inflammation | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Sun, 06 Nov 2016 20:19:43 +0000 fr-FR hourly 1 Que faire en cas d’abcès ? https://www.leblogallaitement.com/que-faire-en-cas-dabces/ https://www.leblogallaitement.com/que-faire-en-cas-dabces/#respond Sun, 06 Nov 2016 19:27:55 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1456 L’abcès du sein est une pathologie sérieuse et très douloureuse qui nécessite bien entendu des soins immédiats. Mais avant tout : il est nécessaire de disposer d’un diagnostic sûr. Cela peut paraître une lapalissade et pourtant, en pratique courante, vous êtes encore trop nombreuses à qui l’on dit « vous avez un abcès, je vous mets … Continuer la lecture de Que faire en cas d’abcès ?

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L’abcès du sein est une pathologie sérieuse et très douloureuse qui nécessite bien entendu des soins immédiats.

Mais avant tout : il est nécessaire de disposer d’un diagnostic sûr. Cela peut paraître une lapalissade et pourtant, en pratique courante, vous êtes encore trop nombreuses à qui l’on dit « vous avez un abcès, je vous mets sous antibiotique et il faut arrêter l’allaitement ».
Effet d’annonce dévastateur et anxiogène en plus de véhiculer des informations inappropriées.

Certaines situations appréciées comme un abcès du sein sont en fait des mastites et il n’est donc pas rare de rencontrer le raisonnement suivant : douleur + rougeur + induration + fièvre = abcès, alors que ce sont le plus souvent des signes associés de la mastite. Il peut alors être utile de retenir que le seul examen de votre sein (notamment sa palpation) associé à ces signes n’est pas suffisant pour établir le diagnostic d’abcès.

Comment faire la part des choses ?

L’abcès du sein est une accumulation localisée de pus qui se forme dans une zone du sein et ne peut se drainer par une ouverture naturelle. C’est un phénomène rare (3% des mères ayant eu une mastite * / 0,1% des mères ayant donné naissance en Suède entre 1987 et 2000 **), et lorsqu’il survient, c’est généralement en tant que complication d’une mastite non traitée (le plus souvent parce que non reconnue comme telle), ou ayant reçu un traitement trop tardif ou inadéquat (comme l’arrêt de l’allaitement du côté atteint par exemple), ou enfin d’une mastite répondant mal au traitement antibiotique donné.

La manifestation d’un abcès du sein peut être très spectaculaire, notamment lorsqu’il a la possibilité de s’ouvrir spontanément vers la peau mais, fait piégeant, ses signes sont plus souvent plus discrets que ceux d’une mastite : lors d’un abcès du sein, votre état général peut être bon, la fièvre n’est pas obligatoirement présente, vous ressentez une masse bien délimitée dans le sein déclenchant une douleur variable pouvant être très intense mais aussi faible ce qui est piégeant et peut mener à négliger la situation au début. Lorsque vous la touchez, vous pouvez voir une zone rouge parfois organisée autour d’une zone centrale plus pâle. Avoir débuté une mastite de 24 heures à quelques jours auparavant et voir la situation s’aggraver sera une alerte importante pour considérer l’abcès.

Le traitement médical de l’abcès est une urgence. Dans un premier temps une échographie viendra confirmer le diagnostic, vous recevrez un traitement antibiotique pour 10 à 14 jours (orientée contre les germes appelés staphylocoques) et le drainage de l’abcès sera nécessaire.

Actuellement deux possibilités existent selon la configuration de votre abcès et l’aisance qu’auront les médecins consultés vis-à-vis de ces techniques :

  • la ponction à l’aiguille qui consiste à aspirer du pus à l’aiguille pouvant être répétée 2 à 3 fois si nécessaire, elle peut être le meilleur choix lorsque votre abcès le permet puisqu’elle est peu invasive, pratiquée sous échographie elle n’engendrera pas de cicatrice visible.
  • le drainage chirurgical, qui devrait être pratiqué en dernier recours, va impliquer une incision sous anesthésie locale et la mise en place d’un drain à faire suivre en soins infirmiers ensuite ; cette intervention est beaucoup plus impressionnante et entraînera des tissus cicatriciels dans le sein (plus ou moins importants selon les situations – pouvant ou non compromettre un allaitement ultérieur en fonction du site d’incision, de l’atteinte ou non de fibres nerveuses et de leur reconstruction ) et une cicatrice visible sur la peau.

La possibilité de poursuite de l’allaitement du côté du sein non affecté est une évidence mais vous vous sentez peut-être découragée et épuisée par toutes ces lourdes complications. Cet arrêt est contre-indiqué car il pourrait provoquer – s’il est trop brutal – une mastite également de ce côté. C’est l’occasion de vérifier la conduite de l’allaitement (rythme, fréquence, efficacité des tétées, prise du sein…) qui a peut être amené la mastite puis l’abcès faute de traitement adapté, et trouver un fonctionnement plus confortable.

