Quelle contraception utiliser qui soit à la fois fiable, compatible avec l'allaitement et sans danger?
C'est une question qui m'est posée bien souvent, par des mamans allaitantes qui vivent une baisse de lait. Car oui, les contraceptifs hormonaux font baisser de façon significative la production de lait.
J'avais appris en formation que le problème était lié à l'utilisation de pilules contenant des oestrogènes. C'est vrai, mais pas seulement ! En effet, les nombreux témoignages que je reçois montrent clairement que chez la plupart des femmes, les pilules à progestérone jouent également sur les quantités de lait. Et ça, les prescripteurs ne le disent pas assez.
La pilule contraceptive s'est généralisée malgré ses nombreux inconvénients
Souvenons nous que ces pilules sont bourrées d'hormones, substances faites pour modifier le fonctionnement de l'organisme en profondeur et de façon puissante. Qui peut décemment imaginer que leur utilisation en routine pendant des années voire des dizaines d'années soit sans conséquence sur la santé? Car la liste est longue, la baisse de lait étant même peu de chose face au risque de cancer ou de maladies cardio-vasculaires. De plus, elle diminue voire anéantit la libido de bien des femmes. Alors, pourquoi risquer de se ruiner l'allaitement et la santé si on n'a même plus envie?! Juste pour faire comme tout le monde? Malgré les récents scandales sur les pilules de troisième et quatrième génération, la contraception orale est peu remise en question.
Le dernier gynécologue que je suis allée voir n'en revenait pas que je ne prenne pas la pilule.
"Mais alors, vous souhaitez une grossesse!"
"Mais non!"
"…??"
"J'utilise d'autres méthodes!"
Sans même me demander quelles sont ces méthodes :
"Vous ne voulez vraiment pas que je vous en prescrive une? Même une mini-dosée?"
"Non, merci, vraiment, ça va!"
"Bon…" Temps de réflexion… "Alors je vous prescris une pilule du lendemain."
Là, j'ai pris son ordonnance en me mordant la lèvre pour ne pas rire et je suis partie sans discuter car à ce stade avancé, il n'y a plus rien à faire.
Mais cela m'a fait beaucoup réfléchir sur la prescriptionnite hormono-dépendante aigüe dont souffrent certains membres de ce corps de métier.
Si j'arrête la pilule, je peux faire quoi à la place ?
Il est vrai que les alternatives ne sautent pas aux yeux. Voici ma vision actuelle sur les méthodes de contraception possible de la femme allaitante ou non :
-Les patch, stérilets hormonaux (DIU), implants, anneaux : ce sont des déclinaisons sous diverses formes des traitements hormonaux, qui sont potentiellement tout aussi dangereuses que la pilule. Elles peuvent pertuber complètement la physiologie, surtout quand elles sont prises pendant des années. Un livre du Professeur Joyeux, cancérologue réputé, qui devrait être publié prochainement, dénonce clairement tout cela.
-Les préservatifs : ça va bien un moment!
-Le stérilet au cuivre : il est souvent mal supporté, et occasionne chez certaines femmes des règles hémorragiques
-Les diaphragmes, spermicides, etc, ont une efficacité moindre que les méthodes ci dessus, et il me semble qu'ils conviennent mal aux femmes jeunes ou très fertiles
-Les méthodes naturelles d'observation, telles que la méthode Billings, ou la symptothermie (cette dernière étant la plus fiable) ne sont pas à la portée de toutes les femmes, car elles sont très contraignantes et demandent une réelle formation. Elles présentent un risque élevé en cas de mauvaise utilisation. De plus, elles ne sont pas utilisables pendant l'allaitement.
-La stérilisation, masculine ou féminine, est un acte chirurgical, plus ou moins invasif suivant la technique utilisée, mais qui n'en reste pas moins une atteinte à l'intégrité corporelle (ce n'est rien de le dire!) et psychologique.
-L'abstinence : une vie sexuelle épanouie est un des facteurs clefs de la santé de l'homme et de la femme, donc non à l'abstinence!
Alors, que faire?
Privilégier une contraception à la fois fiable ET sans danger
En cas d'allaitement exclusif, la MAMA (Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée) assure 98% de protection (donc un indice de Pearl équivalent à celui du préservatif) pendant les 6 premiers mois, sous réserve cependant de respecter scrupuleusement l'intégralité des conditions suivantes :
*L'allaitement doit être exclusif
*L'allaitement doit se faire à la demande jour et nuit
*Il ne doit jamais y avoir plus de 6 heures entre deux tétées la nuit et 4 heures en journée
*La sucette ne doit pas être utilisée (masque le besoin de succion)
*La femme doit être en aménorrhée (pas de de retour de couches)
Mais si toutes ces conditions ne peuvent être remplies, tout n'est pas perdu pour autant. Je n'ai bien sûr pas LA solution car elle variera de toute façon d'une femme à l'autre. Personnellement, j'utilise depuis trois ans, avec succès, des ovules spermicides à base d'huiles essentielles. Cependant, je suis dans ma quarantième année et ma fécondité n'est forcément plus ce qu'elle était. Je ne conseillerais donc pas cette méthode à ma fille lorsqu'elle sera en âge de faire ce choix crucial. Il me reste quelques années pour trouver quoi lui dire quand elle me posera la question.
J'ai donc décidé de tester sans plus tarder un moniteur de fertilité du joli nom de Pearly, qui affiche un indice de Pearl justement de 0,7 (donc similaire à la prise d'une pilule). Certes son prix est élevé (345 euros), mais il dure au moins dix ans, ce qui revient à 34,5 euros par an, carrément moins cher que les pilules non remboursées! Et puis si ce genre d'appareil se démocratise, le prix ne cessera de baisser (regardez les ordinateurs, les tablettes et autres téléphones portables!). Je précise que je n'ai aucun intérêt dans la société qui le commercialise et que je me dévoue de façon totalement désintéressée pour le tester! Je vous raconterai prochainement mes expériences avec cet appareil (dans la limite de la décence bien entendu).