pleins après une tétée et elle commençait à avoir mal aux mamelons ; « J’ai trop de lait, j’en ai encore plein dans le sein après la tétée ». Son enfant présentait des selles vertes et il avait des gaz malodorants. En observant une tétée, j’ai pu constater que l’enfant ne prenait pas correctement le sein en bouche et ne parvenait pas à vider pleinement le sein.  Dès le moment où la prise en bouche a été optimisée, le sein fut très bien drainé et bien souple en fin de tétée. Dans ce cas-ci, la maman a été également heureuse de constater une « belle » prise de poids, et un transit plus facile pour son bébé.

Une autre mère me contacte affolée car depuis la « montée de lait » son enfant s’étrangle, s’étouffe, laisse couler ou gicler du lait. Il prend peu de poids et les tétées sont douloureuses. Les mamelons étaient sensibles et abîmés. En observant une tétée et en examinant la mère et l’enfant dans leur globalité, j’ai pu observer que le bébé avait une succion dysfonctionnelle face à un flot de lait tout à fait normal. Le bébé parvenait difficilement à téter efficacement en respectant le cycle « succion-déglutition-respiration ». Ce bébé avait alors tendance à pincer le mamelon [cela cause des crevasses] pour réduire le flot qui l’incommodait – un flot par ailleurs tout à fait « normal ». Il a donc fallu orienter notre intervention sur une rééducation et / ou apprentissage d’une succion efficace en s’étant au préalable assuré qu’il n’avait pas de gêne successive à l’accouchement par une visite chez un ostéopathe, en vérifiant son palais, son frein de langue, si un problème ORL pouvait être en cause avec un professionnel averti.

Ces deux mamans et leurs nourrissons sont ainsi une illustration de la nécessité de bien réaliser un diagnostic différentiel pour rechercher éventuellement d’autres causes à ces comportements d’étranglement du bébé, à ces seins encore très pleins après une tétée qui au premier abord, peuvent faire effectivement penser à une surproduction et / ou un réflexe d’éjection fort.

Ainsi que le souligne Catherine Watson Genna (2008), une consultante en lactation IBCLC internationalement connue : les symptômes assimilés à la « surproduction » peuvent masquer un problème du nourrisson. Il faut s’assurer de bien rechercher la capacité du bébé à téter avant d’essayer de modifier la production de lait. » ; c’est un travail en réseau avec la consultante, l’ORL et l’ostéopathe notamment, qui se révèle très efficace, notamment quand malgré nos efforts, l’enfant ne parvient toujours pas à prendre correctement le sein en bouche.

S’il s’avère que votre bébé ne parvient pas à bien vider vos seins, il peut être intéressant de revoir votre mise au sein.

Cependant, la toute première des étapes est et reste, de s’assurer de la bonne prise du sein par le bébé qui sera fonction de la position que la mère et l’enfant trouveront la plus confortable pour eux et de savoir qu’ils pourront aussi changer de position régulièrement selon l’humeur, le moment. 

En 1989, dans le Journal of Human Lactation, Mary Renfrew écrivait : « Il est contre-productif d’insister pour que le bébé soit placé précisément dans la position qu’a apprise le soignant, sauf si une attention particulière est apportée quant à l’efficacité de cette position et au caractère individuel tant de la mère que du bébé. Cette articulation entre la mère et son bébé peut être considérée comme une sorte de danse. » Elle ajoutait : « Cette danse a juste besoin d’être encouragée, et non pas contrôlée ou limitée. Le concept de « gestion » de l’allaitement tel qu’il apparaît souvent dans les manuels implique un contrôle et n’est d’aucun secours. La mère et le bébé gèrent leur propre expérience d’allaitement à partir de leurs sensations, et avec une aide lorsque c’est nécessaire. Même si nous en savons plus en matière de techniques de positionnement, nous devons éviter d’insister trop sur l’aspect technique, car ce serait au détriment du caractère unique de chaque couple mère-bébé. »

Une incitation donc à vous documenter, vous informer par des lectures, en vous entourant de personnes formées ; mais aussi une incitation à vous faire confiance, vous écouter vous et votre bébé et vous faire votre opinion. Vous êtes l’experte et celle la plus à même de savoir comment vous vous sentez. N’hésitez plus à vous entourer pour discuter de vos difficultés et composez vos propres solutions en fonction de vos convictions. Bonne route sur le chemin de l’allaitement !