Votre préoccupation doit être de savoir que faire du côté de l’abcès. Plusieurs points légitimes vous poussent à tout cesser :

  • la douleur intense et la fatigue
  • la peur d’infecter votre bébé
  • la recommandation médicale de cesser l’allaitement du côté

L’OMS recommande pourtant la poursuite de l’allaitement même du côté atteint sauf :

  • si l’incision est proche de l’aréole et que le bébé risque du fait d’être en contact lors de sa tétée avec le pus qui s’écoule de l’incision,
  • si votre bébé a un statut immunitaire particulier (prématurité, pathologie du système immunitaire)
  • s’il s’agit d’une infection avec un germe résistant aux antibiotiques couramment prescrits et que le lait a un aspect caractéristique de couleur orangée prononcé

Dans les situations les plus fréquentes, le passage des germes vers le lait est faible et votre bébé était en contact avec ces germes bien avant que vous ayez ressenti les premiers signes, pourtant il ne montre aucun problème. Toutefois si l’on craint que votre bébé développe une infection, l’OMS recommande qu’il reçoive lui aussi une antibiothérapie. Poursuivre l’allaitement de ce côté peut vous sembler de l’inconscience surtout si on vous l’a affirmé et la recommandation de l’OMS peut vous choquer et ne pas être connue des personnes qui vous entourent et prennent en charge. Si la décision est prise de ne pas donner le sein du côté atteint il est fondamental en tout cas de tirer le lait afin d’éviter toute stase lactée qui ne ferait qu’aggraver la situation.

L’abcès est une situation ô combien traumatisante pour vous et appelle un accompagnement et un soutien spécialisés quasi quotidiens afin de préserver votre projet d’allaitement le plus fidèlement possible ainsi que tous ceux que vous pourriez avoir plus tard dans votre vie: ne restez pas seule avec un abcès et votre bébé!

 

* d’après Amir, Foster, Mc Lachlan, Lumley 2004. Incidence of breast abscess in lactating women : report from an australian cohort. BJOG, 111(12), 1378-1381

** Kvist, L.J., Rydhstroem, H. 2005 . Factors related to breast abscess after delivery : a population based-study. BJOG, 112(8), 1070-1074

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC
[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/ https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/#comments Thu, 06 Oct 2016 13:52:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1446 Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils. En parallèle, un nombre important de conseillères se … Continuer la lecture de SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés

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Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils.

En parallèle, un nombre important de conseillères se demandent, s’attristent et s’offusquent même de constater que leurs recommandations n’ont pas été suivies. D’autant que parfois, ne pas parvenir à initier un changement dans une situation donnée  peut se révéler très problématique, et déclencher une pathologie mammaire, ou induire un stade plus avancé de la pathologie qui nécessitera une prise en charge médicale plus intrusive.

Des mots que j’adresse aujourd’hui aux personnes ressources et soignants et aux mamans et familles pour que des mères reprennent confiance en elles et puissent dépasser le cap, et pour que les soignants et bénévoles soient avertis et adaptent leur soutien.

Un constat premier est celui que la future maman dans son 3ème trimestre et la jeune accouchée dans les premières semaines postpartum sont naturellement dans un état pro‐inflammatoire (1). De récentes recherches en psycho‐neuro‐immunologie nous apprennent que tout stresseur psychologique et / ou physique peut déclencher une réponse inflammatoire de laquelle découlera un état dépressif.

La psycho-neuro-immunologie (PNI) est une science en plein essor. Des études ont constaté que l’inflammation était l’un des facteurs impliqués dans la pathogenèse de la dépression. Au départ, les chercheurs ont considéré que l’inflammation n’était que l’un des facteurs de risque parmi de nombreux autres. Toutefois, les recherches les plus récentes suggèrent un nouveau paradigme : le stress physique et psychosocial augmente le niveau d’inflammation. L’inflammation ne serait donc plus un simple facteur de risque, mais LE facteur de risque sous-jacent à tous les autres. Le niveau d’inflammation est significativement plus élevé pendant le dernier trimestre de la grossesse, ce qui rend la femme particulièrement vulnérable. En outre, l’adaptation au rôle de mère (manque de sommeil, douleur, etc.) augmente le stress, qui, à son tour, accroît l’inflammation. Ce nouveau paradigme permet de répondre à une question importante : pourquoi les facteurs de stress physiques ou psycho-sociaux augmentent-ils le risque de dépression ?