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Et si avoir trop de lait devenait un véritable calvaire ? https://www.leblogallaitement.com/et-si-avoir-trop-de-lait-devenait-un-veritable-calvaire-2/ https://www.leblogallaitement.com/et-si-avoir-trop-de-lait-devenait-un-veritable-calvaire-2/#comments Thu, 21 Jan 2016 13:30:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1251 « Je pense que j’ai trop de lait, car j’ai les seins encore très pleins après chaque tétée » ; «J’ai tellement de lait, ça gicle tellement fort, qu’à chaque tétée, mon bébé s’étrangle, il y a du lait qui coule de partout, il quitte le sein et après j’ai du mal à l’y remettre, j’ai un réflexe … Continuer la lecture de Et si avoir trop de lait devenait un véritable calvaire ?

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« Je pense que j’ai trop de lait, car j’ai les seins encore très pleins après chaque tétée » ; «J’ai tellement de lait, ça gicle tellement fort, qu’à chaque tétée, mon bébé s’étrangle, il y a du lait qui coule de partout, il quitte le sein et après j’ai du mal à l’y remettre, j’ai un réflexe d’éjection vraiment trop fort ».

La hantise de nombreuses mères est de manquer de lait pour nourrir leur bébé. Pourtant, en dehors de quelques exceptions heureusement rares, l’insuffisance de lait n’est pas une réalité. Peu de monde imagine cependant qu’avoir trop de lait existe et que cela peut devenir un véritable calvaire à vivre au quotidien.

Des tétées angoissantes : les signes d’une surproduction de lait

Le nourrisson submergé par un trop plein de lait s’étrangle, tousse, quitte le sein en hurlant, se raidit tête en arrière, se cambre, s’agite sur le sein. Il souffre parce qu’il a des rots douloureux, il a des gaz malodorants, il émet des selles vertes. La mère perçoit chaque tétée comme une lutte. Des crevasses, engorgements fréquents et mastites peuvent apparaître alors que le premier mois n’est pas encore écoulé. La mère a le sentiment que ses seins ne se vident pas. Elle ressent un inconfort permanent ; elle a des zones sensibles au toucher et peut même ressentir de vives douleurs dans le sein lors du début de tétée. Les fuites sont constantes et abondantes.

Une « bonne fée », souvent une consultante en lactation, une autre maman allaitante ayant connu cette situation, une sage-femme, ou un pédiatre « éclairé » pourront alors identifier « le trop de lait ». Cette situation jusque là vécue dans l’isolement, la détresse et le doute de mal faire, va soudainement trouver écho dans des témoignages similaires. Grâce à des échanges de savoirs et techniques adaptés, la mère et son bébé pourront à leur tour retrouver une certaine confiance et une sérénité.

Chaque jeune mère a des seins programmés pour nourrir un peu plus que le nombre d’enfants qu’elle a portés. La plupart du temps, la production des premières semaines est supérieure au réel besoin du ou des bébés. On parle de surproduction temporaire aux démarrages. Cette situation est dite autolimitée et dure de 3 à 6 semaines au cours desquelles plusieurs facteurs déterminent la production de lait : la fréquence des tétées, la quantité prélevée par l’enfant ou exprimée ;1 la coordination et la maturité de la succion qui s’améliorent au fil du premier mois.2 Cette phase du postpartum représente une période décisive où l’on peut très nettement augmenter sa production ou la diminuer dramatiquement si les seins ne sont pas assez vidés.

Des facteurs prédictifs d’une surproduction durable 

Il n’y a pas de lien évident entre la surproduction et la taille des seins. Les seins produisent en permanence, et leur capacité de production et de stockage sont individuelles et variables d’un sein à l’autre. 3 L’hyperproduction peut parfois persister qu’elle soit associée ou non à un réflexe d’éjection fort. Les causes principales non exhaustives sont :

  • La sur-stimulation des seins par peur de manquer de lait.

  • La prise de certains médicaments, comme les antiémétiques indiqués dans le traitement du reflux de la mère.

  • Certaines maladies dont la plus connue est le prolactinome,

  • L’allaitement antérieur de jumeaux quand la production était déjà importante

  • Le co-allaitement d’un nourrisson et d’un bambin.

Les six premières semaines post-partum

Durant les 6 premières semaines après la naissance de l’enfant, il convient de ne pas chercher à influer physiologiquement ou médicalement sur la production, ni sur l’éjection du lait. On pourra se soucier de moduler plusieurs paramètres pour que mère et enfant vivent mieux les choses. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, on ne refusera pas de donner le sein de peur d’entretenir la surproduction car allaiter pleinement et fréquemment participe à résoudre l’engorgement, facilite les tétées, et de fait, permet de calibrer la production.

Afin de gérer le réflexe d’éjection fort (avec ou sans hyperproduction) :

  • Recueillir le lait de début de tétée, celui qui jaillit le plus violemment (jusqu’à ce que le sein soit bien souple).