L’allaitement, on le sait,  joue un rôle majeur dans l’état émotionnel de la mère. Des études ont montré qu’il avait un impact calmant, qu’il abaissait le taux sanguin des hormones de stress, et la réactivité maternelle au stress. Il est donc particulièrement important de le protéger. (2)

Prenons l’exemple d’une maman souffrant de crevasses. La crevasse est une lésion, accompagnée d’un état de stress et d’une sensibilité allant de légère et supportable à une douleur à la limite du tolérable. Cette crevasse, porte d’entrée aux microbes, fait qu’une réaction du système immunitaire se déclenche sur un corps prédisposé à l’inflammation. Au système immunitaire activé, ajoutons les facteurs stressants que sont la douleur, l’angoisse de la tétée présente et de la prochaine, et poursuivons avec les effets chimiques et hormonaux qui découlent de tout ce processus…

Vous avez deviné : une mère qui souffre de crevasse(s) se retrouve dans un état dépressif temporaire, qui n’a rien à voir avec la dépression post-partum ni le baby‐blues, et cet état disparaîtra dès que la crevasse sera traitée.

Ainsi, nous, soignants ou accompagnants bénévoles sommes aux côtés de la maman en détresse, la conseillons en connaissance de cause. Nous l’abreuvons d’instructions qu’elle ne peut mémoriser totalement et efficacement. La maman se trouve très vite face à un mur insurmontable : « Tout ça à changer ? Je ne pourrai pas ». En effet, le propre d’un état dépressif est que tout devient un obstacle toujours trop important pour être dépassé. La crevasse empirera l’inflammation, de même que l’état dépressif entraînant la mère dans un cercle vicieux qui peut mener au sevrage pur et simple. Avec le sevrage, la cicatrice guérit puisque le mamelon n’est désormais plus abîmé, et avec la guérison de la crevasse, l’état dépressif lié à l‘inflammation disparaît ; la maman se trouve enfin libérée, plus de douleur et enfin « bien dans sa tête ».

Une des solutions efficace consiste à rechercher et trouver avec l’aide d’une personne compétente la cause du « rabotage »  du mamelon qui va permettre que la crevasse guérisse, que l’allaitement soit maintenu, que la douleur disparaisse, et de fait en supprimant tous ces facteurs stressants, que cet état dépressif temporaire s’efface.

Si l’on considère maintenant le cas d’une mastite, la maman se trouve directement en état inflammatoire (et non forcément en état infectieux). La mastite peut être accompagnée de crevasses. L’état inflammatoire de la mastite génère le même processus au niveau changement d’humeur que l’inflammation liée à la crevasse. Il faut vider le sein atteint le plus profondément, le plus souvent possible, alternant massages, tétées, extraction manuelle/pompage, et ne pas attendre que ce sein se re‐remplisse pour le vider à nouveau. Ne pas oublier que l’autre sein doit être vidé également pour ne pas tomber malade à son tour.

Toutes ces informations et conditions peuvent submerger la maman. Elle bataille dans sa douleur existante. On l’arrose de conseils qui lui permettraient de ne pas entrer en état de pathologie. En vain. Elle ne parvient plus à se projeter dans une évolution positive ni même négative. Elle vit le moment présent intensément, et celui-là est loin d’être plaisant. La mastite inflammatoire risque de devenir infectieuse, et de déboucher sur un abcès ; les enjeux peuvent être conséquents ! Lorsque la personne ressource vient aux nouvelles, et que la maman avoue qu’elle n’a pas pu tout faire ; qu’elle s’est couchée et a dormi 8 heures d’affilées alors que son sein malade était encore plein, la ressource frémit en son for intérieur : « mais pourquoi n’a‐t‐elle pas suivi mes conseils ? ». Alors que c’est encore d’empathie et de compréhension que la mère a besoin.

Sachez chères mamans que nous vous comprenons et nous devons accepter ensemble cet état. C’est ainsi que nous trouverons le juste moyen pour la voie rapide de guérison.

J’ai bon espoir qu’une maman qui comprend que son état pseudo-dépressif est causé par la crevasse ou la mastite. Ce n’est pas tant lié à son allaitement. C’est alors une maman qui s’accordera une chance supplémentaire d’aller plus loin, de franchir les obstacles, de dépasser son état de dépression temporaire. Et ce travail sur elle‐même sera d’autant plus facilité que la personne ressource, soignante ou bénévole l’entend dans son état.

Pour conclure, cet état dépressif temporaire, lié à une crevasse ou une mastite disparaît dès que la cause de la crevasse est éliminée ou que la mastite a guéri ; il ne doit pas être confondu avec un état de dépression post-partum, de baby‐blues ou de psychose puerpérale.

(1) Recherche Psycho‐neuro‐immunologie ; dépression inflammation et allaitement : Amir, 1996 Kendal‐Tackett, 2007

(2)     Article sur la dépression du post-partum, paru dans les Dossiers de l’Allaitement n°74 (Janvier – Février – Mars 2008)

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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