  • Laisser couler l’autre sein pendant la tétée.

  • Privilégier une position d’allaitement où la mère est inclinée en arrière 4 pour atténuer la puissance du jet de lait, permettre de laisser s’écouler le surplus de lait sans risque d’étouffer bébé.

  • Ou installer l’enfant assis « droit », à califourchon sur une cuisse ; la tête de l’enfant très légèrement en arrière.

  • Utiliser un bout de sein (avec accompagnement)  qui diminue la violence du flot.

Afin de gérer l’hyperproduction :

  • Prélever des quantités plus importantes de lait avant la tétée. Le résultat sera très vite visible, la couleur jaune des selles sera indicatrice de la présence de graisses en un taux acceptable pour la croissance et la digestion de bébé.

  • Soulager l’autre sein, pour éviter qu’il ne soit trop tendu.

  • Ne pas hésiter à exprimer du lait de façon à ce que les seins restent confortables pour la maman.

Lorsque le bébé a 6 semaines (ou plus) 

En présence d’une surproduction, on conseille de donner un même sein durant une plage horaire donnée (souvent 3 h parfois 6 voire 12h), puis de donner uniquement l’autre sein durant la plage suivante. Cette méthode s’appelle le « block-feeding » et nous avons conservé cette appellation en France. La production locale ralentit et diminue alors physiologiquement. Il est donc important de porter un soin particulier au sein le moins souvent sollicité, de le soulager en exprimant une quantité de lait suffisante pour un ressenti confortable.

Une autre solution, très proche de ce qui précède, est la méthode du « drainage complet ». Il s’agit de vider totalement les deux seins à l’aide d’un tire-lait double-pompage de préférence et donner les deux seins immédiatement après puis « mettre de côté » l’un des seins durant 3 heures minimum. On proposera l’autre sein sur la plage horaire suivante5 et ainsi de suite jusqu’à sentir une amélioration de la gestion des quantités disponibles.

En outre, les médecins peuvent prescrire des médicaments visant à diminuer la production de lait. Attention cependant, en dehors de prescrire du Parlodel en cas avéré de prolactinome, le prescripteur pourra préférer les plantes, l’homéopathie et non un « coupe-lait ».

L’hyperproduction et le réflexe d’éjection, sont deux véritables problèmes qui ne vont pas forcément de pair. Ils se gèrent par l’essai de différentes techniques visant à réduire les inconforts du démarrage de l’allaitement durant les 6 premières semaines postpartum, et ce n’est qu’après cette période que l’on pourra envisager d’autres méthodes visant à réellement diminuer la production de manière à laisser le temps au corps de s’adapter et faire son travail de manière naturelle.

Savoir s’entourer « de bonnes fées » dans cette période-là est primordial et permet de prendre du recul face à nos questionnements et doutes vis à vis d’une situation inconfortable. Parfois une simple conversation téléphonique auprès d’un professionnel averti et / ou d’une personne disponible et bienveillante pourra nous remettre sur la bonne voie et nous encourager à poursuivre plus sereinement. Une fois le problème d’hyperlactation pris en charge, la plupart des dyades mère-enfants retrouvent un allaitement plus serein et agréable ; fidèle à leurs attentes. N’ayez donc crainte, et reprenez confiance en vos capacités vous verrez que ces épisodes seront bientôt classés dans les tiroirs à souvenir  et que le meilleur est à venir ou pas !

Bon allaitement !

1 (Daly, & Hartmann, 1995)

2 (Riordan)

3 Short-term synthesis and infant- regulated removal of milk in lactating women, Daly, Owens & Hartmann 1993 Exp Physiol (1993), 78, 209-220).

4 Susanne Colson et la position dite du Biological Nurturing pour atténuer la violence du jet de lait, du fait de la gravité terrestre

5 Un article décrivant cette méthode a été publié dans les Dossiers de l’Allaitement n° 77 par CGA van Veldhuizen-Staas alors consultante en lactation aux Pays-Bas (Overabundant milk supply : an alternative way to intervene by full drainage and blockfeeding. CGA van Veldhuizen-Staas. Int Breastfeed J 2007 ; 2 : 11

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus); http://www.allaitement-jumeaux.com.
Depuis, 2000, elle intervient auprès de professionnels de santé pour les former, les informer en matière d’allaitement maternel en général, tout en donnant des conférences dédiées à l’allaitement et en continuant son activité bénévole auprès des mères de jumeaux. En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel. Depuis 15 ans, elle prend en charge toutes les (futures) mamans qu’elles aient des jumeaux ou pas.

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